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05/12/2013 (Brève 322) – SOMMET DE L’ELYSEE – Le repli sécuritaire compromet les nécessaires avancées démocratiques (Par RSF)

Les 6 et 7 décembre 2013 se tient à Paris le Sommet de l’Élysée, consacré aux questions de paix et de sécurité et de développement sur le continent africain. Organisé à l’initiative de la France, l’évènement doit rassembler 54 représentants des pays africains, ainsi que ceux des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine.

Reporters sans frontières appelle la France, les États d’Afrique, ainsi que les organisations internationales présentes à ce Sommet à aborder la question de la sécurité des journalistes et du respect de la liberté de l’information dans le cadre des actions destinées à garantir la sécurité nationale.

“Les crises du Mali et de la Centrafrique, la piraterie dans le Golfe d’Aden, le terrorisme des Shabaab somaliens ou de la secte Boko Haram, les conflits pro-tractés de la République démocratique du Congo ou du Soudan font du continent africain un lieu où les questions de sécurité et de paix se posent en priorité et mobilisent les puissances occidentales et africaines qui y voient une nécessité pour préserver un équilibre régional et international.

Ces mêmes nations savent bien que l’impératif sécuritaire immédiat ne dispense pas de considérer le moyen et le long terme : les transitions démocratiques et le renforcement des États, qui sont à l’agenda de toutes les négociations multipartites en faveur de la paix.

Or les jalons du moyen et du long terme se posent dès à présent. Il est illusoire de penser que des pays opérant un repli sécuritaire législatif aujourd’hui, adopteront des mesures démocratiques demain.

Nous demandons, qu’au cours de ce Sommet, les questions sécuritaires n’éludent pas les nécessaires considérations démocratiques sur le long terme, qui passent par le développement d’une presse libre et la garantie de la liberté de l’information”, déclare Reporters sans frontières

“La tendance au repli sécuritaire à travers des lois liberticides pour l’information gagne de nombreux États africains. La sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme ne doivent pas être utilisées comme prétextes pour affaiblir le débat démocratique et empêcher que les pratiques des dirigeants soient soumis au regard et à la critique légitime du public”, ajoute l’organisation.

Argument sécuritaire

Dans de nombreux pays d’Afrique, les journalistes continuent de faire les frais de persécutions et de violences armées, malgré les protections dont ils bénéficient au niveau international aux termes de la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations unies, des Conventions de Genève et de la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 26 novembre 2013. Le plan d’action des Nations unies fait aussi obligation aux États “d’enquêter concrètement et poursuivre les crimes contre la liberté d’expression”. Ainsi la responsabilité de garantir la sécurité de l’exercice de la profession de journalistes échoit à ces mêmes États.

Pourtant dans son bilan annuel 2012, Reporters sans frontières a dénoncé une “hécatombe” pour les acteurs de l’information, avec 88 journalistes et 47 citoyens-journalistes tués, dont 22 sur le continent, sans que des enquêtes soient systématiquement ouvertes.

Reporters sans frontières a constaté que les États recourent de plus en plus à un arsenal législatif et judiciaire pour réprimer les journalistes. Dans ce cadre, l’argument “sécuritaire” se retourne alors souvent contre eux et devient un prétexte pour mettre en œuvre une politique liberticide. Les lois relatives au terrorisme, à la trahison, à la sécurité nationale ou au secret d’État sont utilisées de façon abusive et détournées de leur objectif pour réprimer des journalistes et en dissuader d’autres, en violation flagrante des obligations internationales, notamment de l’article 19 du Pacte International sur les droits civils et politiques.

Car, si la “sauvegarde de la sécurité nationale” est un motif légitime pour restreindre la liberté d’expression, il n’est admis que sous certaines conditions, notamment de prévisibilité de la loi, de proportionnalité et de nécessité. Le rapporteur spécial sur la liberté d’expression Frank LaRue l’a rappelé : “La protection des secrets de sécurité nationale ne peut jamais être utilisée comme prétexte pour intimer la presse au silence et la contraindre à renoncer à son travail crucial de clarification des violations des droits de l’homme”.

Les exemples d’instrumentalisation de l’argument sécuritaire pour restreindre la liberté de l’information ne manque pas. D’autant plus que, le plus souvent, ce sont des pays “en paix” qui adoptent ces textes et comportement liberticides.

En Éthiopie, la loi anti-terroriste est utilisée comme un prétexte pour mettre derrière les barreaux toute personne critique du régime. Ironiquement, le porte-parole d’un syndicat de journalistes éthiopiens le revendique même : “Nous sommes fiers qu’en Éthiopie il n’y ait aucun journaliste emprisonné pour ses activités professionnelles”. En effet, les quatre journalistes emprisonnés en raison de leur activité professionnelle, le sont sous le coup de la loi anti-terrorisme de 2009.

En Sierra Leone, deux journalistes sont toujours inculpés pour “sédition” après avoir publié un éditorial jugé critique du chef de l’État.

Au Tchad, l’éditeur Samory Ngaradoumbé est poursuivi pour avoir “diffamé l’armée” dans un article faisant état du mécontentement de l’armée nationale tchadienne.

Au Burundi, la loi sur la presse, votée au printemps 2013 jugée très répressive, prévoit dans ses articles 14 et 18, vingt sujets que les journalistes ne peuvent tout simplement pas traiter. En premières places ont trouve évidemment les questions liées à “l’unité nationale”, “l’ordre et la sécurité publics”, “la souveraineté nationale.

“Régulation” à la dérive

Après les attentats du centre commercial Westgate et alors que ses deux plus hauts représentants comparaissent devant la Cour pénale internationale, le Kenya considère un projet de loi qui confèrerait à l’organe de régulation des médias, le Kenya Media Council, le pouvoir de modifier à loisir les textes relatifs au statut des journalistes, comprenant des provisions sur le ton que les médias doivent employer et la façon dont ils doivent présenter certains évènements sécuritaires.

Parfois, ce sont les organes de régulation, censés protéger les journalistes, dont la composition ou le fonctionnement sont cooptés par l’exécutif afin d’en faire des outils de contrôle et de répression.

Cette semaine même au Congo Brazzaville, deux journaux ont écopé d’une suspension de neuf mois de la part du Conseil Supérieur sur la Liberté de la Communication pour avoir “insulté la police nationale et manipulé l’opinion” après une interview d’une victime de violences policières, et pour avoir “insulté l’armée” à la suite d’un article critique de l’institution.

Au Cameroun, c’est le Conseil supérieur de la communication, dont le Président est proche du pouvoir, qui a lancé une procédure à l’encontre d’un journal accusé d’avoir enfreint le “secret défense” pour avoir parlé d’une opération de rapatriement de membres présumés de Boko Haram qui avait fait plusieurs morts civils.

Ce durcissement se retrouve à travers tout le continent. En 2013, la Tanzanie, la Gambie, le Rwanda et la Somalie ont soumis ou fait passer des textes faisant état de préoccupations sécuritaires justifiant des limites dans le traitement de l’information.

Au moment où les experts de l’ONU s’alarment dans une déclaration du 3 décembre 2013 des tendances au durcissement contre les libertés publiques en Afrique, il est important que la liberté de l’information soit, moins que jamais, sacrifiée.

03/11/05 (B322) Lettre ouverte d’un lecteur au Secrétaire Général de la Chancellerie de l’Ordre de la Légion d’Honneur, à propos de la décoration du Général Zakaria.

____________________ Note de l’ARDHD
Ceux qui le désirent, peuvent écrire à la Chancellerie, en s’inspirant, s’ils le souhaitent, du texte de cette lettre.
_______________________________________________________

Abdallah Deberkaleh

A
Monsieur Jacques CARRÈRE
Secrétaire Général
De l’Ordre national de la Légion d’Honneur
1, rue de Solferino
75007 Paris

Le 2 Novembre 2005

 

Lettre ouverte en recommandée avec AR

Monsieur le Secrétaire Général,

C’est en qualité de citoyen de nationalité française et djiboutienne, né à Djibouti, que je vous écris cette lettre ouverte, pour vous faire part de ma stupéfaction personnelle, qui est partagée par de nombreux amis français et djiboutiens, quand nous avons appris la remise de la Légion d’Honneur à trois officiers djiboutiens et en particulier au Général Ibrahim Zakaria, Chef d’Etat-Major adjoint des Forces armées djiboutiennes.

Puis-je me permettre d’attirer votre attention sur les risques d’un tel choix ?

Après avoir lu les informations dans la Presse djiboutienne et en particulier l’extrait du discours de Monsieur Jean-Paul Angelier, Ambassadeur de France à Djibouti qui a décoré les trois militaires, j’ai compris que cette décision avait été initié sur proposition du ministère de la défense français avec l’accord du Président de la République française .

Comme vous le savez, elle intervient dans un contexte particulièrement difficile, puisque :
1 les autorités djiboutiennes ont annoncé le 19 octobre, qu’elles dénonçaient unilatéralement les accords de coopération judiciaires avec la France,
2 des hauts dirigeants djiboutiens (dont le Procureur Général du Parquet de Djibouti) seraient impliqués dans le meurtre d’un juge français et qu’ils ont refusé de répondre aux convocations légitimes des juges d’instruction de Paris et de Versailles.
3 un procès en diffamation, qui a été intenté par le Général Zakaria devant la 17ème Chambre correctionnelle contre une Association humanitaire française, est en attente de délibéré au 22 novembre 2005,

Au cours de ce procès en diffamation, la personnalité du Général a été évoquée par six témoins, dont j’ai fait partie. Il est apparu que son passé suscite des controverses graves, puisque je suis personnellement engagé dans la dénonciation d’un massacre commis sous les ordres du Général Zakaria à la frontière djibouto-somalilandaise. Une soixantaine de vieillards et de malades ont été exécutés de sang froid le 2 Février 1991. Seules 10 personnes ont trouvé le salut dans une fuite épuisante : ils sont toujours en vie et ils déposent plainte actuellement.

Dans ce cadre, une plainte pénale contre le Général Zakaria et les responsables du massacre, est instruite par le Procureur de la République d’Ethiopie, qui pourrait prononcer, dans un avenir proche, des poursuites contre divers officiers djiboutiens, dont le Général et probablement le Chef de l’Etat en personne : Ismaël Omar Guelleh, qui rappelons-le, est invité, par ailleurs, même s’il a refusé de s’y rendre, par la Justice française à venir témoigner dans le cadre de l’assassinat du Juge Borrel qui a été commis sur le territoire de la République de Djibouti .

Ecrire que cette remise de décoration intervient au plus mauvais moment est un euphémisme !

Elle permet maintenant à des personnes sur lesquels reposent des soupçons graves et avérés de massacres sur civils en raison de leur appartenance ethnique, de tortures et de soutien d’organisations qui financent les térroristes de AL – ITIHADE de la Somalie, partenaire de la nébuleuse Al Qaeda (Cf les notes des services d’enquête de l’Armée française à Djibouti, qui ont été évoqués à l’audience par un témoin français), de se parer de la reconnaissance française et du respect que suscite la plus haute décoration de la République française. La presse djiboutienne n’est pas avare de compliments sur le sujet.

Tous les Djiboutiens et tous les Français qui suivent la situation à Djibouti se partagent entre éclat de rire, incompréhension et profond dégoût. Cela m’attriste beaucoup, car je suis fier d’être un citoyen Franco-Djiboutien et que je respecte nos traditions, nos institutions et nos règles d’Honneur.

Pour de nombreux observateurs, cette décision semble avoir été prise en urgence, pour assurer les dirigeants djiboutiens du soutien personnel du Président Chirac en dépit des graves interrogations sur les commanditaires du meurtre du Juge Borrel et pour tenter de pérenniser l’implantation de nos forces armées qui pourraient être remise en question, avec la présence plus récente de l’Armée américaine. Cela donne un parfum de raison d’Etat qui loin de convaincre, inspire une certaine dérision, qui serait vraiment dommageable à la réputation de l’Ordre de la Légion d’Honneur.

Puis-je me permettre de vous exprimer mon sentiment personnel ?

La décoration d’une personnalité qui entraîne dans son sillage, des présomptions de massacre, de détournements de fond et de financement d’organisation terroriste(*), par un Ambassadeur de France, parlant au nom du Président de la République est révoltante et elle nous interpelle. C’est une décision qui discrédite le profond respect que nous avions pour votre institution centenaire et pour ses récipiendaires.

Quelle serait ensuite la position de la Chancellerie, dans l’hypothèse où le Général serait prévenu, puis jugé pour crimes de guerres (guerre civile à Djibouti entre 1992 et 1994) et crimes contre l’humanité ?

J’ai pris la décision de vous écrire cette lettre ouverte, afin que vous soyez informés et que vous puissiez diligenter les enquêtes qui s’imposent certainement à votre niveau et surtout que l’on ne puisse pas dire, le jour venu, que la Chancellerie n’était pas au courant.

Ce n’est que pour garantir la sûreté de la distribution, que je vous envoie cette lettre par la voie recommandée.

Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire Général, à l’assurance de ma plus haute considération.

 

Abdallah DEBERKALEH
Citoyen franco-djiboutien

(*) Aucun jugement n’étant encore intervenu pour ces faits – et pour cause : les trois pouvoirs : législatifs, juridiques et exécutifs sont dans les mains d’un seul homme à Djibouti -, je respecte la Loi et j’accorde au Général la présomption d’innocence. Il n’en reste pas moins que les faits ont été commis, qu’ils ont été évoqués pour la première fois devant une Cour pénale française et que ce n’est pas un secret ni pour de nombreux français, ni pour la majorité du peuple djiboutien.

Le devoir de précaution devrait néanmoins s’appliquer, surtout dans une institution aussi prestigieuse que la vôtre, dont la réputation indiscutable pourrait être entachée par cette remise de décoration particulièrement contestable.

P.S. Je joins un communiqué de l’Association Survie qui confirme ce que je viens de vous écrire et le sentiment de tous ceux qui sont informés de la situation à Djibouti..

Copies :
Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française,
Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense,
Monsieur Jean-Paul Angelier, Ambassadeur de France à Djibouti,
Monsieur Arnaud Montebourg, député,

GED – Gouvernement en Exil (Djibouti)
ARDHD – Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti,
Association SURVIE,

04/11/05 (B322) La partie civile adresse des informations complémentaires au Président de la 17ème Chambre. Il ne fait plus aucun doute que la décoration “en urgence” du Général Zakaria pourrait avoir été décidée en haut lieu pour interfèrer dans la décision judiciaire. (ARDHD)

Nous avons été informés du fait que la Partie civile avait adressé des documents complémentaires au Président de la 17ème Chambre. Cette pratique est légale, même si elle est peu souvent utilisée.

Jusqu’à ce jour nous nous étions refusés à avertir le Président du fait par exemple, que la Presse djiboutienne chantait déjà la condamnation de l’ARDHD et de son Président.

Maintenant les choses ont changé et nous retrouvons notre liberté de répondre.

Pourquoi adresser de nouvelles informations à la Justice, alors que l’affaire a été plaidée publiquement et que toutes les parties ont bénéficié du temps demandé et d’une écoute remarquablement attentive des magistrats ? Il convient de le souligner.

Il y a plusieurs raisons :

– la première est que les avocats de la Partie civile pourraient estimer que leur prestation n’a pas été aussi brillante que Me Aref se plait à le claironner dans les journaux djiboutiens, tout acquis à la cause des dignitaires du régime,

– la seconde est que rien ne permet de dire que le Président de l’ARDHD sera condamné et qu’ils ont peut-être mesuré l’ampleur du désastre, non seulement après les témoignages : torture, corruption, liens avec des organisations … , mais aussi la brillante plaidoirie de Me Calatayud.

– la troisième est que personne n’a pris au sérieux les moyens utilisés pour tenter de déstabiliser les témoins : témoignages suspects, avis de recherche pour terrorisme et autres fantaisies qui ne donnaient pas un parfum de vérité ..

Donc ses avocats ne seraient pas convaincus d’avoir gagné la cause défendue par le Général Zakaria et comme il faut gagner à tout prix, pour étouffer le site de l’ARDHD, ils utilisent, avec la complicité des autorités diplomatiques françaises, les moyens les plus lourds.

D’abord on choisit (apparemment) ce moment pour nommer Zakaria en tant que Commandeur de la Légion d’Honneur, même si cela pouvait comporter un risque non négligeable de crédibilité pour l’Institution centenaire, irréprochable et prestigieuse.

Puis on écrit au Président du Tribunal pour lui faire part de ce nouvel élément, de ce brevet d’intégrité et de bonne tenue … décerné par les plus hautes autorités françaises. Ce brevet est postérieur à la plaidoirie, mais qu’importe, à ce stade, on n’hésite pas à faire dans le rétroactif …

Comme vous le constatez, les autorités diplomatiques (françaises) votent(?) Zakaria contre l’ARDHD. Pourrait-il s’agir d’une tentative d’ingérence dans le déroulement du délibéré, telle que nous pourrions la dénonçer publiquement ?

A l’ARDHD, nous sommes habitués à mener des combats et nous sommes motivés parce que nous défendons avec dignité, la vérité, les Droits de l’Homme, la Justice et la Démocratie … et surtout parce que nous ne mélangeons pas les intérêts personnels et la lutte pour le Peuple. Ce qui n’est pas forcément le cas de certains de nos adversaires. Nous excluons bien entendu Me Lachaux qui exerce sa profession selon l’éthique de sa profession.

Sachant les mauvaises relations actuelles entre la Justice et la Diplomatie française, dans l’instruction de l’assassinat du Juge Borrel, nous ne sommes pas persuadés que cette manoeuvre de dernière minute puisse avoir une influence favorable sur la Cour … elle pourrait même avoir l’effet inverse !

Profitant de cette occasion inespérée qui nous est donnée sur un plateau d’argent, avec notre Conseil, nous allons répondre et présenter de nouvelles pièces parvenues récemment à l’Association : articles de presse et cris de victoire affirmant que nous sommes condamnés, déclarations insultantes de Me Aref dans la presse contre nous, y compris et surtout la liste des 239 victimes civiles recensées : tuées, violées (nous ne donnerons pas les noms), torturées et handicapées à vie par les militaires, entre 1991 et 1999.

Au fait qui les commandait à cette époque ?

Nous poserons la question devant la Justice.

Y aurait-il encore un doute sur le fait que le moment choisi pour la décoration du Général Zakaria, n’est pas lié au hasard et que les autorités diplomatiques françaises n’hésiteraient pas à sacrifier une association humanitaire pour tenter de pérenniser la présence des forces françaises à Djibouti, même au prix “d’un baissage de pantalon”.

Alors qu’elles auraient du répondre fermement à la rupture unilatérale des relations judiciaires et qu’elles ne sont jamais exprimées sur le sujet, mais le courage diplomatique semble s’être évaporé depuis longtemps !

03/11/05 (B322) Le nouveau numéro d’octobre 2005 du mensuel d’Uguta-Toosa est en ligne (Information de la Rédaction)

L’équipe de la rédaction de la publication mensuelle d’Uguta ( Toosa ), a le plaisir de porter à la connaissance de ses fidèles lecteurs, que le nouveau numéro ( Octobre 2005 ) est en ligne sur son site : www.uguta.org

La rédaction.

03/11/05 (B322) Youpee ! La Banque mondiale vient au secours du pauvre Ali Guelleh, qui avait une fin de mois difficile !!! (Info lecteur – en anglais)

____________________________ Note de l’ARDHD
Encore une petite subvention bienvenue pour Ali Guelleh, qui cumule les recettes exceptionnelles, depuis plusieurs années, mais qui n’investit rien (ou pas grand chose) pour assurer le confort des usagers (et surtout des futurs usagers, puisque 65 % env n’auraient pas accès à l’EDD) et qui augmente les tarifs de façon vertigineuse.

La seule question est de savoir combien il rétrocèdera à IOG ? Ca c’est le véritable secret non pas d’Etat, mais de Clan !

Mais rassurez-vous, bonnes gens, ni les Guelleh de tous poils, ni leurs associés, ne payent jamais leurs consommations d’électricité, ni les autres d’ailleurs (téléphone, eau, taxes locales, soins, …) et ils sont donc insensibles à des augmentations qui ne le touchent pas ….

Les Djiboutiens peuvent être heureux. Le crédit les engage pendant quarante années, mais ils bénéficient, grâce aux efforts remarquables de Guelleh, d’un délai de grâce de dix ans. Quand il faudra commencer à rembourser, le Clan aura disparu avec la Caisse, sans laisser de traces ni le moindre centime dans le tiroir de leur bureau.

Djiboutiennes, Djiboutiens : ce sont vos enfants qui rembourseront les dettes accumulées par près de trente années de dictature et de détournements massifs des aides internationales et des recettes locales.
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HUMOUR
(L’homme riche et tranquille)

Encore une petite subvention pour “my pocket”. Même avec ce que je rétrocéderai à Guelleh et à Paulette, il me restera quand même de quoi acheter mes cigarettes … De toutes les façons, l’électricité ne me coûte rien à moi et je ne suis concerné ni par l’augmentation du KW, ni par les délestages…

Djibouti:
World Bank Provides Assistance for Power Access and Diversification


/noticias.info/ WASHINGTON, November 2, 2005 – The World Bank yesterday approved a US$ 7 million Power Access and Diversification Project for the Republic of Djibouti.

This project aims to increase the access of underserved populations to electricity services, through priority investments; increase reliability of electricity services, through the development of alternative sources of production and targeted technical assistance; and improve efficiency of the electricity utility, through technical assistance.

“Poverty studies have shown a strong correlation between electricity access and poverty in Djibouti. Forty three percent of urban households do not have access to electricity, and 70% of these households are among the poor,” said Anna Bjerde, Task Team Leader. “We hope that this project will serve as a catalyst for additional financing and development support.”

Djibouti is characterized by having neither fossil resources nor hydroelectric potential. Such situation leads to a strong dependency on imported oil products (mostly imported from Saudi Arabia and Dubai), and to a high cost of energy. Both factors make access to modern energy particularly challenging, especially in rural areas and for the poor. Additionally, the power sector in Djibouti faces numerous and complex challenges many that are of structural and macro-economic nature, including the high wage bill, overstaffing and the high taxation on imported petroleum products.

Electricity access is almost non existent in rural areas, with the exception of a few small towns and of some villages that financed their own generators. A large majority (99.5%) of the urban population that has access to electricity uses it as their primary source for lighting. Though expensive, kerosene is commonly used for the other domestic needs (e.g. cooking).

Djibouti shows good potential for renewable energy development, especially in geothermal, solar and wind. While exploratory feasibility projects have been undertaken to various degrees of advancement, no operational use of these renewable sources has been made possible to this day and no viable short-term application has yet been assessed or presented.

The project includes three components:

(i) The expansion of electricity distribution covers investments for the extension of the distribution network of Djibouti Ville to reach a number of currently unserved public and residential neighborhoods of Balbala (including PK12), a large low-income area in the Westem outskirts of Djibouti Ville.

(ii) Introduction of a pilot wind farm near Arta, a small town west of Djibouti Ville that is connected to the capital city’s grid.

(iii)Technical assistance focusing on targeted studies aimed at enhancing sector reliability, efficiency and performance.

This project supports the Governments efforts to reduce the cost of electricity in Djibouti and contribute to the country’s overall economic growth. It supplements other Bank support in the power sector, where through the GEF, the Bank is currently assisting the Government in identifying the potential for larger scale development of its renewable energy sources and the potential for improved energy efficiency.

The credit, from the International Development Association (IDA), the World Bank’s concessionary lending arm, carries a 0.75 service fee, and has a 40 year maturity including a 10 year grace period.

03/11/05 (B322) Je suis indigné !!! (Lecteur)

Permettez-moi, Chers amis de l’ARDHD de vous faire part de mon indignation à l’annonce de la décoration par l’Ambassadeur de France du Général Zak ..

Nous sommes particulièrement inquiets, car en distribuant, comme des petits pains, un distinction aussi prestigieuse, la France semble accorder sa grâce et l’effacement des fautes antérieures… et cette grâce, si on lit entre les lignes, les cocoricos de nos médias gouvernementaux, s’étendrait à tous les dignitaires du régime, y compris les plus voyous d’entre eux …

Cela nous apparaît comme une faute politique de la France et du Président Chirac.

Espérons que la Légion d’Honneur, qui était si respectée dans le monde, ne devienne pas un permis de tuer, d’asservir, de torture et d’emprisonner les innocents … Les harcèlements et les arrestations qui ont lieu en ce moment dans les milieux syndicalistes, sont-ils l’une des premières conséquences ?

Merci de publier ma lettre

02/11/05 (B322) Aref aurait-il les moyens de contribuer à la chute du régime ? (Jean-Loup Schaal)

A des lecteurs qui m’interrogeaient pour savoir quelle allait être ma réaction à la campagne de calomnie dirigée par Me AREF, contre moi, je leur répond que je ne ferai rien de particulier.

J’ai un sens personnel de la responsabilité et de la fidélité de mes engagements. Quels que soient ses torts, je ne vais pas me livrer aujourd’hui à une attaque en règle et publique contre un homme dont j’ai contribué à sauver la vie. C’est son problème et non le mien.

Chacun veut apurer sa dette un jour ou l’autre.

Il y a deux façons de le faire :

  • les hommes honnêtes renvoient l’ascenseur,
  • les fourbes attaquent leur créancier moral pour ne pas s’acquitter …

Comme les lecteurs peuvent l’imaginer, l’attitude de Me Aref m’emplit de tristesse, de dégoût et de pitié. Mais je ne lui répondrai pas sur ce point. Qu’il continue à me cracher dessus, l’opinion sait maintenant ce dont il est capable.

Je viens d’apprendre que le site du GED avait publié des copies de lettre qu’il m’avait envoyées et qui avaient été retirées “in extremis” à ma demande, lors de l’audience du 18 octobre, pour lui éviter la honte et l’infamie.

Personnellement je ne les avais jamais produites, car ce sont des documents terribles pour Me Aref : ils le condamneront sans appel aux yeux de ses nouveaux maîtres, car ils prouvent sa duplicité et son manque de conviction.

Allant bien au-delà de ce qui a pu être écrit sur notre site, il traînait Guelleh et Gouled dans la boue et il dénonçait en même temps, la part de responsabilité des autorités françaises dans le meurtre du Juge Borrel et dans la première instruction qui a suivie. Par exemple :

  • il nous aidait à rédiger une plainte pour crimes contre l’humanité,
  • il les comparait au Chancelier autrichien !
  • il dénonçait les magouilles financières du régime (Arta, Banque de Somalie, .. ),
  • il se répandait sur des relations de complicité entre le Juge Le Loire et Guelleh,
  • il divulguait des informations pour montrer que certains hauts fonctionnaires français avaient une part de responsabilité dans le meurtre du Juge Borrel,
  • – etc..

Aujourd’hui, il sert la dictature en chien fidèle : après tout, c’est son droit le plus strict, s’il y trouve son intérêt financier !

Mais il n’avait nul besoin de m’attaquer personnellement pour cela. Sauf à vouloir se faire reconnaître par Guelleh, comme l’exécuteur du site de l’ARDHD, qui avait contribué plus que fortement à sa libération, mais qui agace fortement Guelleh et son entourage, parce qu’il dénonce les violations répétées des Droits de l’Homme et les magouilles permanentes.

Comme nous l’avons toujours dit, Guelleh est un dictateur abominable, qui a mis en place un système d’asservissement du peuple, mais il n’est pas pour autant dénué d’intelligence ! S’il le ne le savait pas déjà, la lecture de ces documents (*) lui confirmera la nature de l’homme qui le sert actuellement et il imaginera tout ce qu’il est capable de manigancer contre lui.

Pour un homme qui a changé tant de fois d’avis, qui a critiqué à outrance les uns et les autres, il n’y a plus de crédibilité : il n’y a que le déshonneur !

Bref, Aref apparaît au monde entier, comme “une planche pourrie”, sur laquelle nul ne peut espérer s’appuyer pour “sauver sa peau” en cas de naufrage. Et c’est bien de cela qu’il s’agit.

Car Guelleh est actuellement en situation de grande faiblesse : l’affaire Borrel le taraude, l’affaiblit et le déstabilise. Pourra-t-il se maintenir encore longtemps au pouvoir ? Il y a des doutes sérieux. Par réaction, il multiplie les tours de vis et les provocations en s’appuyant probablement sur des mercenaires recrutés à l’étranger (insécurité en ville, arrestation arbitraire des syndicalistes résistants, meurtre de lycéens, …) pour museler la population et sa colère grandissante, il risque de succomber rapidement aux multiples haines qu’il a suscitées, surtout s’il perdait le soutien personnel de Jacques Chirac.

Est-ce à ce moment qu’AREF intervient fort à propos ? A-t-il choisi de jouer cette comédie pour mieux descendre Guelleh ?

C’est un scénario tout à fait réaliste. L’analyse est simple !

Hors la présence de Guelleh, devant les caméras de la RTD et les plus hautes autorités françaises à Djibouti, son amitié nouvelle et ses accolades appuyées avec le Général Zakaria, possible successeur de Guelleh sont significatives. Zakaria pourrait-il avoir reçu l’adoubement de la France, ce qui est imaginable, si l’on donne tout son sens à la marque de reconnaissance hautement significative qu’il vient de recevoir sous forme de la Légion d’Honneur et d’un message personnel de Chirac.

J’en arrive à la question que je me pose : Guelleh a-t-il des risques actuellement de tomber, non pas sous les coups de la pression populaire, mais sous ceux de ses amis et des “traîtres” qui l’entourent ?

Cela ne nous attristera pas. La seule chose que nous espérons, c’est que le successeur, même s’il prend le pouvoir par la félonie et par des moyens non démocratiques, saura changer le type de régime et redonner au Peuple, les libertés, la démocratie, la Paix civile et la justice, auquel il peut prétendre légitimement. C’est le sens même de notre combat !

L’avenir de Guelleh est sombre, celui d’Aref l’est encore plus. Il sera utilisé tant qu’il peut être utile et il sera jeté ensuite. En dépit de ma bienveillance, ni l’ARDHD ni moi, ne serons là pour le soutenir et le sortir de Gabode ou d’Ali Addé.

Alors Aref, futur Premier Ministre du nouveau Président, qu’il aura contribué à mettre au pouvoir ou futur locataire de Gabode, pour trahison ? Après tout, il est assez grand pour se savonner sa propre planche, lui qui a tant savonné celle de ses amis.

Jean-Loup Schaal

(*) J’ignore, en dehors de ceux qui ont été publiés, quels sont les documents qui sont en possession du GED, mais je dispose de lettres encore plus explicites. Je me conserve le droit de les rendre publiques, en fonction de l’évolution de la situation.

Bien sur, Aref pourrait chercher de nouveau à me traîner en justice, mais cela ne me fait pas peur. Comme à l’audience du 18 octobre, moi, j’assume mes convictions ! Et mon casier judiciaire, contrairement au sien, est vierge !

02/11/05 (B322) Bonne fête de l’Aid Al Fitr à tous les musulmans et une pensée particulière pour toutes les Djiboutiennes et Djiboutiens qui souffrent sous la dictature. (ARDHD)

L’équipe de l’ARDHD souhaite une bonne fête à tous les Musulmans du monde entier. Elle espère que ce mois béni a été un moment privilégié de recueillement pour tous et, sans trop y croire, spécialement de réflexion pour tous ceux qui terrorisent la population djiboutienne, privée de Justice, de liberté et de démocratie et qui devraient se poser la question d’un changement radical d’orientation.

Le séjour de Guelleh dans les lieux Saints lui aura-t-il fait comprendre que la dictature et l’avilissement de son prochain n’a aucun avenir et que Dieu jugera chacun d’entre nous, en fonction de nos actes et de nos mérites.

Bonne fin de Ramadan à tous et que la fête soit totale.