28/07/08 (B458) Portail des Sous-marins / Pêche illégale et déchets toxiques au large de la Somalie ?

Par Gilles Corlobé

L’une des raisons avancées par les pirates de Somalie pour leurs activités est qu’ils sont les gardes-côtes. Ils prétendent que des Européens pratiquent la pêche illégale et jettent des déchets toxiques à l’eau. Ils protègeraient donc légitimement les eaux de Somalie contre des activités illégales.

Une chose est sûre : les eaux situées au large de la Somalie sont très poissonneuses : les prises peuvent être de 50 à 150% plus importantes que dans d’autres zones. Et comme la Somalie n’a plus les moyens de contrôler les bateaux qui viennent pêcher dans ses eaux, que ce soit pour la taille ou les quantités pêchées, des pêcheurs peu scrupuleux viennent ravager les ressources.

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie lui-même a du mal à attirer l’attention sur le problème.

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie a sonné l’alarme vendredi à propos de la pêche illégale et de déchets toxiques jetés au large des côtes de Somalie.

« Parce qu’il n’y a aucun gouvernement, des pêcheurs européens et asiatiques pratiquent la pêche illégale, » a déclaré Ahmedou Ould Abdallah à des journalistes.

Il a ajouté qu’il avait demandé à plusieurs organisations non-gouvernementales internationales, comme Global Witness, qui travaille à briser les liens entre l’exploitation des ressources naturelles, les conflits armés, la corruption, et les atteintes aux droits de l’homme dans le monde entier, « de remonter les filières de pêche illégale et de déchets toxiques. »

Alors que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté en juin dernier une résolution autorisant les puissances occidentales à poursuivre les pirates jusque dans les eaux somaliennes, à ce jour, aucune suite n’a été donnée.

Les chances de réussir à former une coalition navale pour protéger les eaux somaliennes sont relativement faibles. Car, une telle coalition entraverait l’action des bateaux pêchant illégalement ou jetant des déchets toxiques.

L’autre aspect de la question, c’est que la lutte contre la piraterie, malgré les déclarations des politiques occidentaux, ne constitue pas une priorité des marines occidentales.

Dans la région, elles se concentrent principalement sur la lutte contre le terrorisme et ses sources de revenus (clandestins, drogues, armes, alcool…)

23/07/08 (B457) Le Portail des Sous-Marins / Les Etats-Unis cherchent à être plus durs contre les pirates.

Les forces militaires américaines et internationales mènent des actions plus agressives au large des côtes d’Afrique alors que des pirates plus violents mettent en péril les cargaisons transportées, en particulier de pétrole.

La région est une route de commerce importante pour les cargaisons transportées vers et depuis les Etats-Unis et ailleurs. En réponse aux attaques de pirates, les Etats-Unis ont renforcé leur patrouille pour les dissuader et parfois intervenir pour secourir les otages et les navires. Ils ont aussi renforcé le partage de renseignements dans la région, a déclaré à Bahreïn le Lt. Nate Christensen, un porte-parole de la 5è flotte qui patrouille au Moyen-Orient et dans les eaux africaines.

Les Etats-Unis sont “très inquiets de l’augmentation du nombre d’actes de piraterie et de vols avec violence” au large de la Somalie, a-t-il indiqué. Le gouvernement intérimaire de Somalie a reconnu qu’il ne pouvait pas patrouiller dans ses eaux territoriales, et le Nigéria fait face à un groupe rebelle.

Une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, proposée par les Etats-Unis et approuvée le 2 juin, permet aux Etats-Unis et à ses alliés de la coalition d’intervenir par “tous les moyens nécessaires” pendant les 6 prochains mois pour arrêter la piraterie au large de la Somalie. Des navires de la coalition ont depuis empêché au moins 2 attaques de pirate, a indiqué le Bureau Maritime International de Londres.

Les côtes africaines ont remplacées les voies maritimes d’Asie comme étant les plus dangereuses au monde. Les détournements et les prises d’otage augmentent au large de la Somalie à l’est et au Nigéria à l’ouest. Les détroits d’Asie, en particulier en Indonésie, ont été les points les plus chauds pendant la majeure partie de la dernière décennie.

Le cout des attaques à main armée contre des cargos, des pétroliers et des navires de croisière est estimé à plus d’1 milliard de $ par an, précise Peter Chalk, un analyste de la Rand Corp.

“La piraterie affecte fortement le commerce des Etats-Unis. Il est de l’intérêt économique des Etats-Unis que les voies maritimes soient aussi stables que possible,” a-t-il expliqué.

La piraterie au Nigéria conduit à une chute des cargaisons de pétrole parce que les compagnies de transport ne veulent pas risquer navires, cargaisons et équipages, indique-t-il en ajoutant, “cela a des implications pour les approvisionnements stratégiques en énergie des Etats-Unis.”

Les eaux africains représentent 56% de toutes les attaques de pirates, passant de 27 pour la première moitié de 2005 à 64 depuis janvier. Pendant ce temps, ailleurs les attaques de pirates diminuent, selon le Piracy Reporting Center, un groupe basé en Malaisie qui surveille les attaques pour le Bureau.

Les attaques sont plus violentes qu’en Asie, indique Cyrus Mody, le responsable du bureau. Les pirates en Somalie, dans le golfe d’Aden, au Nigéria et en Tanzanie ont pris 172 otages depuis le début de l’année.

Des pirates somaliens armés d’armes automatiques et de lance-roquettes détournent régulièrement des navires et retiennent les équipages pour une rançon.

Le Lourdes Tide, un supply ship travaillant pour une compagnie américaine, a été attaqué le 13 mai au Nigéria par des pirates armés qui ont exigé une rançon.

Les pirates ont libéré le navire et les 11 membres d’équipage le 16 juin.

Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies a demandé des escortes militaires pour ses navires transportant 32.000 tonnes de nourriture chaque mois vers la Somalie, où la guerre civile et la sécheresse ont fait empiré la crise alimentaire. Une frégate néerlandaise a terminé en juin sa mission d’escorte, indique Peter Smerdon, le porte-parole du groupe pour l’Afrique.

Les navires allongent de plusieurs centaines de nautiques leur trajet et dépensent jusqu’à un jour de carburant de plus pour éviter les pirates somaliens, déclare Michael Livanos, président de Scio Shipping, une compagnie de navigation de New York.

“Les couts sont gigantesques,” se plaint-il.

Les attaques de pirates le long des côtes d’Afrique interviennent au moment où les attaques diminuent sur une voie importante du commerce en Asie.

Les militaires américains expliquent qu’ils ont donné du matériel, coordonné des exercices communs et poussé l’Indonésie à coopérer avec ses 2 voisins, Singapour et la Malaisie. Ils voulaient que les 3 pays prennent le contrôle du détroit de Malacca, une voie de communication importante pour les cargaisons de pétrole, les cargos et les navires de croisière.

“C’est un point de passage aussi important qu’il en existe ailleurs dans le monde,” indique l’amiral Timothy Keating, commandant des forces américaines dans le Pacifique.

Leurs efforts semblent porter fruit. Les navires naviguant près de l’Indonésie ont signalé 13 attaques au 1er semestre, contre 64 pour la même période en 2003 — une chute de 80%, selon le rapport semestriel du Bureau Maritime. Les navires ont signalé 2 attaques dans le détroit de Malacca cette année.

Les Etats-Unis ont renforcé la marine et les gardes-côtes d’Indonésie avec 15 patrouilleurs rapides et 7 postes radar. Ils se sont entraînés avec les marines des 3 pays et les ont persuadé de partager les renseignements sur les navires passant par les eaux territoriales et internationales. La Malaisie coordonne une patrouille aérienne commune avec les pays voisins pour surveiller le détroit.

“Si envoyer des cargaisons par le détroit de Malacca n’était pas sûr, l’US Navy irait là-bas et le rendrait sûr,” déclare le vice-amiral Doug Crowder, qui commande la 7è flotte basée au Japon. Crowder ajoute que la coopération rend désormais cela inutile.

Cette même formule ne fonctionnera pas probablement pas en Afrique.

“Si vous voulez demander au dirigeant de la Somalie de venir pour une visite, qui appelez-vous ?” demande Keating.

05/07/08 (B455) Portail des Sous-Marins / Des nations africaines travaillent pour la sécurité maritime.

Des représentants de 10 nations de l’est de l’Afrique se sont réunies à Djibouti avec les partenaires de la coalition, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis. Ils ont participé pendant une semaine à des groupes de travail pour poser les fondations d’un grand partenariat afin de promouvoir la sécurité maritime.

Les participants ont présenté un large éventail de sujets dont les stratégies pour une planification à court et long terme, la mise en commun des ressources, la coopération régionale et les considérations sécuritaires en mer.

La Combined Joint Task Force – Horn of Africa de l’US Navy a organisé la réunion. Elle a permis de réunir ces nations pour discuter de questions concernant toute la région.

Outre le contre-amiral Philip Greene, commandant de la CJTF-HOA, une équipe du Naval War College de Newport s’était déplacée afin d’organiser les groupes de travail, permettant aux délégués de nations partenaires de discuter ouvertement des problèmes auxquels chaque nation doit faire face. Certains défis sont communs à toutes les nations de la région, mais d’autres ne concernent qu’un seul pays.

Un délégué a parlé de la difficulté d’avoir une population ne connaissant pas les lois concernant la contre-bande. “S’ils ne savent pas que c’est illégal, comment voulez-vous qu’ils arrêtent de le faire,” a été une des questions posées par un des participants.

La sécurité maritime ne concerne pas seulement les nations cotières. Toute nation ayant des voies navigables doit envisager les moyens de les sécuriser.

L’Ouganda est le parfait exemple d’une nation enclavée ayant des inquiétudes concernant la sécurité maritime.

Le Lieutenant-Colonel Michael Nyayrwa, responsable des forces maritimes de l’Ouganda, explique que, même si son pays est enclavé au centre de l’Afrique, la sécurité maritime joue un rôle important dans la sécurité globale de son pays.

La piraterie et la pêche illégale font peser un coût dont on ne parle pas sur la population dans son ensemble. Il est dans l’intérêt de chacun de travailler ensemble pour combattre ces forces.

05/07/08 (B455) Portail des Sous-Marins : La crise politique en Somalie n’aide pas la lutte contre la piraterie.

Les tensions entre les différents groupes politiques désireux de contrôler la Somalie ont gravement compromis les efforts de sécurité, y compris les initiatives visant à charger des forces privées et étrangères de patrouiller le long de la côte.

La lutte violente pour contrôler les villes de Somalie ne montre aucun signe de diminution, le contrôle du gouvernement transitoire sur les villes côtières et les ports est au mieux faible.

Cela n’a pas empêché le gouvernement transitoire de négocier des accords avec l’ONU et des firmes de sécurité privées dans le cadre de la lutte contre la piraterie.

Sans une marine opérationnelle, les pirates bénéficient d’un accès sans limite aux eaux territoriales somaliennes.

Des attaques répétées sur les cargaisons de nourriture et les travailleurs humanitaires ont contribué à faire empirer la situation humanitaire dans le pays.

Plus inquiétant pour le gouvernement transitoire, son échec à contrôler la violence a compromis sa stature politique, déjà affaiblie par la perception qu’il est un outil de l’influence étrangère, en particulier éthiopienne.

Jusqu’à présent, le gouvernement transitoire a publiquement démenti son rôle dans l’embauche d’une compagnie française pour assurer la sécurité le long des côtes du pays.

La force privée serait chargée de créer des gardes-côtes et de patrouiller dans les ports. Certains articles suggèrent qu’elle serait même autorisée à utiliser la force mortelle.

L’accord fait face à de vives critiques, forçant les responsables du gouvernement transitoire à expliquer que l’accord avait été négocié et payé par les Etats-Unis et l’ONU, et que le gouvernement transitoire n’avait donné qu’un accord passif.

Les responsables de l’opposition s’opposent aussi au soutien du gouvernement transitoire à la résolution du Conseil de Sécurité qui autorise les marines étrangères à entrer dans les eaux territoriales somaliennes pour combattre les pirates.

Beaucoup doutent publiquement de l’intention affichée par la coalition internationale. Selon eux, elle participe à un effort plus large visant à exploiter les ressources somaliennes et à pratiquer la pêche illégale.

Certains groupes islamiques ont promis d’attaquer les patrouilles étrangères.

Bien qu’ils ne disposent pas des moyens leur permettant de menaces les forces en haute-mer, la collaboration avec les groupes criminels et les pirates pourrait conduire à des attaques terroristes sur les navires naviguant dans la région.

A ce jour, la coopération entre les groupes politiques islamistes et les pirates au large de la Somalie a été exagérée.

En effet, pendant leur bref règne en 2006, les islamistes ont fait diminué le taux de crime et de piraterie dans le pays.

Le contrôle qu’ils conservent maintenant sur certaines portions du littoral sud pourrait avoir un effet similaire.

Ironiquement, cela repousse les pirates vers le nord, en particulier dans la région semi-autonome, et comparativement plus calme, du Puntland.

Le gouvernement régional est un proche allié du gouvernement transitoire. Il est tout aussi critiqué pour sa faiblesse dans la lutte contre l’augmentation sans précédent de la piraterie, les enlèvements et le crime organisé. Cette année, la majorité des attaques de pirates au large de la Somalie s’est produite le long de la côte du Puntland.

Les forces de sécurité, mal ou pas payées, se joignent maintenant aux pirates et aux groupes criminels, aggravant le problème.

A cause des élections régionales prévues pour janvier 2009, les responsables du Puntland rejettent les accusations. Des ministres ont critiqué les propriétaires de navires qui paient les rançons, ce qui encourage la piraterie, tout en accusant les navires américains de provoquer des tensions le long de la côte.

Pendant ce temps, l’opposition régionale a promis de s’attaquer à la piraterie pendant la première année de mandat, soulignant l’importance de la question pour la population locale.

Espérant écarter une défaite presque certaine dans les urnes, le gouvernement régional a lancé une série très médiatisée d’efforts pour combattre les pirates et les bandes spécialisées dans les enlèvements.

Au début juin, la police et l’armée du Puntland se sont opposées à un groupe de pirates après l’échec des négociations visant à libérer un navire pris en otage au large de la côte. Sept pirates capturés pendant une opération de sécurité en avril dernier ont été jugés par la justice régionales.

De telles mesures sont largement symboliques, puisque les forces régionales de sécurité sont minées par le non-paiement des salaires et les divisions internes. En mars, le ministre de la sécurité du Puntland a démissionné en raison des résistances contre des réformes proposées.

Le chef du service régional de renseignement a aussi refusé de passer sous le commandement des gouvernements régional ou transitoire, alimentant plus encore les accusations que le gouvernement est paralysé par le népotisme et la corruption.

01/07/08 (B454) Portail des sous-marins / Allemagne : la lutte contre la piraterie englué dans des disputes politiques

Une nouvelle fois, un bateau allemand a été pris en otage par des pirates au large de la Somalie. La marine allemande pourrait aider, mais n’est pas autorisé à le faire — parce que la coalition au pouvoir à Berlin est incapable de parvenir à un accord.

Les marins n’ont aucune chance contre les embarcations rapides, dans le golfe d’Aden moins qu’ailleurs, qui ne fait que 150 km de large en son point le plus étroit. Pour Sabine M. et Juergen K., le détroit s’est transformé en un piège qui menace leur vie.

Lorsque les pirates ont découvert le 23 juin le voilier allemand Rockall au large de la Somalie, une course inégale a commencé. Deux embarcations rapides ont fini par abordé le voilier.

Les pirates ont abandonné le voilier près de Laasgoray et se sont retirés dans l’intérieur, la zone frontière entre le Somaliland et le Puntland. Les enquêteurs estiment que les kidnappeurs disposent d’un camp près d’un endroit appelé Badnan, où sont retenus les 2 allemands depuis qu’ils ont été enlevés, avec le skipper du Rockall, qui est français.

C’est un no-man’s-land, où commandent les clans, les milices, les pirates, et les gouvernements semi-autonomes — tout le monde sauf le gouvernement central somalien.

C’est pourquoi le comité de crise allemand négocie au travers de l’ambassade d’Allemagne au Kenya. Des organisations non-gouvernementales ont proposé leur médiation ; il y a eu un contact avec les kidnappeurs qui ont exigé l’immunité contre toute poursuite criminelle ; si tout se passe bien, les 2 allemands seront libérés en échange d’une rançon. Mais si cela ne se passe pas bien et que le gouvernement doit choisir d’attaquer ou de risquer la mort des otages ?

L’attaque a alimenté un débat politique qui est l’une des querelles les plus absurdes de l’actuelle période législative. Le gouvernement veut que la Bundeswehr [1] combatte la piraterie, mais est incapable de parvenir à un accord sur comment le faire. Les discutions sur la base légale pour agir est si féroce que le sort des otages menace d’être complètement oublier dans les discutions.

En termes légaux, la lutte contre la piraterie est la tâche de la police, mais la police fédérale allemande n’est pas autorisée à intervenir en Somalie. Le ministère de la défense a refusé jusqu’à présent que ses navires luttent contre les pirates, parce que la constitution allemande n’autorise l’utilisation des forces armées que pour se protéger ou en cas de tension. Les forces armées ne pourraient effectuer des tâches de police que si l’ordre démocratique de l’état était en danger. Ce qui ne s’applique pas à la piraterie.

Cela fait quelques temps déjà que la coalition cherche un moyen de sortir du no-man’s-land légal.

Le ministère de la justice et celui des affaires étrangères, tous les 2 dirigés par des ministres sociaux-démocrates (SPD), renvoient à 2 textes internationaux qui peuvent aider.

D’un côté, la convention des nations-unies sur le droit des mers engage ses signataires à aider lorsque des vies humaines sont en danger. La convention indique explicitement que chaque état est autorisé à saisir un "bateau pirate en haute-mer ou en tout endroit qui n’est pas soumis à la souveraineté d’un état."

De l’autre, une résolution du conseil de sécurité du 2 juin appelle les états à s’engager dans la lutte contre la piraterie au large de la Somalie. "Pour la loi internationale, il n’y a aucun problème," explique le Professeur Ulrich Fastenrath de Dresde. "La seule raison des atermoiements de l’Allemagne réside dans sa législation nationale."

Le vice-amiral Wolfgang Nolting, chef d’état-major de la marine allemande, explique que, malheureusement, "il n’est pas très clair de savoir qui doit appliquer la convention" : la police fédérale allemande ou la Bundeswehr.

Le ministère de la défense parle d’une "zone d’incertitude légale." Le ministre de la défense Franz Josef Jung et le ministre de l’intérieur Wolfgang Schaeuble (tous les 2 chrétiens démocrates [CDU]) veulent modifier la Loi Fondamentale pour donner une "base constitutionnelle claire," souligne le secrétaire d’état à la défense Thomas Kossendey. Ce qui, d’un autre côté, est bloqué par le SPD, parce qu’il craint que la CDU ne prévoit d’ouvrir la voie à l’utilisation de la Bundeswehr à l’intérieur du pays. Là encore, large coalition signifie un blocage majeur.

Ruprecht Polenz (CDU), président de la commission des affaires étrangères au Bundestag, a reconnu que cela a conduit, à de nombreuses reprises, à des "situations embarrassantes" au large de la Somalie. La marine allemande a un navire qui patrouille au large de la Somalie : la frégate Emden y cherche des terroristes. Les allemands seraient autorisés à intervenir si les pirates étaient des membres du réseau Al-Qaida. Ils n’interviennent pas lorsque ce sont de simples criminels. Les problèmes de ce monde refusent tout simplement de se plier à la logique de la politique intérieure allemande.

De plus, il y a un autre navire allemand au large de la Somalie dont l’équipage a besoin d’aide : le Lehmann Timber.

Le cargo de 121 m de long, 15 membres d’équipage et une cargaison d’acier, est depuis 5 semaines entre les mains des pirates. Les pirates ont attaqué le navire le 28 mai dans le golfe d’Aden. Les membres d’équipage sont ukrainiens, russes et estoniens. Depuis qu’un des estoniens a été autorisé à téléphoner chez lui, les conditions à bord sont connues : elles sont affreuses.

L’équipage n’a pas assez d’eau et de nourriture. Après cet appel, les proches ont alerté le gouvernement estonien, qui a contacté le ministère allemand des affaires étrangères et demandé une aide humanitaire.

L’Emden pourrait intervenir, mais est-il autorisé à le faire ? La question a été discutée par le gouvernement allemand, mais la réponse du ministère de la défense a été négative : pas de base légale, pas d’assistance.

Mardi, le Lehmann Timber et le Rockall seront à l’ordre du jour d’une réunion du gouvernement ; tous les ministères concernés seront représentés. Si la coalition veut agir, les choses pourraient aller assez vite ; l’Emden est toujours dans la région.

Enfin, pour l’instant.

Le 8 juillet, la frégate quittera la région et sera remplacée par un avion de reconnaissance.

27/04/08 (B445) Portail des sous-marins : Une journée de piraterie ordinaire au large de la Somalie. (Info lecteur)

Cinq attaques de pirates en moins de 24 heures dans la zone la plus dangereuse au monde

Par Rédacteur en chef

Johan Lillkung est le capitaine suédois du Dolphin, un voilier de 27 mètres, qui se trouve actuellement au large de la Somalie, sous la menace d’attaques de pirates. Dans son journal de bord, il décrit plusieurs attaques récentes sur des bateaux et comment le sien l’a échappé belle.

Tout commence le 20 avril à 20:35 (heure locale) avec un SOS entendu à la radio. Le Faisal Mustafa, un dhow en bois, faisait route de la mer Rouge vers l’Inde. Leur position se trouvait à seulement 4 nautiques sur notre tribord. Nous avons vu 4 embarcations rapides approcher rapidement du navire. Le dernier message radio envoyé par le capitaine disait “Dieu tout puissant, quelqu’un peut-il nous aider, les pirates nous attaquent. Dieu miséricordieux, aidez-nous s’il vous plaît !”

On entendait des cris à l’arrière-plan, puis la radio est devenue silencieuse.

Nous avons immédiatement changé de routes et avons pris contact par radio avec un navire de guerre américain. Ils nous ont conseillé de faire route au sud-ouest à pleine vitesse, pour nous écarter aussitôt que possible des pirates en direction d’un navire de guerre britannique, le HMS Chatham, qui se trouvait à 30 nautiques de notre position.

Ils ont aussi envoyé un hélicoptère, qui est resté au-dessus de nous jusqu’à ce que le Chatham nous ait repéré sur son radar. Pendant ce temps, le navire américain se dirigeait vers le navire en détresse pour l’aider. Nous ne savons toujours ce qu’il s’est passé ensuite.

Les pirates existent encore, malheureusement, ils ne sont pas aussi sympathiques que le capitaine Jack Sparrow. La piraterie en haute-mer, en particulier dans cette partie du monde, n’a rien de nouveau. Depuis la chute de l’Union Soviétique et du régime satellite communiste en Somalie, des attaques de pirates ont lieu très régulièrement.

Plus tard ce même jour d’avril, l’officier opérations du Chatham nous a conseillé de continuer vers notre destination, Djibouti, en faisant route à l’ouest, ce qui nous amènerait dans une zone patrouillée par un navire de guerre allemand, l’Emden.

Sept heures plus tard, nous avons à nouveau entendu les mêmes mots arrachant le cœur : “SOS, SOS, attaque de pirates”. Cette fois, l’appel venait du Takayama, un pétrolier japonais qui se dirigeait vers le canal de Suez. Le Takayama se trouvait à seulement 25 nautiques devant nous, là où nous avions prévu de passer.

Surgissant de nulle part, une embarcation rapide est venue le long du pétrolier et a ouvert le feu avec des mitrailleuses et des roquettes. Ils ont tiré sur le gouvernail dans l’intention de stopper le pétrolier. Il a été durement atteint sur bâbord, le canot de sauvetage était réduit en miettes, et le réservoir de carburant était percé, ce qui a provoqué une fuite de fuel lourd à la mer.

Le capitaine du Takayama a mis en avant toute et a changé de route dans l’espoir de rejoindre le navire allemand. L’Emden a envoyé un hélicoptère qui se trouvait sur place en moins de 10 minutes et les pirates rompaient le combat.

A ce moment-là, le côté bâbord du Takayama ressemblait à du gruyère, du fuel s’échappant par là. Finalement, l’Emden a rejoint le pétrolier et aidé à colmater provisoirement les réservoirs de carburant.

Il se trouvait maintenant à 30 nautiques devant nous, boitant vers le port d’Aden au Yémen, pour y être réparé, escorté par la frégate allemande. Pendant l’attaque, on nous a conseillé de changer de route pour rejoindre le pétrolier et la protection de la frégate.

Tout le monde pensait que c’était fini, qu’il n’était pas possible qu’il reste encore des pirates. Nous nous trompions gravement puisque vers 12:28, un nouveau SOS a été envoyé. Un petit cargo était attaqué et abordé près de la côte somalienne [1].

Nous n’avons encore aucune information concernant cet incident. A 13:05, un thonier espagnol, qui se trouvait à environ 100 nautiques à l’est de notre position, était attaqué et abordé. Le navire se dirige vers la Somalie, les pirates à bord et l’équipage retenu en otages [2].

Nous avançons maintenant à faible vitesse vers l’ouest (8 nœuds), nos yeux ne quittant pas le radar, surveillant constamment l’horizon avec des jumelles. Tous les navires sont en alerte et sont devenus paranoïaques, changeant de route dès que quelque chose de suspect ou d’inconnu apparait sur le radar ou à l’horizon.

Chacun redoute le prochain SOS.

Heureusement, inshallah, ce ne sera pas nous qui lanceront cet appel alors que nous retournons en Espagne, après avoir passé l’hiver dans les Seychelles et les Maldives.

Si Dieu le veut, nous atteindrons Djibouti, et nous pourrons nous reposer de la tension mentale de naviguer dans le golfe d’Aden. Là, notre seul confort était de voir un hélicoptère nous survoler pendant un moment, et un navire de guerre passer au loin.

Pendant que je traduisais ce message du suédois en anglais, c’était à notre tour de lancer un SOS. A 16:51, à seulement 28 nautiques au large du Yémen, par 12º 22´N 045º 17´E, un membre de l’équipage a repéré 2 petites embarcations à 4 nautiques devant nous et qui s’approchaient rapidement de chaque bord.

Nous avons immédiatement envoyé un SOS et fait demi-tour à toute vitesse.

Notre message a été reçu par la frégate espagnole Mendez Muñez, qui se trouvait à environ 15 nautiques de notre position et un avion de surveillance de l’US Marine Corps se trouvait dans le voisinage.

En moins de 9 minutes, l’avion nous survolait, faisant des cercles à très basse altitude au-dessus de nous et des bateaux qui nous poursuivaient. Les attaquants ont arrêté l’attaque et se sont dirigés vers le sud.

Au plus près, ils se sont approchés à 0,8 nautique (1,5 km) — trop proche pour notre confort.

25/04/08 (B444-B) Portail des Sous-Marins / La France autorise l’Espagne à utiliser sa base de Djibouti

La France a mis sa base militaire de Djibouti à la disposition de l’Espagne dans le cadre des tentatives de libération d’un thonier espagnol et de son équipage, a déclaré le ministre de la défense Hervé Morin.

"Les Espagnols nous ont demandé la possibilité d’utiliser nos bases en Afrique comme plateformes de soutien pour lancer leurs opérations," a déclaré mardi à la presse le ministre, lors d’une visite sur la base aérienne 106 à Bordeaux.

"Evidemment, nous avons donné notre accord, sous réserve de la décision des autorités de Djibouti, pour que notre base (dans ce pays) puisse servir comme base de soutien," a indiqué le ministre de la défense.

Lorsqu’on lui a demandé des précisions, l’état-major des armées a seulement évoqué un mécanisme pour "échanger des informations avec les Espagnols et fournir un soutien logisitique utilisant les ressources disponibles sur place", refusant de donner d’autres précisions.

Lundi, le gouvernement espagnol avait demandé le soutien de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, 3 pays disposant d’une présence militaire significative en océan Indien, pour aider à obtenir la libération des 26 membres d’équipage d’un thonier espagnol, qui a été pris en otage dimanche par un groupe de pirates pendant qu’il pêchait au large de la Somalie.

La base de Djibouti est la plus grande base permanente des armées français à l’étranger, avec plus de 2.850 militaires, des hélicoptères, des chasseurs et des navires militaires, selon des sources militaires françaises.