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24/11/02 (B173) Les dernièrs échos de la vie politique. Nos caricatures publiées la semaine dernière était-elle en deçà de la vérité ? Notre avis financier concernant l’offre de vente au public de 20 à 25 % des Droits de vote à l’Assemblée Nationale, a-t-il attiré plusieurs souscripteurs potentiels ?

1
– MOUMIN BAHDON ET LE PPSD __________________________________

En dépit de six
mois d’emprisonnement pour atteinte à l’orgueil du Chef de l’Etat.
En dépit de plusieurs années passées à
essayer de se faire classer dans l’opposition dans laquelle il a joué
un rôle majeur, sous les couleurs de l’ODU, au moment de l’élection
présidentielle truquée, Moumin Bahdon Farah reconnaît
désormais les résultats et les vertus de cette élection et il renoue
miraculeusement avec IOG (à deux mois des élections). Il va
même jusqu’à lui jetter publiquement des fleurs.

Cela mérite bien
une citation dans l’Ordre des Brosses à Reluire !

Nous rappelons que Monsieur
Moumin Bahdon, Ministre de la Justice au moment de l’Affaire Borrel, avait
toujours refusé de témoigner devant la justice française.
Et pourtant il doit disposer d’informations sérieuses qui auraient
pu permettre à la justice d’avancer sur la voie de la recherche de
la vérité. Sera-t-il convoqué un jour pour s’exprimer
? Pourra-t-il être accusé d’avoir volontairement dissimulé
la vérité ? Nous le savons pas mais la question pourrait se
poser prochainement.

Il est à noter que l’ADI reste extrêmement discréte voire pudique, sur les compensations qui auraient pu être accordées à Moumin Bahdon et à sa famille, en échange de son ralliement de dernière minute aux côtés des forces de la dictature sanguinaire, de la violation des Droits de l’Homme, de la corruption et de l’asservissement du peuple. Par exemple, pourrait-on penser à des compensations sur le plan de la garantie du patrimoine immobilier ou d’emplois retrouvés pour les enfants …. qui avaient été licenciés abusivement ?

_________________
Extrait de l’ADI

” Le PPSD n’est
pas un mouvement d’opposition “, selon M. Moumin Bahdon Farah, président
du PPSD.

DJIBOUTI (ADI) – 24 novembre
– M. Moumin Bahdon Farah, ancien ministre des Affaires étrangères
et président du Parti Populaire Social Démocrate (PPSD) a été
l’invité vendredi soir de ” Gros plan ” une émission
télévisée présentée par notre confrère
Salah Ismaël.

S’exprimant tout d’abord
sur le projet de décentralisation entrepris par le gouvernement au
cours de ces dernières années, M. Moumin Bahdon a indiqué
que le parti politique auquel il appartient soutient cette initiative qui
tombe à point nommé. C’est pourquoi, selon lui, le PPSD a délégué
deux membres de son comité exécutif pour suivre les travaux
de l’atelier de réflexion sur la décentralisation et l’aménagement
du territoire qui s’est tenu récemment au Palais du peuple.

” Dès lors
qu’il recevra les supports de nos deux délégués sur cet
atelier, le comité exécutif du PPSD devra prendre des résolutions
et formuler des propositions afin d’apporter sa contribution dans ce domaine
“, a-t-il déclaré.
Interrogé sur sa réaction vis-à-vis du report de la date
des élections législatives fixées désormais pour
le 10 janvier 2003, le président du PPSD a affirmé que cette
décision arrangeait les nouveaux partis comme le sien, puisque cela
leur permettra, a-t-il dit, d’avoir encore un peu de temps en vue de mener
à bien leurs préparatifs pour ces échéances législatives.

Définissant le
statut ainsi que la position de son parti sur la scène politique nationale
actuelle, M. Moumin Bahdon Farah a tout d’abord fait savoir que la naissance
du PPSD s’inscrit dans ce cadre de la nouvelle donne politique (le multipartisme
intégral) à laquelle notre pays vient d’adhérer.

” De part ses objectifs
et les prérogatives liés à son statut, notre parti entend
apporter sa contribution dans le processus de développement socio –
économique du pays “, a t-il souligné, avant d’ajouter
que ” le PPSD n’est point un mouvement d’opposition mais plutôt
dans la mouvance présidentielle “
” Après son accession à la magistrature suprême,
le chef de l’état M. Ismaël Omar Guelleh a établi un cadre
de dialogue et de concertation mutuelle avec les différentes tendances
politiques. Cela s’est traduit, à titre d’exemple, par la signature
d’un accord de paix et de concorde civile avec le FRUD Armé le 12 mai
2001 “, a dit le président du PPSD.

Et de poursuivre
: ” Quant à nous, à l’issue de 14 mois de négociations,
nous avons décidé de dépasser nos divergences pour rapprocher
nos points de vues au profit de la présentation et de la consolidation
de la cohésion sociale, et afin de conjuguer nos efforts dans le but
d’éliminer tous les facteurs qui freinent notre marche vers le progrès
et le respect des valeurs humaines et démocratiques “

M. Moumin Bahdon
Farah a, du reste, mis en exergue que le PPSD envisage de faire prochainement
une alliance avec le Rassemblement Populaire Pour le Progrès (RPP),
le parti au pouvoir.

Répondant par ailleurs
à la question portant sur les perspectives de son organisation politique,
le responsable a indiqué que le PPSD entend poursuivre son petit bonhomme
de chemin afin de réaliser ses ambitions ” Personnellement, je
crois que tout dépend du succès de la démocratie dans
notre pays, ” a t-il déclaré en substance.

En conclusion, le président
du PPSD a appelé tous les djiboutiens et djiboutiennes à s’associer
au processus de développement de leur nation, en unissant leur forces
face aux défis de la mondialisation et contre la pauvreté, le
chômage, l’aliénation de la femme… etc.

Il faut noter enfin que
M. Moumin Bahdon Farah, né le 24 octobre 1939 à Djibouti, a
fait son entrée dans la politique en 1970 en créant l’AJP, un
parti politique qui fusionnera avec d’autres pour former le LPAI en 1974.
Nommé ministre de l’Intérieur, des Postes et des Télécommunications
en 1976 dans le gouvernement de transition de M. Abdallah Mohamed Kamil, il
devient en 1978 ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération
Internationale, poste qu’il exercera sans discontinuité durant 15 ans.
Ministre de la Justice de 1993 à 1996, M. Moumin Bahdon Farah quitte
alors le gouvernement. Peu de temps après, il est condamné de
six mois d’emprisonnement ferme pour atteinte à la personnalité
du chef de État et rejoint par la suite l’opposition djiboutienne unifiée
(ODU), avant de créer le 31 octobre 2002 sa propre formation politique,
le PPSD.

ADI – 10H33 GMT – 24 NOVEMBRE
2002

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2
– Le RPP fait feu de tous les côtés : ouverture d’une annexe
à Tadjourah en plein fief du FRUD et ouverture vers les jeunes (volontaires
désignés ?). En tout cas les quotas sont déjà
définis avec la plus grande précision … Pas un de moins !
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Extrait de l’ADI

ADI/DJIB/ 3151/127 MOTS

Pose de la première pierre du nouveau siège de la fédération
du RPP à Tadjourah

DJIBOUTI (ADI)- 22 novembre-
Le ministre-délégué à la Coopération Internationale
M. Mahamoud Ali Youssouf, a procédé hier à la pose de
la première pierre du nouveau siège de la fédération
de l’annexe du Rassemblement Populaire pour le Progrès (RPP) à
Tadjourah.(…)
____________
ADI/DJIB/3155/210
MOTS

Projet de création d’un mouvement de jeunes au sein du Rassemblement
Populaire pour le Progrès (RPP)

DJIBOUTI (ADI) – 23 novembre
– Appelée Ligue Nationale de la Jeunesse (LNJ), les principaux objectifs
du RPP en créant cette structure consiste à combattre le tribalisme,
le clanisme et à encourager surtout les jeunes à être
des acteurs et non des spectateurs de la vie, en les rassemblant au sein d’un
même mouvement afin de les inciter à participer pleinement aux
activités politiques, économiques et sociales de leur pays.

Ainsi, la Ligue constituera
la branche politique des jeunes du RPP et sera en fait composée de
400 membres congressistes, dont 35% des effectifs seront réservés
aux filles et femmes.

Autonome, elle sera gérée
par des jeunes et comprendra en outre 198 militants des annexes (soit 6 par
annexe), 100 membres sympathisants, des membres issus des formations socioprofessionnelles
ainsi que des étudiants.

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3 – DAF va-t-il créer dans les quarante-huit
heures, un parti bien à lui qui sera différent du PRD ? _______________________

Certaines sources nous
informent du fait que DAF va demander la reconnaissance d’un nouveau parti
politique, qui serait différent du PRD. Certains assurent qu’il aurait
lu avec intérêt l’avis financier que nous avions fait paraître
et qu’il aurait décidé de se porter acquéreur d’un certain
nombre de Droits de vote à l’Assemblée nationale

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4 – Aden Robleh n’a toujours pas nommé les
4 vice-présidents : acte majeur (?), qui constituait à peu près
l’unique proposition contenue dans son dernier discours.

A cette occasion, nous
avions demandé publiquement à Aden Robleh de nous en dire un
peu plus sur le programme de son parti et sur les positions politiques qu’il comptait défendre.
Nous devons dire que notre appel est resté sans réponse, ce
qui laisse bien des questions et des sous-entendus, en attente … d’un coup de théâtre : le rapprochement avec le RPP ? Possible !

24/11/02 (B173) Maître AREF a-t-il été chargé par IOG d’allumer un contre-feu dérisoire, en prévision de la diffusion de l’émission du 2 décembre ? Peut-on en déduire qu’il se dévoile enfin, de façon indirecte, dans l’AFP, comme étant devenu l’avocat appointé (confidentiel) de Guelleh dans l’affaire Borrel ?

Aprés avoir souffert
de la dictature et après avoir été emprisonné injustement par
Guelleh, Maître Aref, que notre association a défendu depuis
1991, a choisi, semble-t-il de se rapprocher de Guelleh. Aurait-il pu accepter
de prendre sa défense ses positions dans l’affaire Borrel ? De quelles autres missions ou services a-t-il été chargé, dans la mesure où il faisait partie de la délégation officielle qui accompagnait Guelleh lors de son pitoyable voyage à Paris et qu’il y est retourné une semaine après pour expliquer dans certains Ministères que Guelleh avait beaucoup changé ?

Il faut quand même
rappeler qu’un avocat peut défendre des inculpés sans être
assimilé “automatiquement” à leur cause ou à leurs méfaits,
mais il n’est jamais forcé d’accepter un dossier, si celui-ci est en
contradiction avec son éthique ou son idéologie personnelle.

Certains pourraient s’étonner (encore)
de cette prise de position à la veille des élections et en faveur
d’un régime dont les jours pourraient être comptés …

Les mêmes pourraient se demander d’ailleurs quelles seront les réactions et les commentaires de Maître Aref, dans l’hypothèse où les déclarations (contradictoires, nous dit-on) qu’il avait tenues il y a quelques mois devant des journalistes (et enregistrées partiellement, nous dit-on) ajoutées à certains témoignages, étaient évoquées durant l’émission.

La question est posée, d’autant plus que les archives de l’ARDHD sont assez riches sur le sujet et qu’elles ont été placées en sécurité.

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Extrait de l’AFP

NAIROBI, 23 nov (AFP)
– Un des suspects désignés dans l’enquête sur la mort
d’un magistrat français en 1995 à Djibouti a porté plainte
pour “faux témoignage” et “dénonciation calomnieuse”
contre un ancien officier djiboutien qui l’avait mis en cause, a-t-on appris
samedi auprès de son avocat.

Awalleh Guelleh Asseweh
a porté plainte contre Mohamed Saleh Alhoumekani, alors officier de
la garde présidentielle, selon les termes de la plainte déposée
au parquet de Djibouti le 17 novembre par son avocat, Me Aref Mohamed Aref,
et dont le texte a été transmis à l’AFP à Nairobi.

M. Alhoumekani avait affirmé
avoir entendu M. Asseweh annoncer le 19 octobre 1995 au palais présidentiel,
quelques heures après la découverte du corps du magistrat français
Bernard Borrel, conseiller détaché auprès du ministre
djiboutien de la Justice, que “le juge fouineur” était mort,
et qu’il n’y avait “pas de traces”.

M. Asseweh, selon les
affirmations de M. Alhoumekani, faisait ce compte rendu à l’actuel
chef de l’Etat de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, à l’époque
chef de cabinet du président djiboutien Hassan Gouled Aptidon.

Le corps calciné
du juge Borrel avait été trouvé le 19 octobre 1995 à
environ 80 km de Djibouti-ville.

Selon un rapport médico-légal
versé au dossier, le magistrat se serait suicidé en s’aspergeant
d’essence puis en s’immolant.

Son épouse, Elisabeth
Borrel, dénonce la thèse du suicide et estime que son mari a
été victime d’un assassinat politique.

M. Asseweh a décidé
de porter plainte en apprenant que M. Alhoumekani devrait renouveler ses accusations
dans une émission programmée pour le 2 décembre prochain
par la chaîne de télévision française Canal +,
rappelle son avocat.

Me Aref rappelle que M.
Asseweh ne pouvait se trouver au palais présidentiel le 19 octobre
1995, car il était en prison, mis en cause dans un attentat au Café
de Paris à Djibouti, qui avait fait un mort et quinze blessés
le 27 septembre 1990.

L’avocat français
du président djiboutien, Me Francis Szpiner, avait déjà
fait la même remarque.

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Certes Me Aref, avec habileté, ne fait que prendre position au nom de son client, rien de plus … Mais qui sera dupe véritablement de ce retournement spectaculaire ?

Les Droits de l’Homme ont-ils perdu l’ardent défenseur qu’il fut pendant plusieurs années, en sa qualité de membre d’Amnesty ?

C’est son droit le plus absolu et un choix personnel, contestable certes à nos yeux, mais qu’il a le droit d’assumer, à la condition d’être clair vis à vis du monde entier et des Djiboutiens : dans les semaines qui vont venir, le double jeu ne sera plus possible.

23/11/02 (B173 ) Hommage à Abdo Hamargod par Fouroun.

Feu Abdo hamargod, l’un
des génies de la culture djiboutienne, était un homme de théâtre,
comédien, acteur, et doué dans tous les registres. Abdo exprimait
avec passion l’originalité de ses oeuvres, tant par la profondeur que
par la connaissance de la culture djiboutienne. L’ampleur de ses chef-d’oeuvre
d’intelligence et d’esprit ne cesse de fasciner des générations.
Militant de l’indépendance, il a été inquièté
plusieurs fois, pour avoir attaqué le système colonial.

Après l’indépendance
Abdo, comme ce fut le cas de plusieurs artistes, a été condamné
à la misère et au chômage. Cela ne l’inquiétait
guère, car Abdo, enfant du pays, bon vivant, et joyeux comme un morceau
de vie, nous faisait rire et nous rendait triste et amoureux. Djibouti souffrait
d’une crise d’identité et particulier sa jeunesse : Abdo savait saisir
l’identité djiboutienne et la conscience africaine (dans sa chanson
"qarnii" il disait "qarni walibaa dhaqankisaa waa waa inuu
ku dhaartaa").

Au début des années
90, son devoir d’artiste appelle Abdo à présenter un film pour
éduquer les Djiboutiens sur le Sida. Il jouait un personnage typique
djiboutien atteint de cette maladie. Cependant, et tout à fait par
hasard, Abdo, qui souffrait du diabète, est tombé malade quelques
jours après cette projection. Très rapidement, il a perdu du
poids.

Aussitôt des rumeurs,
sans fondements, se sont propagées partout dans le pays, affirmant
qu’Abdo était atteint du sida. En réalité, Abdo était
diabétique. Face à cela, face à ce malheur, face à
cet abandon et à cette ignorance, il a du lutter. En effet il lui était
même difficile de prendre un bus. Tous le regardaient comme un sidaïque
et personne ne voulait plus l’approche. Abdo est mort malheureux et triste
quelques années plus tard.

Il a succombé non
au Sida mais au diabète.

Bref, la dénonciation
et la colère ne suffisent pas à décrire le comportement
de la société djiboutienne envers ce génie. Avant la
pandémie actuelle du Sida à Djibouti, Abdo avait voulu nous
prévenir de ce mal dont le pays allait affreusement souffrir. On a
ignoré ses conseil qu’il nous donnait. Coupables de silence et d’ignorance,
le peuple djiboutien a réservé un triste sort au génie
ABDO HAMARGOG.

Comme Abdo chantait lui
même, je vous laisse avec ses propres paroles "ha igu digan wallaley,
hadu ruuxu danyaroo yahay dadka lagama saaree" .

Que Dieu lui accorde les
clefs du paradis.

FOUROUN.

22/11/02 (B173 ) Le droit au Chapitre : par AÏNACHÉ – REPORT D’ELECTION.

REPORT
D’ELECTION

par Aïnaché

Le Ministre de l’Intérieur
a fait savoir le report de l’élection législative(1) prévue
pour le mois de décembre prochain, au mois de janvier. La raison officielle
avancée par le ministre est de permettre aux nouveaux partis politiques
de disposer du temps nécessaire pour s’organiser.

J’entends, le rire de
quelques-uns, d’ici !!!

En soit la raison semble
louable pour le commun des mortels. Certains penseraient quelle est logique,
compte tenu du court délai qui sépare les agréments attribués,
aux différents partis politiques qui en ont fait la demande, de la
date des élections.

Seulement voilà,
nous avions été régulièrement informés,
que ce même ministre multipliait les embûches devant chaque demande
d’agrément pour décourager les nouveaux partis politiques. D’autres
pensent que c’est une manœuvre supplémentaire pour mieux déstabiliser
l’opposition.

Quoiqu’il en soit, manœuvre
ou pas, ce report devrait, à mon humble avis, arranger tout le monde.

D’abord l’opposition,
compte tenu des difficultés subies depuis trop longtemps par le simple
fait d’exister. Ce délai me semble béni pour qu’elle s’organise
mieux, et aille à cette élection (par ce qu’elle n’envisage
pas d’autre solution), enfin unie, face à la machine de brouillage
gouvernemental.

Encore faut-il, que les
moyens audiovisuels et les possibilités de réunions soient équitable.

Jusqu’à preuve
du contraire je ne crois pas que les nouveaux partis politiques jouissent
de tous les moyens légaux d’une manière juste pour faire connaître
leurs programmes aux électeurs dans les médias de l’Etat. Ils
n’ont aucune garantie de l’utilisation de leurs prestations par les responsables
de la RTD.

Il n’y a aucune autorité
indépendante pour veiller sur l’égalité entre les partis
concurrents.

Ensuite, est-ce que durant
ce délai, le pouvoir aura la sagesse d’en profiter pour faire un petit
brin de toilettage à notre constitution.

Dans l’état actuel,
la constitution risquerait de compliquer la vie politique, au cas, comme il
est fort probable, que le peuple Djiboutien vote pour le changement.

Il n’est pas nécessaire
d’être un extra lucide ou de faire appel à des institutions de
sondages performantes et coûteuses pour deviner, que la grande majorité
des Djiboutiens, aspire et depuis fort longtemps à un changement de
régime.

Le titre III, de notre constitution relative aux fonctions du Président
de la république dans ses articles 21 et 30, pose problème à
mon avis.

Pour mémoire, je
rappelle ces deux articles :

ARTICLE 21 :
Le pouvoir exécutif est assuré par le Président de la
République qui est en outre chef du Gouvernement.

ARTICLE 30 : Le
Président de la République détermine et conduit la politique
de la nation. Il dispose du pouvoir réglementaire.


HYPOTHESE PREVISIBLE…SI

Réfléchissons
un petit instant ensemble sur l’hypothèse qui est pour moi prévisible.

Lors de cette prochaine
élection, les Djiboutiens envoient à l’Assemblée une
nouvelle majorité confortable composée de députés
n’appartenant pas aux mouvances présidentielles.

Je poursuis mon hypothèse.
Dans ce cas là, normalement, le chef de l’Etat a l’obligation de faire
appel au chef de la nouvelle majorité pour lui demander d’accepter
d’être le chef du gouvernement et de lui présenter la composition
de ses membres. Mon hypothèse, bien entendue fait abstraction de tout
tripotage habituel des urnes et se place dans l’idée d’une élection
honnête et transparente.

Manifestement les rédacteurs
de notre constitution, n’ont pas envisagé cette hypothèse.

Pourquoi ? Par ce que,
chez nous, constitutionnellement, le chef de l’Etat est aussi le chef du gouvernement,
comme le stipule les articles 21 et 30, cités plus haut.

Alors, à quoi servirait
la victoire de l’urne, si ceux, que le peuple a choisi, ne peuvent pas disposer
du pouvoir que le peuple leur a confié. Ce serait une victoire amère
pour ceux qui ont concouru afin de bénéficier de la confiance
des électeurs.

A moins que le pouvoir
fasse preuve de bonne volonté et modifie durant ce lapse de temps offert
par ce report, les articles qui risquent de poser problème à
la majorité nouvellement élue.

Pour ça il faut,
comme l’autorise l’article 53, que l’assemblée nationale actuelle se
réunisse à la demande du chef de l’Etat ou par sa propre initiative
pour procéder à ce toilettage indispensable des articles 21
et 30.

On prête au prophète
MOHAMED, cette citation ” Al takhir laha khair ” qui peut se traduire
par : le retard a du bon.

Faisons donc bon usage
de ce retard de chaque coté de l’échiquier politique pour le
plus grand bien de la démocratie.

AÏNACHÉ

1- : Dans une de mes
précédentes contributions, (cf. ARDHD.B169) j’avais dit que
” chez nous, nous respections les échéances électorales
” j’avais prudemment ajouté ” en principe “……
ouf !!!

22/11/02 (B173) Coupure de courant pendant 5 heures à Djibouti. Est-ce un test ou une répétition générale pour la soirée du 2 décembre, afin de priver les Djiboutiens de l’émission de Canal + ? (Lecteur)

Nous apprenons que la ville a été privée hier d’électricité pendant cinq heures environ. Nombreux sont ceux qui s’interrogent pour savoir s’il ne s’agit pas d’une répétition en vue d’une nouvelle coupure qui se produirait … comme par hasard … le 2 décembre au soir … (Lecteur)

______________________ Note de l’ARDHD

Cela serait aussi stupide qu’inutile pour plusieurs raisons :

– compte-tenu des pénuries d’électricité, de nombreux Djiboutiens disposent de générateurs autonomes et d’antennes satellites,
– ces Djiboutiens ne manqueront pas de faire des copies de l’émission. Elles circuleront sous le manteau ensuite,
– l’émission est programmée pour repasser à d’autres créneaux horaires de la grille de Canal + dans les jours qui suivront …
– les Djiboutiens à l’étranger vont aussi enregistrer l’émission pour la faire passer à leur famille restée au pays,
– notre site publiera très rapidement les passages les plus importants de l’émission dès vingt-trois heures le 2 décembre.

Si IOG décidait de faire couper le courant le 2 décembre, nous pensons que cela ne servirait qu’à une chose, montrer qu’il est personnellement très embarassé par le contenu, ce qui équivaudrait à accréditer la thèse de son implication directe …

A suivre ….

22/11/02 (B173 ) Congo “On n’a pas le droit de trucider toute une population”. Interview de l’évêque Louis Portella par Henrik Lindell. Invitation à venir écouter un témoin de la FIDH et de nombreuses associations.

De passage en France, l’évêque Louis Portella dénonce
les exactions des troupes gouvernementales visàvis des populations
civiles dans le Sud du pays et interpelle le président Sassou Nguesso.
Interview exclusive.

La région du Pool, dans votre diocèse de Kinkala, est bouclée
par l’armée. Que s’y passe-t-il ?

Le gouvernement évoque la menace des miliciens ninjas, effectivement
présents dans le Pool. À la fin du mois de mars, refusant toute
idée d’un dialogue, le gouvernement a opté pour une solution
militaire afin de mettre la main sur “Ntoumi”, le chef des ninjas.
Il a mobilisé des moyens très importants en hommes et en armes.
Il disait que le problème serait réglé en quelques semaines.

Aujourd’hui, la cible n’est toujours pas atteinte.

Les rebelles font des opérations de sabotage et rançonnent
des gens et l’armée poursuit ses opérations. Le résultat
: destruction des villages et déplacement des populations. Depuis sept
mois, toute une région est en train d’être détruite. Environ
100 000 personnes, soit 20% des habitants du Pool, ont trouvé refuge
à Brazzaville.

Pourquoi?

Ils nous disent que leurs villages ont été bombardés
par des hélicoptères, puis pillés et brûlés
par les forces publiques. Nous savons aussi que les “soldats”, en
fait des miliciens Cobras intégrés dans l’armée, éliminent
souvent des gens sous prétexte qu’ils seraient “complices”
des ninjas. Toute la région est ainsi déstabilisée. Ceux
qui restent dans les villages non bombardés assurent à peine
leur survie. Ils ne reçoivent aucune aide, puisque les autorités
refusent de donner des visas aux organisations humanitaires. L’armée
gouvernementale est donc responsable de violations massives des droits de
l’homme.

Mais ses soldats obéissent-ils vraiment aux ordres?

J’ai entendu des chefs militaires se plaindre du manque de discipline des
troupes. Il est vrai aussi qu’on ne sait pas toujours d’où viennent
exactement les ordres.

L’impunité est totale !

Des jeunes soldats peuvent assassiner des civils sans craindre la moindre
sanction. Tenezvous le président Denis Sassou Nguesso, “démocratiquement
élu”, pour responsable de cette situation? Oui. D’autant plus
qu’il a vraiment un pouvoir extraordinaire. Tout le monde dans le Pool pense
que le président n’a qu’à siffler pour que les hostilités
s’arrêtent.

Moi, j’interpelle Denis Sassou Nguesso parce que c’est mon devoir d’évêque.

Je l’assume puisque tout le monde, même les diplomates étrangers,
se tait par peur de représailles !

Avec la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH),
des organisations comme Survie et mes amis spiritains français, j’ai
l’intention d’alerter l’opinion publique internationale.

Les humanitaires doivent faire leur travail !

Il faut arrêter ses opérations militaires meurtrières
qui ressemblent plus à un plan pour casser l’élan vital du Pool
qu’autre chose. Il faut mettre les choses sur la place publique et alerter
l’Onu.

On n’a pas le droit de trucider toute une population !

PROPOS RECUEILLIS PAR HENRIK LINDELL
N° 3036 DU 14 NOVEMBRE 2002

” Sassou Nguesso n’a qu’à siffler pour que les hostilités
s’arrêtent ”

______________________________

URGENT

Congo-Brazzaville : un témoin parle.

Les organisations soussignées estiment que la continuation des exactions
dans la région du Pool (sud-ouest du Congo-Brazzaville) met gravement
en danger la population. Nous invitons la presse à écouter un
témoin privilégié, Mgr. Portella, évêque
du diocèse de Kinkala, qui tient à alerter l’opinion française
et internationale sur cette situation trop peu connue.

Nous soutenons l’initiative de la Fédération Internationale
des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) qui organise à cet effet une
conférence de presse mardi 19 novembre à 10 heures en ses locaux
(17, passage de la Main d’Or, 75011 Paris).

– Agir ici (01 56 98 24 40)
– Agir ensemble pour les droits de l’Homme (04 37 37 10 11)
– Aircrige (06 60 71 53 94)
– CCFD (01 44 82 80 00)
– CIMADE(01 45 55 72 53)
– Frères des Hommes (01 55 42 62 62)
– Secours Catholique (01 45 49 73 00)
– Survie (01 43 27 03 25)