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09/10/09 (B520)  La LDDH : Déclaration pour la préventions des conflits et appels pour permettre à la LDDH d’exercer ses responsabilités en particulier, en visitant les 180 jeunes détenus de Gabode. (Article recommandé)


Le Président

DECLARATION PORTANT PREVENTION DES CONFLITS 9 OCTOBRE 2009

Réquisitoire contre un Régime Dictatorial.

I)- Sur le contexte de la création de la LDDH

Rappelons que l’existence de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a été officialisée le 9 mai 1999 ;

Rappelons que cela est intervenu dans un contexte dominée par une guerre intérieure qui opposait les Forces Armées du Gouvernement au pouvoir, d’une part et celles du FRUD, d’autre part;

Rappelons que la LDDH a toujours dénoncé les conditions d’insécurité imposée par les Forces Gouvernementales aux Populations du nord et de l’ouest de Djibouti ;

Rappelons que la LDDH n’a jamais hésité à dénoncer les crimes de guerre qui ont été commis et en particulier :

  1. le blocus alimentaire et sanitaire imposés à nos populations du Nord et de l’Ouest de notre Pays.
  2. les exécutions extrajudiciaires en majorité des simples civils ;
  3. les tortures intolérables sans aucune distinction de sexe ;
  4. les disparitions inexpliquées et les emprisonnements Arbitraires ;

Rappelons que la LDDH, à partir du mois d’août 1999 et jusqu’au 7 janvier 2000, n’a cessé lancé des Appels pour l’ouverture du dialogue national,.

Rappelons que ces Appels ont été lancés, d’une manière continue, avec le soutien moral du Représentant de Caritas à Djibouti, le Regretté Robert Carton, membre de la LDDG et combattant Djiboutien (avant) et surtout après l’Indépendance ;

Rappelons tous les Appels que nous avons lancés pour que le pouvoir mette à profit le mois béni du Ramadan en ouvrant la porte à des négociations de Paix, et que ces appels ont été entendus ;

En effet,
rappelons que, juste après le Mois Béni du Ramadan le 7 février 2000, le Regretté Ahmed Dini, Père combattant pour l’Indépendance de Djibouti, a été l’initiateur du premier Accord de Paix de Paris et qu’il a signé l’Accord de la Paix du 12 mai 2001 ;
_________________________________

Constatons que la Paix des Armes est totalement respecté par le FRUD, jusqu’à ce jour ;

Constatons, hélas que l’Accord pour la Paix Sociale, ainsi que pour la restauration de toutes les formes d’une Justice libre et indépendantes ont été malheureusement renvoyées « aux calendes grecques » ;

Rappelons que l’Accord de Paix du 12 mai 2001, signé à Djibouti, a été applaudi et cautionné par l’ensemble de la Communauté internationale, notamment par toutes les Chancelleries présentes sur place et en particulier par la France et les Etats-unis sans oublier la représentation de l’Union européenne ;

Rappelons que cet Accord de Paix non respecté a été et est toujours violé par la Partie Gouvernementale ;

Rappelons que tous les Accords et Conventions internationaux à caractère socio-économiques ne sont que de simples échanges de papier et que l’on ne constate, sur place, aucune intiative ni début d’initiative pour mettre « sur les rails » une véritable assistance en faveur du respect des Droits humains et internationaux ;

II- Sur le contexte des violations de la Constitution du 4 septembre 1992 et de la Loi sur la Liberté de la Presse de la même année.

Constatons que, les Titres 1, 2, 7, de la Constitution du 4 septembre 1992 sur :

  • de l’Etat et de la Souveraineté ;
  • des droits et des devoirs de la personne humaine (article 10 à 20) ;
  • du pouvoir judiciaire (article 71 74).

sont jusqu’à présent souvent bafoués et non respectés

Constatons que certaines clauses, issues du Sommet de la Francophonie qui s’était tenue à Baule sous Mitterrand, ont été insérées dans la Constitution comme le multipartisme ;

Déplorons que ces clauses aient été immédiatement violées, dès le 4 septembre 1992 par un semblant d’une deuxième « Urne Référendaire » accompagnée d’aucune loi promulguée, mais qui a perduré durant 10 ans en limitant à quatre les Partis Politiques;

Déplorons que la Loi sur la Liberté de la Presse de 1992 n’ait jamais été opérationnelle. Même le Décret d’application de certaines dispositions de cette Loi n’a jamais vu le jour

Déplorons que, depuis 1995, en vue d’assurer la succession à la tête de l’Etaten 1999, pour des motivations tribales, les Forces Syndicales qui combattaient en toute indépendance et sans coloration tribale ont été férocement réprimées : en particulier le Corps des Enseignants. En dépit des interventions diplomatiques du BIT, aucune condamnation exemplaire et légitime n’a encore jamais été officialisée ni enregistrée ;

Déplorons que tous les Appels de la LDDH, pour un dialogue équitable et sincère entre tous les partis concernés, soucieux de participer à des élections incontestables, aient été classés sans suite ;

Constatons que, la situation :

  • socio-économique est en pleine décadence ;
  • l’Etat de Droit et les structures Administratives complètement démantelés ;
  • la sécurité dans la capitale est dangereusement inexistante, malgré les récents emprisonnements de jeunes mineurs ces derniers temps (depuis le mois de mars 2009);
  • les multiples entraves de la libre circulation, notamment le droit d’Aller et Venir sont des monnaies fréquentes dans les Régions du Nord ;
  • la Presse Libre, et la Liberté d’Expression sont constamment décapitées avec tous les risques de fausses propagandes déstabilisatrices et par les multiples désinformations de la Presse Gouvernementale, mais surtout les silences incompréhensibles des Autorités sur l’insécurité récurrente de ces derniers temps.

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Pour les raisons suivantes :
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) :

Dénonce le refus de certaines Autorités Djiboutiennes en particulier clui du ministre de l’Intérieur d’accepter tout contact avec son Président, pour mieux informer notre Organisation ;

Demande au Ministre de la Justice, chargé des Droits de l’Homme et des Affaires Pénitentiaires, de donner sa Haute Autorisation, pour que, nous puissions librement visiter la prison de Gabode et ce, en tant que Défenseurs des Droits de l’Homme. Cela permettrait d’évaluer l’ampleur des récentes arrestations, à notre connaissance d’une centaine d’adolescents condamnés et incarcérés dans des conditions que nous souhaitons élucider ;

Avec cette Haute Autorisation, il nous serait possible d’établir un Rapport sincère, assorti de recommandations non seulement pour le Ministre de la justice, mais aussi pour l’ensemble des Défenseurs Internationaux des Droits Humains;

Dans l’actuel et dangereux contexte de l’instabilité socio-économique, l’envoi d’une Commission d’Enquête internationale sous l’initiative des Défenseurs des Droits de l’Homme s’avère urgent. Il est plus que nécessaire d’enquêter sur les violations des Droits Economiques et Sociaux en République de Djibouti.

Lance un Appel Pressant à la Communauté nationale pour qu’elle mesure avec une attention particulière tous les dangers et les risques de provocation et de répression, vue les ambitions du pouvoir en place : l’hypothèse d’un troisième mandat forcé pour maintenir au pouvoir une dictature en fin de parcours .

NOEL ABDI Jean-Paul

09/10/09 (B520) Le Journal de la Flibuste (1 article en Français)

________________________ 1 – SecretDefense (Blog)

Au large de la Somalie, la nuit, il arrive que les bateaux soient gris…

La piraterie et la Somalie nous donnent rarement l’occasion de sourire. L’épisode qui s’est déroulé la nuit dernière à 250 nautiques des côtes somaliennes est l’exception qui confirme la règle.

En pleine nuit, deux barcasses de pirates ont attaqué la Somme, un batiment militaire français, qui participe à la sécurité de la zone. Il est vrai que, de loin, la Somme ressemble à ce qu’elle est : un pétrolier-ravitailleur.

Arrivés à quelques centaines de mètres du bateau, les pirates ont ouvert le feu à trois reprises dans sa direction, comme ils le font avec des bateaux de commerce.
Immédiatement, les marins du bord ont allumé les projecteurs pour voir ce qu’il se passait. Sans avoir besoin de répliquer, la Somme a alors pris en chasse l’un des deux esquifs des pirates – l’autre s’enfuyant. Au bout d’une heure de poursuite, les pirates se sont arrêtés et, levant les mains, se sont rendus aux marins français (Photo : marine nationale). Cinq d’entre eux ont été appréhendés.

La même mésaventure était déjà arrivée en mai dernier à des pirates qui avaient attaqués la frégate de surveillance Nivose. Là encore, il s’agit d’un bateau au profil plus civil qu’une frégate de premier rang.

Plus de 150 attaques depuis le début de l’année

Les actes de piraterie recensés au large de la Somalie sont en nette recrudescence : 12 attaques et tentatives recensée en 2006, 35 en 2007 dont 12 réussies, 168 en 2008 dont 43 réussies et plus de 150 depuis le début de l’année 2009 dont 28 réussies (6 octobre 2009) Les pirates opèrent sur une vaste zone couvrant le golfe d’Aden et une zone maritime longeant le littoral somalien, soit une surface de 2 100 000 km², l’équivalent de quatre fois la superficie de la France.

Près de 20 000 navires franchissent chaque année le golfe d’Aden. 30% des approvisionnements européens en pétrole transitent par le détroit de Bab-El-Mandeb.

09/10/09 (B520) HCR / Débat sur l’asile et l’Islam au nord de la Somalie

Plus de 40 chefs religieux originaires de la région du Puntland au nord de la Somalie ont pris part un débat organisé par le HCR sur le droit des réfugiés et de l’asile, un débat qui aidera à faire connaître les droits et les besoins des réfugiés et des déplacés somaliens.

Cet atelier a eu lieu samedi dernier à l’Université d’Etat du Puntland dans la ville de Garowe. Des fonctionnaires et des membres du personnel du HCR étaient également présents. Lors de ce groupe de travail a été étudiée l’intégration des concepts de l’asile et de la protection dans la loi islamique, la charia. Le HCR prévoit d’organiser des ateliers similaires avec des chefs religieux et des fonctionnaires locaux dans d’autres régions de la Somalie.

« A la fin de cet atelier, nous avons travaillé sur un communiqué conjoint qui a été envoyé aux médias locaux », a indiqué Mohamed Salah, chargé auxiliaire de protection pour le HCR à Garowe. « Cela favoriserait une meilleure sensibilisation de la population [locale d’accueil] qui continue à aider ses frères et ses sœurs ayant besoin d’assistance après avoir fui leurs maison du fait de la guerre », a-t-il ajouté.

Avant la réunion de samedi, le HCR a donné à chaque participant une copie d’une étude comparative rédigée par un professeur de droit de l’Université du Caire, le Professeur Abu Al-Wafa. Cet ouvrage dont le titre est « Le droit à l’asile entre la charia islamique et le droit international des réfugiés : étude comparative » a été utilisé comme point de départ pour les discussions.

Cette étude, publiée par le HCR, explique que la tradition de générosité propre à l’Islam et se poursuivant depuis 1 400 ans en faveur des personnes fuyant la persécution a eu davantage d’influence sur le droit international des réfugiés appliqué de nos jours que toute autre source historique.

Dans la préface qu’il a rédigée pour cet ouvrage, António Guterres affirme que ce livre montre que, plus que toute autre source historique, la loi et la tradition islamique sous-tendent le cadre juridique appliqué de nos jours et sur lequel le HCR base ses activités mondiales en faveur de dizaines de millions de personnes déracinées, y compris le droit pour toute personne de rechercher et de bénéficier de l’asile face à la persécution ainsi que les interdictions de renvoyer dans une situation dangereuse ces personnes ayant besoin d’une protection.

Le HCR estime que les chefs religieux en Somalie devraient être impliqués dans les efforts visant à sensibiliser les communautés hôtes aux besoins et aux droits des personnes déplacées internes et des réfugiés. L’agence pour les réfugiés a également conçu une brochure contenant des messages clés sur l’asile et traduite en somalien, basée sur des citations du Coran. Des milliers de brochures ont été distribuées depuis début septembre aux personnes déracinées, aux communautés hôtes, aux hommes d’affaires et aux personnels des autorités locales.

« Les Somaliens sont croyants ; ils suivent scrupuleusement leurs chefs religieux locaux quand il s’agit de l’interprétation des textes islamiques. Toute initiative engageant des chefs religieux en Somalie a un profond impact sur la population », a indiqué Mohamed Salah du HCR.

L’atelier s’est tenu alors qu’un nombre croissant de déracinés, spécialement des Somaliens et des Ethiopiens, arrivent dans le nord de la Somalie en quête d’abri pour échapper à la pauvreté, au conflit ou à la persécution. Nombre d’entre eux tentent la traversée du golfe d’Aden vers le Yémen. Parfois, leur présence crée des tensions avec les communautés locales.

Par Roberta Russo
et Esther Mwangi à Nairobi, Kenya

09/10/09 (B520) Les traits de l’Erythrée : Dawit Isaac candidat finaliste au prix Sakharov 2009 : « Une victoire pour les prisonniers érythréens » (RSF)

Reporters sans frontières salue la décision du Parlement européen de retenir le journaliste suédo-érythréen Dawit Isaac, emprisonné depuis le 23 septembre 2001, parmi les trois candidats finalistes 2009 pour l’obtention du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Le lauréat sera désigné le 22 octobre par les leaders des groupes politiques au Parlement.

« Depuis des années, le gouvernement d’Asmara impose le silence sur le sort des prisonniers politiques érythréens. Nous tenons à remercier le groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL) et l’Alliance des libéraux démocrates européens (ADLE) qui ont soutenu cette candidature. Celle-ci représente déjà une récompense, pour Dawit Isaac, mais aussi pour la trentaine de journalistes qui, considérés comme des ‘traîtres’ par le président Issaias Afeworki, croupissent dans les geôles du pays, sans jugement », a déclaré l’organisation.

Le 6 octobre 2009, les commissions parlementaires des Affaires étrangères et du Développement ont donné les noms des trois finalistes du prix Sakharov, choisis parmi les dix nominés proposés par les députés européens. Aux côtés du gynécologue palestinien Izzeldin Abuelaish et de l’association Mémorial qui défend les droits de l’homme en Russie, figure Dawit Isaac.

« Cette candidature est un signal envoyé au régime de mon pays. Dawit Isaac ne sombre pas dans l’oubli dans lequel les autorités veulent le plonger », a confié à Reporters sans frontières un réfugié politique érythréen basé en Belgique. Interrogé par l’organisation, le frère de Dawit Isaac, Esayas Isaac, s’est dit « très fier ». « L’Erythrée a besoin de personnes comme Dawit, talentueuses et engagées. Nous ne baissons pas les bras », a-t-il confié. L’association « Free Dawit Isaac », établie en Suède, estime pour sa part que cette nomination signifie que le travail du fondateur de l’hebdomadaire Setit est mondialement reconnu, notamment en Europe. « Dawit est non seulement un journaliste, mais aussi un poète et un dramaturge apprécié. A la foire du livre de Göteborg, qui a eu lieu fin septembre, des morceaux de ses pièces de théâtre ont été projetés. Nous sommes très reconnaissants des efforts fournis par le Parlement européen pour soutenir Dawit », a déclaré Leif Obrink, le président de l’association.

Après avoir été soigné, courant 2009, à l’hôpital de l’armée de l’air à Asmara, Dawit Isaac a été récemment transféré dans une prison de province, sur la route menant de la capitale à la cité portuaire de Massawa. Certaines sources affirment qu’il s’agit de la prison d’Embatkala, à Ghinda, à 35 kilomètres au nord-est d’Asmara, tandis que d’autres pensent qu’il serait détenu à Dongolo, plus proche de Massawa.

Dans une résolution du 7 janvier 2009, le Parlement européen a exprimé « sa profonde préoccupation devant la poursuite de l’emprisonnement » de Dawit Isaac et a exigé sa libération immédiate. Mais les efforts de l’Union européenne pour obtenir des nouvelles de ce journaliste se sont jusqu’ici heurtés à une fin de non-recevoir de la part des autorités érythréennes.

Consulter la liste complète des journalistes emprisonnés en Erythrée, mise à jour en septembre 2009, à l’occasion du huitième anniversaire des rafles du 18 septembre 2001 (http://www.rsf.org/L-Erythree-est-la-plus-grande.html)

En savoir plus sur la situation de la liberté de la presse et des journalistes en Erythrée (http://www.rsf.org/fr-rapport15-Erythree.html)

09/10/09 (B520) Yémen Express (4 articles en Français) (Restructuré le 11/10)

____________________________ 4 – HNS Info

Yémen : les proches d’un journaliste demandent sa libération

Les proches d’un journaliste yéménite « au franc parler » que le gouvernement est soupçonné d’avoir arrêté ont demandé sa libération, a appris Amnesty International.

La famille de Muhammad al Maqalih et des militants des droits humains sont convaincus que celui-ci est détenu par les responsables de la sûreté nationale pour avoir critiqué ouvertement le gouvernement au sujet des affrontements armés dans la capitale Saada, dans le nord du pays.

Âgé de 49 ans et père de sept enfants, le journaliste a été enlevé dans les rues de la capitale le 17 septembre par un groupe d’hommes se déplaçant dans une camionnette blanche banalisée. Personne n’a eu de ses nouvelles depuis lors.

Au cours des deux dernières semaines, la famille de Muhammad al Maqalih a organisé devant le bureau du président trois manifestations de protestation auxquelles se sont joints des journalistes et de simples citoyens.

« Notre première demande est que les autorités nous disent où il se trouve et qu’elles nous autorisent à voir comment il se porte, a déclaré à Amnesty International Bilal al Maqilah, un des enfants du journaliste. Notre demande ultime est qu’il soit libéré. »

La famille de Muhammad al Maqalih s’est enquise du sort de ce père de famille auprès du ministre de l’Intérieur et du ministre de la Justice. Bilal al Maqilah a dit à Amnesty International que le ministre de la Justice avait alors écrit au responsable de la Sécurité politique pour lui demander de faire toute la lumière sur le lieu de détention de Muhammad al Maqalih.

« Cela montre que le ministre de la Justice pense que mon père est détenu par la Sécurité politique », a déclaré Bilal al Maqilah.

Ceux qui s’opposent à l’État yéménite ou qui le critiquent risquent souvent d’être arrêtés et placés en détention, en particulier durant les périodes de crise politique.

La région de Saada, dont les habitants sont majoritairement des membres de la minorité chiite zaïdite du pays, a connu plusieurs périodes de conflit ces dernières années. Un certain nombre d’affrontements armés ont eu lieu entre les forces de sécurité gouvernementales et les disciples d’Hussein al Huthi, dignitaire zaïdite tué en 2004.

La dernière vague de violences a débuté à la mi-août lorsque la région a été mise pratiquement en état d’urgence et que les forces gouvernementales ont procédé à une série d’attaques d’intensité croissante.

Rédacteur en chef d’al Ishtraki, site web affilié au parti d’opposition socialiste, Muhammad al Maqalih rédigeait régulièrement des articles sur le conflit.

« Nous pensons qu’il a été arrêté en raison des inquiétudes qu’il exprimait sur plusieurs questions épineuses … comme Saada », a dit Bilal al Maqilah.

« Il ne mâchait pas ses mots et avait fait état de ses inquiétudes dans différents forums. Nous sommes très inquiets de ne pas savoir où il est, comment il passe la journée, s’il est soumis à des actes de torture ou des humiliations. Nous éprouvons un sentiment de grande injustice. »

____________________________ 3 – Centre Info ONU

Le chef de l’humanitaire de l’ONU en visite au Yémen

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, John Holmes, est arrivé jeudi au Yémen pour une visite de trois jours afin d’évaluer la situation humanitaire dans le nord du pays, où 150.000 personnes ont été déplacées depuis le début du conflit entre les forces gouvernementales et les rebelles Al Houthi en 2004.

« Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par la dernière vague d’affrontements dans le nord du Yémen, et leur nombre augmente chaque jour », a dit M. Holmes. « Je suis ici pour constater sur la place la situation et galvaniser le soutien pour les hommes, les femmes et les enfants dont les vies ont été bouleversées par ce conflit ».

Lors de sa mission, M. Holmes se rendra dans un des cinq camps qui ont été établis pour accueillir des déplacés et rencontrer des représentants de haut niveau du gouvernement et des acteurs humanitaires afin d’examiner comment améliorer la réponse humanitaire, a précisé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans un communiqué.

Le 2 septembre, la communauté humanitaire a lancé un appel pour 23,7 millions de dollars destinés à financer des activités d’assistance immédiates. L’appel n’a reçu que 16,2% (3,8 millions de dollars) de la somme demandée, avec 3,5 millions de dollars supplémentaires promis.

« L’argent n’arrive pas assez vite pour répondre aux besoins. J’appelle les donateurs à augmenter leurs contributions. Le Fonds central d’intervention humanitaire (CERF) a déjà alloué 7 millions de dollars pour des projets au Yémen cette année et pourrait faire plus mais les donateurs individuels doivent aussi augmenter leur part », a dit M. Holmes.

_____________________________ 2 – CICR

Yémen : faire davantage pour que l’aide parvienne à la population

Le conflit qui sévit dans le nord du Yémen met en danger de plus en plus de vies civiles, privant des dizaines de milliers d’habitants d’une aide vitale et forçant toute une population à fuir les zones de conflit. Si des mesures plus efficaces ne sont pas prises pour protéger les civils et faire en sorte qu’ils puissent recevoir l’aide qui leur permettra de survivre, la situation ne cessera d’empirer, a déclaré aujourd’hui le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« La situation s’est considérablement détériorée ces dernières semaines », a expliqué Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation du CICR au Yémen. « La population bloquée dans des zones de combat – notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées – est surtout inquiète pour sa sécurité. Mais son accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé est presque aussi vital, et la question de l’abri est également préoccupante parce que les nuits deviennent plus froides. »

La plupart des habitants du nord du Yémen ont déjà connu des années de conflit, qui n’ont fait qu’ajouter au fardeau de conditions d’existence difficiles et d’une pauvreté croissante. « Beaucoup de gens nous ont dit que leur maison avait été endommagée ou complètement détruite par les combats intenses qui ont commencé le 12 août, a précisé M. Marti. Ils ont dû laisser derrière eux la plus grande partie ou la totalité de ce qu’ils possédaient. Ils ont perdu leur emploi ou leur commerce, ont dépensé l’argent qui leur restait en nourriture et autres biens de première nécessité, et n’arrivent plus maintenant à se procurer d’autres produits nécessaires, soit parce qu’on ne les trouve plus sur le marché, soit parce que les prix sont montés en flèche. »

Les familles qui avaient trouvé refuge dans des bâtiments scolaires, par exemple à Khaiwan, doivent partir parce que l’année scolaire commence. D’autres familles vivent dans les ruines de maisons détruites, ou n’ont d’autre possibilité que de dormir en plein air en se protégeant à l’aide de couvertures et de feuilles de plastique.

En collaboration avec le Croissant-Rouge du Yémen, le CICR fournit de la nourriture et d’autres articles indispensables à la population locale et aux personnes déplacées dans la ville de Saada et le gouvernorat d’Amran. Cependant, il reste très difficile de pouvoir accéder sans risque à d’autres secteurs, en particulier dans le gouvernorat de Saada.

Au cours de ces deux dernières semaines, le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ont distribué des vivres à près de 16 000 personnes déplacées et aux familles qui les accueillent à Wadi Khaiwan, Bani Sureym et Hawazat Hashed, dans le gouvernorat d’Amran. Dans ce même gouvernorat, ils ont aussi approvisionné en eau quelque 8 500 personnes déplacées et résidents qui en avaient un besoin urgent. Enfin, les deux institutions ont fourni, à Wadi Khaiwan, des médicaments et du matériel médical à deux établissements de soins du ministère de la Santé traitant en moyenne 200 patients par jour.

Le CICR appelle tous ceux qui peuvent influencer la situation sur le terrain à faire le maximum pour que la population civile soit protégée et que l’aide humanitaire puisse être acheminée immédiatement et sans risque. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour épargner la vie des civils et leurs biens, permettre aux blessés et aux malades de recevoir un traitement médical, et faire en sorte que le personnel, les installations et les véhicules sanitaires ne subissent pas les effets des hostilités. L’emblème du croissant rouge doit être respecté en tout temps.

________________________________ 1 – Sources RSF

Yémen : une journaliste témoigne de la répression

« Le pouvoir a aujourd’hui révélé son visage. Chaque semaine, tous les mardis depuis le mois d’avril, notre ONG Women Journalists Without Chains organise un sit-in, place de la Liberté à Sanaa.

Chaque semaine, plusieurs centaines de citoyens, journalistes et intellectuels se rassemblent pour défendre la liberté d’expression, en évoquant tous les sujets qui leur sont chers. Sans relâche, malgré les violences policières, nous luttons pour obtenir des informations sur le journaliste kidnappé Muhammad Al-Maqalih et soutenir sa famille.

Nous avons également demandé la réouverture du journal indépendant Al-Ayyam et la libération des journalistes Fouad Rachid, directeur du site Al-Mukalla Press, et Salah Al-Saqladi, directeur du site d’informations Adengulf-website. La police a violemment mis fin, le 6 octobre, à notre manifestation pacifique sous le motif que nous n’avions pas d’autorisation délivrée par le ministère de l’Intérieur.

Des policiers ont tenté de confisquer nos appareils photo et cassé notre caméra.

Nous sommes plusieurs à avoir été blessés. Les autorités considèrent nos actions comme un appel à la révolution qui met en péril la République. Les sit-in ont été empêchés durant le mois de Ramadan. Tout cela est inadmissible. Ces méthodes insultent la Constitution du pays.

Allons-nous continuer les sit-in ?

Oui, avec encore plus de force.

Nous résisterons pour rétablir les libertés fondamentales et celles des journalistes car le pouvoir a fermé tous les moyens d’expression et d’information existant au Yémen », a témoigné Tawwakol Karman, présidente de l’organisation Women Journalists Without Chains.

« Nous nous approchons de la fin de la presse indépendante au Yémen. La volonté des autorités d’interdire ce sit-in hebdomadaire constitue l’ultime étape dans la persécution des journalistes afin d’imposer le black-out médiatique sur ce qui se passe dans le pays », a déploré Reporters sans frontières.

« Nous exprimons notre inquiétude sur le sort du journaliste Muhammad Al-Maqalih, enlevé depuis trois semaines », a ajouté l’organisation.

Les autorités refusent de divulguer des informations concernant sa situation actuelle ou de coopérer dans l’organisation des recherches.