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16/07/2015 (Brève 473) L’équipe de l’ARDHD souhaite une bonne fête de l’Aïd al-Fitr à tous les musulmans du monde entier et en particulier à toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens.

Bientôt la fin du Ramadan et la fête de l’Aïd-al-Fitr qui marque cette célébration. Nous souhaitons à tous les Musulmans une très bonne fête, dans la paix, la sagesse et la sécurité.

Nous avons une pensée toute particulière pour toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens qui sont au pays, celles et ceux qui ont été contraints de fuir pour s’installer dans un pays d’accueil et tous les réfugiés présents sur le sol éthiopien qui sont victimes de l’oubli et du désintérêt permanent de l’UN HCR.

Bonne fêtes à toutes et à tous

14/11/08 (B473-B) Garowe On Line. Le premier Ministre somalien remet au Président du GNT la liste des futurs ministres, qu’il a préparée. Concern grows as PM hands President new Cabinet list (En Anglais, info lecteur)

The interim Prime Minister of Somalia, Nur "Adde" Hassan Hussein, told a Wednesday press conference in the Kenyan capital Nairobi that he has handed President Abdullahi Yusuf the new Cabinet list.

The Prime Minister said ten ministers who resigned from the Cabinet in July are not included in the new list.

"The IGAD conference supported the [Somali] Parliament’s no-confidence vote against the resigned Cabinet ministers," Prime Minister Nur Adde said, while underlining that the other Cabinet members who did not resign will still hold their posts.

He said the new Cabinet list has been submitted to President Yusuf for review.

The Somali president is currently in London, with emerging reports telling Garowe Online that Yusuf is expected to soon travel to Addis Ababa, Ethiopia.

It is not clear whether or not President Yusuf will endorse the Prime Minister’s new Cabinet list, especially since the ten resigned Cabinet ministers are all considered political allies of the president.

There are growing concerns that the Prime Minister’s decision to exclude the pro-Yusuf Cabinet ministers has renewed the political feud between the leaders.

The Ethiopian-backed interim government in Mogadishu has been crippled by political infighting for the past four years, as an Islamist rebellion gains ground in different parts of the country.

14/11/08 (B473-B) Shabelle. Le Président du GNT et son Premier Ministre ont été convoqués par l’Ethiopie pour la deuxième fois, afin d’avoir des discussions à Addis Abeba pour mettre un terme à leurs divergences au sujet de l’établissement de la liste des Ministres. // Somali leaders in Ethiopia for the second time. (En Anglais – Info lecteur)

The two top Somali government leaders have arrived in the Ethiopian capital Addis Ababa, envoy confirmed to Shabelle.

Sources close to the president and the premier say that the two leaders have been called upon to arrive in Ethiopia after their divergences came out.

The president is reportedly rebuffed to sign the cabinet list submitted to him by the premier to replace quitted ministers those ally to the president.

Although it’s yet unknown who invited the two leaders to arrive in Addis Ababa some reports received by Shabelle say that Ethiopian premier Meles Zenawe has expressed vehemence the protracted disagreements between the two top Somali leaders.

The president advocates to appoint new cabinet and to add resigned minister support him.

It’s the second that President Abdullahi Yusuf and Prime minister Nor Adde have been summoned to come to Ethiopian capital to come to an end their disagreements.

Critics blame the two leaders that it’s humiliation the two leaders to call for them like the current summons, also this matter could make inert the alleged resolve regarding the disagreements between the two transitional government leaders.

14/11/08 (B473-B) Jean-Paul Noël Abdi. Pourvoi devant la Cour suprême de Djibouti. Son avocat Maître Michel Tubiana, Président de la Ligue des Droits de l’homme, sera-t-il autorisé à venir défendre son dossier ? Ou bien la dictature va-t-elle lui refuser de plaider ????

NOTE D’INFORMATION DU 12 NOVEMBRE 2008

A Djibouti la présence, de Maître TUBIANA n’est-elle plus "souhaitée" ?

Dans deux jours, mon pourvoi devant la Cour Suprême de Djibouti sera jugé au Palais du Peuple le 16 novembre 2008.

En effet, dans l’attente d’être installée dans un complexe immobilier adéquate et plus serein, la plus haute juridiction Djiboutienne continue, hélas, de siéger au Palais du Peuple.

Dans le contexte géopolitique actuel et en particulier dans le climat qui règne à Djibouti, je demande à tous mes compatriotes et à tous les Défenseurs de rester vigilants.

Mon pourvoi devant la Cour Suprême est extrêmement important pour l’avenir de mon pays, pour la Liberté d’expression, pour la Liberté de témoigner sans être systématiquement : illégalement arrêté, arbitrairement détenu avec toujours les mêmes motifs de « Faux Flagrants délits », tout cela sur ordre évidemment des plus hautes Autorités Djiboutiennes.

Au stade actuel, tout nous porte à penser que le Ministre de la Justice fait pression pour que mon Avocat International Maître TUBIANA, ne puisse pas plaider.

Il appartient à la Première Présidente de trancher.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

14/11/08 (B473-B) SURVIE / La justice française et le génocide au Rwanda

Communiqué, le 13 novembre 2008

La question de la complicité française dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui a toujours été éludée, revient dans l’actualité, notamment sur le terrain judiciaire, où elle est illustrée par plusieurs
affaires.

Pour avoir aspergé, le 28 novembre 2007, Hubert Védrine d’un liquide rouge, rappelant symboliquement la
responsabilité qui était la sienne, comme Secrétaire général de l’Elysée, en 1994, des militants du groupe
Genocide made in France ont été poursuivis devant la 24e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

L’audience du 5 novembre n’a pas permis de désigner l’auteur de ce geste mais une peine de quatre à six mois de
prison avec sursis, assortie d’une forte amende a été cependant requise contre une militante.

Le tribunal s’est
refusé à examiner les motifs de la manifestation et les griefs allégués à l’encontre de Hubert Védrine, qui les a
repoussés dédaigneusement.

Le 7 novembre, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a relaxé Pierre Péan, poursuivi pour incitation
à la haine raciale par SOS racisme et par Ibuka, association de rescapés du génocide, qui mettaient en cause
plusieurs passages scandaleux de son livre Noires fureurs, Blancs menteurs.

Lors du procès, qui s’est déroulé du
23 au 25 septembre, Hubert Védrine et Bernard Debré, ancien ministre de la Coopération ont déposé en faveur de
P. Péan et de ses thèses, qui visent à nier l’implication française et à renvoyer dos à dos les génocidaires et leurs
victimes.

Pour le parquet le délit était bien constitué et une condamnation avait été requise.

Le 9 novembre, Rose Kabuye, ex-officier du Front Patriotique Rwandais, actuellement chargée du protocole à la
présidence du Rwanda, l’une des neuf Rwandais visés par le juge Bruguière dans son instruction sur l’attentat du
6 avril 1994 ayant détruit l’avion du président Habyarimana lors de son atterrissage à Kigali, et contre qui des
mandats d’arrêts avaient été lancés, a été arrêtée en Allemagne à Francfort.

Elle s’est dite prête à rencontrer les
juges chargés de cette instruction, qui ont succédé au juge Bruguière.
Ajoutons à cela que le 4 novembre dix officiers supérieurs français ayant participé à l’opération militaire
Turquoise au Rwanda en 1994 ont porté plainte à Paris pour « diffamation publique ».

Leurs noms figuraient
dans la liste des 33 Français, 13 civils et 20 militaires, cités dans le rapport de la commission Mucyo sur
l’implication de la France dans le génocide, rendu public au Rwanda le 5 août dernier.

Les autorités rwandaises
ont dit leur intention de lancer des mandats d’arrêt contre certaines de ces personnes et se préparent par ailleurs à
publier les résultats de l’enquête rwandaise sur l’attentat.
Survie déplore l’indulgence du jugement rendu au sujet du livre de Pierre Péan qui, à sa parution, a choqué par sa
violence haineuse la majorité des lecteurs.

Cette indulgence contraste avec la sévérité des poursuites engagées
contre ceux qui manifestent à leur manière pour que les Français prennent conscience de ce que l’Etat français a
accompli en leur nom au Rwanda.

Survie rappelle que, conjointement à la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et à
la Ligue française des Droits de l’Homme (LDH), elle est partie civile aux côtés de plaignants rwandais dont les
plaintes visant des militaires français de l’opération Turquoise pour « complicité de génocide » sont actuellement
en cours d’instruction au Tribunal aux Armées de Paris.

Survie souhaite ardemment que les débats judiciaires, mais aussi parlementaires et citoyens, apportent des
réponses et dissipent les faux semblants qui tendent à occulter les circonstances de l’histoire du génocide
rwandais.

Il s’agit de se soumettre aux faits qui sont établis, de faire face à la part de réalité qui nous
concerne et d’en tirer courageusement les conséquences une fois pour toutes.

Contact presse : Olivier THIMONIER
olivier.thimonier@survie.org
Tél. : 01 44 61 03 25

14/11/08 (B473-B) La Nation relate la visite d’une importante délégation de DP World et Dubaï Customs … Qu’est-ce que cela cache. L’éviction de Borreh à la direction du Port et son remplacement par un “toutou” de Paulette ??

_________________________________ Note de l’ARDHD

Guelleh a-t-il invité ces personnages importants pour parler seulement du beau temps ?

Certainement pas. Il y a tout lieu de penser qu’il a voulu leur imposer un nouveau directeur du Port en remplaçant d’Abdourahman Borreh ? Car jusqu’à ce jour Borreh a toujours le titre et l’aval des concessionnaires est certainement nécessaire pour changer le directeur..

Qui Guelleh va-t-il sortir de son chapeau ? Guelleh ? Non bien sur, c’est Paulette qui prend et qui impose ce genre de décision, histoire de placer des hommes à elle aux postes stratégiques. Qu’ils soient bornés, sans éducation, sans culture, aucune importance à partir du moment où ils lui sont totalement fidéles et qu’elle les tient par quelque chose ….

________________________________ La Nation

Une délégation de DP World à Djibouti

Le PDG de DPWorld et celui de Dubaï Customs, arrivés hier dans notre pays pour une visite de travail de 48 heures, ont tour à tour été reçus dans l’après-midi par le ministre de l’Economie, Ali Farah Assoweh et par son collègue de l’Equipement et du Transport, Ali Hassan Bahdon. Ils seront reçus dans le courant de la journée de ce jeudi par le chef de l’Etat.

Une délégation de DPWorld, forte de sept personnes, est arrivée hier dans la capitale pour une visite de travail de 48 heures. Conduite par le PDG de DP World, Mohamed AL-SHARAF, et le directeur général de Dubaï Customs, Hamad Fadal Al Mazroui, la délégation a eu hier une réunion de travail avec le ministre le Ministre de l’Economie, des Finances et de la Planification chargé de la Privatisation, M. Ali Farah Assoweh, et ses principaux collaborateurs.

Les discussions ont porté sur le bilan très positif du partenariat noué depuis juin 2000 entre la République de Djibouti et le groupe de Dubaï Port World (DP World, autrefois DPI) qui a même servi d’exemple précurseur aujourd’hui pour d’autres ports du continent africain. Les performances enregistrées sont indiscutablement très encourageantes. Elles font la fierté de Djibouti et des Emirats Arabes Unis.

Ainsi, le projet de Doraleh Terminal Conteneurs (DCT) qui est le fruit de ce partenariat et qui sera inauguré le 15 décembre 2008 prouve encore une fois que le projet imaginé en 2000 est devenu aujourd’hui une réalité, d’où l’intérêt manifesté par les grandes institutions financières internationales (BAD, BID, Proparco)

Toutefois, le Ministre a mis l’accent sur la création d’emplois pour les Djiboutiens et le renforcement de l’adéquation formation-emploi car à terme, ce projet créateur de richesses et source de croissance devra être un moyen pour accompagner la politique nationale de réduction de la pauvreté. La coopération avec Dubaï Customs World (DCW), qui a démarré en 2006, a également été au centre des entretiens. Il a été question de savoir-faire, de management team et du programme de gestion MIRSAL, atout principal dans le renforcement de capacités des douanes djiboutiennes. Les deux parties se sont, par ailleurs, félicitées de cette coopération.

Elles se sont, en outre, engagées à ne ménager aucun effort en vue de consolider ce partenariat. Ensuite, la délégation de DP World devait être reçue par le Ministre de l’Equipement et du Transport, Ali Hassan Bahdon.

Ce dernier qui s’est dit heureux de recevoir les dirigeants de DPWorld leur a fait part de sa satisfaction, en tant que ministre de tutelle des ports, de constater que le partenariat entre DPWorld et la République de Djibouti avait permis à notre pays de propulser son port au rang des plus performants d’Afrique. La délégation de DPWorld devrait être reçue aujourd’hui par le chef de l’Etat.

14/11/08 (B473-B) SURVIE : Appel à Rassemblement contre la visite officielle en France du dictateur burkinabé Blaise Compaoré

A Paris, lundi 17 novembre à 18 h
Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro
M° Trocadéro (ligne 6 ou 9)

NON À LA CAUTION POLITIQUE DU REGIME DICTATORIAL DE BLAISE COMPAORE PAR L’ETAT FRANCAIS

A la tête de l’État Burkinabé depuis plus de vingt ans, à la suite d’une usurpation sanglante du pouvoir qui s’est soldée par l’assassinat du Président Thomas Sankara, le capitaine Blaise Compaoré est annoncé en France où il sera reçu le 18 Novembre à l’Élysée par Nicolas Sarkozy.

Le chef de l’État français s’apprête ainsi, une fois encore, à renier la promesse faite au soir de son élection en mai 2007, d’être un intrépide défenseur de la cause des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde, et en particulier en Afrique.

En effet, son invité du 18 novembre prochain a bâti son pouvoir et une fortune colossale, qui se chiffre en milliards, à travers une longue série de crimes économiques et de sang, dont la plupart sont consignés dans des rapports de l’ONU et restés à ce jour impunis :

A la suite du crime fondateur de son régime du 15 octobre 1987, de dizaines d’assassinats d’opposants, d’anciens collaborateurs civils et militaires, d’étudiants et de journalistes jalonnent son règne.

Déclaré « bon élève » par le FMI et la Banque mondiale, le régime de Blaise Compaoré a en réalité conduit le Burkina Faso en l’espace de ses deux décennies de gestion dans une grave situation sociale et politique inédite : licenciements sauvages suite aux privatisations d’entreprises publiques au profit des copains du régime, développement à une grande échelle de la corruption, du banditisme dans les villes et les campagnes, famines et pandémies chroniques, fraudes massives du camp présidentiel lors des consultations électorales, etc.

Faisant fi de ce bilan désastreux, le Secrétaire d’État Alain Joyandet a déclaré le 24 octobre dernier à Ouagadougou à l’issue d’une audience avec le président Burkinabé que les « relations sont au beau fixe » entre la France et le Burkina Faso.

C’est pourquoi nos organisations :

– dénoncent la caution politique qu’apporte Nicolas Sarkozy au régime de Blaise Compaoré qui doit aujourd’hui répondre devant le Tribunal Pénal International, aux côtés de l’ancien seigneur de guerre libérien Charles Taylor, de ses nombreux crimes économiques et de sang,

– soutiennent le combat des démocrates burkinabé qui exigent la vérité et la justice pour Thomas Sankara (président du Burkina Faso assassiné en 1987), Norbert Zongo (journaliste assassiné en 1998), Dabo Boukari (membre de l’Association nationale des étudiants burkinabé – ANEB – torturé à mort en 1990) et toutes les autres victimes du régime Compaoré,

– appellent leurs militants et tous les amis du peuple burkinabé à dénoncer l’accueil réservé par la France à Monsieur Blaise Compaoré, et à venir participer au rassemblement

Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !

Organisations signataires :
AFASPA (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique), AFASPA Comed (Comité Méditerranée), Agir ensemble pour les droits de l’Homme, commission internationale d’Alternative Libertaire,

ARDHD (Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti),

association Baraka, Bulletin Afriques en lutte, CADTM-France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), CEDETIM, CNT (Confédération Nationale du Travail), Collectif CAAC-Comores, Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO), Cridev (Centre rennais d’information pour le développement et la solidarité entre les peuples / Ritimo), Droits devant !, FCD (Fédération des Congolais de la diaspora), association Ishtar, LCR, Les Verts, Mouvement des Indigènes de la République, Organisation de Femmes Égalité, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Respaix Génération Conscience, Section France du Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples, Survie, Union Syndicale Solidaire.

14/11/08 (B473-B) LE MONDE / Les islamistes somaliens regagnent du terrain au sud de Mogadiscio (Info lectrice)

Jamais depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir en Somalie voici deux ans les islamistes n’ont étendu leur zone de contrôle aussi près de Mogadiscio. A l’aube du mercredi 12 novembre, quelques centaines de miliciens appartenant au groupe de chabab ("jeunes" en arabe) ont ainsi pris possession du port de Merka, situé à 100 km au sud de la capitale somalienne après avoir encerclé la ville pendant la nuit.

Le soir même, ils annonçaient à la population l’instauration de la charia : interdiction d’ouvrir les commerces aux heures de prière et de collecter des taxes, "obéissance aux ordres d’Allah".

Armés de mitrailleuses et de lance-roquettes et circulant dans des pick-up, les chabab semblent n’avoir rencontré aucune résistance et avoir été bien accueillis par la population qui souffre d’une terrible insécurité. La Somalie, en dehors de Mogadiscio, contrôlée par l’armée du "gouvernement de transition" (officiel) et les troupes éthiopiennes qui ont chassé les islamistes en décembre 2006, est un pays sans Etat aux mains de milices claniques locales. Au fil des combats, quelque 500 000 habitants de Mogadiscio ont fui, transformant partiellement la ville en cité fantôme. Le pays est en guerre civile depuis 1991.

La prise de Merka, 35 000 habitants, intervient trois mois après celle de Kismayo, autre grand port, à 500 km au sud de Mogadiscio. Dans cette ville, la deuxième du pays, une jeune femme avait été jugée coupable d’adultère et lapidée à mort le 28 octobre par une cinquantaine d’hommes. L’Unicef avait ensuite révélé que la victime était en réalité âgée de 13 ans, qu’elle avait été violée puis mise en accusation alors qu’elle était allée chercher la protection des autorités.

Depuis mercredi, les nationalistes islamistes chabab, classés comme proches d’Al-Qaida par les Etats-Unis contrôlent ainsi le centre et le sud du pays, s’appuyant sur l’impopularité des soldats éthiopiens, perçus par une partie de la population comme des occupants étrangers. La prise de Merka apparaît comme particulièrement stratégique. Le port constitue en effet le principal accès pour l’aide que fournit le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU. En octobre, 800 000 personnes ont été nourries par les aliments débarqués à Merka et les Nations unies estiment à 3,2 millions le nombre de Somaliens nécessitant une assistance humanitaire. Un porte-parole du PAM, organisation qui est déjà amenée à travailler dans des zones contrôlées par les islamistes, a affirmé, jeudi, qu’il prévoyait que le port de Merka pourrait continuer à être utilisé.

Les miliciens chabab sont issus des groupes de jeunes extrémistes ayant combattu aux côtés des Tribunaux islamiques qui ont contrôlé le pays en 2006 ; ils figuraient aussi aux avant-postes de l’insurrection du printemps 2008 matée dans le sang par les Ethiopiens. Depuis deux ans, la guérilla, incessante, a causé le mort de milliers de civils.

Face aux chabab, le gouvernement de transition apparaît incapable de contrôler le pays. Des alliés du président Abdullahi Yusuf Ahmed reprochent à son premier ministre d’aider les islamistes. Les autorités accusent les chabab de vouloir torpiller l’accord de paix signé en octobre à Djibouti avec des islamistes modérés. Dans un climat d’indifférence internationale, les Ethiopiens, eux, ont annoncé le retrait progressif de leurs soldats de Somalie, tout en avertissant qu’"en cas de menace" ils "reviendraient pour briser les chabab".

Philippe Bernard