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19/12/2012 (Bréve 066) Discours prononcé par Saïd Houssein Robleh, qui signe en qualité de Secrétaire de la LDDH

Journée nationale des martyrs, le 18 décembre 2012

Cérémonie de commémoration du 21eme anniversaire du massacre d’Arhiba du 18 décembre 1991.

Commémoration du Massacre d'Arhiba commis le 18 décembre 1991 à Djibouti
Chers compatriotes,

Tout d’abord, je tiens à rendre hommage à toutes les victimes de ce massacre décédées sur ce lieu symbolique et je rends aussi hommage particulièrement au grand héros national et grand défenseur des droits de l’homme, Mr JEAN-PAUL NOEL ABDI, président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains(LDDH) qui n’est plus parmi nous aujourd’hui.

Qu’ALLAH Tout-Puissant l’accueille en son paradis éternel.

Chers compatriotes,
Ces hommes et ces femmes qui ont gravé avec leur sang les pages de l’histoire de Djibouti. Je leur dirais aujourd’hui : vous n’êtes pas mort pour rien et que la cause nationale que vous vous êtes battu, est toujours défendue par le peuple djiboutien ici ou ailleurs. Et cette cause nationale nous réunit tous aujourd’hui pour commémorer ce massacre qui a eu lieu cette journée de 18 décembre 1991, date qui sera marquée dans les annales de l’histoire de la République de Djibouti comme journée nationale des martyrs  avec la liste des victimes qui seront inscrit sur le registre national des martyrs et des héros nationaux.

Chers compatriotes,
Cette journée historique symbolise l’aspiration d’un peuple épris de justice et de changement car l’heure est grave, le temps du changement est venu et le peuple a besoin des hommes et des femmes qui sauve le pays de la mort à petit feu de notre population déjà meurtrie par la famine et l’ignorance.

Le tableau est sombre et la situation est de mauvais pronostic avec des institutions républicaines détruites, une même famille et un même parti au pouvoir depuis l’indépendance, une économie aux mains d’une bande de mafia et des trafiquants, un endettement paralysant pour nos futures générations, une pauvreté généralisée, un chômage structurel, une inflation galopante, l’école de la République et hôpitaux publiques délabrés, une injustice sociale inadmissible, une administration rouillée, une corruption endémique, une justice garante de l’impunité, une nomenklatura omniprésente et non inquiétée, un pillage des biens publics, un appareil d’Etat pris en otage par une famille royale, une ethnicisation de la politique, une opposition politique interdite et une compétition électorale bafouée, un clonage et un surpeuplement de la population nationale, une acculturation planifiée de la société, une arriération du pays, des forces de l’ordre formée à la répression de leur propre peuple par des pays qui se réclament modèle de démocratie ou des droits de l’homme et fournissent en même temps de l’argent et des conseils à ce régime dictatorial alors qu’ils doivent payer leurs loyers au Trésor public.

N’ont-ils pas donné leurs leçons de démocratie et des droits de l’homme à leur agent ? On sait pas ce que font les nombreuses organisations internationales présentes à Djibouti, se demandent beaucoup des Djiboutiens.

Une autre question mérite à se poser aussi : l’élite djiboutienne  a-t-elle failli à son devoir national ?

Par conséquent, j’adresse mon appel solennel à tous les forces vives de la nation, à toute l’opposition nationale, à tous les djiboutiens et les djiboutiennes, et à toute la jeunesse djiboutienne pour s’unir unanimement tous ensemble et accomplir le changement et la dignité qu’aspirent tant le peuple djiboutien afin de sortir du pays de l’immobilisme politique et de ce marasme qui y perdurent longtemps. Par ailleurs, j’appelle au réveil national et à la conscience citoyenne pour que chacun prend sa responsabilité en contribuant  à ce grand changement en profondeur.

Et pour la communauté internationale, elle devra se placer du bon côté de l’histoire et de la raison et ne pas s’entêter à soutenir une dictature impopulaire et décriée par tous et partout, une dictature qui règne par la peur et la terreur.

Le peuple djiboutien sera toujours le maître de son destin et aura le projet de société qu’il s’est choisit à l’instar des autres nations qui se sont libérées de ces dictateurs qu’on les croyait assez forts et invincibles ayant des fidèles et des ressources mais n’existaient qu’à la tolérance de ces citoyens qui préservaient leurs chères patries.

« À chaque époque ses hommes »
et comme disent les tunisiens : « si le peuple décide un jour d’avoir une vie digne, alors il devra accepter le sacrifice ».Donc nous devrons avoir le sens du sacrifice et de l’engagement et œuvrer sans relâche pour que ce changement soit une réalité en République de Djibouti.

En profitant de ce moment solennel, nous tenons à remercier très vivement les organisations internationales de défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales, à tous les pays amis et à tous les démocrates-amis du peuple djiboutien pour leurs solidarités au côté du peuple djiboutien.

Enfin, pour clore mon discours, je dirais que Djibouti ne sera pas une exception de démocratie et « les commanditaires et auteurs de ces massacres doivent être jugés et punis ».

SAÏD HOUSSEIN ROBLEH,
Défenseur des droits de l’homme
Secrétaire de la L.D.D.H.