Articles

05/09/2013 (Brève 217) Pour sa manifestation en faveur de la libération d’Alhoumekani et la vérité sur l’assassinat du Juge Borrel, l’ARDHD s’était invitée en marge du G20 !!!

Le choix du lieu de la manifestation de mardi 3 septembre à Paris n’avait pas été fait au hasard.

Il fallait que ce soit à proximité de l’Ambassade du Yémen, mais aussi devant le G20, la grande réunion internationale dont on parle beaucoup actuellement ; elle réunit les chefs d’état des 20 plus grandes puissances.

Le pari a été gagné par l’équipe de l’ARDHD! Que celles ou ceux qui sont toujours sceptiques regardent en détail la photo ci-dessous … Ce n’est pas un montage.

Renseignement pris, il s’agirait de l’enseigne commerciale d’une chaîne de distribution, la conférence G20 se tenant en Russie à Saint-Petersbourg

Humour ARDHD

22/10/03 (B217) Disparition du Journaliste Jean Helene de RFI. De nombreux témoignages nous parviennent.

Nous avons reçu
plusieurs témoignages de condoléances, auxquels nous nous associons.
Nous présentons à la famille de Jean Héléne, à
ses collègues et à toute l’équipe de RFI, nos condoléances
les plus attristées. Jean Héléne est beaucoup intervenu
dans la région de l’Afrique de l’EST et en particulier à Djibouti
où il a témoigné avec la sincérité et l’honnêteté
que chacun lui a toujours reconnu.

______________________________
Message du Sergent Ariko

Je tiens à transmettre
mes sincéres condoléances à RFI

Jai bien connu Jean Héléne
à Djibouti et en Ethiopie : au nom de mes camarades de
la Gendarmerie, je présente mes plus sincères condoléances
à sa famille et à la rédaction de RFI.

.
SERGENT ARIKO
de la gendarmerie nationale djiboutienne

23/10/03 (B217) La thèse de l’intervention de tiers dans la mort du juge Borrel renforcée (expertise) (AFP Paris)

PARIS, 20 oct (AFP) –
Une expertise définitive sur les causes du décès du juge
français Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti,
conclut au renforcement de l’hypothèse de l' »intervention d’un
ou de plusieurs tiers à l’origine du décès », a-t-on
appris lundi auprès de l’avocat de sa veuve.

« Nous estimons que
l’intervention d’un ou plusieurs tiers à l’origine du décès
de Monsieur Bernard Borrel se trouve renforcée », écrivent
les experts médico-légaux Daniel Malicier, Eric Baccino et Patrice
Mangin dans leur rapport définitif remis fin juillet à la juge
d’instruction Sophie Clément.

Selon eux, trois points
étayent cette thèse: l’existence d’un traumatisme crânien
qui aurait pu survenir à la suite d’un coup porté par un « instrument
contondant »; la présence d’une fracture qui pourrait être
une « lésion de défense »; et surtout la présence
d’un liquide inflammable décelée sur le pied droit, d’une autre
nature que l’essence supposée être contenue dans le bidon retrouvé
sur les lieux du drame.

Le corps du magistrat
avait été retrouvé calciné à 80 km de Djibouti,
ce qui avait amené les autorités locales à conclure au
suicide par immolation.

Les experts, qui estiment
qu’il n’est « toujours pas possible d’établir formellement la cause
du décès », annoncent la remise d’un rapport complémentaire
intégrant l’expertise de ce liquide.

L’avocat de la famille,
Me Olivier Morice, devrait annoncer mardi les conclusions de la dernière
expertise attendue.

La thèse du suicide
par immolation n’a jamais été acceptée par Elisabeth
Borrel, veuve du juge détaché à partir de 1994 comme
conseiller auprès du ministre djiboutien de la Justice.

Selon une enquête
de journalistes de la chaîne de télévision de Canal Plus
dont le reportage a été diffusé en décembre 2002,
le magistrat aurait été tué parce qu’il était
en train de remonter jusqu’aux auteurs d’un attentat commis à Djibouti
en 1990 au Café de Paris (un mort, 11 blessés), lieu de rendez-vous
de nombreux Français.

Plusieurs témoignages
mettent en cause des proches d’Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet
du président de la République djiboutienne et aujourd’hui président
djiboutien.

23/10/03 (B217) La veuve du juge Borrel persuadée d’un « mensonge d’Etat » sur sa mort (AFP PARIS)

PARIS, 21 oct (AFP) –
Huit ans après, et de nombreuses conférences de presse plus
tard, la veuve du juge Bernard Borrel a dénoncé mardi le « mensonge
d’Etat » qui a entouré selon elle la mort du magistrat en octobre
1995 à Djibouti, sur laquelle une expertise récente renforce
la thèse de l’assassinat.

Au lendemain de la mort
de son époux, un conseiller détaché auprès du
ministère de la Justice de ce pays africain qui est aussi la première
base militaire de la France à l’étranger, la thèse du
suicide par immolation avait été privilégiée:
son corps, retrouvé à 80 km de Djibouti, était calciné.

Mais la veuve a toujours
refusé d’y croire, notamment, selon elle, parce qu’il avait travaillé
sur une enquête – concernant un attentat commis en 1990 dans ce pays
– qui aurait pu gêner les autorités en place.

Longiligne, les traits
fatigués, Mme Borrel, qui avait convoqué mardi une conférence
de presse à laquelle assistaient ses deux enfants de 16 et 13 ans,
a longuement attaqué cette justice qui a longtemps refusé d’entériner
la thèse de l’assassinat politique qu’elle défend.

« Pendant huit ans,
on nous a servi un mensonge d’Etat (…) on a cherché les mobiles d’un
suicide et on a porté atteinte à l’honneur de mon mari »,
a affirmé cette ancienne magistrate, avant de dénoncer la « conspiration
du silence », et les « menaces » qui l’ont entourée.

« Le cadre était
tracé, la justice, jusqu’à l’an 2000, a voulu construire et
habiller cette version », a-t-elle ajouté, non sans mettre en cause
deux juges français qui avaient enquêté sur l’affaire,
Roger Le Loire et Marie-Paul Moracchini, qui l’ont déjà attaquée
en justice pour ses propos.

Depuis un an, elle peut
cependant s’appuyer sur la nouvelle orientation de prise par l’enquête.

Dans un rapport définitif
réalisé après une nouvelle autopsie du juge, dont les
détails ont été diffusés mardi, trois experts
médico-légaux estiment « que l’hypothèse de l’intervention
d’un ou plusieurs tiers à l’origine du décès de Monsieur
Bernard Borrel se trouve renforcée ».

Cette expertise intervient
après un premier rapport, rendu en novembre 2002, selon lequel « l’hypothèse
d’une mort par ‘auto-agression’ à l’origine du décès
est peu plausible ».

Les experts estiment que
trois points permettent d’étayer la thèse de l’assassinat.

Ils évoquent l’existence
d’un traumatisme crânien qui aurait pu survenir à la suite d’un
coup porté par un « instrument contondant », puis ils soulignent
la présence d’une fracture à l’avant-bras qui pourrait être
une « lésion de défense », face à une agression.

Ils insistent enfin sur
la présence d’un liquide inflammable, décelée sur le
pied droit, liquide d’une autre nature que l’essence supposée être
contenue dans le bidon qui aurait servi à l’immolation, retrouvé
sur les lieux du drame.

Ils restent prudents:
« il n’est toujours pas possible d’établir formellement la cause
du décès », soulignent-ils.

Leurs conclusions tombent
cependant à pic: auparavant seuls des témoignages, dont celui
d’un ancien membre de la garde présidentielle djiboutienne, l’oppossant
exilé en Belgique Mohamed Saleh Alhoumekani, pouvaient accréditer
la thèse de l’assassinat.

Devant la veuve, un avocat
a posé un épais dossier rose où sont empilés des
documents sur l’enquête. Le dossier devrait bientôt s’enrichir
de nouvelles auditions prévues par la juge en charge du dossier et
d’une expertise sur le mystérieux liquide inflammable, ont-ils indiqué.

Pour l’instant il ne dit
toujours pas de manière catégorique si le juge Borrel a bien
été assassiné, et par qui.

22/10/03 (B217) Affaire Borrel. Pour sauver sa peau, IOG va-t-il être contraint de lâcher Hassan Saïd et Mahdi à la Justice française ?

Pour sauver sa peau et
son fauteuil doré, IOG va-t-il être contraint de ‘donner’ Hassan
Saïd et Mahdi à la Justice française. C’est possible et
la question serait déjà évoquée dans certains
milieux.

Si tel était le
cas, on pourrait mesurer la hauteur du dédain d’IOG pour ceux qui l’ont
servi et qui ont pris tous les risques pour lui permettre de devenir Président.
C’est vrai qu’ils ont reçu beaucoup d’argent en retour … mais ils
pourraient écoper de quelques sanctions pénales en France, pouvant
aller jusqu’à de la Prison : c’est possible en tout cas …

Autre question posée
par la presse française. L’Armée lévera-t-elle le « secret
défense » sur les 12 rapports qui évoquent l’Affaire Borrel
? Nous on parie qu’il n’y a pas que l’Affaire Borrel qui est évoquée
dans ces rapports. On pourrait imaginer que leur divulgation puisse être
très défavorable à Guelleh, si, comme nous l’imaginons,
les agents des Services français ont pris soin de noter des informations
concernant d’autres affaires …

Même en lâchant
deux de ses hommes, IOG ne serait pas forcément sorti d’affaire. Il
serait peut-être temps qu’il prépare ses valises avec Paulette

22/10/03 (B217) LE FIGARO – Affaire Borrel : la thèse de l’assassinat se renforce

Par Tanguy Berthemet
[22 octobre 2003]

Pendant huit ans le doute
a plané sur les circonstances de la mort de Bernard Borrel. En 1995,
la dépouille calcinée de ce juge français avait été
retrouvée dans un ravin à 80 kilomètres de Djibouti.
Désormais la thèse du suicide, longtemps brandie en guise d’explication
à cette mort brutale, est écartée. Une nouvelle expertise
rendue publique hier par les avocats de la veuve conclut que «l’hypothèse
de l’intervention d’un tiers ou de plusieurs tiers à l’origine du décès
de Bernard Borrel se trouve renforcée».


Déjà en novembre dernier, à la demande du juge d’instruction
Jean-Baptiste Parlos, ce collège de trois experts avaient mis en évidence
que le suicide était «difficilement crédible». Il
pointait du doigt l’existence, jusqu’alors jamais décelée en
dépit de plusieurs autopsies, d’une importante lésion sur le
crâne et d’une autre au poignet attribuées à «un
objet tranchant et contondant». Mais, il ne s’engageait guère
sur l’origine de ces coups. La seconde mission est plus précise. Elle
insiste sur le fait que le traumatisme crânien est peu compatible avec
une chute alors que la blessure à l’avant-bras correspond à
une «lésion de défense». Enfin, les spécialistes
écartent la possibilité «d’une autoaspersion» d’essence.


«Il semble désormais clair que Bernard Borrel a été
frappé, aspergé d’essence et enflammé par son ou ses
assassins», insiste Me Olivier Morice, l’un des défenseurs d’Élisabeth
Borrel. Et de mettre en avant «une nouvelle preuve» de l’assassinat
: une trace d’hydrocarbure «qui n’est pas de l’essence» découverte
sur le pied de la victime. «Or, on a retrouvé près du
corps qu’un seul jerrycan et il contenait de l’essence», rappelle l’avocat.


Élisabeth Borrel, elle aussi magistrat, entend maintenant lancer une
offensive judiciaire tous azimuts pour «connaître la vérité»
dans «cette affaire d’Etat». Ainsi, dans les semaines à
venir, ses avocats demanderont la saisine de la commission de levée
du secret défense. De fait, fin août, dans un courrier, le ministère
de la Défense a indiqué qu’il possédait douze documents
«présentant un lien avec la mort du juge Borrel» mais que
ces pièces étaient «protégées au titre du
secret défense». Par ailleurs, la veuve attend le développement
d’une plainte pour «subornation de témoins» confiée
au doyen des juges d’instruction de Versailles. La procédure vise les
pressions qu’ont subies Ali Ifti et Mohammed Aloumekani. Ces deux anciens
membres de la garde présidentielle de Djibouti affirment avoir été
les témoins d’une conversation en haut lieu à propos de «la
mort du juge fouineur».


Reste que dans cette «quête de la vérité»
le plus difficile est sans doute à venir. Ainsi les mobiles du meurtre
demeurent flous. Conseiller auprès du ministre de la Justice de Djibouti,
Bernard Borrel aurait découvert des informations sur des dossiers sensibles,
notamment l’attentat de 1990 contre le Café de Paris, un bar de Djibouti
fréquenté par les expatriés. Mais cette fois ni expertises
ni témoignages ne sont là pour étayer cette hypothèse.

22/10/03 (B217) Les chroniques du Sergent Hariko : l’affaire Borrel

La mort du juge borrel.

Le dossier a été
enterré pendant de longues années, par la partie française
qui voulait éviter à tout prix un regain de tensions avec Djibouti.

Il faut se souvenir du
contexte : à l’époque, Gouled veanti d’accuser, en septembre
la France, sous Mitterrand, de soutenir la rébellion du Frud.

Mais les lecteurs savent-ils
les raisons de la mort du juge ?

Après le 13 septembre,
date de l’attentat du Café de Paris et ou le fils de l’Adjudant Olivier
Nervet a trouvé la mort, plusieurs personnes furent injustement accusées
d’avoir organisé cet attentat…

La DST et la DGSE ont
conclu différemment, estimant que ces personnes n’étaient nullement
responsables de l’attentat.

L’actuel homme fort de
Djibouti avait mis la responsabilité de l’attentat sur le dos du Président
du PND : Aden Robleh Awalleh.

C’est la raison pour laquelle,
la Justice française avait emis un mandat cointre lui et contre son
épouse. Ce dernier avait résusé la version construite
par Guelleh. Depuis cette date, le régime a fait taire Aden Robleh,
de peur qu’il ne témoingne dans ce dossier et qu’il ne mette en cause
IOG.

Pour les besoins de l’enquête,
la France avait délégué le Juge Leloire sur place.

A ce propos, je tiens
à demander à la Justice française de l’interroger sur
un certain déjeuner qu’il aurait partagé avec IOG, dans sa maison,
ce qui était incompatible avec sa mission et ses devoirs et qui aurait
pu justifier son désaississement du dossier.

Pendant ce temps, Mahdi
Ahmed Abdillahi affirmait à Montréal au Canada qu’Ismail Omar
était le seul responsable de l’attentat.

Le Juge Borrel a reçu
des informations, suffisantes, semble-t-il pour inculper Ismail Omar et pour
forcer l’ancien Président Hassan Gouled à le remettre à
la Justice française pour son rôle présumé de commanditaire
de l’attentat.

La panique s’est emparé
des instances dirigeantes, qui savait que cette affaire pouvait rebondir et
éclabousser toute la classe politique. Il fallait donc éliminer
toutes les personnes qui détenaient des informations sur les faits
et les responsables.

Le pouvoir a maintenu
en détention Abdi Aden Bouh. Le Juge Borrel etait avant tout un Juge,
motivé par la recherche de la vérité et des coupables..

Le Pouvoir et les Services
secrets avaient peur que ce juge puisse enquêter dans la clandestinité
sur les causes et les responsables de l’attentat du Café de Paris.
Le juge a perturbé le pouvoir djiboutien mais pas seulement … ce
sont aussi les milieux politiques français qui se sont alarmés,
car la mission du Juge risquait de mettre des hauts responsables français
et djiboutiens dans des situations difficiles.

Le juge Borrel menait
son enquête, mais sous la double surveillance des Services secrets français
et djiboutiens. Le Chef du Service des renseignements français, le
Commandant Marc Fontier doit etre interrogé par la justice militaire
et par la justice civile.

S’il n’a pas été
tué par la SDS à Djibouti, pour quelles raisons, le conseiller
juridique de Gouled Aptidon, Jean Claude Sapkras a-t-il demandé à
Madame Borrel de lui remettre des documents compromettants ? Il savait très
bien que la famille du Juge Borrel était en état de choc. Mais
le Conseiller savait que Madame Borrel pourrait le plonger dans des problemes
tant qu’elle était en possession des documents de son mari.

Les Services secrets djiboutiens
ne pouvaient pas venir voir Elisabeth Borrel, dont ils avaient assassiné
le mari. Pour maquiller ce meutre politique, ils ont utilisé le service
d’un Français se disant qu’il aurait certainement plus de chance qu’un
Djiboutien, d’obtenir les papiers compromettants.

Mais l’affaire a échoué
et le Chef de Cabinet a donné des ordres pour que le silence le plus
absolu, recouvre ce dossier.

Il a fait exercer des
pressions sur le responsable de l’hôpital Bouffard afin qu’il ne divulgue
pas les analyses qu’il détenait lors de l’autopsie du juge à
la morgue de l’hôpital

Pour conserve ce territoire
qu’elle considère comme stratégique, la France devait passer
sur l’assassinat d’un Juge.

De retour à Paris,
le Juge aurait diposé d’éléments et de preuves suffisantes
pour éclairer sur les mobiles de l’affaire. Il fallait donc l’empêcher
de rentrer en France et c’est l’élimination physique qui a été
retenue.

La justice francaise devrait
demander des comptes et interroger le francais Alain Romani qui se trouve
actuellement en Corse.

Je tiens à dire
à Madame Elisabeth Borrel que pour exécuter son mari, le régime
a utilisé les services d’hommes dangereux tels qu’Awaleh Guelleh Assoweh
et Aduani Amouda Hassan. Ce dernier est devenu fou et il n’est cité
dans cette affaire, que par ricochet … Le gars qui a tué le Juge
c’est incontestablement Awaleh Guelleh Assoweh !

Il devait faire ce boulot
pour obtenir la clémence de la Justice djiboutienne. Le Chef de la
SDS, Hassan Saïd n’était pas présent au moment de l’assassinat.
Mais il avait aidé à préparer le coup.

Le responsable, d’origine
arabe, de la sation Shell, en face de l’Etat-Major des Forces armées
sait quelques chose. Il a pu reconnaitre soit Alain Romani, soit un autre
francais qui accompagnait le Juge Borrel, le jour de son assassinat.

Le juge Borrel n’avait
pas tenu sa femme au courant de son enquête, pour la protéger
et il attendait certainement leur retour en France pour l’informer.

N’oublions qu’il est sorti
major de sa promotion à l’Université et que ce Juge était
un gars habile qui ne se laissait pas avoir au chantage. Tous les medecins
ont dit qu’il s’était suicidé et cela a satisfait les Pouvoirs
djiboutien et francais.

Toutes les raisons qui
ont été évoquées pour expliquer le suicide :

– le désarroi occasionné
par la mort de l’un de ses amis magistrats,

– des problèmes
de couple, de liaison extra-conjugales,

– une jeune malgache,

– etc ..

Tout était bon
pour expliquer … l’inexplicable !

Le Minsitre de la Justice
de l’époque, Moumin Bahdon ne veut pas parler ni quitter Djibouti :
il sait bien ce que faisait le juge et les circonstances de sa mort.

Aujourd’hui les médecins
légistes confirment ce que nous autres, membres de la Gardes présidentielle,
nous savions et nous disions.

Le juge n’est pas mort
par étouffement, mais il a été battu et ce n’est qu’ensuite,
qu’ils ont mis dans sa poche du hachiche faisant croire que ce juge se droguait.

Sous les coups le juge
s’est débattu et a tenté de se protéger. La même
méthode sera emplyé pour éliminer le Major Daheiyié
qui avait participé à la mort du Juge.

Ce dernier s’était
décidé à informer le journaliste de Canal +. Pour éviter
cela, il a été liquidé, lui aussi, avant qu’à
l’instar de Yacin Yabeh, qu’il ne puisse trouver refuge dans la base française
et qu’il ne parle de cette affaire.

Aujourd’hui je peux dormir
tranquille, car la vérité éclate. Si Madame Borrel a
besoin de quoi que ce soit, je suis a son entière disposition

Ariko

Angleterre

22/10/03 (B217) LIBERATION : La thèse du suicide du juge Bernard Borrel, à Djibouti en 1995, mise à mal. Une veuve en guerre contre le «mensonge d’Etat»

Par Armelle THORAVAL
dans « Libération » de mercredi 22 octobre 2003

« L’hypothèse
de l’intervention d’un ou de plusieurs tiers à l’origine du décès
se trouve renforcée.» Trois experts en médecine légale
eurs cheveux châtains font hérisson, redressés par un
brin de gel. Les deux garçons ont respectivement 13 et 16 ans, un jean,
des baskets, des tee-shirts, l’uniforme des collégiens ; ils affichent
une forme de résistance, masquent des larmes en traces dans un regard
vert-gris. Ils ressemblent probablement à leur père, et sûrement
à leur mère, qui s’exprimait hier à la Maison de l’Amérique
latine, à Paris, dans une salle emplie de journalistes, d’amis de Djibouti,
de membres de la famille.

Elisabeth Borrel mène
un combat acharné. Le plus souvent sans la présence de ses fils.
Pour faire admettre que son mari, magistrat, a été assassiné
à Djibouti, il y a huit ans. Hier, elle a voulu qu’ils écoutent.
«On nous a servi un mensonge d’Etat, on nous a bâti les mobiles
du suicide, on a porté atteinte à l’honneur de mon mari et au
mien», commence-t-elle à marteler de son ton de magistrate.

Cannabis. Aujourd’hui
juge d’instance à Toulouse, Elisabeth Borrel a refusé, fin 1995,
la version officielle qui lui avait été servie et qu’elle avait
d’abord admise. Son mari, Bernard, ancien procureur de Lisieux, en poste à
Djibouti comme conseiller technique du ministère de la Justice, a été
retrouvé le 19 octobre 1995 le corps à demi carbonisé
au pied d’un ravin, à 80 kilomètres de son domicile, en face
de l’île du Diable, un peu de cannabis dans la poche de son short. Avant
de disparaître, il avait accompagné Louis-Alexandre, son fils
de 8 ans, au catéchisme.

Dépression, suicide,
quelques heures après son décès, l’affaire était
dite. L’ambassade de France validait cette version par un communiqué,
sans autre forme de précautions. Les médecins militaires français
approuvaient. Sans enquête. Dépression, suicide, quelques mois
à peine après son décès, cette thèse continuait
d’être officielle à Toulouse, même si un premier expert
ébranlait un peu le raisonnement du juge. A peine 40 ans, de réputation
intègre, chargé de conseiller le petit Etat de Djibouti ­
carrefour de marchands et de trafiquants, et ancienne colonie française
au bout de la Corne d’Afrique ­, pour y rénover code civil et code
pénal, Bernard Borrel aurait vacillé. Pour des affaires de moeurs,
de cannabis, des affaires de l’on ne sait quoi. Dépression, suicide,
quelques années bien lourdes après son décès,
la thèse obstinée de deux magistrats parisiens, Roger Le Loire
et Marie-Paule Moracchini­ qui ont hérité du dossier en
1997 avant qu’on ne leur retire le 21 juin 2000 ­ est effondrée.

Invraisemblances. L’avocat
d’Elisabeth, Olivier Morice, parlait hier de «l’assassinat du juge Borrel».
Dans ses mains, les dernières conclusions d’un collège de trois
éminents experts, remises en juillet 2003 à Sophie Clément,
cinquième juge d’instruction à travailler ce dossier. Trois
professeurs, spécialistes de médecine légale à
Lyon, Montpellier et Lausanne ­ Daniel Malicier, Patrice Mangin et Eric
Baccino, qui écrivent : «Nous estimons que l’hypothèse
de l’intervention d’un ou de plusieurs tiers à l’origine du décès
de monsieur Borrel se trouve renforcée.» Déjà,
ils avaient, dans un prérapport remis en novembre 2002, pointé
les invraisemblances. Cette fois, les experts assurent qu’il s’agit, selon
Laurent de Caunes, l’autre avocat de la famille, d’une mort violente «liée
à une intervention extérieure».

Auparavant, le scénario
privilégié par les juges Le Loire et Moracchini était
le suivant : Bernard Borrel aurait acheté un jerrycan dans une station
d’essence, avant de se rendre au lieu-dit Le Goubet, au nord de Djibouti.
Il se serait aspergé, enflammé, puis son corps aurait dévalé
la pente du ravin. Première faille : les experts estiment avoir mis
en lumière «des éléments étayant l’hypothèse
de la survenue d’un traumatisme crânien, notamment à la suite
d’un coup porté par un instrument vulnérant». Ensuite,
une fracture de l’un des deux os de l’avant-bras gauche paraît évoquer
«une lésion de défense par interposition de l’avant-bras
face au danger représenté par le maniement d’un instrument»
par l’agresseur.

Un bidon. La faille la
plus importante, ensuite : la présence d’un liquide inflammable sur
le corps de Borrel, en plus de l’essence supposée contenue dans le
jerrycan. Or, lorsque le juge a été retrouvé, il y avait,
à côté de sa voiture garée en haut de la falaise,
un bidon. Pas deux. Seule la partie supérieure du corps a été
brûlée : un autre expert avait déjà considéré
que cela rendait improbable toute forme d’immolation. Pour la famille, les
preuves de la mise en scène sont là.

Pourquoi la diplomatie
française a-t-elle estampillé à toute vitesse la thèse
du suicide ? Pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas
pris l’initiative d’ouvrir une enquête ? Quel rapport la mort du magistrat
a-t-elle avec un dossier alors en cours d’instruction en France, pour lequel
il apportait son aide ­ celui de l’attentat du Café de Paris, à
Djibouti, en 1990, où l’enfant d’un militaire français avait
trouvé la mort ? Les services secrets français voyaient dans
cet attentat l’ombre d’Ismaïl Omar Guelleh, chef de cabinet et neveu
du chef de l’Etat en 1994, devenu en 1999 président de la République.

Sophie Clément,
nouvelle juge d’instruction, a demandé au ministère de la Défense
français des documents en relation avec ce décès. Réponse
: «douze documents» ont un lien avec la mort de Bernard Borrel.
Mais ils sont classés «secret défense». La famille
et la juge vont tenter d’en obtenir la déclassification. Un refus
ferait de l’affaire Borrel un vrai scandale d’Etat.