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19/03/2014 (Brève 375) Guelleh assure « son » avenir ! Compterait-il se faire réélir jusqu’en 2035 ? Oui si l’on croit cette information publiée sur le site Afriquinfo à partir de l’agence chinoise XINHUA. Encore de la communication « poudre aux yeux ». Pour masquer la misère dans laquelle il a plongé volontairement le pays, il fait croire que cela ira mieux … en 2035 !

Djibouti adopte un projet de développement à long terme « Vision Djibouti 2035 »

DJIBOUTI (Xinhua) – Le gouvernement djiboutien, réuni mardi en conseil des ministres, a adopté le projet « Vision Djibouti 2035 » relatif à l’orientation de la politique nationale djiboutienne de développement sur le long terme.

Il s’agit, selon un communiqué du gouvernement djiboutien, d’ une réflexion prospective globale sur l’avenir du pays dans laquelle s’inscriront désormais la planification stratégique et les stratégies de développement à court et moyen termes.

Ce document élaboré sur la base d’une approche participative est essentiellement fondée sur une articulation entre les aspirations des populations, les enjeux et défis majeurs et le scénario désiré de développement à long terme en République de Djibouti.

Selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, qui s’est exprimé devant la presse, l’élaboration de ce document important reflète l’oeuvre d’un consensus national dans lesquelles les intervenants ont permis de réfléchir sur le renforcement de la stratégie djiboutienne de développement durable et de construire une société meilleure.

Il a indiqué par ailleurs que cette stratégie, qui va servir de cadre de référence aux actions futures, a été bâtie sur cinq piliers principaux qui sont la paix et l’unité nationale, la bonne gouvernance, une économie persifié et compétitive, la consolidation du capital humain et l’intégration régionale.

Ce projet ambitieux couvre à la fois l’aspect économique mais aussi social et prend en compte des secteurs porteurs tels que l’ Education, le Tourisme, la Pêche, les Nouvelles Technologies et l’ Industrie avec des projets structurants.

« Ces grandes orientations de cette étude prospective vont permettre au pays de poursuivre les objectifs d’une véritable politique de développement à long terme et tendre vers une ère de prospérité et de bien être », a-t-il dit.

Pour M. Mahmaoud, la réalisation de ce programme de développement qui concerne l’ensemble des Djiboutiens s’inscrit dans le cadre d’une consolidation des bases de la construction économique, sociale et spatiale. Elle permettra surtout la réalisation des fortes avancées dans tous les domaines afin de faire de notre pays, un pays émergent.

En vue de concrétiser ce nouveau modèle de croissance, la  » Vision Djibouti 2035″, dont la coordination et le suivi des actions sera assuré par le Conseil Supérieur de Planification, présidé par le président de la République, sera opérationnalisé à travers des plans d’actions quinquennaux.

Cette approche consultative et participative a été conçue, selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, pour permettre de consolider le processus de développement de Djibouti pour offrir aux futures générations un pays prospère.

« C’est une vision qui ambitionne de faire du pays un pôle économique, commercial et financier régional et international », a- t-il conclu.

28/12/06 (B375) BBC – Ethiopians take key Somali town (En anglais – info lectrice)

Ethiopian
troops supporting the Somali interim government have taken the town of Jowhar
in central Somalia, forcing back Islamist militiamen.

Troops
carried out a dawn attack on the strategic town – just north of the capital
controlled by the Islamists.

At the
weekend Ethiopia began a large-scale offensive against the Union of Islamic
Courts (UIC), which held much of central and southern Somalia.

Leaders
of the militia have admitted pulling out of many towns.

On Tuesday
Ethiopia said it had repelled the militia from the seat of Somalia’s transitional
government in Baidoa – but the UIC said the pull-out was tactical and the
group was « getting ready for a long war ».

The fighting
between the Ethiopian-backed interim government and the UIC escalated last
week.

In the
latest violence on Wednesday, government forces and Ethiopian armoured vehicles
attacked Jowhar, which lies 90km (55 miles) north of the capital Mogadishu
and was formerly controlled by the UIC.

Hundreds
of people have been fleeing the town, the Associated Press news agency reported.

« We
do not know where to escape, we are already suffering from floods, hunger
and disease, » resident Abdale Haji Ali told AP. « We are awaiting
death. »

Both sides
claim to have inflicted hundreds of casualties. The Red Cross has reported
more than 850 injured people at hospitals it supports.
International divisions

The UN’s
World Food Programme has suspended air drops into southern Somalia because
of the fighting.

The Security
Council, which has been debating the Somalia conflict, is due to resume discussions
later on Wednesday.

Splits
have emerged on the council with Qatar insisting that any statement should
call for the immediate withdrawal of all foreign forces, including Ethiopia’s,
from Somalia.

Other
council members say that this should not apply to Ethiopian troops, arguing
that they are in Somalia at the request of the interim government.

On Tuesday,
UN envoy Francois Lonseny Fall warned the Security Council that failure to
reach a political settlement could lead to a conflict that could « have
serious consequences for the entire region ».

The UIC
– who seized control of the capital six months ago – have introduced law and
order to the capital and much of southern Somalia for the first time in 16
years.
But other countries accuse the UIC of links to al-Qaeda, charges it denies.

Somalia
and Ethiopia – a mainly Christian nation – have a history of troubled relations,
and Islamists have long called for a holy war against Ethiopian troops in
Baidoa.

29/12/06 (B375) Le Temps (Suisse) 1 – Somalie: les faux remèdes de l’Occident / 2 – TEMPS FORT : Mogadiscio livré au chaos et au doute / 3 – Cette nouvelle guerre d’Afrique suscite beaucoup de convoitises à l’étranger / 4 – «Il ne s’agit pas d’une guerre religieuse» (Info lectrice)


__________________________
1 – Somalie: les faux remèdes de l’Occident

Auteur:
Richard Werly

La
communauté internationale paraît condamnée à être
l’otage de la nouvelle guerre qui déchire ces jours-ci la Corne de
l’Afrique.

Le fait
que les miliciens des Tribunaux islamiques aient déserté Mogadiscio
ne doit pas faire oublier que ces derniers avaient mis fin, en juin, à
l’effroyable lutte de clans qui déchirait cette capitale depuis quinze
ans. Même les négociants du port de la capitale, qui n’ont jamais
cessé de commercer, s’étaient félicités de leur
victoire sur les sinistres potentats locaux.

La progression
des islamistes s’est ensuite faite à l’unisson: en s’appuyant sur l’hostilité
de la population envers les seigneurs de la guerre décriés et
le chaotique gouvernement de transition issu des accords de 2003-2004. L’ONU,
parrain de ce cabinet quasi fantôme, et les Etats-Unis, partisans des
chefs de clans discrédités au nom de la lutte contre la nébuleuse
terroriste Al-Qaida, étaient aussi les perdants de cette guerre. Jusqu’à
l’intervention de l’Ethiopie.

Espérer,
dans ces conditions, que les blindés d’Addis-Abeba ramèneront
l’ordre et un début de solution internationale dans cet immense pays
est plus que prématuré.

Aussi
décomposé soit-il, le territoire somalien est relativement homogène
sur le plan ethnique et traversé par une même ferveur nationaliste
anti-éthiopienne. Le soutien de l’Erythrée aux miliciens islamistes
ajoute de l’huile sur ce feu. De quoi infecter la plaie du ressentiment entre
la Somalie musulmane et l’Ethiopie chrétienne, soutenue par l’Occident.

Le départ
des islamistes de Mogadiscio, qui seront peu regrettés, vu leur intolérance,
laisse donc présager d’autres batailles. Sous le regard d’une communauté
internationale privée de marge de manœuvre par les intrigues régionales
et par celles des groupes somaliens.

La désertification
du pays, son délabrement, le système prédateur mis en
place par les chefs de guerre n’ont pas, comme on le croit souvent, fait plonger
la Somalie dans l’anarchie totale. Mais ils ont fait du clan le seul refuge
pour une population en perdition. Une désagrégation contre laquelle,
après des années de passivité coupable et leur lot d’alliances
cyniques, l’ONU, les Etats-Unis, ou l’Union européenne n’ont aujourd’hui
que de faux remèdes.

________
2 – TEMPS FORT : Mogadiscio livré au chaos et au doute


Auteur: Christophe Ayad, envoyé spécial à Mogadiscio


Les milices islamistes ont été chassées de la ville par
les troupes loyalistes soutenues par l’Ethiopie.
• La capitale de l’Etat somalien, qui n’existe plus depuis 1991, est
à la merci des pilleurs et des milices claniques.
• Outre l’Ethiopie, les Etats-Unis et les pays arabes jouent un rôle
non négligeable dans ce conflit.

La
République islamique de Mogadiscio a vécu.

Sept
mois après avoir pris la capitale somalienne, l’Union des tribunaux
islamiques a été chassée comme un fétu de paille
par le gouvernement fédéral de transition (GFT), appuyé
par l’armée éthiopienne. «On vivait à l’ombre de
géants sans force», répète – incrédule –
l’infirmier Abdinasser.

A l’entrée
sud de Mogadiscio, sur la route qui mène à Merka et à
l’aéroport, un bataillon loyaliste attendait, hier soir, l’arme au
pied. Derrière lui, une colonne éthiopienne équipée
de tanks et d’artillerie lourde. Des contacts intensifs sont en cours entre
le gouvernement fédéral et les chefs de clan, ainsi qu’avec
les grands hommes d’affaires de Mogadiscio pour permettre une entrée
sans heurts. Le premier ministre du GFT, Ali Gedi, disait hier après-midi
être à 20 km de Mogadiscio et espérer y entrer ce vendredi.
Au centre-ville, une milice locale, prétendant agir pour le compte
de Mohamed Dhere, un chef de guerre allié au GFT, s’est emparée
de la Villa Somalia, un complexe administratif abritant le siège de
la présidence, ravagé par seize ans de guerre civile, et les
ministères qui venaient juste d’être repeints par les Tribunaux
islamiques.

Dans les
faubourgs où ils sont entrés, les assaillants auraient reçu
un accueil chaleureux de la population. Non pas tant qu’ils étaient
attendus avec impatience par les habitants de Mogadiscio, mais parce que ces
derniers redoutaient des combats longs et acharnés. «Nous, les
Somaliens, on accueille toujours bien les vainqueurs, résume Hiddig,
un professeur d’anglais. Nous en avons assez de la guerre. Nous voulons vivre
en paix.»

C’est
à 9h30, hier matin, que le cheikh Chérif, chef du Comité
exécutif des tribunaux islamiques, a donné l’ordre aux miliciens
restés fidèles de se retirer de la ville pour éviter
un long siège et des bombardements meurtriers. «Nous poursuivrons
notre lutte contre l’occupant étranger, ajoutait-il. Nous avons un
plan pour les chasser.»

Depuis,
les principaux leaders islamistes sont invisibles.

La rumeur
les dit partis pour Kismayo, le grand port du sud, base principale de l’aile
la plus radicale des Tribunaux islamiques, les Shebab, et aussi des djihadistes
étrangers. Mais ils pourraient tout aussi bien avoir fui dans la savane.
«Une chose est sûre, explique Shamo, propriétaire d’un
hôtel. Ils ne peuvent pas se placer sous la protection de leur clan,
les Ethiopiens ne le permettront pas. Ils vont les poursuivre partout.»
Quant au gros des troupes islamistes, elles ont fait ce qu’elles avaient fait
au mois de juin dernier mais en sens inverse: «Changer de chemise»,
comme disent les Somaliens.

En
fait, Mogadiscio était ville ouverte dès mercredi soir.

Dans la
débâcle, les miliciens islamistes ont abandonné les arsenaux
aux pillards. Les milices claniques et les petits warlords (seigneurs de la
guerre), qui terrorisaient Mogadiscio jusqu’en juin dernier, n’ont pas tardé
à se servir. Les derniers arrivés se sont rabattus sur le marché
aux armes: 150 dollars la kalachnikov, 30 cents pour une balle… Des hommes
en armes écument la ville, installent des barrages aux carrefours stratégiques.

Pour la
première fois depuis des mois, Ahmed a dû laisser son téléphone
portable et sa montre à la maison avant de sortir brièvement
en ville. Quant à son argent liquide, il le cache dans ses chaussettes.
La plupart des habitants se contentent de rester en sécurité,
sans dépasser les limites de leur quartier ou leur rue. On entend parfois
une rafale d’arme légère au loin. Devant les bureaux de change,
les compagnies de télécommunications, les hôtels, des
gardes en armes ont repris du service. Déjà, plusieurs cas de
meurtres sont rapportés.

Le port,
rouvert l’été dernier par les islamistes après une décennie
d’inactivité, a été investi par la milice d’un député
et chef de guerre proche du GFT, Mohamed Furuh. Les hommes d’affaires se sont
empressés d’aller vider leurs entrepôts. Le personnel médical
qui travaillait à l’hôpital Banader a déserté les
lieux. Tout a été pillé. Les blessés sont rentrés
chez eux comme ils ont pu. Les résidences des dignitaires islamistes
ont été aussi consciencieusement «désossées».
A la villa Baïdoa, l’ancien QG militaire, des gamins auraient pillé
des caisses de grenades. Juste devant l’Hôtel Ramadan, un sérieux
accrochage a opposé deux sous-clans Abgal, l’une des trois grandes
familles claniques de Mogadiscio. Les uns, mécontents d’avoir eu la
portion congrue dans le pillage des entrepôts d’armes, ont tiré
au lance-roquettes sur le véhicule chargé de munitions des autres:
5 morts parmi les partisans de Bachir Raghe, un warlord réfugié
au Zimbabwe mais qui ne va pas tarder à faire son retour.

Cette
anarchie inquiète les habitants au plus haut point. Certains se réjouissent
ouvertement: le propriétaire d’un petit vidéoclub envisage de
rouvrir son «cinéma» dès que possible. Les vendeurs
de qat, cette plante euphorisante interdite par les islamistes du jour au
lendemain, commencent déjà à vendre leur précieuse
marchandise au grand jour. Mais d’autres sont plus circonspects. Abdallah,
un pêcheur, fait remarquer: «Quand le gouvernement a repris des
villes, en province, il n’a pas désarmé les gens. Ça
n’augure rien de bon.» «Le gouvernement fédéral
doit rapidement rétablir l’ordre, explique un avocat, Me Zakaria. Il
ne faut pas oublier qu’en juin dernier, la population de Mogadiscio en avait
tellement marre des chefs de guerre qu’elle était prête à
se vouer à n’importe qui, même Israël.»

Les islamistes,
qui gardent des relais locaux et des partisans armés, pourraient rapidement
capitaliser sur l’incapacité du gouvernement fédéral,
otage des chefs de guerre et des clans, à faire régner la sécurité
à Mogadiscio. «Gagner ou perdre la guerre, ça ne veut
pas dire grand-chose, mettait en garde hier Omar Idris, un leader des Tribunaux
islamiques. Regardez Bush en Irak! Il a cru que c’était «mission
accomplie» et, depuis, les Américains ne cessent de reculer en
Irak.»

_____
3 – Cette nouvelle guerre d’Afrique suscite beaucoup de convoitises à
l’étranger

Sylvain
Besson

Les
acteurs impliqués vont des voisins de la Somalie aux Etats-Unis en
passant par les pays arabes.

La guerre
qui se déroule en Somalie n’est pas qu’une obscure lutte entre factions
africaines. Elle fait aussi intervenir d’anciennes rivalités entre
pays de la région, les besoins stratégiques de l’Occident et
le mercantilisme des vendeurs d’armes internationaux.


Acte I: les rescapés de l’Ogaden
En 1977-1978, la Somalie tente de s’emparer de l’Ogaden, une zone
désertique de l’Ethiopie peuplée de Somalis. L’attaque échoue,
et un flot d’opposants éthiopiens se réfugient en Somalie. Parmi
eux, des militants de groupes séparatistes, le Front national de libération
de l’Ogaden (FNLO) et le Front de libération Oromo (FLO).

Vite oubliés
par l’Occident, ces rebelles éthiopiens sont restés actifs durant
leur exil en Somalie, où ils ont soutenu les Tribunaux islamiques.
Selon un rapport remis en octobre au Conseil de sécurité de
l’ONU, plus de 200 hommes des tribunaux et du FNLO auraient pénétré
en Ethiopie en juillet dernier, avec des ânes et des chameaux chargés
d’armes, pour soutenir les insurgés qui sévissent toujours dans
l’Ogaden.

C’est
l’une des causes majeures de l’intervention éthiopienne.


Acte II: la vengeance de l’Erythrée

L’Erythrée a obtenu son indépendance de l’Ethiopie en 1991.
Entre 1998 et 2000, les deux pays, armés jusqu’aux dents par l’Ukraine
et la Russie, se livrent une guerre féroce concernant la délimitation
de leur frontière commune. L’Erythrée est battue, mais en 2002,
la Cour internationale de justice lui donne raison en lui attribuant le village
frontalier de Badme. L’Ethiopie refuse de céder ce territoire disputé.

Depuis,
l’Erythrée attise les conflits régionaux pour obtenir satisfaction.
Selon l’ONU, elle a acheminé au moins 28 cargaisons d’armes en Somalie
cette année. Elle soutient les Tribunaux islamiques et entraîne
leurs troupes, y compris sur son propre sol. Elle aurait déployé
au moins 2000 soldats sur le territoire somalien, ce qui a poussé l’Ethiopie
à intervenir à son tour.


Acte III: la «guerre contre la terreur» en Afrique
Les attentats du 11 septembre 2001 ont entraîné un redéploiement
du dispositif militaire occidental dans la région. Une flotte multinationale,
baptisée «Task Force 150», croise dans l’océan Indien.
Les Etats-Unis ont stationné 1800 hommes à Djibouti, aux côtés
des 2800 soldats français basés dans ce petit Etat voisin de
la Somalie. Le but est d’empêcher Al-Qaida de trouver refuge dans la
Corne de l’Afrique.

Même
si elle ne s’est pas réellement concrétisée, cette crainte
a cimenté l’alliance entre les Etats-Unis et l’Ethiopie. Les Américains
ont formé les premières unités antiterroristes éthiopiennes.
Selon le chercheur Roland Marchal, l’Ethiopie aurait aussi rendu des «services
concrets» dans le cadre de la politique d’interrogatoires secrets (renditions)
de suspects de terrorisme pratiquée par les Etats-Unis. Son premier
ministre, Meles Zenawi, a su devenir leur principal ami dans la région.
A tel point que Washington n’a pas jugé utile de condamner l’incursion
des forces éthiopiennes en Somalie.


Acte IV: la foire aux marchands d’armes
Selon le rapport de l’ONU, les marchands d’armes yéménites
ont alimenté les diverses factions somaliennes au cours des derniers
mois. Plusieurs Etats arabes – Libye, Egypte, Arabie saoudite, Syrie… –
auraient apporté une aide militaire ou logistique aux Tribunaux islamiques.
Des combattants pakistanais transportés dans des boutres seraient également
venus leur prêter main-forte. Quant au gouvernement fédéral
de transition, armé et encadré par l’Ethiopie, il aurait aussi
été épaulé par des sociétés militaires
privées américaines.


Acte V: la déferlante éthiopienne
Le 24 septembre dernier, les Tribunaux islamiques s’emparent du port
stratégique de Kismayo, dans le sud de la Somalie. C’est un casus belli:
le lendemain, des centaines de soldats éthiopiens se déploient
à Baidoa, la poussiéreuse «capitale» du gouvernement
fédéral de transition.

Grâce
à cette aide, les alliés somaliens de l’Ethiopie se sont emparés
hier de Mogadiscio. Une percée qui, de l’avis de nombreux analystes,
a reçu un feu vert au moins tacite des Etats-Unis, trop heureux de
voir chuter un régime islamiste jugé peu rassurant. Mais d’autres
pays sont inquiets: jeudi, la France a dénoncé «un risque
majeur de déstabilisation dans une zone stratégique».

___________________ 4 – «Il
ne s’agit pas d’une guerre religieuse»

Sylvain Besson

L’expert
français Roland Marchal s’inquiète des conséquences de
la guerre.

Le
Temps: Vous êtes chercheur au Centre d’études et de recherches
internationales (CERI) de Paris. Quel est, selon vous, le vrai enjeu de l’intervention
éthiopienne en Somalie?

Roland
Marchal:
L’Ethiopie ne peut accepter que puisse émerger sur
son flanc sud un pouvoir qui ait de bonnes relations avec l’Erythrée.
Les Tribunaux islamiques ont payé le soutien que leur a apporté
l’Erythrée, en autorisant le transit sur leur territoire des mouvements
séparatistes éthiopiens comme le Front national de libération
de l’Ogaden. L’Ethiopie a peur que ces mouvements ne trouvent un sanctuaire
en Somalie. Il ne s’agit donc pas d’une guerre religieuse entre l’Ethiopie
chrétienne et la Somalie musulmane, mais plutôt d’une affirmation
de puissance. L’Ethiopie considère qu’elle est la puissance dominante
dans la région et qu’elle a le droit d’intervenir.


Quelle est l’influence de l’Ethiopie sur le gouvernement fédéral
de transition qui s’oppose aux islamistes somaliens?

– Cette
influence est considérable. On peut dire que l’Ethiopie a manipulé
la formation du gouvernement de transition lors des négociations qui
se sont déroulées au Kenya entre 2002 et 2004, en écartant
les Somaliens qui ne lui plaisaient pas. L’Union européenne, malheureusement,
a financé le processus mais a fermé les yeux sur ces manœuvres.

– On se
demande ce qui peut pousser la communauté internationale, l’ONU et
les Etats-Unis à soutenir un gouvernement fantoche…

– Les
Etats-Unis sont eux-mêmes divisés mais, dans leur esprit, tout
ce qui affaiblit les Tribunaux islamiques est forcément une bonne nouvelle.
Jendayi Frazer, l’assistante de Condoleezza Rice pour l’Afrique, partage les
vues du premier ministre éthiopien Meles Zenawi. Mais en se comportant
ainsi, Ethiopiens et Américains ont convaincu beaucoup de gens de la
région que Ben Laden disait vrai, qu’il y a un grand complot chrétien
et occidental contre l’Islam. C’est vraiment dramatique.

28/12/06 (B375) Journal l’Humanité : risque d’embrasement de la Corne de l’Afrique.

Somalie
. En bombardant deux aéroports somaliens, dont celui de Mogadiscio,
l’Éthiopie, soutenue par Washington, est officiellement en guerre
contre les islamistes somaliens.

Le conflit
qui oppose depuis plusieurs jours l’Éthiopie à l’Union
des tribunaux islamiques est entré dans une nouvelle phase. Hier, l’aviation
éthiopienne a bombardé deux aéroports, dont celui de
la capitale, Mogadiscio. Addis-Abeba a d’ailleurs reconnu être
entré en guerre contre les islamistes.

En fait,
c’est la crainte de voir Baïdoa, capitale du gouvernement fédéral
de transition assiégée depuis plusieurs jours par les forces
de l’Union des tribunaux islamistes (UTI), tomber entre les mains des
islamistes, qui a poussé l’Éthiopie à entrer en
guerre. L’UTI, en effet, contrôle 10 régions sur 11.

Addis-Abeba
n’a, en outre, jamais fait mystère de son soutien au gouvernement
fédéral de transition somalien, seule institution reconnue internationalement,
mais dont l’autorité se limite à Baïdoa et sa région.
Le 30 novembre, le parlement éthiopien votait une motion donnant le
feu vert au gouvernement pour prendre des mesures afin de « contrer
toute forme d’attaque et d’incursion en Éthiopie ».

Qui
plus est, l’entrée en guerre de l’Éthiopie bénéficie
du soutien américain.

Le 29
novembre, Washington avait tenté de faire adopter une résolution
par le Conseil de sécurité de l’ONU permettant une levée
partielle de l’embargo sur les armes en faveur du gouvernement fédéral
de transition somalien en lutte contre les islamistes. Et depuis, les États-Unis
ont donné leur aval à l’Éthiopie pour déployer
des moyens aériens à la frontière entre les deux pays.

Car, pour
Washington, qui avait en vain soutenu et armé des seigneurs de guerre
somaliens contre les Tribunaux islamiques, ces derniers ne sont qu’un
prolongement d’al Qaeda en Somalie. Et ce, en raison des relations qu’avait
eues, par le passé, le chef de l’UTI, Cheikh Hassan Dahit Aweys,
un salafiste djihadiste, avec Oussama Ben Laden lorsque ce dernier s’était
réfugié au Soudan.

TENSION
dans toute la région

Pour
l’heure, la question est de savoir si l’intervention militaire
éthiopienne ne fait pas l’affaire des djihadistes somaliens avec,
toutefois, ce risque d’embrasement de toute la Corne de l’Afrique.

S’estimant
en guerre sainte contre l’Éthiopie, bénéficiant
de surcroît du soutien de larges pans de la population pour le simple
fait d’avoir mis fin à la terreur sur fond de racket, que faisaient
régner les seigneurs de guerre à Mogadiscio et dans le reste
du pays, les islamistes somaliens ne manquent pas d’atouts.

Contre
l’ennemi « héréditaire » éthiopien,
ils bénéficient de l’appui de l’Érythrée
dont les relations avec son voisin éthiopien sont extrêmement
tendues malgré l’accord d’Alger de 1999.

Embarrassée,
la Ligue arabe – la Somalie en fait partie, tandis que l’Érythrée
est sur le point d’y adhérer – n’a rien trouvé de
mieux que d’appeler à la retenue.

Bien qu’officiellement
ils soutiennent le gouvernement fédéral transitoire somalien,
certains États de la Ligue arabe, en lutte avec leurs propres islamistes
et avec une opinion publique favorable aux Tribunaux islamiques, voient d’un
mauvais oeil l’intrusion de l’Éthiopie en Somalie. Égyptiens
et Saoudiens tentent de ramener les islamistes à la raison et de les
pousser vers un compromis avec le gouvernement transitoire soutenu par l’Éthiopie
et les États-Unis. Une issue à laquelle l’UTI n’est
pas opposée.

DES
MILLIERS DE VOLONTAIRES

Les tribunaux
islamiques, qui ont lancé un ultimatum à l’Éthiopie
pour retirer ses troupes, se disent prêts à négocier.
Mais depuis les raids de l’aviation éthiopienne, les islamistes
battent le rappel des troupes : plusieurs milliers de volontaires, hativement
entraînés, se dirigent vers Baïdoa, siège du gouvernement
transitoire somalien soutenu par Addis-Abeba. Alors que l’Érythrée,
qu’un différend frontalier oppose à l’Éthiopie,
se dit prête à toute éventualité.

Hassane
Zerrouky

29/12/06 (B375) Lutte Ouvrière n°2004 du 29 décembre 2006 / Somalie – Une guerre civile sans fin, héritage des ambitions impérialistes (Info lecteur)

Comme
le reste de l’Afrique, le territoire peuplé par l’ethnie
somalie a été la proie du colonialisme. En 1839, les troupes
anglaises s’y découpèrent le Somaliland. À la fin
du 19ème siècle, ce furent les troupes italiennes qui s’octroyèrent
une «Somalia», tandis que les Français s’emparait
d’une «Côte française des Somalis» (Djibouti
aujourd’hui). En 1936, la Somalie italienne, l’Erythrée
et l’Ethiopie conquise par Mussolini, formèrent l’Afrique
Orientale Italienne. En 1947, l’Italie y renonçait, mais fut
ensuite chargée par l’ONU de «veiller» sur son ex-colonie
somalienne. En juillet 1960, cette Somalie devenue indépendante fusionnait
avec le Somaliland. Mais certaines des régions peuplées par
des Somalis étaient laissées à ses voisins l’Ethiopie
ou le Kenya.

Depuis
toujours, les grandes puissances ont exacerbé les rivalités
existant entre les différents clans somaliens pour renforcer leur domination
dans une région qui les intéressait pour des raisons surtout
stratégiques. La base française de Djibouti, par exemple, était
le pendant de la base anglaise d’Aden dans cette zone charnière
entre l’océan Indien et la mer Rouge.

De 1969
à 1991, la Somalie fut sous la coupe d’un militaire, Siyad Barré.
À sa chute, le pays bascula dans une guerre civile où, depuis,
les grands clans, les chefs de guerre et les islamistes se disputent le pouvoir.

En 1992,
les États-Unis se firent mandater par l’ONU pour une intervention
qui se prétendait humanitaire. Le gouvernement français, alors
socialiste, fit tout pour y participer. Il s’agissait de ne pas laisser
Washington seul à «s’arroger le droit de faire le gendarme»,
selon un mot du ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas.

Sous prétexte
d’apporter des vivres dans une région ravagée par la famine,
les États-Unis entendaient rétablir l’ordre en appuyant
une des factions rivales. Tandis que les troupes US débarquaient, on
vit le ministre français Kouchner porter devant les caméras
un sac de riz pour la Somalie. Mais l’opération tourna court
et les États-Unis, pour ne pas s’y enliser, quittèrent
précipitamment le pays. Ils passèrent le relais aux troupes
de l’ONU qui quittèrent les lieux à leur tour en 1995.

On avait
prétendu «restaurer l’espoir», mais cette intervention
impérialiste enfonça encore plus la population dans le chaos
d’une guerre civile qui en quinze ans a tué au moins 300000 personnes
et peut-être 500000, et fait fuir le sixième d’une population
évaluée à 8 millions de personnes.

J.F.

28/12/06 (B375) Le gouvernement d’Addis en mal de légitimité (La Libre – Info lectrice)

Le
régime éthiopien se maintient au pouvoir grâce à
une forte répression et après des fraudes électorales.

La
tension entre l’Ethiopie et la Somalie survient alors que le gouvernement
d’Addis Abeba avait cessé d’être considéré par
les Occidentaux comme un « bon élève ».

La Grande-Bretagne
avait suspendu une partie de son aide à l’Ethiopie, il y a un an, pour
protester contre le déchaînement de violence du régime
du Premier ministre Meles Zenawi contre son opposition; l’Union européenne
avait emboîté le pas à Londres.

Ces décisions
avaient été prises alors que des affrontements entre pouvoir
et opposants, regroupés autour du Parti de la coalition pour l’unité
et la démocratie (CUDP), avaient fait plusieurs dizaines de morts en
novembre 2005 et que les autorités avaient arrêté plusieurs
milliers d’opposants.

Fraude
électorale

Ceux-ci
protestent contre les irrégularités perpétrées
par le régime lors des élections législatives de mai
2005, qui ont maintenu Meles Zenawi au pouvoir.

Selon
les observateurs de l’Union européenne, le scrutin avait été
marqué par « des irrégularités, des retards, l’opacité
dans le décompte des voix et la compilation des résultats »
qui furent publiés fin août seulement, sans compter « des
fraudes ultérieures » et un insatisfaisant traitement des plaintes
pour fraudes.

En septembre
2005, lors de son ouverture, le parlement – où le parti de Meles Zenawi
occupait la majorité des sièges – avait privé de leur
immunité les élus du principal parti d’opposition après
un discours du Premier ministre affirmant que ceux-ci risquaient de profiter
de leur immunité pour renverser le gouvernement.

OPA
sur le pouvoir

Meles
Zenawi est au pouvoir depuis 1991. Il dirigeait une des six rébellions
alors victorieuses de la dictature marxiste du colonel Mengistu, le Front
populaire révolutionnaire démocratique, qui s’appuyait sur la
minorité ethnique tigréenne. Cette OPA sur le pouvoir avait
mécontenté les autres mouvements rebelles, notamment le Front
de libération oromo, qui s’appuie sur le principal groupe ethnique
éthiopien, les Oromos. Ce Front est, aujourd’hui encore, la bête
noire du régime de M. Zenawi.

Les victoires
militaires des islamistes en Somalie ont clairement permis à M. Zenawi
de faire oublier à Washington les sujets qui fâchent en se faisant
passer pour le champion de la lutte contre « le terrorisme islamique ».

Marie-France
Cros

29/12/06 (B375) MOGADISCIO (AFP) – Somalie : calme vendredi matin, des centaines de soldats stationnés à Mogadiscio (Info lectrice)

La
situation était calme mais tendue vendredi matin à Mogadiscio,
la capitale somalienne, où des centaines de soldats somaliens et éthiopiens
étaient stationnés après la fuite la veille des islamistes.

Des chars
éthiopiens, plus de 70 camions militaires et des centaines de soldats,
essentiellement éthiopiens, se trouvaient vendredi matin près
de l’hôpital de Banadir dans le sud de Mogadiscio, l’ancien quartier
général des islamistes.

Des centaines
de chars et de camions militaires éthiopiens étaient par ailleurs
positionnés vendredi matin aux entrées nord et ouest de la ville,
selon des habitants.

"La
nuit à Mogadiscio a été calme, mais nous ne savons pas
ce qui va se passer aujourd’hui", a expliqué un habitant, Yusuf
Abdulkadir. "Mogadiscio est une ville imprévisible", a-t-il
ajouté.

La
veille, des troupes gouvernementales somaliennes, soutenues par l’armée
éthiopienne, étaient entrées dans la capitale.

Depuis
le 20 décembre, début de violents combats entre d’un côté
les islamistes somaliens et de l’autre les forces gouvernementales somaliennes
et des soldats éthiopiens, les islamistes ont été mis
en déroute dans plusieurs régions qu’ils contrôlaient
dans ce pays de la Corne de l’Afrique, en guerre civile depuis 1991.

Les
islamistes avaient annoncé jeudi matin le retrait, pour des raisons
"tactiques", de leurs troupes de Mogadiscio.

Les
combats ces derniers jours en Somalie auraient fait "peut-être
entre 2.000 et 3.000 morts" et "jusqu’à 4.000 à 5.000
blessés" côté islamiste, a estimé jeudi le
Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Il
a par ailleurs assuré que les forces éthiopiennes en Somalie
quitteront le pays "dans les prochains jours (…) ou semaines",
"mais sûrement pas dans des mois".

De leur
côté, les Etats-Unis, qui ont apporté leur soutien à
l’attaque éthiopienne, ont affirmé jeudi suivre de "très
près" la situation "complexe" en Somalie.

Face à
l’escalade du conflit, les initiatives de paix et appels à la cessation
des hostilités se multiplient. Le Kenya a organisé jeudi à
Nairobi des pourparlers avec les chefs des tribunaux islamiques, mais le gouvernement
de transition somalien et l’Ethiopie n’y ont pas participé. La réunion
se poursuivait jeudi dans la soirée.

Une délégation
gouvernementale somalienne, conduite par le Premier ministre Ali Mohamed Gedi,
devait visiter vendredi plusieurs infrastructures clés de Mogadiscio,
où sont entrées la veille des troupes somaliennes appuyées
par l’Ethiopie.

"Nous
allons d’abord nous rendre à Balad (30 km au nord de Mogadiscio). Ensuite,
nous entrerons dans Mogadiscio. La population nous attend", a déclaré
à M. Gedi à Afgoye, localité située à 20
km à l’ouest de Mogadiscio où il est arrivé jeudi.

"A
Balad, nous envisageons de visiter la mairie et une entreprise de textile.
A Mogadiscio, nous irons au port, à l’aéroport, au palais présidentiel,
à la radio, au ministère des Communications, nous visiterons
le quartier général de la police, toutes sont des infrastructures
du gouvernement", a-t-il ajouté.

M.
Gedi est accompagné de plusieurs ministres. La délégation
est placée sous haute sécurité de gardes du corps et
de soldats, dont la nationalité, somalienne ou éthiopienne,
est difficile à déterminer.

28/12/06 (B375) Reuters : Pas d’accord sur la Somalie au Conseil de sécurité de l’Onu.

Par
Irwin Arieff

NATIONS
UNIES (Reuters) – Malgré un plaidoyer en ce sens du Guinéen
François Lonseny Fall, émissaire du secrétaire général
de l’Onu Kofi Annan en Somalie, le Conseil de sécurité s’est
séparé mardi sans parvenir à un accord sur un arrêt
immédiat des combats dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

Le Qatar,
seul pays arabe siégeant au Conseil, a en effet insisté pour
les Quinze lancent aussi un appel à un retrait immédiat de toutes
les forces étrangères, dont celles de l’Ethiopie, de Somalie.

Les autres
Etats membres ont quant à eux soutenu un texte appelant au retrait
des seules forces « non autorisées », une formulation ne s’appliquant
pas, selon eux, aux troupes d’Addis-Abeba présentes sur le sol somalien
à la demande du gouvernement provisoire de ce pays.

Après
plus de trois heures de discussions, les diplomates ont indiqué que
faute d’unanimité sur la question, leurs efforts étaient suspendus
à mercredi après-midi.

Dans le
même temps, la Ligue arabe, l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale
pour le développement (Igad), qui avaient parrainé l’installation
en 2004 du fragile gouvernement provisoire somalien, devraient se consulter
mercredi à Addis-Abeba pour débattre de la situation, a annoncé
l’émissaire de Kofi Annan.

L’absence
de règlement politique grâce à une reprise des discussions
entre les islamistes somaliens et le gouvernement provisoire « serait
désastreuse pour le peuple de Somalie, qui souffre depuis longtemps,
et pourrait aussi avoir de graves conséquences pour la région
tout entière », avait plaidé le diplomate guinéen.

Il a fait
cette déclaration au Conseil de sécurité alors que l’Ethiopie
se disait « à mi-chemin » d’une victoire sur les islamistes.

NOUVEAUX
REFUGIES

Le représentant
de la Somalie à Addis-Abeba a déclaré que les forces
éthiopiennes se trouvaient à 70 km de Mogadiscio, bastion de
l’Union des Tribunaux islamiques (UTI), et qu’elles pourraient la prendre
d’ici 24 à 48 heures.

Fall a
fait état d’informations selon lesquelles les forces gouvernementales
progresseraient sur deux fronts en direction de la capitale. « Elles continuent
néanmoins de rencontrer dans plusieurs secteurs une forte résistance
des miliciens de l’Union des Tribunaux islamiques et de leurs alliés »,
a-t-il dit.

Il a ajouté
que les combats s’étendaient rapidement à des régions
jusqu’ici tenues par l’UTI et que le gouvernement provisoire prenait le contrôle
ou progressait vers de nombreuses villes en dehors de son bastion de Baïdoa.

Selon
Fall, de nombreux civils sont pris dans les combats qui, selon certaines informations,
ont fait de nombreux morts et blessés et ont contraint beaucoup d’habitants
à fuir leur domicile.

Sans pouvoir
donner de bilan détaillé, Fall a dit que le Comité international
de la Croix-Rouge avait recensé 760 blessés de guerre dans le
sud de la Somalie.

Le Kenya
accueille déjà 35.000 nouveaux réfugiés somaliens
et des jeunes gens fuyant Mogadiscio ont dit à des ONG que des enfants
étaient recrutés de force comme soldats.

Les combats
affectent aussi les dispositifs d’aide en faveur des deux millions de personnes
touchées par la guerre ou par des inondations dans le sud et le centre
de la Somalie, a noté Fall.

Tout
le personnel humanitaire de l’Onu et d’ONG internationales a été
évacué de la région, a-t-il dit.

Les
agences de l’Onu et les ONG vont tenter de reprendre leurs distributions d’aide
grâce à du personnel local, mais elles ne pourront le faire que
si elles peuvent accéder aux régions affectées et faire
leur travail dans la sécurité, a prévenu Fall.