22/05/04 (B248) Un lecteur nous propose l’histoire d’une injustice locale, que nous publions à titre d’exemple de ce que subissent les Djiboutiens. (Lecteur)

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Note de l’ARDHD

Il n’est pas dans nos habitudes de publier des affaires locales. Une fois
n’est pas coutume, car il est instructif de montrer la vie et les souffrances
de la Population, victimes du régime, des gangs et de l’injustice élevée
au niveau de règle de Gouvernement, ainsi que les flux financiers entre
le privé et ceux qui ont le pouvoir.

Nous rappelons que
cette information est transmise par un lecteur et que nous n’avons pas pu
vérifier les faits, faute de moyens, mais que nous accepterons, selon
la règle, de publier une réponse émanant des personnes
mises en cause, si elles le jugent utile.
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Djibouti / Groupe MARILL

” Une mère
de famille, victime d’un reseau de gang “

Madame Halima Bourhan
Ali, 29 ans, mère de 6 enfants, travaille depuis dix ans, au sein de
la SADIEGA, une Société de distributrion d’eau gazeuse et alcool,
appartenant à un groupe, dont Monsieur Luc Marill est l’un des associés
dirigeant.

Jusque là, cette
jeune femme, qui nourrit sa famille avec le fruit de son labeur, qui est essentiellement
son salaire de vendeuse (à la caisse), ne connait pas de difficultés
professionnelles particulières.

il y a deux ans, un certain
Safwan Abdou, l’un des responsables de la société, très
proche du patron L. Marill, a tenté de faire endosser à Madame
H. Bourhan Ali, la responsabilité d’un trou de 5 Millions de Francs
Djibouti. Pour ce faire, il n’a pas hésité à falsifier
des pièces comptables.

Heureusement pour la jeune
dame, la méthode de notre “faussaire” en la matière,
a très vite trouvé ses limites, puisque cette dernière
a pu démontrer et prouver la culpabilité de Safwan Abdou.

Il est intéressant
de signaler, que ce responsable en question (qui avait effectivement volé
les 5 Millions dans les caisses de l’entreprise) n’a pas été
inquièté outre mesure et qu’il a même bénéficié
d’un plan de remboursement échelonné sur plusieurs années.
Cette histoire date de deux ans. Tout est bien qui finit bien pour cette fois.

Mais hélas, l’histoire
ne s’arrête pas là !

Le 5 Mai dernier, une
nouvelle malversation financière est découverte au sein de cette
même entreprise. Encore une !

Cette fois-ci, Safwan
est plus que jamais décidé à faire “licencier”
la dame qui dérange son patron et lui-même. En effet, la principale
mission de Monsieur Abdou consiste à amadouer le Fisc djiboutien, dont
la souplesse et la compréhension de ses agents est directement proportionnelle
à l’importance des ‘petites faveurs(!)’ que nous connaissons tous.
Il doit faire disparaitre certaines pièces de la comptabilité,
pour cela !!

Un trou de 866 000 Fdj
est décelé dans la caisse, après un contrôle.

La patrone du Café.
. . affirme qu’elle a réglé la facture de 866 000 Fdj, en espèces,
en remettant la somme à Monsieur Nasri, qui est le cousin de Safwan
Abdou, lequel est lui-même gendre du Général Fathi Houssein
(Chef d’Etat-Major Général des Armées).

Ce lien de parenté
l’autorise-t-il pour autant à se livrer, à toutes sortes d’extorsion,
en toute impunité dans Djibouti ? Il semble que la réponse soit
positive, puisque les Policiers de la Brigade Criminelle, à qui l’enquète
a été confiée, sont commandés par le propre parent
des personnes mises en cause, Safwan et Nasri.

Le Chef de la Police a
exercé d’insoutenables pressions sur la Patrone du Café, qui
est d’origine ethiopienne (donc vulnérable), afin qu’elle modifie radicalement
sa déclaration.

La signature d’Halima
Bouhran Ali était si grossièrement exécutée que
l’on ne pourrait pas la prendre pour une signature authentique, même
dans un système corrompu au dernier degré.

L’Ethiopienne a bien reconnu
devant les enquéteurs de la Gendarmerie, qu’elle avait remis l’argent
à Monsieur Nasri et à personne d’autre !

Le Procés Verbal
dressé par les gendarmes est disponible, même si à l’heure
actuelle l’enquète est dilligentée par les éléments
de la Brigade Criminelle de la FNP.

Pour conclure, la mère
de famille tient à porter à la connaissance des uns et des autres,
qu’elle souhaite que la procédure d’enquète puisse se dérouler
normalement, en application des Lois et sans aucune entrave ni pression !
Ses détracteurs seraient des parents de Fathi, qui préfèrent
couvrir les actes répréhensibles s’ils sont commis par des proches,
même de moralité plus que contestables ….

Rappelons au passage,
que certains ressortissants français, à l’image des enfants
Marill, se permettent beaucoup de choses quand ils sont en Afrique.

Beaucoup de leurs employés
qu’ils licencient au gré de l’humeur, n’ont pas les moyens de se défendre,
mais Madame Bouhran est déterminée à aller jusqu’au bout,
pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire plus que louche.

Il y va de l’honneur d’une
honnête mère de famille, victime d’un réseau que certains
désigneraient comme des ‘gangsters en col blanc’. Sa détermination
pourrait donner à réfléchir et sa victoire aurait un
effet encourageant pour limiter les abus qui sont commis chaque jour.