13/03/03 (B188) Le silence des agneaux …. (par Hassan Aden du journal Le Droit)

HASSAN ADEN
Directeur de
publication du Journal ‘Le Droit`’
Mensuel des Djiboutiens de L’extérieur
C.P 3249 Succursale VANIER
OTTOWA-CANADA

LE
SILENCE DES AGNEAUX

De retour de notre cher
pays Djibouti, après une intoxication politique de 3 mois (avant, pendant
et après) la campagne de législatives). Je vous livre mon premier
constatation.

La situation est irréelle
à Djibouti, tout le monde fait comme si de rien n’était. Pourtant
:

La misère est voyante
à l’œil nu.

Le sida, le paludisme,
la tuberculose font des ravages. L’hôpital psychiatrique est envahi
par la jeunesse Djiboutienne complètement à la dérive
et sans aucune Assistance.

L’arrogance des nouveaux
riches, avec l’argent facilement gagné et de surcroît l’argent
du peuple saute aux yeux.

Même celui qui devait
être le gardien des deniers publics se sert avant de servir le peuple.
Le président GUELLEH possède des comptes bancaires dont les
fonds proviennent du Trésor public. Parfois il ne le nie même
pas !. ‘Il le met de côté pour le bien de la nation “

Des fonds publics dans
les comptes personnel du Président GUELLEH et de son épouse
IMELDA GUELLEH alias KADRA HEID. Il y a un terme, je crois, pour désigner
une telle situation.

Dites nous, les idéologues,
les défenseurs du régime, les parlementaires, pourquoi ce silence
complice´.

Le gaspillage des deniers
publics
La corruption
Le chantage
Les licenciements abusifs
L’emprisonnement
La torture pour un oui ou pour un non.

Vous, comme moi et la
grande majorité de mes compatriotes Djiboutiens, connaissons la raison
du ‘silence des agneaux “. C’est la peur. La peur, qui est devenue le
fondement du système politique mis en place par GUELLEH.

Nous avons tous peur de
dire la vérité. Moi aussi, j’hésite à appeler
un chat un chat.

Je dois camoufler la vérité
derrière des mots.

La Loi s’est transformée
en matraque, entre les mains des autorités, et s’abat sur la tête
de quiconque ose parler, ose dire son opinion, ose contrarier les loups qui
sont au pouvoir.

Je peux comprendre ceux
qui baissent les yeux en disant :’ Tu sais mon vieux, les hommes au pouvoir
ont toujours raison et tu ne peux pas fendre du bois avec un canif.

Et puis, j’ai une famille,
des enfants…. “

C’est différent
pour ceux qui continuent d’affirmer haut et fort et sans broncher que le président
et son épouse ne possèdent pas de comptes bancaires à
l’étranger et que tout ce brouhaha n’est que malfaisance de la part
de l’opposition.

Ceux-là ne sont
pas des agneaux silencieux qui écoutent les menteurs, les voleurs et
se taisent parce qu’ils ne peuvent faire autrement. Non, ils sont les serviteurs
du maître. Et en tant que membres du clan, ils devront assumer la responsabilité
de leurs actes, devant la morale et devant la loi.

Quand seront-ils jugés?.

Peu importe. Demain ou
dans dix ans, ce qui compte, c’est que le procès ait bel et bien lieu
et que chaque coupable paie pour ces crimes.

La mentalité d’esclave
est bien ancrée parmi les journalistes, les politiciens, les personnalités
du jour, les nouveaux riches. Leur credo est de travailler pour ceux qui possèdent
le pouvoir. Les autres considérations, comme l’éthique professionnelle,
le bien public et l’engagement envers un idéal, ne sont que notions
abstraites pour eux.

Ceci aurait peu d’importance
si ceux qui se disent ‘idéologues du pouvoir ou qui agissent pour le
compte de tel ou tel ministre ” se contentaient de gagner de l’argent
en demeurant loyaux envers leurs maîtres. Mais certains d’entre eux
tentent de se justifier aux yeux du public et se font les ardents défenseurs
du régime.

Ils croient que tous les
autres Djiboutiens sont comme eux, que l’opposition se résume aux manigances
de Moussa Ahmed, Daf, Dini, etc, etc, etc.

Pour eux, GUELLEH , Moussa
Ahmed ou Daf, Dini, c’est blanc bonnet, bonnet blanc.
À ce jeu, on pourrait faire passer la révolution Bolchèvique
en Russie pour une divergence de point de vue entre Lénine et le Tsar.

Pour nous Djiboutiens,
il est très important de remplacer l’élite politique du pays
si l’on veut arriver à modifier le système.

Une nouvelle équipe
d’élus permettrait ( au moins temporairement de détruire la
pyramide de la corruption qui étouffe Djibouti.

Le peuple de Djibouti
lui-même, sortirait de sa léthargie, voyant qu’il est possible
de changer de dirigeant grâce à des élections libres.
Le mal, ne sera pas totalement éradiqué, mais il ne pourra plus
se répandre et demeurer impuni.

De plus comme GUELLEH
aime les désosseurs, ( qui partout ou ils passent laissent des cadavres
derrière eux).

IDRIS ARNAUD, ( les os
de AIR DJIBOUTI)
DJAMA ALI GUELLEH, L’argent des carburants de L’EDD fourni par
BEN LADEN, les commissions d’achat des génératrices vendues
par la firme Italienne.
ELMI OBSIEH ( les os de l’OPT)
ABDO MED KAMIL (Les os de l’ONED)
MOUMIN BAHDON (Farine du PAM)
ALI ABDI (carburant de BEN LADEN)
OSMAN AHMED (avion Présidentiel)
DILEITA (les armes passées pour des médicaments de l’hôpital)

Un changement de régime,
signifie pour tous les Djiboutiens : la disparition de la peur.

Plus personne ne pourra
cacher des millions de dollars ‘pour les mauvais jours “.

Nous serons des citoyens
libres, et non pas de frêles agneaux silencieux.