19/02/2012 (B644) « Il faut que tu saches que le Colonel Bogoreh a été assassiné ! ». Un correspondant a trouvé sur Youtube une vidéo de la BBC, dans laquelle Aden Robleh s’exprime en Somali, à propos de l’assassinat du Colonel Bogoreh. Notre correspondant, que nous remercions à cette occasion, nous propose une traduction en Français qu’il a réalisée lui-même.

Aden Robleh affirme que dès le lendemain de la mort du Colonel Bogoreh, il avait été informé du fait qu’il s’agissait plus probablement d’un assassinat que d’un suicide.

Certains observateurs pourraient se demander les raisons pour lesquelles il a poursuivi son mandat de député, sans ne poser officiellement de questions (à notre connaissance) sur l’ouverture d’une enquête et sur les conclusions …

_________________________ Traduction en Français du diaologue
(Cette traduction non officielle a été réalisée par un correspondant bénévole, uniquement pour faciliter la compréhension des lecteurs qui ne comprennent pas le Somali. Nous rappelons que seul l’enregistrement original en langue Somali pourrait faire foi en cas de divergence avec la traduction. Sur cette base, l’ARDHD décline toute responsabilité à propos de cette traduction.)

BBC : Quand avez-vous appris la mort du Colonel Abdi Bogoreh ?

ARA : Nous avons appris la mort du colonel, hier. Personellement, c’était vers 9 h00. Je me dirigeait vers l’hôtel Sheraton, quand j’ai remarqué des voitures de la gendarmerie, des officier et d’autres personnes autour de la maison du Colonel qui est située à 40 mètres de l’hôtel.

J’ai demandé à l’un des gendarmes ce qui se passait et il m’a répondu que le colonel était mort.

BBC : Il vous a dit qu’il était mort ou assassiné ?

ARA : Les gendarmes m’ont simplement dit qu’il était mort. Après ma réunion à l’hôtel, je me suis dirigé vers la ville, puis ensuite vers le grand hôtel Kempiski.

Là, j’y ai rencontré des amis. Je leur ai posé la question pour savoir s’ils savaient que le colonel avait été assassiné.

Ils m’ont répondu qu’ils avaient reçu des informations allant dans ce sens. Certains d’entre eux ont même précisé qu’ils avaient été informés du fait que le colonel avait été assassiné.

Je confirme que l’information de la mort du colonel s’est répandue rapidement dans la ville.

Cet homme avait une responsabilité énorme. Auparavant je n’avais jamais entendu dire que le colonel pouvait être malade.

Je prends un exemple. Quand le chef de l’Etat-major de la défense, le général Zakaria était tombé malade, il avait été immédiatement évacué sur l’Arabie saoudite, puis en france pour y recevoir des soins de haute qualité.

Personellement je n’avais jamais entendu dire que le colonel chef d’Etat-major de la Gendarmerie était malade. En fait s’il avait été malade, je suis certain qu’il aurait été envoyé à l’étranger pour y être soigné, comme l’avait été le général Zakaria.

BBC : Qu’est-ce que la radio et la télévision nationales ont dit à ce sujet ?

ARA : Ils en ont un peu parlé hier soir.

BBC : qu’ont ils dit ?

ARA : Ils ont dit que le colonel etait malade ces derniers temps et qu’il avait mis fin à ses jours ..

BBC : Avez vous pu obtenir d’autres informations auprès de ses proches ou d’autres sources indépendantes, affirmant que le colonel avait été assassiné.

ARA : A vrai dire, j’ai rencontré aujourd hui des proches du colonel. Durant mon enfance j’habitais tout près du quartier où vivent des proches du colonel.

Je connais donc trés bien ces gens.

Certains d’entre eux m’ont rendu visite aujourd hui. Ils étaient trés émus et ils se sentaient blessés au coeur.

Ils m ‘ont dit ceci : « Il faut que tu saches que le colonel a été assassiné ».

Comme je suis un politicien de bonne réputation, je leur ai demandé : « avez vous des preuves de ce que vous avancez ? »

Ils m’ont répondu que 4 balles avaient été trouvées dans la poitrine du colonel.

BBC : A-t-on trouvé une arme près de lui ou dans sa main, pour affirmer qu’il s’était suicidé ?

ARA : D’autres gendarmes m’ont dit ceci.

La nuit de son assassinat tous ses gardes du corps sauf un avaient éte rappelés vers 20 h 00.

Alors j’ai posé la question au gendarme, pour savoir s’il était seul la nuit du meurtre. Il m’a répondu qu’il était effectivement seul à la maison avec la femme et un autre homme non identifié.

BBC : Ceci était l’interview d’Aden Robleh Awaleh, qui nous parlait de l’assassinat du chef d’Etat-major de la gendarmerie de djibouti.

Nous avons tenté, sans succès, de joindre certains hauts responsables à Djibouti.

04/02/2012 (B642) : ALERTE ROUGE / LDDH TEMOIGNAGE DU 3 FEVRIER 2012 DU JOURNALISTE ET DEFENSEUR DES DROITS DE L’HOMME FARAH ABADID HILDID


Le Président

TEMOIGNAGE DU 3 FEVRIER 2012

DU JOURNALISTE ET DEFENSEUR DES DROITS DE L’HOMME
FARAH ABADID HILDID

Présentation par le Défenseur des Droits de l’Homme NOEL ABDI Jean-Paul

Aujourd’hui vendredi 3 février 2012, j’ai rencontré le courageux et déterminé Farah ABADID HILDID qui m’a donné le témoignage des tortures interminables cette fois par les forces de la SDS connue pour être directement dirigée par le tandem Ismaël Omar Guelleh et Hassan Saïd dit Hassan Modoweh (le noiraud).

Dès sa sortie de la cellule de torture de SDS ou/et Brigade de la mort sise en face de la gare mitoyenne des nouveaux locaux secrets de l’UNFD et à peine arrivé chez lui l’Organisation Internationale des Reporters Sans Frontières s’est entretenu avec lui.

Cet appel téléphonique l’a énormément soulagé moralement et il tient à les remercier ainsi que tous les défenseurs des Organisations Internationales des Droits de l’Homme, notamment, l’Observatoire des Défenseurs des Droits de l’Homme, la FIDH, l’Organisation Mondiale Contre la Tortures, les Avocats Sans Frontières, sans oublier les alertes rapides de l’ARDHD et de tous ses compatriotes à l’étranger.

Farah ABADID HILDID a insisté pour que soit reproduite l’intégralité de son témoignage à Reporters Sans Frontières, car pour lui c’est son premier cri des souffrances qu’il a endurées.

Toutefois, compte tenu de ses souffrance une erreur de prononciation a eu lieu, en effet, ce n’est pas la CRD de la Gendarmerie où souvent il a été torturé, mais la SDS endroit au bâtiment très luxe reconstruit à ma connaissance par les Services Chinois spécialisés en matière de torture et dont le financement dépend directement du Dictateur Ismaël Omar Guelleh.

____________________ Les faits.

Voici l’intégralité de son témoignage aux Reporters Sans Frontières :

Le 2 février, deux heures après que le journaliste a été relâché, l’organisation s’est entretenue avec lui par téléphone. Il raconte :

« J’étais hier dans Djibouti-ville, en train d’attendre un rendez-vous. Il était 11 heures 30. Deux hommes circulant dans une voiture aux vitres teintées se sont arrêtés devant moi. C’était un policier en tenue et un homme en civil. Ils m’ont demandé de monter dans leur voiture.

J’ai refusé, mais ils m’ont forcé. Ils m’ont alors bandé les yeux, de sorte que je ne savais pas où ils me conduisaient. Je me suis retrouvé dans une cellule. Ils m’ont déshabillé puis menotté et j’ai passé la journée et la nuit dans ces conditions.

J’ai dormi par terre. Ils m’ont frappé les pieds très violemment avec des morceaux de caoutchouc. Ils ont également cassé mes lunettes. ‘On en a marre de toi, me disaient-ils. Tu dois arrêter de diffuser des informations sur nous. Tu dois arrêter d’emmerder les policiers et la section de recherche et de documentation (SRD). Si tu continues, on fera pire’. En milieu de journée, ils m’ont rapporté mes habits et m’ont bandé les yeux à nouveau. Ils m’ont conduit dans un terrain vague, dans le quartier de Gabode 4, et m’ont abandonné là. »

« Les sévices physiques et tortures psychologiques infligés à ce journaliste sont une honte pour les autorités de Djibouti.

Nous demandons que cessent immédiatement de telles intimidations. S’il devait arriver à nouveau quoi que ce soit à Farah Abadid Hildid, nous connaîtrions les responsables », a déclaré Reporters sans frontières, qui a décidé de saisir le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. L’organisation restera en communication régulière avec le journaliste pour s’enquérir de sa sécurité.

Le reporter avait déjà été arrêté et détenu à deux reprises en 2011, et avait à chaque fois subi des actes de torture et des mauvais traitements, ce qui avait été corroboré par des examens médicaux.

Après avoir été incarcéré pendant plus de quatre mois, à la prison centrale de Gabode, pour « participation à un mouvement insurrectionnel », il avait à nouveau été arrêté le 21 novembre 2011 pour « mobilisation illégale » et « outrage à chef d’État », avant d’être placé sous contrôle judiciaire par une juge d’instruction de la Cour suprême quatre jours plus tard et libéré.

Ces évènements – entre autres – ont entraîné la chute de Djibouti dans le classement mondial de la liberté de la presse 2011-2012. Avec quarante-neuf places perdues, le petit pays de la corne de l’Afrique figure à la 159e position sur 179 pays.

Témoignage complémentaire

Je ne reviendrais pas sur le détail de mon arrestation et des sévices que j’ai subi, mais je vous soumets quelques éléments que je n’ai pas pu donner aux Reportes Sans Frontière car, j’étais très fatigué physiquement.

Le véhicule que m’a embarqué était un minibus de couleur blanche, aux vitres fortement teintés dont même le chauffeur est invisible, la marque de ce minibus est Toyota Hiache, sans immatriculation.

Dès qu’ils m’ont jeté de force dans le bus, j’ai été bandé et minutieusement fouillé.

Durant les tortures, ils m’ont dit qu’ils avaient marre de moi, et m’ont reproché d’avoir envoyé un article publié dans la « Voix de Djibouti » du 22 janvier 2012 sur un jeune mobilisé dans le cadre du 3ème mandat et affecté à la SDS qui a démissionné et se serait sauvé, dont ses parents étaient sauvagement torturés.

Tout en me torturant, ils m’ont demandé qui d’autres avait rédigé avec moi, est-ce Jean-Paul Noel ou bien d’autres.

Souffrant je leur dit, que je n’avais aucune liste à leur donner et si vous voulez me tuer alors prenez votre pistolet et qu’on en finisse.

Si vous avez des preuves contre moi, alors transmettez mon dossier au Parquet et arrêtez de me torturer.

Vous m’avez fouillé de fond en comble, alors qu’avez-vous trouvez ?

Voyant que je n’avais rien d’autres à déclarer, ils m’ont dit : « tu ne dois plus parler des services de Sécurité autrement fais ta prière ».

Pour me montrer, ils m’ont torturé sauvagement et je me suis évanoui.

Quand j’ai retrouvé mes esprits, j’ai vu mes lunettes fracassées, étalées devant moi.

Ils m’ont embarqué à nouveau les yeux bandés dans un terrain abonné à Gabode 5 environ à 500 à 800 mètres de la résidence d’Ismaël Omar Guelleh qui ne cesse de m’harceler.

Arrivé au bord de la route, ne pouvant plus marcher et ma vue était troublé sans lunettes, je me suis assis non loin de la route et un taximan qui m’avait vu chancelant s’est précipité vers moi, m’a soulevé et m’a amené dans son taxi jusqu’à mon domicile.

Je tiens à le remercier car sans lui je ne sais pas ce que je serais devenu » Farah ABADID HILDID
______________________________
Après son témoignage, Farah ABADID HILDID m’a montré ses lunettes mises en pièces et ses boursouflures sur son visage ainsi que ses marques sur ses plantes de pieds.

J’ai constaté aussi que l’écran de son téléphone portable ne fonctionnait plus même si le téléphone sonne car avec son téléphone, il avait pris des photos sur des poubelles où des produits toxiques auraient été déversés.

Témoignage recueilli
par Jean-Paul Noel.

03/02/2012 (B642) Hachin Loita, porte-parole de l’UDJ pour l’Europe a bien voulu nous faire part de l’entretien téléphonique qu’il avait eu ce matin avec Farad Abadid Hildid (A écouter / télécharger)

Nous n’avons pas voulu joindre Farah Abadid par téléphone, préférant le laisser se reposer après les 24 de torture qu’il a subi dans les locaux de la gendarmerie.

En revanche, Ahmed Hachin-Loita avait pu lui parler ce matin et il a accepté de partager avec les lecteurs de l’ARDHD, ce qu’il a appris de la bouche même de Farah.

1°) A écouter en WMA

2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

02/02/2012 (B641) ALERTE ROUGE « Nous craignons tous pour la vie de Farah Abadid Hildid ». C’est ce que nous a déclaré Jean-Paul Noël Abdi lors d’un entretien téléphonique ce matin, qui est à écouter / télécharger sur notre site.

Lors d’un entretien téléphonique qu’il nous a accordé ce matin, Jean-Paul Noël Abdi, Président de la LDDH (à écouter ou à télécharger en intégralité ci-dessous) :

1°) exprime ses plus vives inquiétudes sur la situation de Farah Abadid Hildid, qui a été enlevé hier le 1er février,à son domicile, par des hommes de la Gendarmerie nationale

Depuis, plus personne n’a de ses nouvelles. Sa famille est plongée dans la plus grande angoisse et Jean-Paul Noël Abdi n’exclut pas qu’il puisse avoir déjà été éliminé physiquement,

2°) désapprouve les appels à manifester qui sont lancés depuis l’étranger, prenant à titre d’exemple, un appel du président du MRD, diffusé par la Voix de Djibouti. Il estime que c’est aux dirigeants de l’UAD, sur place, de décider de leurs actions, sans n’avoir à être téléguidés depuis l’extérieur. Ces appels pouvant avoir, par ailleurs, de graves conséquences sur la situation des responsables locaux. L’enlèvement de Farah pouvant être une réaction du régime à cet appel …

3°) s’étonne du mutisme des ambassades étrangères (en particulier France et USA) vis à vis des crimes commis à Djibouti, que l’on pourrait qualifier de complicité par bienveillance … !

4°) dénonce la fraude électorale qui vient de se dérouler dans le pays, mais dans les pénibles circonstances actuelles, il préfère nous faire partager son analyse dans quelques jours, lorsque l’on en saura plus sur le sort de Farah Abadid Hildid

_________________________ Entretien avec JPNA
1°) A écouter en WMA


2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

02/02/2012 (B641) ALERTE ROUGE (Dernière minute) Farah Abadid Hildid vient d’être libéré et a pu regagner son domicile.

Jean-Paul Noël Abdi, que nous avions interviewé, il y a deux heures à peine, vient d’avoir la confirmation de la libération de Farah Abadid Hildid, qui a pu le joindre depuis son domicile.

C’est une grande joie pour tous les défenseurs des droits de l’homme. L’équipe de l’ARDHD adresse toutes ses félicitations à Farah Abadid pour son courage et espère qu’il n’a pas subi de mauvais traitements dans les locaux des forces de sécurité djiboutiennes.

Dès que nous aurons des informations complémentaires, nous ne manquerons pas de les mettre en ligne.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui se sont mobilisés pour lui : car la mobilisation internationale a certainement contribué à cet heureux dénouement.

12/10/2011 (B625) Radio-Trottoir : dernières nouvelles du front par nos correspondants …

Le policier, qui est soupçonné d’avoir tiré sur le colonel Abdillahi Abdi Farah, patron de la police, se nommerait Ibrahim Osman Jad dit Jallwaad. Selon des sources proches de l’enquête, il aurait utilisé le pistolet de l’ex-garde du corps du Ministre de l’intérieur Yacin Elmi Bouh (le caporal chef de la police national Ali Aden Baded).

Tous les deux, le tireur présumé et le propriétaire de l’arme, sont détenus à la brigade nord de la gendarmerie nationale.

Il est confirmé que le colonel a été ramené dans sa maison et qu’il ne devrait pas être evacué sur la France. Il est sévérement gardé par un détachement de la garde républicaine (pour le protéger d’une nouvelle attaque ou pour l’empêcher de parler et de rencontrer des gens ?).

Pour éviter des risques, compte-tenu de sa position, la balle qui l’a atteint n’aurait pas pu être extraite par les médecins de Bouffard, qui se seraient opposés formellement à son rapatriement à son domicile, dans son état.

Qui a imposé ce retour au domicile sous bonne garde ? Et pour quelles raisons ?
Certains se demandent s’il n’y aurait pas une volonté au niveau supérieur, pour le conserver hors d’état de commander la Police … Ce qui pourrait ouvrir la porte à des doutes sur les motivations « officielles » du tireur et sur la présence en « back office » d’un commanditaire éventuel …(à suivre)

29/09/2011 (B623) Les chroniques du Sergent Ariko : Tentative de meurtre, maquillée au sein de la police nationale. (1ère partie)

Au moment où tout bascule au pays d’Ismail Omar Guelleh, les événements s’accélèrent chaque jour.

Le colonel Abdillahi Abdi Farah a échappé de peu à une tentative d’assassinat maquillée.

Selon les dernières informations reçues, ce serait un officier de la section des transmissions de la police, qui aurait été à l’origine de cette bagarre qui a failli coûter la vie au colonel de la police.

L’homme en question s’appelle Jallwaad. C’est un officier qui aurait demandé à intégrer le commandement des forces de police de l’ONU en Côte d’Ivoire. La liste des hommes choisis (pour des raisons tribales ?) pour cette mission devait être approuvée par le colonel Abdillahi Abdi de la police avant d’être envoyée à Washington pour que l’ambassadeur Robleh Olhayeh puisse la remettre au secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon.

C’est à ce moment que l’on a découvert que le colonel avait décidé d’inscrire cet officier sur une autre liste, celle des policiers qui vont être envoyés en Somalie, dans le cadre de la nouvelle mission suicide IOG – Cheik Sharif.

Mais l’officier en question est un proche de l’ancien ministre de l’intérieur Yacin Elmi Bouh.

On sait que l’ancien ministre de l’intérieur et le colonel ne s’entendaient pas du tout. Le ministre avait une nette préférence pour le lieutenant colonel Omar Hassan Matan, que la dernière dame de Djibouti prépare en sous-mains.

– Entre les deux hommes c’était la « bagarre » tous les jours !

Le colonel Abdillahi Abdi avait reçu le soutien de la première dame et il n’obéissait plus à son ministre. Le ministre était soutenu non seulement par le dictateur et mais aussi par son cousin, le chef de la sécurité nationale Hassan Saïd Kaireh .

La bataille pour le contrôle de la police et l’émission des passeports faisaient rage entre le Ministre de l’intérieur et le chef de la Police. Le lieutenant-colonel Gona, responsable de la police des passeports, n’obéissait qu’à son patron Abdillahi Abdi, tandis que le lieutenant-colonel Idriss Djama, numéro deux, ne prenait ses ordres que du ministre Yacin Elmi Bouh.

C’est surtout au moment des vacances que les deux camps s’affrontaient le plus afin de récupérer le maximum d’argent détourné obtenu contre la délivrance des laissez-passer (et des passeports) aux djiboutiens et des passeports aux étrangers.

Au lieu de rentrer dans les caisses de l’état, les recettes prenaient une autre direction -> Haramous City.

Yacin Elmi Bouh avait voulu plusieurs fois démissionné, car le couple régnant prenait ostensiblement fait et cause pour son ennemi personnel, le colonel Abdillahi Abdi.

Il est clair que certaines personnes avaient intérêt à la disparition d’Abdillahi Abdi, afin de le remplacer par le lieutenant colonel Omar hassani Matan.

– Cela pourrait-il expliquer les raisons d’un plan pour éliminer le colonel ?

Il a été dit que l’officier des services de transmission de la police nationale, mis en cause, était complément ivre le matin de la tentative. Comme il n’était pas vraiment lucide, il ne se souviendra de rien et il sera jeté à Gabode. Je pencherai plutôt pour la thèse d’une intoxication à la drogue ..

– Il a fait le sale boulot pour les autres.

Sauf que l’heure de la mort du colonel de la police n’a pas encore sonné.

L’officier « ivre » a été arrêté par les hommes de la brigade spéciale et conduit directement à la section de la brigade criminelle et des affaires spéciale de la police nationale.

Curieusement, l’arme utilisée par l’officier « ivre » appartiendrait à l’ex-garde du corps de Yacin Elmi Bouh.

Tous les soupçons se portaient déjà sur l’ex ministre Yacin Elmi Bouh et/ou son cousin le patron de la sécurité nationale Hassan Saïd.

Comment un officier peut-il être en état d’ébriété avancée dès 11h00 du matin ?

Le soir d’accord, mais pas le matin. De nombreux observateurs pensent que l’officier aurait été drogué par des hommes du SDS pour qu’il fasse le sale boulot à leur place.

Tout Djibouti se demande pourquoi on aurait voulu assassiner le colonel Abdillahi Abdi ? Et ce, après la mort de son cousin, chef d’état major de la gendarmerie nationale, le colonel Abdi Bogoreh.

C’est le deuxième officier qui réussit à échapper à une tentative d’élimination. Après celles d’Hassan Saïd et de son protégé le colonel Zakaria Hassan Aden (P’tit Zak).

D’autres pistes évoquent la main de deux personnes.

D’abord celle, possible, de la première dame qui veut mettre a tout prix son protégé, le lieutenant colonel Omar Hassan Matan, à la tête de la police nationale,
– En deuxième, le colonel Mohamed Djama de la garde républicaine, ce que je considère comme une piste à éliminer, même si les deux officiers se détestaient cordialement, mais pas au point de commettre un crime.

Donc la piste la plus crédible serait celle de Paulette.

– On sait que désormais à Djibouti, celui qui veut accéder à un poste de responsabilité doit nager dans du sang.

Prenons l’exemple du lieutenant-colonel Zakaria (P’tit Zak). C’est lui qui aurait tué à bout pourtant le colonel Abdi Bogoreh, qui avait pu échapper à la mort immédiate, grâce a l’intervention de son gardien et à la vigilance de son chauffeur : avant de mourir, il avait pu désigner à son épouse, les noms de son assassin et de ses complices.

Les membres de la tribu de feu colonel Abdi Bogoreh n’ont jamais caché leur détermination à laver l’honneur « de leur homme » dans le sang. Depuis ce jour le colonel Zakaria craint pour sa vie.

Il sait que les membres de la tribu de feu colonel Bogoreh veulent sa peau à tout prix.

Mais il ne faut pas négliger le fait que certains officiers osent maintenant défier le pouvoir en place. Ils n’hésitent plus à affirmer sur la place publique, leur insubordination.

Omar Guelleh aurait pu avoir décidé d’envoyer un signal fort à tous, avec cette tentative d’assassinat contre la personne du patron de la police nationale. C’est affirmer que la dictature n’acceptera pas de dissension en son sein. Une manière pour les proches barons et leur chef de rappeler qu’ils sont les seuls maîtres du jeu politique.

Après avoir mis au pas l’opposition, le dictateur qui se sent de plus en plus « Wass Wass » voudrait en finir avec les frondes au sein de son armée. Sans n’avoir consulte ses soldats, il les envoie pour une mission suicide en Somalie.

Comme je l’ai écrit dans une précédente chronique, le colonel Ali Soubaneh Chirdon avait refusé de prendre le commandement de cette force. Le colonel a protesté en disant qu’il est responsable du service national adapté (SNA) et non d’une mission d’intervention armée, qui a été décidée par un chef d’état irresponsable.

Finalement le commandement de cette unité a été confié au lieutenant colonel Osman Doubad Sougouleh, chef de corps du régiment d’action rapide (RAR). Dans ces sales affaires qui plombent le pays, les tribus alliées d’IOG commencent à prendre leur distance. La place occupée par une certaine Kadra Haid devenue trop envahissante, commence sérieusement à énerver les chefs de tribus.

Jamais une femme n’avait encore jamais osé donner son opinion sur des problèmes qui sont du ressort des seuls hommes.

Depuis quelques semaines IOG à déjoué tous les pronostics.

En milieu d’année, il a confié à son fils âgé d’à peine 23 ans, la charge de conseiller de son père pour les affaires religieuses. Cette énième provocation iogienne a suscité une levée de boucliers parmi les Oulémas du pays, comme Cheik Abdourahman Béchir, Falfalos, et bien d’autres.

Ils sont hostiles à ce qu’un gamin de 23 ans leur donne des instructions à eux les Oulémas sortis des grandes écoles islamiques. Les Oulémas ont carrément dit NON.

La réponse du père fouettard ne s’est pas fait attendre. A la veille de la célébration de l’Aïd el Fitr, il a fait placer en résidence surveillée certains Oulémas dont Abdourahman Béchir qui devait prononcer un grand discours sur les conditions de survie de la population de Djibouti. Le régime le boucla chez lui avec deux gardes républicains à sa porte.

– Du jamais vu a Djibouti.

Immédiatement l’info a circulé dans tout Djibouti. IOG a pris peur et cela pourrait expliquer le fait qu’il ait annulé au dernier moment la Garden party de la présidence.

C’est à ce moment que sa femme est tombée malade. Kadra a été transportée discrètement vers l’hôpital Bouffard. Le malheureux chef du protocole Djama n’était pas préparer pour expliquer devant le portail de la présidence les raisons de l’annulation de la réception alors que les invités insistaient, carton d’invitation à la main.

Par ailleurs, il est probable qu’Aïnache, le fils d’IOG soit malade. Il n’a pas pu continuer ses études universitaires. Selon certains, il souffrirait d’un mal dont seul Allah connaitrait le remède.

Si ce point était confirmé, cela expliquerait qu’IOG et Kadra, pour qui la vie de leur fils est plus importante que celle de tous les enfants du pays, auraient demandé l’intervention du Cheik qui est responsable de La Mecque.

Le Cheik a débarqué à Djibouti à leur demande. Curieusement le Cheick qui est l’Imam de la grande mosquée de la Mecque a été accueilli par l’ambassadeur Nofal de l’Arabie saoudite accompagné du fils du dictateur.

Le Cheick a été fort étonné en découvrant que le jeune qui l’accueillait avait 22 ans ! Face à sa surprise, on lui a dit que c’était le fils du chef de l’état mais on lui a caché qu’il est aussi le conseiller de son père dans le domaine de la religion.

Le Cheik a compris immédiatement l’astuce. On le conduisit à la résidence d’IOG « Haramous mer ».

Il n’en reste pas moins que ce jeune pourrait être malade et que ses parents affolés ne savent plus quoi faire. Aïnache ne parle pas : ce n’est pas un enfant comme les autres. De temps en temps, il assistait aux matches de foot sur le terrain de la caserne Omar Aline de la garde républicaine.

Il ne se mêle jamais aux autres jeunes de son âge. Des rumeurs disent qu’Allah aurait puni IOG pour tous les crimes qu’il a commis, en lui prenant la santé de son fils. Le couple princier de pacotilles sait que l’heure est grave.

Demain la suite.

Sergent Ariko
Londres

28/09/2011 (B623) Flash Info. Selon des informations en provenance de la communauté djiboutienne en Europe, Abdillahi Abdi, le chef de la Police aurait été la cible d’un tireur (Policier ?), qui aurait utilisé une arme de service pour tirer 5 balles. (13h30 – Paris)

Selon des informations en provenance de la communauté djiboutienne en Europe et confirmée depuis quelques minutes, par un correspondant sur place, le Colonel Abdillahi Abdi aurait été la cible d’un tireur. Il pourrait s’agir d’un policier mécontent des conditions actuelles, mais cela reste à vérifier.

A l’heure actuelle, il nous est impossible de savoir le niveau de gravité des blessures infligées au Chef d’Etat-Major.

Une hécatombe dans les Etat-Major ???

Rien que récemment, le colonel Bogoreh avait été tué de 5 balles, le Colonel Abdillahi Mouhoumed numéro 2 du SDS avait péri en août 2010 par rupture du cou, puis le Colonel Ladieh, membre de la sécurité à la Présidence, mort à Paris, après une évacutation sanitaire qui laisserait supposer la possibilité d’un empoisonnement, sans parler du Colonel Berger, patron de la garde républicaine, lui aussi transporté dans un état critique à Paris, mais qui s’est remis, avec des séquelles importantes (empoisonnement ?). N’oublions pas non plus la tentative d’assassinat contre le P’tit Zak en novembre 2010

En moins de deux ans, 4 ou 5 Colonels ayant des fonctions dans les Etats-Major de la Garde républicaine, de la gendarmerie et de la Police, ont perdu la santé et même la vie, de façon non naturelle. Cela commence à faire beaucoup.

C’est surtout le signe que le régime de Guelleh se délite de plus en plus rapidement et que l’insécurité règne à tous les niveaux.

Actuellement nous ne pouvons plus joindre nos correspondants. Il semble que les communications entre Paris et Djibouti aient été coupées … volontairement ou non ? Cela pourrait montrer une agravation sérieuse de la situation au pays.