08/06/05 (B301) FIDH : note d’information sur les crimes commis au Darfour (Information soutenue et relayĂ©e par la LDDH)


Le Président
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 7 JUIN 2005
LES CRIMES COMMIS AU DARFOUR (SOUDAN)

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains se joint Ă  la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliĂ©e, l’Organisation soudanaise contre la torture (SOAT), et « se fĂ©licitent de l’ouverture aujourd’hui d’une enquĂŞte de la Cour pĂ©nale internationale sur la situation au Darfour ».
Elle tĂ©moigne son entière solidaritĂ© avec l’Organisation soudanaise des droits de l’Homme (SOAT) et avec tous les victimes des crimes commis au Darfour.

M. NOEL ABDI Jean-Paul
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FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Organisation soudanaise des droits de l’Homme (SOAT)
Cour pénale internationale / Darfour

Le Procureur de la Cour pénale internationale répond à la saisine du Conseil de sécurité en ouvrant une enquête sur les crimes commis au Darfour

Pour que justice soit enfin rendue aux milliers de victimes au Darfour

Paris, Khartoum, le 6 juin 2005 – La FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliĂ©e, l’Organisation soudanaise contre la torture (SOAT), se fĂ©licitent de l’ouverture aujourd’hui d’une enquĂŞte de la Cour pĂ©nale internationale sur la situation au Darfour.

Dans sa rĂ©solution 1593 du 31 mars 2005, le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies avait dĂ©fĂ©rĂ© au Procureur de la Cour pĂ©nale internationale (CPI) la situation au Darfour depuis le 1er juillet 2002, date d’entrĂ©e en vigueur du Statut de la CPI.
Le 5 avril, le Procureur recevait le rapport de la Commission internationale d’enquĂŞte des Nations unies et une liste de personnes soupçonnĂ©es d’ĂŞtre responsables notamment de « massacres de civils innocents, de viols de femmes et de jeunes filles, de pillage et de destruction villages. Ces actes  commis de façon massive et systĂ©matique pouvaient ĂŞtre qualifiĂ©s selon la Commission « de crimes de guerre et de crimes contre l’humanitĂ© ».

L’analyse des Ă©lĂ©ments fournis par la Commission et d’autres sources a permis au Procureur Luis Moreno Ocampo de conclure « que les conditions fixĂ©es dans le Statut pour l’ouverture d’une enquĂŞte Ă©taient rĂ©unies ».
« L’ouverture de cette enquĂŞte constitue une première rĂ©ponse tant attendue aux victimes au Darfour. ConformĂ©ment au Statut de la CPI, des victimes vont enfin pouvoir tĂ©moigner devant une juridiction indĂ©pendante et participer Ă  la procĂ©dure pour demander que justice leur soit rendue » a dĂ©clarĂ© Sidiki Kaba, prĂ©sident de la FIDH.

Si, comme il est mentionnĂ© dans le communiquĂ© de la CPI l’intervention de « mĂ©canismes traditionnels africains », est encouragĂ©e par le Procureur en complĂ©ment de celle de la CPI en vue de la « rĂ©conciliation locale », la FIDH et SOAT insistent pour que ceux-ci respectent les règles internationales des droits de l’Homme et n’aboutisse pas Ă  une impunitĂ© de fait au Soudan.

DĂ©nonçant une nouvelle fois la dĂ©cision du Conseil de sĂ©curitĂ© de ne pas prendre en charge le coĂ»t financier des enquĂŞtes de la CPI, la FIDH et SOAT rĂ©itèrent aujourd’hui leur appel pour que l’ensemble des Etats coopèrent avec les organes de la Cour et lui donne les moyens de mener Ă  bien ses enquĂŞtes et procès. En ce sens, l’AssemblĂ©e des Etats parties devra accroĂ®tre de manière substantielle le budget 2006 de la CPI.

Enfin, la FIDH et SOAT appellent le gouvernement soudanais Ă  accepter l’aide de la communautĂ© internationale dans la lutte contre l’impunitĂ© des crimes commis au Darfour, en coopĂ©rant pleinement avec les organes de la Cour, notamment avec les Ă©quipes d’enquĂŞte de la CPI. « L’activation du système de justice internationale au Soudan est un des Ă©lĂ©ments essentiels de la recherche de la paix et de la sĂ©curitĂ© dans la rĂ©gion », souligne Osman Hummeida, prĂ©sident de SOAT.

La FIDH et SOAT recommandent :

Au gouvernement soudanais
· de coopérer pleinement avec la Cour conformément à la résolution 1593 du Conseil de sécurité ;

A la communautĂ© internationale, au Conseil de sĂ©curitĂ© et Ă  l’Union africaine
· de soutenir financièrement les enquêtes et autres activités de la CPI ;
· de coopérer pleinement avec les enquêtes du Procureur de la CPI ;
· de soutenir la mise en place d’institutions visant la reconstruction du pays dans le refus de toute impunitĂ©.

Aux Etats parties au Statut de Rome
· augmenter substantiellement le budget de la Cour pĂ©nale internationale, de manière Ă  ce que celle-ci puisse remplir efficacement son mandat au Darfour mais aussi dans d’autres situations qu’elle connaĂ®t ;
· de coopérer avec tous les organes de la Cour pour la mise en oeuvre effective de leurs mandats.

A la Cour pénale internationale
  au Greffe : d’informer la population civile du mandat et des activitĂ©s de la Cour, d’informer les victimes et les tĂ©moins de leurs droits spĂ©cifiques en vertu du Statut de Cour et en particulier du droit des victimes Ă  participer aux procĂ©dures ; de mettre en place des programmes de protection des victimes et des tĂ©moins ;

  à tous les organes de la Cour : de ne pas prendre prĂ©texte de considĂ©rations budgĂ©taires limitant le nombre de situations que la Cour peut examiner annuellement pour motiver l’abandon de l’analyse en cours d’autres situations dont la Cour est valablement saisie.

Bref retour sur le fonctionnement de la Cour pénale internationale

La CPI est compĂ©tente pour connaĂ®tre des crimes de guerre, crimes contre l’humanitĂ© et gĂ©nocide commis par le ressortissant ou sur le territoire d’un Etat partie au Statut de Rome commis depuis après le 1er juillet 2002

Le Procureur de la Cour pĂ©nale internationale, l’argentin Luis Moreno Ocampo, peut ĂŞtre saisi de trois manières :

1. Par tout Etat Partie

2. Par le Conseil de sécurité

3. De sa propre initiative sur la base d’informations reçues de tiers.

Lorsque c’est le Conseil de sĂ©curitĂ© qui saisit la CPI, la compĂ©tence de la Cour est rĂ©ellement universelle, Ă  savoir qu’il n’est pas nĂ©cessaire que les auteurs prĂ©sumĂ©s soient ressortissants d’un Etat Partie ou que les crimes aient Ă©tĂ© commis sur le territoire d’un Etat Partie.

C’est le cas du Soudan qui n’est pas l’un des 99 Etats parties au Statut de Rome.


Gaël Grilhot
Attaché de presse
Press Officer
FIDH
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