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03/08/03 (B207) Une manifestation devrait être prochainement organisée à Bruxelles en faveur de la libération de DAF devant l’Ambassade de Djibouti, à l’appel du MRD de Belgique.

Les informations précises
seront diffusées dès que les autorisations officielles auront
été données par les Autorités belges.

Salem
Omar Ali

Président du MRD en Belgique

01/08/03 (B207) A lire sur LOI cette semaine

LA LETTRE DE L’OCEAN
INDIEN – 02/08/2003

USAID – Ouverture d’un bureau à Djibouti
Comme le président George W. Bush l’avait promis à son homologue
djiboutien Ismaïl Omar Guelleh lors de leur rencontre en janvier à
Washington (LOI n°1027), un bureau de l’United States Agency for International
Development (USAID) a ouvert ses portes à Djibouti cette semaine. (…).
[Total : 140 Mots].

02/08/03 (B207) D’après un lecteur des proches de Guelleh investissent au Canada. (Lecteur)

Un proche de Guelleh du
nom de Yassa qui est le patron de DJIB-CLEAN, société fabriquée
de toutes pièces par Guelleh, vient d’ouvrir récemment à
Ottawa au Canada un Restaurant qu’il a appelé (Djiboutian Mer -Rouge).
D’après les informations que j’ai eues, cette opération n’a
qu’un but : celui de blanchir l’argent qui a été volé
au peuple Djiboutien.

Nous appelons tous les Djiboutiens et toutes les Djiboutiennes à boycotter
cet établissement et à ne surtout pas favoriser les entreprises
malhonêtes du régime.

Oubliez ce restaurant
à tout prix !!!

A bas le régime
mafieu de Guelleh et tous ses obligés .. !!
A bas la corruption !!!

Un
Citoyen Propre

02/08/03 (B207) Réponse à la lettre du Président du M R D – Section de Belgique, (Kalo)

Combien il est navrant
d’apprendre sur le site de l’ARDHD qu’une antenne du MRD en Belgique, digne
de ce nom, n’est même pas en mesure d’organiser une manifestation pour
la libération de son Président.

Moi, qui croyais que l’objectif
de votre lutte, depuis l’extérieur, était d’informer d’une manière
ou d’une autre, la communauté internationale et non de vous réfugier
derrière un prétexte qui n’a ni queue ni tête!!

Comment pouvez-vous écrire
"De surcroît, quelques membres de notre Comité ont jugé
désagréable de créer une telle "externalité
négative" dans le pays qui nous a accueilli et qui a su nous prodiguer
sa confiance !!! "

Si vous ne bougez pas
pour la libération de votre Président, pour qui bougerez-vous
?

Encore une fois, je trouve
que vous n’êtes vraiment ni actifs ni efficaces sur un terrain qui,
pourtant, vous est propice au sein de l’Europe (la Belgique).

Monsieur le Président,
sachez que je ne m’adresse pas à vous en tant que personne, mais simplement
parce que je ne comprend pas la justification que vous nous avez donnée
pour ‘échapper’ à l’organisation d’une manifestation en faveur
de Monsieur D A F qui constitue sans aucun doute la relève et qui est
de toutes les façons, un opposant incontournable…

KALO

01/08/03 (B207) Human Right Watch (HRW) écrit une lettre ouverte à IOG pour lui demander la libération de DAF. (Version en Français)

Lien
avec l’article : http://hrw.org/french/press/2003/djibouti073003ltr.htm

Lettre
au Président Guelleh

Son
Excellence Ismaël Omar Guelleh

Président de Djibouti
c/o Embassy of Djibouti
1156 15th St., NW, Suite 515
Washington DC 20005

30 juillet
2003

Monsieur le Président
Guelleh:

Human Right Watch vous
demande de libérer de la détention, et sans condition, le journaliste
Daher Ahmed Farah, un leader de l’opposition politique qui a été
condamné pour le crime de diffamation pour avoir critiqué le
chef d’Etat-major de l’armée dans un article publié dans son
journal, Le Renouveau. Nous demandons également que le gouvernement
lève l’interdiction de publication de trois mois dont Le Renouveau
s’est vu frappé et l’énorme amende imposée à Farah.

En plus, Human Rights
Watch recommande vivement l’abrogation de la loi faisant des déclarations
diffamatoires une infraction criminelle.

Farah a été
arrêté le 17 avril pour un article alléguant que le chef
d’Etat-major de l’armée se servait de façon abusive d’une troupe
d’artistes de l’armée et utilisait sa position à des fins politiques.
Ceci est une affaire de réputation personnelle pour laquelle une peine
criminelle ne devrait pas être appliquée.

En plus de la peine d’emprisonnement,
la cour d’appel a ordonné à Farah de payer des dommages et intérêts
de 13 millions de francs djiboutiens (autour de 74.000 dollars américains)
et lui a imposé une amende criminelle de 1 million de francs djiboutiens
(autour de 5.500 dollars américains). Ces sommes sont énormes
dans un pays où le revenu moyen par individu est moins de 800 dollars
américains. La cour a également interdit la publication de Le
Renouveau pour trois mois.

La condamnation de Farah
est en violation de la loi internationale de protection de la liberté
d’expression. L’article 19 de l’Accord International sur les Droits Civils
et Politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, ICCPR)
stipule : " Tout le monde aura le droit à la liberté d’expression
; ce droit comprendra la liberté de . . . diffuser . . . l’information
et les idées de toutes sortes . . . par écrit ou dans la presse.
" Djibouti a adhéré au ICCPR le 3 février, 2003.

La presse doit bénéficier
de la plus grande protection quand elle couvre des sujets d’intérêt
public. Les Principes de Syracuse sur les Limitations et Dérogation
aux Dispositions du ICCPR, qui prévoient un guide autorisé de
l’accord, précisent que même en période d’état
d’urgence national, la clause dans l’article 19 qui permet la restriction
de la liberté d’expression en vue de protéger la réputation
des autres " ne sera pas utilisée pour protéger l’Etat
et ses représentants, de l’opinion publique ou de la critique "
(Principe 37).

De même, les Principes
de Johannesburg sur la Sécurité Nationale, la Liberté
d’Expression et l’Accès à l’Information prévoient que
" Personne ne peut être punie pour avoir critiqué ou offensé
. . . les autorités publiques . . . sauf si la critique ou l’offense
était intentionnelle et de nature à inciter à une haine
imminente " (Principe 7).

Les lois sur la diffamation
criminelle ont un profond et néfaste impact sur la liberté des
média et le débat démocratique. Les peines criminelles
sont disproportionnées et non nécessaires, surtout quand elles
sont utilisées pour défendre la réputation des grandes
autorités du gouvernement. Pour que le système démocratique
puisse fonctionner, les critiques à l’endroit des figures publiques
doivent être solides et libérées des entraves que sont
les menaces d’emprisonnement. Si protection il doit y avoir – dans des circonstances
extrêmes – elle doit être assurée par des moyens beaucoup
moins répressifs que des sanctions criminelles.

Dans le cas de Farah,
il s’avère que la loi sur la diffamation est en train d’être
appliquée principalement pour réduire au silence le dissident
politique. Farah n’est pas seulement l’éditeur de Le Renouveau, il
est aussi un rival politique, en sa qualité de chef du Mouvement Pour
le Renouveau Démocratique. Le Renouveau est une des rares publications
en dehors du monopole que le gouvernement et ses alliés exercent sur
la presse écrite et radiodiffusée au Djibouti.

L’usage abusif de la loi
sur la diffamation pour punir les opposants politiques se reflète dans
les conditions punitives et vindicatives de détention auxquelles les
autorités ont soumis Farah depuis le début du mois d’avril.

Il paraît que Farah
est détenu dans une toute petite cellule de 2,5 sur 1,5 mètres
(numéro 13) dans la prison de Gabode. Une toilette occupe la moitié
de cet espace. Quand un prisonnier est assis contre un mur, ses pieds touchent
l’autre mur. La cellule grille tout le temps à cause du soleil réfléchi
par un mur à côté. La ration d’eau est inadéquate,
et la cellule est infestée de mouches le jour, de moustiques la nuit.
Il paraît que Daher Ahmed Farah est coupé de tout contact humain
; la cellule habitée la plus proche se situe à 500 mètres
et la présence humaine la plus rapprochée est un garde sur le
toit de la prison, à 20 mètres.

Daher Ahmed Farah a été
maintenu en détention préventive dans ces conditions abominables
pendant les six semaines qu’a durées l’attente du procès, jusqu’à
ce qu’un magistrat a ordonné sa libération le 3 juin, 2003.
Trois jours après, il a été arrêté de nouveau
et remis dans la cellule 13.

Le 23 juin, Farah a été
acquitté par la cour pénale de Djibouti et relâché
encore. En appel par le gouvernement, la cour d’appel l’a condamné
le 9 juillet à six autres mois de prison, dont trois avec sursis. Les
autorités carcérales ont immédiatement enfermé
Farah dans la cellule 13 encore.

Juillet et août
sont les mois les plus chauds à Djibouti et les températures
diurnes dans la cellule monteront jusqu’à plus de 40 degrés
Celsius.

Les conditions de détention
de Farah sont on ne peut plus inhumaines, et violent le ICCPR, article 7,
qui stipule : " Personne ne sera soumise aux . . . traitement ou peine
cruels, inhumains ou dégradants. " Elles ne se conforment pas
non plus aux Règlements de l’ONU sur le Standard Minimal pour le Traitement
des Prisonniers.

L’usage du système
judiciaire pénal pour emprisonner un journaliste de l’opposition et
leader politique pour l’expression pacifique de ses opinions ainsi que l’interdiction
de son journal, non seulement violent la loi internationale, mais aussi ne
servent qu’à détruire les idéaux démocratiques
repris dans la Constitution de Djibouti et à menacer la légitimité
des institutions de l’Etat.

Monsieur le Président,
vous avez le pouvoir de réparer les dommages causés par l’usage
injustifié de la procédure pénale et par l’imposition
cruelle, et sans nécessité, d’un jugement. Nous vous demandons
d’user, sans tarder, de ce pouvoir pour libérer Daher Ahmed Farah,
annuler l’amende encourue, et rapidement rétablir, pour Le Renouveau,
le droit de publication.

Nous vous prions d’agréer
l’expression de nos sentiments respectueux.

Peter
Takirambudde
Directeur exécutif, Division Afrique

01/08/03 (B207) MISÈRE ET PAUVRETÉ : C’EST UNE AFFAIRE DE SIGLES ! par Freeman


Connaissez-vous le DSRP ? Il est paraît qu’il a été fêté
– selon dépêche de l’ADI du 31 juillet – en grande pompe hier
par la secte des grands vidangeurs des caisses publiques. Tenez, puisqu’il
raffole de sigle creux, nous leur en sortirons un tout nouveau, digne des
sigles du FMI et des autres agences de l’ONU.

Le notre, il n’est pas
vide de sens. Il est riche d’une très longue pratique et d’une expérience
validée sur le terrain. C’est un sigle qui j’espère parlera
au Djiboutien

Les G.V.C.P veut dire
: Grands Vidangeurs des Caisses Publiques.

Le petit Gourou des GVCP,
en la personne de Y.E.B, fidèle disciple du Grand Gourou, Génie
de la Corne, gardien des secrets et des traditions séculaires des GVPC
IOG, vient de circonscrire le fléau qui ronge le pays.

Tous les prêtres
et autres grands manitous des GVCP se sont réunis pendant plusieurs
jours. Après de longues prières et autres incantations en langue
GVCP – langue morte pratiquées par les adorateurs du grand Gourou des
GVCP plus connu sous l’expression langue de bois – viennent de trouver enfin
un remède à cette terrible malédiction qui frappe notre
pays depuis exactement 26 ans.

Il a fallu plus d’un quart
de siècle aux prêtres des GVCP pour nous pondre le DSRP, c’est
ce que nous affirme un nouveau disciple un certain DMD qui a indiqué
: " Le (DSRP), qui vous est soumis aujourd’hui et qui servira de, fondement
et de repère à nos actions futures est basé sur une démarche
globale qui augure une meilleure emprise sur le phénomène de
la pauvreté dans toutes ses dimensions ". Il parle bien DMD !

Il est vrai que les pauvres
bougres des gouvernements successifs de HGA et IOG n’ont rien pu faire pendant
25 ans. Il ne pouvait pas travailler – si ce n’est pour leurs poches bien
entendu – et vous savez pourquoi. Parce qu’il n’avait pas le DSRP. Evidemment.

Et puis ce qui a fait
le plus défaut pendant ces 25 ans, c’est surtout les statistiques :
des chiffres fiables. Parce que les pauvres, ça ne se devine pas et
surtout c’est tellement pauvre qu’on ne les voit pas. Dans les rues : pas
de pauvres. Dans les quartiers encore moins.

Et aujourd’hui malheureusement
la nouvelle vient de tomber avec la publication du DSRP : il y des pauvres
à Djibouti. Qui aurait pu croire cela ?

La morale est sauve car
le petit gourou des GVCP, Y E B a déclaré : " le gouvernement
djiboutien ne manquera pas d’en prendre note et s’engage résolument
à combattre d’une manière frontale le chômage. "

Cette fois, la caste des
GVCP a vraiment l’air décidé de prendre la misère et
la pauvreté par les cornes pour la terrasser et lui donner l’estocade
finale. La tauromachie en la personne de YEB vient de trouver un nouveau disciple.
Doit-on dire Tauromachie et DSRP même combat ?

Freeman

31/07/03 (B207) Le Président de Human Right Watch (HRW) écrit une lettre ouverte à IOG pour lui demander la libération de DAF. (En anglais)

Lien
avec l’article : http://hrw.org/press/2003/07/djibouti073003ltr.htm

Letter
to President Guelleh

His
Excellency Ismaël Omar Guelleh

President of Djibouti
c/o Embassy of Djibouti
1156 15th St., NW, Suite 515
Washington DC 20005

July 30,
2003


Dear President Guelleh:

Human Rights Watch requests
that you unconditionally release from detention journalist Daher Ahmed Farah,
a political opposition leader who has been convicted of the crime of defamation
for criticizing the army chief of staff in an article in his newspaper, Le
Renouveau. We further request that the government lift its 3-month ban on
publishing Le Renouveau and annul the enormous fine imposed on Farah.

In addition, Human Rights
Watch urges repeal of the law making defamatory statements a criminal offense.

Farah was arrested on April 17 for an article alleging that the army chief
of staff was making improper use of a troupe of military entertainers and
was using his position for political ends. This is a matter of personal reputation
to which no criminal penalty should apply.

In addition to his jail
sentence, the appellate court has ordered Farah to pay civil damages of 13
million Djibouti francs (around U.S.$74,000) and imposed a criminal fine of
1 million Djibouti francs (around U.S.$5,500). These are large sums in a country
where the average per capita income is less than U.S.$800. The court also
banned publication of Le Renouveau for three months.

Farah’s conviction violates
international law protecting freedom of expression. Article 19 of the International
Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) provides: "Everyone shall
have the right to freedom of expression; this right shall include freedom
to . . . impart . . . information and ideas of all kinds . . . in writing
or in print." Djibouti acceded to the ICCPR on February 3, 2003.

The press must be entitled
to the greatest protection when it covers matters of public interest. The
Siracusa Principles on the Limitations and Derogation Provisions of the ICCPR,
which provide authoritative guidance on the covenant, say that even in times
of national emergency, the provision in Article 19 that permits restricting
freedom of expression to protect the reputation of others "shall not
be used to protect the state and its officials from public opinion or criticism"
(Principle 37).

Likewise, the Johannesburg
Principles on National Security, Freedom of Expression and Access to Information
provide that "No one may be punished for criticizing or insulting …
public officials … unless the criticism or insult was intended and likely
to incite imminent violence (Principle 7).

Criminal defamation laws
have a profound and chilling effect on media freedom and democratic debate.
Criminal sanctions are disproportionate and unnecessary, especially when used
to defend the reputation of high government officials. In order for the democratic
system to function, criticism of public figures must be robust and unfettered
by the threat of incarceration. If protection is necessary — in extreme circumstances
— it can be provided by means far less oppressive than criminal sanctions.

In Farah’s case, it appears
that the anti-defamation law is being enforced principally to silence political
dissent. Farah is not only editor of Le Renouveau, he is a political rival,
as head of the Mouvement Pour le Renouveau Democratique. Le Renouveau is one
of the few publications outside the monopoly that the government and its allies
exercise over the written and broadcast press in Djibouti.

The misuse of the defamation
law to punish political opponents is reflected in the punitive and vindictive
conditions of confinement to which the prison authorities have subjected Farah
since early April.

We understand that Farah
is being held in a tiny 2.5 by 1.5 meter cell (number 13) at Gabode Prison.
A toilet takes up half the space. When a prisoner sits against one wall, his
feet touch the opposite wall. The cell is broiling at all times because of
sunlight reflected from a nearby wall. The water ration is inadequate, and
the cell is fly-infested during the day and mosquito-infested at night. We
understand that Daher Ahmed Farah is isolated from all human contact; the
nearest inhabited cell is 500 meters away and the nearest human presence is
a guard on a prison roof, 20 meters away.

Daher Ahmed Farah was
kept in preventive detention in these abysmal conditions for six weeks pending
trial, until a magistrate ordered his release on June 3, 2003. Three days
later he was re-arrested and returned to cell 13.

On June 23, Farah was
acquitted by Djibouti’s criminal trial court and again released. On appeal
by the government, the appellate court on July 9 sentenced him to six more
months of incarceration, three of which are suspended. The prison authorities
immediately confined Farah in cell 13 again.

July and August are the
hottest months in Djibouti and daytime temperatures in the cell will climb
above 40 degrees centigrade.

Farah’s conditions of
confinement are inhumane by any standard, and violate the ICCPR, article 7,
which states: "No one shall be subjected to . . . cruel, inhuman or degrading
treatment or punishment." Nor do they conform to the U.N. Standard Minimum
Rules for the Treatment of Prisoners.

Use of the criminal justice
system to jail an opposition journalist and political leader for the peaceful
expression of opinion and the closure of his newspaper, not only violates
international law, but can only serve to undermine the democratic ideals enshrined
in the Djibouti Constitution and to threaten the legitimacy of state institutions.

Mr. President, you have
the power to undo the damage caused by unwarranted use of the criminal process
and by the unnecessarily cruel enforcement of a sentence. We ask that you
exercise those powers without delay, to release Daher Ahmed Farah, to cancel
the fine awarded, and to promptly restore the right of Le Renouveau to publish.

Very truly yours,


Peter Takirambudde

31/07/03 (B207) MON PAYS VA MAL (par Freeman)

Je n’ai pas pu m’empêcher
de reprendre le titre d’une chanson de Tiken Jah Facoli (chanteur ivoirien).
Chanson qui par ailleurs a été censurée à l’époque
par le gouvernement ivoirien. Fermons cette petite entrée en matière
pour nous intéresser encore une fois à l’une des dépêches
de l’ADI qui après tout n’est qu’un prétexte – mais un bon prétexte
– pour aborder la triste réalité de notre pays.

Cette respectable agence
de désinformation, nous rapporte que le gouvernement djiboutien, dans
un éclair de lucidité, vient de découvrir que la pauvreté
et même l’extrême pauvreté de nos concitoyens sont la résultante
d’un chômage endémique qui frôlerait les 70% de la population
en âge de travailler.

A mon avis, il y a anguille
sous roche. Je trouve très suspect que le gouvernement communique depuis
quelques jours à outrance sur la plaie du chômage à Djibouti.
D’habitude il arbore fièrement leur pseudo statistique pour nous dire
qu’au 1er ou 2nd semestre il y a eu création d’un certain nombre d’emplois
(jamais au-delà de 20 créations).

Aujourd’hui, il ne cache
plus rien et étale sur la place publique leurs piètres résultats
et surtout leur gestion calamiteuse d’un pays qui avait tout pour réussir
une sortie progressive du sous-développement. Pire, nos concitoyens
continuent à sombrer dans une misère noire. Une misère
digne des romans de Zola, insupportable en plein XXI° siècle.

Il y a fort à parier
que dans l’un des tiroirs de l’une des agences de l’ONU, il existe une petite
ou peut être une très grosse enveloppe – il est plus politiquement
correct de parler de projet – pour aider la République de Djibouti
à faire face au fléau du chômage alors que l’on sait pertinemment
où se trouve le vrai fléau.

Si l’on croit les chiffres
avancés par la Banque mondiale , le gouvernement Djiboutien aurait
bénéficié d’environ 38 millions de dollars (entre 2000
et 2003) pour réduire la pauvreté et ses effets. On a eu droit
à une petite campagne sur le document stratégique de réduction
de la pauvreté et pschitt ! Rien du tout depuis. Y a-t-il moins de
pauvres, plus de créations d’emplois ou moins de malade du Sida …J’en
doute très fort. Ces 38 millions ont-ils été utilisés
comme il se doit ? Les plus dévots d’entre nous auraient certainement
répondu: " Dieu seul le sait ? ".

Et malheureusement, le
pire des scénarios est entrain de se réaliser. Les experts de
la banque mondiale appellent cela " le scénario bas " . En
langage moins technocratique cela veut dire que le pays s’achemine vers le
" scénario catastrophe " ; et que rien de ce qui aurait dû
se réaliser n’a été accompli aussi bien en terme de créations
d’emploi, de réduction de la pauvreté ou de renforcement de
la gouvernance.

Dans un pays quand on
assiste à la disparition d’une classe moyenne et c’est le cas à
Djibouti, c’est un signe qui ne trompe pas sur la détérioration
des problèmes socio-économiques. En effet, cette classe moyenne
était jadis constituée des enseignants et d’une grande partie
des salariés de la fonction publique. Les plus privilégiés
d’entre nous pouvaient aider ceux qui étaient dans le besoin. Ils étaient
certes pauvres mais pas misérables ! Ils avaient encore une certaine
dignité et pouvaient remplir leur rôle de père, de mère,
d’époux (se).

Aujourd’hui, le paysage
social est apocalyptique. Il dépasse l’entendement. La misère
est omniprésente. Elle frappe à toutes les portes et touche
tout le monde sans distinction de classe socioprofessionnelle. Elle est entrée
dans les mœurs et a engendré de nouvelles habitudes et surtout
beaucoup de travers. Quémander est devenu chose naturelle. On le fait
sans rougir et sans se poser de questions. Est-ce qu’on a vraiment le choix
?

A-t-on vraiment le temps
ou l’idée de se poser toutes ces questions quand la misère affame
nos familles. Pense-t-on dignité ou fierté quand cette même
misère disloque et fait éclater en mille morceaux les familles.

A-t-on encore sa dignité
quand un subodore que sa fille ou sa femme se prostitue occasionnellement
pour réussir à faire bouillir la marmite familiale au moins
une fois par jour ? Certains penseront que je grossis le trait. Je réponds
que non !

C’est surtout par pudeur
que je ne fais qu’effleurer la réalité en laissant à
chacun d’entre nous la liberté d’imaginer l’ampleur du mal qui ronge
une à une les fibres de notre société et surtout de notre
dignité.

Face à cette misère
sans nom, il y a une nouvelle classe qui affiche ostensiblement ces richesses
accumulées sur le dos d’un peuple meurtris et vidés jusqu’à
la moelle. Elle roule en 4X4 (plusieurs millions de francs Djibouti) et habite
villas luxueuses qui n’ont rien à envier à certains quartiers
de Miami. Elle s’enrichit indûment et sans le moindre complexe.

Certains fonctionnaires
– à la de leur traitement – ne pourraient justifier de leur train de
vie si ce n’est par la corruption. Et là, je vise tous les Directeurs
et autres hauts responsables de la fonction publique qui vivent très
largement au dessus de leurs réelles ressources (salaires).

A côté de
ces planqués de la corruption, il y a une nouvelle caste. Je parle
de caste parce que très souvent, ces gens ont un lien de sang direct
ou indirect avec les apparatchiks au pouvoir. C’est au nom de cette filiation
qu’ils ont obtenu le sésame pour mener à bien leurs " sales
affaires ". Ils se prétendent des hommes d’affaires. Il en est
rien. Ils n’ont ni le talent et encore moins l’intelligence de l’homme d’affaire.
Leur seul mérite c’est leur proximité (par intérêt
ou par filiation) du pouvoir. C’est une caste qui vit en parfaite osmose avec
le pouvoir. Ils s’alimentent – ou s’autoalimentent – réciproquement
et font tout pour que le système perdure ad vitam aeternam.

Je ne sais pas s’il perdurera
ad vitam aeternam mais il est là depuis au moins deux décennies
et il est entrain de redessiner – pour ne pas dire défigurer – profondément
et durablement les fondements et les valeurs de notre société.


FREEMAN