16/01/10 (B534) Yémen Express. Le Figaro publie un article qui remet en cause la communication américaine sur la véritable puissance d’Al Qaïda. (4 articles en Français)

_____________________________ 4 – Angola Press

Al-Qaïda, une longue histoire au Yémen

Le Yémen, d’où a été organisé l’attentat manqué contre un avion américain, a été le berceau d’Al-Qaïda, qui y est toujours restée implantée, rappellent à Sanaa experts et analystes.

Si la branche yéménite du réseau semble plus active et dangereuse depuis quelques mois, c’est qu’elle a été restructurée et renforcée par des volontaires venus notamment du Pakistan ou d’Arabie saoudite, fuyant des répressions devenues plus efficaces, estiment-ils.

Pour Saïd Al-Jemhi, spécialiste yéménite, “il ne faut jamais oublier qu’Al-Qaïda a ses origines au Yémen. Ce pays a été le refuge, parfois temporaire, de milliers de combattants arabes rentrés victorieux du jihad contre les Russes en Afghanistan à la fin des années 1980”.

Là, contrairement à leurs pays d’origine qui se méfiaient de leur activisme, ils ont été reçus en héros du jihad. Certains Yéménites ont été intégrés dans les forces de sécurité.

En 1992, c’est dans le port d’Aden (sud du Yémen), qu’est commis le premier attentat anti-américain revendiqué par Al-Qaïda.

La cible: un hôtel dans lequel les assaillants pensaient que résidaient des soldats américains en route pour la Somalie. Les GI’s n’étaient plus là; deux morts mais pas américains.

En 2000, 17 marins à bord de l’USS Cole sont tués par une attaque suicide au large d’Aden: l’attentat provoque une vigoureuse réponse des autorités qui coopèrent avec les Etats-Unis et les assurent de leur soutien après le 11 septembre 2001.

_____________________________ 3 – Le Figaro

Yémen: réunion internationale le 27/1

La réunion internationale sur le Yémen, convoquée peu après l’attentat manqué du jour de Noël contre un avion de ligne effectuant un vol Amsterdam-Detroit, se tiendra finalement le mercredi 27 janvier à Londres, a annoncé aujourd’hui le Foreign Office.

La rencontre devait initialement coïncider avec la tenue d’une conférence sur l’Afghanistan, organisée dans la capitale britannique le 28 janvier. Un porte-parole du Foreign Office n’a pas été en mesure d’indiquer le nombre des pays qui ont favorablement répondu à l’invitation concernant le Yémen, pas plus que le niveau de représentation des participants.

Le premier ministre Gordon Brown avait souhaité un tel forum peu après la tentative du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab de faire sauter l’avion dans lequel il avait pris place, à l’approche de Detroit. Le jeune homme aurait suivi un entraînement au Yémen, devenu un sanctuaire pour des groupes islamistes extrémistes, avant son attentat manqué qui a été revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqap), un groupe installé au Yémen.

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a réaffirmé début janvier, à la faveur d’un entretien téléphonique avec Gordon Brown, “la détermination du Yémen à poursuivre ses efforts dans la lutte contre le terrorisme”, et plus particulièrement Al-Qaïda, a rapporté l’agence officielle Saba.

Début janvier, Gordon Brown a affirmé dans une tribune sur le site officiel du 10 Downing Street que “les ennemis de la démocratie et de la liberté” essayaient désormais de “fomenter” des complots causant “la mort et la destruction à partir du Yémen et d’autres bases bien connues du terrorisme international, telles que le Pakistan et l’Afghanistan”.

_____________________________ 2 – Le Monde

Le Yémen annonce la mort d’un haut responsable d’Al-Qaida

Six dirigeants d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique, dont son chef militaire Qassem Al-Rimi, ont été tués vendredi 15 janvier, a indiqué un haut responsable yéménite ayant requis l’anonymat. Deux autres membres de cette branche du réseau terroriste ont réussi à s’enfuir lors de ce raid aérien mené à Lagacher, dans le nord du Yémen, qui a visé leurs véhicules.

Réunion sur le Yémen le 27 janvierLa réunion internationale sur le Yémen, convoquée peu après l’attentat déjoué du jour de Noël, se tiendra le 27 janvier à Londres. Le Foreign Office n’a pas été en mesure d’indiquer le nombre des pays qui ont favorablement répondu à l’invitation.

La rencontre devait initialement coïncider avec la tenue d’une conférence sur l’Afghanistan, organisée dans la capitale britannique le 28 janvier.

Le même jour, des fondamentalistes ont agité le spectre du djihad contre une éventuelle intervention américaine au Yémen, pays qui s’est retrouvé en tête des préoccupations internationales depuis qu’Al-Qaida dans la péninsule Arabique a revendiqué la tentative d’attaque du 25 décembre contre un vol de la Northwest Airlines entre les Pays-Bas et les Etats-Unis.

“Dès lors que l’ennemi s’invite sur notre terre et vient nous occuper, notre religion nous impose le djihad”, a lancé l’influent cheikh Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, devant des centaines de fidèles rassemblés pour la prière du vendredi. Il expliquait une fatwa émise la veille par plus de 150 oulémas qui dénoncent un “complot” tramé contre leur pays.

_____________________________ 1 – Le Figaro

Yémen: quelques vérités sur la menace al Qaida

Par Georges Malbrunot

– Les Américains ont tendance à grossir la menace d’al Qaida au Yémen.
Lorsque la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, parle d’une « menace pour la stabilité mondiale », elle exagère, estiment plusieurs diplomates occidentaux à Sanaa. Même si la mouvance terroriste a indéniablement accru sa capacité opérationnelle cette dernière année, ses trois cents membres environ auront du mal à déstabiliser, au-delà de la péninsule arabique.

Un diplomate européen à Sanaa nous livre son explication : « La dimension de politique intérieure américaine dans la gestion du dossier yéménite est aveuglante ». Face aux critiques républicaines, notamment, l’administration Obama se devait de répondre par une action forte, après l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Détroit fin décembre.

– Qui derrière les frappes du 17 et du 24 décembre contre al Qaida ?
Selon plusieurs sources à Sanaa, ce sont des avions américains qui ont effectué les raids contre des cellules d’al Qaida dans la province d’Arhab, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Sanaa. « Le travail a été trop bien fait pour que ce soit les Mig 29 yéménites qui en soient les auteurs », affirme un diplomate à Sanaa.

Les avions ont pu décoller de l’Arabie saoudite ou du Qatar. La presse américaine a parlé d’une coopération américaine, tandis que les autorités yéménites ont démenti, elles, la moindre aide apportée par le Pentagone.
Par ailleurs, on n’exclue pas que des membres des Forces spéciales américaines soient déployées au Yémen, pour traquer les chefs d’al Qaida dans la péninsule arabique. Ces forces spéciales US entraînent déjà certaines unités antiterroristes yéménites.

– L’Iran derrière la rébellion chiite au nord ?
Non. Les Américains n’ont pas la moindre preuve d’une aide iranienne aux insurgés zaïdites, qui luttent contre les forces de sécurité yéménites dans le nord depuis le mois d’août. « Nous n’avons pas trouvé d’indices prouvant que l’Iran soutienne logistiquement les rebelles chiites », assure-t-on à Washington. Le Yémen a réussi à « vendre » à l’Arabie saoudite et aux autres monarchies du Golfe cet appui iranien aux rebelles chiites. «Pourquoi voulez-vous que l’Iran livre des armes aux rebelles yéménites, alors que de telles armes peuvent se trouver très facilement au Yémen ?», s’interroge un expert en sécurité à Sanaa. En outre, la plupart des observateurs étrangers à Sanaa excluent un lien noué entre al Qaida et les Houthis, et cela pour une raison assez évidente: la haine que vouent les extrémistes sunnites envers les “hérétiques” chiites.

Par ailleurs, l’offensive saoudienne contre les rebelles, qui continue depuis deux mois, n’a eu pour effet que de « mettre de l’huile sur le feu » : c’est le constat dressé par les Américains. Mais depuis le retour à Riyadh du prince Sultan, le ministre de la Défense, ce dernier cherche à calmer la situation à la frontière sud avec le Yémen, nous indique une source militaire occidentale à Riyadh. Pour Washington, il n’y a pas d’issue militaire au conflit entre le pouvoir et les rebelles. Le président Saleh doit finir par discuter avec les insurgés.

– Les Européens divisés sur la menace d’al Qaida au Yémen.
La France, l’Italie et l’Espagne ont tendance à minimiser le danger que représente la mouvance terroriste au Yémen. En face, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont plus pessimistes. Le premier groupe de pays estime qu’al Qaida ne compte pas plus de 2 à 300 membres. Et que le président Saleh a tendance à grossir lui aussi cette menace pour « récupérer » le maximum d’aide financière ou matérielle lors de la réunion de Londres qui aura lieu le 26 janvier autour des « amis du Yémen »