11/03/04 (B237) Vers une tension de plus en plus alarmante à Djibouti ? (ARDHD)

Après une période
relativement calme, durant laquelle nous n’avons reçu que peu d’informations
de la part de nos correspondants, en tout cas moins qu’à l’accoutumée,
nous recevons des nouvelles inquiétantes qui sont confirmées
par trois sources.

Elles concernent la montée
de la grogne et du malaise, non seulement au sein de la population, mais maintenant
dans les rangs de l’AND. Plusieurs messages publiés sur notre site,
constituent des appels et des mises en garde.

En tant qu’Observateurs
et Défenseurs des Droits de l’Homme à Djibouti, nous ne pouvons
qu’être alertés par cette situation qui est inquiétante.
Nous espérons que Djibouti ne connaîtra pas dans les prochaines
semaines, des débordements qui seraient préjudiciables à
une population déjà mis à mal par un régime de
plus en plus autoritaire, corrompu, dictatorial et sans aucune vergogne.

Cela dit, il faut reconnaître
que la responsabilité de cette situation repose sur les épaules
d’un homme et de la petite équipe de “brigands” qui l’entoure (+ les nouveaux associés).
Lui seul à le pouvoir de mettre un terme à la grogne qui monte.
Pourra-t-il encore le faire en conservant son poste et ses prérogatives
?

C’est la question que
se pose de nombreux observateurs, qui comparent, parfois trop rapidement,
le contexte avec des événements survenus au même moment
dans d’autres pays. Il est vrai que les Américains sont installés
en force à Djibouti et qu’ils ont quelques raisons, dit-on, de ne pas
apprécier toutes les décisions d’IOG, surtout comme l’a écrit
récemment le GED, s’il touche maladroitement aux intérêts
des pétroliers … qui sont une chasse gardée du Président
Bush.

Mais les Français
sont encore / aussi très présents. Un consensus franco-américain
serait-il nécessaire pour imposer une modification de l’équipe
dirigeante ? Certes, il se murmure dans la presse internationale que ce consensus
aurait bien fonctionné dans le cas d’Haïti, mais Djibouti est-ce
pareil ? Nos princes français ont tissé des relations amicales,
fraternelles et solides avec tous les dictateurs africains, y compris les
pires et Guelleh en fait partie … Yadema, reçu récemment à
Paris, en est un autre exemple …

Certes, la France a toujours
la possibilité de ressortir l’Affaire Borrel au moment opportun pour
justifier le lâchage (lynchage ?) diplomatique de la dictature, mais
a-t-elle les coudées franches pour le faire ? N’y a-t-il pas des informations
‘malencontreuses’ qui pourraient venir au jour si la France touchait un seul
poil d’IOG ? Dispose-t-il pour assurer sa protection et la pérennité
de son système, d’informations sensibles que la France n’aimerait pas
voir étalées à la une de la Presse ?

Si Haïti est un exemple
récent et douloureux pour la population déjà exsangue,
il y a d’autres cas récent de licenciement présidentiel qui
se sont déroulés dans le calme et sans effusion de sang, et
cela est plus rassurant.

Le départ d’IOG
et de sa clique de Ministres, de Généraux et de prédateurs
de tous poils ne nous attristerait pas : certains pourraient d’ailleurs connaître
les tribunaux internationaux, à la condition que les Djiboutiens se
mobilisent pour porter plainte contre les graves sévices qui ont été
infligés à leur personne et aux membres de leurs familles.

L’ARDHD redoute que des
événements graves se déroulent sur le sol et qu’ils aient
des répercutions : nous n’en savons pas plus, mais certains signes
avant-coureur sont alarmants.

Nous lançons un
appel à la communauté internationale, à la France, aux
USA et au régime de Guelleh pour qu’ils prennent en compte les aspirations
légitimes du Peuple et qu’ils imposent, sans attendre le pire, une
transformation radicale de la nature du régime, en permettant à
des hommes honnêtes d’assumer la transition et la rénovation
de l’État et des pratiques … Faute de quoi, chaque partie devra assumer
ses responsabilité.

Nous lançons un
appel à tous ceux qui nous adressent régulièrement des
textes pour qu’ils continuent à nous transmettre sans retard leurs
informations. Ce sont les lecteurs qui constituent la principale source d’information
de ce support qui permet de les relayer pratiquement en temps réel auprès de toute
la communauté djiboutienne, non seulement à Djibouti mais dans le monde.