15/10/09 (B520) UDT : Lettre ouverte de l’UDT à la CISL pour dénoncer les mesures policières organisées par le régime dictatorial pour briser l’activité syndicale à Djibouti. Deux arrestations de syndicalistes

Lettre ouverte adressée par le Secrétaire Général de l’UDT à la CISL, en attendant l’envoi d’une lettre officielle à la CISL et au BIT.

Chers camarades,

Nous avions décidé de réduire le seminaire à deux jours soit le 12 et le 13/10/09.

Le premier jour du seminaire tout s’est bien passé et il n y a eu aucun problème .
Par contre le 13 au matin les forces de l’ordre ont investi, sur ordre du premier investi notre salle de séminaire au palais du peuple et elles ont refoulé tous les participants en arrêtant, dans la foulée deux d’entre nous.

Il s’agit du secretaire général du syndicat d’électricité de Djibouti, le camarade Anouar Mohamed Ali et d’Abdourachid Mohmaed Arreh du syndicat des enseignants. Tous les deux sont membres du bureau exécutif de l’UDT. Ils n’ont été rélachés qu’en fin de matinée apres avoir subi un interogatoire dans les locaux de la brigade criminelle.

Le Secrétaire général, que je suis, fut l’objet de recherches qui se sont poursuivies durant toute la matinée. Parce qu’ils ne m’avaient pas trouvé lorsqu’ils avaient refoulé tout le monde.

Dans l’après-midi la police m’a interdit l’accès au siège de l’UDT disant que l’ordre émanait du premier ministre. Deux policiers ont été affectés devant le siege dy syndicat pour monter la garde et nous interdire l’accès.

Hier également la direction du Sheraton a été également sommée, par la primature, de resilier d’office la réservation que nous avions effectuée aupres d’elle pour tenir notre congrè. Un escadron de la police a eté affecté là-bas pour la surveillance au cas où nous essaierions quand même d’entrer dans la salle de réunion, qui avait été réservée à cet effet.

Face à cette dérive autoritaire, le comité exécutif s’est reuni d’urgence le 13/10/09 dans la soirée. Il a décidé de reporter la tenue du congrès en attendant de clarifier la situation.

Nous allons vous adresser un courrier officiel de l’UDT sur ce qui vient de se passer et sur la suite que nous comptons donner à ces évenements qui nous sont tombés dessus par surprise ?

Le comité executif a décidé d’alerter la CSI d’abord puis le BIT pour porter plainte ensuite.

Rester à notre écoute car nous vous informerons de l’évolution de ces évenements qui ont etonné et pris de court tout le monde syndical et les travailleurs.;

A bientôt

Salutations syndicales

Adan M Abdou
Secrétaire général de L’UDT

20/06/09 (B504) 98ème Conférence de l’OIT à Genève. Compte-rendu 4C. Deuxième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs (Présentation par Hassan Cher Hared)

____________________ 1 – Présentation par Hassan Cher Hared

Malgré plus d’une technique utilisée par le gouvernement Djiboutien pour tromper l’OIT, la commission de vérification des pouvoirs a clairement fait savoir que les syndicats libres et indépendants existaient grâce au courage de certains syndicalistes membres de l’UDT dont ADAN ABDOU est le secrétaire général.

Au cours de la conférence deux personnes se sont faits remarqués, il s’agit de :

Monsieur GEUDI, directeur du travail qui a tenu le propos suivant « ..de représentants d’une intersyndicale qui n’a jamais eu une existence juridique réelle, ..« . A savoir si le propos de Guedi est motivé par une haine personnelle à l’égard de l’existence d’un syndicalisme libre et indépendant à Djibouti ou une incompétence crase?

Dire qu’une organisation est juridiquement inexistante relève de la compétence de la justice et non du ministère du travail. D’ailleurs, la justice maison ne s’est jamais prononcée là dessus. Peut être que Monsieur SAID BARKAD, le ministre de la justice et employeur à la fois, bien connu par les djiboutiens la haine particulière qu’il porte aux syndicats djiboutiens, prépare une plainte dans ce sens!

La deuxième est Monsieur est MOHAMED YOUSSOUF, qui l’année dernière s’est autoproclammé Président de l’UDT avec à l’appui des faux documents portants les signatures falsifiés des membres de l’UDT. Il avait vraiment surpris avec ses documents la conférence qui s’était demandée s’ils ont devant eux un État crédible. C’était une action qui a jeté le doute sur l’état Djiboutien et ses dirigeants.

Cette année, il s’autoproclamme en premier lieu président de l’UGTD et vire de bord quelque temps après pour s’autoproclammer président de l’UDT.

Il n’a pas eu le courage de se présenter devant la commission mais il a trompé Mme Saida, représentante de ABDO SIKIEH (pur produit du gouvernement djibouti) à la conférence, en la mettant dans la gueule du loup sur une affaire dont elle ne maîtrisait pas bien les enjeux.

Comment pouvons nous faire avancer la démocratie à Djibouti quand des personnes d’une certaine âge tel que MOHAMED YOUSSOUF brade les droits des Djiboutiens et l’avenir des futures générations pour quelque milliers de francs Djibouti et un paquet de Khat?

Les manoeuvres de ces hommes vont conduire Djibouti au non retour et l’OIT risque de mettre une croix rouge sur Djibouti au vu de la mise en garde qu’elle a émisse cette année dans le rapport ci-joint.

Hassan Cher Hared
secrétaire aux relations internationales de l’UDT
Genève

_______________ 2 – Compte rendu provisoire 4C –

98e session, Genève, 2009
Rapports sur les pouvoirs
Deuxième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs

Composition de la Conférence

1. Depuis le 5 juin 2009, date à laquelle la Commission de vérification des pouvoirs a adopté son premier rapport (Compte rendu provisoire no 4B), la commission n’a pas reçu de nouveaux pouvoirs. Le nombre d’Etats Membres actuellement représentés à la Conférence internationale du Travail s’élève donc à 167.

2. A ce jour, le nombre total de personnes accréditées à la Conférence s’élève à 4 944 (contre 4 838 en 2008, 4 657 en 2007 et 4 500 en 2006), parmi lesquelles 4 096 se sont inscrites (contre 4 212 en 2008, 4 003 en 2007 et 3 828 en 2006). La liste en annexe contient de plus amples informations sur le nombre de délégués et de conseillers techniques inscrits.

3. La commission souhaite souligner que 172 ministres, vice-ministres et secrétaires d’Etat ont été accrédités à la Conférence.

Suivi

4. La commission a été automatiquement saisie de trois cas, au titre de l’article 26quater du Règlement de la Conférence, en vertu de décisions adoptées par la Conférence à sa 97e session (2008).

Djibouti

5. La Conférence, à sa 97e session (2008), a décidé de renouveler les mesures de suivi concernant Djibouti (Compte rendu provisoire no 20, 2008) et a ainsi demandé au gouvernement de soumettre à la 98e session de la Conférence (2009), en même temps que la présentation des pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé et étayé de documents pertinents sur la procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs et ses conseillers techniques, indiquant notamment les organisations qui auront été consultées à ce sujet et selon quels critères, la date et le lieu de ces consultations, ainsi que les noms des personnes désignées par ces organisations au terme de ces consultations.

Cette demande a été faite sur la base d’une proposition de la Commission de vérification des pouvoirs qui, à l’unanimité, a estimé que la procédure relative à la composition de la délégation des travailleurs de Djibouti à la Conférence devait faire l’objet d’un nouveau suivi en vertu des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence.

Le Bureau a rappelé au gouvernement cette demande de la Conférence par une lettre en date du 2 juin 2009 signée par le directeur exécutif du Secteur des normes et des principes et droit fondamentaux au travail.

6. Malgré ce rappel, le gouvernement n’a pas présenté le rapport demandé par la Conférence. Les éclaircissements demandés par la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement par M. Guedi Absieh Houssein, directeur du travail et délégué gouvernemental à la Conférence, accompagné de Mme Aicha Hassan Mohamed, cheffe du Service du travail et conseillère technique du gouvernement à la Conférence. Il a indiqué que son gouvernement n’avait pas fourni le rapport détaillé demandé par la commission du fait qu’il estimait que le gouvernement avait déjà fourni un rapport écrit et s’était expliqué devant la commission l’année passée.

7. Une fois encore, la commission déplore profondément le manque de coopération des autorités gouvernementales, d’autant plus que, cette année encore, la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence fait l’objet d’une protestation concernant la désignation des représentants des travailleurs (voir paragr. 43 à 56). Le dépôt récurrent de protestations à chaque session de la Conférence indique que la procédure de désignation de la délégation ne se déroule pas de manière satisfaisante pour les représentants des travailleurs.

La commission rappelle que la désignation de la délégation des travailleurs devrait être effectuée en accord avec les organisations de travailleurs les plus représentatives, sur la base de critères vérifiables et objectifs préétablis, et d’une manière qui respecte la capacité des organisations de travailleurs d’agir en toute indépendance par rapport au gouvernement. La commission est particulièrement préoccupée par le fait qu’elle n’a pas eu connaissance d’éléments susceptibles de montrer un quelconque progrès en la matière, la communication orale du représentant du gouvernement se bornant à indiquer que la méthode de désignation des représentants des partenaires sociaux à la Conférence est demeurée inchangée.

En outre, la commission souhaite souligner qu’il est du devoir du gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour évaluer le caractère représentatif des différentes organisations et qu’il a l’obligation de consulter toutes les organisations les plus représentatives aux termes de l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.

8. A la lumière de ce qui précède et de ses conclusions au sujet de la protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti (voir paragr. 50-56), la commission propose à la Conférence, en vertu des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la Conférence, de demander à nouveau au gouvernement de Djibouti de soumettre, pour la prochaine session de la Conférence, en même temps que la présentation des pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé et étayé de documents pertinents sur la procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs et ses conseilleurs techniques, indiquant notamment les organisations qui auront été consultées à ce sujet et selon quels critères, la date et le lieu de ces consultations, ainsi que les noms des personnes désignées par ces organisations au terme de ces consultations. La commission exhorte le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires selon les principes rappelés ci-dessus pour désigner une délégation tripartite à la Conférence en conformité avec les dispositions de l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.

Protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti

43. La commission a été saisie d’une communication concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti, présentée par MM. Adan Mohamed Abdou, secrétaire général de l’Union Djiboutienne du travail (UDT), et Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs Djiboutiens (UGTD). La protestation allègue que, depuis 1997, les personnes désignées pour représenter les syndicats à la Conférence n’en ont jamais eu la qualité. S’agissant de la délégation des travailleurs présente à cette session de la Conférence, les auteurs de la protestation indiquent que Mme Saida Mohamed Moussa, représentante de l’UGTD, n’appartient pas au mouvement syndical, et que M. Mohamed Youssouf Mohamed, présenté comme président de l’UDT, n’en a jamais eu la qualité.

Par ailleurs, ils ont observé que le gouvernement n’a jamais donné suite aux décisions des organes de contrôle de l’OIT, aux recommandations d’une mission de contacts directs de 2008 qui s’est rendue sur place ou à celles de la Commission de vérification des pouvoirs. Partant, ils ont demandé à la commission de prendre une décision effective et définitive à l’égard du gouvernement concernant le suivi du cas.

44. Dans une communication écrite adressée à la commission en réponse à sa demande, le gouvernement a indiqué ne pas être enclin à donner suite à une protestation récurrente depuis 1995 dont le contenu est invariable, et émanant de représentants d’une intersyndicale qui n’a jamais eu une existence juridique réelle, qui de surcroît n’ont jamais apporté à la commission la preuve de leur qualité de représentants des travailleurs djiboutiens et l’utilisent à des fins de propagande. Le gouvernement s’est borné à renvoyer à ses réponses définies dans les correspondances adressées à la commission lors des sessions précédentes et lui a demandé d’interroger les représentants des travailleurs quant à la question de leur désignation dans la délégation de Djibouti à la Conférence.

45. Les éclaircissements demandés par la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement par M. Guedi Absieh Houssein, directeur du travail et délégué gouvernemental à la Conférence. Il était accompagné de Mme Aicha Hassan Mohamed, cheffe du Service du travail et conseillère technique du gouvernement à la Conférence. Confirmant que la méthode de désignation des délégués des partenaires sociaux de cette année est demeurée la même que l’année dernière, il a rappelé que lorsque le gouvernement reçoit l’invitation du Directeur général du BIT pour participer à la Conférence, ce dernier saisit les organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs en leur demandant de désigner leurs représentants.

Le gouvernement se contente d’intégrer les personnes nommées dans la délégation de Djibouti. M. Absieh Houssein a estimé ne pas être en mesure de présenter davantage d’information sur une méthode de désignation qui, à ses yeux, présente toutes les garanties de neutralité. Il a précisé que le fait que les lettres sont adressées au président pour une centrale syndicale et au secrétaire général pour l’autre centrale syndicale relève simplement de la structure interne des organisations concernées qui désignent elles-mêmes les destinataires des communications du gouvernement.

46. Le gouvernement a estimé que la protestation dont la commission est saisie émanait d’un individu, M. Mohamed Abdou, que la commission a longuement entendu l’année passée. Au nom de la non-ingérence dans les affaires internes des syndicats, M. Absieh Houssein a estimé ne pas être en position de répondre aux questions concernant la structure interne de l’UDT et a renvoyé la commission à la délégation des travailleurs présents à la Conférence. Le gouvernement a indiqué que la question du choix des représentants des centrales syndicales ne se pose pas seulement pour leur désignation à la Conférence, mais aussi au niveau national, par exemple au sein du Conseil national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, organe tripartite récemment constitué où les représentants des centrales syndicales sont largement représentés (trois pour chaque centrale syndicale).

Par ailleurs, si le Code du travail de 2006 prévoit en effet la tenue d’élections générales sur la représentativité syndicale, le gouvernement admet que ces élections n’ont pas encore été tenues car les efforts se sont plutôt concentrés dernièrement sur le renouvellement des conventions collectives et la mise en place du conseil national précité. Cependant, le gouvernement a assuré que les élections se tiendront prochainement et permettront de sortir de l’incertitude actuelle quant à la représentativité des deux centrales syndicales. En conclusion, le gouvernement a renouvelé sa requête pour une assistance de la commission et du Bureau concernant la meilleure façon de désigner les représentants des travailleurs à la Conférence.

47. M. Mohamed Abdou a fourni oralement des éclaircissements à la commission à sa demande. Il était accompagné de M. Hassan Cher Hared, secrétaire aux relations internationales de l’UDT. Il a indiqué que le gouvernement s’évertue depuis 1997 à désigner dans la délégation de Djibouti des personnes qui ne représentent pas les travailleurs.

Le gouvernement a pris l’habitude de ne pas respecter la Constitution de l’OIT ni ses règlements, ni les décisions de ses organes de contrôle. Cette année, le gouvernement a désigné M. Youssouf Mohamed une nouvelle fois dans la délégation en tant que représentant de l’UDT. Or M. Mohamed Abdou a rappelé qu’il avait déjà indiqué à la commission l’année dernière dans le cadre d’une protestation sur la qualité de cette même personne que M. Youssouf Mohamed n’a jamais été élu président de l’UDT. Si ce dernier était bien le président de l’organisation «clone» de l’UDT créée en 1999 par un pseudo-congrès convoqué par le gouvernement, en 2002 il avait été coopté en tant que vice-président de la véritable UDT afin de mettre un terme à la scission.

En mai 2008, il a été suspendu de ses fonctions de vice-président par le comité exécutif de l’UDT pour s’être autoproclamé président de l’organisation à la demande du gouvernement alors que cette fonction est vacante depuis le départ de M. Ahmed Djama Egeh, dernier président de l’UDT. M. Cher Hared a précisé que M. Youssouf Mohamed n’exerce, de surcroît, aucune fonction de représentant d’un syndicat de base à Djibouti et n’occupe aucun bureau ou local.

En outre, les autorités gouvernementales auraient instruit les services postaux de
diriger le courrier adressé à l’UDT à M. Youssouf Mohamed mais auraient reculé face au tollé soulevé et au refus du syndicat de la poste, affilié à l’UDT. Par ailleurs, M. Mohamed Abdou a indiqué que Mme Mohamed Moussa, désignée comme représentante de l’UGTD à la présente session de la Conférence, n’a pas été désignée par cette organisation car elle était inconnue du mouvement syndical djiboutien.

Cette dernière est présentée par M. Cher Hared comme membre d’une organisation de quartier et du parti politique en place. M. Mohamed Abdou a fait valoir que ces nouvelles désignations montrent une nouvelle fois une attitude arrogante du gouvernement non seulement vis-à-vis des organisations syndicales Djiboutiennes véritablement représentatives, mais également vis-à-vis de l’OIT dont il est Membre mais dont il ignore toutes les décisions prises par ses organes depuis une décennie.

48. M. Mohamed Abdou a rappelé que, suite à la recommandation faite au gouvernement par la mission de contacts directs qui s’est rendue à Djibouti en janvier 2008 d’inclure un représentant de l’UDT dans la délégation de Djibouti à la Conférence, la Confédération syndicale internationale (CSI) a saisi le Président de la République de la nécessité d’inclure le secrétaire général de l’UDT dans la délégation, dans la mesure où elle est la centrale syndicale la plus représentative à Djibouti. Seulement, selon M. Mohamed Abdou, les autorités gouvernementales considèrent la CSI comme une organisation subversive.

M. Mohamed Abdou a fait état, à titre d’exemple, d’une mission de la CSI refoulée à l’aéroport de Djibouti en 2006 et plus récemment de l’annulation par le gouvernement d’une activité sur le travail décent à laquelle devait participer la CSI, activité qui a finalement été organisée dans un pays voisin. Outre le refus de donner suite de manière adéquate à la recommandation de la mission de contacts directs sur la représentation des travailleurs à la Conférence, le gouvernement a ignoré l’ensemble des recommandations formulées par la mission, notamment s’agissant de la révision de plusieurs dispositions du Code du travail de 2006, de la réintégration des travailleurs licenciés en 1995 après une grève ou encore de la composition du Conseil national du travail, de l’emploi et de la
formation professionnelle, où ne siègent que les représentants de l’organisation «clone» de l’UGTD et M. Youssouf Mohamed et ses acolytes, l’UDT reste exclue de cet organe.

En conclusion, M. Mohamed Abdou a demandé l’invalidation des pouvoirs des représentants des travailleurs de Djibouti comme seule réponse à même d’ébranler l’attitude arrogante du gouvernement vis-à-vis de l’OIT et des organisations syndicales.

49. Des éclaircissements ont également été fournis oralement à la commission à sa demande par Mme Moussa Mohamed, déléguée des travailleurs à la Conférence. Elle a indiqué exercer les fonctions de secrétaire aux relations féminines depuis 2007 au sein de l’UGTD et être en même temps membre d’un syndicat de banque.

Elle a également fourni à la commission des informations sur les activités syndicales auxquelles elle a participé dans sa fonction. Le secrétaire général de l’UGTD l’a désignée pour représenter l’organisation à la Conférence. Elle a dit ne pas connaître les auteurs de la protestation. Elle a indiqué que l’UGTD compte huit syndicats affiliés mais n’a pas été en mesure de donner des indications sur le nombre total de membres de l’organisation.

50. La commission observe que, de 1997 à 2008, elle a examiné des protestations relatives à la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti à huit reprises. Alors qu’elle doit à nouveau examiner une protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs cette année, la commission ne peut que noter avec regret l’absence manifeste de progrès.

51. La commission rappelle que, l’année dernière, elle avait déjà été saisie d’une protestation concernant la désignation de M. Youssouf Mohamed à la Conférence en tant que représentant de l’UDT ainsi que sa fonction au sein de l’organisation.

Elle avait notamment eu à connaître de pièces dont l’authenticité lui semblait fortement mise en cause.

Elle en avait d’ailleurs conclu que les éléments dont elle disposait indiquaient que le représentant de l’UDT à la Conférence n’avait pas été choisi en toute indépendance par rapport au gouvernement. La commission note que, cette année encore, M. Youssouf Mohamed a été désigné à la Conférence en tant que représentant de l’UDT et que, de nouveau, cette qualité lui est contestée.

Tenant compte du caractère particulièrement laconique des informations fournies par le gouvernement et de la confirmation que ce dernier a eu recours à la même procédure de désignation des représentants des travailleurs, la commission considère qu’elle ne dispose d’aucun élément nouveau susceptible de lever les interrogations qu’elle formulait l’année dernière.

La commission émet donc de nouveau de sérieux doutes quant au caractère réellement indépendant de la désignation du représentant de l’UDT à la présente session de la Conférence. De manière générale, la commission observe qu’il ressort de tous les éléments d’information à sa disposition, notamment des recommandations des organes de contrôle de l’OIT depuis une décennie, des rapports des missions de contacts directs qui se sont rendues à Djibouti et d’autres sources concordantes, que l’existence de l’UDT, dirigée par M. Mohamed Abdou, dans le mouvement syndical de Djibouti est une réalité.

La commission a eu confirmation que, comme indiqué dans son rapport, la mission de contacts directs de janvier 2008 a rencontré M. Mohamed Abdou en qualité de secrétaire général de l’UDT et plus haut responsable de l’organisation.

La commission note aussi que la présidence de l’UDT n’a été mentionnée, même du côté des autorités gouvernementales, que pour évoquer M. Djama Egeh qui n’en exerce plus la fonction (voir cas no 2450 du Comité de la liberté syndicale, 351e rapport, annexe). Aussi, la commission considère que le choix du gouvernement de s’adresser au président de l’UDT pour la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence depuis 2008 soulève des interrogations et que les explications fournies par le gouvernement ne sont pas de nature à lever les doutes quant au caractère authentique de cette consultation au sens de la Constitution de l’OIT.

La commission conclut, au vu des informations dont elle dispose, que la désignation du représentant de l’UDT à la Conférence devrait se faire en consultation avec l’organisation telle que dirigée actuellement par M. Mohamed Abdou en tant que secrétaire général. La commission veut croire que le gouvernement veillera à ce que la désignation du représentant de l’UDT aux futures sessions de la Conférence s’effectue de façon pleinement conforme à ses recommandations et à l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.

52. S’agissant de la représentante de l’UGTD à la Conférence, Mme Moussa Mohamed, la commission note les explications fournies oralement par cette dernière sur sa fonction au sein de l’organisation. Elle s’étonne de son incapacité à donner des indications sur le nombre de membres de l’UGTD. La commission n’a pas été convaincue que Mme Moussa Mohamed occupe une fonction importante dans une organisation de travailleurs majeure qui justifierait sa désignation comme déléguée des travailleurs de Djibouti.

53. La commission conclut par conséquent que le gouvernement n’a pas rempli ses obligations conformément à l’article 3 de la Constitution puisqu’il n’a pas nommé de délégués travailleurs représentant les travailleurs de Djibouti en accord avec les organisations de travailleurs les plus représentatives. Elle a de sérieux doutes sur le caractère representative de la délégation des travailleurs à la Conférence cette année. La conséquence pourrait
être de proposer à la Conférence l’invalidation des pouvoirs de la délégation des travailleurs de Djibouti.

54. La commission observe toutefois que la protestation soulève des questions qui vont au-delà de celles qui concernent exclusivement la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence. Certaines font l’objet d’examen par les différents organes de contrôle de l’OIT et ont trait au non-respect des principes de la liberté syndicale dans le pays et à des actes d’ingérence du gouvernement dans les activités des syndicats.

Partant, et regrettant l’absence totale de progrès malgré les attentes soulevées par les recommandations de la mission de contacts directs de janvier 2008 et l’espoir qu’elle exprimait l’année dernière, la commission exhorte le gouvernement à garantir dans les meilleurs délais la mise en place de critères objectifs et transparents aux fins de la désignation des représentants des travailleurs aux futures sessions de la Conférence.

A cette fin, elle s’attend à ce que la détermination de ces critères puisse enfin se faire en pleine consultation de toutes les parties concernées, notamment les véritables organisations de travailleurs à Djibouti incluant l’UDT dont le secrétaire général actuel est M. Mohamed Abdou, et dans un cadre qui respecte pleinement la capacité d’agir des organisations de travailleurs, en totale indépendance par rapport au gouvernement, conformément aux dispositions des conventions (no 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948, et (no 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective, 1949.

55. La commission exprime sa profonde préoccupation devant la méconnaissance persistante par le gouvernement de ses obligations au titre de la Constitution. Elle regrette vivement le manque de coopération des autorités gouvernementales et fait part de sa préoccupation devant le peu d’empressement du représentant du gouvernement à fournir les informations demandées.

Cependant, la commission estime que le problème ne se résume pas uniquement à une absence totale de bonne volonté de la part du gouvernement pour améliorer la situation, mais également à un manque d’engagement vis-à-vis des principes et obligations découlant de sa qualité de Membre de l’OIT.

S’agissant de la volonté du gouvernement d’améliorer la situation, cette décision lui appartient seul.

Néanmoins, le Bureau aura aussi un rôle à jouer afin de clarifier la portée exacte des obligations découlant de la Constitution. La commission exhorte le gouvernement à recourir à l’assistance technique du Bureau pour surmonter toutes les difficultés liées au respect de la liberté syndicale dans le pays, y compris pour la désignation afin de permettre à Djibouti de participer à la Conférence dans le strict respect de la Constitution de l’OIT.

56. Compte tenu de ce qui précède, la commission décide de ne pas recommander l’invalidation des pouvoirs de la délégation des travailleurs de Djibouti cette année, étant entendu qu’à l’avenir elle fera assurément une telle proposition si elle estime que le gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires pour se conformer à ses obligations constitutionnelles.

14/06/09 (B503) Le Gouvernement de Guelleh est obligé « d’avaler sa cravate » : les syndicats libres du pays, en dépit de la répression dictatoriale, sont représentés officiellement à la Conférence internationale du travail à Genève.

Malgré la répression constante et inhumaine du gouvernement djiboutien sur les syndicalistes, les travailleurs Djiboutiens se font représenter à la 98ème conférence internationale du travail qui a lieu du 02 juin au 19 juin 2009 à Genève par leurs représentants légaux et légitimes.

Deux représentants de l’UDT étaient au rendez-vous. Il s’agit de monsieur ADAN MOHAMED ABDOU, secrétaire général de l’UDT et de monsieur HASSAN CHER HARED, secrétaire aux relations internationales de l’UDT.

01/06/09 (B501) Les syndicats libres et indépendants, UDT et UGTD, condamnés à intervenir dans une « semi clandestinité » à Djibouti, déposent plainte devant le comité directeur de la 98ème Conférence de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui se tiendra à Genève du 2 au 19 juin 2009, pour usurpation de « mandats syndicaux ».

L’INTERSYNDICALE UDT / UGTD

Union Djiboutienne du Travail
B.P : 2767
Tél : 253 82 39 79 / 35 65 32
Fax : 253 35 50 84 / 35 65 32
E-mail : udt_djibouti@yahoo.fr
Pays : République de Djibouti
Région : Est Afrique

Union Générale
des Travailleurs Djiboutiens

B.P : 3886
Tél : 253 83 22 22
Fax : 253 42 21 93
E-mail : ugtd_djibouti@yahoo.fr
Pays : République de Djibouti
Région : Est Afrique

Vendredi 29 mai 2009

à
M. Juan Somavia

Directeur général
Bureau International du Travail
Genève – Route des Morillons, 4
CH- 1211 Genève – SUISSE

Objet : Commission de vérification
des pouvoirs de la 98e conférence
de l’OIT à Genève du 02 juin au
19 juin 2009.

Monsieur le Directeur général,

Les seules et uniques centrales syndicales de la république de Djibouti, l’UDT et l’UGTD, libres et indépendantes, soumettent par la présente une plainte à la commission de vérification des pouvoirs de la 98e conférence de l’OIT qui aura lieu à Genève du 02 juin au 19 juin 2009 contre le gouvernement de Djibouti pour violation patente des paragraphes 5,8 et 9 de l’article 3 de la constitution de l’OIT.

Le gouvernement de Djibouti a sans cesse, et depuis 1997, présentait à chaque fois aux conférences de l’OIT des individus justifiés comme des syndicalistes mais qui sont en réalité que des amis ou cousins invités à passer leurs vacances à Genève.

Les preuves tangibles suivantes confirment nos allégations:

– à chaque plainte que nous avions formulé devant la commission de vérification des pouvoirs de la conférence de l’OIT, c’est toujours les représentants du gouvernement qui ses sont mandatés pour répondre à l’observation de la commission à la place des vacanciers qualifiés des syndicalistes ;

– depuis septembre 1995 jusqu’à nos jours, suite à la répression constante et consistante du gouvernement, les syndicalistes sont réduits à oeuvrer dans la semi clandestinité ce qui peut se lire dans l’inquiétude et l’urgence mentionnés dans les 320e (traitant les cas n° 1851, 1922 et 2042), 342e (traitant les cas n°2450) et 344e (traitant les cas n° 2471) rapports du comité de la liberté syndicale du BIT, etc.

– le gouvernement n’a jamais pris en considération les recommandations de l’article 22 de la constitution de l’OIT, plus grave encore le nouveau code du travail concocté unilatéralement par le gouvernement interdit et définit les syndicalismes libres et indépendants de faute lourdes punissables par la loi (observations de la CISL et de l’UDT soumis à la commission d’expert du BIT sur l’application desconventions et recommandations le 31 août 2006) ;

– les engagements du gouvernement djiboutien formulés au cours de la mission tripartite du BIT à Djibouti sont restés lettre morte,

– etc.…

Au vu de ces qui précédent et au vu des engagements sans suite du ministère de l’emploi et de la solidarité nationale de Djibouti (cf. : compte rendu provisoire 6C de la 92e session de la conférence de 2004, compte rendu provisoire 4D de la 93e session de la conférence de 2005, compte rendu provisoire 5C de la 95e session de la conférence de 2006, compte rendu provisoire de la 96e session de la conférence de 2007), de l’appel du 98e conférence international du travail de l’OIT en 2008, nous sollicitons à la commission une décision effective et définitive à l’égard du gouvernement de Djibouti.

Je vous saurai gré de transmettre la présente plainte à la commission de vérification des pouvoirs de la 98e conférence de l’OIT à Genève du 02 juin au 19 juin 2009.

Nous vous en remerciant d’avance et vous prions d’agréer nos salutations respectueuses.

Ps : les syndicats libres et indépendants Djiboutiens se feront représentés à la 98e CIT par Adan MOHAMED ABDOU, secrétaire
général de l’UDT, Hassan CHER HARED, secrétaire aux relations internationales de l’UDT et Souleiman AHMED, secrétaire
général adjoint de l’UDT.

_________________ Courrier de l’ITUC confirmant l’accréditation
des syndicats djiboutiens libres.


_________________________________ Extrait liste accréditation


13/12/08 (B478) Communiqué de l’UDT au sujet d’une employée du Sheraton, victime d’une suspension arbitraire de son travail, qui est l’épouse d’un syndicaliste contraint par le régime à quitter le pays, pour mettre un terme aux harcèlements dont il était l’objet. Affaire à suivre

Nous venons d’apprendre que madame AICHA KAYAD, employé à l’Hôtel Sheraton de Djibouti, est suspendue de son travail depuis le 1er décembre 2008.

La décision de suspension est toujours à l’état verbal et la direction n’avance aucun motif valable ni sérieux qui peut expliquer une telle violation des droits de travailleurs.

Et d’après la victime, la réponse de la direction du Sheraton Djibouti se résume par la simple phrase suivante : « nous exécutons un ordre ».

Cette travailleuse n’est pas la première à être sous le coup d’une décision administrative arbitraire qui va à l’encontre des plusieurs instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux, tels que: le code du travail de Djibouti, les conventions internationaux de l’OIT, la déclaration universelle de droits de l’homme, etc.

Mais la particularité de la présente situation est que l’employée en question n’est autre que l’épouse de notre camarade, monsieur HASSAN CHER HARED, secrétaire aux relations internationales de l’UDT.

C’est un acte vil qui met au grand jour la cruauté du gouvernement Djiboutien et qui démontre une fois de plus la répression constante et consistante dont les défenseurs des droits de l’homme, leurs famille ainsi que leurs proches sont régulièrement soumis.

Cependant, l’UDT et tous ses affiliés appellent à la direction de l’hôtel Sheraton Djibouti à revenir de sa décision de suspension abusive et recommande le gouvernement Djiboutien d’entreprendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à la répression brutale sans borne engagée, depuis plus d’une décennie, à l’égard des défenseurs des droits de l’homme.

Dans le cas contraire nous serons amenés à saisir les organisations et institutions régionaux et internationaux dont l’affaire précitée rentre dans leur cadre d’activité.

15/06/08 (B452) 97ème Conférence du Travail (OIT) à Genève – Le rapport provisoire 4C qui dénonce les manoeuvres dilatoires de Guelleh et de ses sbires et les non-respect des engagements pris dans le passé. Extraits concernant Djibouti, envoyés par notre correspondant sur place.

Conférence internationale du Travail
Compte rendu provisoire 4C

97e session, Genève, 2008

Rapports sur les pouvoirs
Deuxième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs

Composition de la Conférence

1. Depuis le 30 mai 2008, date à laquelle la Commission de vérification des pouvoirs a adopté son premier rapport (Compte rendu provisoire no 4B), la commission n’a pas reçu de nouveaux pouvoirs. Le nombre d’Etats Membres actuellement représentés à la Conférence internationale du Travail s’élève donc à 168. En ce qui concerne les Etats accrédités sans droit de vote mentionnés au paragraphe 14 du premier rapport, la République islamique d’Iran, la République démocratique du Congo, le Tchad, le Togo et Vanuatu ont récupéré le droit de vote.

2. La commission observe que, parmi les cinq Etats Membres mentionnés au paragraphe 21 de son premier rapport, seuls l’Afghanistan et Djibouti ont répondu à la demande d’informations relatives aux organisations et aux fonctions de chacun des membres des délégations des employeurs et des travailleurs, tandis que la Guinée, la Guinée-Bissau et les Philippines ne l’ont pas fait, ce que la commission regrette.

3. A ce jour, le nombre total de personnes accréditées à la Conférence s’élève à 4 838 (contre 4 657 en 2007 et 4 315 en 2005), parmi lesquelles 4 212 se sont inscrites (contre 4 003 en 2007, 3 828 en 2006 et 3 842 en 2005). La liste en annexe contient de plus amples informations sur le nombre de délégués et de conseillers
techniques inscrits.

4. La commission souhaite souligner que 170 ministres ou vice-ministres ont été accrédités à la Conférence.

Suivi

5. En vertu de décisions adoptées par la Conférence à sa 96e session (2007), la commission a été automatiquement saisie de trois cas, au titre de l’article 26quater, relatif au suivi, des Dispositions provisoires du Règlement de la Conférence en matière de vérification des pouvoirs (rapport de la Commission du Règlement, 92e session, 2004, CIT, Compte rendu provisoire no 16).

Djibouti

11. La Conférence, à sa 96e session (2007), a décidé de renouveler les mesures de suivi concernant Djibouti (Compte rendu provisoire no 25, 2007) et a ainsi invité le gouvernement à soumettre à la 97e session de la Conférence (2008), en même temps que la présentation des pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé et étayé de documents pertinents sur la procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs et ses conseilleurs techniques, indiquant notamment les organisations qui auront été consultées à ce sujet et selon quels critères, la date et le lieu des consultations, ainsi que les noms des personnes désignées par les organisations en question au terme de ces consultations.

Cette demande a été faite sur la base d’une proposition de la Commission de vérification des pouvoirs (Compte rendu provisoire no 4C, 2007) qui, à l’unanimité, a estimé que la procédure relative à la composition de la délégation des travailleurs de Djibouti à la Conférence devait faire l’objet d’un nouveau suivi en vertu des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, des Dispositions provisoires du Règlement de la Conférence en matière de vérification des pouvoirs.

Le Bureau international du Travail a également rappelé au gouvernement cette demande de la Conférence par une lettre datée du 15 mai 2008. Un autre rappel a été adressé au nom de la commission le 28 mai 2008.

12. Malgré ces rappels, le gouvernement n’a pas présenté le rapport demandé par la Conférence.

En guise de rapport, il a fourni la copie de lettres dans lesquelles le Directeur du travail et des relations avec les partenaires sociaux demande respectivement au Président de l’Association des employeurs de Djibouti, à celui de l’Union djiboutienne du travail (UDT) et au Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs djiboutiens (UGTD) de désigner leurs représentants à la présente session de la Conférence et de lui communiquer leurs noms avant le 20 avril 2008. Le gouvernement a aussi fourni la réponse de ces organisations.

13. La commission note que le gouvernement s’est limité à lui adresser une copie des lettres échangées entre le Directeur du travail, d’une part, et l’Association des employeurs de Djibouti, l’UGTD et l’UDT, d’autre part, aux fins de la désignation des délégués de ces dernières à la Conférence. La commission note que ces lettres, à l’évidence, ne sauraient faire office de rapport au sens des dispositions de l’article 26bis, paragraphe 7, des Dispositions provisoires du Règlement de la Conférence.

Une fois de plus, elle déplore vivement l’absence de coopération des autorités gouvernementales, d’autant plus que, cette année encore, la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence fait l’objet d’une protestation concernant la légitimité des représentants des travailleurs accrédités (voir infra paragr. 25 à 37).

A la lumière de ce qui précède et au vu des problèmes récurrents qui affectent le mouvement syndical dans le pays, la commission propose à la Conférence, en vertu des dispositions précitées, de demander à nouveau au gouvernement de Djibouti de soumettre, pour la prochaine session de la Conférence, en même temps que la présentation des pouvoirs de la délégation de Djibouti, un rapport détaillé et étayé de documents pertinents sur la procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs et ses conseilleurs techniques, indiquant notamment les organisations qui auront été consultées à ce sujet et selon quels critères, la date et le lieu de ces consultations, ainsi que les noms des personnes désignées par ces organisations au terme de ces consultations.

La commission s’attend à ce que le gouvernement désigne la délégation tripartite de Djibouti à la Conférence en conformité avec les dispositions de l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.

Protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti

25. La commission a été saisie d’une protestation concernant la désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti, présentée par MM. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire général de l’Union djiboutienne du travail (UDT), et Kamil Diraneh Hared, Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs djiboutiens (UGTD).

Les auteurs de la protestation allèguent que, en dépit de ses engagements pris devant la commission en 2006 et de l’accord intervenu sous l’égide de la mission de contacts directs de l’OIT qui s’est rendue à Djibouti en janvier 2008, le gouvernement continue à désigner à la Conférence des personnes qui ne représentent pas les syndicats. Ils demandent l’invalidation des pouvoirs de la délégation des travailleurs.

26. Par une communication additionnelle, les auteurs de la protestation allèguent que le conseiller technique des travailleurs, M. Mohamed Youssouf Mohamed, utilise abusivement l’en-tête de l’UDT avec de fausses signatures sur ordre du gouvernement.

Ils précisent que l’Intersyndicale UDT/UGTD a désigné, à cette session de la Conférence, MM. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire général de l’UDT, et Hassan Cher Hared, Secrétaire aux relations internationales de l’UDT. Ces derniers ne sont pas accrédités à la Conférence dans la délégation de Djibouti et leur présence est assurée grâce à l’appui de la Confédération syndicale internationale (CSI).

27. Ayant pris connaissance de pièces selon lesquelles M. Adan Mohamed Abdou aurait été démis de ses fonctions syndicales, la commission lui a demandé de faire parvenir ses observations à cet égard.

En réponse à cette demande, l’intéressé affirme que les documents relatifs à la suspension de ses fonctions de secrétaire général – dont il a pris connaissance à son arrivée à la Conférence – sont des faux, signés par le soi-disant président de l’UDT, M. Mohamed Youssouf Mohamed, qui n’est autre qu’un ancien dirigeant du syndicat clone de l’UDT spécialement créé en 1999 par le gouvernement pour nuire à l’Intersyndicale UDT/UGTD, qui regroupe les deux centrales syndicales légitimes.

La réunion extraordinaire du bureau exécutif dont il est fait mention dans lesdits documents n’a jamais eu lieu et bon nombre des personnes signataires de ces documents sont inconnues à l’UDT comme dans le monde syndical djiboutien.

Selon lui, le gouvernement cherche à faire obstacle à la normalisation de la situation à Djibouti et à la mise en oeuvre des derniers accords tripartites mentionnés dans le rapport de la mission de contacts directs de janvier 2008.

28. Dans une communication écrite adressée à la commission en réponse à sa demande, le gouvernement s’est limité à fournir des informations générales sur les modalités de désignation des délégués, accompagnées des communications échangées à cette fin entre le gouvernement, d’une part, et l’Association des employeurs de Djibouti, l’UDT et l’UGTD, d’autre part.

29. Les éclaircissements demandés par la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement par M. Guedi Absieh Houssein, Directeur du travail et des relations avec les partenaires sociaux et conseiller technique à la Conférence. Il était accompagné de M. Djama Mahamoud Ali, Conseiller auprès de la mission permanente à Genève et conseiller technique à la Conférence.

M. Houssein a indiqué que, dans la mesure où il n’y avait pas eu d’élections sociales dans le pays depuis longtemps, il ne pouvait pas fournir d’éléments sur l’importance numérique de l’UDT et de l’UGTD. Il a en revanche souligné que les deux centrales étaient bien reconnues par le gouvernement, contrairement à l’Intersyndicale UDT/UGTD.

Il a insisté sur le fait que la désignation des membres de la délégation des travailleurs répondait à la recommandation de la mission de contacts directs de janvier 2008 d’inclure l’UDT dans la délégation de Djibouti pour la présente session de la Conférence, dans l’attente de l’organisation d’élections sociales.

Quant à la présence de M. Mohamed Youssouf Mohamed dans la délégation des travailleurs, il a été indiqué que la nomination de ce dernier était le résultat de la procédure de consultation écrite habituellement utilisée et que le gouvernement n’avait fait que prendre acte du nom communiqué par lui même en tant que président de l’UDT.

M. Mohamed Youssouf Mohamed avait bien rencontré les membres de la mission de contacts directs en cette qualité et si son nom n’apparaissait pas dans le rapport de la mission il devait vraisemblablement s’agir d’un oubli.

M. Houssein a indiqué qu’il n’était pas au courant des responsabilités syndicales actuelles de M. Adan Mohamed Abdou. Néanmoins, il a dit avoir eu connaissance des documents relatifs à la suspension de ce dernier de ses fonctions de secrétaire général, tout en rappelant qu’il ne lui appartenait pas de les commenter, au nom du principe de non-ingérence dans les affaires syndicales.

30. M. Adan Mohamed Abdou a fourni oralement des éclaircissements à la commission en réponse à sa demande.

Il était accompagné de M. Hassan Cher Hared, Secrétaire aux relations internationales de l’UDT. Il a indiqué que l’UDT avait été constituée en 1992, à la suite d’une scission au sein de l’UGTD, et qu’elle avait bénéficié d’une reconnaissance internationale dès 1994. Il en est le secrétaire général depuis l’origine. Il a déclaré être un simple membre d’un parti politique appartenant à l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) et que l’incompatibilité entre l’exercice d’un mandat syndical et d’un mandat politique telle que prévue par le nouveau Code du travail était appliquée de manière sélective uniquement à l’encontre de l’UDT.

Il a rappelé que l’Intersyndicale UDT/UGTD avait été créée en 1995 à l’occasion d’une grève générale et qu’elle avait continué à mener des activités jusqu’à ce jour. L’Intersyndicale, reconnue par le gouvernement jusqu’en 1999, est représentée par deux coprésidents, issus chacun de l’UDT et de l’UGTD, et M. Adan Mohamed Abdou en est le porte-parole.

M. Hassan Cher Hared a précisé que l’Intersyndicale n’avait pas de personnalité juridique propre et que les deux centrales avaient conservé leur statut juridique. Il a été indiqué que M. Mohamed Youssouf Mohamed avait été nommé président de l’UDT «clone» en 1999 à la suite d’un Congrès convoqué par le gouvernement.

Par la suite, la véritable UDT lui a offert la vice-présidence afin de mettre un terme à la scission, mais il a été démis de ses fonctions en mai 2008. S’agissant des documents produits relatifs à la suspension de ses fonctions de secrétaire général de l’UDT, M. Adan Mohamed Abdou, en présentant le statut de l’organisation, a affirmé que la réunion extraordinaire en question du Bureau exécutif de l’UDT n’avait jamais eu lieu et que le président de l’UDT n’avait pas compétence pour convoquer une telle réunion, ce pouvoir revenant au secrétaire général.

Il a aussi fait savoir que M. Mohamed Youssouf Mohamed n’avait pas rencontré la mission de contacts directs et que les membres de la délégation des travailleurs à la présente session de la Conférence avaient été désignés par le gouvernement sans consultation aucune.

31. M. Mohamed Youssouf Mohamed, conseiller technique des travailleurs à la Conférence, a également été entendu par la commission. Il a déclaré avoir reçu, en qualité de président de l’UDT, la mission de contacts directs de janvier 2008 au siège des syndicats des travailleurs du secteur de l’électricité. Son nom aurait donc dû figurer dans le rapport de la mission qui a réservé une large place à M. Adan Mohamed Abdou, alors qu’il s’exprimait au nom de l’Intersyndicale et non pas au nom de l’UDT. Toutefois l’Intersyndicale n’existerait pas et serait uniquement utilisée par M. Adan Mohamed Abdou à des fins personnelles.

Celui-ci serait le porte-parole d’un parti politique d’opposition. Il a fourni une copie des statuts de l’UDT, datés de 1992, c’est-à-dire de l’époque où l’UDT s’appelait «Union démocratique du travail» avant de devenir «Union djiboutienne du travail» en 1995. M. Mohamed Youssouf Mohamed a indiqué être devenu président de l’UDT vers la fin de l’année 2004, à la suite de la démission de son prédécesseur.

Il a regretté que M. Adan Mohamed Abdou refuse de saisir la main tendue du gouvernement en vue d’une réconciliation, ce qui lui a valu d’être démis de ses fonctions le 24 avril 2008. Il a estimé qu’il n’y avait qu’une seule UDT et que d’après ses statuts son président était habilité à convoquer une réunion extraordinaire du Bureau exécutif.

Il a reconnu que le nouveau secrétaire général figurait parmi les signataires de la suspension de M. Adan Mohamed Abdou, bien qu’il n’ait pas encore été élu à cette date, et estimé qu’il aurait dû signer en tant que secrétaire aux affaires juridiques de l’organisation. S’agissant de sa présence dans la délégation des travailleurs à cette session de la Conférence, il a dit avoir été invité par le gouvernement, bien que tardivement, alors que par le passé les courriers du gouvernement étaient adressés au secrétaire général de l’UDT.

Selon lui, l’UDT reste l’organisation la plus représentative et si l’UGTD est représentée à la Conférence depuis de nombreuses années c’est en raison des bonnes relations qu’elle entretient avec le gouvernement.

32. La commission regrette vivement que le gouvernement n’ait pas fourni le rapport détaillé demandé par la Conférence en 2007 dans le cadre des mesures de suivi (voir paragr. 11-13) sur la procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs et ses conseillers techniques.

33. La commission note qu’elle est en possession d’informations contradictoires qui portent sur la qualité des membres appartenant à l’UDT, ses statuts, la fonction exacte de M. Mohamed Youssouf Mohamed dans l’organisation et sur les conditions dans lesquelles son secrétaire général, M. Adan Mohamed Abdou, aurait été démis de ses fonctions. Elle a eu à connaître de pièces dont l’authenticité est fortement mise en cause. Les demandes d’informations complémentaires fournies oralement n’ont pas permis d’apporter les éclaircissements
nécessaires sur les conditions requises pour convoquer une réunion extraordinaire du bureau exécutif de l’UDT.

La commission note aussi que l’un des signataires de la décision du 24 avril 2008 relative à la suspension de M. Adan Mohamed Abdou a signé en qualité de secrétaire général de l’UDT, alors qu’il n’est pas établi qu’il avait déjà été élu à cette date. En outre, certaines signatures diffèrent de celles figurant sur la liste de présence des membres convoqués à la réunion.

34. La commission note avec intérêt que la recommandation de la mission de contacts directs de janvier 2008 d’inclure l’UDT dans la délégation de Djibouti pour la présente session de la Conférence s’est traduite par l’inclusion de l’UDT dans la délégation des travailleurs, l’organisation ayant été représentée pour la dernière fois en 2003. Elle regrette néanmoins que la procédure de désignation des représentants des travailleurs ne se soit pas déroulée dans le cadre d’une procédure de consultations effectuées sur la base de critères objectifs et vérifiables et en toute indépendance.

Il est pour le moins étonnant que la correspondance du gouvernement relative à la désignation des représentants des travailleurs à la Conférence ait été adressée, dans le cas de l’UGTD, au secrétaire général de l’organisation, et dans celui de l’UDT, à son président directement. La commission a également reçu la confirmation que M. Mohamed Youssouf Mohamed n’avait jamais rencontré la mission de contacts directs de janvier 2008 en qualité de président de l’UDT.

35. Les éléments dont dispose actuellement la commission indiquent que le représentant de l’UDT à la Conférence n’a pas été choisi en toute indépendance par rapport au gouvernement. La conséquence aurait été de proposer à la Conférence l’invalidation des pouvoirs de M. Mohamed Youssouf Mohamed.

36. Néanmoins, la commission considère que la protestation soulève des questions qui vont au-delà de celles qui concernent exclusivement la désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence. Certaines ont déjà été présentées devant les différents organes de contrôle de l’OIT et sont à l’origine de la mission de contacts directs de janvier 2008.

Elles font état du non-respect des principes de la liberté syndicale dans le pays et d’actes d’ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales. En outre, il paraît maintenant évident qu’il existe un problème de légitimité des personnes supposées représenter l’UDT.

37. Partant, et au vu des éléments dont elle dispose, la commission exhorte le gouvernement à garantir dans les meilleurs délais la mise en place de critères objectifs et transparents aux fins de la désignation des représentants des travailleurs aux futures sessions de la Conférence.

Elle s’attend à ce que cette désignation puisse enfin se faire dans un esprit de coopération entre toutes les parties concernées et dans un climat de confiance qui respecte pleinement la capacité d’agir des organisations de travailleurs, en totale indépendance par rapport au gouvernement, conformément aux dispositions des conventions nos 87 et 98 de l’OIT.

13/06/08 (B451) Conférence de Genève de l’OIT ( Rapport provisoire de la commission de vérification des pouvoirs)

Vous pouvez télécharger le rapport provisoire 4 C qui met le Gouvernement djiboutien face à ses responsabilités.

Dés que possible nous publierons des extraits dans un prochain article.

Lien pour le téléchargement

07/06/08 (B451) Le journal de la Conférence OIT : « L’ETAT CAMELEON » est le surnom de la république de Djibouti dans les instances internationales.

La délégation du régime djiboutien à la conférence internationale du travail a carrément disparu des salles des réunions.

Et en plus, c’est normal !

Parce que chacune de leurs « apparitions » à la conférence déclenchaient un fou rire chez tous les participants. Surtout lorsque le clown de la délégation qui est Mohamed Youssouf commençait à tourner comme une toupie à l’intérieur des salles avec la Bible et le Saint Coran dans les mains.

A chaque instant, il se présentait au premier participant qu’il croisait et selon la religion de son interlocuteur, il jurait soit sur la Bible, soit sur le Coran qu’il avait exclu de l’UDT, Adan Mohamed Abdou, le Secrétaire général de l’UDT.

Peine perdue bien entendu, car tout le monde connaissait son numéro de cirque et sa qualité (non seulement de clown en raison de son comportement) mais surtout de clone aux ordres du régime..

Dans son délire, il s’est même laissé aller à dire qu’il avait perçu, pour son travail de falsification des signatures et des documents de l’UDT, la somme de 500.000 fdj. Il a ajouter qu’il avait exécuter ce travail sur ordre des hauts responsables de la Présidence de la République et du Ministère de l’emploi.

Il a d’ailleurs cité, comme l’un des ordonnateurs, le nom d’un certain Charmakeh, le Directeur de la Solidarité nationale au Ministère de l’Emploi.

Les départements de l’OIT et les participants de la conférence n’ont jamais compris, qui, au sein de cette délégation « bidon » et pas préparée, qui représentait les syndicalistes, les employeurs ou le gouvernement.

Bien sur, parce qu’un « obligé » du régime doit pouvoir changer de veste à tout instant pour faire face aux nécessités. Les inféodés peuvent prendre la casquette le gouvernement, celle des syndicats ou celle des employeurs selon la situation.

En tout cas, ils ont pris une belle veste !