25/04/07 (B392-B) AP / Le gouvernement somalien complique l’acheminement de l’aide humanitaire, selon des agences onusiennes (Info lectrice)

NAIROBI,
Kenya (AP) – Le gouvernement de transition somalien exige d’inspecter toutes
les livraisons de vivres ou médicaments, compliquant leur acheminement
en dépit des appels urgents de la communauté internationale,
à l’heure où le pays connait sa pire crise humanitaire depuis
près de 20 ans, selon des échanges de courrier dont l’Associated
Press a eu connaissance.

Ces différentes missives ont été fournies sous
couvert de l’anonymat à l’AP par un responsable humanitaire, qui souhaitait
les rendre publiques à la veille d’une réunion au Conseil de
sécurité de l’ONU.

“Aucune distribution de vivres ne doit
avoir lieu où que ce soit en Somalie sans avoir été inspectée
et approuvée par le gouvernement” écrit, dans une lettre
obtenue mardi, le ministre de l’Intérieur Mohamed Mohamud Guled au
Programme alimentaire mondial (PAM).

La semaine dernière, ce même ministre expliquait, suite aux plaintes
de l’ONU déplorant de ce fait le ralentissement de la distribution
de l’assistance, qu’il était “du devoir du gouvernement de superviser
toute l’aide humanitaire, pour des raisons de sécurité”.

Reste que la toute jeune administration somalienne
n’a pas les moyens de mener des inspections efficaces de volumes massifs d’aide.

Selon des agences onusiennes et des diplomates, plusieurs importantes cargaisons
ont de ce fait été refoulées, faute de feu vert gouvernemental.

Et ce alors que plus de 320.000 personnes ont fui Mogadiscio depuis février
et que des masses de réfugiés s’entassent dans des camps, dans
des conditions plus que précaires.

Tant l’ONU que l’Union européenne et Washington ont fait appel au président
somalien Abdullahi Yusuf et au Premier ministre Ali Mohammed Gedi pour qu’ils
cessent de compliquer une tâche déjà difficile dans les
conditions de violence et de chaos que connaît la Somalie.

Les humanitaires sont pris entre deux feux, d’un côté
les pillages et les menaces des miliciens, de l’autre les “obstacles
administratifs” du gouvernement de transition, déplore l’ambassadeur
allemand au Kenya, au nom de l’UE, dans une lettre datée du 20 avril.

De son côté, l’ambassadeur des Etats-Unis dénonce l’attitude
“inacceptable” d’au moins un gouverneur de région, qui a
réclamé un droit de passage pour un convoi humanitaire.

AP