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15/03/2000 – Des prisonniers politiques toujours incarcérés et oubliés, semble-t-il, de tous.

Lors de la signature des accords de Paix à Paris, nous avions reçu l’assurance que tous les prisonniers politiques seraient libérés. Le nombre de 47 avait été avancé avec précision par la délégation gouvernementale.

Sauf erreur de notre part, nous avons enregistré la libération de 29 prisonniers et la condamnation-libération de 10 autres. Ce qui représente 39 personnes.
Pour nous, il en manque encore 8 au minimum …

A part les actions courageuses de la LDDH, nous n’avons entendu aucune protestation ni aucun appel en faveur de ces prisonniers qui semblent devenus des fantômes …. et pourtant ils sont bien en prison dans l’enfer de Gabode et ils souffrent injustement.

Pour quelles raisons seraient-ils abandonnés de tous ?

nous adressons un message à tous les signataires des accords de Paris, le FRUD et le Gouvernement djiboutien, aux prisonniers politiques libérés, aux Associations pour que ces hommes soient aussi libérés dans les meilleurs délais et pour qu’ils interviennent en leur faveur.

Pourquoi M. GUELLEH ne profiterait-il pas de l’occasion qui lui est donnée par la fête du mouton pour libérer ces prisonniers ?
Cela ne pourrait qu’être porté au crédit de son image si malmenée.

14/03/2000 – Affaire Borrel: la partie civile demande la saisine de l’Inspection générale des services judiciaires. Dépêche AP (Source YAHOO)

PARIS (AP) — La veuve d’un magistrat français décédé en 1995 à Djibouti a demandé lundi au Garde des Sceaux d’ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles l’instruction concernant la mort de son époux est menée par deux magistrats parisiens.
“Nous vous demandons de bien vouloir ordonner une enquête de l’Inspection générale des services judiciaires sur les conditions dans lesquelles l’information est menée (d’instruction)”, ont écrit lundi au ministre de la Justice les avocats d’Elisabeth Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes. Ce courrier a été rendu public le même jour lors d’une conférence de presse.

Le corps de Bernard Borrel a été retrouvé carbonisé le 19 octobre 1995 à Djibouti. L’enquête confiée à la brigade criminelle a conclu à la thèse du suicide alors que la veuve du magistrat est persuadée que son mari, détaché comme conseiller au ministère djiboutien de la Justice, a été victime d’un assassinat.

Au mois de janvier, Mohamed Saleh Alhoumekani, ex-officier de la garde présidentielle de Djibouti, aujourd’hui réfugié en Belgique, a affirmé aux deux magistrats, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, que l’actuel président de la République Ismaël Omar Guelleh, un terroriste libanais et un restaurateur corse étaient les commanditaires de l’assassinat du magistrat français.

Selon les avocats de Mme Borrel, le juge d’instruction Marie-Paule Moracchini aurait invité ce témoin à revenir sur ses déclarations lors de son audition. Ils ont tenté, sans succès, de faire dessaisir les juges d’instruction.

Cette conférence de presse a eu lieu alors que les deux juges d’instruction ainsi qu’un procureur-adjoint de la République de Paris ont regagné la capitale après avoir passé 11 jours à Djibouti. Accompagnés du chef de l’Institut médico-légal de Paris, ils ont procédé à une reconstitution du décès de Bernard Borrel et entendu plusieurs témoins, a-t-on précisé lundi de sources judiciaires.

L’ambassade de la République de Djibouti à Paris s’est félicité lundi dans un communiqué de la mission des magistrats français qui “aura eu pour principal bénéfice de lever tout équivoque suite aux accusations infondées de Mohamed Saleh Alhoumekani à l’encontre des autorités djiboutiennes sur les circonstances du décès du juge Borrel”.

14/03/2000 – De retour à Paris, les juges LE LOIRE et MORACCHINI pourraient conclure une deuxième fois au suicide du juge BORREL

Les juges LE LOIRE et MORACCHINI conduisent l’enquête à leur façon, sans informer les parties civiles, ce qui est contraire aux usages.

Le premier procès-verbal de reconstitution en mars n’avait pas convaincu (même les syndicats de la magistrature …).

Ils ont enquêté à Djibouti, privilégiant l’interrogatoire de tous les membres de la famille du principal témoin Alhoumekani en présence de policiers djiboutiens qui les avaient “préparés” auparavant…. Ils ont aussi interrogé “partiellement” l’ancien ministre de la justice M Moumin Bahdon, qui avait pourtant demandé à être entendu en France pour pouvoir s’exprimer librement et complètement.

M Guelleh ayant refusé de leur répondre (contrairement aux accords passés dans le cadre de la commission rogatoire), ils reviennent de toutes les façons avec des informations incomplètes …

Bref, tout laisse penser qu’ils pourraient conclure au suicide du juge BORREL …

14/03/2000 – le général de police Yacine Yabeh a échappé, par miracle, à une tentative d’assassinat.

Note de l’ARDHD:
nous n’avons que peu d’informations sur la tentative d’assassinat contre la personne du Général Yacine Yabeh.
L’assassinat et la tentative d’assassinat sont particulièrement fréquents à Djibouti : Maître AREF a échappé à deux tentatives fin 99. Le juge Borrel aurait pu être assassiné. etc…

Qui commandite ces attentats ? comme disait le policier : “Cherche à qui le crime profite..”

14/03/2000 – Mort d’un juge: la veuve attaque juges et policiers Cinq ans après la découverte du cadavre à Djibouti, Élisabeth Borrel demande une enquête sur l’instruction. (Extrait de Libération)

Par BRIGITTE VITAL-DURAND
Le mardi 14 mars 2000

Il y a déjà eu un mort, deux orphelins et une veuve. Qu’est-ce qu’on veut encore?Qui est-ce que l’on protège? je ne comprends pas. Je ne comprends plus du tout.” Cinq ans et demi après la découverte du corps retrouvé carbonisé le 19 octobre 1995 à Djibouti, Élisabeth Borrel ne sait toujours pas “pourquoi et comment” son mari, le juge Bernard Borrel, est mort.

Réfutant la thèse officielle – et de plus en plus bancale – du suicide, elle a rendu publique une demande d’enquête par l’Inspection générale des services judiciaires, au moment où les juges d’instruction Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini rentraient précisément de Djibouti. Partialité. Adressée hier à la garde des Sceaux par ses avocats Olivier Morice et Laurent de Caunes, la demande porte sur les conditions dans lesquelles est menée l’information judiciaire.

Elle dénonce la partialité dont auraient fait preuve les juges, lors de l’audition récente d’un témoin, ancien membre de la garde présidentielle, venu accréditer la thèse du meurtre. Lors de sa conférence de presse hier à Paris, Élisabeth Borrel était entourée de Dominique Matagrin, président de l’Association professionnelle des magistrats (APM, droite ), et d’Anne Crenier, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche), parties civiles au dossier aux côtés de l’Union syndicale des magistrats (USM, modéré). Multiplication.

L’instruction du dossier Borrel est menée de manière “rocambolesque”, a accusé Dominique Matagrin, tandis qu’Anne Crenier dénonçait “la multiplication d’anomalies”.

Magistrate elle-même, Élisabeth Borrel a raconté hier “les investigations sur la personnalité de mon mari, sur sa pédophilie, sur sa corruption. On a essayé de lui trouver une maîtresse, on a épluché ses comptes. Là, je parle de l’action des policiers”.

Pour l’action des juges, elle a des mots aussi durs. Car ils ont été lents: quatre mois écoulés avant de réaliser l’autopsie, plus d’un an avant d’en obtenir le rapport, dix-huit mois avant le premier transport d’un juge à Djibouti, deux ans avant d’entendre un témoin (hormis elle et un aumônier), deux ans avant d’ordonner une contre-expertise médico-légale.

Au début de l’instruction, les juges sur place “ont entendu nos femmes de ménage, les enfants des rues. Mais pas le ministre de mon mari” (le juge Borrel était détaché auprès du ministre de la Justice de Djibouti).

La reconstitution? Élisabeth Borrel “ne la comprend pas”: “Mon mari aurait descendu, à pied, et couvert d’essence, un à-pic de cinq mètres”. “Avec un briquet à la main, puisqu’il était dévêtu”, précise Olivier Morice. Inondation. Viennent s’ajouter des trous manifestes.

Le dossier médical de son mari “disparu” dans “une inondation bien sélective”, puisqu’on a retrouvé, dans le même hôpital, le dossier de l’un des enfants du couple. Envolés aussi le poste militaire et le registre des passages dans la zone sécurisée, à 80 kilomètres au nord de Djibouti, où a été retrouvé le corps de Bernard Borrel.

Dans leur demande d’inspection, les avocats accusent les deux juges de “dialoguer davantage avec les médias qu’avec la partie civile”. ils assurent avoir appris, le 3 mars par France Soir, le départ des deux juges pour Djibouti. Ils ont vu, dimanche soir sur M6, à Capital, Roger Le Loire participer à une reconstitution, dans une autre affaire à Djibouti, en présence de journalistes.

Interrogés hier, ni la chancellerie, ni Roger Le Loire, revenu à Paris, n’ont souhaité réagir. Mais l’ambassade de Djibouti à Paris a vite tranché. Elle a assuré hier dans un communiqué que la mission des deux juges “aura eu pour principal effet de lever toute équivoque” après des “accusations infondées”.

14/03/2000 – RECTIFICATIF des éditions Tahin – Party au sujet des ouvrages parus et à paraître de François-Xabier VERSCHAVE

Après que nous ayons envoyée un mail concernant la parution d’un opuscule
de Francois-Xavier Verschave, intitule

“France-Afrique : le crime continue”,

de nombreuses personnes ont cru qu’il s’agissait d’un autre livre du même
auteur, dont la parution est annoncée depuis plusieurs mois deja.

Eh bien, non ! Erreur !

Le livre que nous venons de publier est un petit ouvrage de vulgarisation
aisément accessible, et par le prix et par le style, qui constitue une
14/03/2000 – première introduction au problème de la politique française en Afrique.

Le livre de F.-X. Verschave a paraître fera environ 500 pages, et constituera une somme sur le sujet ; il s’intitulera “Noir Silence. Qui arrêtera la Francafrique ?”, et sera publie aux éditions des Arènes vers la mi-avril 2000.

Francois-Xavier Verschave a écrit “La Francafrique. Le plus long scandale de la République” (1998). Il est président de l’association Survie, qui se
donne pour tache de faire la lumière sur la politique africaine de la France et de contribuer a l’instauration de garde-fous.

80p. De format A6, 15F en librairies ou par correspondance (port compris), disponible a notre adresse ; pour toute commande De plus De 8 livres, 10F l’exemplaire (port compris).
CCP 11 731 22 F LYON

13/03/2000 – AFFAIRE BORREL:Les avocats de la partie civile demandent au Garde des Sceaux une enquête de l’Inspection Générale des Services judiciaires

OLIVIER MORICE
Avocat à la Cour
Ancien Secrétaire de la Conférence

à Madame Élisabeth GUIGOU
Garde des Sceaux Ministre de la Justice
Ministère de la Justice
13, Place Vendôme 75001 PARIS

Paris, le 13 Mars 2000

N/Réf. OM/CL
Aff: Assassinat du Juge Bernard BORREL

Madame Le Garde des Sceaux,

nous sommes contraints de vous saisir à nouveau, mon Confrère Laurent de CAUNES, Conseil des enfants de Monsieur Bernard BORREL et moi-même, A vocat de Madame Élisabeth BORREL, Magistrat actuellement en poste à TOULOUSE et veuve du Juge Bernard BORREL dont le corps a été retrouvé calciné à DJIBOUTI en Octobre 1995.
En effet, trois de vos Conseillers, à savoir Messieurs DEBACQ, POIRRET et VALEX, nous avaient reçus le 25 Janvier 2000, pour nous entendre sur les graves dysfonctionnements accompagnant le déroulement de l’information judiciaire dont sont chargés les Juges Marie-Paule MORACCHINI et Roger LE LOIRE.

Compte tenu d’éléments nouveaux qui viennent se rajouter aux anciens, nous vous demandons de bien vouloir ordonner une enquête de l’Inspection Générale des Services Judiciaires sur les conditions dans lesquelles l’information est menée.

Dès le mois de Novembre 1999, les Juges d’Instruction français ont été avisés par les autorités policières belges de l’existence d’un témoin essentiel accréditant la thèse de l’assassinat.

Les Juges d’Instruction français n’ont pas daigné recueillir les observations de ce témoin et il a fallu que le Conseil de ce dernier prenne contact avec nous pour nous alerter.

Ce n’est donc qu’à la suite d’une démarche rendue publique par les médias, du fait de la carence des Juges d’Instruction, que Monsieur ALHOUMEKANI, ancien officier de la garde présidentielle de DJIBOUTI, a été entendu dans le cadre d’une commission rogatoire internationale en Belgique par les deux Juges d’Instruction français.

A cette occasion, Madame MORACCHINI a interrogé le témoin d’une manière telle que celui-ci a protesté officiellement par l’intermédiaire de son Conseil, Me CAMBIER, quant aux pressions exercées par les Juges pour que Monsieur ALHOUMEKANI revienne sur ses déclarations. Vous trouverez d’ailleurs copie de la correspondance de Me CAMBIER à Monsieur le Procureur du Roi, qui nous semble suffisamment éloquente sur le comportement inadmissible des Juges.

Nous avons dès lors sollicité un entretien auprès de Monsieur le Procureur de la République de P ARIS, Monsieur DINTILHAC, afin de nous élever sur ces dysfonctionnements et solliciter de sa part le dessaisissement des Juges d’Instruction.
Nous avons donc rencontré Monsieur DINTILHAC et le Procureur de la République Adjoint, Monsieur DAUVEL, le 2 Février à 15 h, pour leur faire part de notre démarche.

Après un entretien d’une heure où le Procureur de la République de P ARIS nous a assurés de sa volonté pour que toute la lumière soit faite dans ce dossier et qu’une meilleure communication soit effectuée auprès de la partie civile, nous avons été sidérés de prendre connaissance, par une dépêche de l’AFP du 9 Février, d’une lettre que Monsieur Le Procureur de la République de P ARIS nous aurait adressée.

En réalité, ladite lettre fût envoyée le 14 Février au Conseil de Madame BORREL, ainsi qu’en atteste le cachet de la poste.

C’est certainement une manière toute particulière de Monsieur le Procureur, de communiquer dans une affaire que nous considérons être une affaire d’État.

L’incohérence ne s’arrêtant pas là et alors que nous avions sollicité de pouvoir participer à une nouvelle reconstitution sur les lieux, nous apprenions par le journal ” France Soir ” du Vendredi 3 Mars, le départ des Magistrats Instructeurs à DJIBOUTI, en compagnie de Monsieur le Procureur Adjoint, Monsieur DAUVEL.

Bien entendu cet article comporte une violation du secret de l’instruction par ceux qui y sont tenus (puisqu’il est fait explicitement référence au procès-verbal de synthèse et à une audition toute récente), mais surtout démontre la volonté des Magistrats de dialoguer davantage avec les médias qu’avec la partie civile, ce qui est une bien curieuse conception d’une justice sereine.

Nous avons donc demandé à l’Ambassade de DJIBOUTI de pouvoir bénéficier d’un visa pour nous rendre sur place afin de défendre les intérêts de nos clients.

Quelle ne fût pas notre surprise de constater que, dans un communiqué en date du 6 Mars 2000, l’Ambassade de la République de DJIBOUTI refusait de nous accorder un visa au motif que ” les Juges d’Instruction Français, n’ont pas invité la partie civile à la reconstitution relative à la mort du Juge BORREL “.

Fâcheuse coïncidence entre le comportement de la Justice Française et la position des autorités djiboutiennes, pour priver les parties civiles d’exercer leurs droits. ..

Pour Madame BORREL, sa stupéfaction fût encore plus grande lorsqu’elle s’aperçut que Monsieur LE LOIRE, dans l’émission ” CAPITAL ” sur M6, le Dimanche 12 Mars 2000, s’était rendu à DJIBOUTI en compagnie de différents journalistes, participer à une reconstitution que tous les téléspectateurs ont pu voir sur une chaîne publique, dans le cadre de la disparition d’un militaire français.

On accepte donc la présence de journalistes lors d’une reconstitution effectuée par le Juge LE LOIRE à DJIBOUTI, alors que dans le même temps on empêche les Avocats des parties civiles d’assister à un acte de même nature, dans une affaire particulièrement
sensible.

Tout cela est rocambolesque et indigne, sauf à considérer que la Justice devient une accumulation de bizarreries la discréditant définitivement, ce que nous ne saurions tolérer.

Du fait même de la gravité des accusations que nous portons à votre connaissance, nous vous demandons d’une part de bien vouloir nous recevoir personnellement au plus vite en compagnie de notre cliente et d’autre part de diligenter une enquête de l’Inspection Générale des Services Judiciaires.

Nous vous prions d’agréer, Madame Le Garde des Sceaux, l’assurance de notre haute considération.

Olivier Morice

Laurent de Caunes

12/03/2000 – Dimanche soir, le juge LE LOIRE sur M6 n’aurait pas convaincu de sa réelle efficacité lors d’une reconstitution..

La prestation du juge LE LOIRE sur M6 dimanche soir a donné une image peu convaincante de sa personnalité et de ses méthodes d’enquête. On a vu un juge qui effectuait une reconstitution à Djibouti dans l’enquête sur la disparition d’un militaire français. Il posait des questions aux policiers djiboutiens, acceptant les réponses qui lui étaient donnés, sans chercher à se faire sa propre opinion. On l’a vu aussi jouant au cow-boy dans les quartiers “difficiles” de Djibouti, refusant de sortir de sa voiture ou annonçant qu’il devrait être armé. Juge et flic (comme une célèbre série télévisée) ?

Mériterait-t-il son nom. Le juge LE LOIRE, le juge qui fait dormir les dossiers ?