29/03/07 (B388-B) Somalie : offensive éthiopienne contre les insurgés, 22 tués dont 7 soldats

Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO (AFP) – L’armée éthiopienne, alliée
au gouvernement somalien, a lancé jeudi à Mogadiscio une offensive
terrestre et aérienne visant les insurgés auteurs des attaques
dans la capitale somalienne depuis la chute des tribunaux islamiques, et qui
a fait au moins 22 morts, dont sept soldats.

C’est la première fois qu’il est fait état de soldats éthiopiens
tués dans Mogadiscio depuis la défaite infligée par les
forces éthiopiennes et somaliennes aux milices des tribunaux islamiques
il y a trois mois.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des troupes éthiopiennes,
appuyées notamment par des chars, se sont déployées dans
le sud de la ville, où des miliciens tiennent des positions.

A l’aube, les combats ont commencé, avant que les soldats ne reçoivent
le renfort d’hélicoptères de combat qui ont tiré des
missiles. Les affrontements contre les insurgés se poursuivaient en
fin de journée, mais avec moins d’intensité, a constaté
un journaliste de l’AFP.

Les combats ont fait au moins 22 morts, dont sept soldats éthiopiens,
et 130 blessés, selon un bilan compilé à partir de témoignages
d’habitants, de source hospitalière et de scènes vues par l’AFP.

Cinq corps, portant des uniformes de l’armée éthiopienne, gisaient
dans les rues du quartier de Shirkole, dans le sud de Mogadiscio, où
deux autres soldats tués ont été traînés
au bout de cordes par des habitants, dont des femmes, a constaté un
autre journaliste de l’AFP.

“Ce matin, les Ethiopiens ont lancé une opération dans
la partie sud de la ville”, a déclaré à l’AFP un
officier de la force africaine de paix en Somalie (Amisom), sous couvert de
l’anonymat.

De violents affrontements se déroulaient aussi dans le nord de Mogadiscio,
dans le quartier Ramadan, selon un journaliste de l’AFP.

Pour la première fois depuis la chute des tribunaux islamiques, l’armée
éthiopienne a eu recours aux hélicoptères d’assaut à
Mogadiscio.

Les forces éthiopiennes et somaliennes ont chassé fin décembre-début
janvier les tribunaux islamiques des régions de Somalie qu’ils contrôlaient
depuis des mois.

Depuis, elles doivent faire face à Mogadiscio à une insurrection
à laquelle participent, selon des experts, miliciens islamistes, chefs
de guerre et chefs traditionnels.

Plus d’une centaine de personnes, essentiellement des civils, ont été
tuées ces trois derniers mois dans la capitale, provoquant un exode
massif.

Environ 57.000 personnes ont fui Mogadiscio depuis début février,
selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés
(HCR).

L’offensive éthiopienne lancée jeudi est destinée à
“vider” Mogadiscio des miliciens, a expliqué à l’AFP
un diplomate éthiopien en poste à Mogadiscio.

“L’opération militaire durera jusqu’à ce que les objectifs
soient remplis”, a-t-il ajouté, exhortant la population “à
ne pas participer aux attaques contre les forces éthiopiennes”.

Mais dans Mogadiscio, des personnes munies de haut-parleur ont appelé
la population à se battre: “Vous devez sortir et vous battre pour
votre pays et votre dignité. N’acceptez pas l’occupation de l’Ethiopie”.

Les combats ont éclaté jeudi alors que la ville connaissait
une relative accalmie depuis samedi.

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a par ailleurs affirmé
devant le Parlement à Addis Abeba que les deux-tiers de ses soldats
déployés en Somalie avaient quitté le pays.

Addis Abeba avait justifié son intervention militaire en Somalie par
les menaces que les islamistes proféraient contre le régime
éthiopien.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique voisin de l’Ethiopie, est
en guerre civile depuis la chute du dictateur Mohamed Said Barre en 1991.