19/12/02 (B176/2) Humour noir. Le pouvoir djiboutien est-il en train de s’affoler avec les nouveaux développements de l’affaire Borrel ? En tout cas c’est ce que pourrait le laisser supposer un article paru récemment dans La Nation.

Dans un article disponible
sur le site Internet de La Nation, nous découvrons la réaction
officielle à l’émission de Canal +.

Réaction étonnante,
puisque l’article parle d’une émission dont IOG a interdit la diffusion
à plusieurs reprises en utilisant différents artifices : pression
sur le détenteur des droits de rediffusion, coupure de courant (pour
un autre reportage de TV5), etc…

Ces deux émissions
n’ayant jamais été diffusées à Djibouti, des esprits
logiques n’auraient pas compris la nécessité de rassurer le
‘pauvre’ Djiboutien qui, ignorant tout du contenu de la cassette et de la
prestation lamentable de son chef devant les journalistes, n’avait aucune
raison de s’inquièter d’une mise en cause de l’honorabilité
d’un Chef. Ce chef qu’il est contraint de qualifier de “bien aimé”,
sous peine d’aller en prison…. ou de perdre un emploi pour lequel il n’est
pas payé depuis plusieurs mois.

La Nation attaque bille
en tête les hommes : Alhoumekani, Iftin et Bernard Nicolas le journaliste.
Ca c’est habituel ! Vieille tradition du journal, quand La Nation n’a rien
à dire, elle discrédite les autres. Mais au fond l’équipe
de rédaction a raison, car sur le plan du crédit, elle n’a vraiment
plus grand chose à perdre … et elle peut se noyer dans le ridicule
sans engendrer de dommages supplémentaires : c’est déjà
fait.

Car ce qui est amusant,
c’est qu’à vouloir trop en faire, La Nation se prend parfois les pieds
dans ses contradictions. Nous avons retenu un exemple parce qu’il ne manquera
pas de faire sourire les fins connaisseurs ….

Promouvoir
les plus nuls !

“En juin 94 par
exemple, il (Alhoumekani) avait été renvoyé d’un stage
d’officier en France après avoir obtenu une note de 2,25 sur 20 et
le qualificatif ” d’élément perturbateur pour sa promotion
“.
Or on sait que M Alhoumekani, trois mois après son retour
du stage, a été promu à la sécurité rapprochée
de Guelleh, dans la garde républicaine, poste prestigieux et nécessitant
une confiance totale de la hiérachie ! Est-ce la preuve que le régime
sélectionne les plus c… pour se protéger des gens intelligents,
qui pourraient avoir envie d’ouvrir les yeux et de mesurer l’ampleur du désastre
économique, social et humain dans la petite République ? CQFD.

Et La Nation en remet une couche en nous apprenant que le Chef de la Garde présidentielle, avait été choisi parmi les officiers pour son profil psychologiquement des plus instables …

C’est une méthode de recrutement, comme une autre : nous avions déjà eu l’occasion de la signaler à propos de la nomination de l’Ambassadeur en Arabie saoudite, ce brillant intellectuel mondialement reconnu pour son Q.I. !…

Mais alors que penser de l’homme qui est le plus proche de Guelleh ? Hassan Saïd qui dévoile, manifestement, des secrets d’état au premier journaliste venu le voir dans ce cadre précis, avec des intentions connues et explicites … Instabilité caractérielle ou niveau extrêmement bas d’intelligence ? On se demande ce que nous dira La Nation dans quelques mois, lorsque la querelle entre IOG et son Chef Barbouze sera définitivement consommée …

C’est quand même Hassan Saïd qui contribue à le plonger dans cette situation par pure bêtise doublée de vantardise infantile.

Un homme qui parle trop : est-ce bien compatible avec la direction d’un service aussi sensible que les services secrets du pays ?

Procès pour procès,
La Nation oublie de nous dire qu’elle pourrait être impliquée
dans une procédure en diffamation devant les tribunaux français.
On saura dans les motivations de leur décision si les juges français
ont récompensé l’humour ou condamné la violence verbale
et les insultes gratuites et non fondées.

Ce qui est sur, c’est
que l’affaire Borrel taraude actuellement le Chef de l’Etat … Selon les
psychologues interrogés, son comportement pendant la conférence
de presse trahissait, un sentiment visible de culpabilité et une forte
inquiétude : ‘comme on dit chez nous … il est resté sans
voix, au propre et au figuré’.

Et pourtant que risque
Guelleh au fond ? Les bénéficiaires de ses largesses ‘les
obligés traditionnels et les opposants repentis’
continueront,
pendant longtemps encore, à clamer ses vertus : son éducation,
son charme, son calme, son élégance, sa douceur et sa civilité.
Un homme qui aurait fait des progrés remarquables dans tous ces domaines…
en quelque mois seulement. Au fond, c’est facile quand on est parti d’assez
bas.

Et le Peuple continuera
à se faire tondre la laine sur le dos, sans réagir pendant des
années.