11/07/08 (B455) Publication d’un communiqué du MRD, à la demande du Président de la LDDH

________________________________ Note de l’ARDHD
En octobre 2005, le Général Zakaria nous avait intenté un procès en diffamation pour des écrits qui avaient été publiés sur le site et qui prenaient la défense DAF quand il avait été emprisonné et condamné à Djibouti sur les ordres de ce même Général.

Malgré la plaidoirie honteuse de Me AREF son avocat  contre l’ARDHD (*), Zakaria n’avait obtenu qu’un Euro symbolique et la Cour l’avait condamné à payer tous les dépens.

A cette occasion, nous avions demandé à DAF de venir témoigner à la barre, comme l’ont fait spontanément et généreusement : Ali Iftin, Ali Coubba, Abdallah Deberkalleh, Mohamed Alhoumekani et Roger Picon. DAF nous avait éconduit, faisant savoir qu’il ne léverait pas le petit doigt pour l’ARDHD…

En conséquence, nous avions pris la décision de ne plus publier aucune information sur le MRD ni son Président.

Aujourd’hui, le Président de la LDDH nous demande de publier le communiqué ci-dessous, ce que nous faisons, au bénéfice du doute.

Nous tenons à dire que si les propos attribués à DAF par le régime étaient vérifiés, nous les condamnerions immédiatement et totalement. Le bénéfice du doute existe à l’heure actuelle et tant que le régime n’aura pas publié les preuves authentiques et vérifiables concernant cette lettre, nous considérerons qu’il y a probablement une nouvelle manoeuvre du régime pour tenter d’anéantir un parti d’opposition.

Si c’est le cas, ce serait une nouvelle erreur grave de Guelleh, à un moment, où le pays est en danger, que l’unité de tous les Djiboutiens est indispensable pour défendre le territoire national contre l’envahisseur et que de nombreux soldats ont été victimes des combats de Ras Doumeira.

(*) A plusieurs reprises l’ARDHD avait pris la défense de Me AREF. Selon ses propres déclarations, les actions de l’ARDHD avait contribué à lui sauver la vie. Ayant perdu le sens de la reconnaissance et de la fraternité, il avait plaidé contre le Président de l’ARDHD avec une férocité qui avait choquée tous les témoins, mais rassurée les membres de l’Ambassade venus le soutenir et “le surveiller”.
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Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti

Bruxelles, le 10 juillet 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE

Mercredi 9 juillet 2008, les médias officiels (l’Agence djiboutienne d’information et la Radiotélévision de Djibouti) annoncent brutalement la dissolution par décret présidentiel du Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD), l’un des principaux partis djiboutiens d’opposition.

L’Agence écrit : «Le ministère de l’Intérieur a annoncé mercredi la dissolution par décret présidentiel du parti d’opposition “Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD)”, dont le chef, Daher Ahmed Farah dit DAF, aurait “invité” le dirigeant érythréen à “envahir” Djibouti. “Les biens du Mouvement pour le renouveau démocratique seront liquidés conformément aux dispositions de ses statuts ou à défaut conformément aux dispositions régissant les associations”, indique le décret.

Cette décision intervient après que le chef du parti, qui vit à Bruxelles, eut adressé au président Issayas Afeworki un courrier dans lequel il l’invite à “envahir la République de Djibouti et à atteindre ainsi à l’Indépendance Nationale, à l’intégrité du territoire et à l’unité de l’Etat”. Selon ce courrier dont l’ADI a pu se procurer une copie, DAF aurait dit à Issayas Afeworki que “le peuple djiboutien vit sous la dictature d’un chef d’Etat et d’un général cousins”.

Daher Ahmed Farah aurait également prié le chef de l’Etat érythréen à “mettre fin à ce règne” pour que l’opposition djiboutienne puisse enfin “gérer le pays dans la transparence”.»

La Radiotélévision de Djibouti (RTD) fait de même en des termes similaires.

Dans son édition du jeudi 10 juillet 2008, le journal La Nation annonce à son tour la nouvelle de la dissolution. Selon cet organe de presse, qui consacre son éditorial au sujet et n’est pas avare d’amabilités à l’égard du MRD et de son président, nous aurions manqué à nos obligations par «un communiqué daté du 6 juillet 2008».

Le décret présidentiel de dissolution, tel qu’il est publié dans les colonnes de La Nation, décret qui serait daté du 9 juillet 2008 mais que le MRD n’a pas encore reçu, dispose : «Le Président de la République, Chef du Gouvernement Décrète :
Article 1.- En application de l’article 13 de la loi n° 1/AN/92/2 L relative aux partis politiques en République de Djibouti, le mouvement pour le Renouveau Démocratique qui a invité le Chef de l’Etat Erythréen à envahir la République de Djibouti et à porter ainsi atteinte à l’Indépendance Nationale, à l’intégrité du territoire et à la sûreté de l’Etat, est dissous.

Article 2.- Les biens du Mouvement pour le Renouveau Démocratique sont liquidés, conformément aux dispositions de ses statuts ou à défaut, conformément aux dispositions régissant les associations. Le présent décret, qui s’applique immédiatement, sera publié au journal officiel. Ismaël Omar Guelleh, président de la République ».

Or, nulle part n’apparaît le document incriminé, qui aurait motivé la décision de dissolution. Les médias du gouvernement en font état sans le publier. De plus, la nature dudit document varie d’un organe à l’autre : l’Agence djiboutienne d’information (ADI) parle de «courrier adressé au président Issayas Afeworki» tandis qu’il s’agit d’un «communiqué daté du 6 juillet 2008» selon La Nation.

En vérité, le document en question n’existe pas. Tout simplement. Le président du MRD n’a écrit ni un courrier ni un communiqué invitant le président érythréen, Monsieur Issayas Afeworki, à «envahir la République de Djibouti et à porter ainsi atteinte à l’Indépendance Nationale, à l’intégrité du territoire et à la sûreté de l’Etat, et (…) à mettre fin à ce règne». Les allégations que l’on tente désespérément de nous prêter ne sont que le fruit de l’imagination décidément sans limites du régime. Et la dissolution que l’on y fonde tout simplement illégale et partant inacceptable.

Du reste, se rendant compte, après coup, de ce que tout cela est cousu de fil blanc, la présidence de la République fait lire un commentaire embarrassé sur les antennes et les ondes de la RTD jeudi 10 juillet 2008.

Les Djiboutiennes et Djiboutiens attendent, non des accusations insensées et des dissolutions arbitraires, mais des solutions aux problèmes qui les malmènent. Un Etat de démocratie, de développement et de paix, capable d’offrir à ses citoyens des conditions d’existence décentes et un projet national d’avenir, voilà l’urgence. Une vision et une volonté, voilà le chemin.

C’est le droit inaliénable de notre peuple. C’est le sens inébranlable de notre combat.

Nous invitons nos courageux militants et sympathisants à ne pas répondre aux provocations. Nous les invitons à rester calmes et mobilisés.

Un parti est fait de femmes et d’hommes, non de l’arbitraire du prince.

La lutte continue.

Daher Ahmed Farah,
Président du MRD