28/11/09 (B527) FreeDjibouti -> Djibouti, l’innovation du pouvoir, l’agonie de l’opposition.

Par FreeDjibouti

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Une question se pose : Ce Guelleh, comment fait-il pour avoir autant de pouvoir ? Un pouvoir politique sans concession aucune. Et cette « opposition », comment fait-elle pour ne pas être à la hauteur? Ou autrement : Quels sont « les secrets de réussite » de Guelleh ? Et quels sont « les éclats/états de constipation » de l’opposition ?

Partons d’une constatation : A Djibouti, malgré un état policier excessif, un pouvoir exécutif totalement asservi et peu regardant sur le respect de la loi, des violations systématiques des droits de l’homme, un détournement de la loi suivant les circonstances et les intérêts (souvent démesurés), les citoyens -et faut-il définir cette citoyenneté light – ne font qu’approuver ou plutôt se taisent sur leur sort. Et en une quinzaine d’années, Guelleh a tout verrouillé et plutôt a tout innové en sciences dictatoriales. En effet, ses innovations sont nombreuses et pour n’en citer que quelques unes : * Le bannissement et la mise à mort d’une opposition au sein du pays, La modification de la constitution pour un troisième mandat (La Constitution djiboutienne stipule que “le président de la République est rééligible deux fois consécutives”.) * Les procès pré établis, les arrestations et les condamnations à des peines de prison des personnalités pour les salir et les harceler …….

En fait Guelleh applique et manie le benchmarking, il transfère les pratiques innovantes du monde économique vers le monde politique. En effet, dans le monde économique, et pour avoir un monopole et « tenir le coup », une organisation/entreprise doit à la fois innover plus rapidement que ses concurrentes, optimiser ses ressources et soigner sa notoriété. Et c’est ce que Guelleh fait tout le temps.

Mais pendant ce temps, pendant tout ce temps, que fait l’opposition ?

Elle agonise, tire à sa fin et s’effondre. L’opposition expire ! Et par Opposition, j’englobe les râleurs, les gauchistes, les « personnalités politiques », les jeunes et les vieux, les engagés et les indifférents … qui ont un strict minimum d’un semblant de convergence : « Contre Guelleh et pour un Djibouti démocratique ». Tout ce monde – à part quelques personnes courageuses – croise les mains, passe son temps à se chamailler, épuise son énergie à se défaire, cherche à trouver les erreurs d’orthographe des autres sites. Et j’en passe. Et quelle est la cause qui fait que l’opposition ne perce pas ? C’est là la question. Une question unique et une réponse multiple et multiforme.

Disons que dans le monde industriel, les idées aussi ingénieuses qu’elles soient ne peuvent avoir des conséquences pratiques que si des institutions industrielles, financières et commerciales se mettaient en branle pour les réaliser et en plus faut-il qu’elles soient mises en œuvre de façon intelligente et réactive. Donc par analogie, les idées et les initiatives en politique ne peuvent avoir d’impact que si elles sont soutenues et encouragées par des organismes, des partis, des groupements, des collectifs en toute sorte mais avec des missions et des objectifs clairs et bien définis.

Pour cela, l’opposition pour qu’elle puisse percer ou naître, paraître ou surgir, se distinguer ou réussir, s’éveiller et s’imposer doit tenir compte de plusieurs paramètres, et j’en cite deux :

1. Le respect des toutes les tendances et sensibilités politiques qui convergent vers un même but. Le respect veut dire respect entre les leaders de divers partis et tendances envers les jeunes et nouveaux entrants. Respecter veut aussi dire être humble et laisser la place aux nouveaux jeunes et aux nouveaux courants surtout quand on traîne avec soi 10 ou 15 ans de « luttes » sans résultats.Exemple : Les vieux de l’ARD, Kadamy qui auraient mieux fait de prendre leur retraite.

2. La gestion efficace et efficiente de l’outil Internet (Sites, forums et messagerie). Cet outil qui est devenu et deviendra une arme de communication très efficace et de plus en plus redoutable est encore très mal utilisé par les structures « classiques ». Les partis et personnalités politiques ont encore du mal à utiliser cet outil ou même à lui donner une importance relative. Ils ne savent pas répondre aux diverses interrogations des utilisateurs/forumiers, ne s’impliquent presque jamais sur les forums ou les blogs et ils ont encore beaucoup de réticences envers les sites et forums, parce qu’ils risquent d’être malmenés et bousculés par des citoyens certes et plus souvent anonymes mais très impliqués. Ils ont du mal à admettre que cet outil va changer la donne en politique. La preuve aucun site de l’opposition n’est mis à jour quotidiennement.

Une conséquence découle de l’efficacité et de l’augmentation de l’utilisation de l’internet: il ne suffit plus d’être bon orateur pour percer et allier les masses (si on peut encore parler de masses avec des groupements à moins d’une dizaine de personnes).

L’exemple du site de l’ARDHD est pertinent bien que celui-ci ne represente pas les partis de l’opposition : En effet, tout seul, elle a un impact beaucoup plus important que les dizaines de sites de certains partis avec tous leurs moyens. On admet bien sûr que toutes les initiatives sont complémentaires.

Et enfin pour conclure, tout le monde s’accorde à dire que Djibouti d’aujourd’hui court plusieurs dangers : Jour après jour, Guelleh laisse aux citoyens – peu combattifs certes – un semblant d’Etat délabré par les pratiques mafieuses et une corruption endémique qui ne fait qu’amplifier les injustices et les frustrations. Un Djibouti où les citoyens deviennent des simples consuméristes et malléables à volonté. Et jour après jour, les revendications et prétentions des citoyens et des protestataires ne font que reculer. Et jour après jour, ces revendications sont révisées à la baisse. N’est ce pas contradictoire non ? Et pourtant c’est factuel ! Et là, l’opposition court un danger : car elle est passée d’une opposition demanderesse à une opposition timide pour arriver à une opposition qui ne cherche qu’à survivre.

S’imposer ou survivre, il faut choisir. Et à ce jour, il est certes vrai qu’il est très difficile de faire tomber le régime de l’intérieur, pour cela, il faut un bon coup de main extérieur. Il faut faire pression sur l’Europe pour qu’elle arrête ses félicitations économiques et son égoisme sans normes pour s’occuper des manquements politiques avant qu’il ne soit trop tard. L’Europe avec ses institutions a et aura une grande part de responsabilité dans tout cet effondrement et délabrement. Il faut qu’elle agisse avant que ça ne soit trop tard (pour elle aussi).

Djiboutiennement

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