16/08/2002 Un jeune djiboutien incarcéré à Ali Adde. Est-ce pour assurer une sorte de couverture à Guelleh ? que va faire la justice djiboutienne ?

C’est une aventure consternante qui se termine mal pour le moment !

Adel Taher, jeune djiboutien, fils d’une famille connue, a décidé
de prendre des photos des avions américains, dans la zone de Nagad
Douda.

Très vite les services de sécurité américains
l’ont intercepté et ils l’ont interrogé ‘en profondeur’.
Il leur est apparu que le jeune homme était de bonne foi et qu’il
n’avait rien à voir avec des réseaux terroristes et en particulier
avec ceux d’Al-Quayda qui pourraient bien avoir des antennes à
Djibouti, comme nous l’avons déjà signalé.

En fait, prendre des photos des bâtiments de guerre ou des nouveaux
avions qui arrivent, cela se fait depuis des dizaines d’années.
Chacun souhaite conserver le souvenir de ce qui est un événementà
Djibouti.

Le jeune homme a été ‘blanchi’ et relâché
rapidement par les Américains. L’histoire aurait du s’arrêter
là.

Mais ce serait oublié Guelleh ! Aussitôt, Guelleh l’a fait
interner à Ali Adde, un fortin en plein désert qui avait
servi de “résidence” dans les années 91 à
MM. Ali et Mohamed Aref. C’est un endroit où les ‘invités
de marque’ manquent un peu d’occupation ! Mais ils y bénéficient
d’un ensoleillement maximum, sans compter les visites possibles, impromptues
ou organisées de quelques serpents dangereux .. et les risques
d’empoisonnement alimentaire …. fréquents dans ce fortin.

Pour quelles raisons, le sinistre Guelleh a-t-il fait incarcérer
ce jeune homme sans jugement bien entendu ?

nous y voyons deux raisons possibles qui peuvent se cumuler car elles
ne sont pas contradictoires.

D’un côté, Guelleh pourrait être mis en cause pour
ses relations possibles avec Al-Quayda, via des ONG djiboutiennes, des
transferts de fonds douteux vers des banques de la nébuleuse (au
Soudan) et des ventes d’armes en infraction avec les règles internationales….
Il pourrait donc être surveillé de près par les Américains,
bien que cela ne soit jamais dit officiellement. Dans ce cas, IOG tenait
là une bonne pour montrer qu’il était plus ‘royaliste que
le roi” ! En se montrant beaucoup plus sévère que les
Américains eux-même (à l’encontre un jeune homme dont,
au fond, il se moque éperdument, puisqu’il ne fait pas partie de
ses proches), il peut chercher à se donner une façade :
celle du plus farouche opposant au terrorisme ! Qui le croira vraiment,
le pauvre IOG ! c’est comme le fait de participer à des conférences
sur la non prolifération des Armes de Guerre : ça fait toujours
rire de savoir qu’il y a les représentants d’un fabricant et exportateur
d’armement dans l’Assemblée !

D’un autre côté, la famille de ce jeune homme pourrait être
riche et connue. Elle ferait partie d’une autre composant de la société
djiboutienne sur laquelle il n’a pas d’autorité. En se réservant
un otage de choix, notre génie de la Corne pourrait avoir l’espoir
de faire chanter la famille entière (voire la communauté)
et d’exiger une rançon (financières) ou des avantages nouveaux
… comme une reconnaissance ou une légitimité dont il a
le plus grand besoin actuellement.

La communauté dont est issue ce jeune homme n’est pas connue ni
pour son opposition ni pour son interventionnisme dans les affaires de
l’État. Un certain nombre de ses membres sont même des commerçants
proches (très proches) du pouvoir … Pourtant, cette sordide affaire
ne risque-t-elle pas de mettre le feu à la poudre, qui couvait
?

De toutes les façons, rien n’a changé ! L’injustice continue,
la corruption et le chantage règnent en maîtres à
Djibouti.