17/10/03 (B217) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

LA NOUVELLE EXIGENCE

par Aïnaché
le 17/10/2003

La décision de
mettre ”dehors” des réfugiés, avec la mauvaise manière
que nous avons dénoncée en son temps, avait pour motif avoué,
des impératifs économiques. Nous savions que cet argument était
l’arbre qui cachait la forêt.

La véritable raison
était sécuritaire, derrière laquelle planait l’injection
des Etats-Unis d’Amérique. Ce qui n’avait pas empêché
ces derniers de désavouer violemment la méthode inhumaine employée
par le pouvoir Djiboutien.

Il s’avère évident
que le pouvoir Djiboutien n’a pas compris le conseil qui lui était
prodigué et a voulu faire du zèle pour plaire au nouveau protecteur.

L’inquiétude des
Etats-Unis d’Amérique ne s’est pas estompée pour autant car
ils continuent à demander au gouvernement de Djibouti de mieux surveiller
les rassemblements, dans les lieux de culte musulman, qui à leurs yeux
passent pour suspects. Ils montrent leur inquiétude également,
pour les lieux de culte fréquentés par leurs ressortissants
et les étrangers, où, à leur point de vue la sécurité
est mal assurée par le pouvoir Djiboutien.

A ce propos, le Ministre
de l’Intérieur lors de son interview à la BBC en langue somalie,
samedi dernier, n’a pas voulu répondre à la question sur la
nouvelle exigence des Etats-Unis d’Amérique, malgré les relances
de l’excellent intervieweur Abdi-Salam Herery.

En éludant la question
pourtant précise du journaliste, notre Ministre de l’Intérieur
a semé la confusion. Il est fondé de s’inquiéter de la
nouvelle exigence de nos nouveaux protecteurs. Ceux là même avec
qui les Djiboutiens notent une dégradation des relations, des comportements
vexatoires et grotesques signalés également par des observateurs
étrangers.

Pour ce qui est de la
répression, il est inutile d’inciter nos dirigeants car ils sont passés
maître en la matière. Tout le monde sait aujourd’hui ce dont
le pouvoir Djiboutien est capable. Par contre, ils ont terriblement besoin
de conseils pour traiter le chômage endémique et les problèmes
sociaux en général.

Il est communément
admis maintenant, que le pouvoir Djiboutien a profité de cette opération
pour expulser avec les étrangers, beaucoup de nationaux dépourvus
de documents administratifs, mais notoirement connus dans leurs quartiers
ou villages.

Il a été
également signalé, que quelques Djiboutiens dans leur mal de
vivre honnêtement dans leur pays, ont cru bon de se mêler aux
réfugiés expulsés, dans l’espoir de trouver d’autres
cieux plus accueillants.

Un mois après les
expulsions d’environ 20% de la population, on ne voit pas encore les mesures
mises en place par le gouvernement, pour permettre aux nationaux de s’approprier
les emplois occupés par les travailleurs étrangers.

Contrairement aux arguments
avancés, pour justifier le retour des étrangers dans leurs pays
respectifs, les gesticulations de notre gouvernement se limitent aux expulsions
que le ”pauvre” Ministre de l’Intérieur se trouve seul à exécuter.

Nous avons noté
dans cette opération l’isolement du Ministre de l’Intérieur
et le silence assourdissant de ses collègues. Certains ministres et
non les moindres se sont même désolidarisés dès
que nous avons dénoncé la mauvaise méthode inhumaine
employée. Chacun a pu noter la discrétion coupable du Président
de la république sur cette opération

Un mois après cette
opération, la promesse de dégager des emplois en faveur des
nationaux reste des vœux pieux. Jusqu’à présent les différents
ministères (emplois et solidarité, finances, etc…) normalement
concernés, n’ont rien entrepris.

Les Djiboutiens ont raison
d’être inquiet. Surtout, ceux qui ont cru à la promesse du gouvernement
qui répétait inlassablement : après le départ
des étrangers il n’y aura plus de chômage en république
de Djibouti. Rien que ça !!!

Manifestement, c’était
aller un peu vite en besogne. Pour nos dirigeants, c’était tout simplement
comme d’habitude, parler sans se soucier de l’impact et de l’espoir ou du
désespoir que pourrait occasionner leur promesse.

Aujourd’hui, certains
ministres ont la cruauté de dire que les Djiboutiens sont impatients.
Bien sûr pour les ministres qui n’ont pas de soucis de fin de mois et
sont payés rubis sur l’ongle, sans rien faire, il leurs est difficile
de comprendre ces pauvres chômeurs. Ceux là même, qui font
la queue dès l’aube devant le bureau de la main d’œuvre tous les
matins dans l’espoir de trouver un subside quotidien, pour nourrir leurs enfants.

Il est bien connu, chez
nos politiques, qu’il y a malheureusement une réelle confusion entre
l’immobilisme et la patience.

Il est hélas définitivement
établi, que nous ne pourrons jamais croire la promesse de nos dirigeants
actuels et que nos chômeurs ne verront pas leurs situations évoluer.
Il nous reste à ne pas baisser la garde et à être très
vigilants, vis à vis de leurs promesses.

Il va falloir aussi, suivre
de près la manière dont notre gouvernement répondra à
la nouvelle exigence des Etats-Unis d’Amérique.

AÏNACHÉ


P.S. : Je me réjouis de l’augmentation de la publication du Journal
” LA NATION ” et j’encourage la direction et les journalistes à
poursuivre leur progression. Comme je les encourage à améliorer
le contenu du journal afin qu’il reflète réellement la vie de
la nation !