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25/01/2000 CORRECTIF du numéro 18. L’achat des voitures blindées par M GUELLEH concerne 4 NISSAN PATROL et non 4 TOYOTA

Dans le numéro 18, nous avons évoqué les rumeurs concernant l’acquisition de 4 véhicules blindés tout terrain par M. GUELLEH. Nous avions été mal informés : il s’agirait de 4 NISSAN PATROL blindées et non de 4 TOYOTA. La commande aurait été passée par la Présidence à la CEMEX (Société dirigée par M Liban Ismaïl Omar Guelleh, fils du Président). Le marché aurait été conclu via une personnalité de la Mairie de Cannes.

25/01/2000 – De nouveaux harcèlements policiers à l’encontre de citoyens et de citoyennes, proches des prisonniers politiques. Vengeance à la suite de l’émission d’Antenne 2 ?

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 25 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE N°5/LDDH/00

après la récente convocation par le juge d’instruction pour une nouvelle inculpation afin de prolonger les délais de détention provisoire, ceci encore d’une manière arbitraire et évidemment sans condamnation les trois prisonniers suivants :
– MOHAMED KADAMY YOUSSOUF (Représentant du FRUD en Europe Occidentale)
– KAMIL MOHAMED AHMED (Membre de l’Exécutif du FRUD)

– ALI MOHAMED MAKI (Membre de l’Exécutif du FRUD)

après la récente émission télévisée de France 2 sur la prison de Gabode et surtout les interviews télévisées du Président Moussa Ahmed Idriss, candidat de l’Opposition Djiboutienne Unifiée (ODU) lors des élections présidentielles du 09 avril 1999 et du Président du PRD Dager Ahmed Farah tous deux emprisonnés avec le Général Ali Meldal Waiss, membre du Haut conseil de l’ODU et M. Abdoulfatah moussa Ahmed, fils du candidat de l’ODU, ce dernier est toujours maintenu en détention provisoire arbitraire.

Après, la récente campagne ” très musclée ” diffusée par la presse gouvernementale (La Nation et la RTD) suite aux rebondissements de l’affaire Borel, en particulier dans la presse française.

Aujourd’hui, Mme Fatouma Dabale Ahmed a été arrêtée sans aucun mandat d’amener et audiencée à huit clos en dehors de tout cadre légal par la Police dite Police Politique et après un interrogatoire harassant elle a été libérée le jour même.

Très proche du prisonnier politique M. Mohamed Kadamy Youssouf, Mme Fatouma Dabale est sérieusement menacée, elle est l’objet de filatures serrées et d’obstructions stressantes.

Des proches de l’ancien lieutenant de la garde présidentielle M. Mohamed Salah vrai natif de Djibouti, connaissent des répressions quotidiennes stressantes surtout pour les filles et les femmes. C’est à se demander si l’effet escompté est de les obliger à rester cloîtrées chez elles.

La LDDh, très préoccupée par cette vague politique de durcissement, lance un appel pressant à la sérénité et l’engagement aux dialogues pour la Paix dans l’ensemble de notre Territoire National.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(L.D.D.H.)
Le Président

22/01/2000 – DJIBOUTI: DU BON ET DU MOINS BON

Extrait LOI : Africa Intelligence
(http://www.AfricaIntelligence.fr)

“A la fin de l’an dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a tiré un bilan en demi-teinte de la situation des finances publiques djiboutiennes. D’un côté, ses experts ont constaté une embellie sur certaines des conditions requises par le programme d’ajustement structurel de Djibouti. …

…Par contre, la situation budgétaire djiboutienne a été jugée fort préoccupante. L’arrivée d’hommes proches du nouveau pouvoir djiboutien dans les régies financières du pays n’a pas empêché les recettes fiscales de l’État de stagner….

…Cela signifie que des arriérés de salaires et des impayés vis-à-vis des fournisseurs vont réapparaître…..”

22/01/2000 – DJIBOUTI: PARIS VERSE SON OBOLE

Extrait LOI : Africa Intelligence
(http://www.AfricaIntelligence.fr)

“L’Agence française de développement (AFD, gouvernementale) vient d’accorder une subvention au budget de Djibouti de 13,7 millions FF pour 1999 (inférieure aux 25 millions FF de l’an dernier). Elle servira au règlement de certaines dépenses de l’État djiboutien (dette et paiement de bourses d’étudiants à l’étranger) mais ne suffira pas à combler le “gap” financier de ce pays pour 1999 que le FMI évalue à 16,5 millions $, après prise en compte des aides que les bailleurs de fonds multilatéraux ont promis de débourser (LOI n°883). En dehors de cette aide budgétaire et des 65 millions FF accordés de manière exceptionnelle en 1998, l’aide française à Djibouti a été de 125 millions FF pour 1999….”

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Note de l’ARDHD :
Si nous comptons bien, l’aide française en 99 aurait été de :

65 MMF (aide exceptionnelle) + 13,7 MMF (AFD) + 125 MMF = 213,7 MMF

Sur la base d’une population de 450.000 habitants, cela équivaut à environ 475 F par habitant (femmes, enfants compris.. ). La majorité des autres pays africains reçoivent une aide inférieure à 100 F par habitants !!! on se peut demander quel est le pourcentage qui revient effectivement aux djiboutiens et celui qui est réservé aux dirigeants et à l’entourage du Président …

22/01/2000 – Le témoin djiboutien réfugié en Belgique, qui a impliqué le Président Guelleh dans l’assassinat du juge français BORREL, pourrait faire des déclarations sur l’utilisation de fonds et impliquer des personnalités dans des affaires “surprenantes”

Plusieurs sources nous confirment que ce témoin (ancien militaire réfugié à Bruxelles) pourrait faire d’autres révélations.

Il s’est exprimé pour relater un entretien qu’il aurait entendu à la Présidence de Djibouti et qui confirmerait l’implication personnelle du Président GUELLEH dans l’assassinat du juge BORREL.

Un vent de panique s’est emparé de la Présidence de Djibouti qui a multiplié les déclarations, directement, dans LA NATION et par l’intermédiaire de son Ambassadeur à Paris. Le système de défense peu crédible de Djibouti repose :

sur le fait qu’il y aurait eu un complot organisé par un petit groupe de français qui cherchent à déstabiliser le pays. Aucune information n’a été donnée sur l’identité possible de ces français … !

sur les personnalités de l’épouse du juge BORREL ( qui est traînée dans la boue par LA NATION ) et de ce militaire qui aurait un dossier militaire épouvantable (problèmes psychologiques, vols, etc..). On s’étonne qu’il ait pu attendre le grade qu’il avait avec un tel dossier …

Bref, cela n’a convaincu personne et cela a confirmé les doutes ….

Certes l’affaire BORREL est extrêmement grave : un Président en exercice qui aurait pu ordonner l’assassinat d’un juge français ! Il y a de quoi mettre mal à l’aise la diplomatie française …. Mais le vent de panique pourrait avoir d’autres raisons.

Le témoin en question pourrait faire de nouvelles révélations au sujet de transfert de fonds et d’affaires financières particulières qui mettraient en cause le Président, des personnalités djiboutiennes et ce qui n’est pas exclu, des personnalités françaises.

On comprendrait mieux alors les raisons de l’affolement du côté djiboutien et le peu d’empressement de la justice française à interroger le témoin.

(A suivre)

22/01/2000 – TÉLÉCOMMUNICATIONS: FCR SE RETIRE DE LA STID A DJIBOUTI

Extrait LOI : Africa Intelligence
(http://www.AfricaIntelligence.fr)

“France Câble et Radio (FCR, filiale de France Télécom) a accepté de se retirer de la Société des télécommunications internationales de Djibouti (STID) à la demande du gouvernement djiboutien et discute actuellement des modalités du remboursement des 25% d’actions qu’elle possède dans cette compagnie….”

20/01/2000 – APPEL DE LA LDDH pour protester contre la nouvelle inculpation de trois prisonniers politiques. APPEL EN FAVEUR DES PRISONNIERS BLESSES ET MALADES NON SOIGNES – CERTAINS SONT EN DANGER DE MORT

LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS

Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n°66
B.P :74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel/Fax : 253 357 804
Domicile : Tel/fax :358 007
Djibouti, le 20 janvier 00

NOTE D’INFORMATION N°1/LDDH/00

Après 28 mois de détention préventive dans des conditions inhumaines et arbitraires le lundi 17 janvier 00 les dirigeants du FRUD emprisonnés après une arrestation suivie d’une extradition en un temps record le 1er octobre 97 par l’Éthiopie ont été inculpés de nouveau pour une affaire remontant en avril 1998 dans le sud de Djibouti, participation à un mouvement insurrectionnel, association des malfaiteurs et complot par la juge d’instruction LEILA. Elle agissait en vertu d’un réquisitoire supplétif du Procureur de la République en date du 09.04.1998 (Faits prévus et réprimés par les articles 144, 145 et 192 du Code Pénal)

Cette nouvelle inculpation semble être un DÉFI du gouvernement de Djibouti à un moment où les ONG, le Parlement Européen, les Députés Français avaient pris des positions dénonçant les multiples violations des droits humains à Djibouti et demandent la libération des prisonniers multiples violations des droits humains à Djibouti et demandent la libération des prisonniers politiques.

Ils ont été convoqués devant un nouveau juge Mme LEILA MOHAMED alors que l’instruction de leurs dossiers était menée par Mme HABIBA HACHI laquelle se trouve actuellement à l’étranger et dont l’intérim est assuré par le juge MAKI OMAR…

Il est à noter que les premiers dossiers étaient vides ou fragiles, le Pouvoir Djiboutien est entrain de montrer une nouvelle inculpation afin de pouvoir prolonger indéfiniment la détention préventive dont font l’objet ces prisonniers politiques.

Cette nouvelle inculpation des responsables du FRUD à qui le régime djiboutien reproche des faits qui se sont déroulés au temps où ils étaient déjà en détention préventive à GABODE, laisse présager un durcissement sans équivoque à leur égard.

La LDDH pense qu’un tel durcissement constitue une entrave supplémentaire à la réconciliation, ciment de l’unité et de la concorde nationale et par conséquente demande la libération de tous les prisonniers politiques et l’amorce d’un dialogue franc et sincère entre le gouvernement de Djibouti et la rébellion armée y compris l’opposition interne.

Les prisonniers politiques du FRUD concernés par la nouvelle inculpation sont :
– MOHAMED KADAMY YOUSSOUF
– Représentant du FRUD en Europe Occidentale
– KAMIL MOHAMED AHMED (Membre de l’exécutif du FRUD)
– ALI MOHAMED MAKI (Membre de l’exécutif du FRUD)

Quant à M. Mohamed Ali arrêté, il a été convoqué par le même juge dans le cadre d’une autre enquête.

Nous sommes très inquiets de l’état de santé de prisonniers politiques en particulier ceux qui sont malades et qui ne reçoivent pratiquement pas de médicament, ni d’un minimum de soin intensif notamment pour ceux qui ont été contaminés par la tuberculose.

Par ailleurs, nous nous inquiétons pour KAMIL MOHAMED AHMED dit Kabir qui vient aujourd’hui le 24/01/00 même d’effectuer une nouvelle navette entre la prison et l’hôpital Peltier. Vu son état de santé : il souffre depuis plus de deux ans d’une paralysie faciale nécessitant des soins continus et intensifs en milieu hospitalier…. Le pire est à craindre.

La LDDH dénonce l’utilisation abusive de la détention provisoire à l’endroit des détenus politiques, alibi instrumentalisé par le système politico-judiciaire en place.

Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
(L. D.D.H)
Le Président

19/01/2000 – Assemblée Nationale Française Commission des affaires étrangères, sous la présidence de M. Jack LANG – Audition de M. Charles JOSSELIN, ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie.

ASSEMBLÉE NATIONALE

COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

COMPTE RENDU N° 19

(Application de l’article 46 du Règlement)

Mercredi 19 janvier 2000
(Séance de 16 heures 15)

Présidence de M. Jack Lang, président

Audition de M. Charles Josselin,
ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie

M. Charles Josselin a indiqué que plusieurs dossiers d’importance étaient actuellement ouverts. Le premier est la renégociation des accords de Lomé, qui semble en voie d’achèvement, avant fin février, date à laquelle les derniers obstacles devraient être levés. La thèse française du soutien à l’intégration régionale a été retenue et nos propositions quant au renouvellement du Fonds européen de développement (FED) ont été entendues : les États membres s’engageront sur un volume de crédits accru, au sein duquel on soulignera que la participation française est la plus élevée. Un autre dossier relève de “l’après Seattle” : il consiste à rechercher comment mieux impliquer les pays en développement dans le commerce mondial. Une coordination s’instaure avec la Présidence portugaise de l’Union européenne car celle-ci souhaite une continuité dans les dossiers traités. Ces efforts participent par ailleurs à la définition d’une stratégie européenne dans laquelle l’Union européenne défendrait un seul point de vue dans les grandes enceintes internationales.

Le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie a ensuite évoqué les efforts qui doivent être entrepris pour renforcer le réseau universitaire français à l’étranger.

Par ailleurs, le suivi des deux processus de paix qui se déroulent actuellement au Burundi (processus d’Arusha) et en République démocratique du Congo (processus de Lusaka) suscite une grande attention. Le processus de Lusaka doit être complété par de nouveaux éléments, qui n’ont pas encore fait l’objet de décision : forces mises à disposition par la communauté internationale, modalités du déploiement. Certains observateurs craignent que la détermination du Président Laurent-Désiré Kabila à poursuivre le processus soit insuffisante. Les efforts entrepris dans le cadre des accords d’Arusha ont semblé compromis par le décès de M. Julius Nyerere ; l’annonce de l’arrivée de l’ancien Président Nelson Mandela permet de garder l’espoir quant à la poursuite de cette pacification.

Mme Yvette Roudy a abordé l’affaire du juge Bernard Borrel, qui est décédé à Djibouti le 18 octobre 1995 alors qu’il était conseiller du ministre de la justice de l’époque. Rappelant qu’elle n’avait jamais cru à son suicide, contrairement à la thèse djiboutienne, et soutenant la thèse de Mme Borrel selon laquelle il aurait été assassiné, Mme Yvette Roudy a demandé que les autorités françaises accordent plus de crédit aux affirmations de l’épouse du juge et demandent la réouverture de l’enquête, d’autant qu’un témoin réfugié en Belgique disposerait d’informations allant dans le sens d’un assassinat commandité par le Président djiboutien.

Le Président Jack Lang a souhaité insister sur les atteintes aux droits de l’Homme à Djibouti où des moyens armés seraient utilisés par le gouvernement pour organiser la répression. Il a demandé que la France affirme plus fortement son soutien à ceux qui se sentent réprimés. La commission mixte devrait d’ailleurs être l’occasion de cette réaffirmation.

Ayant participé au treizième congrès de l’Agence pour la Francophonie à Crans-Montana début janvier, Mme Odette Trupin a déclaré avoir constaté un regain volontariste de l’utilisation du français au sein des PECO. Ce regain est bien entendu lié à la volonté d’adhésion à l’Union européenne. Mais il serait souhaitable de profiter de cette bonne volonté pour renforcer la pratique du français dans les instances européennes, notamment au travers du réseau universitaire.

Jugeant ce sujet vital, le Président Jack Lang a réclamé l’expression d’une volonté claire et ferme de la part des gouvernements de tous les pays membres de l’Union européenne pour instaurer l’obligation de deux langues étrangères dès le plus jeune âge. Ce n’est qu’en soutenant cette idée avec plus de détermination que l’utilisation de la langue française progressera.

M. Pierre Brana a posé plusieurs questions concernant l’Afrique. Quelle a été la réaction des autorités rwandaises sur le rapport parlementaire “Enquête sur la tragédie rwandaise (1990-1994)” publié en 1998 ? M. Paul Kagamé l’a-t-il lu ? Au Burundi où Julius Nyerere entretenait de mauvaises relations avec le major Buyoya, l’arrivée de Nelson Mandela va-t-elle permettre d’accélérer la mise en _uvre des accords d’Arusha et d’améliorer la situation du pays ? Quelles sont les informations disponibles sur le Congo-Brazzaville où trois ressortissants français ont été assassinés dernièrement ? Enfin en Côte d’Ivoire, qui a pris la décision “d’extraire” le président Henri Konan Bédié et sur quelles bases cette opération a-t-elle été montée ?

Insistant sur ce dernier point, le Président Jack Lang a demandé des précisions sur l’attitude des autorités françaises avant le coup d’État. Avons-nous fait l’impossible pour que les conditions d’exercice de la démocratie permettent le pluralisme et mettent la Côte d’Ivoire à l’abri d’un coup d’État. ? La non-ingérence militaire ne doit pas signifier l’indifférence vis-à-vis de la situation des droits de l’Homme. Qu’en est-il aujourd’hui ?

M. Georges Hage a fait part du succès d’un colloque organisé récemment par le Parti communiste en l’honneur de la diaspora du Congo-Kinshasa et qui avait attiré de nombreux acteurs actuels du pays permettant l’instauration d’une discussion entre ces deux entités. Ce pays est occupé par six autres puissances qui prétendent sauvegarder leurs intérêts et il en souffre irréparablement. La situation s’aggrave d’ailleurs et atteint des limites inhumaines, malgré les efforts de la France dans le cadre de la francophonie, et la méthode des réseaux perdure, comme en témoignent les fonctions de M. Jeannou Lacaze comme conseiller du Président Kabila. Il faut prendre l’initiative de proposer des mesures destinées à améliorer la situation de ce pays.

Mme Marie-Hélène Aubert a rappelé qu’elle avait publié en 1999 avec MM. Pierre Brana et Roland Blum un rapport d’information intitulé “Pétrole et éthique : une conciliation possible ?” qui dénonçait entre autres l’exploitation du pétrole en Afrique comme une activité corruptrice et génératrice de guerres mais contenait également des propositions concrètes pour remédier à ces travers. Le Gouvernement a-t-il l’intention de se saisir de ces propositions ?

Le Président Jack Lang s’est informé de l’évolution de l’enquête sur l’assassinat de Norbert Zongo. Il a demandé des précisions sur la campagne électorale au Sénégal.

Le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie a répondu aux intervenants.

Il a observé que le territoire de Djibouti présentait des caractéristiques très particulières. Il accueille une base importante de notre armée, dont l’impact économique pour le territoire va au-delà de celui de notre coopération. Il est prévu un approfondissement de cette coopération dans certains domaines tels le dispositif judiciaire (et c’est du reste dans ce cadre que M. Bernard Borrel se trouvait en poste à Djibouti) par la mise en oeuvre de projets du Fonds d’action de coopération (FAC). De façon générale, le territoire fait l’objet d’une attention particulièrement soutenue d’associations militant pour les droits de l’Homme, associations installées tant à Djibouti qu’en France. Le Gouvernement français porte l’accent sur ces questions de façon régulière lors des entretiens menés avec les responsables politiques du territoire ; il a ainsi rendu possible l’enquête d’une délégation de l’Observatoire international des prisons, dont les résultats sont à l’origine d’un nouveau projet du FAC.

En ce qui concerne le décès de M. Borrel, le Ministre a rappelé que les investigations menées avaient conclu à l’absence de témoins. Le témoignage récent d’un ancien officier de l’armée djiboutienne vise à apporter des éléments nouveaux impliquant l’actuel chef de l’État et à en faire le commanditaire d’un assassinat. Le Ministre a indiqué que la publicité faite aux déclarations de ce témoin a entraîné des réactions très vives à Djibouti, des parlementaires notamment, protestant contre le crédit apporté à cette déclaration par les médias français. Le Ministre a ajouté qu’une instruction est ouverte au TGI de Paris, que les magistrats français chargés du dossier sont en possession de ces nouveaux éléments, et l’on doit espérer qu’ils en feront bon usage. Il n’est pas envisageable d’intervenir dans cette enquête qui relève de la Justice.

Le Ministre a confirmé partager l’ambition de voir les pays d’Europe centrale et orientale devenir également un espace de francophonie. La pratique du français constitue un atout de plus pour leur insertion dans les institutions européennes, d’où l’importance de développer le réseau universitaire.

Concernant le Rwanda, M. Charles Josselin a commenté son récent déplacement à Kigali. Il a expliqué que son intention était de se concentrer sur les questions d’avenir et non de ressasser le passé, son slogan étant « compassion et non contrition ». Ainsi il avait prévu de ne pas aborder la question du rapport parlementaire sur le Rwanda, sachant à l’avance les tensions qu’un débat sur ce sujet engendrerait. D’ailleurs, M. Paul Kagamé n’a pas abordé cette question lors de leur entretien. En effet, il a déclaré n’être pas intéressé par d’éventuelles excuses. La discussion a ainsi porté sur la position de la France au sujet des accords de Lusaka, sur la présence militaire et économique du Rwanda en République démocratique du Congo, sur la coopération française que le Rwanda souhaite voir se développer, notamment dans le domaine agricole, et sur l’idée d’une éventuelle conférence internationale sur les Grands Lacs que M. Paul Kagamé soutient. Ce voyage a ainsi permis de reprendre le dialogue avec un acteur essentiel.

A propos du Burundi, le Ministre n’a pas caché sa grande inquiétude. L’aide internationale doit être maintenue. Le problème des quelque 300 000 réfugiés burundais présents en Tanzanie persiste. Ce nombre augmente de plusieurs milliers chaque jour, déstabilisant ainsi le régime et tendant les relations avec la Tanzanie. Une réunion s’est tenue à Kampala sur ce sujet avec les principaux intéressés la veille du passage de M. Charles Josselin.

Le Ministre a indiqué qu’il se rendrait la semaine prochaine au Congo-Brazzaville. Il a fait part de l’accord intervenu fin décembre entre l’armée et les milices qui constitue une bonne nouvelle mais ne suffit pas à établir un véritable dialogue politique, lequel restera handicapé tant que les principaux opposants, comme l’ancien président Lissouba et l’ancien premier ministre Kolélas, demeureront exilés. A Pointe Noire, l’exploitation pétrolière se poursuit sans incident, même si Elf a réduit le nombre de ses expatriés.

Le Ministre a ensuite expliqué la position de la France pendant la crise ivoirienne. Le président Henri Konan Bédié, après s’être réfugié à l’Ambassade de France, a été accueilli au 43ème RIMA, puis “exfiltré” au Togo. Contrairement à ce que voulait le général Gueï, l’exfiltration ne s’est pas faite dans la précipitation et a pu concerner les ministres qui le souhaitaient.

M. Charles Josselin a souligné qu’il s’inquiétait depuis plusieurs semaines déjà de la dégradation de la situation, économique et sociale d’abord, mais aussi politique en raison d’une part du débat sur “l’ivoirité” destiné à contrer la candidature à l’élection présidentielle de M. Ouattara et d’autre part de la corruption avérée sur l’utilisation des fonds européens dans le domaine de la santé. Le Gouvernement estime pour sa part avoir mis en garde le président Bédié.

Sur la crise elle-même, M. Charles Josselin a constaté que les mutins étaient allés chercher le général Gueï, lequel s’était distingué en 1995, lorsqu’il était chef d’état-major, en refusant que l’armée s’ingère dans le débat politique.

Dans l’état actuel de la situation, il faut être très attentif à la mise en place du gouvernement provisoire, auquel participent notamment le RDR de M. Ouattara et le FPI de Laurent Gbagbo, puis aux délais nécessaires à l’organisation d’élections. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) souhaite qu’elles aient lieu avant juin, mais le gouvernement provisoire préférerait adopter au préalable une nouvelle constitution, un nouveau code électoral et une nouvelle carte électorale. M. Charles Josselin a tenu à rappeler que la France avait été la première à condamner le coup de force et qu’elle souhaitait qu’il soit fait application de l’article 366 bis de la convention de Lomé, qui conditionne la coopération. De même, le FMI ne reprendra son aide que s’il est convaincu que la situation se normalise. Dans cette affaire, la France a adopté une attitude de neutralité qui a été appréciée de la communauté française.

Évoquant la situation en RDC, le Ministre a refusé de faire sienne la référence aux “réseaux”. M. Jeannou Lacaze a lui-même organisé sa mission auprès des autorités dans un objectif de “business”. En RDC, les limites de l’horreur ne sont pas seulement atteintes, elles sont dépassées. La chute du Président Mobutu a entraîné une dégradation forte de l’image des pays qui l’avaient soutenu, dont la France, qui souhaite que l’intégrité territoriale de la RDC soit préservée.

Lors de sa visite en RDC, le Ministre a pu vérifier que la question de la partition ne se posait pas au sein des trois principaux groupes antagonistes. Il reste par exemple que le mouvement de M. Jean-Pierre Bemba dit contrôler 600 000 kilomètres carrés et être en mesure d’aligner 20 000 hommes contre les forces du Président Kabila. La France voudrait faciliter le dialogue entre les forces en présence. Lors d’une réunion à l’Ambassade de France en novembre dernier, les différents acteurs du drame congolais se sont parlé pour la première fois ; mais ils continuent de s’entretuer. Actuellement, sur les six pays étrangers impliqués en RDC, la Namibie s’est retirée, le Zimbabwe est en train de faire de même. Le Président Kabila ne peut compter que sur l’Angola, qui, s’il remporte une victoire contre l’Unita, sera lui aussi tenté par un retrait isolant ainsi le Président Kabila. Une solution à laquelle tous participent, y compris les militaires, doit être trouvée. La France a débloqué 4,2 millions de francs d’aide à la commission mixte militaire et participera à une force de maintien de la paix. Mais il faudra mobiliser la communauté internationale, non seulement pour aider au maintien de la paix, mais aussi au développement. On ne peut que se féliciter de l’annonce d’une conférence internationale sur les Grands Lacs, car la situation dans les pays de la région, notamment au sud-Soudan et au Burundi, appelle une analyse globale des problèmes, ce qui est difficile en raison des clivages ethniques.

Le Ministre a estimé qu’il ne fallait pas lier pétrole et corruption. La lutte contre la corruption est un des éléments des négociations de la future convention Union européenne / pays ACP. D’après les dirigeants des compagnies pétrolières, celles-ci ignorent ce que la redevance pétrolière devient une fois versée à l’État Il est important que ce versement soit effectué dans la transparence et sur des comptes publics. Il n’appartient pas à la France de dicter leur conduite aux compagnies pétrolières, au risque de créer des confusions. Ainsi, après l’annonce du retrait d’Elf du consortium pétrolier opérant au Tchad, des actions anti-françaises ont été menées à N’Djamena. Il s’agit donc d’être exigeant vis-à-vis des entreprises françaises en faisant connaître ce qui est de leur responsabilité et de celle de la France. En outre, la rente pétrolière n’est pas la seule à générer des conflits ; certains se développent parce qu’il y a des mines de diamants. Le phénomène des bandes armées se généralise ; elles peuvent être entretenues avec n’importe quelle rente minière. La situation des pays disposant d’une rente pétrolière doit être appréciée dans la durée ; ainsi le Gabon est actuellement exclu du bénéfice de la procédure applicable aux pays pauvres très endettés et du FMI, alors que sa rente pétrolière risque de diminuer dans les années à venir.

S’agissant de l’enquête sur l’assassinat de Norbert Zongo, journaliste burkinabe qui avait décrit les conditions dans lesquelles un domestique du frère du Président Compaore avait été retrouvé mort, celle-ci continue. Une commission d’enquête a été constituée, des sanctions ont été prises, mais les opposants considèrent que c’est insuffisant.

En ce qui concerne les élections au Sénégal, le Président Diouf est candidat à sa propre succession ; M. Wade, son principal adversaire, se présente pour la cinquième fois. D’autres candidats sont en lice. Il faut espérer que le scrutin soit transparent, ce qui est essentiel pour l’ancrage du Sénégal dans la démocratie. Pour l’instant, certaines cartes d’électeurs posent problème. Si la situation macro-économique du Sénégal est satisfaisante, sa situation sociale ne l’est pas.

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