20/01/2016 (Brève 645) Communiqué de la LDDH. Une justice au service du régime

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (L.D.D.H) Djibouti, le 20 janvier 2016

Communiqué de presse:

Djibouti : Une justice au service du régime

Le co-directeur de L’Aurore, mensuel de l’USN, Kadar Abdi Ibrahim, vient d’être condamné à deux mois de prison avec sursis par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Djibouti siégeant en matière de flagrants délits, condamnation assortie d’une suspension pour deux mois du journal.
Le seul titre de presse libre du pays est ainsi réduit au silence.

Ce procès faisait suite à la publication par l’Aurore de la photo de la petite Soumeya âgée de 7 ans tuée par balle lors du massacre du 21 décembre 2015 à Buldhuqo. Or, la famille de Soumeya n’avait jamais porté plainte contre l’Aurore, comme l’avait dit la mère devant le procureur de la République samedi 16 janvier 2016 et qu’elle l’a répété aujourd’hui devant le juge des flagrants délits.

Tout comme le Président de la LDDH, Mr Omar Ali Ewado a été condamné à 3 mois de prison uniquement pour museler et bâillonner toute voix dissidente contre un 4eme mandat et ce le temps d’aller à l’élection présidentielle.

La ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), la seule organisation indépendante de protection des droits de l’homme à Djibouti qui dénonce les dérives du régime en place se voit amputé de son Président pour la réduire au silence.

La LDDH dénonce une radicalisation, une intensification sans précédent de la répression contre les voix contestataires à Djibouti et une instrumentalisation de la justice par le pouvoir.

La LDDH appel à la communauté internationale, à l’union africaine, à l’union européenne, à la ligue arabe, aux reporters sans frontières, à l’organisations des nations unies et aux organisations des défenses des droits de l’homme de faire pression à la dictature djiboutienne afin de respecter les droits fondamentales des ses citoyens garanties par la constitution.

Le 2ème Vice Président de la LDDH
Mahdi Samireh Sougueh

20/01/2016 (Brève 646) par Drapeau Rouge Djibouti : Guelleh « accepte de briguer un quatrième mandat », la communauté internationale détourne le regard.

Lien avec l’article original : http://www.drapeaurouge.fr/

Au pouvoir depuis 16 ans, Ismaïl Omar Guelleh a confirmé début décembre 2015 son souhait de briguer un quatrième mandat présidentiel. Si l’annonce n’a surpris personne, elle ne présage rien de bon pour l’avenir de Djibouti, où les droits de l’Homme sont encore régulièrement bafoués sans réaction de la communauté internationale.

Les mois, les années et les mandats présidentiels défilent à Djibouti sans que la liberté d’expression ne progresse. Malgré le « multipartisme partiel » prévu par la Constitution de 1992, le gouvernement continue de museler toute forme d’opposition politique, qu’elle émane du peuple ou de la presse.

Le 20 novembre 2015, l’arrestation de plusieurs journalistes et militants lors d’un meeting organisé par l’Union pour le salut national (USN), coalition de partis d’opposition, a ravivé les souvenirs tragiques de deux dernières manifestations réprimées par la force. Le 18 février 2011, deux personnes avaient trouvé la mort lors d’un rassemblement pacifique quelques semaines avant l’élection présidentielle. Deux ans plus tard, une manifestation de protestation contre les résultats des élections législatives faisait huit victimes et entraînait plus de 900 arrestations par les forces de l’ordre.

Intimidations pour contrôler la presse

Participant au scrutin pour la première fois depuis 10 ans, les partis d’opposition avaient alors dénoncé une « mascarade électorale » au profit de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), créditée de 80 % des sièges au Parlement. Dans son rapport annuel sur les droits de l’Homme, le Département d’État des États-Unis avait lui aussi condamné ce « recours à la force excessive », accusant le pouvoir djiboutien « de restreindre le droit des citoyens de changer de gouvernement […] en harcelant, en maltraitant et en mettant en détention des détracteurs, en refusant à la population l’accès à des sources d’information indépendantes et en limitant la liberté d’expression et de réunion ».

Malgré ces alertes à la démocratie, la presse est aujourd’hui toujours autant contrôlée à Djibouti, qui pointe en 170e position sur les 180 pays du classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Les intimidations envers les journalistes sont encore d’actualité, poussant les médias à abonder dans le sens du pouvoir. Le meeting d’opposition du 20 novembre 2015 n’a ainsi presque pas été relayé dans les journaux, tandis que celui organisé par l’UMP trois semaines plus tôt a été largement couvert par la presse écrite et audiovisuelle. Pire : la communauté internationale continue elle aussi de fermer les yeux sur la répression des libertés d’expression.

Complaisance des pays possédant des intérêts sur place

La France, les États-Unis, le Japon et bientôt la Chine possèdent des bases militaires à Djibouti, dont la situation stratégique, en face du Moyen-Orient, incite à la complaisance. La peur de l’inconnu motive peut-être aussi l’inaction des pays possédant des intérêts sur place, en particulier au regard des récents troubles politiques qui ont suivi la destitution de dictatures en Tunisie, en Égypte, en Libye et surtout en Syrie.

À quatre mois de l’élection présidentielle, l’opposition au pouvoir s’inquiète de l’équité du scrutin. L’accord-cadre qui prévoyait l’instauration d’une commission électorale indépendante avant la fin de l’année n’a pas encore été publié par le gouvernement. Ismaïl Omar Guelleh, lui, avance confiant vers son quatrième mandat, rendu possible par une modification de la constitution nationale, qui limitait la présidence à deux mandatures.

Réélu avec 100 % des voix en 2005 faute de concurrent et 81% en 2011 face à un candidat jugé factice par ses opposants, IOG avait pourtant juré qu’il ne se représenterait pas en 2016. Mais comme en 2011, le chef d’État de 68 ans a finalement accepté de « se plier à [la] volonté [des Djiboutiens] en acceptant de briguer un nouveau mandat ». Pas sûr que ce noble sacrifice soit un véritable cadeau pour les 79,4 % d’habitants qui vivent sous le seuil de pauvreté à Djibouti…;

18/01/2016 (Brève 642) RFI a diffusé deux interviews (les 17 et 18 jan) de Me Emmanuel Daoud et de Florent Geel de la FIDH, qui dénoncent de la condamnation de Monsieur Omar Ali Ewado à trois mois de prison fermes par le tribunal correctionnel de Djibouti. L’équipe de l’ARDHD a regroupé ces deux enregistrements (chacun très courts) afin de ne proposer qu’une seule diffusion

18/01/2016 (Brève 640) Communiqué de l’ARDHD : Opération réussie pour l’exfiltration et le sauvetage du député Said Houssein Robleh, blessé par les balles de la police le 21 décembre 2015 à Djibouti (Français et Anglais

Saïd Houssein Robleh17 janvier 2016
COMMUNIQUE (Français)
(English version below)

PARIS –  DJIBOUTI  : 
Opération réussie pour l’exfiltration et sauvetage du député djiboutien  Said Houssein Robleh, blessé par les balles de  la police du régime le 21 décembre dernier  

Le député d’opposition et Secrétaire Général de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme,  Said Houssein Robleh,  – blessé par les balles de la police djiboutienne le 21 décembre 2015,  en même temps que plusieurs représentants de l’opposition et de la défense des droits de l’homme, après le massacre de Balbala – , est arrivé d’Addis Abeba à Paris le 16 janvier 2016 au matin, après exfiltration sur l’Ethiopie, avec un visa d ’évacuation sanitaire délivré par l’ambassade de France en Ethiopie.

Il est  maintenant en sécurité à Paris.

Il exprime sa solidarité et son soutien à M. Omar Ewado , Président de la LDDH, Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, injustement condamné à de la prison ferme ce dimanche 17/01/16  par le Tribunal de Djibouti pour avoir dit la vérité en publiant la liste des morts, disparus et blessés du massacre de Balbala.

Il remercie grandement l’ambassadrice de France en Ethiopie,  et aussi les autorités françaises qui ont autorisé le visa,  ainsi que toute la chaine des acteurs, associations et ONG,  et particulièrement l’équipe de l’ARDHD, ainsi que l’EHAHRP, la FIDH, Survie, les organisations internationales et européennes, comme les diplomaties et représentants élus des gouvernements démocratiques e de l’Union Européenne qui se sont mobilisés pour lui, en France, en Belgique, à Djibouti, en Ethiopie, en Afrique, et à l’international.

Jean-Loup Schaal – Président
Anne-Marie de Vaivre – Vice-présidente

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English version

PRESS RELEASE
The injured opposition member, deputy at National Assembly
and Secretary General of the Djiboutian League of Human Rights,
Said Houssein Robleh is now safe  in  Paris

Paris, January 17, 2016  ;  successful operation
for infiltration and escue of   Mr. Said Houssein Robleh,
opposition deputy at the National Assembly if Djibouti,
wounded by police bullets of the regime on  December 21

The opposition deputy at the National Assembly of Djibouti and Secretary General of the LDDH (Djiboutian League of Human Rights),  Mr Said Houssein Robleh, (critically wounded by police on December 21st pm in an opposition leaders meeting after the massacre of Buldhuqo in the morning)  – has arrived in Paris January 16, 2016 the morning,  after his exfiltration over Ethiopia, with a visa for medical evacuation issued by the Embassy of France in Ethiopia.

Said Robleh is now safe in Paris.

He expresses his strong solidarity and support to Mr. Omar Ewado, President of the LDDH, Djiboutian League of Human Rights, unjustly sentenced to three months imprisonment this Sunday 01.17.16 by the Court of Djibouti for telling the truth by publishing the list of dead, missing and injured  in Buldhuqo Balbala police massacre.

He greatly thanks the Ambassador of France to Ethiopia, and also the French authorities which have authorized the visa, and he thanks the whole chain of actors, NGOs and associations , especially the team of ARDHD and the EHAHRP, FIDH, SURVIE, and also  the international and European organizations, as well as diplomats and elected representatives of democratic governments and Eropean Uion who mobilized for him,  in France, Belgium, Ethiopia, in Africa and internationally
.

17/01/2016 (Brève 638) Hassan Saïd Robleh est arrivé en France samedi 16 janvier 2016, pour échapper à la vengeance meurtrière du régime djiboutien. Victime de violences aggravées, puis de tirs de la police à balles réelles, il n’a pas eu d’autre choix que de fuir pour sauver sa vie.

Dans une vidéo disponible sur Youtube
1°)
à l’adresse : https://youtu.be/6VS9LgiFBUs

2°) ou disponible sur notre site ci-dessous, vous pourrez écouter ses précisions et son témoignage sans concession sur les événements survenus à Djibouti, en particulier depuis le 21 décembre 2015 et ses remerciements à tous les intervenants.

17/01/2016 (Brève 639) ALERTE ROUGE. Alerte Rouge de la LDDH : Un défenseur des droits de l’homme condamné à trois mois de prison ferme


COMMUNIQUE de PRESSE

du 17 janvier 2016

Alerte Rouge: Un défenseur des droits de l’homme condamné à trois mois de prison ferme

Le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains, Mr Omar Ali  Ewado est condamné à trois mois de prison fermes par le tribunal correctionnelle de Djibouti en l’absence de l’avocat à ses cotés, Me Abayazid.

Mr Ewado est reconnu coupable pour diffamation publique par le juge, après avoir publié la liste nominative des victimes du massacre du 21 décembre 2015.
Rappelons  que la défense avait plaidé la relaxe lors de l’audience du 10 janvier, puisque le Parquet avait reconnu publiquement qu’il n’avait été saisi d’aucune plainte et qu’il n’y avait aucune victime d’une éventuelle diffamation.
La justice djiboutienne a rendu un verdict politique dont le but est d’intimider les défenseurs des droits de l’homme.

Par contre, Zakaria Rirache Miguil et Mohamed Robleh Farah arrêtés le 14 Janvier 2016 et depuis se trouvent au centre de détention de Nagad, un endroit non connu par la parquet de Djibouti.

Quant au co-directeur de publication du Mensuel l’Aurore de l’USN et haut-cadre de la coalition, Kadar Abdi Ibrahim, est mis en liberté provisoire Samedi 16 Janvier 2016, pour avoir publié dans les réseaux sociaux la photo de la petite Soumeya âgée de 7 ans parmi les victimes du massacre du 21 décembre 2015, et sera présenté devant un juge ce mardi 19 Janvier 2016.

Par conséquent, la LDDH dénonce et condamne cette peine de prison et exige la libération immédiate et sans condition du président de la LDDH.

La LDDH lance une alerte aux organisations des défenseurs des droits de l’homme, à la communauté internationale et aux bailleurs des fonds, de faire pression sur le régime en place à Djibouti pour libérer  les prisonniers politique, les militants de l’opposition et  le défenseur des droits de  l’homme.

Le 2ème  Vice-président de la LDDH
 Mahdi Samireh Sougueh

17/01/2016 (Brève 637) Flash Info (9h00 Paris). M. Omar Ali EWADO, président de la LDDH à Djibouti, condamné ce dimanche matin à TROIS MOIS de prison fermes par le tribunal correctionnel de Djibouti.

Sans la présence de l’avocat du barreau de Djibouti, Me Abayazid, à ses côtés, Monsieur Omar Ali Ewado a écouté le jugement qui le condamne à trois mois de prison fermes pour « diffamation publique ».

Il faut noter que la défense avait plaidé la relaxe lors de l’audience du 10 janvier, puisque le Parquet avait reconnu publiquement qu’il n’avait été saisi d’aucune plainte et qu’il n’y avait aucune victime d’une éventuelle diffamation.

Il s’agit donc d’une condamnation pour des faits politiques et nous regrettons que le tribunal se soit soumis (comme d’habitude) aux ordres du Palais de l’Escale. Nous condamnons ces pratiques dictatoriales, d’un autre âge, qui, une fois de plus, témoignent d’une volonté de violation systèmatique des Droits de l’Homme à Djibouti.

Comme nous le répétons depuis des années, il est temps que la France et l’Union européenne en priorité et les autres pays présents militairement dans le pays, prennent enfin en compte les dérives permanentes d’un régime, qui tue en masse sa population, dans le Nord, en Ville, qui tente d’assassiner les leaders de l’opposition, les blessant par balles ou les incarcérant sous des inculpations montées de toutes pièces.

16/01/2016 (Brève 636) Communiqué FIDH, LDDH, EHAHRDP : Impasse politique et intensification de la répression, à quatre mois de l’élection présidentielle

Lien avec l’article : https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/djibouti/impasse-politique-et-intensification-de-la-repression-a-quatre-mois

(Djibouti, Kampala, Paris) 3 organisations internationales et djiboutienne de défense des droits humains appellent la communauté internationale à garantir un processus électoral libre, pluraliste et transparent à Djibouti et à soutenir la mise en place d’une Commission d’enquête indépendante visant à établir les responsabilités et juger les auteurs du massacre du 21 décembre 2015, au cours duquel au moins 27 personnes de la communauté Yonis Moussa ont trouvé la mort sous les balles des forces de sécurité djiboutiennes.

Dans une note de position publiée aujourd’hui, la FIDH et la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH) dénoncent l’échec du dialogue politique et l’intensification de la répression menée à l’encontre des membres de la société civile et de l’opposition. Nos organisations expriment leurs vives préoccupations quant à la situation politique et la multiplication des violations des droits humains, à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2016.

Nos organisations souhaitent également attirer l’attention sur la situation de Omar Ali Ewado, un des membres fondateurs de la LDDH qui doit passer en procès le 17 janvier et appellent les organisations internationales et les diplomaties présentes à assister à son procès. Poursuivi pour diffamation publique, il avait rendu publique une liste de victimes et de disparus du massacre du 21 décembre.

« Omar Ali Ewado doit être libéré lors de l’audience du 17 janvier 2016 car il est poursuivi abusivement pour avoir fait son travail de défenseur des droits humains en dénonçant les crimes commis lors du massacre du 21 décembre 2015 et en demandant des comptes aux autorités djiboutiennes. Ce n’est pas lui qui devrait être poursuivi en justice mais les auteurs du massacre qu’il a dénoncé »

Me Emmanuel Daoud, son avocat, membre du Groupe d’action judiciaire de la FIDH

M. Omar Ali Ewado, un des membres fondateurs de la LDDH, a été arrêté le 29 décembre 2015 aux alentours de l’hôpital Bouffard, embarqué à bord d’un véhicule de la Gendarmerie nationale, conduit à la Section de recherche et de documentation (SRD) de la Gendarmerie et détenu incommunicado. Le 31 décembre, il a finalement été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode et est poursuivi en procédure de flagrance pour « diffamation publique » (article 425 du Code pénal) et « tentative d’entrave à l’exercice de la justice » (article 420 du Code pénal). Son crime : avoir publié une liste de victimes et de disparus lors du massacre perpétré par les forces de l’ordre le 21 décembre 2015 à Balbala (1). Il a comparu le 10 janvier 2016 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Djibouti, qui a renvoyé l’affaire au 17 janvier 2016. Le procureur de la République a requis 12 mois d’emprisonnement ferme contre M. Ewado.

« Djibouti traverse une crise politique, sécuritaire et des droits humains sans précédent. Et à quatre mois de l’élection présidentielle, il est urgent que la communauté internationale mette en place une Commission internationale d’enquête pour faire la lumière sur le massacre du 21 décembre 2015 et exige que les responsables soient jugés »

Depuis septembre 2015, nos organisations ont pu enregistrer une multiplication significative des arrestations et détentions arbitraires ainsi que des actes de violence, de harcèlement et d’intimidation à l’encontre de dirigeants ou militants d’opposition, journalistes indépendants et défenseurs des droits humains, ainsi qu’à l’encontre de la population civile. Depuis le mois de juillet 2015, plus d’une centaine de personnes, principalement des militants et des responsables de l’opposition, ont été arrêtées pour des raisons politiques et la majorité d’entre elles n’ont pu bénéficier d’aucune assistance médicale et juridique. La plupart ont été condamnées à l’issue de procédures judiciaires abusives entachées d’irrégularités ou sont l’objet de harcèlement judiciaire. Les manifestations, rassemblements et réunions de l’opposition, sont systématiquement empêchés ou violemment réprimés et sont l’occasion pour les forces de l’ordre d’arrêter et de détenir arbitrairement, et parfois au secret, des militants en recourant à la force de façon excessive et disproportionnée.

Le massacre du 21 décembre 2015 au cours duquel 27 fidèles de la communauté Yonis Moussa ont été tués et 150 d’entre eux blessés par les forces de sécurité djiboutiennes démontre l’escalade de la violence des autorités djiboutiennes à l’égard de toute personne ou groupe considéré comme opposant au régime en place.

A ce jour, la majorité des principaux dirigeants de la coalition de l’opposition, l’Union pour le salut national (USN), sont soit détenus, soit sous le coup de procédures judiciaires. Un an après la signature de l’accord-cadre du 30 décembre 2014 entre l’UMP (Union pour la Majorité présidentielle), coalition au pouvoir, et l’USN (Union pour le salut national), coalition de partis d’opposition, les principales dispositions du texte n’ont pas été mises en œuvre et le pouvoir s’est engagé dans une stratégie de répression de l’opposition. Cet accord devait permettre de mettre un terme à la crise politique que traversait le pays et de mener à la tenue d’une élection présidentielle inclusive et transparente. Il prévoyait notamment la réforme de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et la création d’une commission parlementaire partiaire chargée d’organiser l’élection présidentielle. Au lieu de cela, le président Ismaël Omar Guelleh a récemment annoncé son intention de briguer un 4ème mandat lors de l’élection présidentielle d’avril 2016, ce que condamne l’opposition.

« Le gouvernement djiboutien devrait stopper la répression contre les défenseurs des droits humains et les militants politiques et enfin mettre en œuvre l’accord-cadre avec l’opposition sans quoi l’élection présidentielle d’avril 2016 sera une mascarade démocratique »

Ces atteintes aux droits humains interviennent alors que la mobilisation de l’opposition s’intensifie pour dénoncer les dérives autoritaires du régime, l’impasse politique persistante et le projet du président Ismail Omar Guelleh de briguer un quatrième mandat, après plus de 15 années de règne sans partage. Ce climat de violence d’État s’ajoute à l’intensification des affrontements depuis le mois d’août 2015 entre la branche armée de l’opposition, le FRUD (Front pour la restauration de l’unité et la démocratie branche), et l’armée djiboutienne.

Notes

1] Le 21 décembre 2015, des civils ont été victimes d’une répression sanglante par la police et l’armée djiboutiennes lors d’une célébration religieuse à Buldhuqo dans le quartier de Balbala, en périphérie de Djibouti-ville. Au moins 27 personnes ont été tuées et 150 blessées. Le même jour, sept hauts représentants de l’Union pour le salut national (USN, coalition de partis d’opposition) ont été attaqués par un raid de policiers.