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26/12/06 (B375) AP /Somalie : chronologie depuis l’effondrement du régime du président Siad Barré en 1991 (Info lectrice).

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Note de l’ARDHD
Cette chronologie proposée par Associated Press n’a certainement pas
la vocation à être exhaustive. Elle est tout à fait intéressante
néanmoins.

A
noter qu’elle passe sous silence la Conférence d’Arta, dont Guelleh
avait voulu faire une action exemplaire …

Le
pauvre, encore un de ses mythes qui s’effondre. Cela doit être tragique
pour l’orgueil aussi immense d’un dictateur d’opérette gonflé
à l’hélium !!!
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MOGADISCIO (AP)
– Chronologie des principaux événements en Somalie depuis l’effondrement
du régime du président Mohamed Siad Barré en 1991:


janvier 1991:
le président Mohamed Siad Barré, qui
a pris le pouvoir en 1969, est renversé par une alliance de rebelles
et s’enfuit de la capitale. Ali Mahdi Mohamed devient chef de l’Etat par intérim


mai 1991:
le Mouvement national somalien proclame l’indépendance
du Somaliland (ancien Somaliland britannique) dans le nord-ouest du pays


novembre 1991:
Ali Mahdi Mohamed est renversé par son allié,
le général Mohamed Farah Aïdid


avril 1992:
début d’une importante opération humanitaire,
placée sous l’égide de l’ONU, afin d’aider des milliers de civils
en proie à la famine, en raison des affrontements entre différents
clans. Plus de 100.000 personnes vont mourir entre 1991 et 1992


août 1992:
les Etats-Unis mettent en place un pont humanitaire
aérien à destination de la Somalie, afin d’y acheminer des vivres.
En décembre, les premiers soldats américains arrivent


mai 1993:
les Nations unies prennent le relais avec la mission ONUSOM
II


octobre 1993:
des miliciens abattent un hélicoptère
Blackhawk; 18 militaires américains meurent dans le crash et l’opération
de secours engagée après l’attaque. Les forces américaines
réduisent leurs opérations de combat contre les chefs de guerre


mars 1994:
départ des derniers soldats américains de
Somalie


mars 1995:
fin du mandat de l’ONUSOM. Départ des derniers
casques bleus, après deux ans d’opérations d’un coût de
deux milliards de dollars


1996:
Hussein Mohamed Aïdid succède à son père
à la mort de ce dernier


mai 1997:
accord sur la cessation des hostilités, l’établissement
d’un gouvernement de transition et la réunification de Mogadiscio


juin 1997:
conférence de réconciliation en Ethiopie


août 1998:
le Puntland (nord-est) s’autoproclame région
autonome


octobre 2004:
après deux ans de négociations placées
sous l’égide de l’ONU, les dirigeants civils et les seigneurs de guerre
somaliens se rencontrent à Nairobi et conviennent de la formation d’un
nouveau gouvernement, avec l’ancien colonel Abdullahi Yusuf pour président


mars 2005:
le leader islamique Hassan Dahir Aweys, un ancien colonel
de l’armée, brandit la menace d’une guerre sainte si des troupes étrangères
interviennent une nouvelle fois en Somalie, promettant de mettre en place
un gouvernement islamique


26 février 2006:
le Parlement soutenu par l’ONU se réunit
pour la première fois en Somalie, à Baidoa, dans le centre du
pays


21-24 mars 2006:
les premiers affrontements entre les hommes de l’Alliance
pour la restauration de l’espoir et contre le terrorisme (ARPCT), créée
par les chefs de guerre, et le Conseil des tribunaux islamiques (CTI) font
73 morts à Mogadiscio. Aweys accuse les Etats-Unis de financer l’alliance


8-14 mai 2006:
les Tribunaux islamiques attaquent l’Alliance dans
le nord de Mogadiscio, déclenchant de nouveaux combats qui font cette
fois 150 morts dans la capitale


5 juin 2006:
les miliciens des Tribunaux islamiques s’emparent de
Mogadiscio


30 juin 2006:
enregistrement d’Oussama ben Laden, qui appelle les
musulmans à soutenir les Tribunaux islamiques et à ouvrir un
nouveau front dans la guerre contre les Etats-Unis en Somalie


18 septembre 2006:
le premier attentat-suicide de l’histoire de la
Somalie prend pour cible le président Abdullahi Youssuf, qui n’est
pas touché


9 octobre 2006:
le Conseil des tribunaux islamiques déclare
la guerre sainte contre l’Ethiopie


6 décembre 2006:
le Conseil de sécurité de l’ONU
autorise le déploiement d’une force régionale de maintien de
la paix en Somalie, ce que rejettent les Tribunaux islamiques


19 décembre 2006:
début des premiers affrontements
directs entre les miliciens du CTI et les forces du gouvernement somalien
soutenues par l’Ethiopie


25 décembre 2006:
l’aviation éthiopienne bombarde deux
aéroports somaliens, dont l’aéroport international de Mogadiscio.

AP

26/12/06 (B375) Libération : des milliers d’hommes ont quitté Mogadiscio pour rejoindre le front. (Info lectrice)

Par
Christophe AYAD

“Fini
les faux-semblants. En envoyant hier ses chasseurs Mig bombarder la ville
de Beledweyne, dans le centre-ouest de la Somalie, l’Ethiopie voisine a officiellement
reconnu son implication dans la guerre qui fait rage depuis cinq jours en
Somalie. Jusque-là, Addis-Abeba prétendait se limiter à
l’envoi de quelques centaines d’instructeurs, afin d’aider le gouvernement
fédéral de transition (GFT), le seul internationalement reconnu,
face à l’Union des tribunaux islamiques, qui contrôle la quasi-totalité
du centre et du sud de la Somalie, dont la capitale, Mogadiscio.

Pertes
lourdes.

En fait,
quelque 10 000 soldats éthiopiens sont déjà présents
en Somalie et des renforts, équipés de tanks, d’artillerie lourde
et d’hélicoptères, sont en train de franchir la frontière
en plusieurs points. Désormais, les combats se déroulent sur
trois fronts : autour de Baïdoa, dernier bastion du GFT, dans la région
frontalière de Beledweyne et près de Galkayo, dans la région
autonome du Puntland. Aucun bilan crédible n’est disponible, mais les
pertes semblent lourdes. Les communications téléphoniques sont
rompues entre Baïdoa et Mogadiscio.

Impossible
aussi d’accéder aux zones de combat.

«On
nous accuse régulièrement de terrorisme. Si jamais il vous arrivait
quoi que ce soit, nous en serions tenus pour responsables», nous expliquait,
samedi, Cheikh Yusuf Indhade, le «chef d’état-major» des
tribunaux islamiques. Pour l’instant, seule la chaîne qatarie Al-Jezira
a pu se rendre sur le front.

A Mogadiscio,
l’atmosphère s’alourdit d’heure en heure. Samedi, Indhade appelait
«tous les musulmans du monde à venir rejoindre le jihad contre
les infidèles». Plusieurs dizaines, voire des centaines de jihadistes
étrangers, présents en Somalie, auraient déjà
rejoint le front et une rumeur, invérifiable, fait état de la
présence de deux convertis, un Français et un Américain,
tous deux blessés au combat.

Nationalisme
farouche. Dans les rues, des check points, tenus par des miliciens islamistes
de plus en plus jeunes, ont fait leur apparition durant le week-end, d’abord
de nuit puis durant la journée. A l’annonce des bombardements aériens
d’hier matin sur Beledweyne, inédits depuis la guerre de l’Ogaden en
1977, des lycéens et des femmes de la capitale somalienne ont formé
des cortèges spontanés, invoquant Dieu, criant des slogans antiéthiopiens
et jetant des pierres sur les hommes pas encore partis au front. Ces trois
derniers jours, les rues de Mogadiscio se sont vidées : des milliers
d’hommes, animés par un nationalisme farouche mêlé de
ferveur religieuse, sont partis rejoindre les camps de recrutement et d’entraînement
ouverts par les islamistes.

L’heure
n’est plus aux précautions oratoires : «Le seul moyen de nous
réconcilier avec Meles Zenawi [le Premier ministre éthiopien,
ndlr], c’est qu’il se convertisse à l’islam ou que nous nous convertissions
au christianisme», déclarait Indhade, samedi, devant un auditoire
hilare. «En Somalie, le nationalisme est toujours allé de pair
avec la religion», explique, dans un anglais parfait, Omar Idris, un
membre du Comité exécutif des tribunaux islamiques rentré
de Londres il y a quelques mois seulement.

La guerre
désormais ouverte entre la Somalie et l’Ethiopie s’annonce meurtrière
et sans véritable gagnant : l’Ethiopie n’a pas les moyens d’envahir
l’ensemble de la Somalie ; les tribunaux islamiques n’ont pas la puissance
de feu nécessaire face à une armée conventionnelle. Le
premier perdant, lui, est clair : c’est le gouvernement fédéral
de transition, totalement discrédité aux yeux des Somaliens
et sur qui même ses alliés éthiopiens n’entretiennent
plus l’illusion.


© Libération

26/12/06 (B375) REUTERS : Les islamistes en lutte contre le gouvernement somalien appuyé par l’Ethiopie sont soutenus par 8.000 combattants étrangers.

par
Andrew Cawthorne

NAIROBI
(Reuters) – Les islamistes en lutte contre le gouvernement somalien appuyé
par l’Ethiopie sont soutenus par 8.000 combattants étrangers, mais
ils ne prendront jamais Baïdoa, a affirmé dans une interview à
Reuters le Premier ministre somalien Ali Mohamed Gedi.

“J’ai
confiance. Nous sommes suffisamment fort d’un point de vue militaire pour
faire face à toute invasion, à toute attaque des terroristes
des soi-disant Tribunaux islamiques”, a-t-il dit dimanche soir par téléphone
depuis Baïdoa, ville où est retranché son gouvernement
et que tentent d’encercler les combattants de l’Union des tribunaux islamiques
(UTI).

Après
une semaine de violents combats entre forces gouvernementales et islamistes,
Gedi a prédit la victoire des premières, en affirmant qu’elles
avaient infligé une défaite majeure à l’UTI dimanche
près de la ville de Dinsoor.

Dimanche,
l’Ethiopie a pour la première fois reconnu publiquement qu’elle était
intervenue en Somalie pour soutenir le gouvernement.

“Nous
allons, c’est certain, rester à Baïdoa. Si nous bougeons, ce sera
pour aller à Mogadiscio”, a-t-il dit.

“Quand
nous les aurons battu, ils s’enfuiront, et nous pourrons aller à Mogadiscio,
où la population nous attend.”

Au grand
dam du gouvernement qui tente de rétablir l’ordre en Somalie, 15 ans
après la chute du dictateur Mohamed Siad Barré, les islamistes
ont pris la capitale en juin, en même temps qu’une partie importante
du Sud du pays.

DRAPEAU
AFGHAN

Gedi
a affirmé que des combattants étrangers affluaient pour appuyer
les islamistes, ce qui confirme selon lui que ces derniers sont dirigés
par des terroristes.

“Leur
nombre a doublé ces dernières semaines et est passé à
environ 8.000”, a-t-il expliqué. “Rien que dans la zone de
Dinsoor dimanche, où ont eu lieu les combats les plus violents à
ce stade, il y avait plus de 4.000 combattants étrangers.”

Gedi,
chirurgien vétérinaire de profession, a affirmé que le
gouvernement était en possession de photos des cadavres de trois combattants
arabes et qu’un drapeau afghan avait été trouvé sur le
champ de bataille.

“La
présence de terroristes internationaux fait de cette crise une crise
mondiale”, a-t-il dit. “Ces gens ne veulent prendre le pouvoir qu’en
faisant couler le sang.”

Selon
lui, des “centaines” d’islamistes ont été tués
dans les combats. L’UTI affirme également que des centaines de soldats
gouvernementaux ont péri, ce qui n’a pas pu être vérifié
de source indépendante.

Gedi
a exprimé sa reconnaissance pour le soutien apporté par l’Ethiopie.

Le Premier
ministre éthiopien Meles Zenawi a affirmé dimanche que son pays
avait été “contraint” d’entrer en guerre en Somalie
contre les islamistes pour protéger sa souveraineté.

Lundi,
des chasseurs éthiopiens ont bombardé la zone de l’aéroport
international de Mogadiscio, blessant une personne, selon un responsable de
l’aéroport.

Gedi a
expliqué que l’intervention éthiopienne était la conséquence
de l’infiltration de combattants islamistes en territoire éthiopien.

25/12/06 (B375) 1 – AP / Raid de l’aviation éthiopienne contre l’aéroport international de Mogadiscio. 2 – AFP / Accusée de raids aériens, l’Ethiopie reconnaît intervenir en Somalie. (Info lectrice)

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1 – AP

Des chasseurs
de l’armée de l’air éthiopienne ont bombardé lundi l’aéroport
international de la capitale somalienne de Mogadiscio, ont rapporté
des témoins. Il s’agit de la première attaque directe sur le
siège du Conseil des tribunaux islamiques (CTI), un mouvement islamiste
qui tente de prendre le pouvoir aux mains du gouvernement légal reconnu
par la communauté internationale.

On ignore
encore si ce raid aérien a fait des victimes. Dimanche soir, le Premier
ministre éthiopien a annoncé que son pays était “forcé
à entrer en guerre” avec le Conseil des tribunaux islamiques après
que ce groupe a décrété la guerre sainte contre ce pays
à majorité chrétienne.

A
la mi-journée, les chasseurs éthiopiens de fabrication russe
ont effectué des passages à très basse altitude, larguant
au moins deux bombes sur le plus grand aéroport de Somalie qui venait
de rouvrir après la prise de contrôle de Mogadiscio par les miliciens
du CTI.

Cette
frappe aérienne survient quelques heures seulement après que
les troupes régulières somaliennes, soutenues par l’armée
d’Addis-Abeba, a pris une ville frontalière clé tôt lundi
à la grande joie de ses habitants tandis que les forces somaliennes
continuaient leur progression vers le sud à la poursuite des miliciens
islamistes, a déclaré un officier somalien.

Dimanche,
la Somalie avait connu un regain de violence avec le bombardement par des
avions éthiopiens de plusieurs villes contrôlées par les
milices islamiques.

L’Ethiopie
a confirmé pour la première fois participer aux affrontements
chez son voisin, alors que des témoins signalaient cette présence
depuis des semaines.

Le Conseil
des tribunaux islamiques, dont les forces ont pris le contrôle de la
capitale Mogadiscio et de la majeure partie du pays depuis juin, entend chasser
les troupes éthiopiennes soutenant le gouvernement de transition appuyé
par les Nations unies. La Somalie, livrée aux rivalités de clans,
ne possède plus d’Etat depuis le renversement du dictateur Mohamed
Siad Barré en 1991. Les Etats-Unis accusent les Tribunaux islamiques,
qui rappellent les talibans afghans, d’avoir des liens avec le réseau
terroriste d’Al-Qaïda, ce que les islamistes démentent.

La
question des frontières a provoqué deux guerres en 45 ans entre
l’Ethiopie et la Somalie, et les Tribunaux islamiques insistent pour former
une Grande Somalie intégrant des groupes qui vivent dans l’est de l’Ethiopie,
le nord-est du Kenya et à Djibouti.

Le Premier
ministre éthiopien Meles Zenawi, dont le pays est un allié de
longue date du président somalien Abdullahi Youssouf, estime pour sa
part qu’Addis Abeba a l’obligation légale et morale de soutenir et
défendre l’exécutif intérimaire somalien. Il accuse les
Tribunaux islamiques de soutenir les rebelles somaliens qui luttent pour l’indépendance
sur son territoire, ce qu’il considère comme un acte de guerre.

AP

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2 – AFP

MOGADISCIO
(AFP) – Accusée de raids aériens, l’Ethiopie reconnaît
intervenir en Somalie

Les miliciens
islamistes somaliens ont accusé dimanche l’aviation éthiopienne
d’avoir bombardé un de leurs fiefs, dans la première attaque
de ce genre depuis la reprise des hostilités la semaine dernière,
tandis qu’Addis Abeba a reconnu intervenir militairement en Somalie.

C’est
la première fois que l’Ethiopie admet participer aux récents
combats en Somalie entre miliciens islamistes et forces gouvernementales,
mais les responsables éthiopiens ont démenti avoir mis en oeuvre
leurs moyens aériens.

Dans une
allocution télévisée dimanche soir, le Premier ministre
éthiopien Meles Zenawi, dont le gouvernement soutient le fragile gouvernement
somalien, a affirmé que son gouvernement ne tentait pas “d’imposer
un gouvernement” en Somalie.

“Nous
n’essayons pas d’imposer un gouvernement à la Somalie, pas plus que
nous n’avons l’intention de nous immiscer dans les affaires internes de la
Somalie. Nous avons seulement été forcés d’intervenir
par les circonstances”, a affirmé M. Meles dans son discours,
diffusé en direct par les médias d’Etat. “Aujourd’hui,
nos forces de défence ont lancé une contre-offensive qui est
tout à fait légale et proportionnelle contre ces forces anti-paix
(les tribunaux islamiques)”, a estimé le Premier ministre, qui
a dit vouloir “mettre fin à cette guerre dans les plus brefs délais”.

Dans le
même temps, les forces gouvernementales somaliennes ont attaqué
deux localités tenues par les milices de l’Union des tribunaux islamiques,
dans le centre du pays. Jusqu’ici, les combats étaient concentrés
dans le sud, dans le secteur de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio),
siège des institutions de transition qui ont perdu, depuis des mois,
le contrôle de vastes portions du pays.

Face
à cette détérioration rapide de la situation dans une
région clef d’Afrique de l’Est, les appels au calme se sont multipliés
et, samedi, la Ligue Arabe et l’Egypte ont joint leurs voix à celles
de l’ONU et de l’UA pour appeler les belligérants à reprendre
des négociations.

Le commissaire
européen au Développement et à l’aide humanitaire, Louis
Michel, a de son côté condamné dimanche “l’escalade
du conflit” et appelé les parties à conclure un cessez-le-feu
et à reprendre le dialogue. Le commissaire s’est aussi inquiété
de l’implication des forces éthiopiennes. “J’appelle tous les
acteurs extérieurs à s’abstenir d’intervenir militairement en
Somalie et de provoquer de nouvelles violences”, a-t-il dit.

Par ailleurs,
lors d’un point de presse à Addis Abeba, l’ambassadeur de Somalie en
Ethiopie Abdulkarin Farah, a affirmé que les troupes du gouvernement
avançaient vers l’aéroport de Belidogle, à 90 km au sud
de Mogadiscio, où selon lui les islamistes “reçoivent des
approvisionnements”. Il a affirmé que les forces loyalistes avaient
encerclé Burhakaba (contrôlée par les islamistes – 60
km au sud-est de Baïdoa) et repris la ville d’Idale.

Un commandant
islamiste et des témoins dans la région centrale de Kalaberka
(environ 300 km au nord de la capitale somalienne Mogadiscio), ont assuré
que des chasseurs bombardiers éthiopiens avaient visé cette
ville. Kalaberka est située à une vingtaine de km au nord de
Beledweyne, contrôlée par les islamistes, à une trentaine
de km de la frontière éthiopienne. Si elle était confirmée,
cette intervention de l’aviation éthiopienne serait la première
depuis la reprise des combats en Somalie, le 20 décembre, et constituerait
une escalade importante du conflit.

Déjà,
des témoins et des responsables somaliens avaient fait état
de l’intervention de blindés éthiopiens dans ces combats. Auparavant,
les forces gouvernementales somaliennes, soutenues par l’Ethiopie, avaient
lancé une offensive terrestre dans ce secteur visant notamment Beledweyne.
Elles ont également attaqué la ville de Bandiradley (région
centrale de Galkayo, 630 km au nord de Mogadiscio). Un responsable gouvernemental
de la région de Galkayo, Ahmed Nur Indhobur, a confirmé que
“les combats faisaient rage” dans cette région.

25/12/06 (B375) GAROW ONLINE / Le gouvernement djiboutien expulse les diplomates somalilandais et ferme les bureaux de l’ambassade à Djibouti. (Info lecteur)

Somaliland:
Djibouti Expels Somaliland Diplomat (2006-12-22)

The
Djiboutian government has formally given a Somaliland representative and his
staff 72 hours to leave the country, according to the Hargeisa-based Jamhuuriya
daily.

Ambassador
Rashid Yasin and his staff were told to vacate their offices
after being informed that the government of Djibouti had cut off diplomatic

relations with neighboring Somaliland.

The move
came after the Djiboutian government’s anger at a Somaliland
decision last week to use the port of Berbera independently for livestock

trade with the Arabian Gulf, wrote Jamhuuriya.

Both Ambassador
Rashid and Abdullahi Mohamed Du’ale, Somaliland’s foreign
minister, have declined to comment on the expulsion.

Somaliland
is composed of the northwestern regions of Somalia whose leaders
unilaterally declared independence from the rest of the country in 1991
after longtime dictator Mohamed Siad Barre’s government collapsed.

Even though
no single government officially recognizes Somaliland, the
breakaway sub-state has representatives in some of the countries in the
region.

It’s the
second time Djibouti closed down Somaliland’s diplomatic offices
since 2000.

Source
Garowe Online

25/12/06 (B375) REUTERS (2 dépêches) : L’Ethiopie dit avoir été contrainte d’entrer en guerre / Offensive éthiopienne contre les islamistes en Somalie; (Info lectrice)

1
– ADDIS ABEBA (Reuters) – L’Ethiopie a été obligée d’entrer
en guerre contre les islamistes somaliens pour protéger sa souveraineté
et ses troupes quitteront la Somalie dès que leur mission sera achevée,
a déclaré dimanche le Premier ministre éthiopien Meles
Zenawi.

“Les
forces de défense éthiopiennes ont été contraintes
d’entrer en guerre pour protéger la souveraineté de la nation
et repousser les attaques répétées des terroristes des
tribunaux islamiques et des éléments anti-éthiopiens
qui les soutiennent”, a déclaré Meles à la télévision
publique.

“Nos
forces de défense quitteront (la Somalie) dès qu’elles auront
terminé leur mission.”

Il a ajouté
que son pays était favorable à l’idée de négociations
entre le gouvernement éthiopien de transition et les tribunaux islamiques
pour mettre en place un gouvernement conjoint.

Meles
a affirmé que l’Ethiopie avait tenté jusqu’au bout de régler
par le dialogue la crise lors de discussions à Djibouti avec l’Union
des tribunaux islamiques (UTI). Selon lui, des négociations auraient
eu lieu jusqu’à mercredi dernier, à Doubaï.

Mais son
pays a été contraint de riposter aux “attaques généralisées”
dans la zone de Baïdoa, où est retranché le gouvernement
intérimaire somalien, et dans la région semi-autonome du Puntland.

C’est
la première fois qu’il admet que des troupes éthiopiennes opèrent
en Somalie aux côtés des forces gouvernementales.

“Les
forces du gouvernement fédéral de transition, les forces du
Puntland et d’autres forces armées somaliennes combattent aux côtés
des forces éthiopiennes”, a dit Meles.

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2
– Offensive éthiopienne contre les islamistes en Somalie

par Hassan Yare

BAIDOA,
Somalie (Reuters) – L’aviation éthiopienne, qui défend le gouvernement
intérimaire somalien retranché à Baïdoa, a bombardé
dimanche des miliciens islamistes en divers points du pays, prélude
possible à l’élargissement d’un conflit qui menace toute la
Corne de l’Afrique.

Le ministre
éthiopien de l’Information, Berhan Hailu, a dit que l’opération
visait plusieurs secteurs, dont ceux de Dinsoor, Bandiradley et Baladwayne
ainsi que la ville de Buurhakaba, proche du siège gouvernemental de
Baïdoa, dans le Sud.

C’est
la première fois que sont signalés des raids aériens
et que l’Ethiopie reconnaît publiquement son engagement militaire en
Somalie, dont le gouvernement de transition est encerclé par des combattants
de l’Union des tribunaux islamiques (UTI) qui a pris le contrôle de
Mogadiscio en juin dernier.

“Après
une trop longue patience, le gouvernement éthiopien a pris des mesures
d’autodéfense et entrepris de contre-attaquer face aux forces extrémistes
agressives des Tribunaux islamiques et des groupes terroristes étrangers”,
a dit Berhan à Reuters.

Les diplomates
redoutent que l’implication de l’Ethiopie en Somalie ne confirme le scénario
redouté d’un nouveau conflit entre ce pays et l’Erythrée, ancienne
province éthiopienne ayant acquis son indépendance en 1993.
Conflit auquel pourraient aussi se mêler des “djihadistes”
étrangers susceptibles de provoquer des attentats suicides en Afrique
orientale.

Berhan
n’a pas fourni de précisions, mais des témoins somaliens ont
dit que des avions éthiopiens avaient largué des bombes et tiré
des missiles sur deux zones tandis que, pour la sixième journée
consécutive, des combats faisaient rage entre forces gouvernementales
et islamistes.

Ali Dahir
Horow, habitant de Baladwayne, à 300 km de Mogadiscio, a rapporté
qu’un raid aérien avait fait deux morts. “Les gens se sont enfuis
quand les avions ont ouvert le feu sur la ville”, a-t-il dit, ajoutant
que des missiles avaient touché le secteur de Ceel Jaale, où
beaucoup de personnes s’étaient réfugiées après
de fortes inondations le mois dernier.

Selon
un autre témoin, Farah Osman, deux avions ont tiré des missiles
près de Bandiradley, à 700 km au nord de la capitale.

EFFORTS
HUMANITAIRES

Le Programme
alimentaire mondial (PAM) a dit avoir largué 14 tonnes de fournitures
dans des villages touchés par les inondations dans le Sud, peu après
l’annonce des raids aériens. Une autre agence de l’Onu a noté
que le conflit risquait d’avoir des effets désastreux sur l’action
humanitaire en faveur de 1,4 million d’habitants touchés par les inondations.

L’ambassadeur
de Somalie en Ethiopie, Abdikaran Farah, a affirmé dimanche à
Addis-Abeba que les forces gouvernementales somaliennes avaient tué
500 islamistes, en majorité érythréens, en deux jours
de combats. Il a ajouté que les islamistes avaient tué dix soldats
gouvernementaux et en avaient blessé treize. Il a aussi fait état
de 280 combattants ennemis capturés, dont certains venaient du Pakistan,
d’Afghanistan et du Soudan.

Chaque
camp affirme avoir fait des centaines de morts dans les rangs adverses depuis
que les combats ont éclaté mardi. Les agences humanitaires parlent
quant à elles de dizaines de morts.

L’UTI
a engagé samedi les musulmans à se joindre à sa “guerre
sainte” contre l’Ethiopie. Le gouvernement transitoire installé
à Baïdoa est censé stabiliser un pays privé de pouvoir
central depuis le renversement de Mohamed Siad Barre en 1991.

Selon
des témoins, les adversaires ont commencé à s’affronter
dimanche à l’aube sur quatre fronts à l’arme lourde, au mortier
et à la mitrailleuse.

Dans le
port de Kismayo, sous contrôle islamiste, des centaines de femmes et
d’enfants ont dit adieu à un millier d’hommes qui s’étaient
portés volontaires pour le front. Vêtus de treillis en lambeaux,
ces derniers montaient à bord de camions militaires en scandant “la
victoire est à nous”. Des stations de radio diffusaient des chants
patriotiques.

Matt Bryden,
spécialiste de la Somalie qui travaille en indépendant, a déclaré
à Reuters qu’il ne s’attendait à voir aucun camp l’emporter
de façon décisive. “Les Ethiopiens essaient de frapper
les islamistes assez durement pour qu’ils viennent à la table de négociation”,
a-t-il dit. “Mais ils s’exposent au risque d’une guerre prolongée
et ingagnable.”

Les experts
militaires estiment que l’Ethiopie a déployé de 15.000 à
20.000 soldats en Somalie et que l’Erythrée fournit environ 2.000 hommes
aux islamistes, ce qu’Asmara dément. Addis-Abeba reconnaissait précédemment
avoir envoyé quelques centaines d’instructeurs militaires à
Baïdoa.

24/12/06 (B375) AFP Somalie : les islamistes assurent progresser, appels au cessez-le-feu

Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO
(AFP) – Les combattants islamistes somaliens, épaulés par “4.000
combattants étrangers” selon le gouvernement de transition, ont
affirmé samedi avoir pris une localité stratégique dans
le sud du pays, lors de combats avec les forces gouvernementales soutenues
par l’Ethiopie.

Face à
cette escalade, qui accroît les périls dans la Corne de l’Afrique,
le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a lancé
vendredi un appel au cessez-le-feu. Il a souligné son inquiétude
pour les populations civiles et sa préoccupation face à l’implication
de forces “étrangères” en Somalie.

“Nos combattants islamistes ont pris le contrôle d’Idale (60 km
au sud de Baïdoa)”, a affirmé Abdurahim Ali Mudeey, en charge
de l’Information pour les tribunaux islamiques, joint par téléphone
depuis Mogadiscio.

Idale
est une ville stratégique située sur la ligne de front au sud-ouest
de Baïdoa (250 km au sud-ouest de Mogadiscio), siège du gouvernement
de transition qui a déja perdu le contrôle de vastes portions
du territoire somalien.

Les islamistes
contrôlent la majorité du centre et du sud de la Somalie, pays
ravagé par la guerre civile depuis 1991, et qu’ils accusent l’Ethiopie
de vouloir “envahir”.

Le ministre
de l’Information du gouvernement de transition, Ali Jama, n’a pas confirmé
la prise d’Idale, mais a reconnu que les combats se poursuivaient dans le
secteur.

Par ailleurs,
le Premier ministre somalien Ali Mohamed Gedi a affirmé samedi que
“4.000 combattants étrangers” ont récemment participé
avec les islamistes aux combats contre les forces gouvernementales.

“Cela
montre que les terroristes gagnent du terrain en Somalie”, a-t-il averti
devant la presse à Baïdoa, siège des fragiles institutions
de transition somaliennes.

A Mogadiscio
la capitale, occupée par les islamistes, le chef de la sécurité
cheikh Yusuf Mohamed Siad Indo’adhe a de son côté affirmé
samedi que le “pays (la Somalie) était ouvert à tous les
combattants islamistes du monde entier pour rallier la guerre sainte”,
lors d’un point de presse.

“Le
monde reste silencieux aujourd’hui et ignore l’agression éthiopienne
en Somalie mais il parlera quand nos Moudjahidins arriveront en Ethiopie,
notamment à Addis Abeba”, a-t-il lancé.

Le président
d’Erithrée Issaias Afeworki, accusé d’aider les islamistes,
a démenti avoir envoyé des soldats en Somalie.

“L’Erithrée
n’a pas de raisons d’envoyer des troupes en Somalie et les Somaliens n’ont
pas besoin des troupes d’Erithrée pour défendre leur pays”,
a-t-il déclaré selon le ministère de l’Information.

Vendredi,
le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait indiqué
que les récents combats avaient fait “des dizaines de morts et
chassé beaucoup de civils de leurs maisons”. Il s’était
dit “très inquiet du sort des civils qui pourraient être
pris dans les combats”.

Au nord
d’Idale, près de la localité de Deynunay (à une trentaine
de km au sud de Baïdoa), qui abrite une importante base gouvernementale,
les belligérants se font toujours face, mais selon des habitants, ils
se contentent de tirer en l’air des rafales sporadiques.

Vendredi,
M. Annan et le Conseil de sécurité ont appelé à
la cessation immédiate des hostilités et à la reprise
“sans délai ni conditions” des pourparlers de paix entamés
à Khartoum, au Soudan.

M. Annan
s’est dit “gravement préoccupé par les informations récurrentes
sur une implication de forces étrangères dans le conflit”.

Vendredi,
des informations de sources somaliennes avaient fait état de l’intervention
de plus de 70 blindés éthiopiens aux côtés des
forces gouvernementales. Addis Abeba dément toutefois intervenir directement
dans les combats et assure ne mettre à la disposition des loyalistes
que des conseillers.

De son
côté, l’Union africaine (UA) s’est dite très préoccupée
“face à la détérioration de la situation en Somalie”
et a demandé aux belligérants “d’arrêter les combats
immédiatement”.

24/12/06 (B375) LDDH : le peuple Somali pris en étau.


Le Président

COMMUNIQUÉ
DE PRESSE DU 23 DÉCEMBRE 2006.

Le
Peuple Somali pris en étau.

Le Peuple
frère de la Somalie est pris en étau entre les inondations (catastrophes
naturelles), sans possibilité aucune d’assistance humanitaire et ce
à cause d’une guerre absurde sans fondement religieux (le peuple Somalie
étant à 100% musulman, sans l’élan patriotique (le peuple
Somalie étant indépendant depuis 1960), sans aucun autre élan
que celui de s’accaparer le Pouvoir avec le soutien et les interférences
de certains pays de l’Igad et de la Ligue Arabe.

Face à
cette guerre fratricide absurde qui a pris de l’ampleur depuis ces
cinq derniers jours ;

La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est consciente :

1. de
la situation critique, qui prévaut en Somalie, après les inondations
et les crues des fleuves Shabelle et Juba et surtout de l’impossibilité
de porter secours aux populations sinistrées, suite à une guerre
déclenchée depuis cinq jours.

2. que
les populations sinistrées, suite aux inondations en République
de
Somalie, s’élèvent à plus de six cents mille (600 000)
personnes, sans
couvertures ni alimentation, sans eau potable ni premiers secours
sanitaires.

3. qu’actuellement
tous ces sinistrés sont totalement isolés par les ravages
d’une guerre sans nom ;

4. que
depuis cinq jours les victimes de cette sale guerre s’élèvent
au
moins à un millier de victimes civiles ou armées confondues.

La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) apporte son soutien à toutes
les initiatives de Paix.

Elle salue
la dernière initiative de consultation des belligérants
entreprise par la Délégation de l’union Européenne conduite
par M. Louis
Michel, juste avant l’intensication des affrontements aux alentours de
Baïdoa ;

La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à
tous les belligérants directement ou indirectement impliqués
dans cette sale
guerre, de mettre fin rapidement à cette guerre fratricide et de décréter
simultanément et sans condition un cessez-le-feu permanent, en vue
d’une
Paix durable

La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) encourage l’ouverture d’un
dialogue large, franc et constructif.

Autres
priorités :

1. la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel urgent aux Médecins
Sans Frontières (MSF), même si la sécurité est
loin d’être assurée, pour apporter dans la mesure du possible
une pleine assistance aux somaliens victimes des inondations et des épidémies
;

2. demande
au Comité International de la Croix Rouge (CICR) de suivre en
faisant prévaloir les nécessités urgentes d’une Paix
tout en portant
assistance aux nombreux blessés de guerre, en prévoyant à
court terme
l’ouverture des plusieurs antennes de soins car cette guerre fratricide
risque d’être très sanglante ;

3. demande
à Reporters Sans Frontières (RSF) d’assister tous les
journalistes Somaliens et autres à s’investir et contribuer par des
témoignages fidèles sur la situation de guerre en Somalie ;

4. attire
l’attention de la Communauté Internationale sur les violations
intolérables des Droits de l’Homme en Somalie ;

5. s’associe
à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme, notamment Amnesty
International, le Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme
de l’Afrique
de l’Est et de la Corne d’Afrique, de l’UIDH, de la FIDH et du Conseil des
Droits de l’Homme des Nations Unies, dans le cadre de la constitution d’une
Commission de Suivi des éventuels crimes de guerre.

6. Dans
l’immédiat, il est primordial d’unir nos actions pour la Prévention
des risques de généralisation des crimes fratricides, des crimes
de guerre
et autres crimes contre l’humanité.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul