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29/12/2015 (Brève 580) (13h50 Paris) FLASH SPECIAL – Saïd Houssein Robleh est sorti de l’hôpital Bouffard et ali Ewado le président de la LDDH a été arrêté et conduit vers une destination inconnue. (ARDHD avec nos correspondants sur place)

Said Houssein Robleh blessé volontairement par balle par les forces djiboutiennesNous venons d’apprendre que le député Saïd Houssein Robleh vient de sortir de l’hôpital Bouffard avec tous ses pansements et un rendez-vous journalier pour des soins.

Nous savons tous les risques qu’il encoure à partir du moment où la France, en dépit du fait qu’il a fait une demande formelle d’asile politique et de protection tout à fait justifiée dans son cas, le lâche aux mains de ses assassins en offrant le service minimum de soins et non l’intervention médicale urgente que requiert son état et son accueil dans un domaine sécurisé, placé sous sa souveraineté.

Par ailleurs Ali EWADO le président de la LDDH a été arrêté à proximité de ce même hôpital et pour l’heure nous ne savons pas vers quel lieu secret (et de torture ?) il a été conduit.

03/12/10 (B580) Un lecteur nous transmet le lien pour écouter une intervention de Houssein Andoleh sur Radio Kulanka (en langue somali) et une rapide présentation en Français.

En réponse au discours prononcé par Guelleh le jour de la fête de l’Aïd, le 29 novembre, sur Radio Kulanka, Houssein Andoleh ne mâche pas ses mots. Il démonte l’hypocrisie et le mensonge de Guelleh, qui affirme d’un côté que la Présidence n’appartient à personne et de l’autre qui tente d’étouffer tous les opposants.

La relève est prête à prendre ses responsabilités.

03/12/10 (B580) WikiLeaks traite aussi de Djibouti – Le Président du Yémen se moque « gentiment » d’IOG et dénonce les trafics multiples à partir de Djibouti – La firme de sécurité Blackwater Worldwide intervient à partir de Djibouti avec un navire armé. Djibouti est le seul pays à avoir accepté de la recevoir (2 articles – Info lecteur)

___________________ 2 – Le Président du Yémen se moque « gentiment » d’IOG et dénonce les trafics multiples à partir de Djibouti

Parmi les télégrammes diplomatiques entre Washington et ses ambassades révélés par le site wikileaks, un des câbles concerne le président yéménite et son ami IOG.

C’est dans une note secrète transmise en janvier 2010 par l’ambassade des Etats Unis à Sana’a avec la mention « SECRET/NOFOR » que le président yéménite se plaint d’IOG.

Le télégramme révélé par wikileaks est un compte rendu de la rencontre du général Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, puis en Afghanistan, avec le président Ali Abdallah Salah. Durant cette visite, Ali Abdallah Salah s’est plaint de son voisin, en pointant du doigt la contrebande particulièrement gênante de Djibouti. Il affirme que les gardes du Yémen ont intercepté récemment quatre conteneurs d’origine TNT de Djibouti.

Il continue la discussion en plaisantant :

« Dites à Ismail Guelleh (président de Djibouti) que je ne m’inquiète pas s’il fait de la contrebande de whisky au Yémen – à condition que ce soit du bon whisky – mais pas d’armes ou de la drogue « . Ali Abdallah a déclaré aussi que les contrebandiers de tous bords corrompent à la fois les gardes frontières de l’Arabie Saoudite et du Yémen.

_________________ 1 – La firme de sécurité Blackwater Worldwide intervient à partir de Djibouti avec un navire armé. Djibouti est le seul pays à avoir accepté de la recevoir

Voici un autre télégramme révélé par wikileaks, il concerne les discussions entre la firme américaine de sécurité BlackWater et les autorités djiboutiennes.

Selon la note classée confidentielle, la firme de sécurité américaine, Blackwater Worldwide (BW), a reçu la permission du gouvernement de Djibouti d’opérer sur un navire armé à partir du port de Djibouti, afin de protéger les navires commerciaux des pirates au large des côtes de la Somalie. Djibouti était le seul pays de la région à avoir accepter la présence de Blackwater.

Le navire de Blackwater battant pavillon américain est arrivé au début de Mars, 2009 avec un équipage de 33 personnes, dont 3 équipes de 6 hommes armés qui peuvent être soignés à l’hôpital militaire français Bouffard. Le navire pouvait escorter à chaque voyage trois navires marchands et restait en mer durant 60 jours avant de se ravitailler à Djibouti. La marine djiboutienne est chargée de la sécurité du Blackwater et de ses armes (c.-à-mitrailleuses de calibre .50) lorsqu’ils sont à quai.

On apprend par ailleurs dans la note que le navire du Blackwater ne doit pas faire des prisonniers, mais doit utiliser la force contre les pirates, si nécessaire.

A l’époque de la note, Blackwater n’avait pas encore de client mais s’attendait à un développement du business suite au lancement de ses activités à Djibouti.

Hassan Said Khayre, chef de la sécurité nationale et Robleh Olhaye, ambassadeur de Djibouti aux Etats Unis, ont mené les négociations avec les responsables de BlackWater, le premier à Djibouti, le second à Washington.

Les agents locaux de BlackWater à Djibouti étaient Inchcape Shipping et Bruno Pardigon, directeur général de la DMSS, Djibouti Maritime Security Services.

Pour des raisons de sécurité, nous passons sur beaucoup de détails compromettants.

03/12/10 (B580) Le Journal de la Flibuste – Quand le McArthur de Blackwater s’introduisait dans la lutte anti-piraterie – La Belgique ne poursuivra pas les pirates présumés interceptés au large du Kenya – Un pirate somalien condamné à 30 ans de prison par un tribunal américain (3 articles)

_____________________ 3 – Bruxelles 2 – Blog de la défense

Quand le McArthur de Blackwater s’introduisait dans la lutte anti-piraterie

Nicolas Gros-Verheyde

Blackwater avait prévu de se reposer pour le soutien médical sur l’hopital Bouffard des FFDJ (crédit : 13dble)

Cela fait partie du lot de révélations amenée par Wikileaks et analysée par le New York Times. Le gouvernement djiboutien a autorisé en 2009 la société privée américaine Blackwater Worldwide (BW), a reçu l’autorisation d’opérer à partir du port de Djibouti, un navire armé contre les pirates, pour protéger les navires commerciaux.

Ce n’est un secret pour personne que la lutte anti-piraterie est un vaste marché pour les sociétés militaires privées, en voie de reconversion après l’ère plutôt fastueuse de l’Irak. Et que Blackwater l’investit espérant un débouché. Un investissement qui n’a pas eu le résultat espéré. En revanche, ce qui me semble intéressant ce sont les détails donnés par le télégramme, le soutien américain à cette initiative qui reste très prudent (nous attendons des instructions du Département d’Etat est-il mentionné à la fin du télégramme), et surtout la motivation qui repose sur une approche assez pragmatique (il y a un marché, les sociétés américaines se doivent d’être présents, faut-il les soutenir) ainsi que le partage d’informations (Blackwater communiquera son SOP – procédure opérationnelle – aux ambassades de Nairobi et Djibouti), partage qui n’est pas illogique (et se pratique couramment).

Une équipe robuste d’US boys, l’hopital militaire français en assistance et un intermédiaire franco-djiboutien

Blackwater a ainsi obtenu l’autorisation pour le « McArthur, » un ancien navire de 183 pieds de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) battant pavillon américain, servi par un équipage de 33 hommes (tous citoyens américains) 15 marins et 3 équipes de 6 gardes, armés. Blackwater n’a pas l’intention de procéder à l’arrestation des pirates mais usera de la force lethale contre les pirates. Le navire est ainsi équipé de « mitrailleuses de calibre 50 ». Il a une plateforme pour hélicoptères mais n’en sera pas doté ; en revanche, un UAV sera à bord. Un « système vidéo permettra d’enregistrer l’activité des pirates ».

Précision intéressante : la société a négocié via un intermédiaire Inchcape, un accès pour ses hommes à l’hôpital militaire français Bouffard. Et son agent local sur place sera un franco-djiboutien, « favorablement connu de l’ambassade » est-il précisé, Bruno Pardigon, qui possède plusieurs sociétés, dont une nouvelle consacrée à la sécurité maritime « Djibouti Maritime Security Services » (DMSS).

Quelques interrogations : que faire des pirates surtout s’ils sont blessés ?

Si les privés américains ne veulent pas procéder à des gardes-vues de pirates, il est difficile de ne pas se poser la question de l’arrestation de suspects. « Même si les Français ont remis des suspects au Puntland, Downey (le directeur du développement pour l’Afrique, un ancien officier des forces spéciales) n’a pas l’intention de le faire, ni avec la Somalie ni avec le Kenya ». Le diplomate – dont on sent qu’il est très prudent sur cet engagement – précise que Blackwater ne peut bénéficier de l’accord signé avec le Kenya, qui est un accord de gouvernement à gouvernement ».

Cette implication reste pleine d’inconnue. « Il n’y a pas de précédent d’une opération paramilitaire d’un environnement purement commerciale ». Et de nombreuses questions se posent. Si le droit international maritime permet l’usage de la force contre les pirates (2), Downey « reconnait également la nécessité de respecter le droit international humanitaire ». Mais dans la pratique : que faire des pirates blessés ? « sans nuire à la capacité de protection du client », on voit bien comment la problématique est posée, et où se situent la balance des priorités …

« BW has no intention of taking any pirates into custody. While the French have previously put pirates ashore in Puntland, Downey said BW had no plans to do so, either in Somalia or Kenya (noting that Kenya’s bilateral PUC agreements with the USG and HMG were government-to-government). (…) While asserting that international maritime law allows the use of lethal force against pirates, BW also recognizes the need to respect international humanitarian obligations. Of concern, for example, is whether BW would be responsible for assisting injured pirates, if doing so endangered BW’s ability to protect its client(s). »

Dilemne : soutenir une entreprise US or not

Au moment de l’écriture du télégramme : « Blackwater n’a pas de client aujourd’hui (février 2009) mais elle compte développer un marché avec le lancement en mars (2009) avec la présence d’officiels. Coût de l’escorte : moins de 200.000 $.» Le diplomate explique son dilemme. Il demande donc des « lignes directrices » sur « l’engagement approprié avec Blackwater », en respectant également le « rôle du gouvernement de défense commerciale et de soutien aux entreprises américaines ».

« Post would appreciate Department’s guidance on the appropriate level of engagement with Blackwater, while also fulfilling the USG’s commercial advocacy responsibilities to support U.S. firms. »

Epilogue : peut-on préciser qu’après un démarrage en fanfare, XE (le nouveau nom de Blackwater) a décidé de vendre son navire phare, le McArthur, comme nous l’apprend un journal américain (1).

(1) Le Virginian Pilot parle d’un prix réduit de 3,7 millions $

(2) Selon moi, l’exclusivité de l’usage de la force en haute mer est cependant réservé à la force publique ou habilitée (sauf cas de légitime défense). Et la société « Blackwater » ne peut se réintroduire dans aucune des deux, sauf à réintroduire les « lettres de marques » qui habilitaient de joyeux drilles à aller courser (piller et couler au besoin) des navires « ennemis ».

________________________ 2 – RTL Info (Blegique)

La Belgique ne poursuivra pas les pirates présumés interceptés au large du Kenya

Le parquet fédéral belge a décidé de ne pas poursuivre les sept pirates présumés interceptés lundi au large des côtes kenyanes par la frégate belge "Louise Marie" de la Marine, a annoncé mardi une porte-parole du parquet fédéral, Leen Nuyts, interrogée par l’agence BELGA.

La frégate "Louise Marie" est engagée dans l’opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie face aux côtes somaliennes.

La frégate escortait, lundi, un navire marchand, le "MV Petra", affrété par le Programme alimentaire mondial (PAM), lorsqu’une embarcation "suspecte" a été signalée vers 14h00 à proximité des deux bâtiments. Le F931 "Louise Marie" a fait décoller son hélicoptère et a pris le cap de ce navire suspect, avait précisé lundi le service de presse de la Défense dans un communiqué.

Les sept membres d’équipage avaient été capturés et "placés sous surveillance" à bord de la frégate dans l’attente de prochaines étapes juridiques, ajoutait le texte, dans une allusion à la nouvelle loi belge sur la piraterie votée début de l’année.

Le gouvernement belge avait voté le 14 janvier dernier une loi déterminant le cadre juridique de la lutte contre la piraterie lors d’une intervention dans les eaux internationales.

Le parquet fédéral n’a pas souhaité commenter les motivations de sa décision de ne pas poursuivre les pirates présumés.

Le Kenya, pour sa part, devrait engager des poursuites.


________________________ 1 – 20 minutes (France) avec Reuters

Un pirate somalien condamné à 30 ans de prison par un tribunal américain

Un pirate somalien, qui avait participé à l’attaque du navire de guerre américain Ashland le 10 avril dernier au large des côtes est-africaines, a été condamné lundi à trente ans de prison par le tribunal fédéral de Norfolk, en Virginie.

C’est la première condamnation prononcée dans une affaire de piraterie depuis plus d’un siècle et demi aux Etats-Unis.

Lors de sa comparution en août, l’accusé, Jama Idle Ibrahim, 38 ans, avait plaidé coupable dans le cadre d’un accord passé avec le parquet. L’homme fait partie des six accusés transférés aux Etats-Unis après l’attaque le 10 avril de l’Ashland, qui croisait dans le golfe d’Aden et que les assaillants avaient pris pour un navire marchand. Les six hommes avaient ouvert le feu avec des armes légères sur le bâtiment qui avait riposté, coulant leur embarcation. Un pirate avait été tué.

03/12/10 (B580) Nouvelles de Somalie – envoi d’un bataillon burundais supplémentaire – Un expert somalien parle de la menace d’al-Shabab – renforts burundais au sein de l’Amisom qui atteint 8.000 hommes – au moins neuf civils tués dans des affrontements à Mogadiscio – l’Onu réitère son soutien au gouvernement – au moins neuf civils tués dans des affrontements à Mogadiscio (7 articles)

________________________ 7 – AFP

Somalie: au moins 11 morts dans des combats entre islamistes dans le sud

Au moins onze personnes ont été tuées depuis mercredi dans le sud de la Somalie dans des combats entre insurgés islamistes shebab et rivaux du Hezb al-Islam, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Mercredi, des combattants shebab lourdement armés ont attaqué et se sont emparés par surprise de la localité de Burhakaba, à environ 180 km au sud-ouest de Mogadiscio, tenue depuis 2008 par les hommes du Hezb al-Islam.

Après une accalmie pendant la nuit, les combats ont repris jeudi matin, avec une contre-attaque du Hezb al-Islam.

« Nous ignorons la cause exacte de ces violences entre islamistes, mais au moins douze personnes ont été tuées et un plus grand nombre blessées depuis hier » (mercredi), a indiqué un notable local, Abdirahim Malim Isak, interrogé au téléphone depuis Mogadiscio.

Pour la seule journée de jeudi, les combats ont fait huit morts, « six combattants des deux bords et deux civils victimes des tirs croisés », selon un témoin, Hassan Mohamed, un habitant.

Trois combattants ont été tués la veille, lors de la prise de la ville par les shebab, a précisé un autre notable local, Adan Dinow.

Localité stratégique vers les régions du sud du pays, Burhakaba est située sur la route reliant Mogadiscio à Baïdoa, la grande ville du sud éthiopien.

Aucun responsable des deux groupes n’était joignable pour commenter ces informations.

Les shebab, qui se réclament d’al-Qaïda, contrôlent l’essentiel du centre-sud de la Somalie, ainsi que la majorité des quartiers de la capitale Mogadiscio.

Le Hezb al-Islam est plus particulièrement implanté en périphérie nord-ouest de Mogadiscio, et dans l’extrême sud du pays, dans la région de Kismayo notamment.

Si les membres des groupes combattent côte-à-côte dans la capitale contre les forces gouvernementales et la force de paix de l’Union africaine (Amisom), ils sont engagés depuis près d’un an dans une intense et parfois violente lutte d’influence dans le sud.

________________________ 6 – France Diplomatie

AMISOM : envoi d’un bataillon burundais supplémentaire (2 décembre 2010)

La France salue l’envoi par le Burundi d’un bataillon supplémentaire au sein de la force de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie, l’AMISOM. Les forces du Burundi et de l’Ouganda, déployées à Mogadiscio afin de sécuriser l’approvisionnement humanitaire et de contribuer ainsi à la réconciliation nationale, effectuent avec courage un travail remarquable dans des conditions difficiles.

La France rappelle son plein soutien à l’Union africaine dans cette mission depuis le début de son déploiement en 2007 : nous avons contribué à la formation de plusieurs milliers de soldats ougandais et burundais engagés au sein de l’AMISOM, nous sommes fortement engagés à travers l’Union européenne et nous contribuons au financement du soutien logistique à l’AMISOM via les Nations unies.

___________________________ 5 – Magharebia (Tunis)

Un expert somalien parle de la menace d’al-Shabab

Mohammed Omar, un grand spécialiste de la Somalie, parle de la montée en puissance d’al-Shabab et de la menace que l’organisation fait peser non seulement sur la Somalie, mais sur toutes les régions d’Afrique, y compris le Maghreb.

Par Jamel Arfaoui

Mohammed Omar explique que le régime d’al-Shabab « n’est pas né avec le consentement du peuple et n’exprime pas les aspirations du peuple somalien ».

A la lumière du récent détournement du navire marchand tunisien Hannibal II, les habitants du Maghreb se disent de plus en plus préoccupés par le danger croissant que représente l’instabilité en Somalie. Pour éclairer la situation, Magharebia a rencontré le politologue somalien Mohammed Omar à Mogadiscio. Il a dévoilé la face cachée du groupe djihadiste radical al-Shabab et exposé les liens du mouvement avec les terroristes internationaux.

Observateur attentif des évènements violents qui ont secoué la Somalie ces dernières années, Omar a une connaissance approfondie de l’histoire du pays et de son importance pour le reste de l’Afrique. Il a expliqué que ce groupe terroriste impose son idéologie radicale à la population par la force et ne dispose que de peu de soutiens au sein de la population. Omar a également apporté des éclaircissements sur la montée en puissance des groupes salafistes et sur les liens entre al-Shabab et al-Qaida au Maghreb Islamique.

Magharebia : Pouvez-vous nous indiquer les origines d’al-Shabab ?

Mohammed Omar : Il est difficile de dater un moment précis et de dire que le mouvement est apparu en tant que tel, dans la mesure où sa création a été progressive. En 1997, le groupe salafiste al-Ittihad al-Islami a déclaré qu’il renonçait à son approche armée pour devenir un groupe de dawa (prêche). Cette décision a provoqué la colère de certains des leaders de second plan qui y étaient opposés et insistaient sur l’approche armée.

Après le 11 septembre, la possibilité que la Somalie soit la cible d’une attaque américaine s’est renforcée ; cela a mobilisé ces jeunes leaders et cela les a poussés à instaurer le mouvement, qui a rapidement disposé de bases d’entraînement dans la capitale somalienne, contrôlée par des seigneurs de guerre bénéficiant du soutien d’entités régionales et internationales.

Magharebia : Quelle est la relation entre al-Shabab et al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ?

Omar : Il existe certainement une coopération entre al-Qaida et al-Shabab, comme l’attestent les déclarations faites par les deux parties. Al-Shabab affirme faire partie d’al-Qaida et prône son affiliation à Oussama ben Laden, et al-Qaida publie des déclarations qui soutiennent al-Shabab et lui fournit quelques conseils, comme le font habituellement al-Zawahri et Abou Yahya al-Libi.

Avec le développement des activités d’entraînement, on estime que les liens de communication entre le groupe et l’organisation internationale al-Qaida ont commencé à se renforcer. Des éléments étrangers ont commencé à venir en grands nombres en Somalie. Dans le même temps, al-Shabab a été accusé de mener des assassinats de certaines personnalités laïques et de responsables de l’armée somalienne accusés d’espionnage. Cela a conduit ces seigneurs de guerre à déclarer la guerre au groupe sous le parapluie de la « guerre contre la terreur ».

Magharebia : Al-Shabab est-il composé uniquement de Somaliens, ou l’organisation bénéficie-t-elle du soutien d’autres régions ?

Omar : Il est clair que ce groupe ne se compose pas que de seuls éléments somaliens ; il regroupe des étrangers venus de différents pays. Mais il est difficile d’estimer leur nombre ; certains affirment qu’ils sont plus de mille, d’autres réfutent ce chiffre, mais les estimations montrent que leur nombre est au moins de quelques centaines.

Magharebia : Comment sont-ils perçus par la rue somalienne ?

Omar : La rue somalienne a une vision des choses très différente de celle d’al-Shabab. La vision d’ensemble semble être négative, dans la mesure où ce groupe n’a pas vu le jour avec l’assentiment du peuple et n’exprime pas les aspirations du peuple somalien, qui souhaite ardemment la sécurité et la stabilité, la création d’un Etat fondé sur des institutions, et la mise en oeuvre de la réconciliation nationale comme base à un Etat effectif. Le deuxième facteur qui pousse les gens à avoir une vision négative de ce groupe tient à la présence d’étrangers qui participent à l’orientation de sa politique. Ce mouvement n’exprime pas les espoirs du peuple somalien. Un troisième facteur est l’adoption d’une approche sanglante sur le plan intérieur et d’une politique agressive envers les pays voisins.

Magharebia : Un certain nombre d’attaques terroristes ont été menées par al-Shabab dans des pays africains. De telles opérations signifient-elles que ce mouvement est passé de la scène locale somalienne à une vision plus internationale ?

Omar : Oui, plusieurs opérations ont été menées par al-Shabab dans plusieurs pays, notamment les attentats à la bombe à Kampala lors desquels 70 personnes sont mortes, et dont al-Shabab a revendiqué la responsabilité. Actuellement, des consultations intensives ont lieu entre les pays voisins pour tenter de lutter contre la menace d’al-Shabab dans la région. L’Ouganda et le Burundi, qui ont des soldats en Somalie, appellent à envoyer des troupes dans le pays pour lutter contre al-Shabab dans le cadre de la guerre mondiale contre al-Qaida.

Magharebia : Existe-t-il un quelconque lien entre al-Shabab et les pirates, tels que ceux qui ont détourné le cargo tunisien Hannibal II ?

Omar : On estime généralement qu’al-Shabab ne s’occupe pas de piraterie, bien que le mouvement contrôle plusieurs ports dans le sud de la Somalie. Ils sont accusés de fermer les yeux sur les pirates qui opèrent dans leurs régions d’influence, peut-être parce qu’ils estiment que les pays occidentaux sont les plus affectés par ces opérations. Les forces internationales arrêtent des gangs de pirates tous les jours, mais aucune charge d’appartenance à al-Shabab n’est retenue contre eux ; cela tend à infirmer tout lien entre al-Shabab et ces pirates.

Magharebia : Comment financent-ils leurs opérations ?

Omar : En ce qui concerne le financement, les observateurs étrangers n’arrivent pas à se prononcer. Nous pouvons simplement dire que l’énormité des opérations menées par al-Shabab et les vastes étendues de territoires qu’ils contrôlent requièrent un financement à grande échelle. Si le lien entre l’organisation-mère et al-Shabab se confirme, il doit alors exister une forme de financement.

Magharebia : Comment voyez-vous l’avenir de ce groupe à court terme ?

Omar : La plupart des analystes estiment que les chances de survie d’al-Shabab pourraient s’évanouir du fait des facteurs que j’ai cités plus haut – un projet qui ne répond pas aux priorités du peuple somalien, la présence d’un calendrier étranger, le régime de la force sur les territoires qu’ils contrôlent, etc. Les analystes en tirent cette conclusion. Ils parlent aussi des forces qui bénéficieront de la disparition du mouvement.

___________________________ 4 – Le Monde avec AFP

Somalie: renforts burundais au sein de l’Amisom qui atteint 8.000 hommes

Le Burundi a récemment envoyé un quatrième bataillon de 850 soldats en Somalie, portant les effectifs de la force de l’Union africaine dans ce pays (Amisom) à plus de 8.000, le nombre initialement prévu lors de sa création début 2007, a-t-on appris de source militaire.

« Sur demande de l’UA, le Burundi a envoyé un bataillon additionnel en Somalie la semaine passée, ce qui porte à quatre le nombre total de bataillons burundais déployés dans ce pays dans le cadre de l’Amisom », a annoncé à l’AFP le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée burundaise.

Ces renforts burundais portent à quelque 3.500 le nombre de soldats burundais déployés en Somalie et à plus de 8.000 les troupes de l’Amisom, le reste du contingent étant composé de soldats ougandais.

L’Union africaine a souhaité à plusieurs reprises que cette limite soit levée et que la force puisse compter au moins 12.000 hommes avec un mandat plus robuste mais ces demandes nécessitent l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’envoi des renforts burundais, qui a été organisé entre le 22 et le 26 novembre, s’est déroulé dans le plus grand secret « grâce à des vols de nuit entre Bujumbura et Mogadiscio ».

Les soldats burundais avaient essuyé des tirs de roquettes lors de leur premier déploiement à Mogadiscio en 2007, qui avait été annoncé par plusieurs médias.

« Ce quatrième bataillon a été formé il y a déjà un bon moment et il a été déployé à partir du moment où tous les moyens ont été mis à notre disposition », a poursuivi le porte-parole.

Selon des sources militaires à Bujumbura, le Burundi est en train de former un bataillon supplémentaire.

« La meilleure solution serait que les pays qui ont accepté de fournir des troupes à l’Amisom le fassent rapidement, mais cela n’exclut pas que le Burundi puisse faire un effort supplémentaire dans ce sens si l’UA en fait la demande et si les moyens nécessaires sont mis à sa disposition », a expliqué le colonel Baratuza.

Plus d’une trentaine de soldats burundais ont été tués en Somalie et les insurgés islamistes radicaux shebab ont menacé le pays de représailles à plusieurs reprises, notamment dans la foulée du double attentat qui a fait 76 tués à Kampala le 11 juillet.

« Ces menaces existent depuis longtemps et le Burundi s’est préparé à y faire face », a assuré le colonel Baratuza.

« Ce n’est pas le moment d’avoir peur, le Burundi est déterminé à aider la Somalie, à aider le peuple somalien comme il a été aidé lorsqu’il était en difficulté », a-t-il expliqué.

Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le gouvernement de transition somalien du président Sharif Cheikh Ahmed ne contrôle qu’une petite partie de Mogadiscio et ne doit sa survie qu’à l’appui des troupes de l’Amisom.

___________________________ 3 – Africa N°1

Somalie : au moins neuf civils tués dans des affrontements à Mogadiscio

Au moins neuf civils ont été tués mardi dans des combats à Mogadiscio entre insurgés islamistes et forces gouvernementales soutenues par la force de l’Union africaine (Amisom), a-t-on appris de sources concordantes.

Les affrontements ont débuté dans la matinée dans plusieurs quartiers de la capitale, au nord et au sud de la ville, a constaté le correspondant de l’AFP.

La plupart des victimes ont été fauchées autour du marché de Bakara, un bastion des shebab, cible des tirs d’artillerie de l’Amisom, selon des témoins.

« Nos équipes médicales ont recueilli neuf morts à Bakara et dans le district voisin de Karan », a indiqué le chef du service des ambulances de Mogadiscio, Ali Muse.

« L’Amisom a riposté par des tirs d’artillerie sur Bakara et d’autres quartiers après le début des combats autour de leurs positions à Hodan et Karan », a expliqué un témoin, Omar Moalim Adan.

« J’ai vu onze civils tués dans ces bombardements, dont cinq au même endroit à Bakara », a-t-il rapporté.

Selon un autre témoin interrogé par l’AFP, Deqow Ahmed, « les tirs d’artillerie venaient de la base ougandaise de Debka ».

« Les obus pleuvaient sur le marché de Bakara alors que beaucoup d’habitants faisaient leurs courses.Tout le monde a couru pour se mettre à l’abri dans des constructions en dur.Au moins dix personnes ont été tuées », a affirmé M. Ahmed.

Plusieurs habitants ont confirmé cette version, en particulier l’origine des tirs.

Les shebab (milice islamiste radicale) « ont tiré avec des mortiers et des armes anti-aériennes, et l’Amisom a riposté, mais je peux vous assurer qu’ils ne visent jamais des zones habitées », a affirmé pour sa part un responsable de la sécurité au sein du gouvernement de transition, Abdi Isa.

Le porte-parole de l’Amisom n’était pas joignable pour commenter ces informations.

Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le gouvernement de transition du président Sharif Cheikh Ahmed ne contrôle qu’une petite partie de Mogadiscio et ne doit sa survie qu’à l’appui des quelque 7.500 soldats ougandais et burundais de l’Amisom.

Les affrontements quasi-quotidiens entre islamistes d’un côté et forces pro-gouvernementales et Amisom de l’autre font de nombreuses victimes civiles, tuées pour la plupart par des tirs de mortiers et d’artillerie.

Plusieurs organisations internationales ont dénoncé ces bombardements « indiscriminés », pointant du doigt les ripostes d’artillerie de l’Amisom sur les quartiers tenus par les islamistes.


___________________________ 2 – Afrique Actu

SOMALIE : l’Onu réitère son soutien au gouvernement

Jean-Pierre Ndongo

A l’issue de consultations à huis clos sur la Somalie, les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé mardi leur soutien au Processus de paix de Djibouti et au Gouvernement fédéral de transition (GFT), à qui ils ont demandé de « rester uni » et « de poursuivre ses efforts » pour mener à bien la transition politique en cours.

« Les membres du Conseil de sécurité réaffirment leur soutien total au processus de paix de Djibouti et au Gouvernement fédéral de transition. Ils l’appellent à rester uni et à redoubler d’efforts dans la réconciliation et l’accomplissement des taches restantes pour achever la transition, en particulier le processus de rédaction de la constitution », a déclaré l’Ambassadeur du Royaume Uni auprès de l’ONU, Mark Lyall Grant, dont le pays préside le Conseil en novembre.

Dans une déclaration lue à la presse, il a précisé que les membres du Conseil avaient entendu le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Somalie, Augustine Mahiga, présenter la situation sur le terrain.

« Les membres du conseil ont exprimé leur soutien au travail d’Augustine Mahiga, ainsi qu’à celui de l’ONU et de l’Union africaine, dans leurs efforts pour apporter la paix en Somalie. Ils saluent également l’engagement du Burundi et de l’Ouganda pour avoir fourni des troupes à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), qui continue de jouer un rôle vital dans le processus politique en cour », a poursuivi Mark Lyall Grant.

Il a également indiqué que les membres du Conseil avaient discuté de la proposition faite par l’Union africaine d’accroître les effectifs de l’AMISOM. « Les membres du Conseil appellent la communauté internationale à mobiliser des ressources pour renforcer les capacités opérationnelles de l’AMISOM », a-t-il déclaré, avant de conclure en précisant que le Conseil de sécurité allait « concentrer ses efforts sur le renouvellement du mandat » de la force de l’Union africaine.

___________________________ 1 – AFP

Somalie: au moins neuf civils tués dans des affrontements à Mogadiscio

Au moins neuf civils ont été tués mardi dans des combats à Mogadiscio entre insurgés islamistes et forces gouvernementales soutenues par la force de l’Union africaine (Amisom), a-t-on appris de sources concordantes.

Les affrontements ont débuté dans la matinée dans plusieurs quartiers de la capitale, au nord et au sud de la ville, a constaté le correspondant de l’AFP.

La plupart des victimes ont été fauchées autour du marché de Bakara, un bastion des shebab, cible des tirs d’artillerie de l’Amisom, selon des témoins.

« Nos équipes médicales ont recueilli neuf morts à Bakara et dans le district voisin de Karan », a indiqué le chef du service des ambulances de Mogadiscio, Ali Muse.

« L’Amisom a riposté par des tirs d’artillerie sur Bakara et d’autres quartiers après le début des combats autour de leurs positions à Hodan et Karan », a expliqué un témoin, Omar Moalim Adan.

« J’ai vu onze civils tués dans ces bombardements, dont cinq au même endroit à Bakara », a-t-il rapporté.

Selon un autre témoin interrogé par l’AFP, Deqow Ahmed, « les tirs d’artillerie venaient de la base ougandaise de Debka ».

« Les obus pleuvaient sur le marché de Bakara alors que beaucoup d’habitants faisaient leurs courses. Tout le monde a couru pour se mettre à l’abri dans des constructions en dur. Au moins dix personnes ont été tuées », a affirmé M. Ahmed.

Plusieurs habitants ont confirmé cette version, en particulier l’origine des tirs.

Les shebab (milice islamiste radicale) « ont tiré avec des mortiers et des armes anti-aériennes, et l’Amisom a riposté, mais je peux vous assurer qu’ils ne visent jamais des zones habitées », a affirmé pour sa part un responsable de la sécurité au sein du gouvernement de transition, Abdi Isa.

Le porte-parole de l’Amisom n’était pas joignable pour commenter ces informations.

Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le gouvernement de transition du président Sharif Cheikh Ahmed ne contrôle qu’une petite partie de Mogadiscio et ne doit sa survie qu’à l’appui des quelque 7.500 soldats ougandais et burundais de l’Amisom.

Les affrontements quasi-quotidiens entre islamistes d’un côté et forces pro-gouvernementales et Amisom de l’autre font de nombreuses victimes civiles, tuées pour la plupart par des tirs de mortiers et d’artillerie.

Plusieurs organisations internationales ont dénoncé ces bombardements « indiscriminés », pointant du doigt les ripostes d’artillerie de l’Amisom sur les quartiers tenus par les islamistes.

03/12/10 (B580) Yémen Express – Un directeur d’hôpital enlevé – Al-Qaïda revendique un attentat contre les zaïdites chiites (2 articles)

____________________ 2 – 20 minutes (France) avec Reuters

Yémen: Un directeur d’hôpital enlevé

Le directeur d’un hôpital saoudien situé dans le nord du Yémen a été enlevé ce lundi. Ses ravisseurs réclament la libération d’activistes détenus dans les deux pays, rapportent les autorités locales.

À Sanaa, un fonctionnaire gouvernemental a confirmé l’enlèvement de Dhafer al Chahrani, citoyen saoudien qui dirige l’hôpital Al Salam, dans la province de Saada, mais sans préciser quelles étaient les exigences des malfaiteurs.


____________________ 1 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: Al-Qaïda revendique un attentat contre les zaïdites chiites

DUBAI – La branche d’Al-Qaïda au Yémen a revendiqué un attentat suicide contre des partisans de la rébellion zaïdite chiite dans le nord, qui a fait 23 morts mercredi, rapporte dimanche le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

C’est la première fois qu’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), violemment anti-chiite, revendique un attentat contre la rébellion zaïdite implantée dans le nord du Yémen.

Dans un communiqué daté du 25 novembre et mis en ligne dimanche sur des sites islamistes, selon SITE, l’Aqpa affirme que les rebelles dits "houthis", en référence à leur chef Abdel Malak al-Houthi, sont "des cibles légitimes".

L’Aqpa dit avoir "formé des unités spéciales pour protéger nos frères sunnites" et accuse les zaïdites d’être liés à l’Iran et de "représenter un danger pour les sunnites".

Le réseau assure que "de nouvelles attaques sont en préparation" contre les zaïdites, issus d’une branche du chiisme.

Vingt-trois personnes ont été tuées mercredi dans un attentat suicide contre une procession religieuse dans un fief de la rébellion dans le nord du Yémen, alors que les zaïdites s’apprêtaient à célébrer une fête religieuse chiite.

Selon le communiqué d’Al-Qaïda, l’attentat visait à "venger l’honneur du prophète Mohammad et défendre les musulmans sunnites".

Deux jours plus tard, une personne a été tuée et huit blessées dans un nouvel attentat suicide contre un convoi de dignitaires tribaux se rendant aux funérailles du chef spirituel des rebelles zaïdites dans le nord.

Selon des sources tribales, la tension est vive entre les rebelles et Al-Qaïda dans le nord du Yémen depuis que les Houthis ont arrêté, lors de deux opérations ces dernières semaines dans des zones sous leur contrôle, cinq membres d’Al-Qaïda qu’ils ont livrés aux autorités.

Les attaques du réseau sunnite Al-Qaïda, de plus en plus actif au Yémen, n’avaient pas jusque-là touché le Nord.

Les zaïdites sont minoritaires dans l’ensemble du Yémen, mais majoritaires dans la partie nord-ouest du pays.

02/12/10 (B580) A Reyale nous demande de mettre en ligne sa dernière intervention en langue Somali.

Nous publions cette interview à la demande express d’A. Reyale qui a joint une courte traduction en Français, réalisée sous sa responsabilité.

Ahmed Reyale nous dit « qu’il s’exprime sur la conférence de l’opposition qui s’est tenue à Londres, puis sur le discours que le Président Guelleh a prononcé le jour de l’Aïd et dans lequele il a attaqué fermement l’opposition djiboutienne.

La conference de Londres a été l’occasion de réunir toutes les composantes de l’oppoition djiboutienne, pour mobiliser la diaspora et s’opposer à la possibilité d’une situtation dramatique pour le pays.

Le discours du Président Guelleh visait particulièrement les opposants djiboutiens et c’était un tissus de mensonges. Le but, dans les faits, était d’adresser un message pour rassurer la communauté internationale. »

02/12/10 (B580) Les chroniques du Sergent Ariko : la République en Uniforme (2ème partie)

IOG a créé la Garde républicaine, pour des motifs personnels et non pas comme le suggère une rumeur propagée par le SDS, en représailles au fait que des gardes du corps de la Garde présidentielle, l’auraient bousculé.

Le premier commandement a été confié au Lieutenant colonel Abdo Dembil. Dans les écoles militaires françaises, cet excellent officier a été maintes fois reconnu pour ses grandes qualités par ses instructeurs français, à l’instar d’un autre officier, le Commandant commissaire Ali Mohamed Robleh de la Gendarmerie nationale.

Avec ce commandement, IOG lui a confié en priorité absolue, la recherche d’une nouvelle caserne afin d’éloigner les hommes de la nouvelle unité de la caserne Barkhat Siraj, qui était le cantonnement de la Garde présidentielle.

Après avoir mis en place les cellules administrative et financière, la date de création du corps a été fixée au 30 janvier 2002. C’est un anniversaire que la Garde républicaine fête chaque année.

IOG laisse faire le colonel Abdo Abdi Dembil qui est marié à une femme Mamassan. Après avoir rempli convenablement ses obligations selon les instructions reçues, le président dictateur lui adresse ses félicitations. Il inspecte personnellement le nouveau cantonnement de sa garde rapprochée.

IOG, disciple de Siad Barreh ?

On peut penser qu’il voulait montrer à la population qu’il était devenu en quelque sorte le Mohamed Siad Barreh de Djibouti. On peut se poser des questions, quand on sait que Mohamed Siad Barreh a régné en Somali en dictateur et qu’il a non seulement ruiné son pays, mais qu’il a détruit le consensus social qui n’a toujours pas été recréé plus de dix-huit années après sa chute.

Les observateurs estiment qu’IOG essaye en permanence de copier son Maître à penser.

Le berger retourne à l’école.

A ce moment-là « le berger » Mohamed Djama Doualeh, bédouin de par ses origines, s’est décidé à suivre des cours du soir pour se préparer à prendre le pouvoir dans ce régiment, par surprise, comme un lion.

Il apprend le Français, le soir, à la maison tout en continuant d’assurer avec la vigilance la plus pointilleuse, la sécurité du dictateur.

Un recrutement exclusivement sur des critères ethniques

Le recrutement se fait sur la base ethnique et non pas sur la base des connaissances. Mohamed Djama visite toutes les casernes pour sélectionner des réfugiés Mamassan, arrivés comme lui, de la brousse. Il évite les jeunes djiboutiens, car il estime qu’ils seraient incapables de comprendre ses méthodes. En effet, deux mondes séparent les réfugiés de fraiche date et les enfants de familles établies depuis des générations dans le pays.

Quant à Kadra elle recrute aussi ! Mais dans le quartier 3 comme pour contrebalancer la politique ethnique de son mari dictateur.

Pendant que Mahdi Cheik Moussa à la Gendarmerie et Hassan Djama à la Police se débattent dans la pénurie budgétaire, la nouvelle unité bénéficie de toutes les attentions du régime. Ils reçoivent des beaux uniformes et ils sont entraînés par les forces françaises.

Les forces américaines contribuent aussi à leur formation en particulier dans le domaine de la lutte contre les terroristes.

Cette nouvelle force, mieux équipée, mieux formée deviendra vite une source d’inquiétude pour les autres corps : Gendarmerie, forces armées djiboutiennes et Police.

Abdo Abdi Dembil est mis à l’écart

Quand le colonel Abdo Abdi Dembil a terminé la première étape, on le juge inapte à assurer le commandement de ce régiment d’élite. Pour le mettre à l’écart en 2004, le dictateur l’envoie suivre une formation a l’école de guerre de Paris.

Pendant son absence IOG signe un décret présidentiel par lequel il nomme le commandant Mohamed Djama en qualité de chef de Sa Garde républicaine.

Kadra comprend le danger …

Elle n’apprécie pas du tout ce changement de patron à la tête de la Garde républicaine.

Informé par son épouse de la perte de son commandement et sans attendre la fin de son stage de formation en France, le colonel Abdo Abdi Dembil rentre aussitôt à Djibouti. A peine arrivé, il demande à être reçu au palais. C’est Hassan Saïd qui le reçoit et qui lui annonce que le président avait pris la décision de le renvoyer à la caserne Guédi Gaab.

Furieux Abdo Abdi Dembil lui a annoncé son intention de démissionner, pour partir en retraite, la tête haute. Hassan Saïd a refusé sa démission et l’a nommé (pur hasard du calendrier) Commandeur de l’ordre de la grande Etoile de Djibouti, la plus haute distinction du pays mais pour service rendu à IOG et non au pays.

Puis il a été « remisé » comme un objet devenu inutile à la caserne Guédi Gaab près de l’État-major des FFDJ.

Mohamed Djama, le bédouin, a commencé à parler un peu le Français et il se lance dans des expéditions punitives. La première victime qui va faire les frais de sa colère, c’est le commandant Ibrahim Elmi Kaïb. Éjecté sur le champ de la Garde républicaine, il est renvoyé à son ancien corps : Gendarmerie nationale.

Il faut se souvenir du fait que le commandant Ibrahim Elmi Kaïb avait humilié ce bédouin arrivé de nulle part, devant tous les membres de la garde.

Mohamed Djama ne s’arrête pas là. Il continue sa sinistre besogne et il cible les Gardes du corps du dictateur. Il limoge sans raison valable le capitaine Daher Ladieh Waiss, un jeune officier Mamassan originaire de la ville de Dikhil, qui avait fait tout son cursus militaire à la Gendarmerie royale marocaine. Marié à une jeune marocaine, Il est renvoyé dans la Gendarmerie nationale. Après trois années d’errance, il a été récupéré au cabinet militaire de la présidence en remplacement du colonel Ladieh Boulaleh parti se faire soigner à Paris.

Kadra Haid ne chôme pas de son côté. Elle demande au capitaine Coca de tirer profit de la Garde, comme il est responsable du peloton escadron spécialisé des motards qui encadrent les cortèges présidentiels.

Mohamed Djama n’aime pas que la première dame se mêle des affaires militaires. Il retire sa confiance à Ibrahim Abdi Farah et il donne le poste à son cousin Houssein Hassan Farah un ancien gendarme. Coca demande à la première dame d’intervenir. Elle ordonne à Mohamed Djama de revenir en arrière, mais il refuse poliment de lui obéir. La méfiance s’installe entre les deux unités de la Garde.

Mais Mohamed Djama a d’autres comptes personnels à régler…

C’est sur le capitaine Awaleh Ali Houffaneh, non seulement un ancien camarade de brousse, mais aussi un cousin, qu’il s’acharne. Ce dernier dirige la Garde rapprochée de la première dame de Djibouti.

Lorsque ils sont « sortis » de la brousse en 1985 Awaleh et Mohamed Djama étaient des bons amis et Awaleh Ali Houffaneh l’avait même « pistonné » auprès du colonel Yacin Yabeh pour qu’il le recrute dans la police nationale à la section des F A R (Forces d’action rapide de la FNS) devenue aujourd’hui la Brigade spéciale.

Mohamed Djama a prétendu avoir été maltraité par son ancien ami, dès qu’ils étaient arrivés au campement de réfugiés et il lui en a gardé une féroce rancune, attendant l’heure de se venger.

Awaleh Ali Houffaneh a fait un faux pas.

Il a amené à la résidence du couple de pacotilles le citoyen Seke Toureh, neveu d’Hassan Gouled.

Kadra était tellement furieuse qu’elle limogea sur le champ, le responsable de sa sécurité personnelle.

Par pure vengeance et pour bien enfoncer le couteau dans la plaie, Mohamed Djama lui retira toutes ses fonctions au sein de la Garde républicaine. Des leaders du clan Mamassan Bafourlaba sont intervenus en sa faveur et Awaleh Ali Houffaneh a été nommé comme chef du département arabe de la Garde républicaine. Un poste qui n’existait même pas !!

Awaleh n’en avait cure et faute d’avoir des responsabilités à assumer, il s’est lancé dans le « business », comme représentant de la société d’eau « Il Jano » d’Ali Sabieh.

Découvrant qu’il livrait de l’eau, IOG le muta chez les Casques bleus, histoire de lui faire comprendre qu’il devait aller se faire pendre ailleurs.

Avec sa méchanceté et sa cruauté hors du commun, Mohamed Djama, juste avant son départ pour la Cote d’Ivoire, le fit muter dans la Police nationale, son ancien corps, avec le grade de Commandant.

Comme on peut le comprendre, c’est avec un grand désir de vengeance qu’Awaleh Ali Houffaneh a quitté Djibouti pour la Côte d’Ivoire.

Après avoir fait le vide parmi les officiers, Mohamed Djama n’avait plus qu’Ibrahim Abdi Farah dit Coca, un Isaak. Mais il était difficile à « dégommer » parce qu’il est protégé par Kadra et le commandant Birrir.

Qu’à cela ne tienne, il fait envoyer aussi le Commandant Birrir en Côte d’Ivoire et au moment où il montait dans l’avion, il le mute, lui aussi, dans son ancien corps : le groupement interarmes de Tadjourah.

A son retour, Birrir revient furieux ! Il demande des explications. Mohamed Djama se terre dans un silence coupable. Birrir quitte le camp Omar Aline mais il jure de se venger.

La roue tourne !

C’est au tour de Mohamed Djama de payer pour tous les crimes, toutes les injustices et toutes les méchancetés qu’il a commis. Depuis quelques jours j’ai appris qu’il serait plus en odeur de sainteté au palais.

Selon les informations que j’ai reçues, il se pourrait Mohamed Djama puisse être limogé rapidement sur pression de la Paulette.

Cela figurerait dans un document qu’Hachi aurait présenté au dictateur après la querelle royale et le départ de Paulette pour Addis Abeba. IOG aurait accepté à contrecœur cette proposition mais cela aurait fait partie des conditions à remplir pour que Kadra revienne à Djibouti.

Neima Djama Miguil refait parler d’elle

Entre temps Kadra a été informée par l’entremise de ses espionnes d’Ottawa, que Neima Djama Miguil s’apprêtait à rentrer à Djibouti pour lutter aux côtés des Issas. Elle a mis en ligne sa nouvelle chanson qui insulte Kadra. Son intention est d’aller « dire deux mots » au dictateur sur sa gentille et douce épouse … !.

Apprenant cela Kadra rentre précipitamment d’Addis Abeba, accompagnée d’Hachi son porte-parole.

Quand Neima Djama apprend la nouvelle, elle préfère rester à Ottawa, sachant que tout va exploser à Djibouti, le 11 avril 2011, jour de l’élection présidentielle.

IOG croit encore au Père Noël ! A son âge ????

IOG est persuadé que les Djiboutiens sont des moutons et qu’ils vont lui renouveler sans rechigner son bail au palais de Beit el Wali. Mais il n’a pas encore intégré que, cette fois, l’opposition, la société civile, les forces armées et la diaspora disent d’une seule voix NON à la Présidence à vie qui se prépare.

Mohamed Djama sait que ses jours sont comptés.

Il y a quelques jours, le petit nain a failli être abattu devant son domicile. Les hommes du clan Ourweineh d’Abdi Bogoreh savent qu’il est responsable de la mort de leur Colonel. Il n’y a aucun doute là-dessus, ils essaieront de le tuer même si d’autres gars doivent mourir aussi.

Le P’tit Zak a été visé lui aussi. Il a demandé la protection du SDS. Il est très entouré par le petit nain, ca, comme lui, il sait aussi que ses jours sont comptés. Dans son nouveau poste par intérim, il n’a fait que susciter des haines et n’a rien fait de bon pour les hommes ni leurs familles.

IOG a proposé à Mohamed Djama de prendre le Commandement de la Gendarmerie. Mais Mohamed a compris que c’était un piège, dicté par Kadra haid qui veut le remplacer par le colonel Mohamed Ali Absieh (Isaak comme elle) à la tête de la Garde républicaine.

Écœuré par ce que le couple infernal organise dans son dos, il demande des explications au Président dictateur. Ce dernier l’a verbalement convaincu qu’il bénéficiait toujours de son entière confiance mais Mohamed Djama sait que la parole d’IOG n’engage que ceux qui la croit.

Il a compris que c’était est fini pour lui.

C’est son pire ennemi, Mohamed Ali Absieh qui va prendre le pouvoir désormais avec le soutien de Kadra, la femme forte de Djibouti.

Comme Mohamed Djama n’a jamais été animé que par la cruauté et le désir de vengeance, il a fait savoir clairement à la Paulette que si jamais il était limogé, comme il en a fait lui-même limoger tant d’autres, elle devrait craindre pour sa vie. Oserait-il l’abattre de sang froid ?

Effrayé par ces propos, Kadra, selon les témoins présents au palais, aurait exigé qu’IOG le fasse place aux arrêts en attendant de statuer sur son sort.

Celui qui tue est tué, dit un adage

Mohamed Djama a été suspendu durant 3 jours. Le jour de l’Aïd el Adha, il est resté puni chez lui. Il n’est pas venu au Palais pour escorter le président dictateur et il a demandé le soutien des leaders Bafourlaba.

Malheureusement pour lui, ces derniers en ont assez de ses méthodes de criminel et ils lui ont fait passer une fin de non-recevoir.

Quand IOG a inauguré les puits dans la région d’Ali Sabieh, Mohamed Djama était à l’Académie militaire d’Arta pour remettre leurs diplômes à des jeunes officiers somaliens, alors qu’en temps normal, il aurait du accompagner le président sur le terrain.

Comme l’a dit, Hachi Abdillahi Orah dans un majliss, Mohamed Djama est devenu infréquentable.

Mohamed Djama a creusé une tombe, sans même s’apercevoir que c’est lui qui tomberait dedans, car il n’a plus de soutien.

A-t-il tué le sergent Moumin à titre de représailles et d’avertissement à l’encontre Kadra

L’histoire nous le dira peut-être un jour ! Le proche où tous ces gens devront répondre de leurs actes, d’abord devant la justice des hommes puis devant celle d’Allah. La vie de Mohamed Djama ne tient plus qu’à un fil.

On peut penser qu’il pourrait se faire tuer, comme l’ont été des membres de la sécurité djiboutienne qui s’entretuent après avoir assassiné la population djiboutienne.

La fin du régime est là, devant nos yeux. Les ministres se dévorent, le président voleur ne pense qu’à conserver son fauteuil, la première dame ne pense qu’à s’enrichir plutôt que de servir le peuple, l’opposition renaît de ses cendres, la jeunesse se bat pour ses droits, l’armée affamée et condamnée à errer à Doumeira doute de l’issue du conflit, l’inflation galope, rendant la vie de plus en plus cher, la population fuit le pays vers d’autres terres, l’administration est en faillite, l’économie a viré au rouge, les assassinats non élucidés se multiplient, les poursuites judicaires sont étouffées dans l’œuf, les règlements de comptes se multiplient entre les familles, l’organisation de la santé est chancelante, l’éducation est agonisante sur le point de mourir définitivement et ce qui reste du patrimoine et qui ne l’a pas encore été est à vendre.

La liste est longue, mais elle indique clairement que la fin de ce régime fanfaron est proche.

Toutes et tous, nous disons NON au 3ème mandat d’IOG
– NON à la politique de la faim imposée par le système féodal d’IOG,
– NON à Kadra Haid
– NON à la mafia qui s’approprie les richesses du pays par le vol
– NON aux élections manipulées à l’avance,
– NON aux safaris électoraux,
– NON aux manipulations, au clientélisme, au tribalisme, comme moyen de gouvernance
– NON à la guerre
– NON à la politique dictatoriale

Ensembles, nous disons NON NON et NON à IOG. NON merci, on ne veut plus de toi.

Je remercie Daher Ahmed Farah qui a lancé un appel aux Oulémas de Djibouti pour qu’ils refusent ce 3ème mandat, parce qu’il est un mandat Haram. Les Oulémas de Djibouti, ainsi que les fideles, ont répondu positivement à l’appel de DAF, qui est le benjamin de l’opposition comme l’avait dit Ahmed Dini sur son lit de mort.

Les fidèles désertent les mosquées à la vue de Pharaon. Un grand remerciement aux fidèles de la mosquée Omar Farouk de Balbala qui ont répondu positivement à l’appel. Ils ont manifesté leur rejet du régime en place en vidant la mosquée et en s’attaquant au gros. Mêmes remerciements aux fidèles de la ville d’Ali Sabieh qui ont dit NON à IOG et à son cirque électoral. C’est comme cela, avec des actions spectaculaires que l’on peut acculer ce gros dictateur à la chute.

Nous soutenons toute l’opposition.

Je remercie aussi mahdi Ibrahim God, autre grande figure de l’opposition djiboutienne, qui a su démontrer son courage et sa force dans sa lutte contre le régime féodal. J’étais présent à la conférence de Londres et j’ai bien écouté ce que chacun avait à dire.

Se tromper est humain ! Nous accueillons au sein de l’opposition l’ex-bras financier d’IOG, Charles Boreh. Si Allah lui a ouvert le cœur, il a senti qu’IOG menait le pays à la faillite et il a décidé de le combattre.

Je ne refermerai pas cette page sans rendre un vibrant hommage à Jean-Loup Schaal et à toute son équipe qui lutte avec nous pour le plus grand bonheur de notre pays.

Merci a vous toutes et tous, vous les Djiboutiens qui nous soutenaient dans notre noble combat.

Sergent-chef Ariko
Londres.