25/01/04 (B231) Certains députés de l’Assemblée nationale djiboutienne sembleraient contester la politique d’endettement outrancière de Guelleh et de ses Ministres. Nous ne pouvons que les saluer, si leurs motivations sont dénuées d’intérêt personnel !

 

__________________Note
de l’ARDHD


Pas une semaine ne se passe, sans que nous ayons une information
sur un nouvel emprunt réalisé par Guelleh : FMI, Europe, Fonds arabes,
pays étrangers, …

Nous contestons
cette politique pour deux raisons essentielles :

1
– l’argent emprunté ne sert que rarement (ou très partiellement)
aux buts avouès officiellement
. On peut imaginer qu’il est
plutôt utilisé pour :

  • enrichir Guelleh
    et sa famille (Comment ont-ils acquis, par exemple, cette somptueuse résidence
    en plein centre de Paris, même si elle est décorée avec
    le plus mauvais goût selon certains témoins ..)
  • acheter des consciences,
    des hommes, des opposants,
  • favoriser le trafic
    d’armes dans la région,
  • dominer le peuple
    djiboutien

2
– il faudra rembourser un jour.
Le Peuple djiboutien est maintenant
devenu l’un des plus gros débiteurs par tête d’habitant et cela
sans consentement et sans qu’il n’en ait reçu les avantages : progrès
économique, création d’emploi, amélioration du niveau
de vie, instauration de la justice et de la démocratie.

Pour combien d’années,
les Djiboutiens sont-ils désormais endettés : 100 ans, plus
?

Nous ne pouvons que saluer les députés qui se sont élevés contre cette politique de la fuite en avant, tout en espérant que leur acte courageux trouve bien ses fondements dans la défense du Peuple et non d’intérêts personnels ou partisans.

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Extrait de La Nation

La troisième et
dernière séance plénière de la 2ème session
de l’année 2003 dite session budgétaire de l’Assemblée,
a adopté les trois projets de loi qui lui ont été soumis
hier mercredi. Le premier projet de loi porte sur la ratification d’un accord
de prêt entre la République de Djibouti et la Banque Islamique
de Développement BID. Le second est relatif à un accord entre
la République de Djibouti et le Fonds Monétaire Arabe.

Enfin, le dernier projet
de loi concerne la délégation d’une partie des pouvoirs de l’Assemblée
Nationale à la Commission permanents jusqu’à l’ouverture de
la 1ère session ordinaire de 2004.

Cette dernière
séance de 2003, s’est déroulée en présence du
Premier ministre M Dileita Mohamed Dileita et des membres du gouvernement.

Le remboursement de toutes
ces dettes ne constituera -t-il pas un lourd héritage que nous léguons
aux générations futures ? C’est le parlementaire Gabriel qui
a posé cette pertinente question au Ministre des Finances M Yacin Elmi
Bouh hier mercredi lors de la séance plénière de l’Assemblée
Nationale.

Le député
qui a ainsi interpellé les membres du Gouvernement n’a pas hésité
à utiliser une métaphore courante : celle de la vielle dame
qui ayant surestimé sa forme physique s’est écroulée
sous le poids de son fardeau après avoir collecté tous les bois
morts rencontrés sur son chemin. Autrement dit, est-ce que la République
de Djibouti est en mesure de s’acquitter de toutes les dettes qu’elle est
entrain de contracter ?

Le parlementaire en poursuivant
son intervention s’est également interrogé sur les taux d’intérêts
de la Banque Islamique avant de se demander : ” Est ce que la Banque
Islamique de Développement pratique l’usure ? Si c’est le cas, c’est
contraire à la Charia “, s’est enfin exclamé, le député
qui a eu l’honneur de déclencher toute une série de questions
adressées au ministre des Finances.

Durant cette séance,
il a été également question de la présentation
en langue arabe des deux projets de loi soumis à l’Assemblée
nationale.

Le doyen des parlementaires
en l’occurrence M Ali Moussa est à son tour monté au créneau.

” En vingt cinq ans,
jamais un texte en langue arabe n’a été présenté
et encore moins ratifié par l’Assemblée nationale “, a
t-il rappelé avec un brin d’ironie. Il a ajouté que lui et ses
collègues ne parlaient pas arabe. M Ali Moussa a tout de même
noté qu’il ne conteste pas la nécessité et l’urgence
de ratifier ces accords de prêts…

Le député
Elmi Affassé a quant à lui fait observer que la République
de Djibouti est le 22 ème Etat de la Ligue Arabe. ” La langue
arabe est une langue potentielle du pays “, a t-il fait savoir.

De son côté,
le président de l’Assemblée nationale M Idriss Arnaoud a insisté
à ce que les textes soumis à l’approbation de l’Assemblée
Nationale soient rédigés en français. Leçon retenue.
Le ministre des Finances a promis de rectifier le tir à l’avenir. M
Yacin Elmi Bouh a ensuite expliqué brièvement les tenants et
aboutissants des deux projets de loi aux députés. En réponse
aux questions des parlementaires, le ministre des Finances a relevé
que ” la Banque Islamique de Développement ne fait pas de la charité…
Elle prête”.Le ministre a sans doute fait allusion aux intérêts
que pratique toute institution bancaire, chaque fois qu’elle prête.

” Ce n’est pas pour
le plaisir que nous empruntons. Nous avons un programme de développement
sanitaire à mener à bien ” a en outre remarqué M
Yacin Elmi Bouh