29/08/03 (B209) EXODE ET DEPORTATION, vers quelle destination ? Vers quel destin tragique ? (ARDHD)

En décidant la déportation
de milliers d’étrangers établis à Djibouti, parfois depuis
10 ou 20 ans, le Ministre de l’intérieur, sous les ordres de Guelleh,
prend une responsabilité terrifiante.

Préparée
scientifiquement et militairement, l’opération pourrait tourner au
véritable désastre humanitaire. En effet, aucun accompagnement à la hauteur de la catastrophe annoncée,
n’a été prévu. C’est la mesure brutale d’un gouvernement
dictatorial qui condamne des milliers de pauvres gens à l’exode … à la famine !
Il semblerait que Guelleh ait réussi à impliquer, en catastrophe,
le bureau local du HCR, mais on comprend que cet appui de dernière
minute est bien timide et qu’il n’est pas à la hauteur de la rafle
envisagée. (Médical, financier, social ? Rien ne semble prévu
pour accompagner cet exode massif)

Raccompagner les étrangers
à la frontière : c’est bien beau. Mais que vont-ils trouver
de l’autre côté ? (*)

  • L’Ethiopie subit une
    famine sans précédent : 12 à 13 millions de personnes
    seraient victime de la famine et en grand danger.
  • L’Erythrée :
    64 % de la population souffre des mêmes maux.
  • La Somalie : l’instabilité,
    les dangers et la famine.

Ces pauvres gens, sans
ressources, déracinés, jetés à la porte de Djibouti,
pour satisfaire, murmure-t-on, aux demandes sécuritaires américaines,
sont utilisés plus probablement ‘comme des boucs émissaires’ pour justifier la faillite
du Gouvernement Guelleh sur de nombreux plans : par exemple, la sécurité,
l’économie, le chômage, l’environnement urbain, …).

Et pourtant ils participaient
activement à l’économie et au fonctionnement du pays, acceptant
des travaux mal payés de gardiennage ou de ménage, que les Djiboutiens,
mêmes privés d’emploi, refusent et refuseront d’accomplir.

Les méthodes utilisées
rappellent de douloureux souvenirs. Verra-t-on prochainement les policiers
djiboutiens interdire l’accès aux magasins yéménites
? Verra-t-on les yéménites, les érythréens ou
d’autres, contraints de porter un signe distinctif, pour les signaler aux
forces de Police ?

“A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire”.

La xénophobie,
érigée en système de gouvernement, n’a jamais produit
de miracle.

Bien au contraire, dans
la grande majorité des cas, elle a hâté la chute du système
qui l’a mis en oeuvre. Une société repliée sur elle-même,
fermée aux étrangers, a-t-elle des chances de développement
et même de survie ? Bien sur que non !

S’il y a des étrangers
qui sont responsables de la faillite économique de Djibouti, ce ne
sont pas ces pauvres gens que l’on va conduire manu militari dans des camps
(de concentration ?) aux frontières de Djibouti. Il faut regarder beaucoup
plus haut jusqu’au sommet de la pyramide.

Guelleh condamne des milliers
de gens à la mort (physique et sociale), mais surtout il entraîne le pays
dans une spirale infernale et sans fin. C’est la dégringolade assurée et
un avenir encore plus sombre qui attend la société civile djiboutienne,
si elle ne réagit pas, contre les responsables de ses malheurs.

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(*) Extraits de presse publiés par les Nouvelles d’Addis

62% de la population érythréenne menacés de famine…

Les agences des Nations Unies et les autorités en Érythrée
ont lancé, c’était mardi de cette semaine, un appel afin
de mobiliser la communauté internationale autour de la crise humanitaire
que traverse actuellement l’Érythrée. Quelque 2.380.000
personnes, 62% de la population, sont actuellement menacées par une
crise alimentaire en raison d’une sècheresse grave et les conséquences
de la dernière guerre avec l’Éthiopie qui a déplacé
des milliers de personnes, selon un rapport présenté notamment
par le coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU en Érythrée
qui précise par ailleurs que seulement 43% de l’aide demandée
a été garantie pour l’instant en Érythrée.

… Ainsi que 12 millions d’Éthiopiens
Même cri d’alarme en Éthiopie voisine où le PAM,
le Programme alimentaire mondial, attire l’attention de la communauté
internationale sur la situation de famine qui prévaut dans ce pays.
Certes, affirme le PAM, la sècheresse sévit dans l’ensemble
de la corne de l’Afrique, mais c’est en Éthiopie qu’elle
prend les proportions les plus catastrophiques. 12 millions de personnes y
sont menacées souligne l’agence onusienne. [Radio Vatican, 12/06/2003]

ARDHD