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09/04/05 (B293) Présidentielles 2005 – Coup de théâtre à Djibouti. Guelleh n’arrive qu’en deuxième position. Il est devancé par un out sider !! (Humour)

Selon les derniers décomptes,
Guelleh n’arriverait qu’en deuxième position. Il serait largement devancé
par un candidat inconnu hier, mais qui a fait une excellente campagne, ralliant en quelques semaines
la majorité de l’opinion publique.

Ce candidat s’appelle
Boycott. Il obtiendrait selon les estimations, non encore confirmées par la
CENI, environ 72 % des votants. Guelleh ne recueillant que 27 % au total.

Nous lançons un
appel à tous nos correspondants pour qu’ils nous adressent la photo
et le programme du candidat Boycott et surtout le message clef de sa campagne
électoral contre le Poids lourd (à tous les points de vue) de
Djibouti.

On dit que Boycott est
un homme simple, né à Djibouti, de père Afar, de mère
Somalienne, de grand pére paternel Yéménite, de grand
mère partenelle Fourlaba, de grand père maternel Issac et de
grand mère maternelle Gadabourci. Nous n’avons pas d’information sur les arrières-grands
parents, mais il se dit qu’ils représenteraient à eux tous, l’échantillon
parfait de la nation djiboutienne avec toutes ses composantes, unie autour de la construction républicaine
et démocratique.

Son programme serait très
simple : donner valeur de Loi à la constitution et aux institutions, protéger les Libertés, rétablir l’équité et la justice,
punir les criminels, les violeurs, les exécuteurs et les détourneurs
d’argent public. Redresser l’économie pour donner à tous un
travail rémunéré équitablement.

Guelleh le candidat malchanceux
viendrait donc de perdre son fauteuil. Il ne s’est pas encore exprimé pour remercier
l’infirme minorité « des obligés » qui a voté pour lui et il n’a pas confirmé
s’il allait prendre une retraite anticipée en Afrique du Sud avec
la Reine Paulette 1ere sa douce et tendre moitié.

Toutes nos félicitations
au nouvel élu à la plus haute charge de la République.

09/04/05 (B293) Compte-rendu des manifestations dans le Monde contre Guelleh, son régime et les conditions de l’élection. Mise en ligne d’une rubrique spéciale.

Nous avons regroupé tous les articles concernant les différentes manifestations
organisées par l’opposition, en particulier à Djibouti, à Paris et à
Ottawa, mais aussi à Stockholm sous une même rubrique.

De même nous publierons
toutes les photos et les documents sonores. Pour les photos, nous les publierons en petit format dans le journal et
en grandeur réelle dans des pages spéciales. La raison est que
nous ne pouvons pas les insérer en taille originale dans le journal,
car elles augmenteraient considérablement les temps de chargement pour
les Djiboutiens qui ne bénéficient pas de ligne à haut
débit.

Lien
avec tous les articles sur les manifestations : cliquez

09/04/05 (B293) Revue de presse complète (Compilation préparée par un lecteur que nous remercions vivement) Nouvel Obs – Le Figaro – Le Monde – AFP – PANA – France Info

Nouvel
Obs

Une élection
présidentielle gagnée d’avance

Les Djiboutiens sont appelés
aux urnes depuis vendredi matin pour élire leur président. Le
chef de l’Etat sortant, seul candidat, est assuré de l’emporter.


Des électeurs attendent devant un bureau de vote à Djibouti
(AP)

L es opérations
de vote pour l’élection présidentielle à Djibouti, où
se présente seulement le chef de l’Etat sortant Ismaïl Omar Guelleh,
ont débuté timidement dans la capitale Djibouti-ville vendredi
8 avril peu après 06h45 (03h45 GMT). L’opposition, qui manque de leader
charismatique, a appelé au boycottage, estimant que les conditions
n’étaient pas réunies pour des élections libres et démocratiques.
A la mi-journée, la police djiboutienne a dispersé, à
l’aide de gaz lacrymogènes, entre 300 et 500 sympathisants de l’opposition
qui s’étaient réunis devant le siège de l’un des partis
de l’opposition, l’Union pour la démocratie et la justice (UDJ), à
Djibouti-ville. « On boycotte car les dernières élections
(législatives en 2003) étaient truquées. Ca ne sert à
rien de voter. Nos voix ne sont pas considérées », a expliqué
un militant, Ali Guedda Boulsa, 30 ans.

Aucun quorum de participation

L’issue du vote ne fait
aucun doute, car aucun quorum de participation n’est
requis. Publicité


Le président Ismaïl Omar Guelleh, 57 ans, va donc enchaîner
un second mandat
consécutif de six ans dans ce petit pays de la Corne de l’Afrique,
qui
abrite d’importantes bases militaires française et américaine.
Les seules inconnues du scrutin résident dans le taux de participation
et la
proportion de bulletins nuls.
« Pour exprimer leur mécontentement, les électeurs peuvent
laisser
l’enveloppe vide », a estimé un président de bureau de vote
à l’école du
Château d’eau dans la capitale, Abdallah Mohamed Hersi.
Les opérations de vote dans la capitale ont commencé avec environ
45 minutes
de retard, en raison de l’arrivée tardive du matériel et des
assesseurs. Les
Djiboutiens se présentaient au compte-gouttes pour voter.
« Vendredi est férié, les gens se reposent. Jeudi soir,
ils ont fait la fête
et khaté (‘brouté’ du khat, une plante euphorisante) »,
a expliqué Abdallah
Mohamed Hersi.
« Je suis venu voter parce que je suis un bon citoyen. Je trouve que c’est

normal qu’il y ait un seul candidat car il est le seul à avoir un
programme », a estimé Kaissali, un étudiant de 18 ans.
Les bureaux de vote doivent fermer à 18h00 (15h00 GMT). Les premiers

résultats sont attendus dans la nuit de vendredi à samedi.

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Le
Figaro

Guelleh réélu président de la République

Le chef de l’Etat sortant
djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, seul candidat à
la présidentielle de vendredi, a été réélu
avec un taux de participation de
78,9%, alors que l’opposition avait appelé au boycott, a annoncé
samedi le
ministère djiboutien de l’Intérieur.
Le taux de participation est de 78,9% « grâce à la sensibilisation
très forte
du gouvernement, aux enjeux très importants et à une campagne
électorale
active », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Abdoulkader
Doualeh Wais, à
la Radio-Télévision de Djibouti (RTD). Le taux de participation
était la
seule inconnue du scrutin de vendredi.

En l’absence d’adversaire
et de quorum de participation requis, le président
était en effet assuré d’enchaîner un second mandat de
six ans. Il a obtenu,
comme il se doit, 100% des suffrages exprimés. Le pourcentage de bulletins

nuls est de 5,7%, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur
qui portent
sur la totalité des bulletins dépouillés.

Le président du
bureau de vote fait de son mieux pour se montrer
enthousiaste. «Tout se passe bien. Beaucoup de gens sont venus»,

annonce-t-il, l’oeil fatigué, la joue gonflée par une grosse
boule de qat.
Une copieuse botte de cet euphorisant s’étale entre lui et la pile
de
bulletins verts au nom d’Ismaël Omar Guelleh, l’actuel président
et le seul
candidat en lice. Affirmant que les conditions de transparence n’étaient
pas
réunies, l’opposition boycotte le scrutin.

L’enjeu de cette élection
à l’issue connue d’avance est pour ainsi dire inexistant. Il n’y a
guère que le taux de participation à même de susciter
quelque intérêt. Selon le ministre de l’Intérieur, Adbelkader
Boualeh-Wais, 39% des Djiboutiens s’étaient exprimés à
midi. Le chiffre, élevé au regard des critères locaux,
exaspère Souleiman Ahmed Mohammed. «C’est ridicule, lors du scrutin
présidentiel de 1999, auquel plusieurs candidats participaient, le
taux de participation n’avait été que de 55% », souligne
ce militant de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme.
D’un geste,
il pointe le bureau de vote six, une cour d’école poudreuse du quartier
pauvre d’Arahiba, à l’est de la ville de Djibouti, réputé
acquis à l’opposition. «Ici il n’y a personne, aucune file d’attente,
comme dans tout le reste de la ville», note-t-il.


Dès hier soir, l’opposition criait à la fraude. «Le gouvernement
peut dire
ce qu’il veut, mais en réalité il n’y a pas eu de vote»,
affirme Ismaël
Guedi Hared, le président de l’Union pour une alternance démocratique
(UAD),
une coalition de trois partis d’opposants. Mais l’UAD manque d’argument et

de repère. La mort en novembre dernier de son chef charismatique, Ahmed

Dini, lui a ôté tout espoir de remporter l’élection. Elle
a donc durci son
discours, exigeant le départ du président «pour faute
lourde».


A L’Union pour une majorité présidentielle (UMP), les militants
haussent les
épaules. «Comment peuvent-ils prétendre que le scrutin
est faussé alors ; ne
présentant aucun candidat, ils n’avaient pas un scrutateur»,
réplique un
militant qui, d’ores et déjà, prédit un nouveau mandat
tranquille à Ismaël
Omar Guelleh.


Pour le président, élu en 1999, le score affiché n’est
pas anecdotique. A
travers le pays, la grogne monte avec l’augmentation de la misère.
De 1996 à
2002, le nombre de djiboutiens vivant avec 1,8 dollar par jour a augmenté
de
près de 10% . Et, selon plusieurs observateurs, la tendance s’affirme.
Dans
le même temps, Djibouti a pourtant augmenté ses ressources. En
guerre contre
le terrorisme, les Etats-Unis ont installé au pays des Afars et des
Issas
une base militaire au loyer annuel de 15 millions de dollars. La France a,

elle, dû doubler le loyer (30 millions d’euros aujourd’hui) payé
en
contrepartie de la présence de ses forces à Djibouti.


Pour la population, le pouvoir s’est empressé d’accaparer ces crédits

inespérés. Conscient du mécontentement, le président
djiboutien a axé toute
sa campagne sur le projet portuaire de Doraleh, présenté comme
une future
mine d’emplois. Financé par Dubaï, ce port ultramoderne devrait
entrer en
fonctionnement à partir de juillet. Mais les experts sont sceptiques.


Chômeur comme tant d’autres, Ali Aden se moque de cette querelle. Tout
ce
qu’il espère, c’est un travail. «Si les choses ne changent pas,
on va devoir
aller chercher l’argent dans les maisons où il se trouve », dit-il,

désespéré.
Djibouti : de notre envoyé spécial Tanguy Berthemet

© Copyright Le Figaro

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Le
Monde

Guelleh réélu président de Djibouti


Scrutin sans enjeu, le président sortant Guelleh a été
réélu à la tête de
l’Etat de Djibouti, vendredi 8 avril. Le taux de participation est de 78,9
%
« grâce à la sensibilisation très forte du gouvernement,
aux enjeux très
importants et à une campagne électorale active », a déclaré
le ministre de
l’intérieur, Abdoulkader Doualeh Wais, à la Radio-Télévision
de Djibouti
(RTD).

Le taux de participation
restait la seule inconnue du scrutin de vendredi.
En l’absence d’adversaire et de quorum de participation requis, le président

était en effet assuré d’enchaîner un second mandat de
six ans.

Il a obtenu, comme il
se doit, 100 % des suffrages exprimés. Le pourcentage
de bulletins nuls est de 5,7 %, selon les chiffres du ministère de

l’intérieur qui portent sur la totalité des bulletins dépouillés.

M. Guelleh avait estimé
mercredi que sa réélection serait légitime s’il
obtenait « au moins 55 % » de taux de participation, comme lors de
la
précédente présidentielle en 1999.


PAS DE CHANGEMENT DE CONSTITUTION


Lors des dernières élections à Djibouti, les législatives
de 2003 où
l’opposition avait présenté des candidats, le taux de participation
avait
été de 48 %.Contrairement aux précédents scrutins,
les files d’attente
vendredi devant les bureaux de vote étaient extrêmement rares.

Un observateur occidental,
basé à Djibouti et qui a requis l’anonymat, avait
estimé, peu avant le scrutin, s’attendre « à des chiffres
de participation
mirobolants pour que Guelleh puisse légitimer sa réélection ».

L’opposition, qui manque
de leader charismatique depuis la mort en 2004 de
l’ancien premier ministre Ahmed Dini Ahmed, avait appelé au boycott
du
scrutin estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour
des élections
démocratiques.Elle n’a pas réagi immédiatement aux résultats
annoncés par le
ministère de l’Intérieur dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans une intervention
télévisée, diffusée dans la nuit, M. Guelleh,
57 ans,
a « remercié tous les électeurs pour leur confiance renouvelée ».
Mercredi, il
avait affirmé qu’il ne modifierait pas la Constitution pour pouvoir
briguer
un troisième mandat.

De son côté,
le premier ministre, Dileita Mohamed Dileita, a annoncé
vendredi qu’un remaniement gouvernemental pourrait avoir lieu prochainement

et s’est dit prêt à prendre la tête de la nouvelle équipe.
Djibouti, petit
pays de la Corne de l’Afrique, est stratégiquement situé à
l’embouchure de
la mer Rouge face à la péninsule arabique. Cette ancienne colonie
française,
l’un des seuls Etats stables dans la Corne, abrite la principale base
militaire française à l’étranger et une base militaire
américaine, qui a été
installée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001
aux Etats-Unis.

Avec AFP

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AFP

DJIBOUTI : Seul candidat,
Ismail Omar Guelleh réélu de fait

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Chercher un mot dans cet article
DJIBOUTI – Les Djiboutiens ont voté hier pour élire leur président,
un
scrutin très particulier car le chef de l’Etat sortant Ismail Omar
Guelleh
est le seul candidat et est assuré de l’emporter, l’opposition ayant
appelé
au boycott du scrutin. Aucun quorum de participation n’est requis.
L’élection de M. Guelleh pour un second mandat présidentiel
de six ans est
donc acquise.
M. Guelleh, 57 ans, est au pouvoir depuis 1999 à Djibouti, ancienne
colonie
française de quelque 600.000 habitants, située dans la Corne
de l’Afrique et
qui accueille des bases militaires française et américaine.
C’est la
première fois depuis l’introduction du multipartisme à Djibouti
en 1992
qu’un seul candidat se présente à l’élection présidentielle.

L’opposition, qui manque
cruellement de leader charismatique depuis la mort
en 2004 de l’ancien Premier ministre Ahmed Dini Ahmed, a décidé
de boycotter
le scrutin, affirmant que les élections seraient truquées.

Interrogé pour
sur ce point, le chef de l’Etat, qui a voté à Djibouti Ville,

a répondu : « ils (les membres de l’opposition) ont eu peur de
s’engager dans
la bataille. La prochaine fois, ils seront mieux organisés ».

Entre 300 et 500 partisans
de l’opposition se sont réuni hier matin dans la capitale, avant d’être
dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogène,
a constaté un journaliste de l’AFP.

Une centaine de personnes
ont été interpellées et plusieurs opposants blessés,
selon le leader de l’opposition, Ismaël Guedi Hared.

« La campagne électorale
a pris fin mercredi soir à minuit, les attroupements ne sont pas permis »,
a expliqué le ministre de l’Intérieur, Abdoulkader Doualeh Wais.

« Le gouvernement
a perdu le contrôle et a tiré sur ces gens car il est en
perte de vitesse électorale », a estimé M. Guedi.

La seule inconnue du scrutin,
qualifié de « mascarade » par l’opposition,
réside dans le taux de participation et dans celui de bulletins nuls
et
blancs.

Cependant, seuls des bulletins
verts au nom de M. Guelleh étaient
disponibles vendredi. « Pour exprimer leur mécontentement, les
électeurs
peuvent laisser l’enveloppe vide », a estimé un président
de bureau de vote,
Abdallah Mohamed Hersi.

À la mi-journée,
le taux de participation moyen était de 39 %, selon le
ministère de l’Intérieur. De son côté, M. Guedi
a affirmé, à une heure de la
fermeture des bureaux de vote, que le boycott était « très
bien suivi, par
environ 80 % des électeurs ». L’Etat a affrété des
bus pour amener les
électeurs dans des bureaux de vote et avait prévu de livrer
de la nourriture
aux électeurs, a constaté l’AFP.

(AFP)

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PANA

Manifestation à
Paris contre la présidentielle à Djibouti

Paris, France, 09/04
– Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté vendredi à Paris
contre le scrutin présidentiel à Djibouti, accusant le président
sortant et candidat unique Ismaël Omar Guelleh de préparer « une
mascarade électorale », a constaté sur place, la PANA.

Les manifestants avaient
commencé dès le début de la journée à se
rassembler devant l`ambassade de Djibouti à Paris où ils ont
dénoncé la dictature rampante à Djibouti.

« Nous sommes réunis
ici pour dénoncer la mascarade électorale perpétrée
par
le président Omar Guelleh ce 08 avril. La consultation d`aujourd`hui
est
tout sauf un scrutin électoral », a déclaré à
la PANA, le Djiboutien Mohamed
Kadami, un des organisateurs de la manifestation.

Il a en outre estimé
que la situation politique à Djibouti n`est pas
l`affaire des seuls démocrates de son pays, soulignant la présence
à la
manifestation d`autres Africains et des Français.

« Nous avons reçu
pour cette manifestation le soutien des démocrates
africains et français, militants politiques ou associatifs. Tous sont
venus
dénoncer la mascarade électorale et réclamer la démocratie
à Djibouti », a
ajouté M. Kadami.

Seul candidat à
sa succession, le président Ismaël Omar Guelleh dont les
relations avec Paris se sont dégradées, se prépare à
rempiler pour un
nouveau mandat.

source: http://www.angolapress-angop.ao

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France
Info

Présidentielle
à Djibouti :

Ismaïl Omar Guelleh,
seul candidat à sa succession France Info – 08 Avr. 00:28 Les opérations
de vote pour l’élection présidentielle à Djibouti, où
se présente seulement le chef de l’Etat sortant Ismaïl Omar Guelleh,
ont débuté timidement dans la capitale Djibouti-ville vendredi
peu après 06h45 (03h45 GMT).

09/04/05 (B293) Compte-rendu extraits sonores et premières photos de la manifestation d’Ottawa (Comité organisateur)(Crédit Photo : Djiwatch)

Le vendredi 8 avril 2005,
Ottawa à l’instar de Djibouti, de Paris et d’autres villes
à travers le monde, a célébré l’auto proclamation
du dictateur par une manifestation devant l’ambassade Américaine.

Pour écouter des extraits
sonores :

Pour
obtenir les photos en taille originale (250 Ko) –
cliquez
ici

Un flot humain ininterrompu
commence à s’écouler dès le début du rassemblement.
L’événement est une réussite, toute la communauté
Djiboutienne était représentée.

« J’ai espoir
d’un changement de régime, je vous encourage à continuer
votre combat»
insiste un vieux monsieur, avant d’ajouter «Vous
savez, aujourd’hui, je me sens fier de mon pays, et ma présence
ici est une réconciliation avec moi. »

Nous apprenons par la
suite, que ce monsieur a changé de nom dès son arrivée
au Canada, Ofleh Farah de son vrai nom.

Ce monsieur, a-t-il réalisé
qu’avec la fin de la dictature, il pourrait retourner au pays et retrouver
son nom et sa dignité ?

Comme lui, chacun de nos
compatriotes d’ici a sa propre histoire. Les plus chanceux, sont les
«Immigrants reçus », suivent les réfugiés
acceptés et enfin ceux qui ont patienté de très longues
années avant d’avoir un statut.

Aujourd’hui, ils
sont venus manifester contre le dictateur et sa mafia qui a poussé
tous ces citoyens loin de leur pays.

« Qui n’a
pas rêvé un jour de retourner vivre dans son pays, avec un projet
en tête. Ce rêve peut devenir réalité, il ne dépend
que de nous. Notre ami Omar Ali nous a montré la voie.

En manifestant, et
en relayant l’appel de détresse de notre peuple, il est certain
que nous montrerons la vraie image de notre pays au monde entier, et non celle
que le dictateur souhaite afficher. »
,
martèle Awaleh.

 

Les banderoles sont visibles
de loin, et on peut lire entre autres ceci : « Guelleh = Saddam»,
«USA, we need your help».

Guelleh est constamment
malmené avec des slogans très hostiles. La foule a très
vite trouvé de mots proches de Guelleh : Assassin, suceur de sang.

Les mégaphones
font tourner plus qu’une personne vers la manifestation.

« Why are you
here, against what demonstrating ? »
demande un Canadien impressionné
par le rassemblement.

Les passants se posent
des questions, et à chaque fois des Djiboutiens très instruits
et langues apportent les réponses.

Les manifestants reprennent
à cœur joie les slogans, après Omar Ali, Houmed, Mohamed
et les autres orateurs.

Tant dit que d’autres
distribuent le mémorandum aux passants. Chacun a un rôle précis,
personne n’est venu sans rien faire. Une preuve de plus de maturité
de la Communauté.

Une leçon a été
tirée de cette manifestation, suite aux va et viens des personnes.
En effet, les membres de la Communauté venaient et repartaient, et
pour cause vendredi n’est pas férié au Canada. Désormais,
afin de faire participer au plus grand nombre, les manifestations futures
se dérouleront les samedis ou les dimanches.

Les moyens de répression
mis en place par Guelleh pour maintenir la population dans la peur risquent
fort de ne pas être suffisants pour résoudre des problèmes
récurrents dûs à l’injustice et aux inégalités
sociales engendrées par la mal gouvernance.

Le seul remède
à la souffrance du peuple est la fin du régime de Guelleh et
l’instauration de la démocratie. C’est le message que les
manifestants ont passé aux Américains, aux Canadiens et au monde
libre.

Les Djiboutiens encouragent
les leaders de l’opposition à ne pas relâcher la pression,
et d’emboîter les pas aux peuples ayant vaincu de dictatures :
Ukraine, Géorgie, Serbie Monténégro, Liban …etc.

Les manifestations doivent
absolument continuer à Djibouti, non se limiter à un jour.

Souvenons-nous du cas
malgache, avec la formation de deux gouvernements : celui du dictateur, et
celui du peuple. Au final, le peuple l’a emporté malgré
le soutien honteux de la France à la tyrannie.

Nous sommes certains que
l’opposition sera à la hauteur du défi pour l’instauration
de la démocratie au pays.

La manifestation se termine
avec le devoir accompli et la conscience tranquille, conscience qui a déplacé
tout ce monde suite à l’appel lancé par Omar Ali de Djibwatch.

Nous remercions tous ceux
et toutes celles qui se sont déplacés ainsi que ceux et celles
qui nous ont encouragés.

Comité
organisateur de la manifestation.

08/04/05 (B293) LIBERATION : A Djibouti, une présidentielle à candidat unique : Omar Guelleh est sûr d’être réélu aujourd’hui, au grand dam de la France.

Par Christophe AYAD
et Thomas HOFNUNG

vendredi 08 avril 2005
(Liberation – 06:00)

En Afrique, les élections
sont souvent cousues de fil blanc. Mais le scrutin présidentiel
organisé aujourd’hui à Djibouti sort tout de même de l’ordinaire
: un seul candidat est en lice, le président sortant, Ismaïl Omar
Guelleh.
Estimant que les conditions n’étaient pas réunies
pour une élection «honnête, libre et transparente»,
l’ensemble de l’opposition a appelé au boycott de la présidentielle,
la troisième de l’histoire de ce petit pays aride de la Corne de l’Afrique,
qui a introduit le multipartisme en 1992. Lors des dernières législatives,
il y a deux ans, le parti au pouvoir ­ l’Union pour la majorité
présidentielle (UMP) ­ avait raflé la totalité des
65 sièges…

En octobre 1999, Omar
Guelleh, aujourd’hui âgé de 58 ans, avait affronté un
candidat de l’opposition. Ce qui ne l’avait pas empêché de l’emporter
haut la main, avec 75% des suffrages. Il succédait alors au premier
chef d’Etat du pays, Hassan Gouled, après avoir été son
homme de confiance. Durant son règne de vingt-deux ans, Ismaïl
Omar Guelleh a notamment dirigé les services de renseignements.

La mort du juge. Pour
Paris, sa victoire annoncée n’est pas forcément une bonne nouvelle
tant les relations se sont dégradées avec son ancienne colonie,
indépendante depuis 1977. La «faute» au juge Bernard Borrel,
dont le corps calciné avait été retrouvé, en octobre
1995, au pied d’une falaise. Dans un premier temps, l’enquête djiboutienne,
à laquelle avaient participé des gendarmes français,
avait conclu à un suicide par le feu du magistrat, à l’époque
conseiller du ministre djiboutien de la Justice. Une explication aussitôt
entérinée par la justice française. Mais, en 2004, les
experts nommés par une nouvelle juge d’instruction, Sophie Clément,
concluaient à l’assassinat probable du juge Borrel. L’enquête
se concentre désormais sur l’entourage du président djiboutien.

Début janvier,
nouveau rebondissement : la justice française demande l’audition du
chef des services secrets djiboutiens, Hassan Saïd, un proche du chef
de l’Etat. C’est le début de la crise ouverte avec Paris, Omar Guelleh
étant persuadé que les autorités françaises sont
derrière cette décision. Les émetteurs de Radio France
International, qui a évoqué l’affaire, sont coupés et
n’ont pas été rétablis depuis. Dans la foulée,
six coopérants militaires sont expulsés. Paris fait le dos rond
et, pour prouver sa bonne foi, promet de transmettre le dossier d’instruction
de la juge Sophie Clément à Djibouti, comme le demande la justice
djiboutienne.

Expulsion. Mais rien ne
semble pouvoir apaiser la colère de Guelleh. En mars, le patron français
d’une filiale de la BNP à Djibouti a dû faire ses bagages (1).
Guy Cazenave avait eu l’indélicatesse de demander l’origine des fonds
que le président djiboutien souhaitait déposer sur un compte
ouvert pour financer sa campagne électorale. Et, mercredi, Omar Guelleh
a déclaré à l’AFP : «Si demain quelqu’un tombe
dans sa salle de bains, on va me dire que c’est moi qui l’ai tué. Il
vaut mieux qu’ils [les coopérants français] rentrent chez eux
avec leur famille, comme ça ils n’auront pas d’autres Borrel sur la
conscience…»

Chantage du faible au
fort ? La France paie à prix d’or la location de sa principale base
militaire en Afrique, forte de 2 800 hommes. Le loyer a même été
doublé récemment et se monte désormais à 30 millions
d’euros par an. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Djibouti fait jouer
la concurrence : les Américains se sont également installés
à la pointe orientale de l’Afrique, ce qui permet de surveiller la
Somalie voisine, la mer Rouge et le golfe d’Aden, autant de repaires possibles
d’Al-Qaeda. Au moment où les partisans du président ivoirien
Laurent Gbagbo exigent le départ de l’armée française
de Côte-d’Ivoire, la perte de cette base stratégique serait catastrophique
pour Paris.

Ce regain d’intérêt
géostratégique s’est doublé d’un afflux d’investissements,
en provenance de Dubaï notamment. «Malgré cet argent, rien
ne s’améliore, s’indigne l’écrivain Abdourahman Waberi, un compagnon
de route de l’opposition installé en France. Tout le pays est géré
par un seul homme.» L’opposition, dont les principaux leaders vivent
en exil, appelle aujourd’hui à un rassemblement devant l’ambassade
de Djibouti à Paris. Omar Guelleh devrait apprécier.

(1) La Lettre de l’océan
Indien, 19 mars 2005.