21/03/07 (B387-B) LE DROIT AUX CHAPITRES : AÏNACHÉ le 20.03.07 LE BAILLONNEMENT.

La condamnation,
du Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des Droits Humains) Jean-Paul
ABDI NOËL, à six mois de prison ferme et une amende de 100.000
FD, n’est pas acceptable.

Il
n’est pas concevable de reprocher
au défenseur des Droits de l’Homme d’alerter
et de dénoncer les exactions ainsi que
les dérives qu’il constate dans son pays.

En dénonçant
régulièrement et courageusement les affaires nauséabondes
commises par des irresponsables, la LDDH remplie tout simplement son rôle.
Elle ne se substitue ni à la justice ni aux politiques.

Il faut reconnaître, que la LDDH n’a pas chômé ces
derniers temps, les affaires d’exactions se sont multipliées
et il serait indécent de les hiérarchiser.

Pour commencer évoquons seulement les trois dernières affaires
connues :

1- Est-ce la faute de JP ABDI NÖEL, si deux obsédés sexuels
s’attaquent lâchement à une jeune fille handicapée
(sourde- muette) pour la violer ?

La dénonciation de deux crétins en uniforme sans même
citer leurs noms se transforme pour la justice en une insulte envers l’armée
Djiboutienne. Dans ce cas, qui insulte qui ? La justice qui fait l’amalgame
ou le défenseur de Droits de l’Homme qui les dénonce ?

Le démenti maladroit publié par les organes gouvernementaux
le confirme implicitement.

Il aurait été plus juste de punir ces deux lâches qui
se sont attaqués honteusement à cette jeune handicapée
plutôt que de s’en prendre à un respectable ancien député.

2- Faut-il reprocher à JP ABDI NOËL d’avoir dénoncé
la découverte macabre, faite par hasard, d’un charnier d’ossements
de 7 hommes civils exhumés par les eaux près de DAY, dans le
nord du pays ?

Cette découverte macabre a de quoi exacerber la conscience de ceux
qui en ont encore une.

La LDDH remplie parfaitement sa mission en se mettant à la disposition
des familles et proches de ces sept victimes afin de les aider à constituer
des dossiers de plaintes.

3- JP ABDI NOËL est-t-il responsable si la police arrête les journalistes
et réquisitionne leurs outils de travail (micros, imprimantes etc…)
sans mandats ?

Cette descente musclée avait été déclenchée
suite à un article relatant un banal fait divers entre voisins, paru
dans le journal LE RENOUVEAU du début de février dernier.

Depuis cette descente illégale, le seul journal non gouvernemental
‘’LE RENOUVEAU’ n’apparaît plus.

Le bâillonnement systématique, de toute voix autre que les organes
officiels ne rendra pas sourd et aveugle le peuple Djiboutien, bien au contraire.

Cela incitera d’avantage à chercher ailleurs l’information
qu’on lui cache.

La condamnation du Président de la LDDH, s’apparente à
une forte intimidation contre toute initiative d’indépendance
d’esprit.

Il faut faire preuve d’un certain cynisme, en affirmant sans s’étrangler,
que la République de Djibouti est un Etat de droit où l’on
respecte les droits fondamentaux de la personne humaine érigés
en principe constitutionnel, comme l’affirme le communiqué gouvernemental.

Pendant ce temps on assiste à des arrestations et des emprisonnements
de journalistes et des défenseurs des Droits de l’Homme sans
jugement équitable.

C’est bien connu et prouvé, ce n’est pas en cassant le
thermomètre que la fièvre disparaît, ni en emprisonnant
le président de la LDDH que les violations des Droits de l’Homme
et les exactions n’ont pas eu lieu.

Nous ne pouvons rester sans réaction devant tant de harcèlements
et de privations de liberté d’expression. La mobilisation pour
la libération immédiate de JP ABDI NOËL doit être
exigée par les démocrates et par le peuple Djiboutien dans son
ensemble, par tous les moyens légaux sans relâche.


Libérez Jean-Paul ABDI NÖEL.

AÏNACHÉ

18/06/06 (B355-A) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

Voilà que ça recommence !

Depuis un mois, des informations alarmantes parviennent de Djibouti et particulièrement de la région du nord. Des mots terribles sont employés tels que blocus, famine et arrestation arbitraire.

Une opération militaire d’une ampleur exceptionnelle est donc menée depuis le 13 mai dernier qui isolerait le nord du pays. Certains n’hésitent pas à affirmer que la population du nord est prise en otage.

Après la chasse aux syndicalistes durant le premier trimestre de cette année, le tenant du pouvoir punit-il la population du nord ?

Qu’est ce qui motive qu’un pouvoir emploie ce genre de méthode effarante, dénoncée par tous, à l’encontre de sa propre population ?

Comme beaucoup, j’ai été choqué lorsque j’ai appris par un ami digne de foi et parfaitement informé, l’arrestation très musclée du vieil OKAL Monsieur HANNIFA ASSÉ pour le seul tort d’avoir accordé son hospitalité à un groupe de jeunes de passage dans sa localité.

Depuis quand l’hospitalité traditionnelle serait-elle interdite ?

Comment concevoir qu’on puisse bastonner un vieil homme et de surcroît un notable honorablement connu de tous ?

Fidèle à leur méthode de mutisme les médias locaux ne donnent aucune information sur le sujet. Seule la courageuse et méritante LDHD tire la sonnette d’alarme afin d’alerter l’opinion internationale, malgré les diverses intimidations.

Faut-il chercher un début d’explication suite aux multiples désaveux cuisants des différentes élections.

La dernière élection pouvait s’envisager consensuelle, par ce que voulue par tous.

Cette élection, de mars dernier, régionale et communale avait été programmée pour faire oublier rapidement l’amer souvenir qu’a laissé les élections précédentes et notamment l’élection la plus controversée : LA PRESIDENTIELLE.

Tout le monde se souvient de l’interview que le président avait donné au très complaisant journal JEUNE AFRIQUE qui se nommait à l’époque très modestement : L’INTELLIGENT.

A une question relative à sa réélection, sans concurrent ni débat contradictoire, le président avait répondu avec l’aplomb qu’on lui connaît et je cite de mémoire : Si l’opposition a quelque chose dans le ventre qu’elle le montre lors de la prochaine élection régionale et communale qui sera organisée avant la fin de l’année. Fin de citation.

Il faut se souvenir que cette interview a été publiée juste après sa réélection du 8 avril 2005.

Contrairement à la promesse présidentielle, cette élection ne s’est déroulée qu’un an après.

Suite à de multiples reports pour des raisons diverses et variées la réalité est tout simplement : -le refus de participation de l’opposition légalisée

 

-le manque d’enthousiasme des Djiboutiens. Ceux-ci n’ont même pas daigné retirer leurs cartes d’électeur.

Ces élections souhaitées par tous ont été boudées pourtant par plus de 80% des électeurs inscrits, selon l’aveu même du pouvoir en place.

Une calamité que le tenant de pouvoir a minimisé au maximum, mais qu’il n’a pu cacher comme dans le passé.

Les électeurs ont fait plus confiance au mot d’ordre de l’opposition, de boycotter l’élection. Cette consigne de l’opposition a été entendue par tous sans bénéficier du relais des médias nationaux.

Après un tel désastre nous pouvions attendre logiquement :

 

– Soit à la démission du gouvernement
– Soit au moins au renvoi du ministre de l’intérieur
– Soit à l’organisation d’un référendum pour reconquérir un semblant de légitimité bafouée.

Ce qui semble normal partout dans le monde n’a pas cours chez nous.

En république de Djibouti on soigne le mécontentement par la répression.

L’autre piste serait-elle, la renonciation le 21 septembre 2005  par le président de l’ARD (Alliance Républicaine pour le développement) Monsieur Ahmed Youssouf de l’accord de réforme et de concorde civile?

Nul n’ignore avec quel fracas cet accord fut accueilli et célébré : discours, embrassades réceptions, éditions spéciales dans les médias, décorations des personnalités qui avaient rendu possible cet événement etc…

Par contre, aucun mot dans les médias nationaux pour informer les Djiboutiens sur la dénonciation de cet événement important et les raisons qui ont poussé leurs signataires à retirer leur accords.

Depuis que cet accord est devenu caduc, un chapitre condescendant du discours présidentiel vantant le mérite des Djiboutiens de régler leurs différents entre eux, servi pour chaque événement, a disparu.

Il va falloir vite trouver un ‘’ truc’’ consensuel pour le discours du 27 juin prochain !

Quelque soit les raisons qui ont motivé ce désastre, cela prouve s’il en était encore besoin le manque chronique de dialogue, l’absence totale de contre pouvoir.

Ce pouvoir s’étiole de plus en plus et pense trouver une crédibilité dans la répression.

La politique est possible dans la recherche du compromis. Manifestement nos dirigeants ne l’ont jamais pratiqué, leur préférence s’accommode comme d’habitude de la compromission.

Pour notre part nous continuons à chercher pacifiquement à mettre en place une plateforme vers une transition démocratique, indispensable. La survie de notre nation exige l’abolition définitive de cette logique de haine entretenue et amplifiée par la division ethnique et le dosage tribal.

Tous ceux qui sont désireux de sortir de ce marasme fétide sont les bienvenus. Il est indispensable d’élaborer un projet fédérateur non partisan avec pour seule ambition :

– Mettre fin à cette situation qui n’a que trop durée et réconcilier les Djiboutiens.

Nous devons partir du principe que rien ne sera productif sans l’unité des Djiboutiens.

Il faut balayer nos divergences artificielles et prendre notre destin en main afin d’éviter de sombrer dans la guerre civile qui frappe à notre porte. 

AÏNACHÉ

A voir : L’émission de FR3 ‘’Culture et Dépendance’’ du mercredi 21 juin prochain à 23h25 aura comme invité notre ami Abourahman Waberi. Il aura face à lui entre autre le très médiatique ministre de l’intérieur N. Sarkozy.

Comme chacun sait, son dernier livre ‘’Aux Etats-Unis d’Afrique’’ à obtenu un succès mérité et a été salué unanimement par toutes les critiques.

Il est regrettable que ce succès n’ait pas été relayé par les médias Djiboutiens.

04/09/05 (B314) LA VOIX AU CHAPITRE, par AÏNACHÉ. Le coma profond et le classement de Djibouti en dernière position des Nations (au même niveau que la Somalie et la Corée du dernier Stalinien Kim_Jong-Il) par le magazine GEO.

 

COMA PROFOND

Suite à un malheureux concours de circonstances ou à un stupide accident corporel l’être humain s’il a, par chance, évité la mort subite, peut tomber dans le coma.

Cet état caractérisé par la perte des fonctions de la parole et de la mobilité peut durer selon le cas plusieurs jours, des semaines, des mois ou même plus. Les proches et les amis gardent souvent l’espoir d’une sortie prochaine de cet état de l’être aimé. Lorsque cela dure au-delà d’un certain temps il s’ouvre un débat plus au moins difficile, entre le corps médical et la famille sur la décision la plus raisonnable à prendre.

Le Gouffre profond du 8 avril 2005 où nous sommes tous tombés (les Djiboutiens) quelques soient nos responsabilités respectives se caractérise comme un coma dépassé ou la survie n’est possible que par les moyens de la réanimation intensive et du personnel dévoué et compétent. Des hommes et des femmes capables d’une abnégation sans faille pour le service de leur pays et de leur peuple.

L’énorme raté de ce ‘’maudit’’ 8 avril a anesthésié l’espoir des Djiboutiens, d’où l’état comateux de la vie publique limité à une conservation végétative.
Ce plongeon involontaire en apnée ne profite qu’au tenant du pouvoir qui se garde bien de rechercher le secours de sauveteurs, mais bien au contraire s’ingénie à l’enfoncer.

L’étonnante augmentation des tonnages du Qat importé quotidiennement, remarquée ces derniers temps, souligne cette volonté manifeste du pouvoir de maintenir la population dans cet état végétatif plutôt que de chercher le moyen de l’en sortir.

Cette drogue (il faut appeler la chose par son nom) dont les conséquences sont nombreuses et démontrées depuis bien longtemps est le remède de gouvernance du tenant du pouvoir. Il l’utilise et en abuse sans se soucier des ravages occasionnés sur les personnes et leurs familles, encore moins sur les finances publiques, à travers la dépense de la santé.

Tout est bon pour avoir la paix et diriger le pays à sa convenance.

Cette méthode de gouvernance est montrée du doigt cruellement par le magazine GEO.

Il publie le palmarès des 150 États membres de l’Onu, en fonction de leur contribution à la paix.

Il a été établi avec le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, sur la base de vingt et un critères (mines, enfants soldats, armes nucléaires, droits de l’homme, etc.).

Ce classement situe la république de Djibouti à la 150ème position juste avant la République de Somalie, (qui hélas n’existe plus depuis bientôt 15 ans) et la République de Corée du Nord, dirigée par le psychopathe Kim Jong-il.

Avouez que cela n’est pas très flatteur d’être assimilé ou comparé au dernier stalinien !

Reconnaître, une réelle difficulté de communiquer pour un homme politique ‘’digne de ce nom’’ est souvent un exercice délicat. Beaucoup cherchent les moyens d’y remédier. Certains hommes politiques de tout continent se sont mis à suivre assidûment des cours pour palier à cette lacune et s’entourent de professionnels de la communication. Ainsi ils acquièrent certaines techniques pour mieux expliquer la politique qu’ils mettent en œuvre.

Communiquer ne veut pas dire mentir, mais expliquer clairement ses actions pour permettre aux citoyens de mieux s’approprier la politique faite en leurs noms.
A condition qu’il y ait une politique, avec un programme lisible à défendre !

Le peuple Djiboutien crie au secours et il ne voit rien venir à l’horizon. Les Djiboutiens sont-ils aphones ou leurs Leaders sourds ?

Quoi qu’il en soit, les Djiboutiens ne pourront éternellement.se contenter d’une communication qui tourne à une propagande éhontée

Le simple fait de monopoliser les moyens de communication ne met pas à l’abri de la mauvaise gouvernance mais bien au contraire attise le mécontentement des nationaux et la méfiance des observateurs étrangers.

Dans notre époque où la moindre information est aussitôt répertoriée d’une manière instantanée à travers le monde, nos dirigeants continuent à vouloir cacher leur méthode de gouvernance.
La suppression de l’émetteur de RFI d’une manière arbitraire n’est pas le moindre des paradoxes.

Je ne suis pas sûr qu’il y est des Djiboutiens abonnés au magasine GEO.

Par contre, je ne doute pas un seul instant que beaucoup de Djiboutiens chercheront à se procurer le dernier numéro.

Bonne lecture donc !

AÏNACHÉ

10/04/05 (B293) MANIFESTATION DU 8 AVRIL 2005 à PARIS. LASSITUDE ! par Aïnaché.

Nous sommes ici
ensemble aujourd’hui pour exprimer notre refus de participer une fois
de plus à une élection truquée

Les différents
partis politiques de l’opposition sous l’égide de l’UAD refusent
fermement et à juste titre de participer à cette élection
qui tourne à la farce en ce mois d’avril.

Le poisson d’avril à
la sauce Djiboutienne est en peu trop gros à avaler.
Le même genre de manifestation se déroule aux quatre coins du
monde où vivent des Djiboutiens.

Depuis Paris, nous saluons
nos compatriotes qui sont rassemblés en ce moment même à
Djibouti, avenue Nasser devant le siège de l’UA.D. Un amical salut
à nos compatriotes, exilés comme nous, qui tiennent le même
genre de manifestation à BRUXELLES, à OTTAWA, à STOCKHLOM
etc….

Contrairement à
la propagande du tenant du pouvoir, ce n’est pas par manque de candidats ou
par crainte de perdre que l’opposition unie n’a pas souhaité l’affronter,
mais parce que comme chacun le sait ” les jeux sont faits “.

Nous sommes las d’être
infantilisés par un petit groupe qui nous refuse de choisir d’une manière
responsable nos dirigeants.

Nous sommes las du mépris
affiché par nos dirigeants envers le peuple.

Nous sommes las des élections
où les résultats sont connus d’avance non seulement par ceux
qui l’organisent mais aussi par toute personne qui suit l’actualité
Djiboutienne.

Nous sommes las d’une
administration qui nous refuse notre citoyenneté.

Nous sommes las d’une
politique basée sur les divisions ethniques et sur le dosage tribal.

Nous sommes las d’une
administration qui fournit les documents administratifs à la tête
du client.

Nous sommes las d’un gouvernement
qui ne respecte pas ses engagements.

Nous sommes las d’une
politique basée sur le mensonge.

Nous sommes las de ne
pas pouvoir vivre librement et honnêtement dans notre pays.

Nous sommes las des arrestations
arbitraires et des intimidations permanentes.

Notre lassitude est arrivée
à un point de non-retour et nous ne voulons plus nous faire piéger
par une énième élection truquée.

L’élection rejetée
par la grande majorité de nos concitoyens, se présente, je le
crains, comme une farce de poisson d’avril qui ne tient qu’une journée.

Pour nous les Djiboutiens,
cette grosse farce du 1er avril dans le reste du monde, nous la célébrons
avec huit jours de retard, mais sans surprise. Le retard est une marque de
fabrique de nos dirigeants.

On se distingue comme
on peut !

Malheureusement il faut
se rendre à l’évidence et admettre hélas, que le vent
de la démocratie, qui balaye à travers le monde les dictateurs,
n’arrive toujours pas à pénétrer dans nos frontières
jalousement barricadées.

Il n’est pas concevable
que nous continuions à vivre dans une singulière exception Djiboutienne
farouchement réfractaire à toute velléité démocratique.

AÏNACHÉ

23/02/05 (B286) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ / IMPASSE DÉMOCRATIQUE.

Pour des raisons
évidentes explicitées devant leurs militants et publiées
par les journaux des différents organes des partis, les dirigeants
de l’UAD (UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE) qui regroupe l’ARD,
l’UDJ et le MRD, ont décidé qu’il n’y aura pas un candidat
à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain
cautionné ou soutenu par l’opposition unie.

La ferme position, adoptée
par l’opposition unie est engendrée par le mutisme du pouvoir face
au refus constaté d’obtenir le moindre début de réponse
à leurs exigences.

Les conditions sine qua
non, pour un réel concours démocratique respectueux de l’expression
de chaque électeur – exigées par l’UAD n’ont pas été
prises en compte, comme le souligne le communiqué de presse du 13 février
dernier publié par l’UAD sur l’élection présidentielle
d’avril prochain.

A la lecture de ce communiqué
on ne peut que constater la détermination de l’opposition unie de ne
plus servir de faire valoir à une élection déjà
bouclée, du moins sur le papier, dans ses moindres détails.
Dopée par un succès grandissant à chacune de ses réunions
ou meeting, encouragée par une population exténuée désireuse
d’un changement salutaire, l’UAD s’estime légitiment incarner l’aspiration
populaire pour imposer ses conditions.

Les neuf conditions, au
demeurant légitimes, exigées par l’UAD ne risquent pas hélas
d’être satisfaites dans le laps de temps qui nous sépare de la
date légale de l’élection Présidentielle.

Ce qui revient à
dire, sauf un revirement improbable : Pas d’élection présidentielle.

En mai prochain, dans
pratiquement trois mois, le mandat de six ans de l’actuel chef de l’Etat expirera.
Par conséquent, le Président n’aura plus la légitimité
(usurpée ou non) de diriger le pays, si comme c’est fort probable,
l’élection Présidentielle ne peut se dérouler.

Par la même occasion,
nous serions privés des débats salutaires et indispensables
que la campagne électorale génère, pour faire le bilan
du candidat sortant et connaître les projets des postulants.

Dans ce cas de figure,
nous nous dirigeons les yeux fermés dans un gouffre sans issue aux
multiples conséquences peu réjouissantes.

QUÊTE D’UN HURLUBERLU.

Selon les rumeurs persistantes,
il se colporte la nouvelle que les tenants du pouvoir se sont mis en quête
de trouver un hurluberlu qui se ferait octroyer généreusement,
plus de 30% du suffrage exprimé, un titre ronflant d’ancien candidat
malheureux à la présidentielle et une reconnaissance sonnante
et trébuchante pour avoir sauvé du ridicule le candidat ”solitaire”
comme l’a baptisé, le journal de l’opposition de l’ARD (Alliance Républicaine
pour le Développement), RÉALITÉ.

Seulement voilà,
il y a un bémol : le facteur temps négligé par orgueil
ou par suffisance coupable, ne le permet plus.

Beaucoup de temps a été
perdu pour faire obstruction aux citoyens désireux de s’inscrire sur
la liste électorale comme l’avait révélé une information
publiée par le journal : RÉALITÉ n° 117 du 15.12.04.
je cite : ‘‘ Inscriptions interrompues au 5ème arrondissement. –
: Les citoyens résidant dans ce secteur n’arrivent plus à s’inscrire
sur les listes électorales depuis plus de deux semaines, officiellement,
dit-on, par manque de formulaires administratifs.”.
Ils ne sont pas les
seuls. Ce genre de mésaventure, des concitoyens de la diaspora l’ont
subi à leurs dépendants, particulièrement à notre
représentation parisienne.

Tout ce temps perdu en
péripéties inutiles, joue donc contre le pouvoir dans sa quête
de trouver cet hurluberlu, qui se fait manifestement rare, pour faire le challenge
et sauver les apparences. Cette fois-ci la quête semble difficile.

L’époque du candidat
unique, issu et soutenu par un parti unique est heureusement révolue.
Aucune nation, aucune institution ne peut plus cautionner une élection
non démocratique. La troublante succession fétide de père
en fils de Mr GNASSINGBÉ au Togo en est malheureusement la plus récente
et la plus parfaite caricature.
Nous voilà devant une impasse démocratique et un futur blocage
de ce qui nous reste des institutions, déjà malmenées
depuis bien longtemps.

Afin de ne pas s’enfoncer
d’avantage, il serait judicieux qu’il y ait une large concertation entre le
pouvoir et l’opposition unie dans l’UAD, avec des personnalités des
sociétés civiles choisies ensemble, pour s’atteler et trouver
un compromis susceptible de dégager un projet d’avenir.

Mieux vaut mettre les
problèmes sur la table pour en discuter et voir ce que l’on peut faire
ensemble pour les résoudre, plutôt que d’observer le pouvoir
s’épuiser dans une course effrénée d’un hypothétique
candidat de complaisance.

Il n’est donc pas superflu
de chercher une solution de sortie à ce blocage qui se profile à
l’horizon. Si non, je crains fort que le pire ne soit pas hélas, derrière
nous.

AÏNACHÉ

04/11/04 (B270) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ Réactions et … défi

 

RÉACTIONS
ET… DEFI

Les remous et les réactions
provoqués par ma dernière contribution m’ont, à la fois,
réjoui et surpris.
Réjoui
par les élans et les engouements provoqués par la diaspora dans
son désir de participer aux prochaines élections.

Le débat créé
sur l’intérêt qu’il y a ou non de s’inscrire sur la liste électorale
et ensuite de voter ou pas, me rassure.
C’est
la raison pour laquelle, j’ai signalé le besoin de la diaspora, d’être
associé aux choix qui se dessinent sur l’avenir de son pays.

Parmi les réactions
que j’ai reçues, la grande majorité est désabusée
et ne croit à aucune possibilité de changement, compte tenu
de la situation politique actuelle. Certains enfin, se demandent même,
s’il y aura une élection présidentielle en avril 2005 ?

Ceci est un autre débat,
nous aurons le loisir de disserter, sur le bilan de ceux qui nous ont dirigés
et les intentions de nouveaux postulants. Après se posera la véritable
question : comment voter, pour qui voter, s’abstenir ou pas, etc..……

La priorité actuelle, me semble t-il, est d’être inscrit et donc
d’exister nominalement sur la liste électorale.

Pour ceux qui ont posé
des questions pratiques : – Tels que : Comment faire pour s’inscrire sur la
liste électorale à l’étranger ?

Deux solutions se présentent
: – Soit se rendre à la représentation de notre pays la plus
proche de son habitation, avec pièce d’identités et demander
d’être inscrit.
– Soit écrire pour se faire envoyer les documents nécessaires
à l’inscription.
– En tout état de cause avant le 31 décembre 2004.

Je ne doute pas un seul
instant que nos agents consulaires s’empresseront de faciliter les démarches,
afin de permettre à nos concitoyens de se conformer aux lois de la
République.

Ce débat est pour
moi très salutaire et j’aimerais qu’il se poursuive à l’intérieur
du pays et au sein de la diaspora. Il est bien connu, que c’est par le débat
que jaillit la lumière et non par une décision prise solitairement
et sans concentration.

INSTITUTIONS
VIRTUELLES

Par contre, ce qui m’a
le plus surpris, c’est l’absence de réponses, à mes interrogations
sur le non-remplacement d’un député décédé,
ni sur le cumul des ”fonctions” ou plutôt des titres (député
et ministre)

La surprise majeure est
le défi que m’a lancé une personnalité proche du pouvoir
très influente. Cette haute personnalité m’a mis au défi
de lui citer une seule institution mise en place par le gouvernement qui ne
fonctionne pas, comme je l’affirmais dans ma dernière contribution
!

J’ai suggéré
amicalement à cette haute personnalité (que par charité
je ne nommerais pas) de consulter le site Internet officiel de la République
de Djibouti ou à défaut de pouvoir le faire lui-même de
demander à un de ses collaborateurs en mesure de l’aider.

Comme je recommande à
tous ceux qui souhaitent compléter leurs informations, de se reporter
sur ce site pour parfaire leurs connaissances de nos institutions.

J’ai reproduis ce qu’on
peut lire sous la rubrique : INSTITUTIONS :
– Assemblée Nationale
– Conseil Constitutionnel
– Conseil Supérieur de la Magistrature
– Médiateur de la République
– Commission Nationale de la Communication

Bien sûr il y aurait
à dire sur les dysfonctionnements des Institutions existantes, mais
pour ne parler que de la dernière :

-Qui pourrait me signaler son existence et ceux qui oeuvrent à
son fonctionnement ?

Cette Commission Nationale
de la Communication est présentée comme suit sur le site :

”La Commission Nationale
de la Communication est une autorité indépendante prévue
par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à
la liberté de la communication.

La liberté de communication est garantie par la Constitution et est
définie par l’article 3 de la loi susvisée: “La liberté
de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement
le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant
à autrui ou pour accéder à l’expression de la pensée
d’autrui.

Le citoyen a le droit
à une information complète et objective, et le droit de participer
à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de
pensée, d’opinion et d’expression proclamée par la Constitution”

La Commission Nationale
de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme
de l’information”.

Vous ne rêvez pas,
le pays et les citoyens dont parle ce texte sont la République de Djibouti
et les Djiboutiens.

J’espère que ce
petit rappel répond au défi de cette haute personnalité
qui a pêché par ” omission ”

Et dire que nous sommes
gouvernés par ceux-la même, qui ignorent les textes qu’ils ont
” légiférés” ! Je profite de ce défi, pour le
moins hasardeux, pour donner mon avis sur l’utilité de cette commission
virtuelle.

Si cette Commission Nationale de la Communication existait vraiment au lieu
de rester à l’état embryonnaire, depuis le 15 septembre 1992,
nul ne peut douter que cela ait fait avancer la bonne gouvernance indispensable,
qui nous fait encore défaut aujourd’hui.

AÏNACHÉ

24/10/04 (B269) LA VOIX AU CHAPITRE par AÏNACHÉ

 

APPEL AU CIVISME

Dans une déclaration
de mardi 19 octobre 2004, le ministre de l’Intérieur a annoncé
la réouverture des inscriptions sur les listes électorales.
Cet appel au civisme est une très bonne initiative, bien qu’elle soit
récurrente et obéisse à la période du dernier
trimestre de chaque année.

Le rappel aux inscriptions
sur les listes électorales aux jeunes arrivant à la majorité,
aux personnes qui ont changé de lieu de résidences comme ceux
qui ont négligé de s’inscrire ou qui ont voté par ordonnances
lors des dernières élections, est une bonne chose.

Le ministre de l’intérieur
est parfaitement dans son rôle, lorsqu’il rappelle aux citoyens Djiboutiens
leur devoir civique, encore faudrait-t-il que l’appel s’adresse à tous
et n’exclue pas certains citoyens parce que les autorités actuelles
( à tort ou à raison) les soupçonnent à l’avance
de ” mal ” voter.

C’est ainsi qu’il est
signalé à chaque élection que des personnes remplissant
parfaitement les conditions requises sont empêchées d’inscription
sur les listes électorales pour des raisons ethniques ou tribales,
non avoués. La plupart se voient refuser purement et simplement des
pièces d’identités.

Plus grave encore, parmi
les citoyens qui n’ont jamais eu la chance de s’acquitter de leur devoir électoral
figurent aussi, une forte population qui grossit de mois en mois à
l’étranger, pour cause d’exil politique ou économique.

Cette forte population
de la diaspora très dynamique et terriblement motivée, n’a jamais
été invitée à s’exprimer sur aucune élection
qui s’est déroulée jusqu’à présent.

Mon souhait est que cet
appel au civisme soit aussi valable pour cette population privée d’expression
quelle soit à l’intérieure ou à l’extérieure de
territoire national.

Pour que personne ne soit
oublié, il n’est pas superflu d’amplifier l’appel au civisme pratiquement
deux mois avant la date de la clôture de la liste électorale.
Cette période est suffisante pour permettre la mise en place du recensement
de la population de la diaspora, afin d’organiser en son temps, dans chacune
de nos représentations à travers le monde, la journée
des élections.

Nos représentations trouveront par la même occasion, une sorte
de crédibilité qui leur fait défaut pour le moment, car
nombreux sont les Djiboutiens troublés par l’attitude méprisante
à leur égard..

Ainsi, chaque Djiboutien
pourra s’exprimer sur le devenir de son pays sans frustration ni complexe
vis à vis de ceux qui eux ont le droit de voter, parce qu’ils se trouvent
au pays. Les autorités de Djibouti s’honoreraient de prendre, pour
ceux de la diaspora, les dispositions nécessaires afin de leur permettre
de participer aux élections.

L’argument de manque de
moyens pour permettre à la diaspora de participer aux élections
n’est plus recevable. Au jour d’aujourd’hui, des petits pays moins bien lotis
que nous font l’effort nécessaire pour leurs ressortissants.

Il m’est agréable
de rallier cet appel au civisme pour plusieurs raisons :

Tout d’abord, l’incitation
aux inscriptions sur la liste électorale ne doit pas être seulement
l’affaire du ministère de l’intérieur.

La société
civile, les différents partis politiques ou tout citoyen responsable
devraient et doivent inciter nos compatriotes au devoir civique.

Je n’ignore pas que,
beaucoup des Djiboutiens sont résignés et ne croient plus aux
vertus des élections.

Les résultats des
dernières élections et notamment la dernière élection
législative du 10 janvier 2003, n’encouragent pas beaucoup de monde
à croire que le salut doit passer par les urnes.

De plus, les ressentiments
causés chez les Djiboutiens par les dernières élections,
doivent motiver plus d’un à ne pas la revivre à nouveau. Puisqu’il
faut se venger, de la manière plus que douteuse où s’est déroulé
la dernière élection, il n’est pas superflu d’être cette
fois ci, plus vigilant.

Beaucoup de Djiboutiens
se souviennent du conciliabule qui a suivi la dernière élection
législative pour déterminer les pourcentages des voix qu’il
fallait concéder à l’opposition, compte tenu du résultat
qui s’avérait lui être très favorable.

Après, paraît-t-il
quelques âpres conciliabules, il a été finalement décidé
d’accorder à l’opposition 40% des suffrages exprimés. Ce qui
a été jugé ridicule par de nombreux observateurs impartiaux.

Le ressentiment est d’autant
plus fort chez les électeurs de l’opposition, lorsqu’ils constatent
amèrement que même avec ces 40% octroyés, pour masquer
la fraude gigantesque, ces électeurs n’ont aucun représentant
à la chambre des députés.

La république
de Djibouti est le seul pays au monde où aucun parlementaire ne représente
40% des électeurs.

Mieux encore. Suite au
décès survenu, il y a maintenant plus de six mois, du député
”élu” sur la liste présidentielle, le feu ISMAÏL YOUSSOUF
YONIS (paix à son âme), aucun député ne l’a, à
ce jour, remplacé.

Pourquoi ?

Bien que la Loi organique ( n° 5 /AN/93/3e L) concernant le règlement
intérieur de l’Assemblée Nationale le stipule dans son article
4.

Tout simplement, aussi
bizarre que cela puisse paraître, nos dirigeants ne respectent pas la
constitution. Il n’y a pas de suppléant élu.
De même, les députés nommés ministres, continuent
à conserver les deux fonctions à la fois, à commencer
par le premier des ministres.

Une fois de plus, dans quel pays existe ce genre de confusion des rôles
???

Ce blocage des institutions
ou son dysfonctionnement n’est pas nouveau, et cela n’incite pas au civisme.

Nous savons tous qu’aucune
institution ne fonctionne normalement, certaines existent en tout et pour
tout par leur intitulé. Faut-t-il énumérer les différentes
institutions qui jalonnent le journal officiel mais qui n’ont jamais fonctionnées
?

C’est la raison pour laquelle
il faut être vigilant et dénoncer les dérives institutionnelles
chaque fois que l’occasion se présente.

Ce n’est pas parce que
nos dirigeants actuels ne respectent pas les institutions qui sont en place,
que nous devons leur abandonner le terrain.

AÏNACHÉ

25/05/04 (B248) La voix au chapitre : par AÏNACHÉ. “REVELATIONS”.

”LA RÉVÉLATION”

Le service après-vente,
de Jeune Afrique l’Intelligent nous a gratifiés d’un entretien
Présidentiel étonnant.

C’est le moins qu’il
pouvait faire après une opération commerciale lucrative,
de permettre au Président d’évacuer à peu de frais
avec un journaliste complaisant certains nombres de problèmes
préoccupants du moment.

Surtout, cela à
permis de faire oublier la fameuse conférence de presse désastreuse,
face à des journalistes curieux, sur la situation de la Région,
-au Centre d’Accueil de la Presse Étrangère à la Maison
de Radio France – le 03 octobre 2002. Cette conférence de presse avait
écorné l’image que voulait présenter notre Président
à l’extérieur.

Archives : image
de Canal + prise
durant
la conférence de Presse
de Guelleh
à Paris, au moment
où un journaliste lui pose
une question sur l’affaire
Borrel.
Quelques instants plus tard,

il va quitter la salle en “maugréant”
de façon indamissible
contre les journalistes
ce qui avait fait grand scandale.

Pour
ce qui concerne l’affaire de ” l’assassinat ou du suicide ”
du juge Borrel qui pourrit la relation avec la France, à la lecture
de cet entretien recueilli par le journaliste chargé d’assurer
le service après-vente, notre Président semble s’en sortir
à bon compte et renvoyer l’affaire en France. C’est un scandale
franco-français dit-il. Au passage il se paye même le luxe
de s’attribuer le mérite d’avoir fait avancer le dossier.

Enfin, il n’y a pas lieu
de s’immiscer dans une enquête en cours. Attendons, la suite !

La révélation
la plus étonnante est son affirmation sur le commanditaire de l’attentat
du Café de Paris. Elle est le moins qu’on puisse dire, surprenante
à plus d’un titre :

En effet, le Président
nous révèle tranquillement que cet attentat à été
commandité par Aden Robleh.

Voilà une affaire qui a trouvé un témoin de premier choix
en la personne du Président !

A priori, il ne vient
à l’esprit de personne de mettre en doute la parole du premier magistrat
de l’Etat !

Cependant, la question
qui nous brûle les lèvres est : Pourquoi n’a-t-il pas voulu apporter
son concours à la justice pour l’aider à solutionner cette affaire
?

Certes, ce n’est pas la
première fois que la piste d’Aden Robleh est évoquée.
Lui-même a toujours nié être de près ou de loin
concerné par cette affaire. Il avait même adressé une
lettre au juge qui l’avait convoqué le 4 avril 2001 où il déclarait
entre autre, je le cite : ”Je n’ai absolument rien à voir avec cette
affaire étant donnée qu’aux moments des faits, je vivais à
dix mille kilomètres de Djibouti, lieu où les dits faits se
sont produits……”

Il est bon de rappeler
qu’à cette époque là, Aden Robleh, était Président
d’un parti d’opposition qui s’est rallié depuis à la majorité
présidentielle. Ce qui est encore plus déroutant dans cet entretien,
c’est le fait que le Président accuse un membre éminent de sa
majorité ?

Depuis la publication
de cet entretien, Monsieur Aden Robleh n’a toujours pas réagi. Cela
me paraît plutôt incompréhensible. Je l’ai connu plus réactif
que cela.

Son silence confirme-t-il
donc l’affirmation du Président ?

D’autres bizarreries de
cet entretien – : connaissant le commanditaire, pourquoi alors avoir ordonné
et persécuté des citoyens qu’il savait innocent ? Ces citoyens
persécutés, qui ont été estimé à
plus de 300 personnes, ont en commun d’être de la même communauté.
Certains, à la suite des sévices subis sont morts, d’autres
gardent encore aujourd’hui des séquelles.

Les plus chanceux d’entres
eux ont préféré s’exiler avec ou sans familles.

Parmi les enfants des
torturés, il y en a quelques-uns qui font encore des cauchemars plus
de dix ans après. Ils sont hantés par la brutalité des
sévices et humiliations infligées à leurs parents en
leur présence.

A ce sujet, il convient
de saluer l’initiative venant d’OTTAWA qui s’apprête à manifester
pour que cette injustice ne tombe dans l’oubli, comme bien d’autres, sous
le thème :

”JE ME SOUVIENS,
LE 27 SEPTEMBRE 1990 A DJIBOUTI”.

Cette journée de
mauvais souvenir s’ajoutera à la liste des autres journées tristement
célèbres commémorées seulement par la Diaspora,
(pour le moment) depuis de nombreuses années, comme : -la commémoration
du massacre d’Arhiba tous les 18 décembre.

A ce rythme là,
si nous n’arrivons pas à un changement salvateur il n’y aura pratiquement
aucun mois dans le calendrier sans une commémoration douloureuse.

Nul n’ignore évidemment
la tenue du ” Forum sur l’Etat de Droits de l’Homme à Djibouti
“, annoncée avec beaucoup de bruits, la semaine dernière.
Seulement voilà, contre toute attente ce Forum s’est tenu pratiquement
à huit clos. C’est à dire entre les gens parfaitement d’accord
entre eux : Ministres, Députés et Hauts Fonctionnaires, hormis
les invités protocolaires, contraints d’assister à l’inauguration.

Aucun représentant
de l’opposition ni le Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des
Droits Humains) n’était présent. (*)

Dans ce ”Forum” entre
amis, pensez-vous que les situations des exactions, des humiliations citées
plus haut aient été débattues ? Détrompez-vous,
qui pourrait se hasarder à les évoquer puisque pour ceux qui
se sont réunis, ces évènements sont occultés.

Pour terminer avec cet
entretien et la révélation sur l’affaire dite (Café de
Paris) il n’est pas venu à l’esprit de notre Président de présenter
ses excuses aux innocents injustement persécutés et humiliés.
Combien de temps faut-il attendre pour que des excuses soient présentées
aux familles disloquées et anéanties par les dirigeants qui
savaient ? ? ?

Comme il ressort très
implicitement de cet entretien.

A quand la réparation
morale et physique de cette injustice ?

AÏNACHÉ

(*) Note de l’ARDHD.
Nous certifions que notre Association n’a pas été, non plus,
conviée à participer à ce forum ! Est-ce que parce que
les autorités djiboutiennes n’avaient pas nos cordonnées ?