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28/01/10 (B535) Europe 1 / UA: Djibouti envoie 450 soldats en Somalie

Djibouti a annoncé jeudi l’envoi de 450 soldats en Somalie dans le cadre la force de l’Union africaine dans ce pays (Amisom), peut-être dès le mois prochain.

L’Amisom compte pour l’heure 5.000 hommes déployés à part égale par l’Ouganda et le Burundi, et l’Union africaine peine à obtenir davantage d’hommes et d’équipements.

"Nous préparons nos troupes. Nous les entraînons afin qu’ils puissent accomplir leur mission de façon très efficace", a dit le ministre djiboutien des Affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf.

La Somalie n’a plus de gouvernement central fort depuis 1991 et le cabinet actuel, soutenu par les Occidentaux, est confronté à une insurrection islamiste qui contrôle une grande partie du pays.

28/01/10 (B535) Nouvelles de Somalie (3 articles en Français)

_________________________ 3 – L’Express avec Reuters

Des combats contre des rebelles somaliens font au moins 16 morts

Des combats entre une milice progouvernementale et des rebelles islamistes ont fait au moins 16 morts et 34 blessés mercredi dans le centre de la Somalie, rapporte un groupe de défense des droits de l’homme.

COMBATS MEURTRIERS EN SOMALIE

"D’autres personnes ont dû s’enfuir (…) C’est une violation des droits des civils", a déclaré à Reuters Ali Yasin Gedi, vice-président de l’Elman Peace and Rights Organisation de Mogadiscio.

Selon des habitants, les accrochages ont eu lieu dans les villes de Warhole et d’Owsweyne (région de Galgadud) et opposaient la milice Ahlu Sunna Waljamaca à une alliance d’insurgés appartenant aux groupes Hizbul Islam et Al Chabaab.

Washington considère Al Chabaab comme la branche d’Al Qaïda dans le pays de la Corne de l’Afrique dépourvu de gouvernement central depuis dix-neuf ans. Hizbul Islam et Al Chabaab prônent l’un et l’autre une version rigoriste de la charia.

Bashir Khayre, habitant de Warhole, a déclaré à Reuters que trois civils avaient succombé à leurs blessures alors que des voisins tentaient de les transférer dans une autre ville. "Le bilan risque de s’alourdir parce que certains blessés sont entrés en courant dans la forêt", a-t-il dit.

Les activistes d’Hizbul Islam et d’Al Chabaab se sont combattus dans le passé, mais ils ont aussi fait équipe pour affronter la milice Ahlu Sunna Waljamaca, qui défend une interprétation plus modérée de l’islam et soutient le fragile gouvernement somalien.

_____________________________ 2 – AFP

L’ONU espère redistribuer des vivres dans le sud de la Somalie en mars-avril

Le coordinateur de l’aide humanitaire des Nations unies en Somalie Mark Bowden a espéré mercredi que les distributions de vivres dans le sud du pays pourront reprendre en mars ou avril, après leur interruption début janvier par le Programme alimentaire mondial (PAM).

"J’espère qu’on pourra commencer à examiner un réengagement en mars ou au plus tard en avril", a déclaré M. Bowden lors d’un point de presse à Genève.

"J’espère certainement que cette suspension ne durera pas toute l’année", a-t-il ajouté, précisant que "l’aide a été interrompue juste après les récoltes, à un moment où il y avait assez de nourriture disponible" et où les distributions de vivres sont d’habitude réduites.

Le PAM avait annoncé le 5 janvier qu’il suspendait son action dans le sud de la Somalie en raison du "nombre croissant de menaces et d’attaques contre le personnel humanitaire" par les milices islamistes liées aux Shebab qui contrôlent la région.

Une porte-parole du PAM à Genève, Emilia Casella, avait fait état de "demandes inacceptables" de leur part. "On nous a demandé de l’argent en échange de notre sécurité et aussi de ne pas employer des femmes", avait-elle expliqué.

Le PAM avait assuré qu’un million de personnes ne recevraient plus d’aide alimentaire après son retrait du sud de la Somalie, mais qu’il continuerait de venir en aide à 1,8 million de personnes ailleurs dans le pays.

Selon M. Bowden, le retrait du PAM du sud du pays signifie que 27% des distributions de vivres en Somalie prévues ne sont plus assurées.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique en proie à une guerre civile depuis 1991, connaît une situation humanitaire catastrophique en raison des effets conjugués de la sécheresse, de la flambée des prix alimentaires et des violences.

L’ONU estime qu’elle aura besoin de 689 millions de dollars (490,5 millions d’euros) pour fournir de l’aide en 2010 à la population somalienne, dont 43% vit avec moins d’un dollar par jour.

_____________________________ 1 – Les Afriques

Somalie : 47 morts dans des affrontements entre islamistes et forces gouvernementales

Au moins 47 personnes ont été tuées et une centaine de blessés ont été enregistrés, le 3 janvier dernier, à la suite d’affrontements entre des rebelles du groupe islamiste d’Al-Shabab et le groupe islamiste modéré Ahlu Sunna Waljamaa, pro-gouvernemental, pour le contrôle de la ville stratégique de Dusamareb, située à 560 Km au nord de la capitale Mogadiscio.

La ville est la capitale de la région centrale de Galgadud, convoitée par Al-Shabab, qui voudraient étendre leur zone de contrôle entre Mogadiscio et Puntland au nord-est.

28/01/10 (B535) L’Etat français est condamné à assumer l’obligation de protection (remboursement des frais d’avocat) d’Elisabeth Borrel dans le cadre de la plainte qu’elle a déposée contre M de Bonnecorse pour des pressions sur la justice.

___________________________ Note de l’ARDHD

Jusqu’il y a quelques années, les usages voulaient que les avocats assurent gratuitement la défense des magistrats, lorsqu’ils avaient une affaire à devant les tribunaux.

Il est apparu que cette pratique pouvait être contraire à l’indépendance des magistrats, au regard des avocats … et qu’ils pouvaient perdre leur liberté de jugement dans d’autres affaires …

Il a donc été décidé que ce serait l’Etat qui règlerait les frais d’avocat des magistrats et cela s’appelle "l’obligation de protection"

Dans cette affaire qui vient d’être jugée en faveur d’Elisabeth Borrel, la chancellerie avait refusé de prendre en charge les frais d’avocat de la plaignante dans le suivi de la plainte contre Michel de Bonnecorse, qui était alors le patron de la cellule afrique de l’Elysée sous Chirac et qui avait déclaré à Jeune Afrique que pour lui, le Juge Bernard Borrel s’était bien suicidé ….

Le Conseil d’Etat (la plus haute instance judiciaire administrative) a donné raison à Mme Borrel, qui sera indemnisée pour ses frais d’avocat, dans le cadre de l’obligation de protection.

Peut-on en déduire que le tribunal administratif a estimé que la plainte contre M de Bonnecorse était fondée et recevable ? C’est possible, mais ce sera un autre jugement qui le dira.

_________________________ 1 – France-Soir

La veuve du juge Borrel fait condamner L’Etat pour “pressions”

Samy Mouhoubi,

Le Conseil d’Etat fait droit aux demandes de l’épouse de ce magistrat mystérieusement assassiné à Djibouti.

Elle vient de remporter une bataille dans l’âpre combat judiciaire qui l’oppose à la raison d’Etat, ses grandes et petites dissimulations. La veuve de Bernard Borrel, un juge français détaché à Djibouti et tué à l’automne 1995, s’est vu confirmer dans ses droits afin d’écarter les pressions incessantes ayant pollué les investigations censées élucider le mystérieux décès de son conjoint. Pour ce faire, le Conseil d’Etat a annulé une décision de l’ex-ministre de la Justice refusant la protection statutaire à la veuve du juge Borrel dans une instruction visant Michel de Bonnecorse, l’ex-« M. Afrique » de l’Elysée, pour « pression sur la justice ».

Dans sa décision, datée du 28 décembre 2009, le plus haut degré de juridiction de l’ordre administratif souligne que l’Etat, à travers Rachida Dati – alors garde des Sceaux –, a manqué à son « obligation de protection » envers la veuve de Bernard Borrel. En clair, qu’il devait prendre en charge ses frais de justice dans sa plainte contre Michel de Bonnecorse, 70 ans, ancien patron de la cellule Afrique de l’Elysée, de 2002 à 2007, sous la présidence de Jacques Chirac. Le Conseil d’Etat lui a en outre alloué 3.000 euros.

Magistrate de profession, la veuve du juge Borrel avait déposé plainte et obtenu – contre l’avis du parquet – l’ouverture d’une information judiciaire, en septembre 2007, après des déclarations de l’ex-grand manitou des affaires africaines à l’Elysée.

« Contrairement à ceux qui préjugent de l’assassinat de Bernard Borrel sur ordre des autorités djiboutiennes, je préjuge, moi, qu’il s’est suicidé », avait-il soutenu sans ciller, au printemps 2007, à la revue Jeune Afrique. Saisies de ce volet de l’affaire, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, avaient – sans succès – tenté de perquisitionner l’Elysée, en août 2008, dont les archives de la fameuse cellule Afrique. Un an plus tôt, elles avaient fait chou blanc aux domiciles parisien et provençal de Michel de Bonnecorse.

Trois ans auparavant, Elizabeth Borrel avait déposé plainte contre Hervé Ladsous, alors porte-parole du Quai d’Orsay, désormais ambassadeur de France en Chine, selon lequel la mort de son mari ne mettait pas en cause Djibouti. Là encore, contre l’avis du parquet, une information judiciaire avait été ouverte, en janvier 2005. Initialement confiée à Emmanuelle Ducos, l’instruction suit son cours dans le cabinet de Nicolas Aubertin.

« Obligation de mesure »

Le meurtre toujours non élucidé de Bernard Borrel est au cœur de l’énigme. Avant de faire machine arrière, les enquêteurs français avaient privilégié la thèse de son suicide. Son corps avait été retrouvé carbonisé, en octobre 1995, en contrebas d’une falaise… De nouvelles expertises – dont des plantes de pieds parfaitement vierges de tout produit inflammable – ont fait voler en éclats cette hypothèse, dûment validée, le 19 juin 2007, par Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris.

Dans ses conclusions devant le Conseil d’Etat, Roger Lacan, le rapporteur public, considère qu’il est « manifeste » que Michel de Bonnecorse avait conscience d’exercer une pression par ses déclarations, et que « sa position donn(ait) un poids important à ses propos, et aurait dû l’inciter à porter particulière attention à l’obligation de mesure et de discrétion qui s’impose à tous les serviteurs, y compris les plus éminents ».

Le rapporteur de l’Etat constate encore que « les progrès de l’instruction (NDLR : sur la mort du juge Borrel) sont tributaires de la coopération entre les autorités judiciaires française et djiboutienne, et plus généralement de la volonté et de la capacité de certains témoins à apporter leur concours à l’enquête ».

« Pressions caractérisées »

Et le rapporteur de fustiger « une version des faits véhiculée depuis l’origine sans fondement sérieux » présentant « le risque d’entraver cette coopération.

On ne peut exclure qu’elle soit interprétée comme un encouragement par ceux qui seraient tentés d’y faire obstacle ou de s’y dérober ».

Contacté par France-Soir, Me Olivier Morice, l’avocat d’Elizabeth Borrel, ironise sur les chausse-trapes jusque-là subies. « Ce sont des pressions politiques caractérisées alors même que la justice a fourni aux responsables politiques des éléments montrant que le mari de ma cliente a bien été tué. »

Selon le conseil de la veuve du juge français abattu « le procureur de la République de Paris devrait s’inspirer de la liberté de ton et de l’indépendance du rapporteur public du Conseil d’Etat qui n’a pas craint de fustiger les pressions politiques du chef de la cellule africaine de l’Elysée dans l’affaire Borrel ».

28/01/10 (B535) Yémen Express (4 articles en Français)

______________________________ 4 – Reuters

LEAD 3 Le Yémen inquiète l’Occident, mais s’engage à ses côtés

par Samia Nakhoul

La communauté internationale s’est portée mercredi au chevet du Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde, menacé par un radicalisme islamique qui risque de déstabiliser toute la péninsule arabique.

Une réunion a rassemblé en fin d’après-midi à Londres des représentants du G8, de l’Onu, de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que de pays de la région comme l’Egypte, la Jordanie et la Turquie.

S’adressant à la presse à l’issue de cette conférence, les ministres des Affaires étrangères yéménite, britannique et américain ont souligné la nécessité de traiter les causes de la radicalisation.

"Tous les intervenants que nous avons entendus aujourd’hui se sont accordés pour dire que le traitement des problèmes du Yémen ne se limite pas à sa sécurité et sa stratégie antiterroriste", a déclaré le Britannique David Miliband, hôte de la conférence.

"Pour s’attaquer au terrorisme, il est essentiel de s’en prendre à ses causes profondes. Dans le cas du Yémen, elles sont nombreuses: économiques, sociales et politiques", a-t-il poursuivi, annonçant l’ouverture prochaine de négociations entre Sanaa et le Fonds monétaire international en vue de l’élaboration d’un programme de réformes économiques.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a proposé la tenue de cette conférence après l’attentat manqué du 25 décembre à bord d’un avion de ligne américain assurant la liaison Amsterdam-Detroit.

L’opération a été revendiquée par Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), dont l’activisme croissant au Yémen préoccupe le puissant voisin saoudien et les Etats occidentaux.

Sanaa n’est pas seulement aux prises avec Al Qaïda, mais doit également faire face à des tensions séparatistes dans le Sud et à un rébellion chiite dans le Nord.

"Si les conflits et la violence ne sont pas traités, ils mineront les réformes politiques et la réconciliation qui sont essentiels au progrès du Yémen", a estimé Clinton.

UN ENGAGEMENT SOUTENU ET CIBLÉ

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Aboubakr al Kirbi, a estimé récemment à quatre milliards de dollars par an l’aide nécessaire pour faire décoller l’économie et détourner la jeunesse d’un risque de radicalisation violente.

Plus de 40% des 33 millions de Yéménites vivent avec moins de deux dollars par jour, alors que la population est appelée à doubler en l’espace de 20 ans et que le fléau du chômage pousse les jeunes, désabusés, dans les bras des islamistes radicaux.

En 2006, une réunion de donateurs, qui s’était tenue elle aussi à Londres, avait débouché sur la promesse d’une aide de cinq milliards de dollars, mais seule une petite portion a été versée, par crainte notamment de la manière dont les fonds auraient été dépensés.

Dans le communiqué final, les participants s’engagent cette fois à soutenir sans faille le Yémen face à des "défis croissants, qui, s’ils ne sont pas relevés, risquent de menacer la stabilité du pays et de l’ensemble de la région".

De son côté, "le gouvernement du Yémen reconnaît le besoin urgent de s’attaquer à ces problèmes, qui demanderont un engagement soutenu et ciblé".

Les délégations se félicitent en outre de la naissance d’une assemblée "des amis du Yémen" qui se réunira pour la première fois fin mars dans la région pour évoquer les moyens à mettre en oeuvre pour concrétiser les projets de réformes, "notamment dans le cadre de deux groupes de travail consacrés, d’une part, à l’économie et à la gouvernance et, d’autre part, à la justice et au maintien de l’ordre".

La déclaration finale annonce aussi l’organisation, les 27 et 28 février à Ryad, d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe afin d’évaluer les obstacles à surmonter pour aider efficacement Sanaa.

(Version française Marc Delteil,
Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief)

______________________________ 3 – CyberPress (Canada)

Délicat rapprochement avec le Yémen


Marc Thibodeau -La Presse

«Corrompu, injuste, primitif, criminel.» Le régime d’Ali Abdullah Saleh, homme fort du Yémen, est sur la sellette. Notre correspondant est de retour d’un reportage dans ce pays. Il nous explique pourquoi les pays occidentaux au chevet de cette nation, aujourd’hui à Londres, ne devraient pas «détourner leur regard» des abus du gouvernement yéménite.

Les pays occidentaux qui se réunissent aujourd’hui à Londres pour discuter de la meilleure façon d’aider le Yémen à lutter contre Al-Qaeda s’engagent en terrain glissant en accroissant leur soutien au gouvernement en place.

Le régime d’Ali Abdullah Saleh, qui tient les rênes du petit pays arabe depuis plus de 30 ans, est en effet régulièrement écorché par les organisations de lutte contre la corruption et les défenseurs des droits de la personne

.«Dans un monde idéal, le président Saleh n’est pas quelqu’un avec qui nous aimerions faire affaire», souligne dans une récente analyse la journaliste anglaise Victoria Clark, qui a séjourné plusieurs fois là-bas.

«Corrompu, injuste, primitif, criminel sont quelques-uns des adjectifs que les Yéménites instruits sont susceptibles d’utiliser» pour décrire le gouvernement en place, souligne-t-elle.

Comme dans nombre de pays de la région, la photo du chef de l’État est omniprésente à l’aéroport, dans les hôtels ou dans les rues de la capitale, Sanaa, où sont installés plusieurs panneaux d’affichage géants à son effigie.

Gangréné par la corruption

Le dirigeant de 67 ans, pour bien marquer son domaine, a aussi donné son nom à une spectaculaire mosquée située près d’une large avenue aménagée pour les défilés militaires.

Selon un site de tourisme local, le bâtiment, ouvert en 2008, a été construit au coût de 60 millions de dollars américains «aux frais du président».

Un journaliste local a indiqué que la somme – une fortune dans un pays où plus de 40% de la population vit dans la pauvreté – avait été puisée à même l’argent généré par la vente des ressources pétrolières du pays.

Un représentant du gouvernement a assuré, de son côté, que la construction avait été essentiellement financée par de riches Saoudiens.

L’érection de la mosquée, quoi qu’il en soit, a soulevé l’ire d’une partie de la population, comme en témoignent les commentaires laissés sur le site de la BBC.

«Nommer la mosquée du nom d’un dictateur corrompu est indigne», a écrit un résidant d’Aden, qui parle d’un «réel gaspillage» de ressources.

Le petit pays d’une vingtaine de millions d’habitants, de l’avis de nombre d’analystes, est gangréné par la corruption, qui s’étend à tous les échelons.

La Presse a pu le constater de visu peu après son arrivée à Sanaa lorsqu’un agent affecté à la circulation routière a menacé de saisir son véhicule. «Il veut un pot-de-vin», a expliqué notre interprète. Selon Transparency International, il n’est pas rare que des fonctionnaires affectés à des ministères-clés accumulent rapidement de véritables fortunes.

Structure de népotisme

Malgré les promesses d’action du gouvernement, les risques de poursuite demeurent minimes. «Ceux qui détiennent le pouvoir ne permettront jamais aux dominos de tomber, de crainte que chacun d’eux en entraîne un autre dans sa chute, et un autre, jusqu’à ce que plus rien ne tienne debout», indique l’organisation.

Dans un récent rapport, Chatam House, un centre de recherche de Londres, souligne que la véritable priorité du président Saleh est d’assurer sa propre survie dans un pays marqué par une instabilité croissante.

L’homme fort du Yémen, souligne l’organisation, a aménagé il y a longtemps une «structure de népotisme élaborée», reposant sur les revenus pétroliers, pour s’assurer la loyauté de chefs de tribus, de leaders de l’opposition et d’extrémistes religieux, ce qui mine le fonctionnement des institutions gouvernementales.

Sarah Philips, une chercheuse de l’Université de Sydney qui est spécialisée sur le Moyen-Orient, souligne qu’il ne sert à rien de donner plus d’argent au régime si ces sommes sont utilisées pour renforcer le système existant.

Malheureusement, dit-elle, toute ouverture progressiste visant à accroître la voix des Yéménites dans le système politique risque d’être freinée par la petite élite au pouvoir.

L’emprise du régime sur le pays est reflétée par les résultats électoraux du président, qui a été réélu avec près de 80% des voix en 2006 après avoir reçu officiellement l’appui de plus de 90% de la population en 1999.

Les membres de la famille du chef de l’État occupent nombre de postes-clés dans l’administration, y compris les principaux postes en matière de sécurité. Son fils Ahmed, pressenti comme son possible successeur en 2013, dirige la garde républicaine et les forces spéciales.

La manière forte

La mainmise du régime sur le pays et ses ressources alimente l’indignation dans le Nord, où l’armée lutte depuis des années contre des rebelles chiites, ainsi que le mouvement sécessionniste du Sud.

Dans les deux cas, le gouvernement n’hésite pas à utiliser la manière forte, y compris pour faire taire les médias trop critiques. Reporters sans frontières affirme que le gouvernement «profite du soutien apporté par les puissances étrangères dans sa lutte antiterroriste… pour violer délibérément les droits de la personne».

Le journal Yemen Times a prévenu la semaine dernière que les pays occidentaux auraient tort de «détourner leur regard» de ces abus sous prétexte de lutter contre Al-Qaeda.

______________________________ 2 – Le Monde

Le Yémen et le monde doivent "faire plus" contre l’extrémisme (Clinton)

Le Yémen et la communauté internationale doivent "faire plus" contre l’extrémisme, a déclaré mercredi à Londres la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, reconnaissant que les défis que doit affronter Sanaa étaient "impressionnants".

"Les Yéménites méritent d’avoir l’opportunité de déterminer leur propre avenir, plutôt que de laisser leur sort entre les mains d’extrémistes qui incitent à la violence et infligent le mal", a dit Mme Clinton, selon le texte d’un discours transmis à la presse.

"Pour aider le peuple du Yémen, nous — la communauté internationale — pouvons et devons faire plus. Le gouvernement yéménite également".

Mais "les défis multiples que doit affronter le Yémen sont impressionnants", a reconnu la responsable.

Hillary Clinton est arrivée à Londres mercredi pour une réunion ministérielle visant à mieux aider le Yémen à lutter contre la menace d’Al-Qaïda, après l’attentat manqué contre un vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël.

Elle devait participer jeudi à la conférence sur l’Afghanistan également à Londres qui réunira quelque 70 pays pour convenir d’une stratégie pour le pays.

______________________________ 1 – Le Monde

Yémen: les USA impliqués dans les attaques menées contre Al-Qaïda (presse)

Les militaires et agents du renseignement américains sont étroitement impliqués dans des opérations secrètes menées avec les forces yéménites contre la branche d’Al-Qaïda dans la région, qui ont conduit à la mort de 6 de ses 15 chefs, a rapporté mercredi le Washington Post.

Le président américain Barack Obama a approuvé ces opérations, qui ont commencé il y a six semaines et impliquent plusieurs dizaines de soldats américains d’une unité spécialisée dans la traque des chefs d’Al-Qaïda, indique le quotidien, citant des responsables sous le couvert de l’anonymat.

Selon le Washington Post, les efforts combinés des Américains et des Yéménites ont conduit à plus de deux douzaines d’opérations terrestres et de raids aériens.

Les Américains ne participent pas aux raids lancés au Yémen mais préparent les missions et fournissent armes et munitions, ajoutait le Washington Post.

Dans ce cadre, les Etats-Unis partagent avec les forces yéménites des informations sensibles, comme des cartes en 3D, des vidéos ou leurs propres analyses concernant la situation d’Al-Qaïda.

Les Etats-Unis ont reconnu qu’ils apportaient un soutien au Yémen, en termes de renseignement et d’entraînement, mais n’ont jusqu’à présent fourni aucune précision sur leur rôle concernant les offensives menées contre des militants d’Al-Qaïda.

Le Pentagone a refusé mercredi de commenter cet article mais a fait valoir que Washington répondrait présent si le gouvernement yéménite demandait la poursuite, voire le renforcement, du soutien américain, qu’il soit financier ou militaire (formation et renseignement).

"Si le gouvernement yéménite continue à trouver utile (l’aide américaine), nous étudierons les manières de la maintenir, si ce n’est de l’élargir", a déclaré le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, lors d’une conférence de presse.

Il a en outre salué Sanna pour sa "réponse offensive et vigoureuse à la menace terroriste" sur le sol yéménite.

L’intérêt de Washington pour le Yémen s’est accru depuis l’attentat manqué contre un avion américain le jour de Noël, perpétré par un jeune Nigérian ayant séjourné au Yémen. L’acte a été revendiqué dans un premier temps par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), puis par Oussama ben Laden, le chef de l’organisation extrémiste.

Les Etats-Unis et une vingtaine d’autres pays se sont retrouvés mercredi à Londres pour une réunion visant à mieux aider le Yémen à lutter contre la menace d’Al-Qaïda. Les grandes puissances se sont engagées à soutenir le pays en échange d’efforts de bonne gouvernance.

27/01/10 (B535) Radio-Trottoir Le Port de Djibouti au bord d’une bifurcation… Son avenir ? Port commercial ou Port de Guerre ? On tourmente et on brade les activités portuaires ainsi que les salariés du secteur, sans défense et sans recours. (lecteur)

« Séminaire ou Colloque sur Séminaire et Colloque,
il ne reste plus à la Comédie Onusienne qu’à lever l’ancre »

Les faits:

1. Sur les 850 travailleurs qui étaient encore employés dans le seul secteur Pétrolier, il ne reste plus qu’une cinquantaine d’employés.

2. les Syndicalistes du Port (Hydrocarbures inclus) sont en chômage technique,

3. les droits de ravitaillement et de soute des Sociétés pétrolières sont non seulement interdits mais coupés,

4. Le Procureur Général exige que les Sociétés pétrolières de la place déboursent plusieurs milliards de Francs Djibouti de dédomagement pour avoir pollué durant les dix dernières années le littoral maritime jusqu’à Harmous,

5. le Fils de Robleh Olayeh possèderait un navire ravitailleur battant Pavillon de (New-York ?) à très haut débit afin de ravitailler rapidement les navires lorsqu’ils abordent les eaux territoriales de la République de Djibouti ;

6. La Société « Horizon » en zone portuaire prospère grâce au parapluie qui lui est assuré par la République d’Haramous,

7. le Port de Doraleh est démuni de Zone Franche. Une nouvelle Zone de Dry Port au PK 12 risque de perturber la libre circulation en devenant un barrage routier comme après les élections mascarades de 1967 à l’époque coloniale;

8. Tous les remorqueurs susceptibles de convoyer des navires à fort tonnage (y compris les plus récents qui avaient été donnés par la Hollande et le Japon) viennent d’être bradés par une certaine Compagnie d’Haramous au couleur de l’Inschape,

9. Le Consul honoraire d’Inde serait encore détenu en Garde à vue au seul motif d’avoir dénoncé la corruption et l’augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité,

10. la haute politique géostratégique menée avec la protection de la Mafia djiboutienne est en train de gangréner le Port de Djibouti.

Heureusement quelques navires de Guerre viennent encore mouiller à Djibouti, ce qui apporte un peu d’oxygène pour compenser la chutre butale de trafic sur les divers quais des gros navires porte-containeurs.

A le Wadani
votre Représentant à Doraleh

27/01/10 (B535) A lire sur Intelligence On Line …. (Articles payants)

Lien avec le site : http://www.intelligenceonline.com

1°) YEMEN

INTELLIGENCE ONLINE – Edition française – 28/01/2010
– Qassem al-Rimi
Qassem al-Rimi, chef de la nébuleuse djihadiste au Yémen (IOL nº609), aurait été tué le 15 janvier lors d’un raid de l’aviation yéménite sur la région désertique de Hab al-Chaaf, entre les provinces d’al-Jawf et Saada (Nord). (…)

INTELLIGENCE ONLINE – Edition française – 28/01/2010
– La NSA

La NSA a conclu un accord avec l’Office of Terrorism & Financial Intelligence du département américain du Trésor pour endiguer les transferts de fonds à destination de la nébuleuse djihadiste au Yémen . (…)

INTELLIGENCE ONLINE – Edition française – 28/01/2010
– Washington impose une trêve avec les Houthis

Le ministre yéménite des affaires étrangères, Abou Bakr al-Kourbi, a eu, toute la semaine dernière à Washington, des entretiens avec l’Assistant Secretary of State for Near Eastern Affairs, Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur à Beyrouth. (…)

INTELLIGENCE ONLINE – Edition française – 28/01/2010
– EADS ensablé dans le contrat Miksa

Remporté l’an dernier par EADS Defense & Security (EADS D&S, IOL nos 594 et 598), le contrat Miksa de sécurisation des frontières saoudiennes est signé mais toujours pas ratifié par Riyad. (…)

2°) SOMALIE

INTELLIGENCE ONLINE – Edition française – 28/01/2010
– Les rançons hors-la-loi ?
Tous les cabinets d’avocats et de sécurité britanniques qui aident les armateurs à négocier avec les pirates somaliens suivent avec inquiétude l’enquête de l’Audiencia Nacional espagnole sur Kepa Etxebarría, armateur du cargo de pêche Alakrana. (…)

27/01/10 (B535) La vie à la Cour du roitelet d’Haramous, vue en image par Roger Picon. 4 dessins d’actualité.

Retour d’un pugilat « ordinaire »
chez le premier ministre
La chasse aux syndicalistes « libres »
ne connaît pas de répit
Amnesty International dénonce
les trafics d’armes vers la Somalie,
le régime IOG en tire-t-il des bénéfices ?

Confrontés à la crise économique, les informateurs viennent monnayer leurs confidences auprès du SDS.

26/01/10 (B535) Somaliland (JDD) Attentat dans une mosquée.

Une bombe a explosé dans une mosquée du Somaliland (une enclave sécessionniste de Somalie), tuant quatre policiers, a fait savoir lundi l’agence de presse Reuters.

L’attentat n’a pour l’heure pas été revendiqué.

L’enclave du Somaliland est en grande partie placée sous l’emprise des rebelles islamistes d’al Chabaab. Les policiers y sont souvent la cible d’attaques.

___________________________ Note de l’ARDHD

Nous ne partageons pas l’analyse du JDD, qui affirme que le Somaliland serait un repaire pour les forces d’Al Chabaab