06/04/2016 (Brève 722) France Inter / Viols commis par des militaires à Djibouti : elles dénoncent l’mpunité et demandent à la France de faire pression sur le gouvernement djiboutien.

Lien avec l’article original : http://www.franceinter.fr/emission-grand-angle-viols-commis-par-des-militaires-a-djibouti-elles-denoncent-par-une-greve-de-la-

Un reportage de Yann Gallic


Elles entament leur treizième jour de grève de la faim. Une dizaine de femmes originaires de Djibouti sont rassemblées dans un local associatif à Arcueil en région parisienne. Depuis le 25 mars, ces réfugiées politiques ont arrêté de se nourrir pour dénoncer les viols dans leur pays.

Selon elles, des centaines de femmes ont été violées par des militaires ces 25 dernières années, notamment dans les régions où opère un mouvement de rébellion armée, opposé au gouvernement. Ces grévistes de la faim espèrent aujourd’hui l’aide de la France pour faire pression sur les autorités djiboutiennes.

Le gouvernement de Djibouti rejette ces accusations estimant qu’il n’y a “aucune preuve” sérieuse. Il dénonce “une manoeuvre politique” à quelques jours de l’élection présidentielle qui doit se tenir le 8 avril prochain.

05/04/2016 (Brève 720) Femmes Solidaires et COFEDVI / Communiqué pour demander aux autorités françaises de s’exprimer à propos des violations des Droits humains et plus particulièrement des viols impunis qui sont commis sans interruption à Djibouti

Télécharger le communiqué en PdF : https://www.ardhd.org/photos/R0330_greve_faim_arcueil/
communique_fs_cofedvi_5avr16.pdf

Un mot, un geste de la France…

12 ème jour de la Grève de la faim des femmes Djiboutiennes contre les viols par l’armée djiboutienne et l’impunité

Femmes solidaires Dix femmes de Djibouti, résidant en France et en Belgique ont entamé une grève de la faim le 25 mars 2016, pour dénoncer les viols des Femmes Afar par des soldats djiboutiens qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays.

Aujourd’hui nos amies djiboutiennes sont dans leur 12 ème jour de grève. L’une d’entre elles a été évacuée le 8e jour. La fatigue commence à se faire ressentir les corps s’affaiblissent mais leur esprit combatif est intact et leur résistance pour dénoncer ce qu’elles ont vécu est grande ! Tous les soutiens sont importants pour les aider dans ce combat. Les retombées médiatiques presse écrite, web, radios, télé… sont là, la campagne sur les réseaux sociaux grandit tous les jours. De nombreux élu.es et parlementaires, des responsables associatifs sont venues les
rencontrer… et se sont engagé.es à porter leurs paroles.

Des dizaines de femmes djiboutiennes exilées en Europe libèrent leur parole depuis 12 jours pour dire qu’elles aussi ont été violées dans l’indifférence totale.

Ce lundi 4 avril, Sabine Salmon, Présidente de Femmes solidaires s’est entretenue avec Mme Sparacino, ambassadrice des droits humains au ministère des affaires étrangères. L’échange a été constructif. Madame l’ambassadrice a été à l’écoute du message de nos amies djiboutiennes. Nous sommes donc en attente d’un positionnement officiel de la France, il en va de la vie de nos camarades.

Elles exigent que la France s’exprime clairement sur :
 L’enregistrement de leur plainte par l’Etat djiboutien
 La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
 L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions commises à l’encontre des femmes en République de Djibouti
 Le jugement des soldats coupables des viols
 Le respect des conventions régionales et internationales ratifiées par Djibouti dont la CEDAW

Les femmes djiboutiennes ont besoin de nous, relayez la campagne sur les réseaux sociaux par twitter en vous prenant en photo avec l’affiche #STOPVIOLDJIBOUTI

Paris, le Mardi 05 avril 2016

Contact presse France : 01 40 01 90 90 / 06 78 06 62 68
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djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr

Contact presse Belgique : 07 53 62 62 99

05/04/2016 (Brève 721) Le Point avec AFP / Pour dénoncer des viols, des Djiboutiennes en grêve de la faim

Lien avec l’article original : http://www.lepoint.fr/monde/pour-denoncer-des-viols-des-djiboutiennes-en-greve-de-la-faim-05-04-2016-2030054_24.php

De l’eau, du jus de pomme, du thé sucré: depuis onze jours, Fatouma, Aïcha et les autres, n’ont rien mangé. Après des années de lutte silencieuse – et vaine -, ces neuf Djiboutiennes mènent une grève de la faim en France pour dénoncer des viols dans leur pays.

“Ce n’est pas par plaisir que je m’affame”, explique Fatou Ambassa. Cette Djiboutienne de 30 ans jeûne en mémoire de sa cousine, Halima. “Ils étaient plusieurs soldats. Ils l’ont violée devant ses parents. C’était en 2003, elle avait 16 ans”. Hémorragie, dépression. “Elle s’est laissé mourir”, dit Fatou.

Le 25 mars, avec neuf membres du “Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité”, elle a cessé de manger. Vendredi, l’une d’elle, trop affaiblie, a été contrainte par les médecins de se réalimenter.

Ses compagnes restent couchées, serrées sur des lits de camp dans le local exigu de l’association Femmes solidaires qui les accueille à Arcueil, au sud de Paris. Sous leurs voiles multicolores, traditionnels sur les bords de l’océan Indien, leurs visages trahissent la fatigue mais restent déterminés.

Quatre d’entre elles affirment avoir été violées par des soldats dans leur pays, il y a plusieurs années. Des “allégations sans aucune crédibilité”, selon le gouvernement de Djibouti, petit pays de la corne de l’Afrique stratégiquement situé.

Ces femmes sont Afar – une ethnie qui vit dans un vaste triangle à cheval sur l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée. Avant de se réfugier en France ou en Belgique, elles habitaient à Djibouti, dans les régions du nord et du sud-ouest où opère depuis 25 ans la rébellion armée du FRUD.

Ce Front pour la restauration de l’unité et la démocratie, un mouvement de rébellion Afar, combat sporadiquement les forces régulières depuis sa création en 1991.

A l’encontre de ce mouvement armé mais aussi des populations civiles qui le soutiennent ou qui l’entourent, l’armée djiboutienne mène des opérations de représailles”, explique Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH). “Des arrestations arbitraires, parfois des exécutions sommaires, mais surtout des violences sexuelles”, qui ont pour but “de couper la population civile de la rébellion du FRUD”, selon ce responsable.

– Enquête internationale –

C’est par gestes que Fatou Abdallah raconte le viol dont elle a été victime début 2007. Malentendante, elle montre les barrettes sur les épaules des militaires, croise les poignets pour dire qu’elle exige leur arrestation. Son père s’est battu pour obtenir justice. Sans succès.

“On réclame que ces viols soient reconnus comme crimes de guerre et qu’une enquête internationale soit menée”, lance Aïcha Dabalé, porte-parole du Collectif. Elle est l’épouse de Mohamed Kadamy, actuel président du FRUD, mais assure ne pas agir au nom de la rébellion.

Ses accusations sont rejetées par le gouvernement djiboutien. “Depuis 1991, aucune preuve n’a été fournie aux autorités djiboutiennes pour étayer ces affirmations” de viols, a assuré un porte-parole, dans une déclaration à l’AFP.

Le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité, créé en 1993, a recensé depuis 246 cas de viols par des militaires, mais selon Aïcha Dabalé, bien d’autres agressions sexuelles ont été commises. Toute la difficulté est de rassembler les témoignages, et les preuves, souligne-t-elle.

Médecins et avocats refusent de prendre en charge ces femmes, parce qu’elles accusent des soldats, dénonce-t-elle. “Une vingtaine de plaintes ont été déposées, mais aucune n’a abouti”.

“Notre espoir c’est la France”, lance Fatou Ambassa, à l’ancienne puissance coloniale qui maintient à Djibouti sa principale base en Afrique. “La France ne peut pas fermer les yeux sur des violations massives des droits fondamentaux”, ajoute Aïcha.

Le gouvernement djiboutien dénonce lui “une campagne” coordonnée par “l’opposition politique”, à l’approche des élections présidentielles du 8 avril. En poste depuis 1999, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh y briguera un quatrième mandat de cinq ans.

04/04/2016 (Brève714) PCF / Dans un communiqué du 31 mars 2016, le PC, ses dirigeants et ses militants apportent leur soutien aux Djiboutiennes en grève de la faim pour dénoncer les viols commis par les forces armées dans le Nord de Djibouti en particulier.

Communiqué PCF

04/04/2016 (Brève713) Arcueil / Femmes solidaires / 10ème jour de grève de la faim pour les femmes qui dénoncent les viols commis à Djibouti, en particulier, par des dépositaires de l’autorité (militaires, gendarmes, etc.)

A Arcueil, les Djiboutiennes commencent à ressentir la fatigue après 10 jours de grève de la faim, mais elles reçoivent de nombreuses visites de personnalités et d’anonymes, qui viennent leur apporter leur soutien et leurs encouragements.

Dernèrement, Jean-Yves Le Bouillonnec, député Maire de Cachan est venu les réconforter. Ci-dessus une photo prise avec Fatou.

Jean-Yves Le Bouillonec député maire de Cachan

02/04/2016 (Brève710) Femmes Solidaires et Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité (COFEDVI) /Communiqué du 2 avril 2016. Une gréviste de la faim évacuée.

femmes.solidaires@wanadoo.fr
djiboutiennescontrelimpunite@hotmail.fr

COMMUNIQUE : #stopvioldjibouti
Paris, le samedi 2 avril 2016

« Nous avons faim, nous avons soif, mais nous irons jusqu’au bout »

Le Comité des Djiboutiennes contre le Viol et l’Impunité et Femmes solidaires annoncent qu’une des grévistes de la faim, qui terminait sa 8e journée de jeûne, a dû être évacuée le vendredi 1er avril dans la soirée. En effet, après avis de l’équipe médicale sur place, son état de santé a été jugé trop détérioré pour continuer. La décision a donc été prise en concertation avec ses camarades et les ONG du COFEDVI et de Femmes solidaires qu’elle quitte l’action, la poursuite de la grève engageant à tout moment son pronostic vital.

Cette décision a été particulièrement difficile à prendre pour cette jeune femme, dont le combat pour dénoncer son viol date déjà de plusieurs années. Elle souhaite cependant créer les conditions de porter plus loin la parole des femmes djiboutiennes contre les viols des soldats de l’armée gouvernementale, le risque de son décès en début de grève pouvant compromettre l’action longue et déterminée dans laquelle elles sont engagées.

Que cette interruption pour elle de la grève ne soit pas considérée par les auteurs des viols et le gouvernement djiboutien comme un renoncement mais bien comme la détermination encore plus grande de poursuivre l’action pour ses 9 autres camarades. « Nous ne sommes qu’au début de la dénonciation : nous avons faim, nous avons soif mais nous irons jusqu’au bout ».

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