09/05/2016 (Brève 786) STOP AU VIOL DES FEMMES ET FILLES AFAR A DJIBOUTI /Fédération Internationale De la Diaspora Afar (FIDA) / International Federation of Afar Diaspora (FIDA).

COMMUNIQUE DE PRESSE:

Date: 3 Mai 2016

Ref: 002/FIDA/16

Fait à: Bruxelles, Belgique

Nous, FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE LA DIASPORA  AFAR (FIDA), représentant  les
organisations de la diaspora afar dans le monde, publions ce communiqué au nom des femmes et filles afar qui ne peuvent pas s’exprimer. Ces mêmes femmes afars qui ont été et continuent d’être victimes de viols systématiques et routiniers depuis longtemps à Djibouti.

Au moins 246 femmes et filles du groupe ethnique Afar ont été violées par l’armée Djiboutienne et les forces de sécurité, en particulier dans les districts au nord: Obock, Tadjourah et au sud: Dikhil. Et cela depuis que la guerre civile entre le gouvernement djiboutien et le Front de Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) a commencé au début des années 1990. Depuis, la politique délibérée d’utilisation du viol et des violences sexuelles pour des buts politiques et militaires par le gouvernement djiboutien a été utilisée avec l’impunité la plus totale. Jusqu’à présent, personne n’a été jugé ou condamné pour ces crimes. Le nombre de victimes de viol mentionné ici correspond aux cas qui ont été rapportés, et il est certain que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg et que les vrais chiffres sont beaucoup plus élevés.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les viols et violences sexuelles pour des raisons politiques soient aussi largement répandus et continuent d’être perpétrés régulièrement dans le pays pendant que les auteurs de ces crimes bénéficient d’un haut degré d’impunité. Il est tragique que le gouvernement de Djibouti et ses agences qui ont été investis de la responsabilité de protéger ces femmes et jeunes filles sans défense et vulnérables soient eux-mêmes les principaux responsables de ces atrocités, crimes contre l’humanité et violations des droits humains. C’est clairement inacceptable et condamnable. La pratique brutale et infâme des viols systématiques est contre les lois internationales qui protègent les droits humains et contre la loi nationale du pays. Le viol a de sérieuses conséquences sur la santé des victimes (tant physique que psychologique), leur survie et développement. Ceci est à l’antipode de l’Islam, la religion d’une vaste majorité de Djiboutiens.

Nous sommes profondément inquiets et extrêmement préoccupés par le silence de la communauté internationale, des organisations pour les droits humains et en particulier des grandes puissances possédants des bases militaires à Djibouti, qui ont un meilleur accès  aux informations et qui sont donc informées sur ce qui se passe dans le pays.

Nous saluons, d’un autre côté, les efforts et actions entreprises par « Stop au viol maintenant
–une action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits et la campagne internationale pour faire cesser le viol et la violence de genre dans les conflits (http://www.stoprapeinconflict.org). Nous exprimons notre admiration et soutien à ces organisations et à d’autres qui travaillent sans relâche pour amplifier les voix des survivantes de viol (en particulier ARDHD), la presse télévisée et Radio 1 le Grand Débat, (http://africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_29_03_16_-_pad.mp3), et mettre fin aux viols dans les conflits.

Récemment, un groupe de courageuses femmes Afar de Djibouti a lancé une grève de la faim collective à Paris et à Bruxelles pour attirer l’attention sur la détresse des femmes et filles qui sont victimes de viols systématiques, de violences sexuelles et d’harcèlement à Djibouti ; un crime commis par les forces de sécurité et l’armée du pays en toute impunité.

Le groupe de 10 femmes qui ont commencé la grève de la faim le 25 mars 2016 sont restées inébranlables dans leur détermination à faire entendre leurs voix même quand leur santé physique devenait extrêmement préoccupante. Deux d’entre elles avaient déjà été admises  à l’hôpital après une fragilisation de leurs conditions de santé, Ouma après 18 jours et Fafi après 15 jours en grève de la faim. Après un total de 19 jours de grève de la faim à Paris, le groupe a décidé d’organiser une grève de la faim similaire à Bruxelles. La grève de la faim à Bruxelles se poursuit à l’heure de publier ce communiqué.

Selon Mme Aicha Dabale, la porte-parole du groupe et pour le mouvement de lobbying basé en France Femmes solidaires, personne à l’intérieur du pays n’ose dénoncer ce crime par crainte de représailles de la part du gouvernement; et c’est pourquoi le groupe a lancé une grève de la faim collective à Paris et Bruxelles, afin d’attirer l’attention sur cette question. Pour plus d’informations, voir ce lien : http://www.loubakdongolo.com/jibouti/hunger-strike- day-10-one-of-the-djiboutian-women-striker-admitted-to-hospital-on-day-10.

Nous, la Fédération Internationale de la Diaspora Afar (FIDA), saluons l’action entreprise par ces femmes courageuses à Paris et Bruxelles pour dénoncer les viols organisés par le régime djiboutien et ciblant les femmes et filles Afar et exprimons notre solidarité avec elles.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté le caractère systématique et largement répandu du viol et des violences sexuelles en toute impunité contre les femmes et filles afar innocentes à Djibouti.

Nous exigeons que le gouvernement djiboutien cesse sans délai cette politique d’utilisation du viol et des violences sexuelles comme une arme contre le groupe ethnique des Afar et démontre son sérieux en amenant devant la justice les auteurs de ces exactions pour que cesse la culture de l’impunité dans le viol.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations humanitaires à prendre des mesures concrètes pour soutenir les survivantes des viols systématiques à Djibouti. Le gouvernement djiboutien, qui porte la responsabilité première de protéger les victimes de violence y compris de viol, a non seulement failli à remplir ses obligations constitutionnelles et à respecter les droits humains de ses citoyens, mais est également la force principale derrière ces crimes. Nous appelons la communauté internationale et les organisations pour les droits humains à travailler activement pour que ces faits arrivent devant la Cour Pénale Internationale (ICC – CPI). Il existe déjà une abondance de preuves de violations flagrantes des droits humains et qui relèvent de crimes contre l’humanité commis par le gouvernement djiboutien contre le groupe ethnique des Afar et ceux et celles qui élèvent leurs voix pour demander un changement démocratique dans le pays.

05/05/2016 (Brève 780) Le soir (BE) Des viols au Djibouti, une grève de la faim à Bruxelles

Lien avec l’article (consultation payante) : http://plus.lesoir.be/38879/article/2016-05-04/des-viols-au-djibouti-une-greve-de-la-faim-bruxelles

– La chambre est calme.
Enroulées dans leurs couvertures, les dix grévistes de la faim économisent leurs forces. Elles ne bougent presque pas. A peine suivent-elles du regard les quelques visiteurs qui pénètrent de temps à autre dans leur campement de matelas et couettes colorées. « Le médecin passe tous les deux jours, explique Aicha Dabale, la porte-parole. A partir de ce mercredi, quand cela fera dix jours, il viendra quotidiennement. Pour l’instant, tout va bien. Nous avons choisi des jeunes filles en bonne santé. Deux d’entre elles sont un peu plus fatiguées que les autres. Mais leur volonté est intacte ! »

– « Violée puis brûlée vive »
Les dix grévistes font partie du « Comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité ». Un collectif d’abord créé au pays, puis en France, et qui compte depuis quelques années une branche belge. « En 1992, un cas de viol particulièrement odieux a déclenché le mouvement : une mère de famille nombreuse a été violée par des soldats puis brûlée vive pour ne pas qu’elle témoigne, raconte Aicha Dabale. Le comité au Djibouti a été créé en 93. Ce sont elles, les militantes les plus importantes : elles travaillent clandestinement sur le terrain, en risquant l’emprisonnement et les tortures. Elles recensent les cas de viol et nous les font parvenir pour que nous soyons informées. »

C’est que les viols continuent, dans ce petit pays de moins d’un million d’habitants, situé dans la Corne de l’Afrique. « En mars dernier, on nous a à nouveau informées de trois viols, pointe Aicha. L’impunité des soldats les encourage ! » Dirigée par un président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient d’être « réélu » à 87 %, la République du Djibouti réprime toute opposition. « C’est un pays liberticide, où les droits humains sont bafoués ; les journalistes, les syndicats et les opposants emprisonnés, torturés… » 

Et où les soldats gouvernementaux violent les femmes pour terroriser les populations.

Il suffit qu’un frère, un père, ou une simple connaissance soit considéré par le régime comme opposant et les femmes sont violées par les forces armées, explique encore la militante. Les militaires ne sont jamais poursuivis et les avocats, comme les médecins, préfèrent s’abstenir de déposer des plaintes ou de délivrer des attestations pour viol, sachant qu’ils prennent le risque que le gouvernement ferme leur cabinet illico. Si quelques plaintes et jugements pour viol ont déjà été rendus dans le pays, les soldats, eux, ne sont jamais inquiétés.


« Côtoyer leurs bourreaux tous les jours »

Dans les jeunes femmes présentes dans ce local de Saint-Josse, qui carburent uniquement à l’eau et au thé sucré, une femme légèrement handicapée, sourde-muette, a été violée à l’âge de 17 ans. Si elle ne jeûne pas, elle ne cesse de prendre les visiteurs en photo, insistant pour que chacun d’entre eux prenne la pose avec le panneau «  #StopViolDjibouti  ».

Toutes ici ont connu une amie, une cousine, une connaissance de son village d’origine qui a été victime de viol par les forces gouvernementales. C’est ce qui les porte dans leur combat. Une des grévistes, très fatiguée, raconte du bout des lèvres qu’une amie de son village a été violée par trois soldats. « C’était une simple bergère, qui gardait ses chèvres et ses moutons, s’emporte Aicha. Trop de femmes sont détruites ! Pour empêcher toute reconstruction, les viols se font souvent devant les parents, les familles, parfois les enfants. Et ensuite, les victimes doivent côtoyer tous les jours leurs bourreaux ! Sans parler des viols sur des très jeunes filles… Sachant qu’au Djibouti presque 100 % des filles sont incisées et infibulées. Vous imaginez une gamine de 14 ans, excisée et cousue, qui se fait violer par trois militaires ? »

– « Silence complice »
Mais pourquoi entamer une grève de la faim, ici, en Belgique ? En réalité, le Djibouti est surtout une base militaire stratégique. Ainsi, la France y est implantée depuis des décennies (c’est la mission sur place la plus importante, aux alentours de 3.000 militaires), les Etats-Unis y sont présents dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le Japon pour les réseaux pirates maritimes. La Belgique devrait y envoyer quelque 160 militaires. « Il y a un vrai silence complice de la communauté internationale, dénonce la porte-parole du mouvement. Les Américains viennent pour s’entraîner au Djibouti, les Français sont présents en nombre. Comment pourraient-ils ne pas entendre les cris des femmes ? Nous avons tout essayé. Cela fait plus de 20 ans maintenant qu’en France, en Europe, on interpelle des députés, on introduit des questions écrites, etc. Il faut que des femmes mettent leur santé en danger pour que l’on nous entende. »

Les militantes dénoncent également l’argent que verse la communauté internationale au Djibouti, sans conditions. Le comité réclame une enquête internationale, ainsi que la reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre et des jugements et condamnations pour les soldats. En France, le comité français a initié une grève de la faim il y a plusieurs semaines. Elle a pris fin après 19 jours et s’est soldée par un engagement de la diplomatie française à mettre la question des droits des femmes et des viols sur la table à chaque rencontre bilatérale entre les deux pays. Un comité de « suivi » s’est mis en place.

Les grévistes de Saint-Josse espèrent beaucoup de la Belgique, qui, pensent-elles, doit être « plus libre » que la France, puisque cette dernière a davantage d’intérêts en jeu. Elles ont déjà reçu la visite des députés européens Louis Michel et Marie Arena, qui se sont engagés à déposer un projet de résolution. Des députés bruxellois se sont aussi présentés.

Dans l’entrée du 126, rue des deux églises à Saint-Josse (local des « femmes socialistes kurdes » qui accueillent les grévistes), plusieurs hommes prennent un café. Camille a lui aussi fui le Djibouti : « En tant qu’hommes, on n’en parlait pas beaucoup. C’est vrai qu’on parlait surtout des tortures, des emprisonnements des opposants… Même les femmes en parlaient peu, il y a encore des tabous, des pressions dans les familles. Mea culpa. Maintenant, on est là aussi. »

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 – 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h

03/05/2016 (Brève 778) Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité / APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI – Bruxelles, le 7 mai 2016 de 16h à 18h

Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité

djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr

Tél : 0465 48 00 45 ou 0465 12 35 63

# stopvioldjibouti – Non à l’impunité 

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 – 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h

 

Pour dénoncer les viols des Femmes  Afar  par des soldats djiboutiens  qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays, 10 femmes de Djibouti ont cessé de s’alimenter depuis le 25 Avril à St Joss dans la continuité des actions menées à Arcueil (France)

Elles entendent protester  contre ces violences et briser le mur de silence érigé  autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques kilomètres des bases militaires française, américaine, nippone et chinoise.  

A Djibouti comme dans d’autres régions d’Afrique et du monde, le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés. L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes.  

Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes Afars ont été violées par l’armée gouvernementale à Djibouti. Ces femmes gardent pour beaucoup d’entre elles des séquelles physiques. Elles sont toutes marquées à vie dans leur corps, leur dignité, leur conscience.   

Malgré la répression et la honte qu’elles éprouvent, certaines victimes ont eu le courage de porter plainte. Aucune plainte n’a pu aboutir jusqu’à ce jour. 

Cette grève de faim se déroule dans un contexte politique très tendu, avec une terrible répression et de nombreux accrochages entre le FRUD et l’armée : massacre de Bulduqo, arrestations arbitraires des civils, deux personnes sont décédées sous la torture en février 2016, et toujours les viols des femmes (derniers cas de viols en mars à Margoïta)
   
Le Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne les viols des femmes djiboutiennes et l’impunité de ces crimes.  

Nous exigeons :   

  • La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
  • L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions à l’encontre des femmes en République de Djibouti
  • Le jugement des soldats coupables des viols
  • Le respect des conventions régionales et internationales ratifié par Djibouti dont le CEDAW   

Fait à Bruxelles, Le 2 Mai, 2016

03/05/2016 (Brève 777) Le VIF (Bel) Saint-Josse: des Djiboutiennes en grève de la faim contre des viols commis par l’armée (Par Axelle Verstraeten)

Lien avec l’article original : http://www.levif.be/actualite/belgique/saint-josse-des-djiboutiennes-en-greve-de-la-faim-contre-des-viols-commis-par-l-armee/article-normal-496257.html?utm_content=buffer9928d&utm_
medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

Depuis une semaine, dix jeunes femmes originaires de Djibouti ont entamé une grève de la faim à la Maison du Peuple de Saint-Josse. Leur objectif : dénoncer les viols commis, en toute impunité, par les soldats de l’armée djiboutienne depuis près de 25 ans.

Aïcha Dabalé, porte-parole du groupe et Fatouh Abdallah © Axelle Magazine
“La grève de la faim, ce n’est pas une forme de lutte qu’on a choisie dès le départ, c’est notre dernier recours” explique Aïcha Dabalé porte-parole du groupe. Les dix jeunes femmes originaires de Djibouti sont entassées sur des matelas à même le sol, affaiblies par la faim et la soif, mais plus déterminées que jamais à faire réagir les instances internationales.

Aïcha Dabalé analyse la situation: “A Djibouti, il y a plusieurs bases militaires occidentales, notamment la plus grande base française en Afrique comptant environ 1600 soldats, une base américaine dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme, une base japonaise dans le cadre de la lutte internationale contre la piraterie maritime…. et même 600 soldats belges. Ils sont tous là parce Djibouti occupe une place géostratégique importante. Ce que nous leur reprochons, c’est de fermer les yeux sur ce qui se passe, c’est de la complicité !”.

Ce petit pays de moins d’un million d’habitants situé sur la corne d’Afrique dispose en effet d’un avantage géostratégique considérable : le détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel passent la plupart des grands pétroliers. Un argument de poids qui entraine un manque cruel de réaction de la part des autorités internationales.

Cette grève de la faim avait été initiée par les femmes djiboutiennes à Paris, le 25 mars dernier, au moment des élections à Djibouti. Elles ont tenu 19 jours sans manger. “Les filles belges ont voulu la poursuivre parce que la semaine prochaine, il y aura l’investiture du Président et donc il y a plein de fêtes organisées pour féliciter ce dictateur ! Le but est d’interpeler le Parlement, car l’Union Européenne est un soutien économique important pour Djibouti ! Ce qu’on veut c’est que l’argent versé soit conditionné en terme de respect des droits humains et des droits des femmes”.

Vendredi dernier, les députés européens Louis Michel et Marie Arena sont allés à la rencontre des grévistes. Ils ont précisé qu’ils ne souhaitaient pas qu’elles abiment leur santé et qu’ils mettraient tout en oeuvre pour attirer l’attention de l’Europe sur ces viols.

Coups et blessures
La pression gouvernementale djiboutienne est telle que les médecins et les avocats refusent de parler des viols commis. “Quand les femmes violées se présentent pour obtenir une attestation de la part du médecin, ils refusent, car ils ont peur que le gouvernement ferme leur cabinet. Ils ne veulent pas faire d’attestation de violences sexuelles, simplement de coups et blessures, mais ce n’est pas suffisant pour elles, ce n’est pas comparable. Ensuite, les filles sont renvoyées vers des avocats, mais ils refusent également de les défendre” poursuit la porte-parole.

Les plaintes déposées par celles qui ont le courage de le faire n’aboutissent jamais, “elles sont totalement détruites par ces actes ignobles et il est impossible pour elles de se reconstruire, car elles côtoient en permanence leurs bourreaux” constate amèrement Aïcha Dabalé.

Pour ces femmes, le gouvernement de Djibouti tente d’acheter leur silence et de leur entourage: “Fatouh Abdallah, qui soutient toujours les grévistes, a été violée par la garde présidentielle quand elle avait 17 ans. Son père a porté plainte, ils ont voulu le payer, mais il a toujours refusé” dit-elle, désignant avec tendresse la jeune fille sourde et muette.

Actuellement, la réaction des autorités internationales se fait toujours attendre. Seul le hashtag #stopvioldjibouti permet à l’ensemble de la communauté de marquer son soutien. Les femmes djiboutiennes, touchées de près ou de loin par ces viols, continueront donc encore à s’affamer pour dénoncer cette réalité passée sous silence.

26/04/2016 (Brève 769) Comité des femmes djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité. Une nouvelle grève de la faime a commencé en Belgique.

Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunitédjiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr
Tél : +32 (0) 465 48 00 45 ou +32 (0)465 12 35 63 

COMMUNIQUE

Contre les viols par l’armée djiboutienne et l’impunité
Grève de la faim de 10  femmes Djiboutiennes
Dix femmes de Djibouti, résidant en Belgique entament une grève de la faim, le 25 avril 2016, dans la continuité des actions menées à Arcueil  (France)

Pour dénoncer les viols des Femmes  Afar  par des soldats djiboutiens  qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays.   

Elles entendent protester  contre ces violences et briser le mur de silence érigé  autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques encablures des bases militaires française, américaine, nipponne et chinoise.  

A Djibouti comme dans d’autres régions d’Afrique et du monde, le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés.

L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes.  

Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes Afars ont été violées par l’armée gouvernementale à Djibouti. Ces femmes gardent pour beaucoup d’entre elles des séquelles physiques. Elles sont toutes marquées à vie dans leur corps, leur dignité, leur conscience.   

Malgré la répression et la honte qu’elles éprouvent, certaines victimes ont eu le courage de porter plainte. Aucune plainte n’a pu aboutir jusqu’à ce jour.  

L’actuel Chef de l’Etat, Ismael Omar Guelleh, qui vient d’être « élu » pour  un 4ème mandat, commanditaire des pires massacres à Djibouti (Arhiba, Yoboki, Barislé, Bulduko) a une responsabilité toute particulière dans les viols et l’impunité des soldats violeurs.

Cette grève de faim se déroule dans un contexte postélectoral, très tendu, avec une terrible répression et de nombreux accrochages entre le FRUD et l’armée : deux personnes sont décédées sous la torture des gendarmes en février 2016,  (arrestations, tortures, exécutions extrajudiciaires, et toujours les viols des femmes).

Le Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité lancent un appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne les viols des femmes djiboutiennes et l’impunité de ces crimes.  

Nous exigeons :   

  • La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
  • L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions à l’encontre des femmes en République de Djibouti
  • Le jugement des soldats coupables des viols
  • Le respect des conventions régionales et internationales ratifié par Djibouti dont le CEDAW   

Fait à Bruxelles,
Le 24 Avril 2015

27/04/2016 (Brève 772) MetroTime (Belgique) avec Belga / Dix femmes en grève de la faim à Saint-Josse protestent contre les viols commis à Djibouti

Lien avec l’article en Anglais : http://fr.metrotime.be/2016/04/26/news/dix-femmes-en-greve-de-la-faim-a-saint-josse-protestent-contre-les-viols-commis-a-djibouti/

Dix femmes originaires de Djibouti (Corne de l’Afrique) qui résident en Belgique ont entamé une grève de la faim à Saint-Josse (Bruxelles) depuis lundi, indique mardi le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité. Ces femmes dénoncent « les viols des femmes par des soldats djiboutiens ».

Elles se placent ainsi dans la continuité des actions menées en avril en France. « Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes ont été violées par l’armée gouvernementale », signale le comité des femmes djiboutiennes. « Ces crimes se déroulent (près) des bases militaires française, américaine, nippone et chinoise. » Un appel à la communauté internationale est dès lors lancé « pour qu’elle condamne les viols et l’impunité de ces crimes ».

« Le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés. L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes », souligne le communiqué. Le comité a quatre exigences: la reconnaissance des viols comme crimes de guerre, l’ouverture d’une enquête internationale, le jugement des soldats suspectés de viol et le respect des conventions régionales et internationales ratifiées par Djibouti.

Cette grève de la faim intervient « dans un contexte postélectoral très tendu », indique le comité qui désigne l’actuel chef de l’État djiboutien, Ismael Omar Guelleh comme le commanditaire des « pires massacres » et ayant « une responsabilité toute particulière dans les viols et l’impunité des soldats violeurs ».

Source: Belga

13/04/2016 (Brève 764) Femmes Solidaires et le CODEVI. UN NOUVEAU JOUR COMMENCE. Message de remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont soutenu l’action des Djiboutiennes durant leur grève de la faim, pour dénoner les viols commis par les militaires de l’atmée nationale djiboutienne et l’impunité des auteurs. .

Communiqué
Un nouveau jour commence…

Femmes djiboutiennes dénonçant les viols et l'impunité

Les 10 femmes djiboutiennes qui avaient entamé le 25 mars dernier une grève de la faim à Arcueil ont décidé de mettre fin à cette grève ce jour.

En effet, après la visite depuis 19 jours de nombreux.ses parlementaires français.es, de député.es européen.nes, de maires, d’ancien.nes ministres, et d’une délégation de l’Amicale Panafricaine, elles ont reçu l’ambassadrice des droits de l’Homme du Ministère des Affaires Etrangères Mme Sparacino-Thiellay. Elle est venue le lundi 11 avril afin de s’entretenir avec les grévistes de la situation des femmes djiboutiennes, des viols et violences dont elles sont victimes de la part des soldats de l’armée djiboutienne.

De nombreuses associations aux côtés du COFEDVI et de Femmes solidaires, dont l’association pour le respect des droits humains à Djibouti, le CNIDFF, l’Assemblée des Femmes, et les FEMEN, ont relayé la parole des femmes djiboutiennes et ont permis de faire entendre leurs revendications. Grâce à leur détermination, les 10 grévistes de la faim ont obtenu :

  • Que la situation d’atteinte aux droits humains et les intolérables viols et violences massifs à Djibouti soit révélée dans le monde et dans les plus hautes instances européennes
  • L’assurance que la question des violences commises contre les femmes, notamment des viols et de l’accès à la justice des victimes est évoquée dans les échanges bilatéraux entre la France et Djibouti
  • que l’Ambassadrice des droits de l’Homme continue à assurer un contact et un suivi régulier avec les ONG qui accompagnent les victimes de ces violences
  • Grâce à leur courage sans faille, et le réseau qu’elles ont animé, elles sont en mesure d’annoncer la création d’un comité de suivi de ces plaintes constitué des premiers soutiens :

• Yvette Roudy, ancienne ministre,
• Marie-George Buffet, députée et ancienne ministre
• Geneviève Couraud, présidente de l’Assemblée des Femmes
• Marie-Christine Vergiat, députée européenne
• Myriam Thiam, Responsable de l’amicale panafricaine
• Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes
• Annie Guilberteau, directrice générale du CNIDFF
• FEMEN
• Sabine Salmon, présidente nationale de Femmes solidaires

Nous remercions les citoyen-nes, les ONG, les journalistes qui ont aidé à faire entendre le message des djiboutiennes.

Ce n’est pas une fin, mais bel et bien un début. En plus du comité de suivi des plaintes, et des liens établis avec des avocates françaises et belges, nous vous informons que des djiboutiennes belges ont décidé de prendre le relai et d’entamer à leur tour une grève de la faim à Bruxelles.

Les liens que nous avons noués durant ces 19 jours sont indéfectibles. Ils vont nous porter dans le long combat qui s’annonce ; fortes de ces soutiens, que les soldats djiboutiens auteurs de ces crimes sachent que nous faisons route vers la justice et la fin de l’impunité.

Arcueil, le 12 avril 2016

13/04/2016 (Brève 762) Blog Mediapart / Femmes de Djibouti: la grève de la faim s’arrête mais le combat continue! (PAR ARTHUR PORTO BLOG)

Lien avec l’article : https://blogs.mediapart.fr/arthur-porto/blog/120416/femmes-de-djibouti-la-greve-de-la-faim-sarrete-mais-le-combat-continue

Saluons le courage des femmes Djiboutiennes qui ont réussi à imposer le respect par leur détermination, contre le viol et l’impunité dans leurs pays, en tenant 19 jours de grève de la faim, à Arcueil dans le Val de Marne.

C’est en fin d’après-midi de ce mardi qu’un point presse a été organisé à la Mairie d’Arcueil. La municipalité (dont le Maire est un inscrit de la Gauche Citoyenne) s’est rendue disponible pour l’occasion, ouvrant ses portes pour une cérémonie en quelque sorte, de reconnaissance du combat de ces femmes contre l’impunité des militaires violeurs et pour leur dignité de femmes.

Pendant ces 19 jours, le local de Femmes Solidaires qui les a hébergé à Arcueil, en plein quartier du Chaperon Vert, a été visité par des élus (députées européennes, maires, ancien ministres), mais aussi des militants associatifs et du droit des femmes, notamment l’Amicale Panafricaine.

Il avait été question que Mme Rossignol, ministre du droit des femmes, leur rendre visite. On le dit, en secret, car elle aurait été empêchée, son directeur de cabinet à la dernière minute s’est décommandé (la réal-politique prenant le dessus…). C’est Mme Sparacino-Thiellay. ambassadrice des droits de l’Homme au Ministère des Affaires Étrangères qui finalement a fait le déplacement et a été accueillie par le groupe de femmes et les militantes de Femmes Solidaires. Sans doute un moment important pour qu’au niveau ministériel soient entendues les revendications qui ont été à l’origine de cette grève de la faim.

Cette entrevue a permis aux femmes Djiboutiennes d’obtenir quelques assurances qui se situent à l’échelle politique entre les États.

* Que la situation d’atteinte aux droits humains et les intolérables viols et violences massifs à Djibouti soit révélée dans le monde et dans les plus hautes instances européennes;

* L’assurance que la question des violences commises contre les femmes, notamment des viols et de l’accès à la justice des victimes soit évoquée dans les échanges bilatéraux entre la France et Djibouti;

* Que l’Ambassadrice des droits de l’Homme continue à assurer un contact et un suivi régulier avec les ONG qui accompagnent les victimes de ces violences;

* Grâce à leur courage sans faille, et le réseau qu’elles ont animé, elles sont en mesure d’annoncer la création d’un comité de suivi de ces plaintes constitué des premiers soutiens avec, entre autres Yvette Roudy, ancienne ministre, Marie-George Buffet, députée et ancienne ministre, Geneviève Couraud, présidente de l’Assemblée des Femmes, Marie-Christine Vergiat, députée européenne, Myriam Thiam, responsable de l’Amicale Panafricaine… ajoutons aussi, Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire de Cachan (c’est un des élus en France des plus cumulards, mais dans ce comité de suivi sa voix est à coup sûr utile).

Un comité de suivi pour poursuivre l’action

C’est peut-être un des aspects importants de l’engagement de Mme Sparacino-Thiellay, Ambassadrice des droits de l’Homme (et des Femmes, pourrait-on ajouter!), la création d’un comité de suivi qui, du fait de la détermination de ce groupe de femmes, disposera de légitimité pour suivre et interpeller les responsables politiques en France et en Belgique (qui composait la moitié du groupe). L’ambassadrice va recevoir une délégation des femmes Djiboutiennes avec le détail des dossiers à étudier et les faire suivre dans l’espoir d’un dénouement auprès de la Justice.

L’action se poursuivra également à l’échelle de la Belgique où une grève de la faim pourrait être une prochaine étape, qui semble déjà en préparation, pour poursuivre le combat engagé en France. C’est en effet au niveau européen que l’interpellation peut se faire (les États isolés et notamment la France, sont trop contraints par leurs intérêts diplomatiques et autres…).

Les deux femmes du groupe (dix à l’origine) qui avaient arrêté vendredi et dimanche derniers la grève de la faim par conseil médical, sont toujours suivies mais semblent récupérer favorablement.

Ces trois derniers jours ont été éprouvants pour les grévistes de la faim. D’une part l’attente de manifestation significative des autorités françaises, d’autre part l’accumulation des jours et la faiblesse des corps même si le moral était bon. Dimanche dernier, beaucoup de Djiboutiens de la région parisienne y sont allés et, grâce à l’information au journal du vendredi matin de France Culture, un certain nombre de voisins plus ou moins proches de la commune se sont également manifestés.

C’est à petite échelle que Mediapart en a pris part, l’actualité étant par ailleurs très abondante. Mais je pense que l’effort d’information c’est une des armes majeures pour tous ces combats qui dans le monde ou à côté de chez nous s’expriment avec leurs moyens, voire au risque de leur vie. Tel le colibri, c’est notre contribution.