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29/10/2013 (Brève 291) Article publié sur le site Inrock en date du 27/09/13. »Mais qu’est ce que ça change que l’avocat-acheteur des tableaux flamands soit malaisien (comme l’affirme Claude Guéant) ou djiboutien (comme l’assure l’hebdomadaire “Le Point”) ? Tout. »

Lien avec l’article original

Cette seconde hypothèse implique que l’origine du virement bancaire de 500 000 euros, ayant atterri sur un compte de l’ex ministre de l’Intérieur, pourrait être libyenne. Comprendre : issue de commissions illégales versées en marge de contrats ou d’accords passés avec la Libye à l’époque de Mouammar Kadhafi. Voici pourquoi.

“Claude Guéant dément catégoriquement les informations publiées sur le site du Point.fr (en réalité il s’agissait de l’extrait d’un article paru hier dans le magazine – ndlr). Il a fourni à la justice les pièces concernant l’identité de l’acheteur des tableaux évoqués. Il n’a jamais eu de contact avec quelque avocat de Djibouti que ce soit“, a affirmé hier à l’AFP Jean-Yves Dupeux, avocat de l’ex ministre de l’Intérieur.

Mais qu’est-ce que ça peut bien changer que l’avocat-acheteur soit malaisien (comme l’affirme Guéant) ou djiboutien (comme l’assure le Point qui dit s’appuyer sur l’enquête judiciaire) ?

Tout.

Car cela modifie l’origine d’un virement bancaire de 500 000 euros qui a atterri, comme l’avait révélé le Canard enchaîné du 1er mai, de façon non expliquée sur un compte de Claude Guéant. La trace de ce virement avait été trouvée par des enquêteurs ayant perquisitionné, le mercredi 27 février, le cabinet d’avocats de l’ex bras de droit de Nicolas Sarkozy.

Décryptons cet embrouillamini.

1) Si l’avocat est malaisien

Dans cette hypothèse, soutenue par Claude Guéant, le magot serait issu de la vente de deux tableaux. Deux “marines” peintes par l’artiste flamand Andries van Eertvelt.

Premier souci : bien que Claude Guéant assure avoir donné à la justice le nom de cet acheteur, un avocat malaisien, son identité n’a jamais été rendue publique. En second lieu, nulle trace écrite de la vente n’a encore été divulguée par l’ex ministre qui a pourtant déclaré posséder “les justificatifs”. Et enfin, d’après plusieurs experts qui se sont prononcés sur le prix de tels tableaux, ces œuvres valent beaucoup moins que 250 000 euros l’unité.

Même en considérant cette hypothèse bancale comme vraie, Claude Guéant aurait fauté. Il aurait réalisé son opération financière sans disposer d’un certificat d’exportation que délivre obligatoirement le ministère de la Culture dès que la vente d’une œuvre d’art dépasse les 150 000 euros.

Mais, aux yeux du cardinal Guéant, cette entorse à la loi vaut toujours mieux que la seconde piste sur laquelle plancheraient désormais les juges d’instruction.

2) Si l’avocat est djiboutien

D’après les informations du Point (déjà partiellement révélées parCharlie hebdo le 17 mai dernier), l’enquête a permis d’établir que le paiement des 500 000 euros émane d’un avocat djiboutien. Pas n’importe lequel. Il s’agirait de Aref Mohamed Aref, représentant des intérêts malaisiens dans son pays. Cette seconde hypothèse implique que l’origine des 500 000 euros pourrait être libyenne. Comprendre : issue de commissions illégales versées en marge de contrats ou d’accords passés avec la Libye à l’époque de Mouammar Kadhafi.

Pourquoi ?

Aref Mohamed Aref travaille avec le sulfureux Ahmed Djouhri, dit “Monsieur Alexandre”. Cet homme d’affaires français est décrit par l’écrivain journaliste Pierre Péan dans son livre Le République des mallettes (Fayard) comme agissant au service d’une oligarchie de grands patrons et de politiques. Il prend souvent la place de l’intermédiaire rusé dans des affaires d’Etat relevant du secret défense ou des échanges franco-libyens du temps de Kadhafi. Les Inrocks ont notamment révélé son rôle, au côté de l’ex-espion Bernard Squarcini, pour faire disparaitre de France le très recherché Bachir Saleh, ex trésorier et bras droit de Kadhafi.

Les journalistes du Point précisent que certains industriels se souviennent des “pressions amicales” du secrétaire général de l’Elysée d’alors, un certain Claude Guéant, pour qu’Alexandre Djouhri “trouve sa place dans le contrat de vente d’Airbus conclu avec Kadhafi en 2007. Un circuit complexe dans lequel on retrouve Wahib Nacer, le beau frère de… Mohamed Aref“.

3) Le méconnu Wahib Nacer 

Ce banquier franco-yéménite apparaît “aujourd’hui dans les radars du juge Van Ruymbeke, chargés de l’affaire Karachi et de plusieurs dossiers sensibles pouvant concerner Nicolas Sarkozy“, indiquent nos confrères duPoint. La lettre Intelligence Online (payante) rappelait que cet homme discret “fut dans les années 90 l’un des responsables de l’activité de la banque Indosuez au Moyen-Orient. Pendant les négociations des contrats Sawari II et Agosta (avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan) Nacer était vice-président de la Banque Saudi Fransi, la filiale d’Indosuez à Riyad. Basé en Suisse depuis plus de vingt ans, il travaille toujours pour la banque rachetée par le Crédit Agricole en 1996“.

Dans son livre enquête intitulé Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d’une trahison (septembre 2013, Seuil), la journaliste Catherine Graciet a découvert une autre étrangeté liant Wahib Nacer à la Libye et, potentiellement, aux agissements de Claude Guéant.

Dans une interview donnée à France 24, le 12 avril 2013, une phrase sibylline du vendeur d’armes et intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine avait attiré l’attention de la journaliste : “Les 300 millions (qui auraient été versés pour permettre la libération des infirmières bulgares par Cécilia Sarkozy et Claude Guéant en 2007 – ndlr) n’ont pas été envoyés (…). Ils ont été payés autrement par Lugano et autres à travers le Qatar, pour finir dans les poches de Guéant et Sarkozy“. Plus loin, Takieddine précisait que ces fonds auraient transité “à travers le Crédit agricole au Qatar“.

En fouillant les archives du Crédit Agricole et du Qatar Financial Centre, Catherine Graciet a découvert deux choses. Premièrement, la filiale Crédit Agricole Qatar a été enregistrée à Doha le 31 mars 2007 (soit quatre mois avant la libération des infirmières bulgares) puis a été supprimée le 9 janvier 2012. Une vie de courte durée pour une filiale.

Le certificat d’enregistrement de la filiale qatarie du Crédit Agricole Suisse indique qu’un certain Wahib Nacer était habilité à exercer des fonctions de “gouvernance non exécutive”.

Questions :

Le clan Sarkozy a-t-il – comme l’affirme sans preuves l’intermédiaire Ziad Takieddine – détourné partiellement ou totalement la rançon de 300 millions de dollars versée par le Qatar pour libérer les infirmières bulgares ?

Si oui, le réseau Alexandre Djouhri, Aref Mohamed Aref et Wahib Nacer a-t-il servi d’intermédiaire ?

Pour le moment, le parquet de Paris a ouvert en juin dernier une enquête préliminaire pour déterminer l’origine des 10 000 euros mensuels prélevés en liquide entre 2002 et 2004 par Claude Guéant dans les “frais d’enquête et de surveillance” des policiers. Le parquet a confié aux limiers de la division des investigations fiscales et financières (Dniff) le soin de déterminer si il y a eu des faits de détournements de fonds et de recel. Trouveront-ils bientôt l’origine définitive – comme le suggère les informations du Point – des mystérieux 500 000 euros ?

Et dire que leur réponse pourrait dépendre de la nationalité d’un avocat amateur d’art…

31/03/05 (B291) Nouvelle nomination en urgence absolue au sein du Comité de l’Ordre des Brosses à Reluire (OBR)

Réunis
en urgence absolue, les membres du Comité de l’Ordre des Brosses à
Reluire, étaient invités à statuer sur la demande d’adhésion
présentée par M. Ali Ismail Yabé, Président de la
CENI, pour son engagement effectif, mais habilement masqué, en faveur de
la dictature, des crimes et des violations des Droits de l’Homme.

Le
Comité a reconnu la haute valeur de son action personnelle, à la
barre d’une institution dans laquelle il a su éviter le piège classique
de l’indépendance. Evitant très habilement une représentation
de l’ensemble des composantes politiques de l’opposition et maniant admirablement
la langue de bois, il a fait plus que n’importe qui pour "vendre" la
fraude électorale sous une apparence démocratique et de respect
des formes.

D’ailleurs
quelle forme a-t-il à protéger ? Au fond, dans la mesure où
il n’y a aucun enjeu ni aucune surprise, avec un candidat unique !

M
Ali Ismail Yabé est un grand supporter de Guelleh, ce qui a été
reconnu par les Membres du Comité qui ont voté à mains levées
et à l’unanimité sa cooptation au Grade d’Officier de l’Ordre, franchissant
d’un seul coup le grade de Chevalier.

Tous
les membres se sont réjouis ensuite, d’accueillir un démagogue haut
en couleur, en leur sein. Sa contribution sera essentielle pour prolonger l’action
promotionnelle de l’Ordre qui fera tout ce qu’il lui est possible pour soutenir
l’action de Guelleh dans tous les domaines.

En
vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, M
Ali Ismail Yabé

nous vous admettons au sein de l’Ordre des Brosses
à Reluire,
au grade d’Officier. Nous vous remettons vos insignes que
vous
devrez arborer fièrement en toutes circonstances.



Vous porterez le grade de "Vendeur de salades"

30/03/05 (B291) Manifestation devant l’Ambassade de Djibouti à Paris le 8 avril 2005. Appel de l’ADD et de nombreuses associations à toutes les Djiboutiennes et à tous les Djiboutiens qui sont opposés à la dictature, à l’asservissement du Peuple et à la confiscation de l’économie…

Cet
appel, comme ceux pour manifester à Ottawa et à Bruxelles, est soutenu
par l’ARDHD.

APPEL
DE L’ASSOCIATION POUR LA DEMOCRATIE
ET LE DEVELOPPEMENT (A.D.D)



A un rassemblement pour protester contre l’élection présidentielle
mascarade
devant l’Ambassade de la République de Djibouti :
26 rue
Emile Menier – Métro Porte Dauphine

Le 8 Avril 2005 de 9 heures
30 à 17 heures 30

Venez
nombreux au sitting du Vendredi 8 Avril 2005 (9h30/17h30).

Au
programme de la journée :
Témoignages, prises de parole, pique-nique,

chants contre la dictature.

Une occasion de résister concrètement

aux méfaits de la dictature !

Avec
le soutien des organisations djiboutiennes, françaises et africaines

ARD,
MRD (U.A.D), FRUD, FDP, AFASPA, Survie, les Verts, PCF, L’alliance Pan africaine,
Association des Femmes Djiboutiennes en France, Femmes Solidaires. Comité
Togolais de Résistance, ( C.T.R), Diaspora Togolaise en France (DTF),

L’A.D.D
est une association des résidents djiboutiens en France, qui s’est illustrée
depuis sa création dans la défense des Droits Humains à Djibouti.

L’A.D.D
dénonce la soit disante élection présidentielle prévue
le 8 Avril 2005 chargée de reconduire pour un mandat de 6 ans l’actuel
Président Ismael Omar Guelleh qui sera une véritable tragédie
pour Djibouti et un réel danger pour la région.

L’ensemble
des forces démocratiques (UAD, FRUD et plusieurs autres associations) ont
décidé de boycotter cette élection considérant que
le pouvoir djiboutien était incapable d’organiser des élections
transparentes.

Guelleh
et son entourage ont démontré leur volonté de n’accepter
sous aucun prétexte le verdict des urnes lors des élections législatives
de janvier 2003 (remporté par l’U.A.D) en organisant des fraudes massives
au vu et au su de tout le monde.

Deux
ans après, le pouvoir reste fidèle à ses pratiques et ses
textes (selon les propos même du Ministre de l’Intérieur) qui ne
permettent aucune transparence du scrutin.


Les listes électorales manipulées depuis 28 ans restent toujours
à la discrétion du noyau dur du pouvoir,
– Les distributions
des cartes électorales défavorisent les partisans de l’opposition,

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) reste un appendice
du pouvoir,

A
cela s’ajoutent les harcèlements systématiques des partis d’opposition
légalisés (arrestations des dirigeants, licenciements des cadres).
Plus généralement les violations des Droits Humains sont quotidiens
(arrestations arbitraires et tortures) Les viols des femmes par l’armée
continuent dans les régions du Nord et du Sud Ouest (début Mars,
une fille de 17 ans a été violée par une dizaine de soldats
dans la région du Lac Assal).

Les
régions qui ont subi la guerre sont au bord de l’explosion, l’occupation
militaire s’est renforcée : A Tadjourah et à Obock les habitants
ne peuvent plus faire du commerce réservé en priorité aux
soldats et à leurs familles. La crise sociale atteint son paroxysme dans
l’ensemble du pays, la pauvreté est partout atteignant même certaine
catégorie d’employés.

Contact
: ADD-Djibouti@hotmail.fr
Tel
: 06 25 31 43 77

30/03/05 (B291) Mille raisons pour ne pas voter pour Ismael Omar Guelleh (le seul candidat à ces élections présidentielles 2005)(Lecteur)

Dans
une démocratie, la presse (écrite, radio, tv, etc..), les législateurs
(tribuneaux etc..), les politiques (gouvernement, les élus (ce qui n’est
pas le cas à djibouti) etc..), les fonctionnaires-par-mérites (ce
qui n’est pas le cas à djibouti), tout ce « hommes » devraient
etre indépendants les un des autres. A Djibouti, on assiste à un
systeme fort et bien centralisé depuis Gouled. Le pouvoir et les décisions
sont controllés à partir de la « Villa-Haramouse » (ranch
de Guelleh). Ce qui est extrêmement dangereux et qui va à l’encontre
de ce que nous raconte ce gouvernement qui essaye de plus en plus difficilement
(il faut le reconnaître !) de nous vendre et de nous montrer que la Démocratie
existe bel et bien à Djibouti.


Ci-dessous quelques autres raisons pour ne pas voter pour Ismael Omar Guelleh:

– La presse
n’est pas libre à Djibouti (adi.dj et Lanation.dj ne parlent que « d’un
Guelleh » qui serait le meilleur du monde)


– Comment expliquer que certains individus promus au rang « d’intellos »
ne parlent que « d’un Guelleh » qui serait le meilleur du monde ?

– Comment se
fait-il que Guelleh n’ait rien dit sur le tribalisme de son premier ministre Dilleita
(Ce dernier ayant déclaré à Jeuneafrique.com en mars 2004,
dans un interview, que Djibouti n’appartenait qu’aux Issa et aux Afar). A l’époque,
beaucoup d’intellectuels (djiboutiennes et djiboutiens) avaient vivement réagi
!!

Certains avaient
même demandé formellement sa démission. Guelleh, encore une
fois, n’a pas écouté les Djiboutiens. Pire, il s’apprête à
maintenir Dilleita (qui ne s’est pas excusé jusqu’à présent)
dans le prochain Cabinet (s’il est réelu – mais y-a-t-il un vrai challenge
démocratique).


– l’affaire des ports de Djibouti et Doralé, de l’aéroport de Djibouti,
et j’en passe, qui sont passés aux mains de Dubai, sans aucune consultation
publique. Dans une démocratie, surtout la veille d’un élection présidentielle,
la transparence est très importante.


– sur l’affaire du « Café de Paris » (où 319 djiboutiens-gadaboursis
ont été sauvagement torturés), Guelleh n’a jamais présenté
d’excuses ni le moindre regret.


– la liste est longue …..


Djiboutiennes et Djiboutiens, ne votez pas pour Guelleh et son équipe,
parce qu’il ne sont pas démocrates.

30/03/05 (B291) Premiers sondages concernant l’élection présidentielle (par Mme Boule de Cristal) (Humour)

Un
peu d’anticipation

Guelleh
est élu !

Il
recueille la majorité absolue des suffrages exprimés, puisqu’il
obtient 99,8756432765 % des votants. Les 0,1243567235 % sont des bulletins qui
ont été considérés comme étant nuls, après
vérification et contre-vérification de la CNI, institution dépendante
du régime.

Guelleh
est donc assuré de conserver son siège et de continuer à
régner sans partage. Avec 1.247 votants au total, il va prononcer un long
discours pour expliquer qu’il représente, avec Paulette, le Peuple tout
entier et que le boycott n’a servi à rien !

Il
est même parvenu à expliquer, que les manifestants de Paris et d’Ottawa
s’étaient réunis pour le plébisciter et pour l’encourager
dans son régime d’oppression systèmatique et de violation des libertés
et des Droits de l’Homme.

Des
astronefs militaires français et américains ont aussi décollé
pour battre des ailes au-dessus du Palais d’Haramous, modeste demeure des nouveaux
re-auto-élus..

D’immenses
manifestations populaires se préparent aussi dans la capitale et dans les
principales villes du pays, officiellement, pour saluer la victoire tant attendue
de la dictature. L’AND et la SDS, fraternellement, main dans la main, sous les
ordres des Grands Généraux Zakaria et Fathi et d’Hassan Saïd
tirent des salves d’honneur sur la foule qui se met à plat ventre en signe
de profond respect au nouveau roi de tous les trafics (y compris d’influence).
Les hôpitaux se remplissent de sympathisants emportés par cet immense
élan de ferveur militaire … !

Le
pays est ruiné, l’économie locale est morte, les parents enterrent
les victimes, les torturés pansent leurs plaies physiques et psychologiques,
mais qu’importe : puisque Guelleh a remporté l’élection truquée….
sans péril ni concurrence. Guelleh ? Non, mais Paulette, peut-être
bien, car elle tient l’Administration et les Ministres sous sa férule.
Plus dictateur que son noble époux, elle sait faire plier les plus cabochards
!

A l’issue des
cérémonies, le couple royal s’envolera pour l’Afrique du Sud, afin
d’y savourer sa victoire et de se reposer sur ses lauriers et ses matelas d’économie
nationale. Ne sait quand il reviendra, mais Dileita est à la barre, donc
rien de grave ne peut arriver …. au pays. Dileita ne décide jamais. Il
parle peu sauf pour faire des gaffes monumentales : bref, le paradis pour tous
est promis dès le 9 avril ! Pour tous ? non, il en faut pas rêver !! Uniquement pour ceux qui ont soutenu
la dictature et qui sont complices du crime, c’est garanti !

30/03/05 (B291) Transcription de l’interview du Président de la LDDH (Jean-Paul Noël Abdi) sur les ondes de la BBC.

TRANSCRIPTION
DE L’INTERVIEW DU PRESIDENT DE LA LDDH
SUR LE REPORT DES ELECTIONS

PAR
CHRISTOPHE FARAH
DE LA BBC SECTION FRANCAISE
LE 24 MARS 2005

Questions
de Christophe Farah à M. Jean-Paul ABDI NOEL

Le
Ministre M. Abdoulkader Doualeh Waiss avait mis en garde l’Opposition contre toutes
manifestations avant la tenue du scrutin. Une élection que l’Opposition
a décidé de boycotter, le Président sortant Ismaël Omar
Guelleh est ainsi le seul candidat en lice.

Le
Ministre de l’Intérieur a déclaré dans une Conférence
de Presse que les Partis politiques peuvent prôner l’abstention, mais il
a souligné que les auteurs de toutes manifestations de nature à
troubler l’ordre public sont passibles de sanctions pénales.

Le
Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains M. Jean-Paul ABDI
NOEL demande pour sa part, un report du scrutin, il affirme que les conditions
ne sont pas réunies pour une élection pluraliste.

Réponse
:

La refonte des listes électorales n’a jamais été
faite depuis l’indépendance.

Une
refonte c’est une sorte de recensement, on revoit toutes les listes, parce à
Djibouti, et le Président le reconnaît à la télévision
récemment, reconnaissance implicite, en disant que l’Opposition va dire
qu’il y a des morts qui votent.

 

Question
:
Quels sont les autres facteurs qui plaident pour un report du scrutin ?

Réponse
:
D’abord comme vous pouvez le constater, je vous ai dit, que j’ai
écrit une lettre au Président de l’Assemblée Nationale, parce
qu’il y a une vacance de Pouvoir, lorsqu’un Président en exercice se présente
lui-même en tant que candidat, à ce moment là, il ne peut
pas être juge et partie. Il faut qu’il démissionne et à ce
moment là il devient un simple citoyen. C ‘est alors que la Présidente
de la Cour Suprême en principe le remplace ;

En
effet, avec le Président de la République qui est Chef du Gouvernement,
Chef des Armées, Chef de la Justice, en tant que Premier Magistrat, Chef
des Deniers Publics, je crois que c’est très, très malsain, comme
opération.

 

Question
:
Est-ce qu’il y a un point de la Constitution qui dit que le Président
sortant doit démissionner dans une élection présidentielle,
s’il n’a pas de rival, est-ce qu’il y a un point précis en la matière
?

Réponse
:
La nécessité d’un rival, c’est le principe même
de la pluralité qui est imprimé dans la Constitution djiboutienne.

La pluralité
des élections est si vous voulez le principe fondamental même de
la Démocratie, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas.


COMPLEMENT
D’INFORMATION

Tenant compte du peu de temps accordé sur les
ondes de la BBC, il s’avère nécessaire de reprendre des passages
de la Constitution pour une meilleure compréhension de la nécessité
d’un report que malheureusement le Gouvernement a outrepassé.


1er Sur les articles en faveur du report.
Les articles 87 et 88 déterminent
les dispositions pour la révision de la Constitution.
Dans le cadre
d’un projet d’amendement provisoire de l’article 25 de la Constitution du 4 septembre
1992, et suite à la question du Ministre de l’Intérieur au Président
de la LDDH, il a été proposé cette proposition suivante :

Article
1er
L’article 25 de la Constitution est provisoirement amendé comme
suit :
Au lieu de
Les élections présidentielles ont lieu
trente jours au moins et quarante jours au plus avant l’expiration du mandat du
président en exercice.

Lire
A
titre exceptionnelle, et afin de mettre en application le principe de la pluralité
qui découle de la Constitution de 1992 et de l’ensemble des Instruments
Internationaux et nationaux, les élections présidentielles seront
reportés pour une durée au maximum d’un an à compter du 8
avril 2005

Article
2

La préparation, l’organisation, la surveillance, et le déroulement
de tous les processus des prochaines élections présidentielles seront
fixés après consultations et accords entre les deux blocs politiques.

La Constitution dans le premier et dernier alinéa de son article 87 permet
au législateur d’apporter des amendements provisoires de formes sans porter
atteintes aux dispositions de l’article 88.

Article
87 1er et dernier alinéa :

L’initiative de la révision de
la Constitution appartient concurremment au Président de la République
et aux députés…
…Toutefois, la procédure référendaire
peut être évitée sur décision du président de
la République ; dans ce cas, le projet ou la proposition de révision
ne sont approuvés que s’ils réunissent la majorité des deux
tiers des membres composant l’Assemblée nationale.

Article
88

Aucune procédure de révision ne peut être engagée
si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité
du territoire, à la forme républicaine du gouvernement ou au caractère
pluraliste de la démocratie djiboutienne.
– 2ème Sur le principe
de la pluralité base même de la Démocratie.
Comme vous
pouvez le constater dans la dernière phrase de l’article 88 qui dit :  »
au caractère pluraliste de la démocratie djiboutienne.  » ainsi
que le deuxième alinéa du

Préambule
de la Constitution qui stipule :  » Il (le Peuple djiboutien) affirme sa détermination
à établir un Etat de Droit et de Démocratie pluraliste garantissant
le plein épanouissement des libertés et droits individuels et collectifs
ainsi que le développement harmonieux de la communauté nationale.
« 

Vous
pouvez le constater le fait d’imposer une seule candidature à la prochaine
élection présidentielle dénote une nette volonté politique
de se maintenir au pouvoir.
Face à l’opacité du processus électorale
entretenue depuis 1992 et l’absence de dialogue entre les deux blocs politiques
nationaux ;

La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains exige la sauvegarde de la Paix sociale,
dans le respect du principe de l’Etat de Droit garantissant tous les aspects de
la démocratie républicaine.

CONSTAT
Avec
le refus de reporter les élections présidentielles du 8 avril 2005,
il est légitime de constater, que la Constitution nationale vient d’être
clairement bafouée et que la voie de la dictature vient de s’établir
de manière flagrante en République de Djibouti.

NB
Suite
à la déclaration du Ministre de l’Intérieur contre d’éventuelles
manifestations populaires et pacifiques qui seraient organisées par l’Opposition
qui prône le boycott des élections présidentielles, la LDDH
très préoccupée dénonce toutes les remises en cause
des libertés d’expressions et des communications en faveur du pluralisme
électoral et de la démocratie des urnes.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul

30/03/05 (B291) Félicitations aux organisateurs de la manifestation du 8 avril devant l’Ambassade de Djibouti à Paris. (Lecteur)

Je
viens d’apprendre par l’intermédiaire des amis proche du Comité
du MRD en Belgique, qu’une manifestation est prévue pour le 8 avril devant
l’Ambassade de Djibouti à Paris. Cette manifestation serait, d’après mes informations, l’oeuvre d’un
travail de coordination entre le FRUD, le FDP et le MRD.

Les autorités
françaises auraient donné leur feu vert pour l’organisation de la
manifestation. Selon mes informations, 3 bus vont partir de Bruxelles pour rejoindre Paris. De quoi faire trembler Rachad Farah, l’ambassadeur d’IOG !

Apparemment,
tout le monde est d’accord pour dire NON à la mascarade électorale
que prépare le dictateur.

Je ne peux que féliciter les organisateurs
et demander à tous les étudiants de France de prendre part à
cette journée exceptionelle. Dire NON à Guelleh et à ses
amis, c’est au minimum se soulager pschycologiquement et refuser d’être
complice, ne serait-ce que par manque d’engagement …

Chers frères
et soeurs, soyons responsable devant DIEU…et osons au moins dire NON à
la dictature et à l’accaparement de notre République.

Un
lecteur.

30/03/05 (B291) Il se passe beaucoup de choses apparemment en Belgique, surtout du côté du Comité de soutien à la dictature et à l’oppression. (Lecteur)

Nous
entendons ou nous lisons souvent les activités des opposants très
actifs, qui ont fui la dictature. Des patriotes qui, profitant de la liberté
retrouvée dans des terres lointaines, n’oublient ni leur pays ni leurs
compatriotes qui vivent encore sous le joug de la dictature et qui continuent
de lutter parfois au détriment de leur famille, de leurs études
ou de leurs activités professionnelles.

Je
trouve cela non seulement normal et très bien. Il s’agit d’un devoir civique
envers son pays. Je pense que c’est ce que devrait faire chaque djiboutien qui
vit à l’étranger dans des pays démocratiques. J’encourage
nos compatriotes qui continuent la lutte en Belgique après avoir été
chassé de leur pays. Ils devraient être des exemples pour les Djiboutiens
qui se trouvent dans les autres pays d’Europe ou d’Amérique.

Mais
ce que je ne trouve pas normal, c’est que des personnes qui ont quitté
le pays à cause de la mauvaise gestion publique (affirmant qu’ils ont été
poussés à l’exil car il n’y avait pas d’école digne de ce
nom, pas de système de santé adéquat pour leurs enfants au
pays … en gros pas d’avenir) ne se battent pas pour construire un avenir meilleur
pour nos enfants dans notre pays, au lieu d’aller chercher ailleurs, chez des
peuples qui se sont battus pour instaurer dans leur pays des systèmes démocratiques,
solides, synonymes de stabilité. Et souvent, c’est même le contraire,
ceux-là soutiennent les mensonges d’Ismaël Omar Guelleh, en constituant
un comité de soutien en Belgique, pour qu’il soit élu..

Si
on essaye de comprendre le comportement et la situation de ces personnes : ce
sont des personnes, qui pour la plupart avaient des postes stables avec ce qu’on
appelle des  » dhac-dhac « , qui rapportent des pots de vin. Pourquoi
ont-ils quitté Djibouti avec femme et enfants : parce qu’ils ne croyaient
plus à l’avenir de notre pays (sidii dacawadi tiri reer an ogaa ma guuro)
ni aux capacités du dictateur qu’ils soutiennent pour continuer à
percevoir de petits avantages (des miettes comparées à que détournent
IOG et sa bande directe).

Moi
je pense que ce sont des gens fainéants qui n’ont jamais cherché
à gagner quelques choses honnêtement et qui aiment la facilité
pour vivre ou élever leurs enfants.

Comment
vont-ils expliquer à leurs enfants qu’il faut travailler dur à l’école
pour réussir plu tard dans la vie ? Il ne faut pas qu’ils s’étonnent
si leurs rejetons ne vont pas loin dans les études. Car les enfants ne
croient que ce qu’ils voient et non ce qu’on leur raconte. A mon avis un père
doit être un bon exemple pour ces enfants. Leur apprendre en leur montrant
ce qu’est un comportement honnête, un comportement qui n’est pas guidé
par la peur de perdre des avantages. Un bon père doit apprendre à
ses enfants ce qu’est la dignité, l’honneur, et le mérite du gain
par le fruit d’un travail honnête.

Ces
personnes qui soutiennent ouvertement la dictature, conservent leur salaire djiboutien,
bien qu’étant installées en Belgique comme réfugiés
somaliens depuis des années. Maintenant, ils ont le culot de harceler,
d’intimider jusqu’en Belgique les pauvres Djiboutiens qui n’ont eu d’autre choix
que l’exil pour fuir la dictature qui les asservissait : en leur disant de ne
pas participer aux conférences ni aux manifestations organisées
par les opposants sincères et engagés, ici, en Belgique.

Et
ils ajoutent des menaces aux « recommandations ». Si tu participes aux
manifestations, j’informerai la SDS. Tel ou tel parent perdra son emploi ou se
verra confisqué son terrain ou sa maison. Certains viennent même
faire de l’espionnage lors des conférences du MRD à Bruxelles.

Nous
savons que ces personnes qui soutiennent le régime dictatorial de Djibouti,
depuis Bruxelles, ont à leur disposition un budget pour « lutter »
contre les opposants à Bruxelles. C’est ainsi que nous avons appris que
Farah B… (le  » mari  » de la célèbre « dictatrice »
de l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles a détourné, il n’y’a
pas longtemps, une somme de huit cent euros que l’ambassadeur lui avait remise
pour acheter du khat afin d’attirer les khatteurs djiboutiens de Bruxelles, de
les endormir et de les détourner des questions vitales et fondamentales
qui se posent au pays.

Farah
en a profité pour ouvrir son propre mabraze à St Gilles.

La
question que se pose certains opposants est de savoir s’il faut réagir
en les dénonçant aux autorités belges, comme le dit ce lecteur
du site de l’ARDHD ou s’il faut les laisser faire, sachant qu’ils portent un préjudice
réel à la mobilisation populaire comme disent certaines personnes
de l’opposition pour ne pas créer de conflit ou de division tribale entre
djiboutiens en Belgique (ce que je ne crois pas : car il est révolu le
temps ou le régime faisait croire aux djiboutiens qu’être opposant
au régime, c’est être contre une tribu )

Je
pense qu’ils ont dépassé les bornes et il est temps de réagir.
Je pense qu’il est tout à fait légitime de les dénoncer puisqu’ils
représentent le prolongement de la dictature de Ismaël Omar Guelleh.
Pour moi il n’est pas supportable d’apprendre qu’un opposant qui a demandé
l’asile politique dans un pays démocratique respectueux des Droits de l’Homme,
soit harcelé ou intimidé à cause de ses idées ou de
ses activités politiques par une autre personne, encore moins par une autre
personne qui bénéficie elle-même d’un statut de réfugié,
souvent obtenu par le mensonge et des fausses déclarations.

Quand
il y a une lutte à mener, il faut la mener sur tout le front, les premières
personnes à combattre devaient être ces personnes qui pourchassent
les pauvres opposants alors qu’ils ne touchent pas, comme eux, un salaire à
Djibouti et le CPAS (caydh) en Belgique. Je pense que sans eux, c’est à
dire sans ces personnes dénuées de scrupules, sans ces opportunistes,
IOG ne serait plus grand chose, car il aurait perdu son pouvoir d’intimidation
et de représailles sur le Peuple..

Donc
je dis et je répète que la première cible des opposants devait
être ce Comité de soutien à la dictature qui s’est constitué
à Bruxelles. D’autant plus qu’ils sont très fragile, car ils utilisent
tous des fausses identités somaliennes, et font des allées et retour
à Djibouti aux frais du contribuable djiboutien, alors que les pauvres
étudiants envoyés au Maroc ne touchent pas régulièrement
leurs bourses.

Dans
un jeu d’échecs, il est indispensable d’éliminer quelques pions
d’abord avant d’atteindre la reine ou le roi.

Il
ne doit pas être difficile de les dénoncer aux autorités belges,
car il suffit qu’un des opposants djiboutiens porte plainte pour harcèlement
auprès de la police contre un membre de ce Comité. La police va
ouvrir une enquête contre cette personne et tous les membres de ce Comité.
Ce qui va permettre à la police de constater qu’ils utilisent des fausses
identités somaliennes après une surveillance rapprochée et
la compilation de données détaillées que le plaignant ne
se privera pas de leurs donner.

Dernière
nouvelle, comme il semble que l’on ne votera pas à Bruxelles, le Comité
en question est en train d’organiser un déplacement de ceux qu’ils ont
pu intimider pour qu’ils votent à Paris le 08/04/2005. Ils mettent gracieusement
des moyens de transport à leur disposition payés par l’Ambassade
de Djibouti à Bruxelles, mais en échange ils devront voter pour
IOG (Sinon pour qui d’autre, puisqu’il n’y a pas de candidat contre lui !). Je
conseille aux organisateurs de la manifestation-sitting du 08/04 de prévoir
des appareils photos performants afin de les immportaliser. Ca nous servira à
Bruxelles.

A
l’avance, merci à nos compatriotes opposants établis en France.
Car personne ne nous paiera le déplacement à nous les victimes de
l’oppression et de la terreur.