22/09/2026 (Brève 2566) Mais où sont passés Micah Reddy et son fixeur local Kooki Mahmood. Morts sous la torture sur ordre d’IOG ? Nous leur souhaitons de recouvrir la Liberté. (article du Monde) (Info lectrice)

Le Monde (site web)
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lundi 21 septembre 2026 604 mots
Le Consortium international des journalistes d’investigation s’inquiète de la disparition d’un de ses enquêteurs à Djibouti
Benjamin BartheLe journaliste sud-africain Micah Reddy et son fixeur local Kooki Mahmood n’ont pas donné de nouvelles depuis samedi. Leur employeur redoute qu’ils aient été arrêtés par les services de sécurité djiboutiens. Le journaliste sud-africain Micah Reddy, responsable de l’Afrique au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), un collectif de médias spécialisé dans la révélation d’affaires de corruption, est porté disparu depuis samedi 19 septembre, alors qu’il se trouvait en déplacement professionnel à Djibouti.Son fixeur djiboutien, Kooki Mahmood, chargé de l’assister localement, n’a pas non plus donné de nouvelles depuis cette date. L’employeur et la famille du journaliste craignent que les deux hommes aient été arrêtés par les services de sécurité du petit Etat de la Corne de l’Afrique, un régime très répressif, où la liberté de la presse est quasi inexistante. Selon Fergus Shiel, le rédacteur en chef de l’ICIJ, basé à Washington, qui a été interrogé par le site d’information sud-africain Daily Maverick, Micah Reddy et son collaborateur étaient censés se retrouver samedi à 13 heures, dans le hall de l’hôtel où le reporter sud-africain, qui détient aussi la nationalité britannique, était descendu. C’est à ce moment que remontent les derniers contacts entre lui et sa rédaction. ++ Paysage médiatique « complètement verrouillé »« Il est très, très inhabituel qu’une personne disparaisse du hall d’un hôtel international, a déclaré Fergus Shiel. (…) Nous soupçonnons qu’il soit en détention et nous voulons qu’il nous soit rendu. Les autorités djiboutiennes n’ont aucune raison de s’intéresser à Micah », a ajouté le rédacteur en chef, en insistant sur le fait que M. Reddy s’est rendu dans le port qui borde le détroit de Bab Al-Mandab dans le cadre d’une enquête au long cours, sans lien avec l’actualité djiboutienne.Contactée par l’AFP, sa mère, Tessa, qui n’a pas donné son nom complet, a confié que son fils « n’exprimait aucune peur » lorsqu’elle s’était entretenue avec lui samedi matin. « Nous espérons donc qu’il s’agit d’un interrogatoire mené par un service du gouvernement djiboutien, qu’ils le garderont pour le questionner, puis le relâcheront », souligne-t-elle. En réaction, un responsable gouvernemental de Djibouti a déclaré à l’AFP qu’il n’était pas au courant de l’affaire. Un haut responsable du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès, la formation historique du président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a affirmé que les soupçons d’arrestation de M. Reddy et de son fixeur n’étaient « pas vrais ».

Djibouti pointe au 167e rang sur 180 dans le classement 2026 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF). Sur son site, l’ONG fait valoir que le paysage médiatique djiboutien est « complètement verrouillé » et se limite presque exclusivement aux médias d’Etat, placés sous les ordres du régime. Les rares journalistes qui tentent de produire de l’information de manière indépendante, poursuit RSF, « vivent dans un climat d’insécurité permanent ». Deux journalistes collaborant à La Voix de Djibouti (LVD), une radio en exil, basée à Paris, ont d’ailleurs été détenus entre fin 2022 et début 2023. Dans l’article sur son site, consacré à la disparition de Micah Reddy et Kooki Mahmood, ce média affirme que l’établissement où le journaliste sud-africain avait posé ses valises, l’Escale International Hotel, appartiendrait à des membres de la famille d’Ismaïl Omar Guelleh et serait « un repaire du service secret djiboutien ».