29/03/2000 – Réponse de M DOUALEH, conseiller de l’Ambassade de Djibouti en France

“Le chiffre que tu cites est exact, l’Etat djiboutien dépense environ 1600 FF par mois et par étudiant pour la gestion de la bourse des étudiants djiboutiens. Et cela revient tres cher. Et évidemment, on peut se poser la question, comme tu le fais, pourquoi ne pas demander à l’ambassade de djibouti à Paris de gérer ces bourses?

Personnellement je milite pour cela, mais comme tu peux le comprendre, certains responsables ont rejeté cette idée, malgré une étude de faisabilité sur le sujet que j’ai faite il y a deux ans. Leur principale raison étant leur crainte de voir leurs relations se tendre avec les étudiants.

Personnellement, je pense que les étudiants sont assez mûrs pour ne pas nous tenir responsables de retards éventuels des bourses. Mais si tel n’est pas le cas, je ne crois pas qu’il serait dramatique de voir les étudiants venir manifester devant l’ambassade, ou même l’occuper, pour remettre le ministère des finances devant ses responsabilités. Tant qu’il n’y a pas de casse, bien sûr.

Par ailleurs je pense qu’en supprimant les frais de gestion (1600 FF par mois) cela permettra non seulement au ministère des finances de souffler, donc de sortir, en ce qui concerne la bourse des étudiants, du cercle vicieux dans lequel ils sont plongés depuis quelques années ; mais cela permettra aussi de reéavaluer la bourse des étudiants progressivement, ce qui n’a pas été fait depuis belle lurette.

En prenant en compte ces deux mesures je pense que le retard des bourses cesserait à court terme et le moral des étudiants n’en serait que meilleur aprés plusieurs années difficiles. ”

Mohamed DOUALEH
Conseiller
Ambassade de Djibouti en France

Note de l’ARDHD :
Le coût de 1.600 F pour traiter mensuellement la bourse d’un étudiant nous semble exhorbitant. Il faut savoir que le coût moyen de la feuille de paye d’un salarié français (qui est très complexe et qui comprend les déclarations sociales, etc..) est sous-traité par les Cabinets Comptables pour des montants variant entre 40 et 150 F par mois… On peut se poser des questions sur le coût de traitement, car comme le souligne justement M Doualeh, ce prélèvement s’effectue en fin de compte au détriment des bénéficiaires.
On pourrait aussi s’interroger sur les bénéficiaires de ce surcoût ?