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24/12/06 (B375) LIBERATION : Les chars d’Addis-Abeba sur le front.

Les combats
se sont poursuivis vendredi en Somalie, pour le troisième jour consécutif,
entre les islamistes au pouvoir à Mogadiscio et les troupes du gouvernement
fédéral de transition de Baidoa, appuyé par l’Ethiopie,
qui a dépêché des blindés sur le front.

Selon
le Comité international de la Croix-Rouge, ces combats auraient fait
au moins «des dizaines de victimes». Vendredi, le gouvernement
d’Addis-Abeba a sommé les islamistes de «mettre fin à
leurs activités antiéthiopiennes», tandis que l’Union
des tribunaux islamiques multipliait les appels au «jihad».

Les islamistes,
qui sont de leur côté soutenus par l’Erythrée, ont annoncé
qu’ils dépêcheraient samedi sur le front d’importants renforts
terrestres en vue d’une offensive massive. Selon des témoins cités
par l’agence Reuters, des habitants de la région ont été
réveillés, vendredi avant l’aube, par le grondement des chars
éthiopiens montant au front. (AFP, Reuters)

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Libération

24/12/06 (B375) LIBERATION : L’ultimatum fixé aux troupes éthiopiennes pour quitter la Somalie est expiré. (Avec REUTERS – Info lectrice)

Mogadiscio
se prépare à la guerre sainte contre l’Ethiopie

Le
leader des tribunaux islamiques qui règnent sur Mogadiscio. REUTERS
Par Christophe AYAD

Ça pourrait
s’appeler le «jihad tranquille», un drôle de mélange
de mobilisation guerrière et de calme nonchalant. Difficile de croire,
au premier abord, que les tribunaux islamiques, qui règnent depuis
six mois sur Mogadiscio, viennent de déclarer la «guerre sainte»
à l’Ethiopie. En apparence, tout est tranquille dans la capitale somalienne
: vendredi oblige, les rues sont vides et la plupart des commerces fermés.
Les gosses jouent au foot au milieu des gravats du centre-ville.

Des petits groupes
d’hommes écoutent la radio à l’ombre d’un arbre, à l’affût
des nouvelles du front. Sans inquiétude apparente. Dans les locaux
de Radio Shebelle, une station privée, Mohamed Amin est plus pessimiste
: «Ça y est, la guerre que nous attendions depuis longtemps a
éclaté. Je crains qu’il soit trop tard pour faire marche arrière.
Les gens sont très remontés. Dès qu’il est question de
la présence éthiopienne, ils expriment leur colère. Mais
ils sont plus partagés sur la guerre : après seize ans de combats
et de destructions, ils en ont marre.» D’autant que Mogadiscio vient
de vivre ses six mois les plus calmes depuis la chute du dictateur Siyad Barré,
en 1991.

Ordre rétabli.
Après avoir chassé de la ville, en juin dernier, les seigneurs
de guerre qui y faisaient régner la terreur et l’insécurité,
les islamistes ont levé tous les check-points, désarmé
les miliciens, rouvert des quartiers inaccessibles depuis plus d’une décennie,
remis en marche le port et l’aéroport et rétabli l’ordre. Pour
la première fois depuis seize ans, on ne voit ­ presque ­ plus
d’armes dans les rues. Comme une traînée de poudre, l’Union des
tribunaux islamiques (UTI) a pris le contrôle de dix provinces sur onze
du centre et du sud du pays, ne laissant au gouvernement fédéral
de transition (GFT), internationalement reconnu mais discrédité
intérieurement à cause de son inaction et de ses divisions,
que la ville de Baidoa, son siège, et ses environs. Une situation inacceptable
pour l’Ethiopie voisine, principal soutien du GFT, et les Etats-Unis, qui
accusent les islamistes d’avoir des liens avec Al-Qaeda.

A la demande du
GFT, l’Ethiopie dit avoir envoyé plusieurs centaines d’instructeurs
destinés à aider les troupes gouvernementales : en fait, il
y aurait quelque 10 000 soldats éthiopiens dans la région de
Baidoa (lire ci-dessous). De son côté, l’Ethiopie accuse les
islamistes somaliens de chercher à la déstabiliser en armant
des groupes somalis irrédentistes dans l’Ogaden et de recevoir armes
et instructeurs de l’Erythrée, l’ennemi juré d’Addis-Abeba dans
la corne de l’Afrique. Quant aux habitants de Mogadiscio, ils ont eu à
peine le temps de profiter d’un semblant de paix et, déjà, la
guerre est de retour.

Formation
idéologique.

Dans les rues de
la capitale, difficile de trouver un habitant qui ne soutienne pas le jihad
contre l’occupation éthiopienne. Même Mohamed Abdelhay Ali, un
handicapé de 52 ans roulant sur les avenues désertes à
bord d’une étrange chaise roulante motorisée, entend y contribuer
à sa manière : «Je rentre de l’hôpital, où
je suis allé offrir mon aide, du lait et de la nourriture pour les
blessés.» Il dit en avoir vu une quinzaine. D’autres bénévoles
offrent leur sang. Une femme se vante d’avoir un fils de 14 ans parti s’enrôler
auprès des islamistes. «Allah Akbar!» s’exclame le petit
groupe qui s’est formé spontanément dans la rue.

A la villa Baidoa,
les recrues affluent pour être envoyées au front à bord
de technicals, des pick-up équipés de mitrailleuses, ou de camions
sans âge dont on se demande comment ils peuvent tenir les quelque 200
km jusqu’à Baidoa. Parmi eux, des étudiants mais aussi des gosses
de 15 ans, voire moins. Ils ont suivi un entraînement idéologique
et militaire ces derniers mois et soutiennent qu’ils sont volontaires. Sans
même qu’on leur demande. Les écoles ont suspendu leurs cours.
Même des femmes ont été formées au maniement des
armes. «C’est l’islam. Au temps du Prophète, les femmes combattaient»,
justifie un badaud.

Partout, la guerre
affleure sous le calme apparent. Mohamed Amin, le journaliste, vient de recevoir
un coup de fil d’un de ses voisins, un jeune homme à peine bachelier,
blessé dans les combats. Depuis qu’ils ont éclaté, mercredi,
les centres de recrutement tournent à plein régime. Au QG désaffecté
de la police routière de Gaadidka, dans le nord de Mogadiscio, on peut
voir les recrues au loin, mais on n’entre pas. Les responsables des tribunaux
islamiques, qui ne se faisaient pas prier pour faire visiter leurs camps d’entraînement,
sont devenus nettement moins disponibles après la fin de l’ultimatum
d’une semaine fixé par les islamistes pour le départ des troupes
éthiopiennes. La plupart des leaders sont au front ou en réunion.

«Le
prix de la guerre».

Seul cheikh Abdel
Rahman Janaqow, numéro 2 du comité exécutif des tribunaux
islamiques, trouve un moment pour recevoir des journalistes à la villa
Baidoa, l’ancienne demeure des hôtes de marque transformée en
QG militaire : «Nous nous battrons jusqu’à la victoire.»
L’homme à la barbe teinte insiste d’une voix douce : «Nous combattons
des Ethiopiens, pas le gouvernement de Baidoa. De toute façon, les
soldats somaliens ne veulent pas se battre contre nous. Nous sommes prêts
à discuter avec le GFT, n’importe où, n’importe quand.»

Dans l’atmosphère
nationaliste qui prévaut, seul Yusuf émet une note discordante,
à l’abri de sa boutique : «Je connais le prix de la guerre. Je
vais faire leur jihad, je vais perdre ma jambe. Dans trois ans, la Somalie
et l’Ethiopie seront à nouveau en paix et moi, qui me rendra ma jambe

©
Libération

24/12/06 (B375) REUTERS : Les islamistes somaliens appellent au “djihad” contre l’Ethiopie. (Info lectrice)


Par Guled Mohamed

MOGADISCIO
(Reuters) – Les islamistes somaliens ont exhorté d’autres musulmans
à se joindre à leur “guerre sainte” contre l’Ethiopie,
tandis que des tirs de roquettes se poursuivaient entre leurs combattants
et les forces gouvernementales.

“Notre
pays est ouvert à tous les musulmans. Qu’ils viennent combattre en
Somalie et livrent le djihad et, si Dieu le veut, attaquent Addis Abeba”,
a déclaré le cheikh Youssouf Mohamed Siad “Inda’ade”,
responsable de la Défense au sein de l’Union des tribunaux islamiques
(UTI).

Les deux
camps échangent des tirs d’artillerie et de roquettes depuis mardi.
Chacun affirme avoir tué des centaines de combattants adverses, des
ONG évoquant pour leur part des dizaines de morts.

Ces combats,
les plus sérieux qui aient opposé les deux camps à ce
jour, font craindre un embrasement généralisé de la Corne
de l’Afrique, où l’Ethiopie et l’Erythrée, ennemies historiques,
pourraient reprendre leurs hostilités en terrain somalien.

“Nous
avons demandé à la communauté internationale de régler
ce problème”, a déclaré Inda’ade, un extrémiste
connu pour sa virulente rhétorique, aux journalistes à Mogadiscio.
“Nous leur avons demandé d’agir avant que cela ne devienne un
brasier qui s’étende à toute la région.”

TIRS
DE ROQUETTES

L’UTI
a pris le pouvoir à Mogadiscio et dans une partie du sud de la Somalie
en juin, entravant les efforts déployés par le gouvernement
de transition, basé à Baïdoa, pour rétablir un pouvoir
central dans ce pays en proie à l’anarchie depuis le renversement du
dictateur Mohamed Siad Barré, en 1991.

De sources
diplomatiques, on craint que les propos enflammés tenus par les islamistes,
soutenus par l’Erythrée, ne soient destinés à provoquer
l’Ethiopie, qui soutient le gouvernement, afin qu’elle intervienne militairement.

Addis
Abeba a fait savoir que sa patience avait des limites et le parlement éthiopien
a approuvé un plan censé permettre au pays de réagir
à une éventuelle invasion islamiste.

Solomon
Abede, porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères,
a estimé samedi que l’appel au “djihad” de l’UTI prouvait
son “extrémisme”. “S’ils étaient aussi forts
dans leurs actes que dans leurs déclarations, les extrémistes
de l’UTI auraient déjà attaqué Addis Abeba”, a-t-il
dit.

Un habitant,
Hassan Yusuf, a vu des combattants islamistes se rapprocher de Daynunay, une
base militaire avancée du gouvernement située à environ
20km au sud-est de celle de Baïdoa, qui est encerclée par l’ennemi.

“Ce
matin, j’ai entendu des tirs de roquettes provenant de la ligne de front”,
a-t-il dit. Il ajoute avoir vu vendredi des combattants islamistes amener
trois soldats éthiopiens morts dans un village proche de Daynunay tandis
que des islamistes blessés étaient soignés à Buur
Hakaba, localité voisine.

APPELS
À LA RETENUE

Les islamistes
ont annoncé avoir pris vendredi soir Tiyeglow, une ville située
à environ 70km au nord-est de Baïdoa où ils disent n’avoir
rencontré aucune résistance.

En Ethiopie,
des policiers ont fait savoir que les forces de sécurité avaient
arrêté 20 personnes qui s’étaient infiltrées dans
la région de l’Ogaden (Est), où prédomine l’ethnie somalie.
Ces individus sont accusés d’avoir collaboré avec les islamistes.
Addis Abeba soupçonne ces derniers de vouloir annexer l’Ogaden.

L’Union
africaine a estimé samedi, comme avant elle l’Onu, les pays occidentaux
et des ONG, qu’il fallait que les combats cessent et que reprenne le processus
de paix.

Le Premier
ministre somalien Ali Mohamed Gedi a assuré que sur le principe le
gouvernement était disposé à le faire.

“Mais
il n’est pas possible pour les Tribunaux islamiques d’attaquer des positions
gouvernementales d’un côté et, de l’autre, d’être disposés
à négocier”, a-t-il déclaré aux journalistes
à Baïdoa.

Les islamistes
accusent l’Ethiopie, alliée de Washington dans sa lutte mondiale contre
le terrorisme, d’envahir la Somalie. Washington affirme pour sa part que l’UTI
est dirigée par une cellule d’Al Qaïda, ce qu’elle nie.

Des experts
militaires estiment que l’Ethiopie dispose d’environ 15.000 à 20.000
soldats en Somalie, tandis que l’Erythrée compte environ 2.000 hommes
appuyant les islamistes.

Asmara
nie toute présence militaire en Somalie, tandis qu’Addis Abeba ne reconnaît
le déploiement que de quelques centaines d’instructeurs militaires
à Baïdoa.

23/12/06 (B375) L’équipe de l’ARDHD souhaite un joyeux Noël à tous les Chrétiens.

A la veille
des fêtes de Noël, l’équipe de l’ARDHD souhaite un joyeux
Noël à tous les chrétiens et en particulier aux lectrices
et aux lecteurs chrétiens, où qu’ils soient dans le Monde.