28/06/09 (B505) Nouvelles de Somalie (6 articles en Français)

______________________________ 6 – AFP

L’Erythrée condamne la fourniture d’armes américaines à la Somalie

L’Erythrée a accusé samedi les Etats-Unis “d’aggraver et de prolonger la crise” en Somalie et d’y être un facteur d’instabilité, après la confirmation de l’envoi d’armes américaines au gouvernement somalien.

“Les interventions malencontreuses des Etats-Unis et la fournitures d’armes n’ont pas permis de favoriser la stabilité en Somalie ces dernières années”, a déclaré le ministère érythréen des Affaires étrangères dans un communiqué.

“La répétition de ces mesures ne produira aucun résultat positif, et ne fera qu’aggraver et prolonger la crise”, a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi qu’ils fournissaient des armes et des munitions à Mogadiscio depuis plusieurs semaines, pour un montant de moins de 10 millions de dollars.

Washington accuse l’Erythrée de soutenir matériellement les extrémistes somaliens, notamment le groupe des shebab et la milice Hezb al-Islamiya. Ces milices ont lancé le 7 mai une violente offensive contre le gouvernement somalien, qui ne contrôle plus qu’une petite partie du territoire.

Le président somalien Sheikh Sharif Ahmed vit lui-même reclus dans quelques quartiers de la capitale, protégés par les soldats de la force de paix africaine (Amisom). La contre offensive des forces pro-gouvernementales, menée depuis le 22 mai, rencontre de sérieux revers.

L’Erythrée a démenti les accusations américaines, indiquant qu’elles ne contenaient “aucun élément nouveau ni substantiel”.

______________________________ 5 – Angola Press

L’aide militaire américaine à la Somalie inférieure à 10 M USD (responsable)

L’aide américaine d’urgence que les Etats-Unis ont fourni ces dernières semaines au gouvernement somalien pour l’aider à combattre l’offensive des insurgés s’élève à moins de 10 millions de dollars, a indiqué vendredi un haut responsable du département d’Etat.

Cette aide qui comprend des armes destinées au combat de rues, des munitions et des sessions d’entrainement, parvient notamment au gouvernement fédéral de transition (GFT) par l’intermédiaire des unités ougandaise et burundaise de la force de paix africaine (Amisom), a précisé ce responsable ayant requis l’anonymat.

“Il s’agit de petit armement et de munitions limitées. Ce ne sont pas des pièces d’artillerie ni des véhicules blindés ou des tanks”, a-t-il souligné au cours d’un point de presse.

Au total, l’aide militaire américaine est “certainement inférieure à 10 millions de dollars à ce jour”, a-t-il ajouté, précisant que cette aide se poursuivait.

Les Etats-Unis soutiennent depuis longtemps le GFT mais leur aide militaire a été “fortement augmentée” après le lancement le 7 mai d’une violente offensive des islamistes extrémistes des shebab et de la milice Hezb al-Islamiya contre le gouvernement modéré du président somalien Sheikh Sharif Ahmed, a-t-il noté.

______________________________ 4 – Le Matin (Maroc)

L’Ethiopie prête à soutenir la Somalie de transition

Par : Abdallah Darkaoui

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi a affirmé que son gouvernement est prêt à soutenir le gouvernement somalien de transition (TFG) dans tous les domaines notamment la formation des forces de sécurité pour qu’elles puissent instaurer la paix et la stabilité dans le pays.

Lors d’un entretien, vendredi à Addis-Abeba, avec le vice-Premier ministre somalien, Sherif Hassan, en visite actuellement en Ethiopie, M. Zenawi a souligné que l’Ethiopie va oeuvrer, en collaboration avec la communauté internationale, pour contrecarrer les tentatives des groupes armés visant à déstabiliser le pays.

Mercredi, le Premier ministre éthiopien avait déclaré à la presse que la situation instable en Somalie constitue un danger et une menace pour la sécurité et la stabilité dans la région de la Corne de l’Afrique.

Il n’a pas toutefois écarté la possibilité d’intervenir en Somalie au cas où la situation dans ce pays présente un danger pour l’Ethiopie. “On peut repenser notre politique, si la situation en Somalie constitue un danger pour l’Ethiopie”, a-t-il indiqué.

Plutôt qu’une intervention militaire, “nous préférons apporter notre soutien au gouvernement somalien de transition (TFG) par d’autres moyens (…) Nous devons voir comment la communauté internationale va répondre, alors nous pourrons revoir notre décision”, a expliqué M. Meles espérant “un certain niveau de consensus sur comment et quand répondre” à l’appel du TFG.

Il a estimé qu’un renforcement des troupes et du mandat de la force de paix de l’Union Africaine (AMISOM) en Somalie, ainsi qu’un soutien aux troupes du TFG sont nécessaires pour faire face aux attaques des groupes armés qui ont lancé depuis le 7 mai une offensive sans précédent contre le gouvernement du président Sheikh Sharif Sheikh Ahmed.

L’AMISOM, déployée en mars 2007 essentiellement à Mogadiscio, est composée de 3.400 soldats appartenant aux contingents burundais et ougandais, bien loin des 8.000 soldats initialement prévus lors de sa mise en place.

Au moins 6.000 civils ont été tués en 2008 dans les combats à Mogadiscio et dans le sud et le centre de la Somalie, et plus de 700.000 civils ont dû fuir Mogadiscio, selon Amnesty International.

La Somalie traverse aussi une grave crise humanitaire dans la mesure où 1,5 million de Somaliens dépendent de l’aide humanitaire. Selon l’Onu, au moins 2,6 millions de personnes souffrent de graves pénuries alimentaires dans le pays et ont besoin d’une aide d’urgence pour éviter une catastrophe humanitaire.

______________________________ 3 – RFI

Washington livre des armes à Mogadiscio avec l’accord de l’ONU

La perspective d’un effondrement du pouvoir somalien en proie aux assauts des islamistes radicaux d’al-Chabaab, considérés comme de proches alliés d’al-Qaïda, est à l’origine d’une initiative américaine soutenue par les Nations unies pour leur soutien logistique armé au gouvernement de transition somalien.

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Ledu

Les armes livrées par les Etats-Unis sont arrivées à Mogadiscio il y a quelques jours, mais cette livraison n’est qu’une partie de la nouvelle stratégie que Washington tente de mettre en place pour aider le gouvernement de transition à se débarrasser des rebelles.

Le nouvel eldorado du terrorisme islamiste

L’administration Obama considère en effet que, sans un soutien décisif de la communauté internationale, la Somalie risque de devenir le nouvel eldorado du terrorisme islamiste.

Les Etats-Unis se sont fixés pour priorité l’élimination d’al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, ils veulent évidemment éviter qu’un nouveau front ne s’ouvre dans la corne de l’Afrique.

Au-delà des livraisons d’armes, les Etats-Unis ont décidé de contribuer à hauteur de 10 millions de dollars, à l’entraînement de l’armée somalienne.

Cet entraînement devrait se dérouler à Djibouti ; il bénéficierait du soutien logistique de l’armée américaine, sans que cette dernière n’en assume ni la supervision, ni la direction.

Washington a décidé aussi de coopérer avec Mogadiscio dans le domaine du renseignement. Une approche globalement très différente de celle adoptée en son temps par l’administration Bush.

A l’époque, Washington avait payé certains seigneurs de la guerre afin qu’ils luttent contre les rebelles et l’armée américaine avait alors organisé une série de frappes aériennes ciblées contre les endroits où des suspects de terrorisme étaient censés être retranchés.

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Ahmedou Ould Abdallah
Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie

« Ce gouvernement est soutenu par la Ligue arabe, la Conférence islamique, l’Union africaine, l’Igad, les Etats-Unis et l’Union européenne. Si les médias ne veulent tenir compte que du soutien occidental, libres à eux. Mais, le plus grand soutien diplomatique et financier, jusqu’à présent, vient de la Conférence islamique, de la Ligue arabe et de l’UA. »

______________________________ 2 – Afrique en Ligne

HRW invite l’UA au rétablissement de la justice en Somalie
Afrique de l’Est – Somalie

L’Union africaine doit demander au Conseil de sécurité des Nations unies de mettre en place une commission d’enquête sur les pires violations des droits de l’Homme en Somalie, première étape essentielle pour instaurer un climat de justice et de responsabilité, estime l’ONG “Human Rights Watch” (HRW).

Dans une lettre adressée à l’UA avant la tenue de son sommet à Syrte, en Libye, du 1er au 03 juillet, l’organisation basée à New York invite les chefs d’Etat de l’UA à demander qu’il soit mis fin à la violence incontrôlée en Somalie, où elle a estimé que les violations des droits de l’Homme continuent à faire des ravages.

L’organisation ajoute que l’UA devrait s’assurer que sa mission en Somalie (AMISOM) respecte scrupuleusement le droit humanitaire international.

La petite force de maintien de la paix assiégée a permis au port de Mogadiscio de rester ouvert pour les approvisionnements humanitaires essentiels, mais elle est impliquée dans des fusillades qui ont fait des victimes civiles.

“La mission de maintien de paix en Somalie est la plus périlleuse entreprise par l’UA en Afrique de nos jours”, déclare Georgette Gagnon, la directrice pour l’Afrique de HRW. “L’UA doit s’assurer que ses troupes ne soient pas entraînées dans le chaos qui les entoure et que les personnels qui se rendent coupables d’abus graves soient sanctionnés”.

HRW a également invité l’UA à encourager le Sénégal à faire avancer le dossier des poursuites contre l’ex-président tchadien, Hissène Habré, qui est accusé de crimes contre l’humanité.

En juillet 2006, l’UA a mandaté le Sénégal pour juger M. Habré et pris l’engagement de lui apporter son soutien financier pour la tenue effective de ce procès.

Trois ans plus tard, malgré les propositions d’aide au Sénégal par des pays non-africains, les poursuites n’ont même pas été engagées et l’UA n’a apporté aucune assistance concrète, selon l’organisation.

Elle a indiqué que si l’UA prenait des mesures pour faire avancer l’affaire Habré, elle démontrerait les capacités et la volonté de l’Afrique à punir rapidement les atrocités commises sur le continent.

En outre, HRW a invité l’UA a soutenir le travail de la Cour pénale internationale (CPI). Au début de cette année, le mandat d’arrêt lancé contre le président soudanais Omar el-B&shir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour a conduit certains à qualifier la Cour “d’anti-africaine” et à l’accuser de cibler injustement les Africains.

Trois des quatre dossiers africains qui font l’objet d’une enquête de la CPI ont cependant volontairement été soumis par les pays où ces crimes ont été commis et le quatrième, celui du Darfour, a été soumis au tribunal par le Conseil de sécurité de l’ONU.

HRW a invité les membres de l’UA à renforcer leur engagement envers la CPI et à préserver sa force et son intégrité. Il a recommandé que le soutien de l’UA à l’établissement d’un bureau de liaison à Addis- Abeba, siège de l’UA, au renforcement des contacts institutionnels et à la négociation d’un cadre de coopération entre les deux institutions.

“A travers l’Afrique, les gouvernements et les organisations de la Société civile ont approuvé le travail de la CPI”, a déclaré Mme Gagnon. “Sur la base de la réunion de ce mois-ci à Addis-Abeba, nous invitons les dirigeants africains à renforcer l’engagement de l’UA à soutenir des mécanismes tels que la CPI, qui rendent justice aux victimes africaines des plus graves violations des droits de l’Homme”.

______________________________ 1 – JDD

Les Etats-Unis arment la Somalie

Les Etats-Unis ont fourni quelque 40 tonnes d’armes et de munitions au gouvernement somalien au cours des six dernières semaines pour l’aider à empêcher les islamistes radicaux d’Al Chabaab, considérés comme des proches alliés d’Al Qaïda, de s’emparer du pouvoir, a déclaré vendredi un responsable gouvernemental.

Avec l’élection à la présidence, en janvier dernier, de Cheikh Charif Ahmed, un islamiste modéré, la communauté internationale avait espéré assister à la fin de près de vingt ans de guerre civile en Somalie.

Mais Oussama ben Laden a exhorté ses partisans à renverser le nouveau chef de l’Etat, qu’il a qualifié d’ennemi de l’islam.