30/01/2000 – LDDH: Les prisonniers politiques sont toujours sous haute surveillance : même les familles ne peuvent plus leur rendre visite. Vengeance après le reportage de France 2 ?

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 29 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE
N5/LDDH/00 du 29 janvier 2000

Dans un reportage diffusé vers la mi-janvier sur la chaîne française Antenne 2, et réalisé en partie à l’intérieur du pénitencier de Gabode, on a pu suivre l’Interview télévisé de deux détenus politiques, aujourd’hui libérés après avoir purgé leurs peines de détention pour délits d’opinion et de presse. Cette incursion dans le temple de la répression du régime, la sinistre prison de Gabode où gisent plus de 60 personnes politiques, a plus que révolté une hiérarchie judiciaire qui cherchait visiblement le bon prétexte pour apporter son soutien au  » premier magistrat de Djibouti, en l’occurrence le chef d’Etat « .

Pour cette  » forfaiture de plus « , le régime semble quant à lui à faire payer les détenus politiques auxquels toutes visites, même muni d’une autorisation du Parquet est interdite. De plus, ils sont depuis plusieurs jours interdits de promenade et cloîtrés dans leurs cellules. Leurs familles qui n’ont plus le droit de visite sont parfois inquiétées et même arrêtées sans mandat légal comme oe fut le cas de Mme FATOUMA DABALE.Pour la LDDH cette manière de procédé en se retournant contre les prisonniers politiques relève d’une stratégie de chantage inadmissible contre laquelle, elle s’élève vigoureusement

C’est dans cette même logique que trois responsables du FRUD détenus depuis plus de 2 ans à Gabode : Med KADAMI, ALI Med MAKI et KAMIL Med KAMIL se sont vu délivrer une nouvelle inculpation dans une Affaire qui s’est déroulée alors qu’ils étaient déjà détenus. La LDDH est très inquiète pour la santé de certains d’entre eux malades, ou âgés et demande au Ministre do la Justice et des Droits de l’Homme de leurs accorder une attention particulière.

N.B. jusqu’aujourd’hui 29/01/00
Les prisonniers politiques sont sous haute surveillance.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

27/01/2000 – LDDH: discriminations administratives et ethniques dans l’application du droit constitutionnel à la nationalité.

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 25 janvier 2000

NOTE D’INFORMATION N°2/LDDH/00

LE DROIT A LA NATIONALITÉ

Dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et dans la Constitution djiboutienne, il est clairement stipulé le Droit à la Nationalité.

Art 15 :
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Le service de la population, à qui des individus se sont adressés pour obtenir une carte d’identité djiboutienne au vu de leur certificat de nationalité délivré par le Juge de la nationalité, a été prié de ne plus faire de demande de carte d’identité, ni de passeport.

Quand le Juge prononce une peine de prison contre un individu donné, on s’empresse illico presto d’exécuter la sentence en emmenant l’individu à la prison de Gabode.

Les personnes dont il s’agit sont en grande majorité d’ethnie Gadabourci, Issack, autres Somalis et Métisse franco-djiboutien. Il y a là, à notre sens, une discrimination flagrante, et la Ligue Djiboutienne des Droits Humains s’élève contre ces discriminations et demande au Ministère de l’Intérieur de donner droit aux demandes justifiées.

La Ligue djiboutienne suivra de très près ces nouvelles discriminations insupportables qui portent atteinte à la dignité humaine de vrais citoyens.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

25/01/2000 – De nouveaux harcèlements policiers à l’encontre de citoyens et de citoyennes, proches des prisonniers politiques. Vengeance à la suite de l’émission d’Antenne 2 ?

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 25 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE N°5/LDDH/00

après la récente convocation par le juge d’instruction pour une nouvelle inculpation afin de prolonger les délais de détention provisoire, ceci encore d’une manière arbitraire et évidemment sans condamnation les trois prisonniers suivants :
– MOHAMED KADAMY YOUSSOUF (Représentant du FRUD en Europe Occidentale)
– KAMIL MOHAMED AHMED (Membre de l’Exécutif du FRUD)

– ALI MOHAMED MAKI (Membre de l’Exécutif du FRUD)

après la récente émission télévisée de France 2 sur la prison de Gabode et surtout les interviews télévisées du Président Moussa Ahmed Idriss, candidat de l’Opposition Djiboutienne Unifiée (ODU) lors des élections présidentielles du 09 avril 1999 et du Président du PRD Dager Ahmed Farah tous deux emprisonnés avec le Général Ali Meldal Waiss, membre du Haut conseil de l’ODU et M. Abdoulfatah moussa Ahmed, fils du candidat de l’ODU, ce dernier est toujours maintenu en détention provisoire arbitraire.

Après, la récente campagne  » très musclée  » diffusée par la presse gouvernementale (La Nation et la RTD) suite aux rebondissements de l’affaire Borel, en particulier dans la presse française.

Aujourd’hui, Mme Fatouma Dabale Ahmed a été arrêtée sans aucun mandat d’amener et audiencée à huit clos en dehors de tout cadre légal par la Police dite Police Politique et après un interrogatoire harassant elle a été libérée le jour même.

Très proche du prisonnier politique M. Mohamed Kadamy Youssouf, Mme Fatouma Dabale est sérieusement menacée, elle est l’objet de filatures serrées et d’obstructions stressantes.

Des proches de l’ancien lieutenant de la garde présidentielle M. Mohamed Salah vrai natif de Djibouti, connaissent des répressions quotidiennes stressantes surtout pour les filles et les femmes. C’est à se demander si l’effet escompté est de les obliger à rester cloîtrées chez elles.

La LDDh, très préoccupée par cette vague politique de durcissement, lance un appel pressant à la sérénité et l’engagement aux dialogues pour la Paix dans l’ensemble de notre Territoire National.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

20/01/2000 – APPEL DE LA LDDH pour protester contre la nouvelle inculpation de trois prisonniers politiques. APPEL EN FAVEUR DES PRISONNIERS BLESSES ET MALADES NON SOIGNES – CERTAINS SONT EN DANGER DE MORT

LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n°66
B.P :74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel/Fax : 253 357 804
Domicile : Tel/fax :358 007
Djibouti, le 20 janvier 00

NOTE D’INFORMATION N°1/LDDH/00

Après 28 mois de détention préventive dans des conditions inhumaines et arbitraires le lundi 17 janvier 00 les dirigeants du FRUD emprisonnés après une arrestation suivie d’une extradition en un temps record le 1er octobre 97 par l’Éthiopie ont été inculpés de nouveau pour une affaire remontant en avril 1998 dans le sud de Djibouti, participation à un mouvement insurrectionnel, association des malfaiteurs et complot par la juge d’instruction LEILA. Elle agissait en vertu d’un réquisitoire supplétif du Procureur de la République en date du 09.04.1998 (Faits prévus et réprimés par les articles 144, 145 et 192 du Code Pénal)

Cette nouvelle inculpation semble être un DÉFI du gouvernement de Djibouti à un moment où les ONG, le Parlement Européen, les Députés Français avaient pris des positions dénonçant les multiples violations des droits humains à Djibouti et demandent la libération des prisonniers multiples violations des droits humains à Djibouti et demandent la libération des prisonniers politiques.

Ils ont été convoqués devant un nouveau juge Mme LEILA MOHAMED alors que l’instruction de leurs dossiers était menée par Mme HABIBA HACHI laquelle se trouve actuellement à l’étranger et dont l’intérim est assuré par le juge MAKI OMAR…

Il est à noter que les premiers dossiers étaient vides ou fragiles, le Pouvoir Djiboutien est entrain de montrer une nouvelle inculpation afin de pouvoir prolonger indéfiniment la détention préventive dont font l’objet ces prisonniers politiques.

Cette nouvelle inculpation des responsables du FRUD à qui le régime djiboutien reproche des faits qui se sont déroulés au temps où ils étaient déjà en détention préventive à GABODE, laisse présager un durcissement sans équivoque à leur égard.

La LDDH pense qu’un tel durcissement constitue une entrave supplémentaire à la réconciliation, ciment de l’unité et de la concorde nationale et par conséquente demande la libération de tous les prisonniers politiques et l’amorce d’un dialogue franc et sincère entre le gouvernement de Djibouti et la rébellion armée y compris l’opposition interne.

Les prisonniers politiques du FRUD concernés par la nouvelle inculpation sont :
– MOHAMED KADAMY YOUSSOUF
– Représentant du FRUD en Europe Occidentale
– KAMIL MOHAMED AHMED (Membre de l’exécutif du FRUD)
– ALI MOHAMED MAKI (Membre de l’exécutif du FRUD)

Quant à M. Mohamed Ali arrêté, il a été convoqué par le même juge dans le cadre d’une autre enquête.

Nous sommes très inquiets de l’état de santé de prisonniers politiques en particulier ceux qui sont malades et qui ne reçoivent pratiquement pas de médicament, ni d’un minimum de soin intensif notamment pour ceux qui ont été contaminés par la tuberculose.

Par ailleurs, nous nous inquiétons pour KAMIL MOHAMED AHMED dit Kabir qui vient aujourd’hui le 24/01/00 même d’effectuer une nouvelle navette entre la prison et l’hôpital Peltier. Vu son état de santé : il souffre depuis plus de deux ans d’une paralysie faciale nécessitant des soins continus et intensifs en milieu hospitalier…. Le pire est à craindre.

La LDDH dénonce l’utilisation abusive de la détention provisoire à l’endroit des détenus politiques, alibi instrumentalisé par le système politico-judiciaire en place.

Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
(L. D.D.H)
Le Président

09/01/2000: ÉPIDÉMIE MYSTÉRIEUSE DANS LE NORD – LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH) APPELLE LES ONG AU SECOURS

Le Vice Président : Mr Omar Ali Ewado
Siège : Quartier V, Boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau. Tél-fax (253) 357 804
Domicile tél-fax : (253) 358 007

Djibouti le, 9 janvier 2000

Communiqué de Presse N°2/LDDH/00

Selon les informations persistantes et concordantes qui nous parviennent des confins avec l’Érythrée et particulièrement les secteurs de RANDALI et WEIMA (District d’Obock) les nomades meurent d’une façon mystérieuse depuis fin décembre 1999.

Toutes les victimes de ce phénomène présentent des symptômes pathologiques qui nous font penser à l’épidémie meurtrière connue sous le nom de  » FIÈVRE EBOLA  » qu’il nous faudra identifier. Les tribus les plus touchées sont EDERKALTO , DOURAHE etc… de la région RANDALI.

Sachant que ces secteurs font partie des zones militaires comme le prévoient des directives Gouvernementales depuis Nov. 1998, il n’existe aucune chance pour secourir ces malheureux nomades.

A ce jour, nous avons appris la mort d’une cinquantaine de personnes et la perte de 500 à 800 têtes de bêtes. Cependant la liste de cette tragédie est loin d’être close car le black-out imposé au Nord ne nous permet pas de suivre scrupuleusement la situation comme nous l’aurions souhaité.

Après les effets néfastes de la guerre civile (répressions massives, blocus alimentaire et sanitaire) la rougeole, le paludisme et enfin le phénomène inexpliqué (dont l’origine peut être humaine comme naturelle) sont les lots quotidiens de ces populations rurales. Le silence sur la mort lente à l’égard de ces populations sera considéré comme une complicité au génocide lent qui est en train de s’opérer.

En conséquence, la LDDH demande aux autorités du pays de prendre leurs responsabilités qui consistent à venir en aide et assister ces populations nomades en danger.

La LDDH lance un appel international aux organisations et organismes spécialisés en la matière afin qu’ils viennent en aide à ces populations civiles.

La LDDH lance un appel particulier aux Médecins Sans Frontières pour venir en aide et soulager les Populations du Nord de la République de Djibouti.

Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
(LDDH)
Le Président

07/01/2000 – LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH): APPEL POUR LA PAIX

Le Vice Président : Mr Omar Ali Ewado
Siège : Quartier V, Boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau. Tél-fax (253) 357 804
Domicile tél-fax : (253) 358 007

Djibouti le, 7 janvier 2000
Communiqué de Presse N°1/LDDH/00

APPEL POUR LA PAIX

La république de Djibouti vit et s’enfonce dans les affres d’une guerre civile à l’aube de ce nouveau millénaire dont l’avènement est pourtant placé sous le signe de l’espoir.
La paix est la denrée la plus chère au monde et, sans elle, aucun développement, si minime soit-il, n’est envisageable.

La guerre civile qui dévaste le pays continue d’infliger au peuple d’indicibles souffrances.

Le nombre des victimes civiles s’accroît au fil des jours en raison de ce conflit interne qui ravage les maigres ressources du pays et désintègre le tissu social.- Alors que de graves violations des droits humains ancrent des haines préjudiciables pour l’avenir.

Les conditions d’existence des réfugiés dans les pays limitrophes et des déplacés à l’intérieur du pays en raison de ce conflit sont dramatiques et très inquiétantes.

Les risques de régionalisation de ce conflit (prochainement en phase d’application par le régime djiboutien) constituent un grave danger pour Djibouti en tant que nation indépendante et souveraine.
La LDDH est très préoccupée par les blocus alimentaires et sanitaires auxquels se surajoutent les exécutions et les détentions extrajudiciaires qui ne font qu’éloigner la paix.

La LDDH lance son quatrième Appel aux parties en conflit : le gouvernement de Djibouti et au FRUD/RESISTANT pour qu’ils engagent la Négociation de Paix après le mois béni du Ramadan.

M. OMAR ALI EWADO
1er vice-Président
Chargé des conflits

20/12/1999 – LDDH: SITUATION TRAGIQUE POUR LES POPULATIONS CIVILES DANS LE NORD, VICTIMES DU BLOCUS ALIMENTAIRE

LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS

Note d’information n° 13/99/LDDH du 20/12/99

A la suite du blocus sanitaire imposé par le pouvoir aux populations du Nord, une épidémie de rougeole s ‘est déclarée et fait rage dans les secteurs suivants :

DABRIMA-ANBABA-WEIMA-MABLA-GODA-DALHA

De très nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Ce sont, bien sûr, les populations civiles locales qui souffrent de ce blocus.

Il est à noter que depuis le déclenchement de la guerre civile en 1991, il n’y a pas eu de vaccinations dans l’ensemble des districts du Nord.

Déjà victimes de la guerre civile, ces populations subissent, de surcroît, un blocus alimentaire en règle, qui les fragilise face à cette épidémie.

De ce fait, la LDDH lance un appel urgent à toutes les organisations nationales et internationales pour venir en aide à ces populations délibérément affamées, réprimées, et maintenues à la merci des fléaux de toutes sortes.

Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
(LDDH)
Le Président
NOEL ABDI

18/12/1999 – LA LDDH signale de nombreuses exactions contre les populations civiles et particulièrement les vieillards, dans le Nord.

VIOLENCES DANS LE NORD CONTRE LES POPULATIONS CIVILES

ASSASSINATS, TORTURES, VOLS ET DESTRUCTIONS DE CAMPEMENT

COMMUNIQUE DE LA LDDH EN DATE DU 17 DÉCEMBRE 1999
Ligue Djiboutienne des Droits Humains

La répression contre les populations civiles dans le Nord continue sans relâche depuis le 24 novembre dernier.

Des campements entiers sont rasés par les éléments des forces gouvernementales. Le bétail n’est pas épargné et régulièrement de nombreux cas de tortures nous parviennent, avec les noms des auteurs de ceux qui perpètrent ces crimes, prévus et punis par la Loi.

Un certain nombre de prisonniers de guerre ont été transférés à la prison de Gabode. Trois d’entre eux sont blessés et souffrent sans soins. Il s’agit de

Ali Mohamed Ahmed, blessé au bras,

Kamil Mohamed Abdallah, blessé au bras,

Kamil Mohamed Kamil, blessé à la hanche.

Le mardi 7 décembre 1999 à WASSI, plusieurs civils ont été brutalisés, molestés et volés. Il s’agit de

Mohamed Ali Hamadou, 90 ans,

Ali Mohamed Hamad, 80 ans,

Ismaël Omar Mohamed, a qui on a arraché et volé 50.000 FD ,

Houmed Mohamed Ahmed, 60 ans,

Hamadou Ali Hassan,

Hawa Aden Moussa,

Siraji Omar Hamad, dont le toukoul a été incendié avec tous ses biens.

IL EST BON DE RAPPELER à celui qui se sent fort : « Qu’il ne faut jamais repousser la Paix, mais qu’il faut d’emblée accepter la Paix », sinon la rancune se généralise, s’amplifie et s’enracine pour toujours.

Jean-Paul NOEL ABDI
Président de la LDDH