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11/12/1999 – Le rapport de la FIDH déplaît aux magistrats djiboutiens de l’entourage du dictateur. Deux poids et deux mesures ! (source LOI, http://www.indigo-net.com/ )

Le rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires de Djibouti n’a pas plu aux magistrats de ce pays. S’exprimant en leur nom, le procureur général, Ali Mohamed Abdou, et le président de la chambre d’accusation, Mohamed Warsama Ragueh, ont co-signé un communiqué, le 27 novembre, dans lequel ils se déclarent « outrés par les termes et conclusions » du rapport de cette commission d’enquête internationale et des propos de leurs auteurs qu’ils jugent de « caractère partial, outrageants et diffamatoires ».

Pour les deux magistrats djiboutiens, les « conditions de détention à la prison civile de Gabode et celle d’Obock sont des plus clémentes et conviviales » et « dépassent largement les normes minima des Nations unies en matière de détention ».

Dans la foulée, le procureur général de Djibouti à écrit, le 28 novembre, à La Lettre de l’Océan Indien pour l’informer que l’emprisonnement récent à Djibouti du coureur de marathon Ahmed Saleh faisait suite à une inculpation « d’enlèvement, séquestration et port illégal d’arme » pour sa participation présumée à l’organisation de l’enlèvement en bande armée d’une femme et sa séquestration durant deux jours en pleine brousse. Ali Mohamed Abdou estime que ce sont là « des faits criminels passibles de la Cour d’assises ».

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Note de l’ARDHD

Tout le monde sait bien que le Capitaine Ahmed SALEH a démissionné de L’Armée pour ne pas participer aux actions militaires dans le Nord et pour ne pas cautionner la politique de M. Guelleh.

Ses prises de position lui ont valu d’être harcelé en permanence par les autorités. Cette histoire d’enlèvement a été montée de toute pièce par les autorités, à titre de vengeance.

A notre connaissance, la jeune femme en question (dont il est vrai que les parents sont opposés à son mariage avec Ahmed Saleh) n’a pas déposé librement de plainte.

Ahmed Saleh a bien été arrêté et emprisonné pour des raisons politiques, sous couvert d’une soi-disante affaire pénale. C’est une pratique courante dans les dictatures qui cherchent à masquer leurs crimes. La dictature de Djibouti n’échappe pas à la règle et Ahmed Saleh est dans le même cas que Maître Aref, Moussa Idriss, le Général Ali Meidal Wais et bien d’autres ont subi le même sort.

11/12/1999 – LETTRE OUVERTE SIGNÉE PAR SIX DÉPUTÉS DE LA MAJORITÉ PLURIELLE AUX MEMBRES DE LA COMMISSION MIXTE FRANCE-DJIBOUTI QUI DOIT SE RÉUNIR A PARIS A PARTIR DU 13/12/1999

(Extraits)

Lettre ouverte de six députés de la Majorité plurielle adressée le 9/12/99 aux membres de la commission mixte France Djibouti qui doit se réunir le 13/12/1999 à Paris

« … à cette occasion, il est important de rappeler la situation à Djibouti, et de réfléchir aux conséquences de l’aide française dans ce pays.
La situation est dramatique depuis plusieurs années, et le conflit dans le nord du pays ainsi que l’étendue de la corruption et des détournements sont considérables.


(..) Une résolution du parlement européen du 7 mai 99 sur la situation des droits de l’homme à Djibouti rappelle que Djibouti est signataire de la convention de Lomé qui stipule, dans son article 5, que l’aide au développement est subordonnée au respect et à la jouissance des droits et libertés fondamentales .

.. Aussi nous vous suggérons de prendre en considération les moyens que vous jugerez opportuns pour
– assurer la transparence de l’aide française,
– vérifier qu’elle ne soit pas détournée à l’avenir,
– poser la question de l’opportunité de cette aide dans un pays engagé dans une guerre meurtrière « ,

Les signataires :
Marie Hélène Aubert – Les verts
Jean Claude Lefort – PCF
Noël Mamère – Les Verts
Jean Pierre Michel – MDC
Arnaud Montebourg – PS
Chantale Robin-Rodrigo – PRG

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Note de l’ARDHD :
Il s’agit d’une nouvelle mise en garde extrêmement sérieuse pour M. Guelleh. Après la condamnation par le Parlement Européen, le vote ‘in extremis’ des budgets de la coopération pour Djibouti (rejet de l’amendement 117), les réserves émises par le FMI pour l’attribution d’un nouveau prêt, ce sont des députés représentant toutes les composantes de la majorité plurielle (PCF, Les Verts, PS, MDC, PRG) qui demandent au Ministère de la Coopération de subordonner l’aide française au retour à la démocratie et à la fin du conflit dans le Nord.

Monsieur Guelleh a toutes les raisons de prendre cette nouvelle alerte très au sérieux.

Les hommes politiques français avaient toujours fait preuve dans le passé, d’une rare complaisance à l’égard des régimes de dictature à Djibouti (d’abord celui de M Hassan Gouled Aptidon, puis celui de M; Ismaïl Omar Guelleh) ; ils prennent en compte, désormais, toutes les violations des Droits de l’Homme qui sont dénoncées par toutes les Associations françaises et internationales.

Le « politiquement correct » et « la bonne gouvernance » constituent maintenant des critères discriminants pour l’attribution des aides internationales et l’établissement de relations économiques et d’entreprises. Ce mouvement est irréversible et il va se renforcer très rapidement.

Nous espérons que Monsieur Guelleh comprenne le message fort qui lui est envoyé dans cette lettre ouverte et qu’il se décide enfin à changer de cap.

Nous attendons toujours des signes pour confirmer les premières libérations de trois journalistes la semaine dernière : en particulier la libération de tous les prisonniers politiques avant le 31 décembre 1999 et l’arrêt du conflit fratricide dans le Nord.

11/12/1999 – MANIFESTATION LE VENDREDI 17 DÉCEMBRE 1999 à 18 h 00 devant l’AMBASSADE DE DJIBOUTI A PARIS (26, Rue Émile Menier à Paris 16ème)

VENEZ NOMBREUX
EN HOMMAGE AUX VICTIMES D’ARRIBA,
POUR LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES,
POUR LE REFUS DE LA DICTATURE,
POUR EXIGER LA CESSATION DES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME.

MANIFESTATION ORGANISEE

A L’APPEL DE DIX ASSOCIATIONS

AFADD : Association française des Amis des Démocrates de Djibouti,
ADD : Association pour la Démocratie et le développement,
ARDHD : Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti,
CODEPP : Comité en Europe pour la Défense des Prisonniers Politiques à Djibouti,
ADJIB : Association Djibouti-Bretagne,
SOS AFRICA,
ASPA : Aide et Solidarité au Peuple Afar,
APCD : Association pour la Promotion de la Culture à Djibouti,
ADC : Association pour le Développement de la Culture à Djibouti,
ACRAF : Association Culturelle des Réfugiés Afars en France

10/12/1999 – Le Monde publie un article à l’occasion de la publication du Rapport FIDH / OMCT sur l’intensification de la répression contre les militants des D.H. .

Un rapport de la FIDH et de l’OMCT

« Un rapport de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme) et de l’OMCT (Organisation mondiale contre la torture) sur la répression dont sont victimes les militants des droits de l’homme dans le monde, rendu public, mercredi 8 décembre, estime que  » le bilan des douze mois écoulés est terrible.  »

 » POUR de nombreux régimes, les militants des droits de l’homme figurent désormais parmi les principales cibles à abattre ou à faire taire.  » Ce constat émane de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), deux organisations qui ont, depuis deux ans, décidé d’unir leurs efforts, en créant l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme……….. »

« ….. QUATRE CATEGORIES  » Ce fut la première fois, écrit Antoine Bernard de la FIDH, qu’un groupe d’Etats exposait aussi ouvertement un credo on ne peut plus clair : protéger les Etats contre les défenseurs des droits de l’homme, et non les défenseurs contre l’arbitraire de l’Etat. On a pu mesurer l’apparition de véritables stratégies régionales à cette fin…… »

« ….. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, un nouveau pas dans la coordination des politiques répressives a été franchi « , estime Driss El Yazami, l’un des responsables de FIDH, à propos de cette convention arabe, accord d’extradition définissant le terrorisme en de tels termes qu’ils peuvent  » couvrir toute action pacifique dissidente « …..  »

« …. Le rapport dresse un état des lieux par pays, avec une présentation des cas individuels des militants victimes de la répression. Il classe les pays en quatre catégories en fonction du degré de la répression. Dans cette typologie entrent dans la catégorie 1 (répression absolue, aucune possibilité d’agir) l’Afghanistan, Bahreïn, la Chine, la République démocratique de Corée, l’Irak, l’Iran, la Libye, Oman, l’Arabie saoudite, le Soudan ; dans la catégorie 2 (les militants parviennent à agir mais la répression est systématique) l’Algérie, la Colombie, la République démocratique du Congo, Cuba, Djibouti, l’Ouzbekistan, la Syrie, Timor-Est (occupé), la Tunisie, le Turkmenistan, le Vietnam. ….. »

Extraits d’un article signé par CLAIRE TREAN

7/12/1999 – Lettre adressée par le Président du PRD au Président de l’Union Européenne, Monsieur Romano PRODI, pour lui demander de suspendre toute aide au régime de Mr. Guelleh.

REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
PAIX REALISME DEVELOPPEMENT

PARTI DU RENOUVEAU DEMOCRATIQUE
Route d’arta
603
DJIBOUTI
Tel : 34 09 53
Fax : 34.09.83

Abdillahi HAMAREITEH GUELLEH
Président du PRD

Djibouti, le 7 décembre 1999

A
Son Excellence le Président de l’Union Européenne
M. Romano PRODI

Excellence,

Depuis les législatives de 1997 où notre Parti est sorti victorieux, nous sommes victimes d’une oppression aveugle de la part des autorités gouvernementales.

Il est de notoriété publique que depuis la création de notre Parti, nos cadres qui avaient des responsabilités au sein de l’administration gouvernementale ont été et continuent d’être démis injustement de leurs fonctions, sans parler de nos militants et sympathisants.

C’est pourquoi, je sollicite l’aide morale et financière de l’Union européenne afin de renforcer notre lutte pour la restauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme bafoués depuis 20 ans par le régime dictatorial en place à Djibouti malgré les dénonciations de toutes les organisations internationales de défense des droits humains comme Amnesty, la FIDH ou encore la Fédération des Unions des Jeunes Avocats (FNUJA/France) et le BIT.

D’autre part, je demande à ce que l’aide européenne au régime de Gouled soit suspendue comme pour le Togo, tant qu’il n’y aura pas de dialogue et de concertation avec toutes les forces vives du pays et de rétablissement des libertés fondamentales et la démocratie.

Dans l’attente, d’une réponse favorable, je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma haute considération.

Le Président du P.R.D.
Abdillahi Hamareith Guelleh

20/10/1999 – COMMUNIQUE DE L’UNION DJIBOUTIENNE DU TRAVAIL SUR LES VIOLATIONS DE LA LIBERTE DE DEPLACEMENT COMMISES PAR LE REGIME DJIBOUTIEN A L’ENCONTRE DES DIRIGEANTS SYNDICAUX

Union DJiboutienne du Travail
Avenue P. Pascal
B.P. 2767 DJIBOUTI

Djibouti. le 20 octobre 1999

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le camarade AHMED DJAMA EGUEH, président de l’UDT qui devrait voyager le 09 octobre dernier à Windhoch (Namibie) pour y participer un atelier régional triparti te sur les stratégies visant à s’attaquer aux conséquences du VIH / SIDA, sur invitation de l’O.I.T, a été empêché de pénétrer à l’Aéroport International de Djibouti, à l’heure des enregistrements des passagers dont il faisait partie, par la Gendarmerie de l’Aéroport.

Les éléments de la gendarmerie ont justifié cette entrave à la plus élémentaire des libertés, celle de se déplacer, par un ordre émanant du procureur de la république et du ministre de l’emploi et de la solidarité nationale visant à empêcher paL tous les moyens le départ de AHMED DJAMA EGUEH.

Ainsi c’est la 2eme fois en quelques semaines que le gouvernement de Djibouti entrave aussi arbitrairement le libre exercice de l’activité syndicale en empêchant d’autorité nos représentants de participer aux réunions internationales. Tout cela pour atténuer, un tant: soit peu, les frustrations de leurs pseudo – syndicalistes en mal de reconnaissance nationale et internationale sur le plan syndical malgré les promesses que le gouvernement leur a fait miroiter.

C’est ainsi que le Camarade ABDOULKALECK WABERI OUFFANEH avait été, début septembre dernier, interpellé par les gendarmes de la Brigade Nord où il a subi durant plusieurs heures d’affilés un interrogatoire musclé sur ordre du même procureur de la république et du même ministre dont l’acharnement à l’endroit du syndicalisme libre et indépendant et ses représentants n’a désormais plus de limite.

MOTIF :
La restitution du billet d’avion, envoyé au nom de ABDOULKALRK WABERI par la CGT / FO pour que ce dernier puisse participer à un séminaire à Paris, aux fins de lui subtiliser en faveur des pseudo-syndicalistes à la solde du ministre acharné. Ce qui logiquement ne pouvait se faire et qui a tout bonnement échoué.

C’est pourquoi, l’UDT dénonce et condamne ces agissements hors la loi du gouvernement qui n’a toujours pas compris que sa greffe syndicale n’a pas pris.

Nous les exhortons vivement à cesser ces machinations barbares qui le mettent chaque jour davantage en marge des normes de la civilisation.

ADAN
Secrétaire

20/10/1999 – Résolution du 20 Octobre des membres de l’ORGANISATION RÉGIONALE AFRICAINE DE LA CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DES SYNDICATS LIBRES (ORAF-CISL) CONDAMNANT LES VIOLATIONS DES DROITS SYNDICAUX A DJIBOUTI

Réunion sous régionale pour l’Afrique centrale et de l’Ouest sur les normes du travail et la mondialisation

(Novotel Accra, Ghana, 18-20 octobre 1999)

RÉSOLUTION SUR LES VIOLATIONS DES DROITS SYNDICAUX A DJIBOUTI

Ø Considérant les licenciements abusifs des dirigeants des centrales syndicales UDT et UGTD depuis 1995 pour exercice du droit de grève ;

Ø Considérant l’interdiction des réunions syndicales au sein des entreprises à Djibouti ;

Ø Considérant la confiscation des boîtes postales des centrales syndicales UDT et UGTD ;

Ø Considérant le gel des avoirs bancaires des centrales syndicales précitées ;

Ø Considérant l’interdiction de voyager fait à l’encontre des syndicalistes élus ;

Ø Considérant la répression systématique et généralisée, le harcèlement policier quotidien des cadres et dirigeants syndicaux de l’UDT et l’UGTD ;

Ø Considérant la pratique gouvernementale de substitution dans les réunions internationales des syndicalistes élus par ceux a la solde du Gouvernement.

Ø Considérant 1a ratification par Djibouti des conventions 87 et 98 de l’OIT.
La réunion sous régionale pour l’Afrique Centrale et de l’Ouest sur les normes du travail et la mondialisation, tenue à Accra (Ghana) du 18 au 20 Octobre 1999, après analyse de la situation très préoccupante des violations flagrantes des droits et libertés syndicaux à Djibouti ;

Condamne :
Fermement l’attitude hostile du Gouvernement de Djibouti inhérente rente aux violations des droits et libertés syndicales

Ø L’arrêt de la répression des cadres et dirigeants syndicaux de l’UDT et l’UGM ;

Ø Le dégel des avoirs bancaires de l’UDT et l’UGM ; .Le respect du secret de la correspondance en assurant un libre accès des cadres et dirigeants syndicaux de l’UDT à leurs boîtes postales respectives ;

Ø La libre circulation des leaders syndicaux de l’UDT et l’ U G TD ;

Demande :
A L ‘ORAF, à la CISL et à tous les affiliés en particulier la CES ainsi que la CFDT et la CGT-FO d’user de toutes leurs influences pour agir en direction du Gouvernement Français afin que des pressions suffisantes soient exercées sur le Gouvernement de Djibouti ;

Demande :
A la communauté internationale, aux institutions financières et bailleurs de fonds ainsi qu’à l’Union européenne de conditionner l’aide non humanitaire en direction de Djibouti au respect scrupuleux par son Gouvernement des droits fondamentaux des travailleurs ;

Exhorte :
L’GRAF, la CISL et leur affiliés à poursuivre les efforts déjà entrepris pour la réintégration des cadres et dirigeants syndicaux licenciés tout en maintenant la pression sur le Gouvernement de Djibouti ;

Rassure:
Les cadres et dirigeants syndicaux persécutés de Djibouti de leur soutien indéfectible et sans faille.

Fait à Accra, le 20 Octobre 1999

Les Participants