27/03/02 Le Gouvernement en Exil (GED) lance un appel à toute l’opposition djiboutienne pour porter assistance au peuple djiboutien en danger …

Gouvernement
en Exil de Djibouti

 

Bruxelles,
le 27 mars 2002


Projet pour porter assistance au peuple djiboutien en
danger.

Chères sœurs
et chers frères djiboutiens,

A partir de la connaissance
que nous avons des conditions qui prévalent et du régime
politique instauré depuis trop longtemps dans notre pays, nous
avons pleinement conscience de l’impossibilité flagrante de nous
exprimer dans notre pays, tous et en toute liberté démocratique.

Nos droits inaliénables,
même notre simple droit d’expression, sont bafoués par Ismaël
Omar Guelleh qui a, comme chacun le sait, falsifié honteusement
les élections présidentielles de 1999. En toute impunité,
il a accaparé tous les pouvoirs et la majorité des ressources
de la République. Il dirige en actionnant simultanément
deux leviers : celui de la terreur (y compris physique) et celui du clientélisme.

Nous voyons bien qu’il
prépare déjà un nouveau ‘rapt’ électoral.
Pour s’assurer une victoire d’opérette aux prochaines élections,
il met en place des mesures, des obstacles et des contraintes inadmissibles,
afin de limiter le choix des Djiboutiens aux seuls candidats qu’il aura
désignés (et qui lui sont totalement dévoués),
au mépris total de la Constitution et de nos Lois.

Le non-respect avéré
de ses promesses : celles qu’il a fait, celles qu’il fait et celles qu’il
fera, ne sont que d’odieux artifices tout à fait illusoires, car
au mieux, ils ne pourront que lui permettre de gagner encore un peu temps
avant l’échéance inéluctable.

En tant qu’opposants
déclarés et porteurs d’un projet alternatif, garantissant
le retour à la démocratie, à la justice et à
l’expression de toutes les libertés constitutionnelles, nous pensons
qu’il est de notre devoir de contribuer à hâter cette échéance,
car ce sont les conditions de vie de nos compatriotes qui sont gravement
mises en cause.

Il y a véritablement
urgence et nous devons porter assistance à un peuple en danger.

Nous sommes certains
que tous les opposants djiboutiens, quelle que soit leur sensibilité,
ont le même objectif prioritaire : celui de mettre un terme à
la dictature pour reconstruire. C’est ce point qui doit nous réunir,
afin de parvenir à la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale.

Ensuite, nous pourrons
exprimer nos différences dans un cadre démocratique et légal.
Ainsi ce seront les Djiboutiens, au travers de consultations libres et
transparentes, qui choisiront les programmes et les initiatives qu’ils
préféreront encourager et soutenir.

Notre initiative,
en constituant le Gouvernement en Exil va exactement dans ce sens. Tous
les membres du GED travaillent à la rédaction d’un programme
pour assurer l’avenir et la renaissance du pays, de son économie,
de son dynamisme et du bonheur de ses habitants redevenus citoyens à
part entière.

Il ne s’agit pas,
à proprement parler, d’un programme politique, mais plus simplement
d’un plan de sauvetage et de reconstruction. En ce sens, il ne devrait
pas être concurrent des options ni des programmes politiques des
différentes organisations de l’opposition. Nous prévoyons
de le finaliser pour la fin du mois d’Avril.

Ce programme est très
attendu par toutes les instances nationales et internationales que nous
avons rencontrées. Il servira de support pour prouver aux différents
Gouvernements, dont celui de la France qui joue un rôle de premier
plan à Djibouti, que nous, les opposants, nous avons la pleine
capacité de prendre notre destin en main, d’assurer la transition
dans la stabilité et de mettre en place un régime démocratique.

Chères Sœurs
et chers Frères, je vous adresse cette lettre ouverte à
plusieurs titres :

– d’abord pour vous
informer officiellement au sujet de notre initiative : de ses objectifs,
de ses moyens d’action et de sa finalité,
– ensuite pour vous proposer de nous rejoindre, soit en envisageant
votre intégration dans le Gouvernement en Exil, soit en vous
associant sous une forme à définir, à nos actions,
personnellement ou au titre de votre organisation : parti politique,
syndicat, mouvement et/ou association.

Ce n’est que dans
l’Union et avec le concours de toutes les forces vitales du pays (à
l’intérieur et à l’extérieur), que nous pourrons
mettre un point final à ces années de dictature.

Ce projet commun de
l’opposition aura acquis la crédibilité nécessaire
(et nous avons déjà reçu les premières assurances)
pour démontrer aux instances internationales ainsi qu’aux bailleurs
de fonds que le temps est venu de cesser de soutenir abusivement le régime
dictatorial.

Nous leur prouverons
qu’ils ont été abusés et que leurs louables intentions
sont systéma-tiquement détournées par une organisation
de fossoyeurs de notre économie. La part majoritaire des aides
et des subventions internationales est écartée de sa finalité.
Elles n’ont donc pratiquement aucun impact positif sur les conditions
de vie du peuple. Et bien souvent, il faut même parler d’impact
négatif comme, par exemple, l’achat d’armement et le recrutement
de mercenaires pour sur-dimensionner les forces spéciales de la
police et de la répression.

Avant
de terminer cette lettre et de vous exprimer clairement mon optimisme
pour l’avenir et ma confiance dans les forces et dans les ressources du
peuple djiboutien, je vous renouvelle mon invitation, soit à venir
nous rejoindre, soit à vous associer à notre initiative
pour contribuer à mettre un terme à la situation actuelle.

Fasse qu’Allah, le
miséricordieux, ait pitié de nos âmes si nous venions
à renoncer devant la difficulté, l’adversité et l’abandon,
devant l’indigne qui contraint notre Nation à la misère
et qui la relègue quasiment au dernier rang des pays d’Afrique.

Levons-nous ensemble
mes sœurs,
Levons-nous ensemble mes frères dans la dignité, avec courage
et vers un même but ; l’avenir des enfants et de notre Nation dépendent
de nous et de nul autre.


Cordialement à vous.

Mahamoud
Idriss Ahmed,
Président du GED