27/10/02 LE DROIT AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ


ECHEANCE
ELECTORALE

Le temps est dur pour
nos dirigeants et leurs obligés. La classe politique, plus particulièrement
ceux qu’on nomme les parlementaires et quelques ministres voient arriver l’échéance
électorale avec, pour la première fois, une réelle inquiétude.
Ils réalisent qu’ils n’ont aucune perspective et que leurs avenirs
se vident.

Il faut admettre que chez
nous, jusqu’à présent, les échéances sont respectées,
ce qui ne veut pas dire que le déroulement et le résultat soient
garantis. Bien au contraire !!!!!!!

Ce qui fait peur à
nos pauvres “représentants” ne sont pas les échéances,
ils font confiance en leur “patron” mais c’est cette atmosphère
de prise de conscience qui se propage, d’une ” éventuelle volonté
” de se diriger vers une démocratisation. La question qui les
hantent ces derniers temps est : ” Si les élections se déroulaient
sans trucage et si par miracle les gens se mettaient à voter normalement,
qu’ allons nous devenir ? ”

Quel est le pays où
l’éventuelle perspective de démocratisation fait peur à
ce point ?

Pour mieux s’assurer de
leurs zèles le tenant du pouvoir n’hésite pas à alimenter
des rumeurs. Il y a quelques mois, tout le monde se souvient : – le pouvoir
avait organisé une sorte de primaire intertribale d’auto élimination
entre les futurs prétendants. Cette présélection a obligé,
les prétendants, au retour vers leur base d’origine avec leur cortège
de promesse. Comme toujours, certains n’hésitent pas à ressortir
la vieille rengaine de ce qu’ils ont voulu faire pour le pays et pour leurs
proches mais malheureusement torpillé par le pouvoir. D’autres se souviennent
de relations oubliées ou plus exactement fuies depuis longtemps pour
se rapprocher d’eux et prendre de leurs nouvelles.

Les méchants sont
ceux qui licencient leurs employés. Nos politiques deviennent dès
leurs prises de responsabilités des chefs d’entreprises ou des courtiers,
s’ils n’y étaient pas déjà. Selon les dires de quelques-uns,
ces licenciements hâtifs obéiraient à un double objectif.


– D’une part, par prudence, car ces employés exploités pourraient
se retourner contre eux pour les différents abus subis. Leurs influences
n’ayant plu de poids.
– D’autre part, par cette manière abjecte, ils signifient à
ces employés et à leurs proches que leurs saluts résident
par la reconduite de leurs politiciens-employeurs dans leurs fonctions.

En somme, ils s’assurent
à peu de frais, d’un lobby. Les plus pitoyables sont ceux qui se sont
mis, déjà, à accuser leurs proches de les avoir fragilisés
par leurs prises de positions, pendant qu’ils étaient en responsabilité,
etc., etc.…..

Depuis, le mois de septembre,
leurs inquiétudes avaient pris un relief particulier parce qu’ils ont
été obligés de commémorer les dix ans de notre
constitution, que le journal ” LA NATION ” avait titré :


– L’AGE DE LA MATURITE POUR LA DEMOCRATIE DJIBOUTIENNE. Oui ! Vous
avez bien lu, l’âge de la maturité pour la Démocratie
djiboutienne.

Comme chacun sait, nous
avons, nous les djiboutiens, l’art et la manière de fêter des
évènements qui n’ont pas eu lieu.

En effet, depuis dix ans
nous vivons, en principe, tout au moins sur le papier, sous un régime
démocratique de multipartisme. Nous nous sommes donc donnés
dix ans pour l’expérimenter. D’une manière certes limitée
mais réelle aux yeux des observateurs non avertis des réalités
de la vie politique djiboutienne.

Seulement voilà,
personne ou quasiment personne ne peut dire en observant la vie politique
à travers les médias de Djibouti avoir vécu cette expérience.
Personne n’a pu lire, entendre ou voir, le programme, les leaders des partis
de l’opposition, encore moins connaître l’existence de leurs projets.
Bien au contraire.

Par contre, nous avons
fait l’expérience qui a consisté à mettre au point une
machine de clonage très perfectionnée pour affaiblir les partis
politiques et les syndicats qui ont eu l’audace de se déclarer.

Maintenant que la machine
de clonage est parfaitement rodée, le pouvoir peut se permettre de
laisser sans crainte, libre cour au multipartisme intégral. Cela à
double avantage pour lui :

– c’est dans l’air du temps et bon pour l’image du pays, à l’extérieur.
– sur le plan intérieur, la machine à cloner est performante,
elle a déjà fait ses preuves, elle ne craint pas d’en reproduire
d’autres.

Comme nos tenants du pouvoir
sont très précoces dans le trucage, on nous signale que certains
de nos ministres et députés sont sélectionnés,
bien entendu contraints et forcés, de se tenir prêts, pour se
transformer en futur opposant, en toute éventualité. C’est machiavélique
mais le tenant du pouvoir est toujours prévoyant de ce coté
là. Il faut bien alimenter en son temps la machine à cloner
et être sûr d’un certain nombre suffisamment représentatif,
d’une possibilité d’opposition de façade. Pour le cas où
certains bailleurs de fonds s’en étonneraient. Il vaut mieux tenir
que concocter à la hâte une opposition parlementaire

La crainte de clonage,
l’étouffement de toute initiative a ouvert la porte à des actions,
au demeurant sympathiques, mais folkloriques qui se sont multipliées
à travers la diaspora, sans contenu ni préparations sérieuses.
Certains d’entre nous, se sont fait piéger.
Le stage de longue durée en démocratie (dix ans ce n’est pas
rien), aurait pu nous permettre peut-être, d’enrayer la machine à
cloner et de former de véritables partis politiques responsables.


BOYCOTTER CETTE MASCARADE

Faut-il pour autant participer
à cette élection législative annoncée ?
C’est un dilemme pour un démocrate. Tout citoyen a le droit et surtout
le devoir d’y participer. Mais compte tenu de la manière où
l’affaire semble s’engager il y a fort à parier que ceux qui s’y prêteront,
serviront de caution au tenant du pourvoir afin de le légitimer.

Manifestement, le pouvoir
a pris toutes les dispositions pour reconduire ses fidèles. Est-il
nécessaire de souligner la scandaleuse composition de la CENI (Commission
Electorale Nationale Indépendante). L’absence d’une autorité
neutre et indépendante sur les médias de l’état ; genre
d’une Haute Autorité Audiovisuelle, d’un Conseil Supérieur de
l’Audiovisuelle ou d’une Commission Nationale de Communication ; (peu importe
l’appellation), ne permet pas de veiller à la garantie d’équilibre
entre les différents compétiteurs.

Nous allons assister à
un semblant d’ élection pluraliste par la présence d’un ou deux
partis politiques d’opposition qui se verront octroyer chacun un siège.
Comme à l’époque coloniale ou le Haut Commissaire veillait à
faire élire pour sauver les apparences, Messieurs HASSAN GOULED APTIDON
et OMAR KAMIL WARSAMA députés de l’opposition.

Je reste convaincu que
le pouvoir actuel, s’apprête à nous resservir la même mascarade
et va copier cette méthode que les moins de trente ans, majoritaire
de notre population aujourd’hui, non pas connu. Le pouvoir nous concocte un
futur parlement saupoudré de quelques anciennes figures de l’ancien
régime et d’une ou deux femmes soigneusement choisies pour leurs fidélités,
afin de se donner une image moderne à l’extérieur..

Bien entendu le siège
reviendra au chef du parti parce que nous irons comme d’habitude voter sur
le mode proportionnel. On peut être pour ou contre ce mode de scrutin.
Chez nous, il a déresponsabilisé les candidats qui ignorent
superbement les électeurs car persuadés qu’il suffit de plaire
au pouvoir qui a la charge de les faire figurer sur la liste des candidats.
C’est ainsi, que la plupart ignorent par qui ils sont élus et pourquoi.

Savoir, que nous allons
revivre cette méthode d’élection jouée à l’avance
est un boomerang douloureux pour ceux de la génération précédente
qui l’ont hélas vécue

Pour ne pas servir d’alibi
et compte tenu que la règle du jeu de la confrontation démocratique
est faussé d’avance, la sagesse recommanderait avec regret de boycotter
cette mascarade annoncée.

AÏNACHÉ

20/04/02 LE DROIT AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

LE BILAN

Une fois de
plus nos compatriotes viennent de subir la foudre lancée,
par le tenant du pouvoir, lors de la manifestation d’hier matin
(jeudi 18.04.02). Nous ne comprenons pas comment une manifestation
pacifique de citoyens, quelles que soient leurs motivations se
transforme systématiquement, chez nous, en un carnage.

Il y a à
peine une quinzaine de jours, nous déplorions la même
brutalité policière et l’emprisonnement de plus
d’une soixantaine d’adolescents inquiets de leur avenir. Nous
constatons que les mécontentements se multiplient, que
le pouvoir perd de plus en plus son sang-froid et que comme, toujours,
son mode de dialogue reste le gaz lacrymogène et les fusils
chargés de balles réelles délibérément
braqués sur les manifestants.

Nous présentons
nos plus sincères condoléances aux familles endeuillées
et nous souhaitons un bon rétablissement aux nombreux blessés.

Nous attirons
la vigilance de nos compatriotes et de la Communauté Internationale
devant les risques d’une réaction brutale et systématique
du pouvoir, contre toutes les manifestations et plus particulièrement,
lors du défilé du 1er mai prochain.

Cette journée
du 1er mai, fête du travail, les travailleurs djiboutiens
à l’instar de tous les travailleurs du monde entier, souhaitent
exprimer leurs doléances dans le cadre de la loi de la
République et dans la tranquillité.

Nous soutenons
à l’avance, tous les Travailleurs qui manifesteront pacifiquement
et dans la dignité. Nous mettons en garde le Pouvoir contre
des agissements irresponsables qui auraient pour conséquence
de transformer les manifestations citoyennes légitimes
en un affrontement sanglant avec les forces spéciales de
police.

Nous saisissons
cette douloureuse occasion pour attirer l’attention des hommes
et des femmes épris de liberté, sur le sort des
douze Officiers et Sous-Officiers en grève de la faim depuis
plus de deux mois dans la sinistre prison de Gabode.

Pendant que
la situation économique et sociale de tous les Djiboutiens
se détériore, les membres du Gouvernement fêtent
le troisième anniversaire de l’accession du président
de la République à leur manière, en se confondant
en remerciements et en féléicitations réciproques.

Dans le communiqué
rendu public à l’issu du Conseil des Ministres du mardi
09.04.02, on peut lire ceci.

" A l’occasion du début de la troisième
année du mandat du Président de la République
M. Ismaîl Omar Guelleh, les membres du Gouvernement se sont
félicités des nombreuses actions réalisées
durant ces trois dernières années et surtout la
consolidation de la paix dans notre pays. Les membres du Gouvernement
ont remercié le président de la République
de la confiance qu’il leur témoigne, l’ont félicité
de sa volonté à remettre en question l’action du
Gouvernement pour une meilleure appréciation de ses effets
et enfin les Membres du Conseil entendent poursuivre l’exécution
de la politique du Gouvernement conformément au message
politique et d’orientation du Président de la République
".

Contrairement
aux habitudes, ce qui saute aux yeux, c’est la sobriété
du message et l’absence d’un véritable bilan présentable
pour ces trois années du mandat. Cela n’a pas donné
lieu à l’organisation d’une grande festivité dont
le Président est très friand pour marquer l’évènement.
Il est vrai qu’il n’y a pas de quoi être fier, d’étaler
un bilan sans gloire.

Il est compréhensif
que les membres du Gouvernement remercient celui grâce à
qui ils occupent " en titre ", des postes dans le gouvernement
mais est moins habituelle, la modestie qu’a fait preuve le Président.
Je le cite : " Le Président de la République
M. Ismaîl Omar Guelleh souligne l’importance du travail
d’équipe au sein du gouvernement. Il rappelle que les qualités
qui doivent compter pour un homme politique sont l’impartialité,
l’intégrité, la justice et l’équité
et que les responsables pour être à la hauteur de
leur mission doivent être au service et à l’écoute
des sollicitudes permanentes de la population. Il exhorte les
membres du Gouvernement à doubler leur détermination
et leurs efforts pour le redressement économique du pays
"
. Vous mesurez bien sûr le décalage entre
le discours et la réalité.

Sans vouloir
être cruel, il n’est pas superflu de rappeler quelques aspects
de la réalité que vivent nos compatriotes.

– Lorsque
sa propre élection est empreinte de doutes étayés
ouvertement devant la justice par des hauts dignitaires de l’Etat.
– Lorsqu’il est pratiquement interdit dans les grandes capitales
démocratiques et que les dirigeants démocratiquement
élus évitent d’être vu en sa présence.

– Lorsqu’il a consacré sa première année,
sous l’impulsion de l’ONU et de l’OUA, sur un sujet noble, la
réconciliation de nos frères somaliens, mais transformé
par sa méthode, en un cirque tribal, malgré l’abnégation
des Djiboutiens qui avaient adhéré à la
cause comme le reste de la communauté internationale.

– La seconde année, avec l’appui de la France et de la
Communauté européenne, a été entièrement
ou presque consacrée à ce que les uns appelaient
la négociation et les autres la discussion, entre deux
belligérants, le FRUD-Armée et le gouvernement,
à l’abri des oreilles considérées indiscrètes
de la population Djiboutienne. Comme on pouvait s’en douter
la situation demeure figée !
– La troisième année, que nous venons de terminer
s’est transformée en une gigantesque kermesse. En énumérant
les principales festivités, il faut tout d’abord signaler
le Séminaire de Réflexion sur l’action du Gouvernement
qui s’est soldé par un gros gag et une frustration des
véritables acteurs de l’évènement, c’est
à dire les fonctionnaires qui ont été obligés
de préparer en lieu et place des politiques l’action
du gouvernement. A cette occasion, le président se transformait
en un " Monsieur Loyal " orchestrant la mise en scène
de ses ministres en ridiculisant certains publiquement. Suivi
de la tournée promotionnelle à l intérieur
du pays où la population se voyait obligée de
venir l’accueillir. Bien sûr avec compensation. D’ailleurs,
le district d’Ali-Sabieh vient de recevoir la récompense
promise. C’est à dire une télé !!!! Et
les autres ?
– Les membres du Gouvernement n’ont pas fait état dans
leurs remerciements, du coup d’Etat avorté, des violations
des Droits de l’Homme, de l’emprisonnement arbitraire des Officiers
et des Sous-Officiers qui se meurent dans la sinistre prison
de Gabode, pour avoir eu le tort d’obéir à leur
chef.
– Ils n’ont pas eu un mot, non plus sur l’angoisse de la jeunesse
matraquée et emprisonnée à la moindre manifestation
ect…ect….ect….

La
liste est longue et il serait fastidieux de continuer à l’énumérer.
L’heure est plus au recueillement devant la douleur des familles
endeuillées, à la solidarité aux blessés,
plutôt que de tomber dans la facilité de faire un bilan
que les principaux intéressés s’ingénient à
cacher.

AÏNACHÉ

02/03/02 DE LA VOIX AU CHAPITRE, AU DROIT AU CHAPITRE (Par Aïnache)

De la voix
au Chapitre pour susciter un débat démocratique,
il nous a semblé indispensable de passer à l’action,
compte tenu du refus systématique rencontré pour
toute tentative de dialogue. Ainsi, nous avons pris le parti
du Droit au Chapitre.

C’est dans
l’action que peut naître l’espoir perdu de nos compatriotes.
En agissant en lieu et place de tous ceux qui sont paralysés,
clonés ou emprisonnés : partis politiques – syndicats
– Sociétés Civiles

La lutte
armée, ne mène nulle part sinon à faire
des désastres indélébiles que nous avons
toujours détesté. Comme nul ne l’ignore, les guerres
ne finissent jamais
quand le cessez-le-feu est proclamé. Les souffrances
des combattants et de leurs familles, les civils blessés
torturés, violés ou déplacés, ainsi
que les ruines ne
s’effacent pas mais perdurent à jamais.

Nous ne
voulons plus que l’ignorance triomphe à l’Assemblée
Nationale, (voir l’entretien affligeant du Président
de cette assemblée dans le journal La Nation n°1
du 03.01.02) au nom du principe, non avoué mais réel,
d’équilibre ethnique et de dosage tribal. Nous sommes
intimement convaincus que le malheur de notre
pays prend racine dans le tribalisme qui est comme nous l’avions
depuis longtemps dénoncé : le cancer de la démocratie.

Nous ne
voulons plus de clonage des institutions, des partis politiques
et des syndicats, pour faire illusion. L’exemple du Conseil
Constitutionnel est flagrant. Le
Président de cette importante institution confesse qu’il
n’a rien fait durant quatre longues années sinon qu’il
a passé son temps à chercher un bureau. A vouloir
décourager la meilleure volonté on ne s’y prendrait
pas autrement.

Notre souci
est de chercher et de trouver une solution conforme à
la situation catastrophique de notre pays, afin de permettre
aux Djiboutiens de choisir démocratiquement leurs représentants.
Ainsi, non seulement ils éliront
démocratiquement leurs dirigeants, mais seront gouverné
démocratiquement.

Nos dirigeants
actuels se disent démocrates à longueur de discours,
sans le démontrer par leurs actions. Nul n’a le monopole
de la démocratie, mais il y a comme en religion, les
pratiquants et les non pratiquants. Les tenants du
pouvoir à Djibouti font partie de ces derniers.

Notre initiative
a suscité d’énormes espoirs à en juger
par les nombreux messages de voeux reçus depuis sa publication.
Nous remercions tous ceux qui nous écrivent ou téléphonent
pour nous féliciter et nous encourager. Nous sommes attentifs
à vos conseils, à vos encouragements, à
vos suggestions, à vos critiques et à votre participation.

Nul ne sera
exclu du combat que nous menons pour notre pays et chacune et
chacun d’entre vous à sa place sans aucune barrière
ethnique ou tribale.

Vive La
République de Djibouti.

AÏNACHÉ

LE DROIT AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ le 12.03.02

LE
DROIT AU CHAPITRE :

par
AÏNACHÉ le 12.03.02

LA
CHAPE DE PLOMB

Le bâillonnement
de l’information prend la forme la plus archaïque et la
plus abjecte qu’on ne puisse imaginer. A en croire plusieurs
correspondants, nous sommes informés que le pouvoir très
énervé par l’engouement suscité par les
consultations de notre site, a réussi à suspendre
sa diffusion.

Ainsi,
les Djiboutiens sont privés de toute information, autre
que la propagande gouvernementale. Ce qui n’est pas une nouveauté.
Seul LE RENOUVEAU, publication du PRD non cloné, résiste
courageusement lorsqu’il n’est pas saisi ou interdit.

Nous savons
depuis toujours, qu’il est impossible de trouver la moindre
information sur la vie politique, syndicale ou associative,
même cloné, dans les colonnes du journal La Nation,
ni la moindre dépêche signalant l’activité
de telle ou telle organisation sur l’ADI encore moins sur les
ondes de la RTD. Cette interdiction qui ne dit pas son nom est
bien connu des Djiboutiens d’où la chasse effrénée
et ingénieuse de nos compatriotes pour trouver l’information
qu’on leur cache.

C’est ainsi
que nous apprenons que beaucoup des Djiboutiens de la diaspora
ont photocopié nos publications et ont inondé
avec des complicités courageuses sur place, les boites
aux lettres de Djibouti et de ses régions.

Merci à
vous, compatriotes de la diaspora. Nous vous encourageons vivement
à ne pas baisser la garde. Multipliez vos contacts coordonnez
vos actions, échangez vos informations, vos réactions
et actions sont indispensables. Ainsi, nous contribuerons ensemble
à faire sauter la chape de plomb qui étouffe nos
compatriotes.

Nous encourageons
plus particulièrement nos compatriotes d’USA (GIDEU)
qui sont les premiers à se manifester pour participer
activement à notre action. A notre tour, nous nous associons
et soutenons l’initiative de nos amis GIDEU pour faire de la
journée du 23 mars 2002, journée internationale
pour exiger la libération de 12 officiers et sous-officiers
incarcérés sans jugement à l’horrible prison
de Gabode, depuis 15 mois et qui viennent d’entamer leur 13ème
jour de grève de la faim.

A la même
occasion, nous remercions tous ceux qui se sont manifestés
sur cette affaire et particulièrement la mère
de famille qui a adressé une lettre ouverte à
l’épouse du Président de la République.
Malheureusement, je doute fort que cette courageuse mère
de famille reçoive une réponse.

Souvenons-nous
que ces soldats ont eux le seul tort d’obéir à
leur chef. Le dit chef, soit-dit en passant, est en liberté.
A la place de ce chef, j’aurai honte de laisser en prison ceux
qui m’ont obéi. L’honneur d’un chef est de couvrir ceux
qui sont sous ses ordres et non l’inverse. Où a t-on
vu que le capitaine quitte le navire qui sombre, avant ses hommes
?

la liberté
de choisir

Est-il nécessaire
de rappeler que notre objectif prioritaire et de créer
les conditions qui permettront de donner aux Djiboutiens la
liberté de choisir leur gouvernement.

Nous voulons
que les Djiboutiens ne craignent plus de s’exprimer et qu’ils
participent à la vie politique, syndicale et associative
de leur choix. Nous refusons les attaques et les injures personnelles
ou familiales qui n’ont pour nous aucun intérêt.
Nous privilégions uniquement et exclusivement le débat
politique pour arriver à notre objectif.

Nos colonnes
sont, bien entendu, ouvertes à tous ceux qui souhaitent
s’exprimer et participer au débat démocratique
indispensable pour arriver au changement souhaité par
la grande majorité de nos compatriotes.

Nous saluons
à ce propos l’action, courageuse et courtoise, menée
depuis plusieurs années maintenant par la LDDH (Ligue
Djiboutienne des Droits Humains) et son Président Jean-Paul
Abdi Noël.

Vive la
République de Djibouti


AÏNACHÉ