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29/08/2013 (Brève 180) ALERTE ROUGE : confirmation de la manifestation du mardi 3 septembre de 18h à 19h30 à proximité de l’Ambassade du Yémen à Paris pour réclamer la libération immédiate et sans condition de Mohamed Alhoumekani, détenu illégalement à Sanaa à la demande des autorités dictatoriales de Djibouti, aux ordres de Guelleh.

La Préfecture de Police nous a délivré l’autorisation pour une manifestation pacifique à proximité

de l’Ambassade du Yémen à Paris,
mardi 3 septembre de 18h00 à 19h30.
Angle des rues George Bizet et de Chaillot à Paris 16ème
Métros : Boissière, Iéna et Alma-marceau

Rassemblement à l’angle de la rue George Bizet et de la rue de Chaillot.

Merci à toutes les participants et à toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens qui se joindront à ce rassemblement pacifique pour réclamer la libération immédiate et sans condition de Mohamed Alhoumekani. Et ce, en application du jugement rendu mercredi matin par un tribunal yéménite. Ce sont des agents d’Interpol qui sont passés outre le jugement et qui ont reconduit, en toute illégalité, Mohamed Alhoumekani en détention. Bien que nous ne recevions que peu d’information sur sa condition, il est hautement vraisemblable qu’il ait subi des actes violents.

Comme leurs homologues à la solde de Guelleh, les policiers des forces spéciales du Yémen ne sont pas connues pour leurs pratiques douces ….

14/01/03 (B180/2) Djibouti : succès total pour le clan Guelleh (Nouvel Observateur)

A l’issue des premières
législatives multipartites, l’UMP a remporté 62,7% des votes,
contre 37,3% pour l’Union pour une alternative démocratique.

Les partisans du président
djiboutien Ismaël Omar Guelleh ont conservé la totalité
des 65 sièges mis en jeu lors d’élections législatives
considérées comme le premier scrutin véritablement multipartite
de l’histoire de cette ancienne colonie française, indépendante
depuis 1977.

Le ministre de l’Intérieur
Abdulkader Douleh Waïs a annoncé samedi que l’Union pour la majorité
présidentielle, alliance de quatre partis en faveur du pouvoir en place,
a remporté 62,7% des votes, contre 37,3% pour l’Union pour une alternative
démocratique dirigée par le rebelle Ahmed Dini Ahmed. Le taux
de participation est évalué à 48%.

Dans la capitale Djibouti,
où plus de la moitié des 700.000 habitants du pays résident,
l’UMP a recueilli 55,07% des voix. Pour la première fois, des femmes
-au moins sept- siègeront obligatoirement à l’Assemblée.
Il n’était pas possible samedi de déterminer leur nombre. Selon
la constitution djiboutienne, le parti qui obtient la majorité dans
chacune des cinq circonscriptions du pays remporte tous les sièges
du Parlement.

Fraude ?

Le Rassemblement populaire
pour le progrès (RPP), qui dirige Djibouti depuis son indépendance,
avait remporté les 65 sièges aux législatives de 1992
et 1997, contestés par l’opposition. Cette fois, le scrutin était
supervisé par des observateurs de la Ligue arabe et de l’union africaine.

Selon le président
de la commission électorale, Ahmed Areita, les élections se
sont déroulées sans incident. Mais le chef de l’opposition à
Djibouti, Ahmed Dini, a dénoncé samedi des « fraudes ».
« Nous dénonçons le résultat des fraudes et nous
le condamnons.

Nous allons porter cela
devant le Conseil constitutionnel », a déclaré Ahmed Dini,
tête de liste de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD).
Selon lui, il y a eu une « non-distribution des cartes électorales
et une délivrance excessive des ordonnances (du juge pour voter), ce
qui a permis un vote multiple ». Il a ajouté avoir demandé
à ses sympathisants de ne pas manifester dans les rues, se prononçant
à titre personnel pour « la voie légale ».

15/01/03 (B180/2) Humour, fiction ou réalité ? Et si, justement, un jour cela arrivait vraiment ?

Que les USA reconnaissent
les crimes contre l’humanité et qu’ils recherchent un coupe infernal
qui aurait pu sévir à Djibouti sous le nom de code : Paulette
et le Chamelier… Mais nous n’en sommes pas encore là aujourd’hui.
Attendons, la justice est lente, mais elle avance sereinement.


Caricature préparée
à partir de l’avis de recherche de Bonnie et Clyde, paru à Washington
le 21 mai 1934.

14/01/03 (B180/2) FORT et JUSTE. La chronique du sergent Ariko. Quels sont les critères qui permettent de reconnaître un vrai Djiboutien ?

FORT ET JUSTE

Suite à la mascarade électorale organisée par le pouvoir
en place,.je tiens à donner mon point de vue et à m’interroger
sur le nom des vrais Djiboutiens qui font partie de l’équipe de Guelleh.

Pour remédier à toutes les sortes de fantasmes d’ordre anachronique,
il est nécessaire, voir vital, de redéfinir le sens même
de l’appartenance ou de l’identité du Djiboutien d’aujourd’hui.

Qui est vraiement un Djiboutien dans l’équipe du dictateur Guelleh
?

La djibounnaité est le résultat d’un mélange d’Afar,
de somalie, d’arabe , etc..C’est de ce mixte bigarré qu’est née
la djiboutianité. Donc, ne peut être Djiboutien au sens originel
du terme, que celui qui abandonne ses anciens principes ethniques ou tribaux
au privilège de la GRANDE NATIONALITÉ DJIBOUTIENNE.

Autremnent dit, le djiboutien ou le WADANI (citoyen en langue somali) n’est
pas seulement celui qui est né à Djibouti. Mais plutôt,
celui qui est capable de se poser d’une manière sereine et donc intelligent
la question suivante :

Que pourrais-je proposer au pays auquel je m’identifie pour pallier la
crise politique et sociale qu’il traverse ?

Pour finir le Djiboutien doit avoir à l’esprit que la nation constitue
un seul corps appelé CORPS SOCIAL et que l’intéret de chaque
membre doit se fondre dans l’intéret général. Vouloir
s’en séparer, c’est vouloir se perdre.

sergent hassan moussa dit ariko
Montreal -cote de neige.

15/01/03 (B180/2) La Saga d’IOG – Suite de la chronique du Sergent Ariko. L’affaire du Café de Paris qui pourrait empoisonner le sommeil de Guelleh ….

FORT ET JUSTE.

Pour quelles raisons,
le dictateur Guelleh a-t-il effectivement peur ?

Comme la plupart de ceux
qui détiennent un pouvoir à Djibout, le chef ne dort plus que
d’un oeil depuis que le Commandant Ali Abdillahi Iftin est passé dans
l’opposition et qu’il a confirmé les dires de son Lieutenant Mohamed
Saleh Alhoumekani.

La mort du Juge Bernard
Borrel, cet homme qu’Ismail Omar avait fait soigneusement éliminé
parce qu’il dérangeait avec ses enquêtes sur le responsable de
l’attentat du 27 septembre 1990 devant le Café de Paris.

Le Juge (que Dieu ait
son âme) était un expert de l’enquête. Lors de son séjour
à djibouti il a pu rencontrer des témoins, des gens qui savaient
beaucoup de choses sur cette affaire. Je pense que beaucoup de nos compatriotes
du Quartier 5 ont été torturés sur un ordre venu d’en
haut avant même que la Gendarmerie ni la SDS ne puissent diligenter
la moindre enquête.

Le Colonel Hoche Roblé,
qui commandait la Gendarmerie, savait …

Plus tard, un jour, Il
répondit à ma question sur les raisons qui avaient abouti à
la torture de nombreux innocents, alors que l’on connaissait l’auteur et le
véritable commanditaire du coup.

Il me dit simplement qu’il
avait reçu des ordres venu directement de la Présidence. La
France, à ce moment, n’avait encore aucune information sur le coupable
mais le Général Gazeau, Commandant des forces françaises
à Djibouti était déjà persuadé que les
autorités de Djibouti étaient impliquées dans cet attentat.
Il informa l’Ambassadeur Claude Soubeste mais par protection, il lui demanda
de rien divulguer jusqu’a que l’ordre de Paris n’arrive.

Pendant qu’IOG et la SDS
s’amusaient à raconter à la France que l’enquête se poursuivait,
les Services secrets français ont débarqué à Djibouti
pour aider leurs homogues djiboutiens dans la conduite de cette enquête.
Très vite, ils comprirent que les gens interrogés dans les differentes
brigades (brigades 3, 4et 5, brigade rouge d’ambouli, brigade nord fichier
central) n’étaient nullement impliquées dans cette action terroriste.

La France enquêtait
sur une autre piste, celle de Sadam Hussein de l’Irak. Je me souviens que
l’Irak avait offert du matériel militaire à l’Etat-mjor des
Forces armées djiboutiennes. Parmi le matériel livré
par l’irak, il y avait un produit chimique que les forces de Sadam Hussein
ont utilisé durant la guerre Iran – Irak en 1988. La population Kurde
a payé cher aussi le déploiement de ce produit !

Ismail Omar avait commandé
ces armes et ces produits chimiques, afin de pouvoir éliminer la population
Afar dans le cas où elle rentrerait en rébellion contre la dictature.

Les Gadabousi furent éliminer
de la scène nationale mais il fallait que l’on puisse faire la même
chose avec les Afar qui avaient accueilli les Gadaboursi lorsqu’ils fuyaient
la repression qui s’est abattu sur le quartier 5, après l’attentat
du Café de Paris.

Le journal l’Evenement
du Jeudi, daté du 9 aout, faisait état d’un possible accord
secret de Défense liant Sadam Hussein à Ismail Omar Guelleh
pour aider ce dernier à résoudre le problème des ethnies
et la nationalité (les Afar et leurs alliés, les Gadabousi).

Les intellectuels Afar
dont Ali Coubba ont dénoncé, à partir de l’intérieur
du pays le complot qui visait l’existence même du peuple Afar. Le régime
terrorisait déjà la population et personne n’osait le dire,
ni en paler. Des tracts ont été diffusés et distribués
sur les grandes places de djibouti.

La SDS a réagi
violement en procédant à des arrestations. M Ali Coubba était
employé, à cette époque, à la Banque Indosuez
Mer-Rouge, dans l’agence située au plateau du Marabout. Il avait été
dénoncé par un de ses collègues de travail qui avait
alerté la SDS et IOG.

La SDS viendra arrêter
Ali Coubba. La suite, vous la connaissez. Il sera torturé à
la Villa Christophe par des responsables de la Gendarmerie, dont le major
Daheiyie. Le Juge Bernard Borrel avait rassemblé un certain nombre
de documents qui prouvaient la responsabilité d’IOG dans cette affaire.

D’ailleurs, le commandant
iftin a raconté sur Canal + qu’il avait surpris une conversation entre
IOG et Hassan Saïd au sujet de l’ingérence de ce petit
juge dans leur affaires personnelles.

Le juge diposait d’éléments
qui mettaient en cause l’impartialité des justices française
et djiboutienne dans la mesure où à la fois le ministre djiboutien
de la Justice et les responsables judiciaires du pays, obeissaient dans les
daits aux ordres venus de l’Elysé et du Palais présidentiel.

Le juge a aussi découvert
comment des société implantées en France fabriquaient
de la fausse monnaie (faux dollars) !!! Ces entreprises expédiaient
leur production à Djibouti.

L’ancien Premier Ministre
Barkhat Gourad entretenait des liens avec la Mafia de Causa nostra, basée
à Milan. Son meilleur ami M Gambelli servait d’interlocuteur entre
la mafia et Barkhat Gourad.

La Mafia avait même
offert des bottes en peau de crocodiles au Premier Ministre qui les appréciait
particulièrement et dont il vantait les avantages lors des entretiens
qu’il avait avec les Ambassadeurs.

Dans le cadre des accords
passés par IOG et Barkhat avec la Mafia, il était convenu que
Djibouti laisserait passer facilement la drogue via le Nigéria du Président
Abacha.

L’attentat a provoqué
son lot de morts et de torturés.

Le futur Président
du PND fantoche, M. Mahdi Ahmed Abdillahi avait même déclaré
sur RFI qu’Ismail Omar était le seul responsable de cet attentat.

Comme la France avait
délivré un mandat d’arrêt international contre lui qui
a été reçu par la Gendarmerie royale du Canada qui allait
l’arrêter, IOG a eu peur qu’il ne parle … et il lui a proposé
de rallier immédiatement Djibouti où il est en sécurité,
en dépit des demandes d’extradition déposées par la France.

Pour fournir des coupables
à la France et pour maintenir l’illusion d’une enquête, IOG a
fait arrêter Abdi Bou Aden, le Sergent Mohamed Hassan Farah, Ali Arreita
Mohamed.

Mais arriva le temps où
il fallait être plus précis … Ne sachant plus quoi dire à
la France ni à l’Adjudant Nervet, IOG consulta ses amis à Paris.
Ce sont eux qui lui enverront le Juge Leloire sous prétexte d’un complément
d’information.

La DST ne faisait pas
confiance au Juge Leloire et elle a accusé IOG d’etre l’instigateur
du crime. M Awalé Guelleh Assoweh fut arrêté par la Gendarmerie
et on lui soutira des aveux dans lesquels il reconnaissait son implication
et sa culpabilité.

A bientôt

Hassan
Moussa dit Ariko
Montréal

15/01/03 (B180/2) La situation précise des prisonniers politiques encore incarcérés. Notre appel a été entendu et un lecteur anonyme nous transmet des informations précises sur la situation des prisonniers politiques …

Puisque vous suivez attentivement
la situation, je suis heureux de vous apporter des informations sur les prisonniers
politiques de la F N P, qui avaient été incarcérés
dans la sinistre prison de GABODE.

Je puis vous assurer qu’ils n’oublieront jamais votre votre soutien sans faille
ni votre collaboration durant leur emprisonnement et toutes les actions que
vous avez menées sur votre site.

 

J’adresse les mêmes
remerciements, en leur nom, au Président du M R D (
Mouvement pour le Renouveau Démocratique ex PRD) Mr DAHER AHMED FARAH
dit DAF car il a rappelé, chaque semaine, les conditions de détention
et leur sort à l´opinion nationale et internationale à
travail dans le célèbre Journal LE RENOUVEAU.

Voici la situation précise
:

Décédé
:

le général Yacin Yabeh est décédé le 18
/07/2002 comme vous le saviez

Incarcérés
:

les commandants :
AHMED ADEN FADAN DIT AHMED NASSER et
DAHER AHMED HASSAN DIT DAHER DEREH

Le capitaine :
HOUSSEIN GUEDAN

Le sous-lieutenant :
DOUALEH EGUEH OFFFLEH
NASRI ELMI MAIRANEH

Les caporaux-chefs
:

ADEN ALI GUEDI
MOHAMED MOUSSA GUEDI

Au total cinq officiers
et deux soldats sont toujours dans la sinistre prison de GABODE.

Libérés
:
Quatre officiers ont terminé leur peine, le premier jour du mois béni
RAMADAN soit le 6 novembre 2002. Ils ont retrouvé leur liberté
totale sans aucune faveur, ni intervention de qui que ce soit sauf celle du
bon DIEU et de ceux qu les ont soutenus tout au long de leur incarcération,
en particulier les responsables de l’ARDHD, il s´agit :

HOUSSEIN FARAH RAGUEH
DIT NALLEH
MOUSTAPHA KAIREH DARAR
ACKIR HASSAN MAIREH DIT ACKIR
ABDOURAHIM MOHAMOUD HERSI

Liberté provisoire
:

Le Colonel GOD est en liberté provisoire depuis le mois d’août
2002 et jusqu’à nos jours il attend sa condamnation. Il a obtenu, une
seule fois, l’autorisation exceptionnelle de se rendre au SOMALILAND. Actuellement,
il se trouve à Djibouti ville sans travail. Son bureau (Western Union)
a été fermé par le régime juste après son
arrestation.

Le commandant FAHTI a
été libéré provisoirement au mois de juillet 2001,
et aujourd´hui il a repris sa fonction de Commandant de Police. Il a
été reversé dans son ancien service (pompier port) pendant
la campagne législative. Cela n´étonne personne, car il
est très proche de notre DICTATEUR soit-disant Président de
notre République.

Je vous signale par ailleurs
qu’une personne qui devait se présenter pour être jugée
par la Cour criminelle au cours du mois de janvier 03, vient d´être
réintégrée dans son ancien service.

Décidément
on aura tout vu avec ce régime.

Vos commentaires sur ce
sujet seront très appréciés, comme toujours (presque
!).

En raison de la situation
anti-démocratique à Djibouti, je suis contraint de garder l´anonymat.

14/01/03 (B180/2) La fin de Djibnet.com et de son célèbre Mabraze, qui a réuni tant de Djiboutiens (Fouroun)

C’est avec douleur et
tristesse que j’apprends la mort du fameux site www.djibnet.com. D’après
la version officielle le site Djibnet s’est suicidé par le feu. Dans
un communiqué, un porte-parole de Djib Telecom évoque le fait
que le site souffrait de difficultés familiales ces derniers temps
. Rappelons que Djibnet était un lieu de rencontre et d’échange
ouvert a tous et sans aucune censure.

Les obsèques auront
lieu demain matin au cimetière des héros du pays où sont
enterres plusieurs combattants pour l’independance et la démocratie.
Les rapports d’une autopsie faite à l’hôpital Bouffard se sont
mystérieusement perdus. Le Ministre de la Santé a, par ailleurs,
signalé que le corps de Djibnet est déposé dans l’entrepôt
de Djib Telecom en ce moment.

Par contre, plusieurs
témoins qui ont voulu garder l’anonymat, nous ont dit que Djibnet avait
été torturé avant d’être assassiné par Hassan
Saïd à la villa Christophe, le jour même des élections
législatives.

Ces témoins ont
demandé à la diaspora djiboutienne de faire pression sur le
Gouvernement pour qu’Hassan Saîd soit jugé pour ce meurtre barbare.

Nous demandons à
Reporter Sans Frontiere de dénoncer ce meurtre barbare de Djibnet.com

FOUROUN

PS. Je souhaite longue
vie au site http://www.arhotaba.com

14/01/03 (B180/2) Le pouvoir rafle tous les sièges (RFI)

Le parti du président
Guelleh a emporté tous les sièges à l’Assemblée
lors des premières élections multipartites. L’opposition dénonce
les «fraudes».

De notre envoyé
spécial à Djibouti

Il a fallu un quart de
siècle pour y arriver. Plus de vingt cinq ans entre l’indépendance
de Djibouti, obtenue en 1977, et les premières élections législatives
complètement multipartites de l’histoire du pays, vendredi 10 janvier.
Djibouti était déjà sur la voie de la démocratisation
depuis 1992, lorsque, mettant fin au monopartisme hérité de
la décolonisation, une période de dix ans de transition avait
été instaurée, au cours de laquelle quatre partis politiques,
pas un de plus, avaient été autorisés. C’est donc seulement
en septembre 2002 que l’ancienne Côte française des Somalis,
puis Territoire français des Afars et Issas, devenue république
de Djibouti après 115 ans de présence française, a fini
par instaurer le multipartisme intégral, libéralisant complètement
la vie politique.

Les élections législatives
de vendredi en sont le premier test. A l’approche du scrutin, deux coalitions
s’étaient constituées. La première, qui réunit
quatre partis de l’opposition sous l’étiquette de l’Union pour l’alternance
démocratique (UAD), est emmenée par Ahmed Dini, vétéran
de la politique djiboutienne, premier Premier ministre du pays pendant six
mois, opposant aux deux président successifs puis chef de la rébellion
des années 90, avec, autour de lui, des hommes d’origines politiques
très différentes, dont d’anciens ennemis. Face à eux,
la coalition gouvernementale, l’Union pour la majorité présidentielle
(UMP), dont le chef de liste est le premier ministre djiboutien, mais dont
le véritable homme fort est le président de la République
et maître incontesté du pouvoir djiboutien Ismaël Omar Guelleh.

Après une campagne
au ton parfois dur, mais sans violences – fait notable -, l’affrontement dans
les urnes était attendu avec impatience par Djibouti. En organisant
d’importants rassemblements dans la capitale pendant la campagne, l’UAD avait
fait la preuve de son implantation dans les quartiers pauvres, désespérés
par l’état de délabrement de l’économie du pays. Il restait
à savoir comment les électeurs attirés par le discours
d’Ahmed Dini et de ses alliés sur le «changement», maître
mot de la campagne, allaient voter. A la veille du scrutin, cependant, Ahmed
Dini dénonçait de manière répétée
des irrégularités concernant la délivrance des cartes
d’électeurs. Selon lui, des électeurs pourtant inscrits sur
les listes n’auraient pu obtenir ces cartes, avec le résultat d’être
privés de vote et de limiter, éventuellement, les suffrages
de l’opposition. Nul ne pouvait, cependant, estimer de manière irréfutable
le nombre de ces sans-cartes. Vendredi, le scrutin a eu lieu dans le calme,
encadré dans les bureaux de vote de par les assesseurs et les membres
des partis.

«Hold-up électoral»

Le président Ismaël
Omar Guelleh © Dans certains bureaux de Djibouti-ville, on se plaignait
que l’encre, destinée à marquer le pouce des votants d’une marque
indélébile pour éviter qu’ils ne puissent renouveler
l’opération par tricherie, était si diluée qu’il suffisait
d’un peu d’eau pour l’enlever. Mas dans l’euphorie de la journée de
vote, et en dépit de quelques échauffourées ans gravité
dans les quartiers périphériques de la ville, le vote s’est
déroulé sans heurts. Pour rassurer un peu plus les opposants
inquiets à l’idée d’un «hold-up élctoral»,
les autorités avaient obtenu que le dépouillement se fasse dans
les bureaux même, sous la supervision des agents des partis, avant que
les urnes et les bordereaux soient transmis au ministère de l’intérieur
où le décompte final devait être fait.

L’opération a duré
une partie de la nuit, mais au petit matin, les résultats qui sont
tombés ont pris l’opposition par surprise : la défaite était
totale, l’UMP l’emportantt dans chacun des cinq circonscriptions djiboutiennes,
avec des scores parfois voisins de ceux de l’opposition, comme à Djibouti-ville
(environ 55% pour l’UMP contre 45% pour l’UAD). Or, comme le prévoient
les règles du système électoral djiboutien, la liste
qui obtient le score le plus fort rafle tous les sièges de la circonscription.
Tablant sans doute sur une possible victoire à Djibouti-ville qui lui
aurait donné les 37 sièges de la circonscription e en même
temps qu’une majorité à l’Assemblée nationale, qui n’en
compte que 65, l’opposition se trouvait totalement exclue de la chambre. Voilà
bien le paradoxe de ce résultat : les premières élections
normales du pays conduisant à constituer un parlement digne d’un parti
unique.

Mais lundi 11 janvier,
Ahmed Dini a commencé a relever les irrégularité du scrutin
qui, selon lui, rendent son résultat contestable. Le leader de l’opposition
parle de «fraude subtile» du gouvernement, basée sur les
manipulations de cartes d’électeurs, parle aussi de bourrages d’urnes
dans certaines régions éloignées de la capitale, et finit
par avancer d’un «hold-up électoral». Le terme est d’une
grande gravité.

Pour le moment, Ahmed
Dini a choisi de l’adoucir en demandant à ses militants de rester dans
la voie légale et de ne pas descendre dans la rue, en attendant de
déposer des recours devant le Conseil constitutionnel. Mais rien n’indique
que l’UAD dans son ensemble souhaitera longtemps se contenter de cette tactique.

JEAN-PHILIPPE
REMY
12/01/2003