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19/03/2014 (Brève 375) Guelleh assure “son” avenir ! Compterait-il se faire réélir jusqu’en 2035 ? Oui si l’on croit cette information publiée sur le site Afriquinfo à partir de l’agence chinoise XINHUA. Encore de la communication “poudre aux yeux”. Pour masquer la misère dans laquelle il a plongé volontairement le pays, il fait croire que cela ira mieux … en 2035 !

Djibouti adopte un projet de développement à long terme “Vision Djibouti 2035”

DJIBOUTI (Xinhua) – Le gouvernement djiboutien, réuni mardi en conseil des ministres, a adopté le projet “Vision Djibouti 2035” relatif à l’orientation de la politique nationale djiboutienne de développement sur le long terme.

Il s’agit, selon un communiqué du gouvernement djiboutien, d’ une réflexion prospective globale sur l’avenir du pays dans laquelle s’inscriront désormais la planification stratégique et les stratégies de développement à court et moyen termes.

Ce document élaboré sur la base d’une approche participative est essentiellement fondée sur une articulation entre les aspirations des populations, les enjeux et défis majeurs et le scénario désiré de développement à long terme en République de Djibouti.

Selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, qui s’est exprimé devant la presse, l’élaboration de ce document important reflète l’oeuvre d’un consensus national dans lesquelles les intervenants ont permis de réfléchir sur le renforcement de la stratégie djiboutienne de développement durable et de construire une société meilleure.

Il a indiqué par ailleurs que cette stratégie, qui va servir de cadre de référence aux actions futures, a été bâtie sur cinq piliers principaux qui sont la paix et l’unité nationale, la bonne gouvernance, une économie persifié et compétitive, la consolidation du capital humain et l’intégration régionale.

Ce projet ambitieux couvre à la fois l’aspect économique mais aussi social et prend en compte des secteurs porteurs tels que l’ Education, le Tourisme, la Pêche, les Nouvelles Technologies et l’ Industrie avec des projets structurants.

“Ces grandes orientations de cette étude prospective vont permettre au pays de poursuivre les objectifs d’une véritable politique de développement à long terme et tendre vers une ère de prospérité et de bien être”, a-t-il dit.

Pour M. Mahmaoud, la réalisation de ce programme de développement qui concerne l’ensemble des Djiboutiens s’inscrit dans le cadre d’une consolidation des bases de la construction économique, sociale et spatiale. Elle permettra surtout la réalisation des fortes avancées dans tous les domaines afin de faire de notre pays, un pays émergent.

En vue de concrétiser ce nouveau modèle de croissance, la ” Vision Djibouti 2035″, dont la coordination et le suivi des actions sera assuré par le Conseil Supérieur de Planification, présidé par le président de la République, sera opérationnalisé à travers des plans d’actions quinquennaux.

Cette approche consultative et participative a été conçue, selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, pour permettre de consolider le processus de développement de Djibouti pour offrir aux futures générations un pays prospère.

“C’est une vision qui ambitionne de faire du pays un pôle économique, commercial et financier régional et international”, a- t-il conclu.

28/12/06 (B375) Le gouvernement d’Addis en mal de légitimité (La Libre – Info lectrice)

Le
régime éthiopien se maintient au pouvoir grâce à
une forte répression et après des fraudes électorales.

La
tension entre l’Ethiopie et la Somalie survient alors que le gouvernement
d’Addis Abeba avait cessé d’être considéré par
les Occidentaux comme un “bon élève”.

La Grande-Bretagne
avait suspendu une partie de son aide à l’Ethiopie, il y a un an, pour
protester contre le déchaînement de violence du régime
du Premier ministre Meles Zenawi contre son opposition; l’Union européenne
avait emboîté le pas à Londres.

Ces décisions
avaient été prises alors que des affrontements entre pouvoir
et opposants, regroupés autour du Parti de la coalition pour l’unité
et la démocratie (CUDP), avaient fait plusieurs dizaines de morts en
novembre 2005 et que les autorités avaient arrêté plusieurs
milliers d’opposants.

Fraude
électorale

Ceux-ci
protestent contre les irrégularités perpétrées
par le régime lors des élections législatives de mai
2005, qui ont maintenu Meles Zenawi au pouvoir.

Selon
les observateurs de l’Union européenne, le scrutin avait été
marqué par “des irrégularités, des retards, l’opacité
dans le décompte des voix et la compilation des résultats”
qui furent publiés fin août seulement, sans compter “des
fraudes ultérieures” et un insatisfaisant traitement des plaintes
pour fraudes.

En septembre
2005, lors de son ouverture, le parlement – où le parti de Meles Zenawi
occupait la majorité des sièges – avait privé de leur
immunité les élus du principal parti d’opposition après
un discours du Premier ministre affirmant que ceux-ci risquaient de profiter
de leur immunité pour renverser le gouvernement.

OPA
sur le pouvoir

Meles
Zenawi est au pouvoir depuis 1991. Il dirigeait une des six rébellions
alors victorieuses de la dictature marxiste du colonel Mengistu, le Front
populaire révolutionnaire démocratique, qui s’appuyait sur la
minorité ethnique tigréenne. Cette OPA sur le pouvoir avait
mécontenté les autres mouvements rebelles, notamment le Front
de libération oromo, qui s’appuie sur le principal groupe ethnique
éthiopien, les Oromos. Ce Front est, aujourd’hui encore, la bête
noire du régime de M. Zenawi.

Les victoires
militaires des islamistes en Somalie ont clairement permis à M. Zenawi
de faire oublier à Washington les sujets qui fâchent en se faisant
passer pour le champion de la lutte contre “le terrorisme islamique”.

Marie-France
Cros

29/12/06 (B375) MOGADISCIO (AFP) – Somalie : calme vendredi matin, des centaines de soldats stationnés à Mogadiscio (Info lectrice)

La
situation était calme mais tendue vendredi matin à Mogadiscio,
la capitale somalienne, où des centaines de soldats somaliens et éthiopiens
étaient stationnés après la fuite la veille des islamistes.

Des chars
éthiopiens, plus de 70 camions militaires et des centaines de soldats,
essentiellement éthiopiens, se trouvaient vendredi matin près
de l’hôpital de Banadir dans le sud de Mogadiscio, l’ancien quartier
général des islamistes.

Des centaines
de chars et de camions militaires éthiopiens étaient par ailleurs
positionnés vendredi matin aux entrées nord et ouest de la ville,
selon des habitants.

"La
nuit à Mogadiscio a été calme, mais nous ne savons pas
ce qui va se passer aujourd’hui", a expliqué un habitant, Yusuf
Abdulkadir. "Mogadiscio est une ville imprévisible", a-t-il
ajouté.

La
veille, des troupes gouvernementales somaliennes, soutenues par l’armée
éthiopienne, étaient entrées dans la capitale.

Depuis
le 20 décembre, début de violents combats entre d’un côté
les islamistes somaliens et de l’autre les forces gouvernementales somaliennes
et des soldats éthiopiens, les islamistes ont été mis
en déroute dans plusieurs régions qu’ils contrôlaient
dans ce pays de la Corne de l’Afrique, en guerre civile depuis 1991.

Les
islamistes avaient annoncé jeudi matin le retrait, pour des raisons
"tactiques", de leurs troupes de Mogadiscio.

Les
combats ces derniers jours en Somalie auraient fait "peut-être
entre 2.000 et 3.000 morts" et "jusqu’à 4.000 à 5.000
blessés" côté islamiste, a estimé jeudi le
Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Il
a par ailleurs assuré que les forces éthiopiennes en Somalie
quitteront le pays "dans les prochains jours (…) ou semaines",
"mais sûrement pas dans des mois".

De leur
côté, les Etats-Unis, qui ont apporté leur soutien à
l’attaque éthiopienne, ont affirmé jeudi suivre de "très
près" la situation "complexe" en Somalie.

Face à
l’escalade du conflit, les initiatives de paix et appels à la cessation
des hostilités se multiplient. Le Kenya a organisé jeudi à
Nairobi des pourparlers avec les chefs des tribunaux islamiques, mais le gouvernement
de transition somalien et l’Ethiopie n’y ont pas participé. La réunion
se poursuivait jeudi dans la soirée.

Une délégation
gouvernementale somalienne, conduite par le Premier ministre Ali Mohamed Gedi,
devait visiter vendredi plusieurs infrastructures clés de Mogadiscio,
où sont entrées la veille des troupes somaliennes appuyées
par l’Ethiopie.

"Nous
allons d’abord nous rendre à Balad (30 km au nord de Mogadiscio). Ensuite,
nous entrerons dans Mogadiscio. La population nous attend", a déclaré
à M. Gedi à Afgoye, localité située à 20
km à l’ouest de Mogadiscio où il est arrivé jeudi.

"A
Balad, nous envisageons de visiter la mairie et une entreprise de textile.
A Mogadiscio, nous irons au port, à l’aéroport, au palais présidentiel,
à la radio, au ministère des Communications, nous visiterons
le quartier général de la police, toutes sont des infrastructures
du gouvernement", a-t-il ajouté.

M.
Gedi est accompagné de plusieurs ministres. La délégation
est placée sous haute sécurité de gardes du corps et
de soldats, dont la nationalité, somalienne ou éthiopienne,
est difficile à déterminer.

28/12/06 (B375) Reuters : Pas d’accord sur la Somalie au Conseil de sécurité de l’Onu.

Par
Irwin Arieff

NATIONS
UNIES (Reuters) – Malgré un plaidoyer en ce sens du Guinéen
François Lonseny Fall, émissaire du secrétaire général
de l’Onu Kofi Annan en Somalie, le Conseil de sécurité s’est
séparé mardi sans parvenir à un accord sur un arrêt
immédiat des combats dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

Le Qatar,
seul pays arabe siégeant au Conseil, a en effet insisté pour
les Quinze lancent aussi un appel à un retrait immédiat de toutes
les forces étrangères, dont celles de l’Ethiopie, de Somalie.

Les autres
Etats membres ont quant à eux soutenu un texte appelant au retrait
des seules forces “non autorisées”, une formulation ne s’appliquant
pas, selon eux, aux troupes d’Addis-Abeba présentes sur le sol somalien
à la demande du gouvernement provisoire de ce pays.

Après
plus de trois heures de discussions, les diplomates ont indiqué que
faute d’unanimité sur la question, leurs efforts étaient suspendus
à mercredi après-midi.

Dans le
même temps, la Ligue arabe, l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale
pour le développement (Igad), qui avaient parrainé l’installation
en 2004 du fragile gouvernement provisoire somalien, devraient se consulter
mercredi à Addis-Abeba pour débattre de la situation, a annoncé
l’émissaire de Kofi Annan.

L’absence
de règlement politique grâce à une reprise des discussions
entre les islamistes somaliens et le gouvernement provisoire “serait
désastreuse pour le peuple de Somalie, qui souffre depuis longtemps,
et pourrait aussi avoir de graves conséquences pour la région
tout entière”, avait plaidé le diplomate guinéen.

Il a fait
cette déclaration au Conseil de sécurité alors que l’Ethiopie
se disait “à mi-chemin” d’une victoire sur les islamistes.

NOUVEAUX
REFUGIES

Le représentant
de la Somalie à Addis-Abeba a déclaré que les forces
éthiopiennes se trouvaient à 70 km de Mogadiscio, bastion de
l’Union des Tribunaux islamiques (UTI), et qu’elles pourraient la prendre
d’ici 24 à 48 heures.

Fall a
fait état d’informations selon lesquelles les forces gouvernementales
progresseraient sur deux fronts en direction de la capitale. “Elles continuent
néanmoins de rencontrer dans plusieurs secteurs une forte résistance
des miliciens de l’Union des Tribunaux islamiques et de leurs alliés”,
a-t-il dit.

Il a ajouté
que les combats s’étendaient rapidement à des régions
jusqu’ici tenues par l’UTI et que le gouvernement provisoire prenait le contrôle
ou progressait vers de nombreuses villes en dehors de son bastion de Baïdoa.

Selon
Fall, de nombreux civils sont pris dans les combats qui, selon certaines informations,
ont fait de nombreux morts et blessés et ont contraint beaucoup d’habitants
à fuir leur domicile.

Sans pouvoir
donner de bilan détaillé, Fall a dit que le Comité international
de la Croix-Rouge avait recensé 760 blessés de guerre dans le
sud de la Somalie.

Le Kenya
accueille déjà 35.000 nouveaux réfugiés somaliens
et des jeunes gens fuyant Mogadiscio ont dit à des ONG que des enfants
étaient recrutés de force comme soldats.

Les combats
affectent aussi les dispositifs d’aide en faveur des deux millions de personnes
touchées par la guerre ou par des inondations dans le sud et le centre
de la Somalie, a noté Fall.

Tout
le personnel humanitaire de l’Onu et d’ONG internationales a été
évacué de la région, a-t-il dit.

Les
agences de l’Onu et les ONG vont tenter de reprendre leurs distributions d’aide
grâce à du personnel local, mais elles ne pourront le faire que
si elles peuvent accéder aux régions affectées et faire
leur travail dans la sécurité, a prévenu Fall.

29/12/06 (B375) Somalie: Paris préoccupé par “un risque de déstabilisation en chaîne”


Le ministre français des Affaires étrangères Philippe
Douste-Blazy se déclare "très profondément préoccupé
par la situation en Somalie" qui représente "un risque majeur
de déstabilisation (…) en chaîne".

Dans "Le
Parisien/Aujourd’hui en France", Philippe Douste-Blazy s’inquiète
de "l’escalade générale de la violence dans l’ensemble
de la Corne de l’Afrique". "Le Darfour depuis près de quatre
ans, la Somalie maintenant: avec ces deux crises, c’est un risque majeur de
déstabilisation dans une zone stratégique, essentielle pour
l’ensemble du continent africain".

"Nous
sommes en relation permanente avec l’ensemble de ces partenaires comme avec
les autres pays de la sous-région. Je pense à l’Erythrée
ou à Djibouti, qui sont eux aussi concernés par cette menace
de déstabilisation en chaîne", estime le chef de la diplomatie
française.

Aujourd’hui
"il est essentiel de faire cesser les combats. C’est la priorité
des priorités", souligne M. Douste-Blazy. "Il ne peut y avoir
de solution militaire durable (…) qui ignore la souveraineté des
Etats ou des peuples".

"La
solution ne peut être que politique et passe par un dialogue entre toutes
les parties au conflit", rappelle le ministre des Affaires étrangères,
un "dialogue engagé entre les Somaliens eux-mêmes, qui doivent
être les seuls maîtres du destin de leur pays".

AP

28/12/06 (B375) RSF / SOMALIE / Appel pour le respect d’une charte de protection des journalistes.

Reporters
sans frontières et son organisation partenaire en Somalie, l’Union
nationale des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists,
NUSOJ), appellent le gouvernement fédéral de transition (TFG)
et toutes les parties au conflit à respecter le travail des journalistes,
alors que les troupes loyales au TFG ont pris le contrôle de la quasi-totalité
du territoire somalien, le 28 décembre 2006.

Cinq jours
après l’adoption à l’unanimité, par le Conseil de sécurité
de l’ONU, le 23 décembre, de la résolution 1738 sur la protection
des journalistes dans les conflits armés, les deux organisations proposent
aux autorités somaliennes de s’engager à respecter une charte
en quatre points, de manière à démontrer sa volonté
de respecter les règles démocratiques et d’établir une
société ouverte et pluraliste en Somalie.

“Les
journalistes somaliens et étrangers ont payé un prix élevé
dans la guerre erratique qui déchire le pays depuis plus de quinze
ans. Aujourd’hui, alors qu’un gouvernement internationalement reconnu clame
sa volonté d’établir une démocratie, il serait incompréhensible
que le calvaire vécu par les professionnels de l’information continue.
Comme la capitale Mogadiscio vient d’être conquise, ainsi que la quasi-totalité
du territoire, le climat doit changer notablement pour que la population puisse
être informée correctement”, ont déclaré les
deux organisations.

Reporters
sans frontières et la NUSOJ demandent notamment au gouvernement fédéral
de transition somalien de s’engager à respecter et à faire respecter
les quatre principes suivants :

1. Protéger
le travail des journalistes locaux et étrangers couvrant les événements
se déroulant en Somalie, notamment en donnant des instructions claires
aux troupes chargées du maintien de l’ordre pour que les professionnels
des médias soient traités comme des civils.

2. Garantir
le pluralisme des médias diffusés en Somalie, notamment en
veillant à ce que les entreprises de presse et les journalistes qui
pourraient être perçus comme non favorables au gouvernement
fédéral de transition ne fassent pas l’objet de mesures de
rétorsion.

3. Favoriser
l’accès à l’information des journalistes locaux et étrangers
en veillant à ce que les troupes loyales au gouvernement fédéral
de transition fassent preuve de coopération avec les professionnels
de l’information.

4. Privilégier
le dialogue avec les organisations professionnelles de journalistes en cas
de litige avec la presse.

Leonard
VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org

29/12/06 (B375) Sur la route de Mogadiscio, l’avancée rapide des gouvernementaux


Par C. Bryson Hull

MOODE
MOODE, Somalie (Reuters) – Les corps boursouflés de combattants islamistes
et la trace ininterrompue de chenilles de blindés le long de la route
reliant Baïdoa et Mogadiscio racontent la rapide avancée des troupes
gouvernementales somaliennes et de leurs alliés éthiopiens vers
la capitale.

Sur au
moins 80 kilomètres à l’est de Baïdoa, où est installé
le gouvernement fédéral de transition, les douilles d’obus jonchent
la route où dix jours durant s’est jouée la bataille pour le
contrôle de ce pays de la Corne de l’Afrique.

Une vingtaine
de cadavres de combattants islamistes, décomposés par le soleil,
gisent dans la brousse de Moode Moode, le point le plus avancé atteint
par les milices islamiques dans leur progression vers Baïdoa, avant qu’elles
ne soient écrasées par la puissance militaire combinée
des troupes gouvernementales et des forces éthiopiennes.

A une
cinquantaine de kilomètres à l’est de Baïdoa, les habitants
de Buur Hakaba racontent que les miliciens islamistes sont repartis de leur
ville plus vite qu’ils n’y étaient arrivés.

"Nous
pensions qu’ils riposteraient et qu’ils s’équiperaient pour se battre,
mais ils étaient plus occupés à mettre des vêtements
civils", dit Deros Mohammed Ibrahim.

Les islamistes
contrôlaient Buur Hakaba depuis un peu plus de deux mois et y avaient
massé des troupes pour leur assaut sur Baïdoa.

Leur départ
est un soulagement pour nombre d’habitants, rétifs à l’islam
radical qu’ils y avaient imposé. La rupture des relations commerciales
nuisait également à l’économie locale.

"Je
suis très heureux", répond un habitant interrogé
sur leur retrait. "Je ne m’attendais pas à ce qu’ils perdent aussi
rapidement et je rends grâce à Allah pour leur échec",
ajoute-t-il.

Un autre
témoigne de ces "65 jours" de présence des milices
islamiques dans la ville. "Je n’avais jamais vu autant d’abus et de harcèlement",
dit-il.

Un peu
plus loin, des bouteilles d’eau vide, des emballages de rations alimentaires
et un pain à demi-mangé entourent les corps de deux miliciens
tués dans un camp militaire crasseux.

Une boîte
de dattes est également à terre. On peut y lire "Cadeau
du gouvernement d’Arabie saoudite". On ne peut alors s’empêcher
de repenser au rapport établi le mois dernier par une commission d’experts
des Nations unies accusant au moins dix pays étrangers, dont le royaume
saoudien, d’être impliqués à des degrés divers
dans le conflit somalien.

Longtemps
démentie, la présence éthiopienne n’est elle plus un
secret.

Des camions
éthiopiens transportant des soldats au visage détendu circulent
sur la route. Sur certains d’entre eux, les plaques minéralogiques
ont cependant été recouvertes de cambouis dans une tentative
illusoire de masquer l’engagement militaire éthiopien.

A l’aéroport
de Baïdoa, où des dizaines de soldats éthiopiens blessés
dans les combats sont évacués à bord d’avions de transports,
cinq hélicoptères Mi-24 de l’armée éthiopienne
sont alignés en bord de piste. Leurs équipages ont semble-t-il
accompli leur mission.

29/12/06 (B375) AFP Genève / Naufrages de clandestins au large du Yémen : 17 morts et 140 disparus.

Dix-sept
personnes sont mortes et quelque 140 autres sont portées disparues,
après le chavirage au large des côtes yéménites
de deux bateaux de passeurs sur lesquels les forces de sécurité
yéménites avaient tiré, a annoncé jeudi le Haut
commissariat de l’ONU aux réfugiés.

Quatre
embarcations transportant 515 Somaliens et Ethiopiens traversaient mercredi
le golfe d’Aden au départ de la Somalie lorsqu’elles ont été
repérées par les forces de sécurité yéménites.

Selon
les témoignages de survivants, deux des bateaux de passeurs ont débarqué
leurs passagers lorsque les forces de sécurité yéménites
ont ouvert le feu. Selon les fonctionnaires yéménites, les passeurs
ont répliqué.

Deux autres
bateaux, qui attendaient un peu plus loin en mer dans l’obscurité,
ont alors tenté de s’échapper en direction du large mais
l’un d’eux, déséquilibré par des passagers
paniqués, a chaviré.

L’autre
embarcation, poursuivie par deux bateaux des gardes-côtes yéménites
et un hélicoptère, a été forcée de rejoindre
la côte. Mais, à 300 mètres de la plage, elle a chaviré
à son tour.

Les autorités
yéménites ont indiqué avoir capturé les 17 passeurs
et leurs quatre bateaux.

Les 357
survivants ont été recueillis au centre de réception
de réfugiés du HCR à Mayfa’a.

“Malgré
les efforts entrepris pour arrêter cet horrible commerce, des passeurs
sans scrupule continuent de profiter du désespoir de pauvres gens fuyant
la persécution et les violences et de ceux recherchant ailleurs de
meilleures opportunités économiques”, a déploré
jeudi à Genève le Haut Commissaire aux réfugiés
Antonio Guterres.

Nombre
de Somaliens ont expliqué avoir fui le conflit actuel entre le gouvernement
fédéral somalien de transition allié à l’Ethiopie
et l’Union des Tribunaux islamiques.

Plus
de 25.800 personnes sont arrivées au Yémen depuis la Somalie
cette année.

Au moins
330 personnes sont mortes durant de telles traversées et près
de 300 autres sont portées disparues, selon les estimations du HCR.

Les
Somaliens qui arrivent au Yémen obtiennent automatiquement le statut
de réfugié car nombre d’entre eux fuient un conflit violent.
Plus de 88.000 réfugiés enregistrés séjournent
actuellement au Yémen, dont 84.000 sont de nationalité somalienne.