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05/02/2000 – BIENTÔT UN NOUVEL AMBASSADEUR DES USA A DJIBOUTI ? (Extrait de la LETTRE DE L’OCÉAN INDIEN n°890 – 05/02/2000 )

“Le président Bill Clinton a annoncé, le 2 février, son intention de nommer ambassadeur à Djibouti l’actuel directeur adjoint du bureau des affaires d’Afrique de l’Est au département d’État, Donald Yamamoto…”

05/02/2000 – De nouvelles taxes pour financer l’accord avec la Somalie (Extrait de la LETTRE DE L’OCÉAN INDIEN n°890 – 05/02/2000 )

DJIBOUTI : Des fonds pour l’initiative diplomatique sur la Somalie

” Un décret du gouvernement djiboutien vient d’instaurer une augmentation de taxe de 20% sur les alcools afin de financer un fonds spécial sur la Somalie. Ce fonds devrait financer l’initiative diplomatique du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh visant à organiser à Djibouti, dans le courant de l’année, une conférence de réconciliation sur la Somalie…..
…. D’autres nouvelles taxes sur les tabacs et le khat devraient être introduites avec la même finalité…. “

05/02/2000 – ÉTHIOPIE: LES EXPORTATIONS DE KHAT VERS DJIBOUTI EN FORTE PROGRESSION. DES BÉNÉFICES CONSIDÉRABLES POUR LES EXPORTATEURS. (Extrait de la LETTRE DE L’OCÉAN INDIEN n°890 – 05/02/2000 )

KHAT : Principale exportation en hausse en Éthiopie

“Les statistiques éthiopiennes pour l’année 1998-1999 montrent que les recettes d’exportation de khat (une sorte de narcotique doux) sont celles qui ont enregistré la plus forte hausse. ….
…. En revanche, les exportations de khat ont progressé de 84% en volume (de 5 900 à 11 000 tonnes) et de 66% en valeur (de 36 millions à 60 millions $). …
… l’État. a perdu son monopole sur l’exportation de khat dont le principal artisan est maintenant la Dinsho Company, une firme privée liée à la coalition gouvernementale de l’EPRDF. Cette société était autorisée il y a deux ans à exporter 5 tonnes de khat par jour vers Djibouti, ce qui lui assurait un revenu annuel d’environ 10 millions $ .”

Note de l’ARDHD

La consommation de Khat à Djibouti fait partie des habitudes. Il ne rentre pas dans notre mission aujourd’hui de donner un avis sur le bien-fondé ni sur les dangers de cette pratique : elles sont connues.
Cependant en apprenant la forte augmentation des importations de Khat à Djibouti, on peut se demander si le gouvernement ne mise pas sur ce narcotique pour “calmer” le climat social ?

05/02/2000 – Gesticulations au Palais Présidentiel – M. GUELLEH rappellerait les “anciens” pour qu’ils lui viennent en aide.

Selon nos informateurs, on raconte que le Président GUELLEH s’agiterait beaucoup dans son Palais. Il interpelle, il ordonne, il vilipende la France et l’Europe, il s’en prend à l’Ambassadeur de France. Bref … il demanderait à tout le monde de le soutenir dans l’affaire BORREL et de témoigner à haute voix que lui, GUELLEH est absolument innocent. A trop en faire On se condamne parfois.

Il aurait même rappelé M. Ismaël GUEDI pour lui proposer de se joindre à l’équipe présidentielle (comme autrefois). Bien qu’ayant souffert et qu’une partie de sa famille ait subi l’épreuve de l’incarcération à Gabode, on dit que Monsieur GUEDI pourrait accepter – ce qui ne serait pas du goût de son épouse.

Il aurait aussi rappelé M Moumin BAHDON, dont nous ne connaissons pas la réponse.

Si tous les loups se retrouvent pour manger à la même table … ? Il y aura des bagarres pour les meilleurs morceaux … !

A qui le tour ? on devrait vite connaître le nom du prochain élu …

05/02/2000 – Pourquoi la FRANCE est-elle condamnée à tout tenter pour “étouffer” l’Affaire BORREL ?

L’affaire BORREL empoisonne les relations franco-djiboutiennes.

Djibouti a réagi très vivement à l’information diffusée en France de la mort probable par assassinat du juge BORREL, soi disant suicidé en 1997.. C’est vrai qu’il vaut mieux attaquer lorsque l’on se sent coupable … ! (Rappelons cependant que la culpabilité possible de M. GUELLEH reste à vérifier et à établir, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui).

A la suite de l’indépendance de Djibouti, et malgré la détérioration démocratique rapide et grave du régime dès les années 80, la France a continué de soutenir contre vents et marées les dictateurs de Djibouti et l’opinion locale comme internationale a tendance à penser, que, sans doute pour des intérêts cachés, la France a “peur” des réactions djiboutiennes. Face aux nouvelles violations avérées des droits de l’homme, et face à cette découverte d’assassinat, tout laisse à penser qu’une fois encore la France ne va pas lâcher le camarade GUELLEH dans l’adversité..

Le Gouvernement français aurait pu profiter de cette affaire pour provoquer la fin d’un régime dictatorial et sanguinaire : soit en incitant vigoureusement au changement d’orientation, soit en imposant des règles minimum en terme de démocratie et de respect des droits de l’homme, en contrepartie de l’aide financière qu’elle maintient directement et indirectement.

L’affaire BORREL ( vraisemblable meurtre maquillé en suicide) : trois niveaux distincts de responsabilité :

1 – D’abord l’assassinat probablement par des Djiboutiens. Qui ? Agissant sur instruction de qui ?
2 – Ensuite la mise en scène du suicide, probablement par des djiboutiens ? Agissant sur instruction de qui ?
3 – L’accréditation de la thèse du suicide par les autorités françaises. Dans le cas du juge Borrel, s’il y a eu meurtre comme désormais tout le laisse supposer, il est clair que ce meurtre a été maquillé en suicide avec l’accord ( la complicité ?) de la France. Ce sont bien les français qui ont certifié, dans les heures suivant la découverte du corps, qu’il s’agissait d’un “suicide regrettable”. Ce serait le Chef (français) de la Mission de Coopération de l’époque qui aurait pris la décision de déclarer que ce n’était pas un meurtre … C’est un juge français qui l’a confirmé plus tard.

On comprend ainsi que les autorités françaises n’ont aucun intérêt aujourd’hui (ni hier) à ce que cette affaire soit élucidée, car la mise au jour de l’assassinat pourrait impliquer non seulement des djiboutiens mais aussi des français aux intérêts tapis dans l’ombre.

A moins d’un sursaut salutaire malheureusement peu probable, il va nous falloir assister à de nouvelles manoeuvres qui tendront à étouffer l’affaire dans les prochains jours.

Il y a tout lieu de croire qu’un dispositif français fort efficace d’étouffement de l’affaire est en train de se mettre en place, à trois niveaux :

En première ligne, Le juge Le Loire, qui instruit officiellement le dossier, s’est déjà rendu à Djibouti avec pour mission officielle d’élu(ci)der l’affaire. Il en est revenu en affirmant qu’il n’avait rencontré aucun témoin susceptible de laisser penser qu’il s’agissait d’un meurtre (même si l’autopsie, effectuée – curieusement – longtemps après le décès, a conclu sur le fait que le juge BORREL n’était pas mort carbonisé …!). Le juge a déjeuné chez Monsieur GUELLEH : est-ce le seul témoin qu’il a rencontré ?

Quand, il y a presque deux mois, un ancien militaire réfugié à Bruxelles a demandé à témoigner : les deux juges français en charge du dossier (Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini ) n’ont pas jugé nécessaire de se déplacer pour l’écouter. Il a fallu la pression de la mobilisation médiatique (informations dans Le Monde, Le Figaro, France 2, ) pour qu’ils se décident enfin à rencontrer le témoin. Au cours de l’audition, Ils auraient essayé de l’influencer en insistant sur le fait qu’il pouvait revenir, à tout moment, sur ses déclarations, etc… sur la gravité de ses accusions et sur les risques qu’il encourait en persistant, …. (Cf Le FIGARO du 3/02 et Libération du 4/02). Le témoin a maintenu son témoignage : le juge Borrel aurait bien été assassiné.

En deuxième ligne : “museler” la télévision .
A titre d’exemple, un sujet sur l’affaire Borrel annoncé pour le journal a été déprogrammé plusieurs fois et à la dernière minute …

En troisième ligne : la possibilité d’exercer des pressions sur les témoins pour qu’ils se taisent.
En particulier sur ceux qui ont une partie de leur famille vivant à Djibouti et qui sont les plus vulnérables, mais ce ne sont pas les seuls. Il n’est pas exclu que des témoins se rétractent et refusent désormais de parler …

Tout laisse donc penser que si les pouvoirs publics français actuels sont effectivement engagés dans cet objectif d’étouffement de l’affaire Borrel et de tous les comportements de violation des droits de l’homme qu’elle implique, l’affaire n’a effectivement aucune chance d’être jamais élucidée.
Pourquoi tient-on tellement à étouffer l’Affaire Borrel, pourquoi tient on tellement à méconnaître les violations des droits de l’Homme à Djibouti ?

La veuve du juge Borrel, pourtant elle-même magistrate, aura bien du mal à faire éclater la vérité dans ces conditions et avec une tel mur de silence devant elle. Sauf à réussir à lever le verrou du silence, et à faire reprendre l’instruction à la base, avec un vrai but de recherche de la vérité.

Cela dit, les temps évoluent, l’opinion, de plus en plus consciente, et informée quoi qu’il en soit par une presse et des journalistes soucieux de vérité, commence à se lasser de l’impunité qui couvre trop habituellement de telles affaires.

Il est ainsi possible que, face à la force têtue de preuves accumulées, de présomptions, et aussi de protestations en recherche de vérité et de démocratie, que les pouvoirs publics de notre pays soient enfin sur ce terrain contraints d’agir selon les règles de l’État de droit que nous prétendons être, et de se donner les moyens de rechercher, de trouver et de diffuser la vérité, quelle qu’elle soit, et aussi pénible qu’elle soit éventuellement.

Il ne faut pas perdre de vue qu’un crime comme celui-là à un mobile. Si le meurtre était confirmé, le mobile aura certainement été de faire taire le juge BORREL. C’est donc qu’il était lui-même, dans le cadre de sa mission de juge, sur une piste qui pouvait déranger ses futurs assassins : trafic, attentat du café de Paris ??? Que savait-il ? Qu’a-t-on voulu lui éviter de révéler ? Sur qui ?

On comprend que nos dirigeants soient enclins à enterrer l’affaire, car la gestion d’une vérité embarrassante est beaucoup plus difficile a posteriori que son étouffement dans l’oeuf.

L’affaire sera-t-elle donc vraiment étouffée pour (apparente et mauvaise) raison d’État ? Ou bien notre pays se hissera-t-il au niveau de l’image qu’il voudrait avoir de lui-même ?

Dénis de justice, dénis d’écoute judiciaire. Musellement de la presse : aujourd’hui encore, Monsieur GUELLEH peut se tranquilliser … Pour le moment, il ne risque rien.

Aujourdhui, une seule personne a encore le courage et la ténacité de se battre pour la vérité : la femme du juge Borrel.

Ne la laissons pas seule.

Avec l’affaire Borrel, il ne s’agit pas ‘seulement’ de l’assassinat d’un juge. Sous la dictature de Djibouti, l’étouffement de la vérité se conjugue avec “les affaires” et la violation systématique des droits de l’homme.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD

05/02/2000 – SILENCE COMPLET ! Les autorités françaises ne répondent plus : ministères, députés, .. !

Notre Association a adressé de nombreux courriers à des ministres et à des députés français: elle n’a reçu aucune réponse à ce jour. Que se passe-t-il ? Autrefois, les hommes politiques avaient la courtoisie, au minimum, d’accuser réception d’un courrier officiel, même s’ils ne répondaient pas aux questions. Il semble que ces bonnes habitudes se soient perdues.

Ce silence traduit-il la gène de nos dirigeants face au cas djiboutien et aux possibles développements de l’Affaire BORREL ?

Parmi les récents courriers sans réponse, citons :

Le 9 janvier 2000 à Monsieur Lionel JOSPIN, Premier Ministre : une lettre co-signée par de nombreuses personnalités pour attirer son attention sur la demande d’assistance exprimée par Me AREF,

Le 25 janvier 2000 à Monsieur Jack LANG, député, Président de la Commission des A.E. à l’Assemblée nationale sur le même sujet,

Le 30 janvier 2000 à Monsieur Jean-Michel BOUCHERON, député d’Ile et Vilaine, une lettre par E-Mail pour attirer son attention, avant son départ pour Djibouti, sur 3 points :

Le cas de Me AREF,

Les possibles interventions de l’Armée française en soutien de l’AND dans sa guerre contre les résistants du FRUD dans le Nord,

La situation des prisonniers politiques à Gabode.
Nous espérons toujours recevoir des réponses …..

04/02/2000 – Affaire Borrel: demande de dessaisissement des juges d’instruction (Extrait AFP / Yahoo)

PARIS (AP) — Le syndicat de la magistrature (SM, gauche-minoritaire) souhaite le dessaisissement de l’un des deux juges chargés de l’enquête sur le décès à Djibouti en 1995 de Bernard Borrel, un magistrat français, a-t-il fait savoir vendredi dans un communiqué.
Le Syndicat de la magistrature entend déposer la semaine prochaine devant la chambre criminelle de la Cour de cassation une requête en suspicion légitime de la juge d’instruction Marie-Paule Moracchini.

Jeudi, les avocats d’Élisabeth Borrel, la veuve du magistrat, ont demandé au procureur de la République de Paris, pour des motifs identiques, le dessaisissement des deux magistrats instructeurs. Ils accusent Mme Moracchini d’avoir invité un témoin à revenir sur ses déclarations lors de son audition lundi à Bruxelles par les deux juges.

Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien officier de la garde présidentielle, aujourd’hui réfugié en Belgique, accuse en effet l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh d’être le commanditaire de la mort violente du magistrat français, à l’époque conseiller auprès du ministre de la justice djiboutien.

L’enquête des juges français semble s’orienter vers la thèse du suicide du magistrat français qui se serait immolé le 19 octobre 1995. Le SM ainsi que l’Association professionnelle des magistrats (APM, droite minoritaire) se sont constitués partie civile dans ce dossier.