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29/10/2015 (Brève 494) MediaPart / Tandis que la prochaine élection présidentielle à Djibouti doit avoir lieu en 2016, les partis d’opposition peinent à faire entendre leur voix.

Plusieurs mois après avoir évoqué leur sort sur ce blog, force est de constater qu’ils continuent d’être étouffés par le pouvoir sans partage de l’actuel chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh. 

A Djibouti, il se pourrait bien que le scrutin présidentiel de 2016 tourne à la mascarade. Tous les éléments sont réunis : un chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh (IOG), qui rechigne à céder son trône présidentiel – et ce malgré plusieurs annonces en ce sens – au prix de retouches constitutionnelles à répétition ; une opposition qui, en dépit d’un accord-cadre signé en décembre 2014 avec la majorité présidentielle, ne parvient toujours pas à exister démocratiquement ; une crise politique désormais bien établie, la situation interne de cet Etat de la Corne de l’Afrique risquant à présent de le faire exploser, selon le président de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), Omar Ali Ewado.

« Pas d’élection présidentielle sans commission paritaire »
Dernier événement en date : le bombardement, au mois d’août dernier, par l’armée djiboutienne – fidèle au gouvernement d’IOG –, de certaines positions du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD) dans le nord du pays. Créé en 1991, lorsqu’éclate la guerre civile à Djibouti, le FRUD – qui signifie également Front pour la restauration de l’unité à Djibouti – rassemble des militants issus du Front de libération de Djibouti (FDLD), lui-même issu d’un regroupement entre deux petits mouvements en 1979 : l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) et le Mouvement populaire de libération (MPL).

Opposé dès le départ au népotisme du président de la République d’alors, Hassan Gouled Aptidon – chef de l’Etat depuis l’indépendance acquise en 1977 –, le FRUD poursuit les actes de contestation, surtout dans le nord du pays, après l’élection d’IOG en 1999. Ce dernier, depuis, n’hésite pas à solliciter les forces armées djiboutiennes afin d’étouffer toute tentative de rébellion ou de dissidence politique.

En décembre 2014, un accord entre la majorité et l’opposition avait pourtant été trouvé. Le pays était alors secoué par une grave crise post-électorale à l’issue du scrutin législatif de février 2013, remporté par l’Union pour le salut national (USN) – regroupement des partis d’opposition – mais bafoué par le parti du président Guelleh. D’après le président de l’USN, Ahmed Youssouf : « Cette victoire traduisait le ras-le-bol de la population djiboutienne envers un régime qui n’a pas su répondre à ses attentes.

Malgré les moyens disproportionnés déployés, les intimidations, l’achat de conscience, le regroupement de l’opposition a largement devancé le pouvoir. » Après plus de vingt mois de tension et une USN obligée de revoir à la baisse ses victoires électorales, les parties signent l’accord tant espéré, qui n’aboutit cependant à rien. La commission paritaire en vue de l’élection présidentielle de l’année prochaine n’a toujours pas vu le jour, l’USN dénonçant la mauvaise volonté d’IOG dans l’affaire. Pour Ahmed Youssouf, la position est claire : « pas d’élection présidentielle en 2016 sans commission électorale paritaire indépendante ». 

« On essaie de sensibiliser la communauté internationale »
Pourtant, les revendications de l’opposition sont connues : « Les points essentiels sont largement énumérés. Il y a les questions immédiates, il y a les questions un peu longues : le changement dans les institutions, la décentralisation, les statuts des partis politiques… et la liberté de s’exprimer dans les médias nationaux…, chose dont nous sommes tous privés », alerte le président de l’USN. Djibouti est, en effet, non loin derrière l’Iran et la Chine, l’un des pays au monde où la liberté de la presse est la plus bafouée.

Quiconque souhaite s’élever contre le régime par le canal médiatique se voit automatiquement empêché – lorsqu’il n’est pas arrêté.

Le cas de Maydaneh Abdallah Okieh est de ce point de vue révélateur : journaliste et responsable technique du site d’informations La Voix de Djibouti – créé en 2010 par la diaspora –, ce dernier a été, au cours des deux années passées, régulièrement séquestré par les forces de police du pays. Son tort ?

Avoir voulu couvrir une réunion de l’USN en mai 2014 et été témoin de la violente répression, par la gendarmerie, des sympathisants présents au meeting. Selon Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de Reporters sans frontières (RSF) : « Maydaneh Abdallah Okieh diffusait une information libre et indépendante qui dérange la dictature djiboutienne depuis longtemps. »

Plus récemment, ce n’est ni plus ni moins qu’un membre dirigeant de l’USN, Fayçal Mohamed Hadi, qui s’est vu arrêter pour ses opinions ; ancien secrétaire général de la Chambre de commerce de Djibouti, ce dernier a été révoqué illégalement avant d’être placé en détention par la SDS, sorte de police politique dévolue au président Guelleh.

Si l’élection présidentielle devait avoir lieu, comme prévu, en 2016, sans que rien ne bouge, les soupçons de corruption et de fraude électorales seraient, à coup sûr, immenses. La communauté internationale réagirait-elle pour autant ? Rien n’est moins sûr. C’est pourtant vers elle que se tourne l’opposition djiboutienne : «

On essaye de sensibiliser la communauté internationale sur l’impasse politique que connait notre pays », affirme ainsi Ahmed Youssouf. L’absence de réponse valable de sa part est pour l’instant le seul constat à tirer.

17/04/09 (B494) A lire sur LOI cette semaine …

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1260 – 18/04/2009

Le premier ministre est rancunier

Le directeur de publication de La Nation, le journal gouvernemental djiboutien, Ali Barkat Siradj (ABS), a été récemment suspendu de ses fonctions à la demande du premier ministre Dileita Mohamed Dileita. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1260 – 18/04/2009
Abou Yaser International
La société saoudienne Abou Yaser International vient d’obtenir, par décret présidentiel du 22 mars, une série d’exonérations fiscales à Djibouti en contrepartie d’un investissement d’environ 20 millions $ pour la réalisation et la gestion d’un centre de quarantaine du bétail destiné à l’exportation. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1260 – 18/04/2009

Lootah Group en pleine expansion
Un projet de décret, adopté en conseil des ministres le 7 avril, a attribué à la société Integratia Business Group la gestion informatisée des permis de conduire et des cartes grises à Djibouti . (…).

17/04/09 (B494) Alerte rouge : selon les nouvelles que nous avons reçues hier soir, Christian Georges aurait été autorisé à rentrer à Paris. (MAJ à 12:15 Paris)

Selon les dernières informations que nous avons reçues, Christian Georges aurait finalement été autorisé à quitter le territoire et il aurait pu prendre le vol Daallo pour Paris, jeudi soir.

Cependant nous n’avons toujours pas reçu la confirmation de son arrivée en France. Nous espérons qu’elle puisse être confirmée pour nous en réjouir, avec sa famille.

16/04/09 (B494) Nouvelles de Somalie … (4 articles en Français et en Anglais)

__________________________ 4 – AFP

Somalie: un député abattu à Mogadiscio


Un député somalien a été abattu mercredi par des hommes armés à Mogadiscio, capitale d’un pays en guerre civile depuis 1991, a annoncé à l’AFP un officier de police.

La victime, Abdullahi Issa Adow, est le premier député du nouveau régime du président Sharif Sheikh Ahmed à être abattu.

"Il a été indiqué que les attaquants étaient au nombre de trois. Nous recherchons ces criminels et les arrêterons", a affirmé cet officier qui a requis l’anonymat.

Un autre député a raconté avoir vu des hommes armés tirer depuis un véhicule qui a pris la fuite une fois le député atteint par balles.

L’attaque n’a pas immédiatement été revendiquée, mais les insurgés islamistes radicaux prennent régulièrement pour cibles des représentants officiels du gouvernement.

En dépit de l’élection en janvier du président Ahmed, un dirigeant rebelle islamiste modéré, les shebab et d’autres groupes radicaux ont refusé de rendre les armes, entravant davantage la restauration d’une autorité centrale dans ce pays ravagé par tant d’années de conflit.

Ahmed a été élu à Djibouti, pays voisin, sous la supervision de l’Onu qui avait garanti l’intégration de ses hommes, avant qu’il ne s’installe à Mogadiscio.

En février les islamistes ont lancé une de leurs plus violentes attaques contre les forces d’Ahmed, faisant plus d’une vingtaine de tués parmi les civils.

Début d’avril, deux députés avaient été blessés par des tirs de présumés islamistes.

Le gouvernement ne contrôle pas l’ensemble de Mogadiscio tout comme les régions centre et sud pris par les shebab, et parmi lesquelles Baidoa, où siège le parlement somalien de transition.

La guerre civile a éclaté dans ce pays de la Corne de l’Afrique après le renversement du dictateur Mohamed Siad Barre en 1991.

__________________________ 3 – Canoe (Canada) avec AP

Un député assassiné à Mogadiscio

Un député somalien a été assassiné aujourd’hui à Mogadiscio par des hommes armés qui circulaient à bord de voitures, a annoncé le vice-président du Parlement Osman Ilmi Boqore.

Abdulahi Isse Abtidoon est le premier député à mourir ainsi depuis qu’un nouveau gouvernement a été installé en janvier. Deux autres membres du Parlement ont été blessés par balles ce mois-ci mais ils ont survécu à leurs blessures.

_____________________________ 2 – Le Figaro avec AFP

Somalie:un "voile épais" pour les femmes

Les islamistes de la ville de Baidoa, dans le sud de la Somalie, ont ordonné aux femmes de recouvrir leur corps d’un voile "épais" et aux commerçants de fermer leur magasin pour les prières, a annoncé aujourd’hi un porte-parole des shebab.

"Nous donnons un délai de trois jours à toutes les femmes vivant dans la région pour qu’elles couvrent leur corps avec des voiles épais", a annoncé à la presse cheikh Abdiasis, porte-parole local des shebab.

"Si elles contreviennent à cet ordre, elles seront condamnées à 12 heures d’emprisonnement", a-t-il ajouté, regrettant que de nombreuses femmes à Baidoa soient encore visibles sans "jalalib", une tenue islamique qui couvre de la tête aux chevilles.
Baidoa, située à 250 kilomètres au sud de la capitale Mogadiscio, est officiellement le siège du parlement fédéral somalien de transition mais a été conquis par les insurgés islamistes en janvier dernier.

Le porte-parole des shebab a également affirmé que les commerçants devaient fermer cinq fois par jour pour les prières et que les contrevenants devraient faire cinq jours de prison.

Une part de la population de Baidoa, une des villes les plus cosmopolites du pays, a manifesté des réticences à appliquer strictement la loi islamique imposée par les shebab.

_____________________________ 1 – Shabelle (En Anglais)

Les islamistes (Al Shebaab) imposent aux femmes de la région de Baïdoa de porter un voile en tissus opaque. // Islamists order women to take veil

The Islamist administrators of al-Shabab in Baidoa town 250 kilometers south of the Somali capital Mogadishu has ordered the women to take veil and ordered all business people to close their business centers at the time of the prayers, officials said on Wednesday.

Sheik Abdi Asis, member of Al-shabab officials in Bay and Bakol regions told the reporters in Baidoa town that they issued many edicts including all the women in Baidoa town to halt taking the transparent clothes and take a veil and to close the business centers by the tome of the prayer.

“All the women in Baidoa town should take the veil and stop dressing transparent clothes. Women wearing transparent clothes can not be seen in the town and also walk through the streets in the town. We are also telling all the merchants to close the doors of their business centers in the town. If any business centre is seen being opened in Baidoa town will be closed for 5 days,” Sheik Abdi Asis said. If also unveil woman is seen through the streets of the town, she will be detained for at least 12 hours. He added.

It is unclear how these declarations will be contemplated in Baidoa town thought there had been several edicts that Al-shabab administration imposed earlier which failed to be considered in the town.

16/04/09 (B494) ALERTE ROUGE : Christian Georges a été libéré hier matin, mais la Police lui aurait signifié une interdiction de sortie du territoire. Grave mise en cause, sur la base de nos informations, des services consulaires et diplomatiques français qui ne lèvent même pas le petit doigt, pour porter assistance à un compatriote en grand danger. (ARDHD)

Selon les informations que nous avons reçues et qui semblent fiables, Christian Georges aurait été libéré de Gabode hier mercredi 14 avril.

Effectivement, il avait déjà largement effectué la peine à laquelle il avait été condamné et même plus …

Il s’attendait à pouvoir rentrer en France, mais la Police l’a convoqué de nouveau pour lui signifier une interdiction de sortie du territoire. Il aurait aussitôt pris contact avec le Consul de France à Djibouti qui serait aux abonnés absents et qui se laverait les mains …

Pour quelles obscures raison (D’Etat ?) les services diplomatiques et consulaires français n’interviennent-ils pas en faveur d’un concitoyen dans la difficulté dans un pays étranger. Jusqu’à plus ample information, nous trouvons cela particulièrement scandaleux et nous allons les interroger sur ce point.

Qui est Christian Georges ? (notre dossier)

Selon les informations dont nous disposons et qui devront être précisées, Christian Georges est un homme de 43 ans qui a commencé sa carrière dans l’Armée et qui a servi à Djibouti. Retourné dans le civil, il aurait effectuer un voyage à Djibouti.

Selon des membres de sa famille, il aurait reçu des informations sur l’assassinat du Juge Borrel et il leur aurait envoyé plusieurs SMS (mal ?) codés pour que l’information ne soit pas perdue. Bien entendu, les SMS ont été écoutés par les services de Guelleh, qui espionnent toutes les communications, sans exception aucune.

Les autorités djiboutiennes auraient réagi immédiatement en l’interrogeant et en lui confisquant son passeport. Liberté provisoire. Officiellement il lui aurait reproché des actes d’exhibitionnisme, puisqu’il se serait baigné sans maillot de bain sur une plage pratiquement déserte. Ensuite la justice djiboutienne, qui n’est pas à une contradiction près (cf affaire du Père Sandro) aurait changé l’accusation en pédophilie … avec des faux témoins (majeurs et non mineurs).

Déjà abandonné par les services diplomatiques français, il aurait choisi la fuite vers le Yémen sur un boutre. Arrêté, sans papier, par les autorités Yéménites, il aurait été entendu à Sanaa par la Police. Le consul de France, alerté, serait intervenu en sa faveur dans un premier temps, assurant qu’il allait lui faire délivrer un sauf-conduit pour rentrer en France.

Quelques heures plus tard, le consul de France au Yémen a effectué
un virage à 180°, déclarant qu’il fallait attendre des instructions en provenance de Paris. En fait il avait alerté l’Ambassade de France à Djibouti, qui avait aussitôt prévenu Guelleh (Bravo !). Guelleh a fait délivrer un mandat d’arrêt international qui a été signifié au Yémen.

Le Yémen
avait un délai pour exécuter la demande de renvoi de Christian Georges à Djibouti … Les autorités de ce pays ont tout fait pour retarder la décision, demandant, en vain, à la diplomatie française de le prendre en charge et d’organiser son rapatriement vers la France.

Faute de bénéficier du soutien de la diplomatie de son pays (ce qui est absolument honteux), il aurait été renvoyé à Djibouti où la Police de Guelleh l’a cueilli. Fin 2008, il a été condamné à une peine de 17 mois de prison pour les motifs cités ci-dessus. En principe, au titre de la préventive, il avait purgé sa peine. Il aurait du être libéré, mais il a effectué un séjour supplémentaire… et ce n’est qu’hier qu’il a été libéré.

Que sait Christian Georges ?

Nous n’avons pas encore toutes les informations en main, mais Christian Georges affirme détenir des informations capitales sur plusieurs dossiers, dont celui de l’affaire Borrel. Il semblerait donc que ces informations dérangeraient à la fois Guelleh et les services diplomatiques français.

Est-ce la raison pour laquelle, la diplomatie française le laisse tomber ??

En tout cas, compte-tenu des pratiques guelléennes et de récents évennements avec l’assassinat en particulier de Mahdi, on peut craindre le pire pour sa vie.


A suivre dans les prochaines heures

16/04/09 (B494) Hommage à M. Mahdi Ahmed Abdillahi mort mystérieusement à Gabode le 14 avril 2009 (Texte qui circule à Djibouti et qui nous a été envoyé par un correspondant)

_______________________________________ Notes de l’ARDHD
1°) Nous prions les lecteurs d’excuser les fautes ou imprécisions qu’ils pourraient découvrir dans le texte que nous avons repris ci-dessous, car la qualité du fax reçu n’était pas excellente et rendait parfois la lecture difficile ..

2°) Le frère de Mahdi Ahmed est toujours emprisonné à Gabode à l’heure où nous publions ce document…. (Affaires Borrel, Café de Paris, Historil et / ou Abdourahman Borreh ???)
___________________________________ Hommage

DETENTION INJUSTE ET ARBITRAIRE

M. MAHDI AHMED ABDILLAHI
Militant nationaliste

M. Mahdi Ahmed Abdillahi est à Djibouti au quartier 6 (Quartier des martyrs). Originaire de la région Jamagratto, de formation expert-comptable, il avait étudié en France et au Maroc, avant de combattre héroïquement le parti unique.

Membre du MNDID (Mouvement national djiboutien pour l’instauration de la démocratie) il a connu la prison 1986-1988, accusé de porter atteinte à la sureté de l’Etat, il a toujours été un défenseur farouche des droits des patriotes, engagé dans la lutte pour la restauration de la démocratie.

En mai 88, il avait été contraint de fuir d’abord en Ethiopie, puis au Canada où il s’installera. Il y deviendra le représentant de l’Union des mouvements démocratiques en Amérique du Nord (UMD), de l’opposition djiboutienne, puis il participera avec son compagnon de lutte, le père fondateur Aden Robleh Awaleh, à la création du PND à l’extérieur du pays.

Après un long exil, il rentre à Djibouti. Après le référendum constitutionnel de 1992, il devient membre du bureau politique du PND, délégué aux …….. et à la décentralisation.

Homme de la seconde génération, Mahdi Ahmed Abdillahi, 54 ans, était très connu pour son esprit de tolérance, estimant que seuls la concertation, le dialogue avec les différents partis politiques et les forces vives permettraient de sauver notre pays de l’abime, de la crise économique, politique et sociale.

Quelques dates :

Novembre 1992 : il regagne son pays à l’occasion du référendum qui se déroulera en décembre 1992

Novembre 1995 : il est arrêté et emprisonné pour avoir participé à des manifestations pacifiques organisées par le PND

Janvier 1997 : il est acquitté et il est libéré des geoles de Gouled où il avait passé quinze mois en détention arbitraire.

Novembre 1997 : il démissionne de tous ses mandats et responsabilités au sein du PND, reprochant à M. Robleh son monolithisme et ses méthodes anti-démocratiques, suite à la dérive dictatoriale aux législatives de la même année,

Décembre 1998 : il adopte et trace une nouvelle stratégie pour le PND. Il épaule et soutient fermement la candidature d’IOG à la magistrature suprême et il réussit à amener le PND au sein de la majorité présidentielle

Mai 2001 : Président du PND, il est acquitté dans le procès pour l’attentat du Café de Paris. Une délibération historique qui lui avait fait dire : « J’étais victime d’un complot international pendant neuf ans, visant à détruire ma carrière politique. Je suis toujours resté confiant dans mon innocence. Je suis toujours resté convaincu que la Justice et la Vérité finiraient par prendre le pas sur les mensonges. Aujourd’hui, les auteurs de l’attentat ont été traduits en Justice et condamnés. C’est le triomphe de la Justice contre l’Injustice des hommes »

Novembre 2002 : Mahdi Ahmed signe des accords de réconciliation avec son vieux compagnon Aden Robleh Awalleh pour mettre fin aux querelles intestines et permettre au PND d’arracher des sièges de députés à l’A.N. Puis il démissionne de toutes ses fonctions au sein du PND.

Mars 2009 : arrêté et incarcéré illégalement à Gabode depuis le 22 mars, il est mort mystérieusement dans cette prison le 14 avril 2009.

La lutte continue

16/04/09 (B494) Radio-Trottoir – Publication d’une information préalable suivie d’une lettre ouverte sur la corruption généralisée au Ministère de la Santé avec la complicité de fonctionnaires dociles et de diplomates peu attentifs (au minimum !!) (Info lectrice)

Disparition, en six mois, de cinq milliards de francs Djibouti ?

Cette somme était destinée à la lutte contre le Sida sur une période de trois ans. Elle devait servir à financer la campagne et les soins médicaux urgents pour cette lutte contre le fléau endémique qui fait des ravages et provoque de nombreux décès à Djibouti.

Le financement avait été octroyé, sans remboursement, par une Fondation internationale affiliée à l’OMS et à l’UNICEF et il était géré par le PNUD.

Une telle somme qui disparaît en six mois, sans qu’aucun Audit international n’ait été délégué : c’est surprenant !

Aucune plainte ni réclamation n’a été déposée, à notre connaissance, contre le Ministre de la Santé. Rappelons que le HCR avait agi dans un cas identique lorsqu’il avait constaté le détournement de 70 millions de FDj. Le Ministère n’a toujours pas remboursé la totalité.

Voilà un nouveau scandale international, qui devrait mobiliser, en principe, le Secrétaire Général des Nations Unies, surtout en cette période où se multiplient les « affaires » dans le monde financier mondial …..

La fin des paradis fiscaux ?

Le Peuple Djiboutien peut toujours attendre le retour des capitaux qui ont fui. Ils ne reviendront pas ….

Revenons à cette somme de 70 millions engloutis autrefois par le Ministre Miguil. Une bagatelle par rapport aux 5 milliards qui se sont évaporés en 2008 ! Mais cette fois, tout permet de penser que le bandit Bobard 1er a reçu la plus grosse part du gâteau.

Est-ce la raison pour laquelle les Instances Onusiennes gardent le silence dangereux, silence qui dégrade le caractère humanitaire de ces aides ?

Est-ce aussi la raison pour laquelle les fonctionnaires « au courant » se taisent : si le parrain local a touché, ne serait-ce qu’évoquer la fuite, pourrait vous condamner à mort en Royaume de Pacotilles..

Il s’agirait donc d’un Secret d’Etat – Confidentiel défense – à ne surtout pas ébruiter. Défense d’ouvrir la bouche ?

N’est-ce pas « dear SUNIL ? ».

DEKA
journaliste à Radio-Trottoir

_________________________________ Texte de la lettre au Ministère

Texte de la lettre au Ministre de la Santé qui a été dispatchée par @-mail à un certain nombre de fonctionnaires et des responsables onusiens.

MINISTERE DE LA SANTE –
HALTE A LA CORRUPTION GENERALISEE

Nous, Personnels du Ministère de la Santé, dénonçons la corruption et le détournement systématique, érigé en système de gestion au sein de notre Ministère.

Nous exigeons le respect et la dignité du aux fonctionnaires et à tous les agents de l’administration. Les injures et les propos de bas étage, sans limite, proférés par le Ministre de la Santé doivent cesser immédiatement.

Le Ministre de la Santé est devenu un Omnivore et un Prédateur qui ne recule plus devant Rien. Le Budget de l’Etat et les financements des projets du département sont devenus sa chasse gardée.

Les Perdiems des formations et des séminaires destinés à dédomager les participants sont systématiquement (au grand désespoir des chefs des programmes) détournés par le Ministre en personne, avec la complicité agissante du Directeur Administratif et Financier, qui est son homme pour les basses besognes. Tôt ou tard il devra rendre des comptes.

Des listes des perdiems supposés payés sont régulièrement présentés aux bailleurs de fonds. Il s’agit de fausses listes avec des signatures falsifiées.

Les fonds récupérés sont directement remis au Ministre de la Santé.

Cela peut paraître incroyable mais cest la triste réalité qui s’est instaurée parce le Ministre est un odieux prédateur qui « bouffe tout ».

L’UNICEF, l’OMS, le FNUAP, l’AFD ont été alertés. Bizarement, ils restent silencieux. Est il normal qu’ils continuent à financer des perdiems qui ne sont pas versés aux agents formés ? On s’interroge sur leurs véritables intentions !

Il est grand temps qu’ils prennent leur responsabilité et qu’ils paient directement ou qu’ils assistent eux-mêmes aux paiements des perdiems

Certains agents contractuels sont embauchés sur des projets ou des programmes.

Ils sont harcelés jusqu’à ce qu’ils acceptent de reverser au Mministre de la Santé ,en personne, 50% de leur salaire mensuel, sinon ils sont menacés de licenciement. Encore une fois, tout cela peut vous paraitre impossible, mais c’est la triste réalité que nous vivons au quotidien. Des noms circulent au sein du ministère

Les recettes issues des recouvrements des coûts des centres de santé communautaires devaient servir, à l’origine, à améliorer la qualité des prestations.

Les centres de santé n’ont rien vu venir, car les sommes ne sont pas distribuées.

Elles ont été bloquées dans des comptes bancaires à terme, depuis trois ans : les intérêts sont reversés au Ministre de la santé alors que les Centres de santé ne disposent même pas d’un budget pour acheter de l’eau de Javel et les produits de base nécessaires pour garantir l’hygiène dans les locaux.

Les hôpitaux des districts vivent le même calvaire. Ils ne peuvent même pas utiliser les recettes de leus activités pour assurer les évacuations sanitaires d’urgence.

Qui pourrait trouver cela normal ? Notre Ministre qui ne pense qu’à sa poche est certainement le seul à estimer qu’il n’y a rien à redire …

Les dotations en bons de carburants qui sont attribués par le Ministère des finances sont directement accaparés par le Ministre qui les utilise pour ses besoins personnels. Pas un seul litre pour les directeurs ni les responsables du Ministère.

Nous demandons au Ministère des finances d’inscrire le numéro du véhicule bénéficiaire sur les bons d’essence afin qu’ils ne puissent être utilisés que par le véhicule correspondant. Incroyable, mais c’est vrai. Nous en sommes arrivés là !.

Trop c’est trop, il est temps d’agir tous ensemble pour l’intérêt collectif et la sauvegarde de notre système de santé, qui est en péril par la faute d’un prédateur avide et insatiable.

Les étudiants de l’école de médecine sont injustement privés de leurs bourses. Les montants sont pourtant inscrits au budget de l’Etat 2009 à hauteur de 22.640.000 Fdj.

Que s’est-il passé ? Quand ils ont eu le malheur de réclamer le paiement des bourses, les malheureux étudiants ont été sévèrement sanctionnés. Tout laisse penser que cet argent va sûrement remplir la poche « sans fond » de ce Ministre toujours avide d’argent.

Le saviez-vous aussi ?

Plus de dix véhicules soit appartenant l’administration soit acquis sur des projets constituent la flotte automobile au service exclusif de la maison de Monsieur le ministre.

Deux véhicules dont celui qui est utilisé par le Ministre sont financés par le projet « fonds mondial ». Un véhicule provient du projet financé par la Banque mondiale. L’un des deux véhicules attribués par le projet « Santé USAID » a été attribuée à son écurie personnelle.

Qu’en pensez-vous chers partenaires ?

Ces véhicules seraient bien utiles s’ils étaient à la disposition des Services de santé et on vous parie qu’ils vont disparaître avec lui lorsqu’il devra quitter son maroquin..

Trop c’est trop. Il n’y a plus de temps à perdre. C’est maintenant, chers concitoyens que nous devons agir.

Nous demandons à toutes les bonnes volontés de diffuser très largement ce message pour que monde prenne la mesure de nos souffrances quotidiennes et que les organisations internationales, partenaires, s’attachent à exercer un contrôle efficace sur l’emploi de leurs aides et subventions.

Nous demandons à l’Inspection des Finances, de s’interesser un peu à ce qui se passe au sein du Ministère de la Santé.

S’il vous plait, à ceux qui liront ce message, ne restez pas passifs et diffusez le largement

15/04/09 (B494) Le journal de la Flibuste … Regain d’activité chez les pirates. (6 articles en Français)

_________________________ 6 – Marine Marchande ave AFP

Piraterie: armer les navires marchands ferait monter le "niveau de violence"

Le fait d’armer les équipages de navires marchands ferait monter le "niveau de violence" des pirates somaliens impliqués dans les attaques récentes au large des côtes de l’Afrique de l’est, a estimé lundi Peter Chalk, expert du groupe de réflexion américain Rand corporation.

"Les marins de la marine marchande ne sont pas entraînés pour le combat et ne seraient probablement pas enclins à affronter des pirates possédant des armes létales", a dit à l’AFP cet expert spécialisé dans le terrorisme et la piraterie.

"Toutefois, armer les marins ferait quasi-certainement monter la mise de la part des pirates et ferait monter leur niveau de violence", a-t-il ajouté. De plus, a-t-il souligné, les pirates disposeraient d’armes "plus lourdes et supérieures à tout ce dont les marins pourraient disposer".

En outre, selon M. Chalk, armer les équipages poserait des problèmes juridiques avec notamment avec les Etats côtiers disposant d’une régulation stricte vis-à-vis des armes. Interrogé sur la possibilité d’une intervention internationale visant les pirates à terre, M. Chalk a également jugé que l’idée n’était pas bonne.

"Cela politiserait un problème qui est avant tout économique", a-t-il dit avant d’ajouter que cela entraînerait en outre des "dommages élevés" sur les populations civiles.

Selon lui, il est plus utile d’aider "à dynamiser les capacités de surveillance côtière des Etats littoraux autour de la Somalie (Yémen, Kenya, Djibouti) (…) d’encourager les initiatives public-privé pour améliorer le marché et de commercialiser des moyens non létaux défensifs et des techniques de communications". "Sur le long terme, l’absence de gouvernement en Somalie doit être traitée", a-t-il aussi dit.

_________________________ 5 – Le Figaro

La saison des pirates a repris dans le golfe d’Aden

Isabelle Lasserre

Trois nouveaux bâtiments ont été attaqués mardi malgré les patrouilles internationales, qui semblent dépassées.

Quelques jours seulement après le tragique dénouement de la prise d’otages du Tanit par les commandos de marine français, trois nouveaux bateaux ont été attaqués mardi, au large de la Corne de l’Afrique. Après s’être emparés d’un cargo grec, des pirates somaliens ont capturé un bâtiment libanais de 5 000 tonnes. Ils ont également ouvert le feu, au lance-roquettes, sur un navire libérien. Grâce à ces nouvelles prises, le butin de guerre des pirates somaliens se monte désormais à 18 navires et près de 300 marins, dont certains sont retenus depuis huit mois et demi.

En février dernier, on se félicitait, à Paris, du succès d’Atalante, la première opération navale européenne, censée avoir fait «fortement chuter» le nombre de captures de bateaux dans la région. La mini-épidémie d’attaques qui sévit dans l’océan Indien depuis quelques jours vient relativiser ce succès. Si les pirates s’étaient montrés plus discrets depuis le début de l’hiver, c’est surtout, soufflent des spécialistes, qu’ils attendaient que la mer redevienne plus clémente et que les vagues s’apaisent pour permettre à leurs légères embarcations d’aller plus vite et plus loin. De la même manière qu’en Afghanistan, les talibans attendent le printemps et la fonte des neiges pour reprendre leur offensive, il y a, dans l’océan Indien, une saison pour le piratage. Celle-ci semble bel et bien avoir repris.

Face à ce nouveau fléau qui perturbe une route stratégique par laquelle transitent 30 % du pétrole brut mondial et 12 % du commerce maritime, l’Union européenne pensait, en lançant Atalante en novembre 2008, avoir trouvé, à défaut d’un vaccin ou un remède miracle, une parade au développement exponentiel de cette activité des mers.

Des raids éclairs

L’effet dissuasif des patrouilles devait rendre la piraterie, devenue un véritable business en Somalie, à la fois moins rentable et plus dangereuse. Atalante avait même été présentée comme l’un des principaux succès de l’Europe de la Défense sous la présidence française de l’Union. Déclenchée pour un an, avec le soutien des Britanniques, elle devrait d’ailleurs être reconduite.

La recrudescence des attaques prouve que la réponse européenne, si louable soit-elle, est insuffisante. Pour surveiller une zone immense – 2 millions de km² -, escorter les cargos du Programme alimentaire mondial et les navires vulnérables, surveiller les eaux territoriales, Atalante n’a que des moyens modestes : huit navires et deux avions de reconnaissance.

À ces faibles forces, les pirates font face en adoptant des techniques opératoires toujours plus sophistiquées et en se procurant du matériel toujours plus puissant. Ils agissent de plus en plus loin, jusqu’à 800 kilomètres des côtes, se transforment en véritables paramilitaires et utilisent des «bateaux mères» à partir desquels ils lancent des raids éclairs sur des bateaux à moteur. Au fur et à mesure que les navires de guerre d’Atalante se sont déployés dans l’océan Indien, les pirates somaliens ont élargi leur rayon d’action, notamment vers l’Est et le Sud. «Les pirates ont explosé en nombre et en importance», reconnaissait en février le patron des forces françaises à Djibouti.

Les experts le disent depuis le début : la vraie solution au problème de la piraterie dans le golfe D’Aden se trouve sur terre, en Somalie, ce pays ruiné par des années de guerre civile, au sein duquel les clans imposent leur loi à un État déliquescent. Alors, à moins de régler les problèmes politique et économique de la Somalie, les patrouilles des bâtiments internationaux risquent fort d’être condamnés à une lutte sans fin.

_________________________ 4 – Le Monde

Les pirates somaliens attaquent trois bateaux en quelques heures

La marine canadienne escorte un bateau du Programme alimentaire mondial à son entrée dans les eaux territoriales somaliennes le 18 septembre 2008.
Trois bateaux ont été successivement attaqués, au large de la Corne de l’Afrique, mardi 14 avril, par des pirates qui ont ainsi démontré que les récentes opérations commando française et américaine n’avaient pas entamé leur détermination.

Dans la matinée, les pirates somaliens ont capturé l’Irene EM dans le golfe d’Aden, un cargo grec battant pavillon de Saint-Vincent-et-Grenadines avec vingt-deux membres d’équipage philippins à son bord, neuvième prise depuis le début du mois. Le navire de 35 000 tonnes appartient à une compagnie maritime installée au Pirée, le grand port près d’Athènes.

Puis, un deuxième cargo libanais, le Sea Horse, battant pavillon togolais, a été capturé dans la même zone, selon une porte-parole de l’OTAN. Celle-ci n’a pu préciser ni le nombre de membres d’équipage à bord, ni leur nationalité. Elle ne savait pas non plus s’ils étaient sains et saufs. Les pirates ont attaqué le bateau, de 5 000 tonnes, à partir de "trois ou quatre embarcations", a-t-elle simplement ajouté.

Enfin, vers 15 heures, des pirates somaliens ont ouvert le feu sur un navire battant pavillon libérien, le Safmarine Asia. Une dizaine de pirates à bord de trois embarcations ont tiré à l’arme automatique et au lance-roquettes sur le navire libérien de 21 887 tonnes, ont annoncé des officiers de l’OTAN. On ignore s’il y a des victimes.

UNE "RÉPONSE ROBUSTE" FACE À LA PIRATERIE

Lundi, le président américain, Barack Obama, s’est dit déterminé à lutter contre ce fléau, appelant à la coopération internationale pour que les pirates rendent des comptes pour leurs "crimes". "Je veux dire très clairement que nous sommes résolus à stopper l’augmentation" de la piraterie dans cette région, a dit M. Obama.

Le responsable du Bureau maritime international, Noel Choong, a apporté son soutien à une approche musclée pour lutter contre la piraterie somalienne, qui perturbe l’une des routes maritimes les plus fréquentées de la planète. "Nous soutenons une réponse robuste contre les pirates", a-t-il déclaré tout en concédant qu’elle pouvait "engendrer des actes de rétorsion de la part des pirates" et "augmenter le niveau de violence contre les navires et les membres d’équipage".

Au moins 17 navires et plus de 250 membres d’équipage sont actuellement entre les mains de différents groupes de pirates somaliens. En 2008, le nombre des actes de piraterie dans la région avait augmenté de près de 200 % par rapport à 2007, selon le BMI. Cette recrudescence a conduit au déploiement d’une imposante armada constituée d’une vingtaine de bâtiments de guerre opérant sous commandement des Etats-Unis, de l’OTAN, de l’Union européenne ou national, à l’image de la Chine ou de la Russie.

_________________________ 3 – Le Nouvel Obs

Deux cargos détournés mardi au large de la Somalie

Les deux attaques confirment que les pirates de la région sont déterminés à poursuivre leurs opérations malgré les récentes interventions de forces armées.

Des pirates somaliens se sont rendus maîtres d’un vraquier grec dans la nuit de lundi 13 à mardi 14 avril à la faveur d’un beau clair de lune dans le golfe d’Aden. Un peu plus tard dans la journée de mardi, un second cargo, battant pavillon togolais, a été capturé au large de la Corne de l’Afrique, annoncé un responsable de l’Otan.

Ces deux attaques confirment que les pirates de la région sont déterminés à poursuivre leurs opérations malgré les récentes interventions des forces spéciales américaines et françaises pour libérer des marins pris en otages.

Des otages

Le commandant de la frégate portugaise de l’Otan Corte-Real, Alexandre Fernandes, a dit qu’il ne s’était écoulé que trois minutes entre l’appel de détresse du vraquier grec et son détournement.

Le bâtiment, qui bat pavillon de Saint-Vincent et des Grenadines, se rendait de Jordanie en Inde au moment de son interception dans le golfe d’Aden. Ses 22 membres d’équipage sont de nationalité philippine, a annoncé le ministère grec de la Marine marchande. Le Programme d’assistance aux marins de l’Afrique de l’Est a précisé pour sa part qu’aucun d’entre deux n’était blessé.

"Je peux confirmer qu’un deuxième cargo, le Sea Horse, a été pris", a de son côté déclaré la porte-parole de l’Otan, Shona Lowe, depuis le commandement naval de l’Otan situé à Northwood, en Angleterre.

Elle n’a pu préciser ni le nombre de membres d’équipage à bord, ni leur nationalité. Elle ne savait pas non plus s’ils étaient sains et saufs.

Les pirates ont attaqué le bateau à partir de "trois ou quatre embarcations", a-t-elle simplement ajouté.

Filature

Un navire de guerre canadien a dépêché un hélicoptère pour évaluer la situation à bord du Irene E.M.

"Il y a des otages. Nous allons donc filer le navire et suivre l’évolution de la situation", a précisé Fernandes.

Ce nouveau détournement intervient après la libération dimanche d’un capitaine américain retenu pendant plusieurs jours par des pirates dans un canot de sauvetage.

Les forces spéciales américaines étaient intervenues pour délivrer Richard Phillips, capitaine du cargo Maersk Alabama qui avait accepté d’être pris en otage pour épargner les membres de son équipage.

Trois pirates ont été tués dans l’intervention des soldats américains en mer.

Vendredi, des unités de l’armée française avaient libéré quatre Français, dont un enfant, retenus en otage sur un voilier, le Tanit, dans le golfe d’Aden.

Au cours de l’opération, le père de l’enfant avait été tué ainsi que deux pirates.

Trois autres assaillants avaient été capturés.

Avant le détournement du vraquier grec, les pirates somaliens détenaient 17 navires et 260 autres otages, dont une centaine de marins philippins.

 

__________________________ 2 – Le Figaro

Bientôt 15 pirates somaliens dans les prisons françaises

Christophe Cornevin

Placés à l’isolement et dispersés dans plusieurs maisons d’arrêt, ils encourent vingt ans de réclusion.

Les trois Somaliens capturés lors de l’opération de libération des otages du voilier Tanit vendredi dernier dans le golfe d’Aden pourraient être transférés vers la France. Selon nos informations, la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes a ouvert dimanche une enquête préli­minaire pour «séquestrations suivies de mort». Ils s’apprêtent donc à partager le sort des douze autres pirates présumés actuellement détenus dans les geôles françaises.

Le 18 avril 2008, six premiers Somaliens soupçonnés d’être impliqués dans la prise d’otage du voilier de luxe Le Ponant avaient été transférés vers la France. Cette procédure visant un acte de piraterie était une première judiciaire.

Mis en examen à la JIRS de Paris pour «détournement de navire», «séquestrations, association de malfaiteurs en bande organisée», «vols et recels liés la demande d’une rançon», ces suspects ont été dispersés et placés à l’isolement dans plusieurs maisons d’arrêt, dont celles de la Santé et Bois-d’Arcy.

«N’ayant pas la possibilité de parler avec quelqu’un maîtrisant leur langue depuis douze mois, hormis quand leur avocat les rencontre avec un traducteur, ils sont tous plongés dans une profonde dépression, note Me David Reingewirtz, codéfenseur avec Me Gustave Charvet de Mohamed Saïd Hote, ex-comptable de 50 ans en proie à une grave maladie qui risque de l’emporter. Notre client, comme les autres, a été capturé en territoire somalien à bord d’un 4 x 4, ce qui ne prouve en rien leur participation à la prise d’otages du Ponant.»

Requête en nullité rejetée

Considérant que la France n’avait aucune autorité à intervenir en territoire somalien, qu’aucun élément sur l’interpellation ne figure dans la procédure et que les cinq jours de «garde à vue» des suspects à bord d’une frégate de la Marine s’étaient déroulés en «dehors de tout cadre légal», les avocats ont déposé une requête en nullité en octobre dernier. Celle-ci a été rejetée par la chambre de l’instruction la semaine dernière. La détention des présumés pirates a été prolongée de six mois, l’instruction ne devant s’achever qu’en avril 2010.

En septembre dernier, six autres pirates interceptés lors de la prise d’otages sur le voilier Carré d’As ont connu le même sort. Eux aussi attendent, isolés, un sombre destin : encourant jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle aux assises, ils savent qu’un retour au pays signifierait leur arrêt de mort en raison de l’intransigeance des autorités de Mogadiscio.

Si l’ex-président somalien Abdullah Yusuf Ahmed a donné son accord à l’envoi vers la France de ses compatriotes lors des affaires du Ponant et du Carré d’As, nul doute que son successeur, Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, collaborera pour l’extradition des trois ravisseurs capturés sur le Tanit. En effet, il a notamment été l’un des chefs des tribunaux islamiques ayant réussi à mettre entre parenthèses, fin 2006, les actes de piraterie. Avant que les raids maritimes ne repartent de plus belle.

__________________________ 1 – Le Point avec Reuters

Regain de piraterie au large de la Somalie

Deux navires marchands ont été détournés et un autre a été attaqué mardi au large de la Somalie, quelques jours seulement après que les marines française et américaine aient fait échouer deux prises d’otages de leurs ressortissants dans le golfe d’Aden.

Dans la nuit de lundi à mardi, profitant d’un clair de lune exceptionnel, des pirates se sont rendus maîtres de l’Irene E.M., un vraquier grec battant pavillon de Saint-Vincent et des Grenadines qui se rendait de Jordanie en Inde avec 22 marins philippins à bord, tous indemnes.

Le jour venu, d’autres pirates armés circulant à bord de trois ou quatre embarcations rapides ont pris le contrôle d’un navire marchand de 5.000 tonnes battant pavillon Togolais, le Sea Horse, à 143 km au large de la Somalie.

Un peu plus tard, une dizaine de flibustiers à bord de trois embarcations ont tiré à l’arme automatique et au lance-roquettes sur un navire libérien de 21.887 tonnes, le Safmarine Asia, au large de la Corne de l’Afrique. On ignore s’il y a eu des victimes, mais le navire a pu leur échapper.

Les officiers de la frégate portugaise Corte-Real, qui fait partie de la "task-force" anti-piraterie mise sur pied par l’Otan dans cette région ignorent si cette attaque a fait des victimes.

ACTIVITÉS LUCRATIVES

Cette série de coups de main prouvent clairement que les pirates n’ont pas été dissuadés par les opérations de sauvetage française et américaine intervenues ces derniers jours pour libérer leur ressortissants pris en otages.

Les forces spéciales américaines sont intervenues dimanche pour délivrer avec succès Richard Phillips, capitaine du cargo Maersk Alabama qui s’était offert en otage pour épargner les membres de son équipage. Trois pirates ont été tués dans cette intervention.

Deux jours plus tôt, des commandos de marine français avaient libéré quatre des cinq Français, dont un enfant, retenus en otages sur un voilier, le Tanit, dans le golfe d’Aden. Le père de l’enfant a été tué dans cette action, de même que deux pirates, trois autres étant capturés.

Après leurs derniers coups de main, les pirates basés dans des anciens villages de pêcheurs étalés tout au long des côtes somaliennes détiennent une vingtaine de navires et près de 300 otages, dont ils négocient libération contre de fortes rançons.

En dépit d’une forte présence navale internationale dans cette partie de l’océan Indien, l’une des plus fréquentées du monde par les navires marchands, les spécialistes ne s’attendent pas à un baisse de ces activités lucratives de piraterie tant que la situation en Somalie-même restera chaotique.

Version française Guy Kerivel
et Marc Delteil