04/05/09 (B497) LA VOIX AU CHAPITRE : RÉPUPLIQUE OU MONARCHIE ? (par Aïnaché)


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Faut-il remplacer l’appellation de notre pays :  » la République de Djibouti  » par une appellation plus conforme à la situation complètement monarchique actuelle ?

Il devient de plus en plus incongru, voir ubuesque de continuer à l’appeler « la République ».

Il n’a échappé à aucun djiboutien ni à aucun observateur de la vie politique et sociale djiboutienne qu’il n’y existe aucune voix discordante à la voix officielle et exclusivement présidentielle.

Aucun membre du gouvernement ni de l’assemblée dite nationale ne peut se permettre d’émettre un avis personnel même favorable à la politique gouvernementale. Ainsi, il est indéniable que la vie politique est complètement laminée.

Il semblerait que les politiciens djiboutiens sont de plus en plus plaintifs, particulièrement une petite minorité qui se réclame pourtant de la majorité présidentielle. On ajouterait même qu’ils ne sont pas contents. Bienvenue au club !

Ces politiciens exercent pourtant, s’ils étaient conscients, une fonction, pour ne pas dire un métier, passionnant, certes moins vieux que la prostitution, mais plus varié et plus noble. La dérive djiboutienne veut qu’ils fréquentent les  »Mabrazes » au lieu du trottoir, afin de mieux surveiller leurs proches, ils en sont grassement payés.

Leur mécontentement vient, contrairement à ce que nous pourrions imaginer, de la révolution numérique et particulièrement du contenu de la toile, qui selon certains les harcèle. Ils accusent constamment et d’une façon continue la toile qui montre leurs travers et qu’ils n’arrivent pas à contrôler complètement.

Ils avaient réussi à ce qu’il n’y ait plus de partis politiques, ni d’activité syndicale,
aucune publication mis à part la propagande officielle et monarchique autorisée.

Aucune Radio ni Télévision libre ne peut émettre.

Malgré tout, l’information passe, certes difficilement, mais tout même, grâce à la vigilance et au militantisme de la population qui refuse de vivre dans l’oppression.

La diaspora relie très efficacement cette information afin de lutter contre cette autorité qui se révèle de plus en plus tyrannique.

C’est ainsi, que nous apprenons avec effarement et régulièrement que des jeunes des quartiers populaires sont pourchassés le soir. Nos informateurs signalent, des feux nourris et même des  »rafles » (quel horreur) dans certains quartiers classés par le tenant du pouvoir comme rebelles.

Si ce n’est pas Arhiba, c’est au quartier 5 et ainsi de suite, à chacun son tour.

Décidément, ce pouvoir ne recule devant aucune exaction, même, jusqu’au bannissement de ses propres citoyens. C’est tout dire !

Les abus et les dérives de cette minorité qui nous gouverne, n’ont plus de limites.

Il est à saluer le courage de ce haut fonctionnaire qui a refusé de cautionner ce pouvoir. Son rapport du 30.03.08 que l’ARDHD a pu se procurer est significatif. (lien)

Il faut espérer que beaucoup d’autres fonctionnaires l’imitent.

Nous pouvons comprendre ces hauts fonctionnaires contraints de collaborer avec ce régime faute d’avoir d’autres ressources pour vivre. Mais, comment ne pas se sentir fautif d’exister ainsi au sein d’une population asservie.

Lors du  »Séminaire des réflexions sur l’action gouvernementale », cette semaine (du 2 au 9 mai 2009), le gouvernement donne l’occasion à tous de dire leurs sentiments.

A l’ouverture de cette conférence nous notons déjà la difficulté de nos dirigeants à donner des réponses cohérentes.

Les questions insipides sélectionnées à l’avance, posées par des agents choisies méticuleusement posent problèmes.

Pitié allez y, défoulez vous franchement au lieu de porter le chapeau en lieu et place de ceux qui vous oppriment.

Le peuple djiboutien vous en saura gré. Rappelez à nos dirigeants, que nous sommes une république et non une monarchie.

AÏNACHÉ
Le 4 mai 2009

PS : Par soucis d’objectivité et d’honnêteté intellectuelle, je recommande la lecture attentive du Bilan des 10 années du pouvoir du IOG mis en ligne par le Président du PDD. (Lien)

18/04/09 (B495) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ ( le 17 avril 2009) LA BELLE AFFAIRE !

Pour ne pas perdre de vue l’essentiel, mettons de coté les bassesses et les querelles de personnes y compris les attaques nominatives stériles, qui sont malheureusement situées la plupart du temps en dessous de la ceinture.

Ramenons le débat politique à son niveau, il y a suffisamment de vrais combats à mener.

Ce régime a tout détruit.

Nous constatons avec impuissance le non respect de la Constitution.

Quelqu’un de bonne foi pourrait-il dire si les articles 3, 10 et 15, pour ne citer que ces trois articles, sont respectés par ce régime ? ? ?

Aujourd’hui, il est question de l’article 23 de la Constitution qui ne convient plus à notre président.

Que dit cet article : ‘’Le Président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois »

Oh ! La belle affaire, qui peut croire un seul instant qu’Ismaïl Omar Guelleh va être gêné par cet article ?

Seulement voilà, il est pris par sa propre contradiction coutumière. Contrairement à ses déclarations et à ses différents interviews, Ismaïl Omar Guelleh ne respecte pas ses engagements et s’apprête à modifier la Constitution.

Comme toujours, ses déclarations s’inscrivent dans sa logique incohérente à hue et à dia.

Jugez en par la relecture de sa déclaration de l’année dernière, dans son magazine préféré « JEUNE AFRIQUE N° 2456. Du 3 au 9 février 2008 :

A la question du journaliste lui demandant, s’il allait respecter la constitution lui interdisant de solliciter un troisième mandat , je ne résiste pas à vous reproduire intégralement sa réponse comme toujours très définitive.


Lisez-la attentivement, ainsi vous pourrez vous faire votre propre opinion sur les paroles d‘IOG. -En 2011, j’aurai achevé ma douzième année au pouvoir. C’est beaucoup. Je ne voudrais pas m’enliser dans la routine et les flatteries de courtisans. Je ne suis pas du genre à déchirer une Constitution parce qu’elle ne me plaît pas.

C’est le même IOG qui n’hésite pas à tonner, la semaine dernière, avec le même aplomb que: ‘’La Constitution n’est pas le Saint Coran ».

Alors, la question est : quel IOG doit-on croire ? Celui qui donne des interviews à la presse étrangère ou celui qui harangue ses obligés pour qu’ils le prient de modifier la Constitution ?

S’il y avait encore quelqu’un, qui nourrissait des illusions sur la parole d’IOG, je lui conseille fermement de se documenter ou d’écouter ceux qui le connaissent et l’ont pratiqué.

Quoi qu’il advienne, je peux vous affirmer, sans risque de me tromper, qu’il modifiera sans scrupule la constitution.

La question qui se pose : quel support utilisera-t-il pour la modifier ?

Si, comme il affirme que c’est le peuple qui le lui demande, la démarche la plus simple et la plus logique serait qu’il appelle le peuple à se prononcer par un référendum.

Bien entendu, s’il opte pour le référendum. Il serait indispensable et honnête que ceux qui sont pour et ceux qui sont contre puissent mener une campagne égalitaire.

Par contre s’il demande, comme je crains, à ses obligés qui siègent au parlement, cette modification annoncée, leur vote sera acquis d’avance.

Comme chacun le sait, ces (ses?)  »députés » ne sont pas élus par le peuple mais nommés par le président envers qui ils sont redevables.

D’ailleurs, il ne manque jamais une occasion de rappeller immédiatmeent à l’ordre, celui qu’il soupçonne d’une légère velléité d’émancipation.

Les courtisans qu’il dédaigne en apparence, mais qu’il encourage fortement dans ce choix, sont comme lui désireux de la modification car ils ont tout à perdre après lui.

Comme avait dit Henri Jeanson : La liberté est une peau de chagrin qui rétrécit au lavage du Cerveau. Il y a bien longtemps que ses courtisans qui l’entourent ont perdu au lavage de leurs cerveaux et il ne faut rien attendre de ce coté là,….. hélas !

Le peuple Djiboutien mérite une autre politique.

AÏNACHÉ

21/03/07 (B387-B) LE DROIT AUX CHAPITRES : AÏNACHÉ le 20.03.07 LE BAILLONNEMENT.

La condamnation,
du Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des Droits Humains) Jean-Paul
ABDI NOËL, à six mois de prison ferme et une amende de 100.000
FD, n’est pas acceptable.

Il
n’est pas concevable de reprocher
au défenseur des Droits de l’Homme d’alerter
et de dénoncer les exactions ainsi que
les dérives qu’il constate dans son pays.

En dénonçant
régulièrement et courageusement les affaires nauséabondes
commises par des irresponsables, la LDDH remplie tout simplement son rôle.
Elle ne se substitue ni à la justice ni aux politiques.

Il faut reconnaître, que la LDDH n’a pas chômé ces
derniers temps, les affaires d’exactions se sont multipliées
et il serait indécent de les hiérarchiser.

Pour commencer évoquons seulement les trois dernières affaires
connues :

1- Est-ce la faute de JP ABDI NÖEL, si deux obsédés sexuels
s’attaquent lâchement à une jeune fille handicapée
(sourde- muette) pour la violer ?

La dénonciation de deux crétins en uniforme sans même
citer leurs noms se transforme pour la justice en une insulte envers l’armée
Djiboutienne. Dans ce cas, qui insulte qui ? La justice qui fait l’amalgame
ou le défenseur de Droits de l’Homme qui les dénonce ?

Le démenti maladroit publié par les organes gouvernementaux
le confirme implicitement.

Il aurait été plus juste de punir ces deux lâches qui
se sont attaqués honteusement à cette jeune handicapée
plutôt que de s’en prendre à un respectable ancien député.

2- Faut-il reprocher à JP ABDI NOËL d’avoir dénoncé
la découverte macabre, faite par hasard, d’un charnier d’ossements
de 7 hommes civils exhumés par les eaux près de DAY, dans le
nord du pays ?

Cette découverte macabre a de quoi exacerber la conscience de ceux
qui en ont encore une.

La LDDH remplie parfaitement sa mission en se mettant à la disposition
des familles et proches de ces sept victimes afin de les aider à constituer
des dossiers de plaintes.

3- JP ABDI NOËL est-t-il responsable si la police arrête les journalistes
et réquisitionne leurs outils de travail (micros, imprimantes etc…)
sans mandats ?

Cette descente musclée avait été déclenchée
suite à un article relatant un banal fait divers entre voisins, paru
dans le journal LE RENOUVEAU du début de février dernier.

Depuis cette descente illégale, le seul journal non gouvernemental
‘’LE RENOUVEAU’ n’apparaît plus.

Le bâillonnement systématique, de toute voix autre que les organes
officiels ne rendra pas sourd et aveugle le peuple Djiboutien, bien au contraire.

Cela incitera d’avantage à chercher ailleurs l’information
qu’on lui cache.

La condamnation du Président de la LDDH, s’apparente à
une forte intimidation contre toute initiative d’indépendance
d’esprit.

Il faut faire preuve d’un certain cynisme, en affirmant sans s’étrangler,
que la République de Djibouti est un Etat de droit où l’on
respecte les droits fondamentaux de la personne humaine érigés
en principe constitutionnel, comme l’affirme le communiqué gouvernemental.

Pendant ce temps on assiste à des arrestations et des emprisonnements
de journalistes et des défenseurs des Droits de l’Homme sans
jugement équitable.

C’est bien connu et prouvé, ce n’est pas en cassant le
thermomètre que la fièvre disparaît, ni en emprisonnant
le président de la LDDH que les violations des Droits de l’Homme
et les exactions n’ont pas eu lieu.

Nous ne pouvons rester sans réaction devant tant de harcèlements
et de privations de liberté d’expression. La mobilisation pour
la libération immédiate de JP ABDI NOËL doit être
exigée par les démocrates et par le peuple Djiboutien dans son
ensemble, par tous les moyens légaux sans relâche.


Libérez Jean-Paul ABDI NÖEL.

AÏNACHÉ

18/06/06 (B355-A) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

Voilà que ça recommence !

Depuis un mois, des informations alarmantes parviennent de Djibouti et particulièrement de la région du nord. Des mots terribles sont employés tels que blocus, famine et arrestation arbitraire.

Une opération militaire d’une ampleur exceptionnelle est donc menée depuis le 13 mai dernier qui isolerait le nord du pays. Certains n’hésitent pas à affirmer que la population du nord est prise en otage.

Après la chasse aux syndicalistes durant le premier trimestre de cette année, le tenant du pouvoir punit-il la population du nord ?

Qu’est ce qui motive qu’un pouvoir emploie ce genre de méthode effarante, dénoncée par tous, à l’encontre de sa propre population ?

Comme beaucoup, j’ai été choqué lorsque j’ai appris par un ami digne de foi et parfaitement informé, l’arrestation très musclée du vieil OKAL Monsieur HANNIFA ASSÉ pour le seul tort d’avoir accordé son hospitalité à un groupe de jeunes de passage dans sa localité.

Depuis quand l’hospitalité traditionnelle serait-elle interdite ?

Comment concevoir qu’on puisse bastonner un vieil homme et de surcroît un notable honorablement connu de tous ?

Fidèle à leur méthode de mutisme les médias locaux ne donnent aucune information sur le sujet. Seule la courageuse et méritante LDHD tire la sonnette d’alarme afin d’alerter l’opinion internationale, malgré les diverses intimidations.

Faut-il chercher un début d’explication suite aux multiples désaveux cuisants des différentes élections.

La dernière élection pouvait s’envisager consensuelle, par ce que voulue par tous.

Cette élection, de mars dernier, régionale et communale avait été programmée pour faire oublier rapidement l’amer souvenir qu’a laissé les élections précédentes et notamment l’élection la plus controversée : LA PRESIDENTIELLE.

Tout le monde se souvient de l’interview que le président avait donné au très complaisant journal JEUNE AFRIQUE qui se nommait à l’époque très modestement : L’INTELLIGENT.

A une question relative à sa réélection, sans concurrent ni débat contradictoire, le président avait répondu avec l’aplomb qu’on lui connaît et je cite de mémoire : Si l’opposition a quelque chose dans le ventre qu’elle le montre lors de la prochaine élection régionale et communale qui sera organisée avant la fin de l’année. Fin de citation.

Il faut se souvenir que cette interview a été publiée juste après sa réélection du 8 avril 2005.

Contrairement à la promesse présidentielle, cette élection ne s’est déroulée qu’un an après.

Suite à de multiples reports pour des raisons diverses et variées la réalité est tout simplement : -le refus de participation de l’opposition légalisée

 

-le manque d’enthousiasme des Djiboutiens. Ceux-ci n’ont même pas daigné retirer leurs cartes d’électeur.

Ces élections souhaitées par tous ont été boudées pourtant par plus de 80% des électeurs inscrits, selon l’aveu même du pouvoir en place.

Une calamité que le tenant de pouvoir a minimisé au maximum, mais qu’il n’a pu cacher comme dans le passé.

Les électeurs ont fait plus confiance au mot d’ordre de l’opposition, de boycotter l’élection. Cette consigne de l’opposition a été entendue par tous sans bénéficier du relais des médias nationaux.

Après un tel désastre nous pouvions attendre logiquement :

 

– Soit à la démission du gouvernement
– Soit au moins au renvoi du ministre de l’intérieur
– Soit à l’organisation d’un référendum pour reconquérir un semblant de légitimité bafouée.

Ce qui semble normal partout dans le monde n’a pas cours chez nous.

En république de Djibouti on soigne le mécontentement par la répression.

L’autre piste serait-elle, la renonciation le 21 septembre 2005  par le président de l’ARD (Alliance Républicaine pour le développement) Monsieur Ahmed Youssouf de l’accord de réforme et de concorde civile?

Nul n’ignore avec quel fracas cet accord fut accueilli et célébré : discours, embrassades réceptions, éditions spéciales dans les médias, décorations des personnalités qui avaient rendu possible cet événement etc…

Par contre, aucun mot dans les médias nationaux pour informer les Djiboutiens sur la dénonciation de cet événement important et les raisons qui ont poussé leurs signataires à retirer leur accords.

Depuis que cet accord est devenu caduc, un chapitre condescendant du discours présidentiel vantant le mérite des Djiboutiens de régler leurs différents entre eux, servi pour chaque événement, a disparu.

Il va falloir vite trouver un ‘’ truc » consensuel pour le discours du 27 juin prochain !

Quelque soit les raisons qui ont motivé ce désastre, cela prouve s’il en était encore besoin le manque chronique de dialogue, l’absence totale de contre pouvoir.

Ce pouvoir s’étiole de plus en plus et pense trouver une crédibilité dans la répression.

La politique est possible dans la recherche du compromis. Manifestement nos dirigeants ne l’ont jamais pratiqué, leur préférence s’accommode comme d’habitude de la compromission.

Pour notre part nous continuons à chercher pacifiquement à mettre en place une plateforme vers une transition démocratique, indispensable. La survie de notre nation exige l’abolition définitive de cette logique de haine entretenue et amplifiée par la division ethnique et le dosage tribal.

Tous ceux qui sont désireux de sortir de ce marasme fétide sont les bienvenus. Il est indispensable d’élaborer un projet fédérateur non partisan avec pour seule ambition :

– Mettre fin à cette situation qui n’a que trop durée et réconcilier les Djiboutiens.

Nous devons partir du principe que rien ne sera productif sans l’unité des Djiboutiens.

Il faut balayer nos divergences artificielles et prendre notre destin en main afin d’éviter de sombrer dans la guerre civile qui frappe à notre porte. 

AÏNACHÉ

A voir : L’émission de FR3 ‘’Culture et Dépendance » du mercredi 21 juin prochain à 23h25 aura comme invité notre ami Abourahman Waberi. Il aura face à lui entre autre le très médiatique ministre de l’intérieur N. Sarkozy.

Comme chacun sait, son dernier livre ‘’Aux Etats-Unis d’Afrique » à obtenu un succès mérité et a été salué unanimement par toutes les critiques.

Il est regrettable que ce succès n’ait pas été relayé par les médias Djiboutiens.

04/09/05 (B314) LA VOIX AU CHAPITRE, par AÏNACHÉ. Le coma profond et le classement de Djibouti en dernière position des Nations (au même niveau que la Somalie et la Corée du dernier Stalinien Kim_Jong-Il) par le magazine GEO.

 

COMA PROFOND

Suite à un malheureux concours de circonstances ou à un stupide accident corporel l’être humain s’il a, par chance, évité la mort subite, peut tomber dans le coma.

Cet état caractérisé par la perte des fonctions de la parole et de la mobilité peut durer selon le cas plusieurs jours, des semaines, des mois ou même plus. Les proches et les amis gardent souvent l’espoir d’une sortie prochaine de cet état de l’être aimé. Lorsque cela dure au-delà d’un certain temps il s’ouvre un débat plus au moins difficile, entre le corps médical et la famille sur la décision la plus raisonnable à prendre.

Le Gouffre profond du 8 avril 2005 où nous sommes tous tombés (les Djiboutiens) quelques soient nos responsabilités respectives se caractérise comme un coma dépassé ou la survie n’est possible que par les moyens de la réanimation intensive et du personnel dévoué et compétent. Des hommes et des femmes capables d’une abnégation sans faille pour le service de leur pays et de leur peuple.

L’énorme raté de ce ‘’maudit » 8 avril a anesthésié l’espoir des Djiboutiens, d’où l’état comateux de la vie publique limité à une conservation végétative.
Ce plongeon involontaire en apnée ne profite qu’au tenant du pouvoir qui se garde bien de rechercher le secours de sauveteurs, mais bien au contraire s’ingénie à l’enfoncer.

L’étonnante augmentation des tonnages du Qat importé quotidiennement, remarquée ces derniers temps, souligne cette volonté manifeste du pouvoir de maintenir la population dans cet état végétatif plutôt que de chercher le moyen de l’en sortir.

Cette drogue (il faut appeler la chose par son nom) dont les conséquences sont nombreuses et démontrées depuis bien longtemps est le remède de gouvernance du tenant du pouvoir. Il l’utilise et en abuse sans se soucier des ravages occasionnés sur les personnes et leurs familles, encore moins sur les finances publiques, à travers la dépense de la santé.

Tout est bon pour avoir la paix et diriger le pays à sa convenance.

Cette méthode de gouvernance est montrée du doigt cruellement par le magazine GEO.

Il publie le palmarès des 150 États membres de l’Onu, en fonction de leur contribution à la paix.

Il a été établi avec le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, sur la base de vingt et un critères (mines, enfants soldats, armes nucléaires, droits de l’homme, etc.).

Ce classement situe la république de Djibouti à la 150ème position juste avant la République de Somalie, (qui hélas n’existe plus depuis bientôt 15 ans) et la République de Corée du Nord, dirigée par le psychopathe Kim Jong-il.

Avouez que cela n’est pas très flatteur d’être assimilé ou comparé au dernier stalinien !

Reconnaître, une réelle difficulté de communiquer pour un homme politique ‘’digne de ce nom » est souvent un exercice délicat. Beaucoup cherchent les moyens d’y remédier. Certains hommes politiques de tout continent se sont mis à suivre assidûment des cours pour palier à cette lacune et s’entourent de professionnels de la communication. Ainsi ils acquièrent certaines techniques pour mieux expliquer la politique qu’ils mettent en œuvre.

Communiquer ne veut pas dire mentir, mais expliquer clairement ses actions pour permettre aux citoyens de mieux s’approprier la politique faite en leurs noms.
A condition qu’il y ait une politique, avec un programme lisible à défendre !

Le peuple Djiboutien crie au secours et il ne voit rien venir à l’horizon. Les Djiboutiens sont-ils aphones ou leurs Leaders sourds ?

Quoi qu’il en soit, les Djiboutiens ne pourront éternellement.se contenter d’une communication qui tourne à une propagande éhontée

Le simple fait de monopoliser les moyens de communication ne met pas à l’abri de la mauvaise gouvernance mais bien au contraire attise le mécontentement des nationaux et la méfiance des observateurs étrangers.

Dans notre époque où la moindre information est aussitôt répertoriée d’une manière instantanée à travers le monde, nos dirigeants continuent à vouloir cacher leur méthode de gouvernance.
La suppression de l’émetteur de RFI d’une manière arbitraire n’est pas le moindre des paradoxes.

Je ne suis pas sûr qu’il y est des Djiboutiens abonnés au magasine GEO.

Par contre, je ne doute pas un seul instant que beaucoup de Djiboutiens chercheront à se procurer le dernier numéro.

Bonne lecture donc !

AÏNACHÉ

10/04/05 (B293) MANIFESTATION DU 8 AVRIL 2005 à PARIS. LASSITUDE ! par Aïnaché.

Nous sommes ici
ensemble aujourd’hui pour exprimer notre refus de participer une fois
de plus à une élection truquée

Les différents
partis politiques de l’opposition sous l’égide de l’UAD refusent
fermement et à juste titre de participer à cette élection
qui tourne à la farce en ce mois d’avril.

Le poisson d’avril à
la sauce Djiboutienne est en peu trop gros à avaler.
Le même genre de manifestation se déroule aux quatre coins du
monde où vivent des Djiboutiens.

Depuis Paris, nous saluons
nos compatriotes qui sont rassemblés en ce moment même à
Djibouti, avenue Nasser devant le siège de l’UA.D. Un amical salut
à nos compatriotes, exilés comme nous, qui tiennent le même
genre de manifestation à BRUXELLES, à OTTAWA, à STOCKHLOM
etc….

Contrairement à
la propagande du tenant du pouvoir, ce n’est pas par manque de candidats ou
par crainte de perdre que l’opposition unie n’a pas souhaité l’affronter,
mais parce que comme chacun le sait  » les jeux sont faits « .

Nous sommes las d’être
infantilisés par un petit groupe qui nous refuse de choisir d’une manière
responsable nos dirigeants.

Nous sommes las du mépris
affiché par nos dirigeants envers le peuple.

Nous sommes las des élections
où les résultats sont connus d’avance non seulement par ceux
qui l’organisent mais aussi par toute personne qui suit l’actualité
Djiboutienne.

Nous sommes las d’une
administration qui nous refuse notre citoyenneté.

Nous sommes las d’une
politique basée sur les divisions ethniques et sur le dosage tribal.

Nous sommes las d’une
administration qui fournit les documents administratifs à la tête
du client.

Nous sommes las d’un gouvernement
qui ne respecte pas ses engagements.

Nous sommes las d’une
politique basée sur le mensonge.

Nous sommes las de ne
pas pouvoir vivre librement et honnêtement dans notre pays.

Nous sommes las des arrestations
arbitraires et des intimidations permanentes.

Notre lassitude est arrivée
à un point de non-retour et nous ne voulons plus nous faire piéger
par une énième élection truquée.

L’élection rejetée
par la grande majorité de nos concitoyens, se présente, je le
crains, comme une farce de poisson d’avril qui ne tient qu’une journée.

Pour nous les Djiboutiens,
cette grosse farce du 1er avril dans le reste du monde, nous la célébrons
avec huit jours de retard, mais sans surprise. Le retard est une marque de
fabrique de nos dirigeants.

On se distingue comme
on peut !

Malheureusement il faut
se rendre à l’évidence et admettre hélas, que le vent
de la démocratie, qui balaye à travers le monde les dictateurs,
n’arrive toujours pas à pénétrer dans nos frontières
jalousement barricadées.

Il n’est pas concevable
que nous continuions à vivre dans une singulière exception Djiboutienne
farouchement réfractaire à toute velléité démocratique.

AÏNACHÉ

23/02/05 (B286) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ / IMPASSE DÉMOCRATIQUE.

Pour des raisons
évidentes explicitées devant leurs militants et publiées
par les journaux des différents organes des partis, les dirigeants
de l’UAD (UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE) qui regroupe l’ARD,
l’UDJ et le MRD, ont décidé qu’il n’y aura pas un candidat
à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain
cautionné ou soutenu par l’opposition unie.

La ferme position, adoptée
par l’opposition unie est engendrée par le mutisme du pouvoir face
au refus constaté d’obtenir le moindre début de réponse
à leurs exigences.

Les conditions sine qua
non, pour un réel concours démocratique respectueux de l’expression
de chaque électeur – exigées par l’UAD n’ont pas été
prises en compte, comme le souligne le communiqué de presse du 13 février
dernier publié par l’UAD sur l’élection présidentielle
d’avril prochain.

A la lecture de ce communiqué
on ne peut que constater la détermination de l’opposition unie de ne
plus servir de faire valoir à une élection déjà
bouclée, du moins sur le papier, dans ses moindres détails.
Dopée par un succès grandissant à chacune de ses réunions
ou meeting, encouragée par une population exténuée désireuse
d’un changement salutaire, l’UAD s’estime légitiment incarner l’aspiration
populaire pour imposer ses conditions.

Les neuf conditions, au
demeurant légitimes, exigées par l’UAD ne risquent pas hélas
d’être satisfaites dans le laps de temps qui nous sépare de la
date légale de l’élection Présidentielle.

Ce qui revient à
dire, sauf un revirement improbable : Pas d’élection présidentielle.

En mai prochain, dans
pratiquement trois mois, le mandat de six ans de l’actuel chef de l’Etat expirera.
Par conséquent, le Président n’aura plus la légitimité
(usurpée ou non) de diriger le pays, si comme c’est fort probable,
l’élection Présidentielle ne peut se dérouler.

Par la même occasion,
nous serions privés des débats salutaires et indispensables
que la campagne électorale génère, pour faire le bilan
du candidat sortant et connaître les projets des postulants.

Dans ce cas de figure,
nous nous dirigeons les yeux fermés dans un gouffre sans issue aux
multiples conséquences peu réjouissantes.

QUÊTE D’UN HURLUBERLU.

Selon les rumeurs persistantes,
il se colporte la nouvelle que les tenants du pouvoir se sont mis en quête
de trouver un hurluberlu qui se ferait octroyer généreusement,
plus de 30% du suffrage exprimé, un titre ronflant d’ancien candidat
malheureux à la présidentielle et une reconnaissance sonnante
et trébuchante pour avoir sauvé du ridicule le candidat  »solitaire »
comme l’a baptisé, le journal de l’opposition de l’ARD (Alliance Républicaine
pour le Développement), RÉALITÉ.

Seulement voilà,
il y a un bémol : le facteur temps négligé par orgueil
ou par suffisance coupable, ne le permet plus.

Beaucoup de temps a été
perdu pour faire obstruction aux citoyens désireux de s’inscrire sur
la liste électorale comme l’avait révélé une information
publiée par le journal : RÉALITÉ n° 117 du 15.12.04.
je cite : ‘‘ Inscriptions interrompues au 5ème arrondissement. –
: Les citoyens résidant dans ce secteur n’arrivent plus à s’inscrire
sur les listes électorales depuis plus de deux semaines, officiellement,
dit-on, par manque de formulaires administratifs. ».
Ils ne sont pas les
seuls. Ce genre de mésaventure, des concitoyens de la diaspora l’ont
subi à leurs dépendants, particulièrement à notre
représentation parisienne.

Tout ce temps perdu en
péripéties inutiles, joue donc contre le pouvoir dans sa quête
de trouver cet hurluberlu, qui se fait manifestement rare, pour faire le challenge
et sauver les apparences. Cette fois-ci la quête semble difficile.

L’époque du candidat
unique, issu et soutenu par un parti unique est heureusement révolue.
Aucune nation, aucune institution ne peut plus cautionner une élection
non démocratique. La troublante succession fétide de père
en fils de Mr GNASSINGBÉ au Togo en est malheureusement la plus récente
et la plus parfaite caricature.
Nous voilà devant une impasse démocratique et un futur blocage
de ce qui nous reste des institutions, déjà malmenées
depuis bien longtemps.

Afin de ne pas s’enfoncer
d’avantage, il serait judicieux qu’il y ait une large concertation entre le
pouvoir et l’opposition unie dans l’UAD, avec des personnalités des
sociétés civiles choisies ensemble, pour s’atteler et trouver
un compromis susceptible de dégager un projet d’avenir.

Mieux vaut mettre les
problèmes sur la table pour en discuter et voir ce que l’on peut faire
ensemble pour les résoudre, plutôt que d’observer le pouvoir
s’épuiser dans une course effrénée d’un hypothétique
candidat de complaisance.

Il n’est donc pas superflu
de chercher une solution de sortie à ce blocage qui se profile à
l’horizon. Si non, je crains fort que le pire ne soit pas hélas, derrière
nous.

AÏNACHÉ

04/11/04 (B270) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ Réactions et … défi

 

RÉACTIONS
ET… DEFI

Les remous et les réactions
provoqués par ma dernière contribution m’ont, à la fois,
réjoui et surpris.
Réjoui
par les élans et les engouements provoqués par la diaspora dans
son désir de participer aux prochaines élections.

Le débat créé
sur l’intérêt qu’il y a ou non de s’inscrire sur la liste électorale
et ensuite de voter ou pas, me rassure.
C’est
la raison pour laquelle, j’ai signalé le besoin de la diaspora, d’être
associé aux choix qui se dessinent sur l’avenir de son pays.

Parmi les réactions
que j’ai reçues, la grande majorité est désabusée
et ne croit à aucune possibilité de changement, compte tenu
de la situation politique actuelle. Certains enfin, se demandent même,
s’il y aura une élection présidentielle en avril 2005 ?

Ceci est un autre débat,
nous aurons le loisir de disserter, sur le bilan de ceux qui nous ont dirigés
et les intentions de nouveaux postulants. Après se posera la véritable
question : comment voter, pour qui voter, s’abstenir ou pas, etc..……

La priorité actuelle, me semble t-il, est d’être inscrit et donc
d’exister nominalement sur la liste électorale.

Pour ceux qui ont posé
des questions pratiques : – Tels que : Comment faire pour s’inscrire sur la
liste électorale à l’étranger ?

Deux solutions se présentent
: – Soit se rendre à la représentation de notre pays la plus
proche de son habitation, avec pièce d’identités et demander
d’être inscrit.
– Soit écrire pour se faire envoyer les documents nécessaires
à l’inscription.
– En tout état de cause avant le 31 décembre 2004.

Je ne doute pas un seul
instant que nos agents consulaires s’empresseront de faciliter les démarches,
afin de permettre à nos concitoyens de se conformer aux lois de la
République.

Ce débat est pour
moi très salutaire et j’aimerais qu’il se poursuive à l’intérieur
du pays et au sein de la diaspora. Il est bien connu, que c’est par le débat
que jaillit la lumière et non par une décision prise solitairement
et sans concentration.

INSTITUTIONS
VIRTUELLES

Par contre, ce qui m’a
le plus surpris, c’est l’absence de réponses, à mes interrogations
sur le non-remplacement d’un député décédé,
ni sur le cumul des  »fonctions » ou plutôt des titres (député
et ministre)

La surprise majeure est
le défi que m’a lancé une personnalité proche du pouvoir
très influente. Cette haute personnalité m’a mis au défi
de lui citer une seule institution mise en place par le gouvernement qui ne
fonctionne pas, comme je l’affirmais dans ma dernière contribution
!

J’ai suggéré
amicalement à cette haute personnalité (que par charité
je ne nommerais pas) de consulter le site Internet officiel de la République
de Djibouti ou à défaut de pouvoir le faire lui-même de
demander à un de ses collaborateurs en mesure de l’aider.

Comme je recommande à
tous ceux qui souhaitent compléter leurs informations, de se reporter
sur ce site pour parfaire leurs connaissances de nos institutions.

J’ai reproduis ce qu’on
peut lire sous la rubrique : INSTITUTIONS :
– Assemblée Nationale
– Conseil Constitutionnel
– Conseil Supérieur de la Magistrature
– Médiateur de la République
– Commission Nationale de la Communication

Bien sûr il y aurait
à dire sur les dysfonctionnements des Institutions existantes, mais
pour ne parler que de la dernière :

-Qui pourrait me signaler son existence et ceux qui oeuvrent à
son fonctionnement ?

Cette Commission Nationale
de la Communication est présentée comme suit sur le site :

 »La Commission Nationale
de la Communication est une autorité indépendante prévue
par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à
la liberté de la communication.

La liberté de communication est garantie par la Constitution et est
définie par l’article 3 de la loi susvisée: « La liberté
de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement
le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant
à autrui ou pour accéder à l’expression de la pensée
d’autrui.

Le citoyen a le droit
à une information complète et objective, et le droit de participer
à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de
pensée, d’opinion et d’expression proclamée par la Constitution »

La Commission Nationale
de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme
de l’information ».

Vous ne rêvez pas,
le pays et les citoyens dont parle ce texte sont la République de Djibouti
et les Djiboutiens.

J’espère que ce
petit rappel répond au défi de cette haute personnalité
qui a pêché par  » omission  »

Et dire que nous sommes
gouvernés par ceux-la même, qui ignorent les textes qu’ils ont
 » légiférés » ! Je profite de ce défi, pour le
moins hasardeux, pour donner mon avis sur l’utilité de cette commission
virtuelle.

Si cette Commission Nationale de la Communication existait vraiment au lieu
de rester à l’état embryonnaire, depuis le 15 septembre 1992,
nul ne peut douter que cela ait fait avancer la bonne gouvernance indispensable,
qui nous fait encore défaut aujourd’hui.

AÏNACHÉ