13/05/11 (B603) La participation contestée d’un dictateur recherché par la CPI et sous le coup d’un mandat d’arrêt, à la cérémonie d’investiture du dictateur de Djibouti. La CPI monte au créneau … // Béchir à Djibouti : la CPI alerte – La CPI informe le Conseil de sécurité de l’ONU de la visite de Omar el-Bashir à Djibouti (2 articles)

____________________________ 2 – Le Figaro

Béchir à Djibouti : la CPI alerte

La Cour pénale internationale a fait savoir jeudi au Conseil de Sécurité de l’ONU que le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt, avait visité Djibouti, un état qui a obligation de l’appréhender. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont "informé" le Conseil de sécurité de cette visite, les 7 et 8 mai, du président Béchir, afin que "toute mesure appropriée" puisse être prise.

"Djibouti, étant un Etat partie au Statut de Rome, a l’obligation de coopérer avec la Cour pour l’exécution des mandats d’arrêt", ont rappelé les juges de la chambre préliminaire I chargés du dossier d’Omar el-Béchir. Le 27 août 2010, ces juges avaient déjà informé le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome des visites d’Omar Omar el-Béchir au Kenya et au Tchad.

M. Béchir, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009, s’était rendu le 7 mai à Djibouti pour assister le 8 à la nouvelle cérémonie d’investiture du président Ismail Omar Guelleh, réélu en avril. Premier chef d’Etat en exercice visé par un mandat d’arrêt de la CPI, M. Béchir est poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour, vaste région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

____________________________ 1 – African Manager avec PANA

La CPI informe le Conseil de sécurité de l’ONU de la visite de Omar el-Bashir à Djibouti

La Cour pénale internationale (CPI) a informé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome de la visite du président du Soudan Omar el-Bashir à Djibouti.

Dans un communiqué obtenu par la PANA à New York, la CPI indique que le président el-Bashir était à Djibouti pour assister à la cérémonie d’investiture du président du pays, le 8 mai.

La CPI souligne que sa décision d’informer le conseil et les parties était "dans le but qu’ils prennent les mesures qu’ils jugent appropriées".

La juridiction rappelle que Djibouti, en tant qu’Etat partie au Statut de Rome, "a l’obligation de coopérer avec la Cour concernant l’application de ses mandats d’arrêt lancés contre le dirigeant soudanais".

Des mandats d’arrêt émis le 4 mars 2009 et le 12 juillet 2010 contre le président Omar el-Bashir, ont été transmis à tous les Etats parties au Statut de Rome, y compris Djibouti.

En dépit de ces deux mandats d’arrêt, le président el-Bashir s’est déjà rendu au Kenya et au Tchad.

06/05/11 (B602) Le journal de la Flibuste – libération des marins d’un cargo indonésien détourné – Singapour s’implique en Afghanistan et dans le golfe d’Aden

___________________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

Piraterie/Somalie : libération des marins d’un cargo indonésien détourné

Les marins indonésiens d’un cargo retenus en otages par des pirates au large de la Somalie ont été libérés et sont sains et saufs, a annoncé dimanche le propriétaire du bateau.

Au cours d’une conférence de presse retransmise à la télévision publique, le vice-président indonésien David Batubara a annoncé que les pirates avaient libéré le cargo Sinar Kudus et ses 20 membres d’équipage après le paiement d’une rançon.

Les vingt marins du Sinar Kudus ont tous été relâchés par les pirates somaliens, 46 jours après avoir été pris en otages au large de la Somalie, a-t-il ajouté.

Le navire est en train de quitter les eaux somaliennes et tous les pirates ont quitté le navire, a-t-il précisé.

M. Batubara a indiqué à l’AFP qu’il n’était pas en mesure de révéler le montant de la rançon car cette information pourrait nuire à la sécurité d’autres équipages retenus en otages sur d’autres bateaux.

Je peux seulement dire que le montant de 4,5 millions de dollars avancé par les médias est absolument inexact.

Trente à cinquante pirates somaliens avaient abordé en mars le cargo indonésien à 320 milles au nord-est de l’île yéménite de Socotra, dans le Golfe d’Aden, et l’avait utilisé pour détourner en vain un autre navire.

Parti d’Indonésie, le Sinar Kudus avait été pris d’assaut par les pirates alors qu’il faisait route vers les Pays-Bas.

En dépit d’une présence militaire internationale accrue au large des côtes de la Somalie, les pirates ont continué à détourner des bateaux et à réclamer des rançons contre la libération de leurs équipages.

___________________________ 1 – Ouest-France

Singapour s’implique en Afghanistan et dans le golfe d’Aden

Le ministère de la Défense de Singapour a annoncé au cours des derniers jours plusieurs initiatives qui témoignent de son implication dans des opérations internationales.

Les SAF (Singapore Armed Forces) ont déployé un Fokker de patrouille maritime à Djibouti, pour renforcer la CTF 151 dans ses opérations de lutte contre la piraterie. Un détachement de 38 hommes a aussi été déployé. Depuis 2009, les SAF sont partie prenante de la lutte anti-piraterie, avec un navire équipé de deux hélicoptères en opérations dans le golfe d’Aden.

Ce dimanche 1er mai, le ministère de la Défense a annoncé l’envoi, en Afghanistan, d’une équipe médicale. Ses 13 membres vont rejoindre la base de Tarin Kowt dans la province d’Oruzgan. Une première équipe y sera basée jusqu’en juillet et une seconde jusqu’en octobre. Singapour maintient déjà deux équipes au sein de l’ISAF: l’une spécialisée dans l’imagerie aérienne, l’autre dans la formation des artilleurs à Kaboul, au profit de l’ANA.

06/05/11 (B602) Nouvelles de Somalie – 38 morts dans des affrontements intercommunautaires – l’ONU appelle à assister le pays frappé par la violence et la sécheresse – combats meurtriers

_______________________ 3 – Romandie News (Ch) avec AFP

Kenya/Ethiopie: 38 morts dans des affrontements intercommunautaires

Trente-huit personnes ont été tuées mardi dans le nord du Kenya lors d’une attaque menée par des membres armés d’une communauté rivale vivant de l’autre côté de la frontière avec l’Ethiopie, selon un nouveau bilan annoncé mercredi par l’administration locale kényane.

La police locale kényane avait fait état mardi d’un bilan de 18 morts, dans cette attaque survenue dans les environs de Todonyang, près du lac Turkana, à l’extrême nord du Kenya.

L’endroit où se sont produits les faits est très éloigné et en grande partie inaccessible, les forces de sécurité ont ratissé les environs depuis hier (mardi) soir et le nombre de personnes tuées par les hommes armés de la communauté Merile d’Ethiopie se monte désormais à 38, a commenté le chef de l’administration locale de la province kényane de la Rift Valley, Osman Warfa.

Les victimes sont pour l’essentiel des pêcheurs et des gardiens de troupeaux de la communauté Turkana, selon ce responsable.

Les communautés Turkana, au Kenya, et Merile, en Ethiopie voisine, se disputent depuis des années des terres de pâturage dans cette région quasi-désertique, et les vols de bétail et les attaques en représailles sont fréquentes dans cette zone où les armes abondent et où les forces de l’ordre sont largement absentes.

Les circonstances et les motifs exacts de l’attaque de mardi, une des plus meurtrières des dernières années, demeuraient cependant encore imprécis mercredi matin.

_______________________ 2 – Centre Info de l’ONU

Somalie : l’ONU appelle à assister le pays frappé par la violence et la sécheresse

Un soldat de la paix de l’Union africaine surveillant un quartier de Mogadiscio.
4 mai 2011 – Malgré les progrès accomplis par le Gouvernement fédéral de transition somalien, le pays a besoin « de toute urgence d’une aide supplémentaire de ses partenaires internationaux », déclare le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur la Somalie, en proie à la violence et à une sécheresse sans précédent.

La Somalie est « confrontée à un niveau de violence, à des aléas climatiques et à une insécurité qui ébranleraient jusqu’aux pays les plus stables », écrit Ban Ki-moon dans ce rapport publié mercredi.

« La Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et le Gouvernement fédéral de transition ont obtenu quelques bons résultats mais ils ont besoin d’appuis renforcés. La communauté internationale doit tenir sa part d’engagements. Le Gouvernement de transition a besoin de toute urgence d’une assistance pour stabiliser, relever et reconstruire Mogadiscio », ajoute-t-il.

« Si nous accentuons les gains militaires, apportons une aide humanitaire et obtenons des progrès politiques, nous pouvons mettre la Somalie sur la voie de la stabilité et de la paix. Si nous échouons dans cette tâche, nous risquons de nous retrouver face à une crise humanitaire de plus en plus dramatique, à des conditions de sécurité dégradées et à une aggravation des menaces contre la paix et la stabilité régionales », prévient le Chef de l’ONU.

Il plaide aussi pour l’accélération du déploiement de contingents supplémentaires destinés à renforcer l’AMISOM. Avec une mission plus forte, Ban Ki-moon estime que le Gouvernement fédéral de transition pourra gagner des territoires, en conserver le contrôle et commencer à mettre en place des services publics pour les Somaliens.

« De trop nombreux civils ont été pris dans des échanges de tirs, car la plupart des combats ont eu lieu dans des centres urbains. J’appelle toutes les parties à assurer la protection des civils, à respecter les principes humanitaires et à garantir l’accès sans restriction aux personnes ayant besoin d’aide. Je condamne les agissements des milices Al-Shabaab, qui utilisent délibérément des civils comme boucliers humains et lancent des attaques depuis des zones habitées », indique le Secrétaire général ajoutant que l’AMISOM devrait disposer des ressources nécessaires pour augmenter ses capacités.

Sur le plan politique, Ban Ki-moon déplore les querelles actuelles au sein des institutions fédérales de transition sur l’extension de la période de transition. Il estime que cette prorogation du statut de transition retarderait encore la mise en place « des services de base, du relèvement et de la reconstruction » du pays.

Le Chef de l’ONU appelle les institutions fédérales de transition « à œuvrer de concert pour lancer un processus propre à encourager la réconciliation nationale et qui soit crédible, consensuel et accepté par la majorité des Somaliens ».

Enfin, le Secrétaire général rappelle que la sécheresse qui frappe la Somalie est « préoccupante ». « La poursuite des hostilités ne fait qu’aggraver la situation.

Les habitants n’ont souvent d’autre choix que de quitter leur ville ou leur village pour échapper à la famine et à la mort. L’appel humanitaire de cette année pour la Somalie demande 529 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents.

En avril 2011, un quart seulement de cette somme avait été réuni », explique Ban Ki-moon.

____________________________ 1 – Le Figaro avec AFP

Somalie/sud-ouest: combats meurtriers

Au moins 26 personnes, pour la plupart des combattants, ont été tuées hier dans de violents combats entre forces pro-gouvernementales somaliennes et insurgés shebab pour le contrôle de la ville de Garbaharey (sud-ouest), a-t-on appris aujourd’hui de sources concordantes.

Les combats ont éclaté hier lorsque les insurgés islamistes radicaux shebab ont tenté de reprendre le contrôle de cette localité située dans la région de Gedo, frontalière de l’Ethiopie et du Kenya. Le 28 avril, les insurgés avaient abandonné la ville devant l’avancée des forces pro-gouvernementales. "Les terroristes ont attaqué Garbaharey hier (lundi) et ils ont perdu la bataille. Leurs cadavres jonchent les rues de la ville et de sa périphérie. Les forces gouvernementales et les combattants alliés contrôlent complètement la zone à présent", a déclaré le colonel Mohamed Adan, responsable sécuritaire au sein du gouvernement fédéral de transition.

Plusieurs habitants et responsables locaux ont donné à l’AFP un bilan avoisinant les 30 morts, en grande majorité des combattants, tandis que le calme était revenu ce matin. "Jusqu’à présent, on a recensé 26 cadavres et je pense qu’il y en a plus dans les faubourgs. Les combats ont été les pires jamais enregistrés dans cette zone", a rapporté un notable local, Hussein Abdulle.

Les forces pro-gouvernementales ont pris le contrôle de quatre localités importantes du sud-ouest de la Somalie depuis le lancement il y a deux mois d’une vaste offensive contre les insurgés islamistes radicaux qui se réclament d’Al-Qaida et tiennent toute cette partie du pays. Les forces pro-TFG (gouvernement) bénéficient par endroits dans les zones frontalières du soutien des armées éthiopiennes et kényanes, selon des témoignages concordants.

06/05/11 (B602) Yémen Express – Saleh promet de résister à ses détracteurs hors-la-loi – Un drone américain aurait tué deux militants d’Al-Qaïda dans le sud du Yémen – l’opposition appelle le CCG à faire pression sur Saleh- sept tués, dont 2 civils, dans des accrochages – Des milliers de manifestants exigent la démission du président Saleh – une occasion perdue – Les manifestations se poursuivent au Yémen – le chef du CCG retournera à Sanaa pour poursuivre sa médiation – Saleh refuse de signer l’accord de sortie de crise au Yémen

__________________________ Analyse de l’ARDHD

Saleh continue son double jeu. D’un côté, il fait semblant d’accepter un compromis, mais au dernier moment il refuse de le signer. En parallèle, il durcit son régime et continue à faire tuer des manifestants. On comprend qu’il essaye de gagner du temps et de se maintenir au pouvoir en espérant que l’opposition va finir par se lasser. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?

__________________________ 9 – Romandie News (Ch) avec AFP

06/05 Yémen: Saleh promet de résister à ses détracteurs hors-la-loi

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a de nouveau promis de résister à ses détracteurs qualifiés de hors-la-loi, alors que la contestation populaire appelant à son départ continue avec des dizaines de milliers de manifestants vendredi à Sanaa et Taëz.

Je vous assure que je vais résister, a lancé M. Saleh devant une foule de ses partisans sur une place jouxtant son palais à Sanaa, les saluant pour leur détermination à défendre la légitimité constitutionnelle.

Il s’est vivement attaqué à ses détracteurs, qui réclament son départ, les qualifiant de hors-la-loi et porteurs d’un projet rétrograde.

Ce sont des forces réactionnaires et terroristes, a ajouté le président Saleh qui n’a pas cessé d’invoquer la légitimité constitutionnelle, pour défendre son mandat qui court jusqu’en 2013.

Oui à la légitimité, non au chaos, non au projet de la rancune, a-t-il encore dit à propos de l’opposition, rappelant que le peuple avait dit son mot en 2006, en le reconduisant à la tête de l’Etat.

Rassemblés en masse sur la place des Sittine, près de la place du Changement, épicentre de la contestation à Sanaa, les protestataires ont de leur côté appelé au départ de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans.

Le peuple veut faire juger le bourreau, a répété la foule, estimée par les organisateurs à des centaines de milliers de personnes.

Le peuple veut Ali Abdallah Saleh, répliquaient les partisans du chef de l’Etat qui, arborant les portraits du président et des banderoles à sa gloire, étaient tenus à distance des protestataires.

Ne quittez pas les places de la contestation jusqu’à la chute du tyran, a lancé un imam dans son prêche devant les protestataires, alors qu’un autre imam, qui haranguait les partisans du président, s’en est pris à l’opposition qui refuse de lever les sit-in pour provoquer le chaos dans le pays.

Des manifestations similaires ont été organisées dans d’autres villes du Yémen, dont Taëz, à 200 km au sud de Sanaa, où des dizaines de milliers de protestataires, rassemblés sur la place de la Liberté, ont réclamé de nouveau le départ du président Saleh.

Vendredi, jour de la prière musulmane hebdomadaire, donne l’occasion à des manifestations rivales, baptisée ce jour le Vendredi de la sécurité et la stabilité par les partisans du régime, et le Vendredi de la fidélité du peuple au Sud par les protestataires.

_____________________________ 8 – AP

06/05 Un drone américain aurait tué deux militants d’Al-Qaïda dans le sud du Yémen

De Ahmed Al-Haj,

Un présumé drone américain a tiré un missile, jeudi, contre une voiture qui circulait dans le sud du Yémen, tuant deux frères considérés comme des militants d’Al-Qaïda, ont déclaré des responsables de la sécurité et des chefs tribaux.

Le ministre yéménite de la Défense a confirmé la mort des deux frères dans la province de Shabwa, mais n’a pas voulu donner plus de détails.

En septembre, le ministre yéménite des Affaires étrangères avait déclaré qu’il n’autoriserait plus de tirs de missiles menés par des avions sans pilote. Mais après la découverte de colis piégés placés par des agents d’Al-Qaïda au Yémen dans des avions cargo à destination des États-Unis en octobre dernier, les tirs de drones semblent avoir repris dans le pays.

Le Yémen, paralysé par d’importantes manifestations contre le président Ali Abdullah Saleh, abrite aussi l’une des branches d’Al-Qaïda les plus actives dans le monde, qui a planifié plusieurs attaques contre les États-Unis.

Des responsables de la sécurité et des chefs tribaux de la province de Shabwa joints par téléphone ont identifié les deux frères comme étant Abdullah et Mosaad Mubarak, mais ils n’ont pas dit pourquoi ils pensaient que l’attaque avait été menée par un avion sans pilote. Ces responsables ont requis l’anonymat compte tenu de la nature délicate de l’information.

Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, nom de la branche yéménite du groupe terroriste, compterait environ 300 combattants dans les provinces de Shabwa, Abyan, Jouf et Marib, des régions montagneuses où le gouvernement central est pratiquement absent.

Les États-Unis menaient auparavant de fréquentes missions de drones au Yémen, semblables à celles qui ont tué plusieurs militants d’Al-Qaïda au Pakistan, avant qu’un responsable local ne soit tué dans les frappes. En septembre, le ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr Al-Qirbi, avait déclaré que les frappes avaient été suspendues.

Washington soutient la lutte anti-terroriste au Yémen avec une aide militaire de 150 millions $ US par année et la mise à disposition de 100 instructeurs à tout moment. Mais les manifestations populaires appelant à la démission du président Saleh ont nui aux efforts du gouvernement yéménite dans sa lutte contre Al-Qaïda.

Encore des manifestations

Jeudi, des milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues du centre et du sud du pays pour réclamer la démission du président. Dans au moins deux manifestations, des partisans de M. Saleh ont attaqué des protestataires.

Dans la ville de Bayda, des militants ont affirmé que des partisans du président avaient brûlé des tentes érigées sur une place centrale de la ville alors que les manifestants étaient en train de prier.

Des centaines d’autres manifestants sont arrivés sur les lieux pour dénoncer l’incendie, alors que d’autres recueillaient des dons pour remplacer les tentes, a déclaré un militant qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.

«Nous allons reconstruire!», ont scandé les manifestants.

Dans la ville de Damt, dans la province d’Al-Daleh, dans le sud, des partisans d’Ali Abdullah Saleh brandissant des armes automatiques et des bâtons ont organisé une marche d’appui au président. La foule a saccagé un magasin de disques et a battu son propriétaire pour avoir fait jouer des chansons anti-Saleh, a déclaré Mohammed Al-Marfadi, un militant pro-démocratie de la ville.

_____________________________ 7 – Romandie News (Ch) avec AFP

05/05 Yémen: l’opposition appelle le CCG à faire pression sur Saleh

L’opposition yéménite a appelé jeudi les monarchies du Golfe à faire pression sur le président contesté Ali Abdallah Saleh pour qu’il signe un plan de sortie de crise élaboré par ces pays.

Nous appelons les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) à faire pression sur le président et prendre toutes les mesures nécessaires pour le forcer à signer l’accord, a déclaré à l’AFP Mohammad Qahtan, porte-parole du Front Commun, une coalition de l’opposition parlementaire.

M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a refusé la semaine dernière de signer le plan du CCG, qui prévoyait sa démission au bout d’un mois et avait été accepté en principe par le parti présidentiel et le Front commun.

Le secrétaire général CCG, Abdellatif al-Zayani, venu samedi à Sanaa pour inviter officiellement les deux parties à signer l’accord à Ryad, était reparti sans avoir pu obtenir la signature du chef de l’Etat.

Les membres du CCG sont soucieux de mettre un terme au bain de sang au Yémen et de maintenir son unité, sa sécurité et sa stabilité, a déclaré M. Zayani, selon l’agence qatari QNA.

Le CCG est en contact avec toutes les parties yéménites pour obtenir un accord sur les modalités de signature du plan, a-t-il ajouté, assurant que les différends sur le sujet seraient résolues par la consultation avec les ministres du CCG, son secrétariat général et les Yéménites.

Dimanche, les ministres des Affaires étrangères du CCG (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman) avaient annoncé que M. Zayani retournerait à Sanaa pour reprendre sa méditation, sans préciser de date.

Le plan du CCG prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission dans un mois de M. Saleh en échange de son immunité, puis une élection présidentielle 60 jours plus tard.

Nous sommes prêts à signer à tout moment, c’est le président qui refuse, a insisté M. Qahtan. Les manifestants qui réclament le départ de M. Saleh depuis plus de trois mois avaient cependant annoncé leur rejet du plan, en particulier de l’immunité pour le président.

Les manifestations contre M. Saleh et la répression qui les a accompagnées ont fait depuis fin janvier au moins 150 morts.

_____________________________ 6 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen/Sud: sept tués, dont 2 civils, dans des accrochages

Quatre policiers, un militaire et deux civils ont été tués mercredi dans le sud du Yémen dans une attaque armée contre un convoi de la police et des accrochages qui ont suivi, selon un responsable des services de sécurité et une source médicale.

Les assaillants ont tiré trois obus de mortier contre des policiers qui quittaient à bord de deux véhicules le quartier général de la police anti-émeutes à Zinjibar, chef-lieu de la province, l’un des fiefs de la branche locale d’Al-Qaïda, a déclaré à l’AFP le responsable.

Quatre policiers ainsi qu’un militaire qui passait dans le secteur ont été tués dans l’attaque, a ajouté, sous couvert d’anonymat, le responsable en citant un nouveau bilan. Dans un premier temps, il avait fait état de trois policiers tués.

Selon lui, deux obus ont touché les véhicules de la police et un troisième est tombé sur le mur d’enceinte d’un immeuble.

L’attaque a été suivie par des accrochages entre les assaillants et les forces de sécurité, qui se poursuivaient par intermittence en fin d’après-midi dans le centre de Zinjibar, faisant plusieurs blessés, selon des habitants.

Une source médicale a annoncé à l’AFP que 16 civils blessés avaient été admis à l’aéroport, et que deux d’entre eux avaient succombé à leurs blessures.

La semaine dernière, quatre personnes, dont deux civils, avaient été tuées dans deux attaques armées à Zinjibar.

Les violences sont quasi-quotidiennes dans le sud du Yémen, où le pouvoir central est confronté à la fois aux militants d’Al-Qaïda et à un mouvement sécessionniste.

_____________________________ 5 – AP

03/05 Yémen: Des milliers de manifestants exigent la démission du président Saleh

De Ahmed Al-Haj,

Des milliers de manifestants ont envahi lundi les rues de plusieurs villes à travers le Yémen afin de réclamer la démission du président Ali Abdullah Saleh après que celui-ci eut refusé de signer une entente visant à mettre fin à la crise.

Les forces de sécurité yéménites ont tiré en l’air pour disperser les manifestants à Aden, au sud du pays, tuant un homme qui observait la scène depuis son balcon, a révélé le militant Wady al-Shaabi. Une femme a également été atteinte à l’épaule par une balle et blessée.

Le président Saleh a presque fait capoter un accord élaboré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en déclarant le week-end dernier qu’il demanderait à des proches collaborateurs de le ratifier à sa place, jetant les négociations dans une impasse qui pourrait faire sombrer davantage le pays dans le chaos.

Au moins 140 personnes ont été tuées durant la répression menée par le gouvernement yéménite contre les protestataires, dont le nombre continue tout de même à grossir de semaine en semaine.

Les violences commises par les autorités contre la population ont poussé plusieurs haut dirigeants de l’armée, membres du parti au pouvoir, diplomates et autres responsables à joindre les rangs de l’opposition, isolant ainsi le président.

L’entente suggérée par les pays voisins du Yémen dans le golfe Persique prévoit le départ d’Ali Abdullah Saleh dans les 30 jours suivant la signature et confie le pouvoir à un gouvernement de transition national en attendant la tenue d’élections. La proposition assure également l’immunité au président.

Le leader yéménite avait refusé dimanche à la dernière minute de parapher l’accord. Le CCG a affirmé qu’il enverrait un représentant pour tenter de sauver l’entente.

_____________________________ 4 – Le Figaro avec AFP

3/05 Yémen: "une occasion perdue" (France)

La France "regrette le refus d’Ali Abdallah Saleh de signer l’accord de transition proposé par le Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe", ce qui est "une occasion perdue de trouver une issue politique à la crise" au Yémen, a déclaré aujourd’hui le Quai d’Orsay.

Ce plan de transition "est aujourd’hui la meilleure voie permettant une solution pacifique et ordonnée à la crise yéménite, préservant l’unité, la sécurité et la stabilité du pays", a précisé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

"Nous appelons toutes les parties yéménites à rester pleinement engagées en faveur d’une telle solution" et "demandons une nouvelle fois aux autorités en place d’éviter tout usage de la force à l’encontre de manifestants pacifiques", a-t-il ajouté.

Le Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) a annoncé dimanche que son secrétaire général, Abdellatif al-Zayani, allait retourner à Sanaa pour reprendre sa médiation.

Zayani avait quitté samedi soir Sanaa sans avoir pu obtenir du président Saleh qu’il signe le texte du plan de sortie de crise. L’opposition avait alors refusé de se rendre à Ryad où la signature formelle de l’accord, prévoyant la démission dans un mois du président, devait se dérouler hier.

_____________________________ 3 – France 24

03/05 Les manifestations se poursuivent au Yémen

Par Electron Libre

Au Yémen, l’opposition a prévenu jeudi le gouvernement que les violences contre les manifestants risquaient de faire échouer un projet d’accord pour une transition politique. Des violences qui, mercredi, ont fait une dizaine de morts et de nombreux blessés d’après des cyberactivistes qui ont mis en ligne ces images sur Facebook pour dénoncer la répression.

Des affrontements sanglants sont en effet venus clôturer une journée de manifestations à travers le pays. Cette vidéo amateur aurait ainsi été tournée à Taïz, dans le sud du pays, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues. Objectif : protester contre le plan de sortie de crise, mis au point par les pays du Golfe, et qui garantit l’immunité au président et à sa famille.

Cette séquence aurait quant à elle été tournée dans la capitale Sanaa. Selon l’auteur de ces images, elle montrerait notamment des snipers positionnés sur les toits tirer à balles réelles sur la foule pour disperser les protestataires.

Cette autre vidéo témoignerait quant à elle des violents affrontements qui ont opposé des manifestants à des supporters du régime.

Des partisans du pouvoir que les opposants accusent d’être payés par les autorités pour attaquer les manifestants. Cette vidéo qui circule actuellement sur Internet montrerait ainsi les pauses déjeuners dans les deux camps respectifs. La première partie du clip aurait été filmée pendant la distribution de petites portions de nourriture aux contestataires, tandis que la deuxième partie aurait été tournée lors des repas, beaucoup plus copieux, dans un campement mis en place par le gouvernement.

_________________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

01/05 Yémen: le chef du CCG retournera à Sanaa pour poursuivre sa médiation

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Abdellatif al-Zayani, va retourner à Sanaa pour reprendre sa médiation, après le refus du président contesté du Yémen Ali Abdallah Saleh de signer un plan de sortie de crise proposé par le CCG, a indiqué ce groupe régional.

Dans un communiqué publié au terme d’une réunion à Ryad dimanche, les ministres des Affaires étrangères des six monarchies du CCG ont exprimé l’espoir d’enrayer tous les obstacles qui empêchent encore un accord final sur une transition du pouvoir au Yémen.

Le secrétaire général retournera à Sanaa à cet effet, ont ajouté les ministres qui ont indiqué dans leur communiqué avoir passé en revue les résultats des contacts que M. Zayani a eus samedi à Sanaa avec le président Saleh et l’opposition.

M. Zayani avait quitté samedi soir Sanaa sans avoir pu obtenir du président Saleh qu’il signe le texte de sortie de crise. L’opposition avait alors refusé de se rendre à Ryad où la signature formelle de l’accord, prévoyant la démission dans un mois du président, devait se dérouler dimanche.

_____________________________ 1 – L’Express avec Reuters

01/05 Saleh refuse de signer l’accord de sortie de crise au Yémen

Avec Mohammed Mukhashaf à Aden et Asma Alsharif à Ryad; Nicole Dupont pour le service français

L’accord de sortie de crise au Yémen semblait très compromis dimanche après le refus du président Ali Abdallah Saleh de le signer.

Aux termes de l’accord de transfert du pouvoir, Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, se serait engagé à abandonner la présidence dans un délai d’un mois, devenant, après les présidents tunisien et égyptien, le troisième dirigeant arabe renversé depuis janvier.

Saleh aurait dû signer l’accord samedi.

L’opposition yéménite, ulcérée par ce revirement de dernière minute, a dit qu’elle envisageait d’accentuer la pression sur le président afin qu’il démissionne après trois mois de manifestations contre son régime.

"Nous étudions les options d’escalade et nous attendons une position américano-européenne sur le refus de Saleh de signer", a dit à Reuters un dirigeant de l’opposition en réclamant l’anonymat parce qu’aucune décision officielle n’avait encore été prise.

Le Conseil de coopération du Golfe – Emirats arabes unis, Bahreïn, Arabie saoudite, Oman, le Qatar et le Koweït – à l’origine du plan de sortie de crise, a bouclé dimanche une réunion à Ryad sans annoncer de stratégie pour parvenir à un accord.

"Le conseil exprime l’espoir de lever tous les obstacles bloquant encore un accord final et son secrétaire général se rendra à Sanaa à cet effet", dit une déclaration des ministres des Affaires étrangères du CCG.

L’opposition avait quant à elle refusé de se rendre dimanche à Ryad pour participer aux discussions en affirmant qu’il n’y avait aucune raison d’y assister.

Les médiateurs du CCG ont fait savoir samedi à l’opposition yéménite que Saleh était prêt à signer l’accord en tant que chef de son parti mais pas en tant que chef de l’Etat.

Le secrétaire général du CCG, qui se trouvait à Sanaa pour la signature, a quitté le Yémen sans avoir pu convaincre Saleh de signer et une source au CCG a déclaré que la cérémonie officielle de signature, dimanche à Ryad, avait été reportée, sans que l’on sache si ou quand elle pourrait être reprogrammée.

"C’est vraiment typique de Saleh. Il essaie de gagner du temps. Il repousse l’inévitable. Cela fait partie de sa personnalité", commente Theodore Karasik, un politologue basé à Dubaï.

"Je pense que la perspective d’une solution négociée s’éloigne lentement et qu’un certain type de pression va devoir être appliqué, et non plus des mots".

L’opposition yéménite a dit garder l’espoir que les Etats du Golfe obtiendront la signature de Saleh.

Saleh et l’opposition, qui regroupe des islamistes et des éléments de gauche, ont accepté en principe l’accord.

"L’affaire est maintenant entre les mains des Etats du Golfe. S’ils parviennent à convaincre Saleh, ce serait bien", déclarait samedi soir Mohammed Basindwa, personnalité d’opposition considérée comme un possible Premier ministre de transition.

Saleh, qui s’est entretenu dimanche par téléphone avec les rois d’Arabie saoudite et de Bahreïn, leur aurait dit qu’il continue d’être favorable à l’initiative du CCG, ont rapporté des médias yéménites.

L’accord négocié par le CCG garantit l’immunité à Saleh et à son entourage, y compris à des proches dirigeant les forces de sécurité. Il prévoit en outre que Saleh nomme un Premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement de transition qui devra organiser une élection présidentielle dans les soixante jours suivant son départ.

Des manifestants ont promis de rester dans les rues jusqu’au départ de Saleh et ils réclament qu’il soit traduit en justice pour corruption et pour la mort de quelque 144 manifestants.

De nouvelles violences ont été enregistrées dimanche avec l’attaque d’un bâtiment officiel dans la province méridionale d’Abyan. Des inconnus ont ouvert le feu et tiré des grenades RPG, tuant trois soldats qui gardaient le site et en blessant quatre autres. Un responsable local a mis en cause al Qaïda.

Plus à l’est, trois soldats yéménites ont été tués par des inconnus qui ont tiré sur une patrouille militaire dans la province d’Hadramaut, a-t-on appris de source proche des services de sécurité locaux.

01/05/11 (B602) Yémen Express – Comme nous l’avions anticipé dans nos analyses, Saleh aurait refusé (selon l’opposition) de signer l’accord prévoyant sa démission ! – un officier grièvement blessé – le président Saleh a refusé de signer l’accord de transition – Le président du Yémen refuse de signer le plan de sortie de crise

_________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Yémen: un officier grièvement blessé

Trois soldats, dont un officier, et un civil ont été blessés samedi lorsque des hommes armés ont ouvert le feu à Aden, dans le sud du Yémen, pour empêcher l’armée de lever une barricade, a indiqué un responsable à l’administration locale. L’incident a eu lieu dans le quartier Mansoura, où, à l’appel de manifestants, des habitants ont dressé des barricades pour protester contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.

Une unité de l’armée a tenté de débloquer l’une des rues mais a été la cible des tirs qui ont blessé les trois soldats ainsi qu’un civil qui se trouvaient dans les parages, selon le même responsable local. L’état de l’officier a été qualifié de « grave » par un médecin de l’hôpital militaire d’Aden où il a été admis.

A l’appel des protestataires, la ville d’Aden, l’un des foyers de la contestation, était paralysée ce matin par une grève générale. Quatre personnes ont été tuées jeudi et vendredi dans la ville et le sud du Yémen dans des attaques attribuées par des sources au sein des services de sécurité au réseau Al-Qaïda, bien implanté dans cette partie du pays.

_______________ 2 – 20 Minutes (FR)

Yémen: le président Saleh a refusé de signer l’accord de transition

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a refusé samedi de signer l’accord de sortie de crise, a déclaré un responsable de l’opposition yéménite, sur la foi de ce que lui a dit le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

«Le pouvoir a fait capoter l’accord. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe nous a dit que Saleh avait refusé de signer en tant que président. Il a dit qu’il voulait signer en tant que chef du parti au pouvoir, ce qui représente une violation du texte du plan du CCG», a dit à Reuters ce responsable, Sultan al Atouani.

Les principaux partis d’opposition – formations islamistes et de gauche – ont accepté l’accord, rejeté en revanche par les manifestants descendus dans les rues, qui réclament la démission immédiate de Saleh et son procès. Saleh était censé signer samedi cet accord, qui prévoit qu’il renonce à la présidence dans un délai d’un mois, en échange de son immunité ainsi que de celle de son entourage.

______________________ 1 – Radio Canada avec AFP et Reuters

Le président du Yémen refuse de signer le plan de sortie de crise

Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, n’a pas voulu signer le plan de sortie de crise qui prévoyait sa démission, a indiqué samedi à l’opposition yéménite le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdel Latif al-Zayani.

Selon l’opposition, le président Saleh a insisté pour signer l’accord en tant que chef du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG), et non en tant que président, comme le stipule le document.

La cérémonie de signature de l’accord devait avoir lieu dimanche à Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Elle devait se faire en présence des chefs de diplomatie du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman, Qatar).

Le plan de sortie de crise prévoit le départ du président Saleh dans un délai d’un mois. Il garantit l’immunité à M. Saleh et à son entourage, y compris à des proches dirigeant les forces de sécurité. Il prévoit aussi que M. Saleh nomme un premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement de transition. Ce dernier devra alors organiser une élection présidentielle dans les 60 jours suivant le départ du président et élaborer une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum.

Le plan a été approuvé par l’opposition yéménite et le parti au pouvoir, mais jamais explicitement par M. Saleh. Les manifestants qui descendent dans les rues pour contester le régime l’ont rejeté, car ils réclament la démission immédiate de Saleh et sa traduction en justice.

Les manifestations réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, durent depuis fin janvier et ont fait au moins 145 morts. Samedi, deux militaires et quatre civils ont été tués à Aden, principale ville du sud du Yémen, dans des échanges de tirs entre des militaires et des hommes armés, selon le ministère de la Défense et des sources hospitalières.

30/04/11 (B602) Nouvelles de Somalie – Appel à l’envoi de 4.000 soldats supplémentaires en Somalie – Morts de 10 militaires, en Somalie – La Somalie relance son agence de presse Sonna – vote : le gouvernement préfère 2012 – La Chine compte jouer un rôle constructif dans le processus de paix en Somalie : ministre des A.E. (5 Articles)

____________________ 5 – Atlas Info (Maroc)

Ouganda: Appel à l’envoi de 4.000 soldats supplémentaires en Somalie

Les forces armées ougandaises ont appelé le parlement d’autoriser l’envoi de 4.000 soldats supplémentaires en Somalie dans le cadre de la Mission africaine de maintien de la paix (AMISOM) dans ce pays, a rapporté la radio somalienne +Shabelle+.

Cette demande a été faite par le Lieutenant-Général Katumba Wamala, qui a souligné que  » bien que les troupes de la Somalie, aient enregistré des succès, il est nécessaire de combattre les insurgés et d’assurer le contrô le sur tout le territoire somalien », ajoute la même source.

L’Ouganda dispose actuellement de 4.600 militaires en Somalie déployés durant les quatre dernières années et dont 90 soldats sont morts dans des attaques perpétrées par le mouvement d’Al-Shabab.

Comptant près de 8.000 soldats ougandais et burundais, l’AMISOM intervient en soutien au gouvernement somalien de transition (TFG), dont l’autorité se limite à quelques quartiers de Mogadiscio, face aux insurgés islamistes d’Al Shebab et leurs alliés du Hezb al-Islam.

Plongée dans une guerre civile de près de 20 ans, la Somalie est le seul pays au monde, reconnu par l’ONU, qui ne dispose d’aucun pouvoir central effectif. Le gouvernement fédéral de transition de ne contrô le que certains quartiers à Mogadiscio face aux insurgés islamistes d’Al-Shebab et leurs alliés du Hezb al-Islam.

Dans un contexte de totale instabilité, les conditions de vie de la population sont difficiles et toute aide internationale se heurte à une insécurité généralisée.

La Somalie continue à être l’une des crises humanitaires parmi les pires au monde, avec quelque 1,5 million de personnes déplacées et plus de 560.000 personnes vivant en tant que réfugiés dans les pays voisins.

____________________ 4 – IRIB

Morts de 10 militaires, en Somalie

Au moins, 10 soldats somaliens, ont été tués, dans des affrontements avec les « Shebab ». Selon Press TV, ces forces ont été tuées, lors d’une attaque, à l’improviste, des « Shebab », contre les forces du gouvernement de transition, dans le village d’Elwak, près des frontières avec le Kenya.

Depuis le renversement du régime dictatorial de Ziad Barré, par les commandants de l’armée, en 1991, la Somalie est dépourvue d’un gouvernement central.

Le gouvernement actuel somalien ne contrôle qu’une petite partie de Mogadiscio et le manque de cohésion chez les forces militaires, qui sont, rarement, formées et mal payées, a fait que les promesses de mener une guerre totale contre les forces d’opposition ne se réalisent pas.


____________________ 3 – Afriquinfos avec XINHUA

La Somalie relance son agence de presse Sonna

Le gouvernement somalien a relancé jeudi l’Agence de presse nationale somalienne (Sonna), paralysée depuis deux décennies par le conflit dans le pays.

« L’agence de presse d’Etat travaillera pour recueillir les nouvelles factuelles impartiales et correctes sur la Somalie », a déclaré à Xinhua le directeur de Sonna, Abdelfatah Abdi, en marge de la cérémonie de la relance de l’agence à Mogadiscio.

Le ministère somalien de l’Information a déjà rouvert la radio nationale et le journal gouvernemental Dalka.

L’agence Sonna publiera ses bulletins d’information en trois langues, à savoir le somalien, l’arabe et l’anglais.

Le gouvernement somalien a déclaré que la relance des médias publics vise à faire face à la propagande extrémiste avec des « informations factuelles et équilibrées » qui favorisent l’unité et la tolérance.

____________________ 2 – Europe 1 avec AFP

Somalie-vote : le gouvernement préfère 2012

Le gouvernement de transition somalien a annoncé dimanche qu’il voulait repousser à l’an prochain les élections législatives en raison de l’insécurité à travers le pays. « Les ministres soulignent que les élections sont impossibles en raison de l’insécurité », dit-il dans un communiqué.

« Cela nous renforce dans l’idée de repousser d’un an le scrutin. » Aux termes d’un accord conclu en 2009, le mandat du gouvernement du président Cheikh Charif Cheikh Ahmed, soutenu par les Nations unies, devait expirer le 20 août prochain. Une nouvelle constitution devait être adoptée d’ici-là et des élections législatives étaient prévues dans l’intervalle.

____________________ 1 – Radio Chine avec XINHUA

25 /04 La Chine compte jouer un rôle constructif dans le processus de paix en Somalie : ministre des A.E.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a déclaré lundi que la Chine allait continuer de jouer, avec la communauté internationale, un rôle constructif dans le processus de paix et la reconstruction en Somalie.

La Chine a soutenu à maintes reprises le processus de paix en Somalie et les efforts du gouvernement transitionnel pour rétablir la paix dans le pays, a indiqué M.Yang lors de sa rencontre avec Mohamed Abdullahi Omaar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du gouvernement transitionnel somalien.

La Chine apprécie l’amitié traditionnelle avec la Somalie et est prête à fournir des efforts conjoints avec la partie somalienne pour promouvoir davantage les liens bilatéraux, a-t-il ajouté.

M.Omaar a remercié la Chine pour son aide au développement somalien ces dernières années, ajoutant qu’il souhaitait que la Chine puisse continuer à offrir son précieux soutien au processus de paix et à la recontruction de son pays.

La Somalie attache une grande importance au rôle de la Chine dans le règlement des questions internationales et continuera d’adhérer à la politique d’une seule Chine, a-t-il souligné.

Les deux parties ont également échangé leurs points de vue sur des problèmes régionaux et internationaux d’intérêt commun.

M.Omaar est arrivé samedi en Chine pour une visite de travail, à l’invitation de Yang Jiechi.

30/04/11 (B602) Yémen Express (Saleh continue à faire semblant d’accepter un compromis et à imaginer, en même temps, toutes les raisons possibles pour menacer de ne pas le signer …) – Yémen : l’UE salue l’accord politique sur l’initiative du CCG – La police yéménite ouvre de nouveau le tir contre des manifestants – le président Saleh menace de ne pas signer l’accord prévoyant son départ – Manifestations au Yémen pour le départ immédiat de Saleh – le président Saleh accuse le Qatar, menace de ne pas signer le plan du CCG – Des assaillants inconnus attaquent un point de contrôle dans le sud du Yémen – Des affrontements font 10 morts dans la capitale du Yémen – Des milliers de Yéménites choqués par les morts et la répression manifestent – La violence compromet la transition au Yémen, juge l’opposition – L’opposition exige la fin des violences avant de trouver un accord (10 articles)

____________________ 10 – Quotidien du Peuple (Chine)

Yémen : l’UE salue l’accord politique sur l’initiative du CCG

La Commission européenne, organe exécutif de l’Union européenne (UE), a salué mercredi l’accord politique sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour une transition pacifique au Yémen, selon une déclaration de Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

« Je me réjouis d’apprendre que le parti au pouvoir et la coalition de l’opposition ont tous deux accepté le plan de transition que le CCG a proposé le jeudi 21 avril, y compris la disposition prévoyant la formation à bref délai d’un gouvernement d’unité nationale », a déclaré Mme Ashton, qui est également vice- présidente de la Commission européenne.

Remerciant les pays du CCG pour « les efforts importants qu’il a déployés afin de parvenir à un accord politique en faveur de la transition au Yémen », la chef de la diplomatie de l’UE s’est dite « convaincue qu’avec cette initiative du CCG, le Yémen ne saurait disposer de meilleure chance pour relever les défis qui l’attendent en matière économique et sociale et dans le domaine de la sécurité, tout en évitant une escalade de la violence ».

Mme Ashton a exhorté « toutes les parties à finaliser rapidement l’accord et à travailler de concert, pour le bien de l’ensemble de la population du Yémen ».

_________________________ 9 – AP

La police yéménite ouvre de nouveau le tir contre des manifestants

Des policiers yéménites en civil ont de nouveau ouvert le feu, vendredi, contre des manifestants qui réclamaient le départ du président Ali Abdullah Saleh.

Les violences sont survenues dans la ville d’Hodeida, dans l’ouest du pays, et ont fait cinq blessés. Des tirs de pierres ont aussi été échangés.

Dans la capitale, Sanaa, des manifestants ont rempli une section de huit kilomètres de la rue Sitteen, une des principales artères du secteur occidental de la ville. Il s’agissait de la plus importante manifestation depuis le début des troubles au Yémen.

Des partisans du président Saleh se sont de leur côté rassemblés devant le palais présidentiel, comme ils le font tous les vendredis. Le président s’est adressé à eux pour traiter les dissidents de «traîtres et d’agents».

Les leaders du mouvement de contestation affirment que des manifestations ont eu lieu dans 19 provinces du pays.


_________________________ 8 – La Croix

Yémen : le président Saleh menace de ne pas signer l’accord prévoyant son départ

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans et dont le départ est prévu par un plan des monarchies du Golfe, a menacé de ne pas signer cet accord si des représentants du Qatar, dont le premier ministre avait appelé début avril à sa démission, sont présents à la cérémonie de signature qui doit avoir lieu à Ryad le lundi 2 mai.

Selon lui, c’est « l’État du Qatar qui finance actuellement le chaos au Yémen ainsi qu’en Égypte et en Syrie et partout dans le monde arabe ».

Basée au Qatar, la chaîne Al-Jazira, qui a révolutionné l’audiovisuel dans le monde arabe depuis sa création en 1996, assure une large couverture des mouvements de protestation dans le monde arabe, qui ont déjà balayé les présidents tunisien et égyptien.

_________________________ 7 – L’Express avec Reuters

Manifestations au Yémen pour le départ immédiat de Saleh

Mohammed Ghobari et Mohamed Sudam, avec Mohammed Mukhashaf à Aden et Erika Solomon à Dubaï, Guy Kerivel pour le service français

Les Yéménites sont descendus en grand nombre vendredi dans les rues pour exiger le départ immédiat du président Ali Abdallah Saleh et rejeter la transition progressive prévue par le plan de sortie de crise mis au point par les Etats du Golfe.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté sur Siteen Street, la principale artère de la capitale Sanaa, pour rendre hommage aux « martyrs de la révolution ».

Trois mois de violences afin d’obtenir le départ de Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, ont fait au moins 142 morts à travers tout le pays.

« Nous allons poursuivre notre révolution et nous ne céderons pas, même s’il doit y avoir un million de martyrs », a lancé un dignitaire religieux aux fidèles rassemblés pour la grande prière du vendredi. Certains manifestants ont largué des ballons sur lesquels était écrit, à l’adresse de Saleh, « Dégage ! ».

Des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux ont également défilé dans d’autres villes du pays, notamment Ibb, Hodeida et Baidah.

Mais des manifestations pro-Saleh ont également rassemblé des foules imposantes à Sanaa, place Tahrir et Sabiyeen Street, au cri de: « le peuple veut Ali Abdallah Saleh ».

Le président yéménite doit apposer sa signature au bas du document préparé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) samedi prochain à Sanaa.

L’opposition doit pour sa part signer l’accord dimanche à Ryad, en Arabe saoudite, avec le vice-président du parti gouvernemental yéménite, Abdel-Karim al Iryani.

Mais l’opposition a prévenu jeudi le gouvernement que la poursuite des violences contre les manifestants risquait de faire échouer le projet. Des hommes armés en civil ont tué douze personnes et en ont blessé des dizaines d’autres mercredi à Sanaa.

Ce plan de sortie de crise prévoit un transfert du pouvoir en trois mois. Les six Etats membres du CCG, alliance régionale militaire et politique, demandent au président Saleh de remettre les rênes du pays à son vice-président dans le délai d’un mois après la signature d’un accord.

Un responsable de l’opposition devrait prendre la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer l’élection présidentielle deux mois plus tard.

Le projet accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

_________________________ 6 – AFP

Yémen: le président Saleh accuse le Qatar, menace de ne pas signer le plan du CCG

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le départ est prévu par un plan des monarchies du Golfe, a menacé de ne pas signer cet accord et accusé le Qatar de « complot », dans une déclaration publiée vendredi.

« Des contacts sont en cours pour la signature lundi à Ryad (…). Mais nous avons des réserves sur certains médiateurs du Conseil de coopération du Golfe (CCG), impliqués dans un complot », a déclaré M. Saleh dans une interview à la chaîne « Russia Today », publiée par les médias locaux.

Le président yéménite a cité le Qatar: « C’est l’Etat du Qatar qui finance actuellement le chaos au Yémen ainsi qu’en Egypte et en Syrie et partout dans le monde arabe ».

« Nous nous réservons le droit de ne pas signer si des représentants du Qatar étaient présents » à la cérémonie, a menacé M. Saleh.

Les chefs de la diplomatie du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) doivent se réunir dimanche à Ryad pour finaliser les dispositions du plan sur une transition du pouvoir au Yémen, avant de le soumettre en principe à la signature du régime et de l’opposition yéménites.

La médiation du CCG, lancée début avril, avait provoqué alors une crise diplomatique entre Doha et Sanaa, qui avait rappelé son ambassadeur au Qatar pour protester contre une déclaration du Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, appelant au départ de M. Saleh.

« Ils (les Qatariotes) ont beaucoup d’argent et ils sont peu nombreux (…). Ils veulent s’imposer comme une grande puissance dans la région (…) grâce à la chaîne Al-Jazira », a-t-il dit dans une attaque virulente contre le Qatar, un petit pays de quelque 1,6 million d’habitants, dont quelque 200.000 Qatariotes, riche en gaz naturel et en pétrole.

La chaîne Al-Jazira du Qatar, qui a révolutionné l’audiovisuel dans le monde arabe depuis sa création en 1996, assure une large couverture des mouvements de protestation dans le monde arabe, qui ont déjà balayé les présidents tunisien et égyptien.

Les monarchies du Golfe, inquiètes de l’instabilité au Yémen, parent pauvre de la Péninsule arabique, ont élaboré un plan prévoyant la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation nationale, puis la démission un mois plus tard, avec une garantie d’immunité, du président Saleh.

Une élection présidentielle devrait ensuite avoir lieu dans les 60 jours.

Les manifestations réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, durent depuis fin janvier et ont fait plus de 145 morts.


_________________________ 5 – AP

Des assaillants inconnus attaquent un point de contrôle dans le sud du Yémen

De Ahmed Al-Haj,

Des opposants au gouvernement yéménite ont affronté la police, jeudi, dans la province d’Aden, dans le sud du pays, alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays pour dénoncer la répression meurtrière des forces gouvernementales et demander la démission du président.

Les affrontements ont été provoqués par une attaque à la bombe perpétrée par un groupe armé inconnu à un point de contrôle de la capitale provinciale, Krater. L’attaque semble indiquer une détérioration rapide de la sécurité au Yémen, un pays déjà affligé par la pauvreté et un conflit armé avant le début du soulèvement anti-gouvernemental, en février.

Un militant de l’opposition, Adnan Abdel-Mohsen, a affirmé que les assaillants avaient lancé une bombe sur le poste de contrôle, et que les gardes avaient répliqué en tirant au hasard sur les gens qui se trouvaient sur les lieux. Trois membres de la garde républicaine ont été blessés, a-t-il dit.

Le point de contrôle était situé près de la succursale locale de la banque centrale du Yémen, sur la route qui mène au palais présidentiel. Une fusillade a éclaté et s’est poursuivie pendant une bonne partie de la nuit.

M. Abdel-Mohsen a indiqué qu’il y avait peu de policiers dans les rues de Krater et que des tirs pouvaient être entendus dans différentes parties de la ville.

Plusieurs policiers et membres des forces de sécurité ont abandonné leur poste depuis le début du soulèvement populaire.

«Nous blâmons le gouvernement pour avoir permis à ce chaos de se produire», a dit M. Abdel-Mohsen. «Nous demandons à la police de revenir dans les rues pour contrôler la situation et nous protéger.»

Le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, refuse de démissionner. Les grandes manifestations populaires et les défections de commandants de l’armée, de membres du parti au pouvoir et d’autres anciens alliés n’ont pas suffi à le convaincre de partir. Il se maintient au pouvoir avec l’aide d’unités militaires commandées par l’un de ses fils et d’autres membres de sa famille.

Jeudi, M. Saleh a congédié le procureur général du Yémen, Abdullah Al-Olofi, a rapporté la télévision officielle. Le procureur avait refusé de blâmer les jeunes manifestants de l’opposition pour les violences survenues la veille dans la capitale. Les forces de sécurité, appuyées par des tireurs d’élite postés sur les toits, ont ouvert le feu sur la foule mercredi à Sanaa, tuant 12 personnes et en blessant près de 200 autres.

Des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays jeudi pour dénoncer ces violences, qui ressemblaient à l’attaque du 18 mars à Sanaa, lors de laquelle des tireurs d’élite avaient tué plus de 40 personnes, ce qui a provoqué une vague de défections parmi les alliés du président Saleh.

Dans un communiqué, les partis de l’opposition ont affirmé que les meurtres de mercredi étaient un «massacre sauvage» et constituaient un crime contre l’humanité perpétré par le président Saleh et les membres de sa famille qui dirigent des unités spéciales de l’armée accusées d’avoir tiré sur les manifestants.

Les ministres des Affaires étrangères des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe se rencontreront dimanche dans la capitale saoudienne, Riyad, pour peaufiner une ébauche de proposition visant à mettre fin à la crise au Yémen.

La proposition, dont le principe a déjà été accepté par le président Saleh et les partis d’opposition reconnus, prévoit le transfert du pouvoir au vice-président de M. Saleh et la création d’un gouvernement d’unité nationale dans les 30 jours suivant la signature de l’accord. En échange, le président Saleh et sa famille bénéficieraient de l’immunité judiciaire.

Les manifestants anti-gouvernementaux, qui affirment que les partis de l’opposition ne les représentent pas, ont rejeté la proposition. Ils demandent que le président démissionne immédiatement et que ses fils et lui soient poursuivis pour les violences commises contre les manifestants.

Les partis de l’opposition ont prévenu qu’il pourraient ne pas signer l’accord si les violences se poursuivent.

_________________________ 4 – L’Express avec Reuters

Des affrontements font 10 morts dans la capitale du Yémen

Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Philippe Bas-Rabérin pour le service français

Des hommes armés vêtus en civil ont tué dix personnes et en ont blessé des dizaines d’autres en ouvrant le feu mercredi à Sanaa sur des manifestants qui réclamaient le départ immédiat du président yéménite, que les médiateurs du Golfe tentent d’écarter du pouvoir en douceur.

Cette fusillade meurtrière clôturait une journée de manifestations ayant mobilisé des dizaines de milliers de personnes. Beaucoup protestaient contre un plan de sortie de crise approuvé par le gouvernement et l’opposition, qui laisse un mois au président Ali Abdallah Saleh pour démissionner.

Ce plan, mis au point par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), garantit l’immunité au président et à sa famille.

Dans la capitale, les manifestants cherchaient à atteindre un secteur situé hors du quartier où ils campent depuis février et exigeaient un retrait immédiat de Saleh, ont dit des témoins.

« Nous avons reçu des corps et les avons transférés dans un hôpital privé », a déclaré Mohammad al Koubati, médecin travaillant auprès des manifestants. Un autre médecin a dit qu’au moins dix personnes avaient succombé à leurs blessures.

Auparavant, des manifestants avaient bloqué l’accès du port d’Hodeida, sur la mer Rouge, et d’autres s’étaient heurtés aux forces de sécurité en divers points du Sud. Un contestataire et un soldat ont péri dans ces affrontements, selon des médecins et des responsables locaux.

« Les gens veulent un départ (de Saleh), pas une initiative », criaient les manifestants près du port d’Hodeida, où les activités maritimes se déroulaient normalement.

Un organisateur du rassemblement d’Hodeida, Abdoul Hafez Mouadjeb, a dit que les garde-côtes avaient fait bon accueil aux manifestants en leur faisant savoir qu’ils ne feraient pas usage de leurs armes contre eux.

« Nous allons fermer le port, parce que ses revenus servent à financer les voyous », a dit un manifestant, Mouaz Abdallah, en faisant allusion aux agents de la sécurité en civil qui font souvent usage de poignards et de battes pour disperser les manifestations.

Par ailleurs, les forces de sécurité ont tué ou blessé par balles au moins quatre personnes dans la province méridionale de Lahidj, ont déclaré témoins et médecins.

Un responsable de l’opposition, Mohammed Bassindoua, a exprimé l’espoir qu’un accord soit signé dimanche à Ryad sur la base du plan de sortie de crise mis au point par les Etats du

« Les Etats-Unis, l’Union européenne et les Etats du Golfe garantissent que toutes les parties respecteront cet accord », a-t-il ajouté.

Le plan du CCG prévoit un transfert du pouvoir en trois mois. Saleh remettrait les rênes du pays à son vice-président au plus tard un mois après la signature d’un accord. Un responsable de l’opposition prendrait la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer un scrutin présidentiel deux mois plus tard.

Le projet accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers, qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires, comme le réclament leurs adversaires.

D’autres affrontements ont éclaté à Aden, le grand port du Sud, où de jeunes manifestants bloquaient les rues et brûlaient des pneus afin de paralyser l’activité dans la ville.

Des mouvements de grève avaient aussi lieu à Taëz, qui a connu certains des plus grands rassemblements anti-Saleh, et à Ibb, au sud de Sana.
Ailleurs dans le Sud, des hommes armés ont abattu deux soldats et en ont blessé cinq autres dans l’attaque d’un poste militaire à Zindjibar, chef lieu de la province d’Abian où opèrent de nombreux militants islamistes d’Al Qaïda.

Les forces de sécurité yéménites ont perdu en partie le contrôle de cette province depuis le début de la contestation populaire, qui a fait quelque 130 morts en trois mois.

_________________________ 3 – AP

Des milliers de Yéménites choqués par les morts et la répression manifestent

Des dizaines de milliers de Yéménites se sont rassemblés jeudi dans tout le pays pour dénoncer la répression contre les manifestants la veille dans la capitale Sanaa, qui a fait 12 morts.

Bravant la pluie, ils ont condamné la répression brutale exercée par les forces loyales au président Ali Abdullah Saleh dans plusieurs villes du pays, ainsi qu’à Taiz et Saada.

Le président Saleh s’accroche au pouvoir malgré des manifestations quotidiennes réclamant son départ depuis début février, dans la lignée des révoltes dans le monde arabe.

Mercredi, les forces de sécurité appuyés par des tireurs embusqués sur les toits ont visé la foule d’environ 100 000 personnes réunies à Sanaa. Douze personnes ont été tuées et au moins 190 blessées.

L’opposition a dénoncé un «massacre» et un crime contre l’humanité commis par Saleh et ses proches.


_________________________ 2 – L’Express avec Reuters

La violence compromet la transition au Yémen, juge l’opposition

L’opposition yéménite a prévenu jeudi le gouvernement que les violences contre les manifestants qui réclament le départ du président Ali Abdallah Saleh risquaient de faire échouer un projet d’accord pour une transition politique.

Des hommes armés en civil ont tué dix personnes et en ont blessé des dizaines d’autres en ouvrant le feu sur des contestataires mercredi à Sanaa.

Cet incident intervient alors qu’est censé être conclu dimanche à Ryad, en Arabie saoudite, un accord de transition pour le Yémen sous l’égide des Etats du Golfe.

« Si nous sommes dans l’impossibilité de protéger les manifestants, nous ne pourrons pas rechercher un accord dont le régime tenterait de se servir pour verser encore plus de sang », affirme la coalition d’opposition dans un communiqué.

Inspirés par les renversements d’autocrates en Tunisie et en Egypte en début d’année, les Yéménites manifestent contre Saleh depuis trois mois.

Les violences des dernières semaines ont fait pencher la balance aux dépens de Saleh, qui est au pouvoir depuis 32 ans et a longtemps été un allié clé de l’Occident contre Al Qaïda.

Les incidents meurtriers de mercredi soir ont clôturé une journée de manifestations ayant mobilisé des dizaines de milliers de personnes.

Beaucoup protestaient contre le plan de sortie de crise du Conseil de coopération du Golfe (CCG), approuvé par le gouvernement et l’opposition, qui laisse un mois au président Saleh pour démissionner.

Les manifestants de Sanaa cherchaient à atteindre un secteur situé hors du quartier où ils campent depuis février et exigeaient un retrait immédiat de Saleh, ont dit des témoins.

En plus des dix morts de la capitale, un manifestant et un soldat ont péri mercredi lors d’affrontements dans le port méridional d’Aden.

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, voisine du Yémen, veulent voir s’engager un processus politique afin de régler la crise, redoutant qu’une dégradation de la situation n’offre un champ d’action inespéré à Al Qaïda dans la péninsule Arabique.

Aux termes du projet de règlement, le président Saleh, sa famille et ses conseillers ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

Le CCG, alliance politique et militaire qui regroupe six pays du Golfe, envisage un transfert du pouvoir en trois mois.

Saleh remettrait les rênes du pays à son vice-président au plus tard un mois après la signature d’un accord. Un responsable de l’opposition prendrait la tête d’un gouvernement intérimaire chargé de préparer un scrutin présidentiel deux mois plus tard.

____________________________ 1 – 20 Minutes (Fr)
avec Reuters

28/04 : L’opposition exige la fin des violences avant de trouver un accord

L’opposition yéménite a mis en garde le gouvernement, jeudi, affirmant que les violences contre les manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh risquaient de faire dérailler le processus de transition politique. «Si nous sommes dans l’impossibilité de protéger les manifestants, nous ne pourrons pas tenter de trouver un accord dont le régime tente de se servir pour verser encore plus de sang», affirme la coalition de l’opposition dans un communiqué.

Des hommes armés en civil ont ouvert le feu sur la foule mercredi à Sanaa tuant 10 personnes et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Cet incident intervient alors que doit être conclu un accord de transition politique sous l’égide des Etats du Golfe dimanche à Ryad.

28/04/11 (B601) Yémen Express – Saleh continue son double jeu – Des militaires vêtus en civil nous ont tiré dessus – 12 manifestants tués par balles à Sanaa – LA DOCTRINE DU DOUBLE LANGAGE… ! – Saleh cherche une sortie plus digne que Moubarak et Ben Ali – Un plan saoudien loin des revendications populaires – Un accord pourrait être signé dans les jours à venir au Yémen – des dizaines de manifestants bléssés dans des affrontements avec la police – l’opposition donne son accord final au plan du CCG (8 articles)

_____________________________ Note de l’ARDHD

Saleh poursuit son double jeu.

Comme nous l’avions déjà écrit, Saleh continue son double jeu diabolique et sanglant

Officiellement, il aurait accepté les conditions de règlement proposées par le Groupe des Monarchies du Golfe, mais en mettant des réserves, qui lui permettront de conserver le pouvoir.

De l’autre côté, il ordonne une répression sanglante et macabre. Les morts se multiplient. Certains policiers se seraient déguisés en manifestants, pour tuer encore plus facilement les opposants …

Qui pourrait encore le croire ?

_________________________ 8 – EuroNews

Yémen : “Des militaires vêtus en civil nous ont tiré dessus”

Une nouvelle journée de violence dont témoigne Alda Jarban. Cet homme fait partie du mouvement de la jeunesse yéménite. Nous l’avons joint par téléphone à Sanaa.

“Il n’y a pas eu d’affrontements avec les forces de sécurité yéménites mais avec des hommes armés, vêtus en civil, à l’intérieur du stade de la révolution. Ils ont attaqué les manifestants à coups de pierre et ils ont tiré alors que le défilé était en cours.

Ce sont des partisans du régime, ce sont des militaires habillés en civil, et ils nous ont tiré dessus.

Nous étions en train de manifester de manière pacifique et nous n’avions pas d’arme. Un grand nombre de personnes ont été blessées pendant ces affrontements entre les manifestants et ces hommes armés.”

_________________________ 7 – Le Parisien avec AFP

Yémen: 12 manifestants tués par balles à Sanaa

Deux policiers et un manifestant hostile au régime au Yémen ont péri lors de heurts armés mercredi, alors que deux soldats ont été tués dans une attaque d’Al-Qaïda, selon des sources de sécurité et médicales.

Douze personnes ont été tuées par balles et plus de 130 autres blessées mercredi au Yémen lorsque les forces de sécurité et des militaires ont tiré pour disperser une manifestation à Sanaa, selon un nouveau bilan obtenu de sources médicales.

Sur les 130 manifestants blessés par balles ou à coups des poignards, 10 sont dans un état grave, selon des sources médicales.

De précédents bilans avaient fait état de quatre morts, puis neuf, et une source médicale avait indiqué que le nombre de victimes risquait d’augmenter.

Dix corps ont été transportés dans un hôpital d’une université privée et le deux autres à l’hôpital de campagne établi sur la place du Changement, épicentre de la contestation dans la capitale yéménite, ont ajouté les mêmes sources.

Les forces de sécurité et des militaires ont tiré à balles à réelles pour disperser une importante manifestation dans un quartier du nord de Sanaa, a-t-on ajouté.

Les forces gouvernementales sont intervenues sur l’avenue Sittine, qui conduit à l’aéroport de Sanaa, où des dizaines de milliers de protestataires défilaient pour dénoncer le plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe et réclamer la chute du régime, selon des témoins.

Des partisans du régime, armés de pierres et de bâtons, ont participé à la répression des manifestants, ont ajouté les témoins.

Les autorités ont justifié la violente intervention des forces gouvernementales par la présence d’éléments armés de l’opposition parmi les manifestants, qui voulaient, selon elles, s’attaquer à une salle de sport.

Des dizaines de partisans du régime ont été blessés dans les heurts avec les protestataires, ont ajouté les autorités.

Des manifestations similaires s’étaient déroulées sans incident ces derniers jours dans la capitale, ont rappelé les organisateurs.

___________________ 6 – Oudjacity

YEMEN : LA DOCTRINE DU DOUBLE LANGAGE… !

Mohammed ESSAHLAOUI
Source : http://www.oujdacity.net/international-article-44535-fr/

Depuis le déclenchement du soulèvement populaire, par la jeunesse révolutionnaire, tous les partis de l’opposition parlementaire, ne cessent de pratiquer un double jeu, auquel le Yémen a toujours été habitué, bien avant la prise de pouvoir par Abdallah SALEH, le protégé privilégié des U.S.A.et de l’Occident, en général.

La position géographique et géopolitique du Yémen, y est sans doute pour beaucoup, quand on sait que les Américains tiennent toujours à exercer leur rôle de gendarme international, pour sécuriser le contrôle rigoureux des routes d’approvisionnement, au vu et au su de la République Islamique de l’Iran.

Par ailleurs, le prétexte de la lutte contre Al qu’aida qui menacerait la stabilité régionale justifierait, à lui seul, le soutien inconditionnel, apporté généreusement par les U.S.A. à la frivole République Yéménite, qui veut donner l’impression de se battre sur plusieurs fronts.

Ce sont donc, autant de facteurs de divers ordres qui font que les puissances occidentales ferment yeux et oreilles sur de multiples dépassements constatés chez leur protégé le dictateur A. Saleh, pendant les trente années piteuses de son abominable dictature. Comme tous les dictateurs du monde arabe, A.S. s’est appuyé sur l’armée, sur les tribus, et sur les multinationales, pour se livrer à une stratégie diabolique de répressions sauvages, contre les intellectuels, la classe politique rétive et récalcitrante, favorisant ainsi le clientélisme, la corruption, la politique des clans.

Cette politique d’exclusion des compétences, de la marginalisation d’une grande partie d’une jeunesse abandonnée misérablement à son sort, en l’absence quasi-totale de ce qu’on pourrait appeler des structures sociopolitiques de contre pouvoir-société civile, associations bénévoles, syndicats, o.n.g. entre autres-a prouvé sa sénilité incurable.

Des partis de façades, aux intentions prédatrices, soudoyés, opportunistes, arrivistes, matérialistes, corrompus, aux liaisons véreuses, se sont dressés comme des obstacles, des remparts, bloquant hermétiquement toute initiative sensée et louable, susceptible de contribuer à sauver le Yémen des ladres horribles et cupides.

Les preuves sont là toutes nues : alors que les jeunes et les forces vives du pays se sacrifiaient en tombant sous les balles réelles des hordes du système, alors que les manifestants étaient sur le point d’abattre une autre dictature arabe, des partis politiques dits de l’opposition parlementaire discutaient lâchement, veulement, avec des représentants du pouvoir.

Les traîtres dialoguaient en vue, non plus d’extirper le Yémen des misères, de l’anarchie, du despotisme, de la dictature corrompue et féroce qui ronge la société, mais plutôt de sauver in extrémis de la potence un voleur avéré qui n’est autre qu’A. Saleh.

Encore une fois, les partis de l’opposition dite parlementaire ont trahi, ont assassiné de sang froid une grande révolution, dont la thèse fondamentale se résume ainsi : la mise en place d’un vrai système démocratique passerait inévitablement par la chute préalable du dictateur et de son système dictatorial pourri et condamné à mort par des révolutionnaires purs, propres, et intègres.

___________________ 5 – Le Monde

Yémen : "Saleh cherche une sortie plus digne que Moubarak et Ben Ali"

Propos recueillis par Paul Larrouturou

François Burgat est chercheur au CNRS et ancien directeur du Centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS). Il pense que le président Saleh tiendra sa promesse de partir et que l’opposition sera en mesure de prendre la relève.

Que prévoit le plan des monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ?

François Burgat : C’est une étape importante qui est a priori crédible. Aux termes de cet accord qui pourrait être signé mercredi à Ryad, mais dont le principe a déjà été accepté par le Congrès général du peuple (le parti du président), Ali Abdallah Saleh démissionnerait dans un délai de trente jours après la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il obtiendrait en contrepartie une garantie d’impunité et, grâce à ce délai, l’occasion d’une sortie plus digne que celle de ses homologues tunisien ou égyptien partis sous la pression directe de la rue. Il n’a probablement pas envie de perdre le pouvoir dans les mêmes conditions que Hosni Moubarak et Zine El-Abidine Ben Ali.

Il est donc raisonnable de penser qu’il tiendra sa promesse, d’autant plus que, pour l’instant, une grande partie de la rue n’accepte pas le plan et n’a montré aucune scène de liesse. La rue va rester mobilisée. Et ce sommet devrait donner à beaucoup de yéménites ce qu’ils attendent : le départ du président.

Comment l’opposition va-t-elle organiser l’après-Saleh ?

On considère à tort ce pays comme particulièrement traditionnel voire archaïque. Ainsi, à la différence de presque tous les pays de la région, il existe depuis près de vingt ans une opposition parlementaire qui intègre les forces politiques réelles. Contrairement aux pays d’Afrique du Nord, elle intégrait même les islamistes, un temps associés au pouvoir avant de retourner dans l’opposition. Depuis 2006, la coalition en lutte contre le parti du président et, depuis quelques mois, contre son régime, est en fait le fruit d’une alliance entre les socialistes (héritiers du régime du Sud, avant l’unification de 1990) et les islamistes du parti Al-Islah.

Cela veut dire que ce front d’opposition – qui cautionne aujourd’hui le plan de relève proposé par le Conseil de coopération du Golfe – a un ancrage solide dans le pays et donc une certaine crédibilité à jouer un rôle responsable dans la phase de transition. Mais demain, ces forces politiques devront démontrer leur capacités non seulement à se partager le pouvoir entre elles, mais également à ménager au parti du président une place politique suffisamment raisonnable pour qu’il accepte de partir.

Quels sont les obstacles à une transition démocratique et pacifique après le départ éventuel du président Saleh ?

Les défis restent immenses, plus économiques et sociaux qu’idéologiques ou religieux. Ajoutons tout de même deux foyers de tensions très spécifiques au Yémen. Le premier est le conflit qui déchire le Nord. Depuis 2004, ceux qu’on appelle à tort la "rébellion chiite" (alors que le président Saleh est tout aussi chiite) critiquent les concessions faites aux Etats-Unis au lendemain du 11-Septembre.

L’autre fracture qui participe de la configuration de la révolte contre le pouvoir de Sanaa est l’héritage de la seconde guerre civile intervenue quatre ans après la réunification du pays en juillet 1994. Le "petit" Sud (alors 3 millions d’habitants) n’a jamais accepté la brutale défaite militaire infligée par le Nord (alors 12 millions).

Le régime autoritaire du président Saleh a sciemment entretenu et instrumentalisé ces deux crises pour se crédibiliser plutôt que chercher une réponse politique rationnelle. Depuis son succès dans la guerre civile, le président Saleh a également pris toutes les mauvaises habitudes de ses homologues arabes : le clientélisme et la répression sont devenus progressivement plus importants que la représentativité des institutions. Aujourd’hui, la démarche pacifique de l’immense majorité des manifestants a démontré une grande maturité politique de "la rue". Tout n’est donc pas noir dans le paysage de la transition qui pourrait s’ouvrir dans les jours à venir.

___________________ 4 – Courrier International avec Mareb Press

Un plan saoudien loin des revendications populaires

Le président Ali Abdallah Saleh a donné son accord à un projet du Conseil de coopération du Golfe prévoyant sa démission à moyen terme.

Si les partis d’opposition semblent favorables à ce plan, les manifestants exigent toujours le départ immédiat du dirigeant yéménite.

Le plan de sortie de crise présenté le 23 avril par les monarchies du Golfe est en réalité destiné à empêcher la transition démocratique au Yémen. En effet, il préempte le choix du peuple sur la forme du futur régime, en consacrant à l’avance le régime présidentiel au lieu du régime parlementaire qui aurait les faveurs des manifestants.

Ce plan serait parfaitement apte à régler une crise entre le gouvernement et l’opposition [la coalition des partis d’opposition, la Rencontre commune, qui réunit notamment le Parti socialiste yéménite et le parti islamo-tribal Al-Islah, a finalement accepté ce plan]. Or il ne s’agit pas d’une crise politique, il s’agit d’une révolution. Par conséquent, la légitimité révolutionnaire doit s’imposer à la légitimité institutionnelle. [Les mouvements de jeunes qui campent dans différentes villes du pays ont rejeté ce plan et continuent de réclamer la chute du régime et le départ immédiat du président.]

L’attitude des pays du Golfe vis-à-vis du Yémen se caractérise tantôt par des hésitations, tantôt par leur partialité en faveur du président en place, Ali Abdallah Saleh, et au détriment des demandes populaires. A trois reprises, ils ont présenté un plan de sortie de crise. Chacun était en retrait par rapport au précédent. Le premier date du 3 avril et exigeait tout simplement la démission immédiate du président Ali Saleh. Le 10 avril, le deuxième plan accordait un délai d’un mois et prévoyait le transfert du pouvoir au vice-président. Finalement, le troisième et dernier plan constitue un recul encore plus net. Au lieu d’appuyer les demandes populaires, il empêche toute poursuite pénale du président Saleh et lui accorde trente jours de sursis lui permettant de revoir sa copie et d’essayer de diviser le mouvement de protestation, voire de reprendre la répression.

Le fait que chaque initiative du Conseil de coopération du Golfe [CCG, qui regroupe les pétromonarchies de la péninsule, Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar] soit en recul par rapport à la précédente, témoigne des divergences de vue entre ses six membres. Les inflexions favorables au régime en place à Sanaa ont été obtenues par Saleh à la suite de l’envoi de ses émissaires à Riyad pour y plaider sa cause. Car c’est l’Arabie saoudite qui fait barrage aux demandes de chute du régime. Elle ne veut pas que les Yéménites réussissent leur transition démocratique, de peur de perdre son influence sur le pays voisin, qu’elle considère comme son arrière-cour.

Elle a donc épousé le point de vue d’Ali Abdallah Saleh selon lequel il faut respecter le cadre de la Constitution yéménite. En réalité, c’est un prétexte pour qu’il puisse rester en poste. Lui-même n’a cessé de manipuler ladite Constitution. Comble de l’ironie, l’idée d’accorder l’immunité juridique au président par un vote parlementaire est contraire à la Constitution, puisque le mandat des députés a expiré depuis plus de deux mois. De même, l’idée d’appeler à une élection présidentielle n’est pas conforme à l’obligation de faire précéder la présidentielle par des législatives.

Les jeunes révolutionnaires du Yémen ont fait montre de bonne volonté vis-à-vis des initiatives du CCG, mais ils demandent que leurs revendications soient prises en compte. Si cela pouvait être le cas, cela contribuerait à une véritable transition au Yémen et se répercuterait positivement sur les relations à venir entre le Yémen et les pays du CCG. Dans le cas contraire, cela hypothéquerait durablement ces mêmes relations. Car les régimes passent mais les peuples restent.

________________________ 3 – Le Point avec Reuters

Un accord pourrait être signé dans les jours à venir au Yémen

par Mohamed Soudam et Mohammed Ghobari
Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Le moment et le lieu de la signature d’un accord sur la démission au Yémen du président Ali Abdallah Saleh pourraient être annoncés dans les jours à venir par un émissaire du Golfe, a déclaré mardi un responsable de l’opposition.

Mohamed Bassindoua a indiqué à Reuters que le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdoullatif al Zaïani, devrait se rendre à Sanaa dans les jours à venir pour conclure un plan de transfert du pouvoir, qui prévoit que le président Saleh démissionne 30 jours après sa signature.

"Nous nous attendons à ce qu’un arrangement soit trouvé et que la signature d’un accord soit bouclée – et le plus tôt sera le mieux", a-t-il dit. Prié de dire si l’accord négocié sous l’égide du CCG pourrait être signé dans les jours prochains, il a répondu par l’affirmative. "On l’espère. C’est possible".

Une coalition de l’opposition comprenant aussi bien des islamistes, des hommes de gauche que des nationalistes arabes a levé lundi soir un obstacle de premier plan à la mise en oeuvre de l’accord, en acceptant de participer à un gouvernement de transition.

La coalition, qui réclame le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait salué samedi la médiation du CCG mais, en désaccord sur certains points, avait alors refusé de participer à un gouvernement d’union nationale.

Les six pays membres du CCG, alliance régionale militaire et politique comprenant notamment l’Arabie saoudite et le Koweït, et les pays occidentaux s’emploient depuis des semaines à trouver une solution à la crise politique du Yémen, où les manifestants de l’opposition manifestent depuis trois mois en faveur d’un départ de Saleh et de réformes démocratiques.

Ali Abadallah Saleh a accepté le principe du plan, élaboré par les ministres des Affaires étrangères du CCG et prévoyant qu’il démissionne, en échange de l’immunité pour lui-même, sa famille et ses collaborateurs.

L’accord de transition du CCG prévoit aussi que Saleh nomme un Premier ministre issu de la coalition d’opposition, et qu’une élection présidentielle se tienne deux mois après sa démission.

LES MANIFESTATIONS VONT CONTINUER

Des responsables de l’opposition ont déclaré à Reuters avoir finalement accepté le plan lundi après avoir reçu la garantie de diplomates américains à Sanaa que le président, âgé de 69 ans, démissionnerait effectivement un mois après la signature.

La coalition d’opposition craignait à l’origine que Saleh, vieux routier de la politique yéménite, ne fasse capoter le plan au cas où le parlement n’accepterait pas sa démission.

Les manifestants se sont engagés à poursuivre leurs rassemblements jusqu’à la démission et le procès de Saleh. Ils craignent aussi que certains partis de l’opposition, qui comptent d’anciens alliés de Saleh, ne fassent que coopérer au plan pour obtenir une part du pouvoir sans mettre en oeuvre de réels changements.

"Cet accord déçoit nos attentes. Le président n’a pas quitté le pouvoir. Il a obtenu ce qu’il recherchait – que lui et ses partisans partent sans être jugés pour la mort de manifestants et pour les fonds qu’ils ont détournés", a estimé Hamdan Zaïd à Sanaa, où des milliers de manifestants campent depuis des semaines.

"Il a remporté une victoire sur l’opposition, mais pour ce qui nous concerne, nous continuons notre révolution. Nous ne quitterons pas les rues à cause de cet accord(…)", a-t-il dit.

Au moins 125 manifestants ont été tués depuis le début des manifestations au Yémen, dont une grande part des 23 millions d’habitants déplorent la corruption rampante et la mauvaise gestion du pays. Au Yémen, 40% cent des habitants vivent avec deux dollars par jour, voire moins. Un tiers de la population est confronté à des problèmes chroniques de malnutrition.

________________________ 2 – Radio Chine avec XINHUA

Yémen : des dizaines de manifestants bléssés dans des affrontements avec la police

Des dizaines de manifestants demandant la démission immédiate du président yéménite Ali Abdullah Saleh, ont été blessés lundi dans des affrontements avec la police, dans des provinces dans le sud du Yémen.
La police a ouvert le feu et a utilisé le gaz lacrymogène pour disperser les manifestants dans les provinces telles que Sanaa, Taiz, Al-Hudaida, Ibb et Aden, ont indiqué des organisateurs des manifestations antigouvernementales.

Le Yémen est depuis trois mois le théatre des manifestations de masse réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans.

Le parti au pouvoir du président yéménite Ali abdullah Saleh et l’opposition avaient officiellement annoncé samedi qu’ils acceptent le plan de sortie de crise modifié du CCG.

Le plan propose la formation d’un gouvernement d’union nationale et un tansfert de pouvoir par le président Saleh au vice-président, puis le président Saleh doit annoncer sa démission dans les 30 jours et le président de transition et le gouvernement d’unité nationale ont ensuite 60 jours pour organiser les élections présidentielles.

________________________
1 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: l’opposition donne son accord final au plan du CCG

L’opposition yéménite a donné lundi son accord final au plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et prévoyant le départ dans 30 jours du président contesté Ali Abdallah Saleh, a déclaré à l’AFP son porte-parole.

Nous avons donné notre accord final au plan du CCG après avoir obtenu des assurances des frères du Golfe et des amis américain et européens au sujet de nos objections sur certaines clauses du plan, a déclaré le porte-parole, Mohamed Qahtane.

Il a ajouté que le Front commun, une coalition de l’opposition parlementaire, avait transmis lundi soir son accord au secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani.

L’opposition avait annoncé samedi son acceptation du plan du CCG à l’exception d’une clause prévoyant qu’elle forme un gouvernement de réconciliation nationale sous l’autorité du président Saleh.