12/04/10 (B546) Yémen Express (3 articles en Français)

__________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Yémen: efforts pour libérer des otages

Le vice-Premier ministre yéménite aux Affaires de la Défense et de la sécurité, Rached al-Alimi, a affirmé aujourd’hui que les efforts se poursuivaient pour la libération de six otages allemands et britannique.

Dans une déclaration mise en ligne sur le site gouvernemental 26Sep.net, M. Alimi a indiqué que “les efforts se poursuivent, en coordination avec les gouvernements allemand et britannique, pour libérer les otages et mettre fin à leur épreuve”.
Il a affirmé pouvoir “rassurer les familles des otages sur leur santé”, sans donner de précisions.

Cinq Allemands, un couple et trois enfants, ainsi qu’un Britannique avaient été enlevés en juin 2009 dans la région de Saada (nord), fief de la rébellion zaïdite chiite. Les cadavres de deux Allemandes et d’une Sud-Coréenne, kidnappés en même temps qu’eux, avaient été retrouvés peu après leur enlèvement.

En janvier, le chef de la diplomatie yéménite, Abou Bakr al-Kourbi, avait affirmé que les autorités avaient localisé les cinq Allemands et le Britannique dans la région de Saada.

Pour leur part, les rebelles ont assuré à plusieurs reprises ne pas détenir les otages et rendu les autorités responsables de leur sort.

__________________________ 2 – Le Figaro avec AFP

Yémen/Aulaqi: un accord avec les EU ?

Le père de l’imam radical yéménite Anwar al-Aulaqi, que les Etats-Unis cherchent à éliminer pour ses liens présumés avec Al-Qaïda, a proposé à Washington de cesser de traquer son fils affirmant qu’en échange celui-ci cesserait ses déclarations anti-américaines.

“Que Washington cesse de traquer mon fils pour le capturer ou le tuer, et Anwar cessera de faire des déclarations ou des discours anti-américains”, a affirmé Nasser al-Aulaqui dans des propos rapportés aujourd’hui par la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazira.

Nasser al-Aulaqi est un ancien ministre yéménite de l’Agriculture et ancien recteur de l’université de Sanaa. Mercredi, un responsable antiterroriste américain avait confirmé des informations selon lesquelles l’administration Obama avait donné son feu vert à l’élimination de l’imam Aulaqi, un ressortissant des Etats-Unis installé au Yémen. L’influente tribu des Al-Awaliq, à laquelle appartient la famille de l’imam, avait réagi en affirmant qu’elle “ne demeurerait pas les bras croisés si l’on touche à un cheveu de cheikh Anwar al-Aulaqi”.

Cette tribu, fortement armée et basée dans les provinces de Chabwa et d’Abyan (est) où se cacherait Anwar al-Aulaqi, a “mis en garde quiconque contre toute coopération avec les Américains” pour la capture ou la liquidation de l’imam.

Pour sa part, le vice-Premier ministre aux Affaires de la Défense et de la sécurité, Rached Mohammed al-Alimi, a affirmé que les autorités recherchaient l’imam. “Aulaqi figure parmi les personnes recherchées par les forces de sécurité. Il est pourchassé pour être arrêté”, a affirmé le ministre dans des déclarations mises en ligne sur le site gouvernemental 26sep.net.

“Si le Yémen reçoit des preuves sur la culpabilité d’Aulaqi, l’Etat agira conformément à la Constitution et aux lois yéménites”, a ajouté M. Alimi, laissant entendre que Sanaa était réticent à une possible liquidation d’Aulaqi par les Américains au Yémen.

“L’Etat ira chercher les personnes recherchées là où elles se cachent pour les présenter à la justice”, a ajouté M. Alimi, en minimisant la capacité des tribus, pourtant très influentes au Yémen, à soustraire des suspects à la justice.

_____________________ 1 – HNS – Info

Des images révèlent la dévastation causée par le conflit qui se déroule secrètement dans le nord du Yémen

L’ampleur de la dévastation causée par les bombardements aériens des armées yéménite et saoudienne dans la région de Saada (nord du Yémen) a été révélée par des centaines d’images obtenues par Amnesty International.

Ces clichés, donnés à Amnesty International par une source indépendante et pris en mars 2010 dans la ville d’al Nadir et autour de celle-ci, montrent des bâtiments détruits entre août 2009 et février 2010 lors de la dernière vague d’une série d’affrontements entre les forces yéménites et les partisans d’un dignitaire chiite.

Parmi les édifices civils endommagés ou démolis qui ont été photographiés figurent des marchés, des mosquées, des stations d’essence, de petits commerces, une école primaire, une centrale électrique, un centre de santé, et des dizaines de maisons et d’immeubles résidentiels.

« C’est un conflit presque totalement invisible qui a été mené à huis clos. Ces images révèlent l’ampleur et la férocité réelles des bombardements et l’impact qu’ils ont eu sur les civils pris dans ce conflit, a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Ces informations n’apparaissent que maintenant par le biais de Yéménites qui ont fui les combats et sont arrivés dans d’autres régions du pays. »

Le droit international humanitaire interdit de viser des biens civils et de mener des attaques aveugles et disproportionnées contre la population civile pendant les conflits. Si des attaques de ce type sont menées délibérément, elles constituent des crimes de guerre.

Ces bombardements ont eu lieu dans le cadre de la sixième vague de combats opposant, dans la région de Saada depuis 2004, les forces yéménites aux partisans armés de Hussain Badr al Din al Huthi, un dignitaire chiite de la communauté zaïdite tué en septembre 2009.

En raison des restrictions de l’accès à cette région imposées par le gouvernement, de la présence de mines terrestres et d’autres problèmes de sécurité, aucun observateur indépendant ni aucun média ne semble avoir visité les lieux ces derniers mois.

Les images obtenues par Amnesty International concordent avec les témoignages livrés par de nombreux témoins ayant fui Saada aux délégués de l’organisation qui se sont rendus au Yémen début avril.

Ces témoins, interrogés séparément, ont tous déclaré que les raids aériens menés par l’Arabie saoudite qui ont commencé en novembre, très différents des attaques militaires précédentes de l’armée yéménite, étaient d’une intensité et d’une force jamais vues auparavant.

Ils ont également indiqué que ces frappes étaient ininterrompues au cours des jours qui ont précédé leur fuite et le cessez-le-feu annoncé en février 2010.

En mars, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait savoir que quelque 250 000 habitants de la région de Saada avaient fui ce conflit et qu’environ 10 % d’entre eux étaient installés dans des camps. Les autres logent chez des proches ou dans des bâtiments abandonnés ou en construction dans la capitale, Sanaa, et ailleurs dans le pays.

Contrairement à la situation lors des précédentes vagues de combats, les familles de Saada ont fui plus loin et la plupart disent qu’elles n’envisagent pas de revenir chez elles car leurs habitations ont été détruites et elles craignent une reprise du conflit.

Les tensions dans la région de Saada ont éclaté lorsque les partisans de feu Hussain Badr al Din al Huthi, un dignitaire religieux qui avait fondé dans les années 1990 un mouvement visant à faire revivre le zaïdisme, branche de l’islam chiite, ont organisé des protestations contre l’invasion de l’Irak conduite par les États-Unis en 2003.

Dénonçant à l’origine les relations qu’entretenait le gouvernement yéménite avec les États-Unis, ces manifestations ont donné lieu à des arrestations et des détentions. En juin 2004, le gouvernement a ordonné à Hussain Badr al Din al Huthi de se rendre. Des affrontements armés s’en sont suivis entre les forces de sécurité et les partisans de Hussain Badr al Din al Huthi, jusqu’à ce que ce dernier soit tué en septembre 2004.

Les vagues de combats qui ont eu lieu par la suite dans la région de Saada ont fait des centaines, voire des milliers, de victimes civiles.

Un accord négocié par le gouvernement du Qatar en 2008 a permis une brève accalmie des hostilités et quelques libérations de prisonniers des deux camps.

Cependant, le conflit a repris avec un regain d’intensité en août 2009. Le gouvernement yéménite a lancé une offensive militaire portant le nom de code « Terre brûlée », qui comprenait des bombardements aériens et le déploiement de troupes au sol.

En novembre 2009, les affrontements se sont étendus au-delà de la frontière avec l’Arabie saoudite, qui a alors fait intervenir son armée et ses forces aériennes dans la région de Saada.

Il semblerait que toutes les parties au conflit aient commis de graves atteintes aux droits humains, même si les restrictions de l’accès à cette région imposées par les autorités yéménites rendent difficile, voire impossible, l’obtention d’informations fiables sur les actes perpétrés. Le gouvernement a accusé les partisans de Hussain Badr al Din al Huthi d’avoir tué des civils et capturé des soldats.

Des habitants de Saada ont affirmé que certaines attaques yéménites et saoudiennes étaient aveugles et disproportionnées, mais cette information n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.

Ils ont également déclaré que des incursions visant des marchés, des mosquées et d’autres lieux où se rassemblent les civils, ainsi que de grands immeubles d’habitation, avaient tué des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants non armés.

Ni les autorités saoudiennes, ni celles du Yémen n’ont fourni d’explication à ces attaques. Le gouvernement saoudien a en outre refusé l’asile à des personnes qui ont tenté de se réfugier de l’autre côté de la frontière pour échapper à cette nouvelle vague plus intense d’affrontements au Yémen.