09/10/06 (B 364) Selon une information parue sur le site du GED, France Inter devrait publier le 10 octobre une série d’interview importante sur l’affaire Borrel

"L’équipe de communication
du GED invite tous les internautes à écouter demain sur
France Inter une série d’interviews exclusives sur l’affaire
Borrel.

Parmi les interviewés, Madame
Elisabeth Borrel, Mohamed Alhoumekani et Ali Iftin qui, selon des indiscrétions,
devraient révéler des détails concernant l’assassinat
du Juge Bernard Borrel et les raisons qui auraient pu amener le pouvoir
djiboutien à prendre la décision de l’éliminer."

05/10/06 (B364) LDDH (Alerte) Le Pouvoir s’en prend de nouveau aux syndicalistes …


Le Président

COMMUNIQUE
DE PRESSE
DU 5 OCTOBRE 2006
LICENCIEMENT ABUSIF
DU SYNDICALISTE
HASSAN CHER HARED.


Hassan Cher Hared
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) vient d’apprendre que le
Défenseurs des Droits Economiques et Sociaux le brillant syndicaliste
Djiboutien HASSAN CHER HARED, secrétaire aux relations internationales
de l’UDT (une Centrale affiliée à la CISL) et responsable
à l’information au Syndicat des Postiers de Djibouti vient encore
d’être victime à la fin du mois de septembre 2006 d’un
licenciement délibéré alors qu’il était
en formation syndicale au Centre International de formation de l’OIT,
à Turin (en Italie et non en Israël).

La
Ligue Djiboutienne déplore cette politique inadmissible, qui est apparemment
toujours couverte par l’impunité, d’autant plus que le Tribunal de
Djibouti classe systématiquement les plaintes du syndicaliste Hassan
Cher.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) dénonce vivement cette
politique délibérée, qui perdure depuis pratiquement
dix ans, politique
amplifiée depuis les dernières élections présidentielles
de 2005.

Cette nouvelle politique
dangereuse et néfaste est organisée et entretenue
par un Groupe de personnalités politiques, administratives, mais aussi
de
quelques personnalités du Secteur Privé, et doit avoir pour
unique objectif
: celui de déstabiliser les Travailleurs Djiboutiens.

Cette politique de répression
et de harcèlement des syndicalistes de l’UDT
est nantie par un nouveau Code du Travail antisocial et régressif.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains soutient avec fermeté et sans
réserve la plainte déposée auprès de l’OIT le
4 octobre 2006, et ce, face au
silence constant de la Justice Djiboutienne.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) demande au Chef de l’Etat de
prendre, pendant qu’il est encore temps, toutes les dispositions nécessaires
pour mettre fin à toutes ces formes de persécutions et d’entamer
un dialogue
ouvert avec le Partenaire Social qu’est le Monde du Travail.

M.
NOEL ADBI Jean-Paul

04/10/06 (B364) Réaction du Gouvernement djiboutien à l’annonce des mandats d’arrêt contre Djama Souleiman et Hassan Saïd.

__________________________
Note de l’ARDHD

D’après
les affirmations du porte-parole de la Nébuleuse Guelleh-Haid et Associés,
Djama le Procureur, sous le coup d’un mandat d’arrêt international,
devrait quand même se rendre à la Cour de la Haye pour défendre
la plainte déposée par Djibouti contre la France pour refus
de communiquer le dossier d’instruction judiciaire concernant le meurtre du
Juge Borrel.

La
situation risque d’être intéressante, au moins à trois
niveaux.

1 – D’abord
la France n’avait aucune obligation d’accepter la compétence de la
Cour et pourtant elle l’a fait …. curieux, non !

2 – Djama se fera-t-il
arrêter lors de sa venue en Europe et extrader vers la France
pour répondre aux questions des juges de Versailles concernant
les tentatives de subornation de témoin, en particulier sur la
personne d’Alhoumekani ? Notre site avait publié la photo prise
dans un grand hôtel de Bruxelles …
3 – Comment vont
évoluer les relations franco-djiboutiennes ?

________________________________
AFP

DJIBOUTI
(AFP) – Affaire Borrel : « Djibouti ne se laissera pas intimider »
selon le gouvernement

Le gouvernement
djiboutien a prévenu mardi soir qu’il « ne se laisserait pas intimider
par la justice française » qui a diffusé des mandats d’arrêt
contre des personnalités djiboutiennes dans l’enquête sur la
mort à Djibouti du juge français Bernard Borrel.
« Djibouti ne se laissera pas intimider par la justice française
(…), ne cédera à aucune menace », selon un communiqué
du gouvernement.

La république
de Djibouti « ne réagira pas aux dérapages et aux provocations
de certains magistrats français », ajoute-t-il, en déplorant
« une fois de plus le non-respect des procédures de la part de
certains magistrats français qui font fi des résolutions de
leurs propres autorités étatiques ».

La justice
française a délivré deux mandats d’arrêt contre
le chef des services secrets de Djibouti, Hassan Saïd, et le procureur
de la république, Djama Souleiman, pour une éventuelle « subornation
de témoins » dans l’enquête sur la mort du juge Borrel en
1995 à Djibouti.

« Il
s’agit là d’une manoeuvre destinée à empêcher le
procureur général de se rendre le 16 octobre à La Haye »,
siège de la Cour internationale de justice (CIJ), estime le gouvernement
djiboutien.

En janvier
2006, Djibouti avait saisi la CIJ,
accusant la France de manquer à ses devoirs d’entraide judiciaire dans
l’enquête sur la mort du magistrat Borrel.

Le
procureur général de Djibouti « se rendra à La Haye
pour plaider l’innocence de la République de Djibouti

et pour prouver notre volonté de débattre de l’affaire Borrel
de la façon la plus transparente dans une justice neutre et tierce »,
ajoute le communiqué.

« Les
responsables djiboutiens demeurent disposés à veiller au respect
des procédures et invitent la justice française à en
faire autant, en commençant par rompre déjà avec cette
façon si sensationnelle de traiter l’affaire Borrel, tant en ce qui
concerne le fait de manipuler les médias qu’en ce qui relève
du minimum de considération auquel ont droit les autorités d’un
pays tiers et souverain qu’elle cite comme ses +repris de justice+ »,
affirment les autorités de Djibouti.

« La
république de Djibouti, qui est à l’origine de la levée
du secret défense sur certains documents de la DGSE (Direction générale
de la sécurité extérieure – services de renseignements
français) ayant trait à l’enquête, reste attachée
à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire »,
assurent-elles.

« Le
gouvernement de Djibouti réaffirme enfin sa volonté de poursuivre
irréversiblement sa coopération et son entente privilégiée
avec la France, pays avec lequel nous partageons des liens historiques, séculiers
et fraternels », conclut le document.

L’affaire
Borrel empoisonne les relations entre Djibouti et la France, ancienne puissance
coloniale de ce petit Etat de la Corne de l’Afrique qui abrite la plus importante
base militaire française à l’étranger.

Le 19
octobre 1995, le corps à demi calciné du juge Borrel avait été
découvert au bas d’une falaise, à 80 km de la ville de Djibouti.

La justice
de Djibouti a conclu à un suicide. Mais la veuve du magistrat, Elisabeth
Borrel, qui accuse Djibouti de faire obstruction à l’enquête
et est convaincue que son mari a été assassiné, a engagé
en 2002 des poursuites en France.

Selon
Mme Borrel, son époux enquêtait sur des trafics d’armes et des
attentats dans lesquels l’actuel président djiboutien, Ismaël
Omar Guelleh, aurait été impliqué.

04/10/06 (B364) Emission des mandats d’arrêt internationaux contre Hassan Saïd et Djama Souleiman. Extraits sonores de France-Info et Europe N°1.

NB
: Pour limiter le volume à transmettre, nous avons fortement compressé
les fichiers, ce qui a un impact sur la qualité du son.

1
– France-Info du 2 octobre 2006


2
– Europe N° 1 du 2 octobre 2006


3
– France info du 3 octobre 2006 – Interview de Mme Borrel

03/10/06 (B364)Mandats d’arrêt lancés par le Parquet de Versailles à l’encontre d’Hassan Saïd et de Djama Souleiman. Le contexte et les enjeux. (ARDHD)

Le
contexte

En marge
de l’instruction judiciaire au Parquet de Paris (Juge Sophie Clément),
pour retrouver les assassins du Juge Borrel, une autre instruction est conduite
par le Parquet de Versailles pour instruire les plaintes déposées
par Alhoumekani pour tentative de subornation de témoin et par Ali
Iftin pour subornation de témoin.

Ces plaintes
sont capitales, car si des personnalités ont tenté de suborner
des témoins, c’est bien qu’il y a des indices à cacher, parce
qu’ils mettraient en cause l’entourage de Guelleh et le Président lui-même
dans le meurtre du juge Borrel.

En faisant
ce lien, on comprend toute l’importance de cette deuxième affaire traitée
à Versailles parce qu’elle peut apporter des preuves à la première
affaire pour découvrir les assassins.

L’année
dernière la Justice avait convoquée Me Martinet, Guelleh, Djama
Souleiman et Hassan Saïd pour les entendre en qualité de témoins.
Seul Me Alain Martinet s’était présenté. Guelleh avait
fui lamentablement le sol français, alors qu’il était reçu
à l’Elysée par Jacques Chirac … Djama Souleiman et Hassan
Saïd avait refusé de venir en France et Djama avait même
dénoncé les accords de coopération franco-djiboutiens.

Aujourd’hui,
la Justice française, à juste raison, utilise les moyens qui
sont à sa disposition. Les personnalités convoquées ne
s’étant pas présentée spontanément, elle lance
des mandats d’arrêt internationaux contre eux. La cour de cassation
devra confirmer la procédure.

Félicitons
les deux plaignants qui sont à l’origine de cette nouvelle étape
et qui n’ont jamais varié dans leurs témoignages.

Il faut
reconnaître que c’est grâce au témoignage d’Aloumekani,
puis à la rétractation d’Ali Iftin, aussitôt arrivé
en Belgique, que la Justice française a pu disposer d’un début
d’indice pour instruire non pas le suicide du Juge, mais bel et bien son assassinat.

En dépit
de toutes les pressions exercées par des personnalités djiboutiennes,
dont Djama Souleiman (au nom de Guelleh), les deux témoins n’ont jamais
variés et ont maintenu avec la plus grande constance leur témoignage.

Ils doivent
être félicités, car ils ont vécu des moments difficiles
: réfugiés comme d’autres djiboutiens qui ont fui le régime,
mais surtout menacés en permanence. A plusieurs reprises, ils ont échappé
à des tueurs envoyés par le régime. On se souviendra
de l’arrestation pendant quelques heures du Maire de l’époque de Djibouti
à la Gare du Midi à Bruxelles. Il était armé !!!

Que
peut faire Guelleh maintenant ?

On signale
une certaine agitation au Palais d’Haramous où les conférences
se succèdent. L’ambassadeur de France a été convoqué
aussitôt.

Maintenant
parmi les hypothèses, Guelleh peut faire sauter, comme nous l’avons
écrit depuis des années, les deux fusibles, à savoir
Djama Souleiman et Hassan Saïd et les livrer à la Justice française.
Mais il prend le risque que ces deux « obligés » ne se mettent
à la table et qu’ils le dénoncent ….

L’autre
hypothèse est de prendre quelques français (militaires par exemple)
et de leur mettre sur le dos, une affaire criminelle. Ainsi Guelleh pourrait
utiliser son arme favorite qui est le chantage, en proposant à la France
un échange …

03/10/06 (B364) Revue de presse complète (2/2) des articles parus depuis deux jours sur la délivrance des mandats d’arrêt lancés à l’encontre d’Hassan Saïd et de Djama Souleiman.

__________________________
Libération

Lien :

http://www.liberation.fr/actualite/societe/207949.FR.php


Le «long combat» d’une veuve


QUOTIDIEN : Lundi 2 octobre 2006 – 06:00

Si l’on juge un jour les assassins de Bernard Borrel, ce sera grâce
à sa veuve, une femme opiniâtre et courageuse. Elisabeth Borrel,
elle aussi magistrate, raconte dans un livre (1) comment, après dix
ans de vie heureuse avec son époux et leurs deux enfants, elle a mené
un «combat long et douloureux» qui n’est pas achevé.

Elle a
d’abord réussi à contrer la version officielle ­ le suicide
­ de la mort de son mari, imposée par les autorités françaises
et djiboutiennes. Elle veut toujours savoir qui a tué son mari et qui
sont les commanditaires du meurtre et prévient qu’elle ne lâchera
pas.

(1) Un juge assassiné. Avec la collaboration de Bernard Nicolas
(Flammarion, à paraître le 10 octobre).

____________________
Libération

Lien :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/207950.FR.php

Affaire Borrel : mandat d’arrêt contre le procureur de Djibouti

Le chef des services secrets de l’ex-colonie est également visé
par la justice française.

Par Brigitte VITAL-DURAND

QUOTIDIEN : Lundi 2 octobre 2006 – 06:00

La traque des assassins de Bernard Borrel s’intensifie, onze ans après
la mort, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995, de ce juge français
dont le corps a été retrouvé carbonisé dans un
ravin à Djibouti. L’enquête de la justice vise aujourd’hui des
hauts dignitaires de cette ex-colonie française.

Deux mandats
d’arrêt européens viennent d’être délivrés
à l’encontre du procureur de la République de Djibouti, Djama
Souleiman Ali, et du chef des services secrets, Hassan Said Khaireh, ont fait
savoir hier les avocats des parties civiles, Olivier Morice et Laurent de
Caunes. Dans un arrêt, daté du 27 septembre, de la chambre de
l’instruction de la cour d’appel de Versailles, présidée par
Didier Guérin, les magistrats estiment «indispensable pour la
manifestation de la vérité» la comparution des deux personnalités.

Terroristes.

Le lendemain,
28 septembre, la juge d’instruction parisienne Sophie Clément a rendu,
dans le cadre de son enquête sur l’assassinat de Bernard Borrel, une
«ordonnance de soit communiqué». C’ t-à-dire qu’elle
fait connaître au parquet de Paris son intention d’ordonner deux autres
mandats d’arrêt. Cette fois, ils visent des anciens terroristes djiboutiens
: Awalleh Guelleh Assoweh, dit «Mireh», et Hamouda Hassan Adouani.
Le premier est mis en cause dans l’attentat du Café de Paris, à
Djibouti en 1990, évadé de prison en 1997. Le second, auteur
de l’attentat du bar l’Historil, à Djibouti en 1987, a été
condamné à perpétuité, puis gracié en 2000.

La justice
française resserre ses investigations sur une scène cruciale
qui s’est déroulée au soir de la découverte du corps
du magistrat, le 19 octobre 1995, dans les jardins du palais présidentiel
de Djibouti. L’un des témoins de cette scène, Mohamed Saleh
Alhoumekani, était alors numéro 2 de la garde présidentielle.
Il se trouvait là en compagnie du chef de cabinet de la présidence
de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, dit IOG, actuel président de
la République.

Ce témoin
s’est, depuis, réfugié en Belgique. C’est de Bruxelles, qu’il
a raconté comment ce soir-là, il a vu Mireh et Adouani, alors
que tous deux étaient censés se trouver en prison, en compagnie
du chef des services secrets. Et il a entendu Mireh dire : «Le juge
fouineur est mort, il n’y a plus de traces.» Si la cour d’appel de Versailles
s’intéresse de près à ce quasi aveu d’assassinat, c’est
dans le cadre d’un dossier annexe à l’enquête sur l’assassinat.
Elisabeth Borrel a porté plainte pour «subornation de témoin».
Elle soutient que l’un des magistrats chargés d’instruire le dossier
sur l’assassinat de son mari, mais dessaisi depuis, Marie-Paule Moracchini,
avait tenu à l’égard de ce témoin exilé à
Bruxelles des «propos d’intimidation en vue d’obtenir la rétractation
de son témoignage».

Marché.
Marie-Paule Moracchini, entendue en 2004, s’est insurgée contre cette
version des chos Elle a déclaré à la justice qu’il lui
était «intolérable» que l’on puisse la mettre en
cause «pour avoir voulu étouffer l’affaire portant sur l’assassinat
d’un collègue».

La chambre
de l’instruction de la cour de Versailles veut donc maintenant entendre le
procureur de Djibouti. Celui-ci se serait rendu, selon le témoin de
Bruxelles, spécialement en Belgique lui faire le marché suivant
: «en échange de sa rétractation», il «lui
proposait de l’argent et un poste diplomatique». Quant au chef des services
secrets, il est invité à s’expliquer sur les diverses manoeuvres
qu’il aurait entreprises en vue de discréditer le témoignage
crucial. «C’est une victoire tout à fait considérable»,
s’est réjoui hier Olivier Morice rappelant que les jeunes magistrats
de l’ENM ont décidé de baptiser leur promotion Bernard-Borrel.

____________________________________
Le Figaro

Lien
: http://www.lefigaro.fr/france/20061002.WWW000000404_lenquete_francaise_
sur_lassassinat_du_juge_borrel_vise_deux_pontes_de_djibouti.html

L’enquête française sur
l’assassinat du juge Borrel vise deux pontes de Djibouti

lefigaro.fr (avec AFP et Reuters).
Publié le 02 octobre 2006 Actualisé le 02 octobre 2006 : 10h59

Onze ans après le meurtre du magistrat, la justice française
a délivré ses deux premiers mandats d’arrêts. Elle
évoque des «charges accablantes» contre le procureur de
la République et le chef des services secrets de Djibouti.

L’enquête sur l’assassinat du juge Borrel est relancée.
La France a délivré mercredi dernier deux mandats d’arrêts
contre le procureur de la République de Djibouti, Djama Souleiman,
et le chef des services secrets de Djibouti, Hassan Saïd. Les deux hommes
sont soupçonnés d’avoir suborné des témoins.
L’arrêt de la cour d’appel de Versailles évoque des
« charges accablantes » contre ces deux personnalités.

Il s’agit des premiers mandats d’arrêt depuis la découverte,
le 19 octobre 1995, du corps à demi calciné du juge Borrel,
simplement vêtu d’un slip et d’un tee-shirt, au bas d’une falaise située
à 80 km de Djibouti. « C’est une avancée plus que considérable
dans le dossier de l’assassinat de Bernard Borrel. La justice passe maintenant
à la vitesse supérieure. Les magistrats montrent qu’ils n’ont
pas peur de rechercher la vérité, quitte à déplaire
aux autorités politiques françaises et djibou ennes »,
a commenté Me Olivier Morice, l’un des deux avocats, avec Laurent de
Caunes, de la famille Borrel. Depuis le début de l’enquête,
ils estiment que le magistrat français a été victime
d’une opération commanditée par le pouvoir djiboutien.

Réagissant à cette annonce, le chef des services secrets a prévenu
que « Djibouti ne se plierait jamais au bon vouloir de la justice française
» et dénoncé une « nouvelle tentative politico-médiatique
orchestrée par la veuve Borrel et son lobby ».

Un témoignage clé

Au centre des deux procédures, menées à Paris et Versailles,
se trouve le témoignage clé d’un ancien officier de la garde
présidentielle de Djibouti, Mohammed Saleh Aloumekani. Le 19 octobre
1995, l’homme aurait surpris les deux principaux suspects en train de
rendre compte de « l’élimination du juge fouineur »
et de la disparition des traces du crime à Ismaël Omar Guelleh,
alors chef du cabinet de l’ancien président, aujourd’hui
président de Djibouti.

Le procureur de Djibouti est soupçonné d’avoir tenté
de faire pression sur Mohammed Saleh Aloumekani pour qu’il revienne sur son
témoignage. Le chef des services secrets est quant à lui suspecté
d’être intervenu pour que le chef de la garde présidentielle
de Djibouti en 1995 discrédite le témoin.

Appelés à s’expliquer le 13 octobre 2005 devant la justice française,
les deux hommes ne s’étaient pas présentés. Les
avocats de la partie civile avaient alors demandé la délivrance
de mandats d’arrêt. En délivrant ces mandats, le président
de la chambre de l’instruction, Didier Guérin, vient donc de leur donner
raison estimant que leur comparution était « indispensable à
la manifestation de la vérité ».

Deux principaux suspects

Para èlement, la juge d’instruction parisienne, Sophie Clément,
a transmis jeudi au procureur de la République une demande de réquisition
concernant la délivrance de deux autres mandats d’arrêt visant
les deux principaux suspects de l’assassinat, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan
Adouani. Sur le short du magistrat, ont été retrouvés
des empreintes génétiques qui pourraient appartenir à
ses assassins et le juge Clément souhaite les comparer à celles
Awalleh Guelleh et d’Hamouda Hassan Adouani. Mais les deux hommes sont en
fuite.

Le premier a été condamné à perpétuité
par contumace en France pour son implication dans l’attentat du Café
de Paris en 1990 à Djibouti, qui avait fait un mort et 11 blessés.
Il s’est évadé en 1997. Le second, condamné à
mort pour sa participation à un attentat contre le bar «L’Historil»
en mars 1987, qui avait fait douze morts, a été gracié
en juillet 2000 par l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar
Guelleh.

03/10/06 (B364) Revue de presse (1/2) complète des articles parus depuis deux jours sur la délivrance des mandats d’arrêt lancés à l’encontre d’Hassan Saïd et de Djama Souleiman.

__________________________
AP

PARIS
(AP) — La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a émis
des mandats d’arrêt internationaux contre le procureur général
de Djibouti et le chef des services secrets djiboutiens dans le cadre d’une
enquête pour subornation de témoin ouverte en marge de celle
sur la mort du juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti.

Convoqués
en octobre 2005, les deux hommes, Djama Souleiman Ali et Hassan Saïd
Khaireh, avaient refusé de venir s’exprimer devant le juge d’instruction
saisi de ce dossier. « Ces données n’ont pas changé. Que
la chambre d’instruction ait cru devoir engager une épreuve de force
avec Djibouti ne m’apparaît pas la solution la plus appropriée
pour parv ir à la manifestation de la vérité », a
déclaré lundi leur avocat, Me Francis Szpiner.

Bernard
Borrel, magistrat français détaché à Djibouti,
a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre
1995 à 80km de la capitale djiboutienne. Ce dossier empoisonne les
relations entre Paris et Djibouti qui accueille une importante base militaire
française.

Sa
veuve, Elisabeth Borrel, soutient que son mari a été assassiné
et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d’être le commanditaire
du crime. Une version contestée par Djibouti.

Elle
a déposé plainte pour assassinat. L’enquête, instruite
à Paris depuis 1997, a vu se succéder quatre juges d’instruction.
« L’assassinat est reconnu », a affirmé Mme Borrel sur LCI.
« Simplement, il faut rechercher les vrais auteurs parce qu’il y a des
empreintes génétiques au dossier et qu’il n’y a pas simplement
des témoignages ».

Le
dossier instruit à Versailles concerne une tentative de subornation
d’un témoin, Mohamed Saleh Alhoumekani. Celui-ci dit avoir assisté,
dans la nuit du 19 au 20 octobre 1995, dans les jardins du palais présidentiel,
à une conversation sur l’élimination du « juge fouineur »
entre plusieurs officiels, dont Ismaël Omar Guelleh, l’actuel chef d’Etat,
Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani, deux terroristes supposés être
en prison.

MM.
Souleiman et Saïd sont soupçonnés d’avoir fait pression
pour que M. Alhoumekani revienne sur ses déclarations. Il avait par
ailleurs indiqué la présence cette nuit-là d’un restaurateur
dont l’établissement a été en 1987 la cible d’un attentat
perpétré par Hamouda Hassan Adouani. L’enquête a montré
que cet homme, originaire de Corse, était hors de Djibouti en octobre
1995.
La famille Borrel accuse aussi la juge d’instruction Marie-Paule Moracchini,
chargée à l’époque de l’enquête sur la mort du
juge, d’avoir incité Mohamed Saleh Alhoumekani à revenir sur
ses propos. Ce qu’elle nie.

Dans
le dossier principal instruit à Paris, la juge Sophie Clément
a demandé au parquet des réquisitions de mandats d’arrêt
internationaux c tre les deux terroristes, Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani,
a précisé à l’Associated Press, Me Olivier Morice, l’un
des avocats de Mme Borrel.

Cette
décision marque, selon lui, une volonté de la justice de « passer
à la vitesse supérieure ».

Deux
ADN masculins ont été retrouvés sur le short que portait
Bernard Borrel le jour de sa mort. Ces deux empreintes pourraient être
celles des assassins du juge ou de leurs complices, selon Me Morice.

AP

________________________________________
20 Minutes

Lien : http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/02/20061002-actualite-france-Borrel-mandats-d-arret-contre-des-responsables-djiboutiens.php

Borrel
: mandats d’arrêt contre des responsables djiboutiens

Dix ans après l’assassinat du juge Borrel, la cour d’appel de Versailles
a ordonné la diffusion de mandats d’arrêt contre le procureur
de la République et le chef des services secrets de Djibouti pour une
éventuelle « subornation de témoins » dans l’enquête
sur la mort du juge français, a-t-on appris hier.
Il s’agit des premiers mandats d’arrêt délivrés dans cette
affaire depuis la découverte, le 19 octobre 1995, du corps à
demi calciné de Bernard Borrel, au bas d’une falaise à quelque
80 km de la capitale de Djibouti, où se trouve la plus grande base
militaire française à l’étranger.

Parallèlement,
la juge d’instruction parisienne, Sophie Clément, a transmis jeudi
au procureur de la République de Paris une demande de réquisition
concernant la dé- livrance de deux autres mandats d’arrêt visant
les principaux suspects de l’assassinat du juge Borrel, Awalleh Guelleh et
Hamouda Hassan Adouani.

_____________________________________
Le Nouvel Obs

Lien
: http://permanent.nouvelobs.com/societe/20061002.OBS4331.html

« Ces
mandats d’arrêts valent mises en examen »

Par Me Olivier Morice,
avocat d’Elisabeth Borrel

Que
reproche-t-on concrètement au procureur de la République et
au chef des services secrets de Djibouti ?

– Ce qui est reproché
au procureur de la République, aujourd’hui procureur général
de Djibouti, ainsi qu’au chef des services secrets, c’est d’avoir fait pression
sur des témoins, ou tenté de les décrédibiliser,
pour contrecarrer ce que ces personnes pouvaient avoir à dire ou obtenir
leur rétractation.

Ainsi, le procureur général
de Djibouti s’est rendu en Belgique où il aurait proposé de
l’argent à Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien membre de la garde présidentielle
de Djibouti, qui affirme avoir surpris une conversation en octobre 1995 dans
les jardins du palais présidentiel entre plusieurs personnes, dont
les assassins présumés de Berner Borrel. L’un d’entre eux aurait
affirmé à Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président
et président aujourd’hui, que le « juge fouineur » avait bien
été éliminé et qu’il n’y avait plus de trace.

Pourquoi
ces mandats d’arrêts ont-ils mis tant de temps à être délivrés
? Qu’est-ce qui a pu débloquer la situation ?

– Si la situations s’est
débloquée, c’est tout d’abord parce que le dossier s’est considérablement
épaissi et que la mauvaise volonté affichée par les deux
suspects a conduit la cour d’appel à accélérer les choses.

Pour bien comprendre l’impact
des ces mandats d’arrêts délivrés par les magistrats de
la cour d’appel de Versailles, il faut savoir que ceux-ci valent mises en
examen et que les juges ont voulu s’assurer que les convocations puissent
être délivrées. Si le chef des services secrets et le
procureur général n’y répondent pas, ils pourront donc
être condamnés par contumace. De plus, la juge d’instruction
Sophie Clément a transmis au parquet une demande visant à obtenir
deux autres mandats d’arrêts contre Awalleh Guelleh et Hamouda Adouani,
soupçonnés d’être les assassins de Bernard Borrel.

Le
chef des services secrets a déjà annoncé qu’il ne se
soumettrait pas à la justice française. Quelles peuvent être
les conséquences de ce refus ?

– Ce qu’il risque, c’est
d’être condamné par contumace. Le procureur général
pourrait bien d’ailleurs se retrouver dans une situation cocasse.

Celui-ci est en effet
censé représenter son pays devant la Cour internationale de
justice mais risque, en raison du mandat d’arrêt lancé par la
justice française, de se faire arrêter s’il met les pieds à
La Haye.

Mais le pouvoir politique
a également son rôle à jouer dans un pays où la
France a installé sa principale base militaire d’Afrique. Il serait
temps que le garde des Sceaux se réveille pour mettre fin au traitement
indigne que subit Elisabeth Borrel et qu’elle raconte dans un livre qui paraîtra
le 10 octobre : « Un juge assassiné, une femme seule face au secret
d’État » (éd. Flammarion). Il y a dix ans, on lui disait
qu’elle ne saurait jamais la vérité sur la mort de son mari.
Or aujourd’hui, la vérité avance à grands pas et les
autorités djiboutiennes commencent à être prises en étau.

Il faudrait déjà
que le Garde des sceaux reçoive enfin madame Borrel, épouse
de magistrat et magistrate elle même. Signe des temps, le jeunes magistrats
de l’Ecole nationale de la magistrature ont d’ailleurs décidé
de baptiser leur promotion « Bernard Borrel ».

Propos
recueillis par Jérôme Hourdeaux
(le lundi 2 octobre 2006)

_________________________________________
L’Express

Dossier
Borrel

Lien http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=6128

Nouvelle
crise entre Djibouti et Paris Hana Al-Hussaini, avec Reuters
La cour d’appel de Versailles a lancé des mandats d’arrêt contre
le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti.
Mais ceux-ci ont déjà annoncé qu’ils refusaient de se
présenter devant la justice française

Le procureur général de Djibouti et le chef de ses services
secrets, visés par deux mandats d’arrêt en marge de l’enquête
sur la mort en 1995 du magistrat Bernard Borrel, annoncent qu’ils ne se présenteront
pas devant la justice française. « A partir du moment où
la France a refusé d’entretenir avec Djibouti une coopération
judiciaire régulière, […] le procureur de la République
de Djibouti et le chef des services secrets avaient dit qu’ils ne déféreraient
pas aux convocations. Ces données n’ont pas changé », a
affirmé leur avocat Me Francis Szpiner. « Je réaffirme avec
force que les autorités de Djibouti n’ont rien à voir, ni de
près ni de loin, avec la mort du juge Borrel », a-t-il ajouté.

Le corps
de Bernard Borre coopérant français et conseiller technique
auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été
retrouvé carbonisé en 1995. L’hypothèse du suicide avait
été initialement retenue par la justice française mais
après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment
médico-légales, c’est la piste criminelle qui est désormais
suivie.

Dans un arrêt
signé le 27 septembre, la chambre de l’instruction de Versailles a
délivré des mandats d’arrêt pour « subornation de
témoin » contre le procureur général de Djibouti
Djama Souleïman Ali et le chef des services secrets, Hassan Saïd
Khaireh. Ce dossier de Versailles ne vise par la mort de Bernard Borrel directement,
mais une scène racontée devant la justice française par
un témoin djiboutien, Mohamed Saleh Alhoumekani.

« Juge
fouineur »

Il disait
avoir assisté le 19 octobre 1995, dans les jardins de la présidence
djiboutienne, à une conversation entre Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan
Adouani, meurtriers supposés du juge Borrel, d’une part, et des officiels
de la présidence djiboutienne d’autre part. Parmi ces derniers figurait
Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président et actuel
chef de l’Etat de Djibouti, assure le témoin. L’un des assassins aurait
alors dit à Ismaël Omar Guelleh selon le témoin que « le
juge fouineur » était mort et qu’il ne subsisterait pas de traces.
Le procureur général de Djibouti et le chef des services secrets
auraient fait pression sur le témoin en 2001 et 2002 pour qu’il revienne
sur ses déclarations.

Me Szpiner
dément ces accusations. « Que la chambre d’instruction ait cru
devoir engager une épreuve de force avec Djibouti ne m’apparaît
pas la solution la plus appropriée pour parvenir à la manifestation
de la vérité », dit-il. Sur le fond, il souligne que les
deux personnes désignées par le témoin Alhoumekani étaient
en prison au moment des faits, et qu’elles ont été condamnés
pour des attentats par la justice de Djibouti. Le réci du témoin
serait donc « absurde », selon lui.

Me Olivier
Morice, avocat de la veuve du magistrat, a souligné lundi que les mandats
d’arrêts de deux officiels djiboutiens valaient mise en examen. « S’ils
ne viennent pas, ils seront renvoyés devant le tribunal correctionnel
et jugés », a affirmé l’avocat. Selon lui, la juge parisienne
Sophie Clément, en charge de l’instruction principale, a engagé
auprès du parquet de Paris les démarches préparatoires
pour la délivrance de deux autres mandats d’arrêts contre Awalleh
Guelleh et Hamouda Adouani.

Un autre témoignage
versé au dossier, délivré cette fois par un ex-gardien
de prison de Djibouti, montrerait en effet selon Me Morice que les deux suspects
ont pu sortir de détention le jour du crime.

Le dossier Borrel est
crucial pour la France sur le plan diplomatique, Djibouti accueillant la principale
base militaire française en Afrique.

________________________________________
Reuters

PARIS (Reuters)
– La justice française a délivré mercredi dernier des
mandats d’arrêt contre le procureur de la République et le chef
des services secrets de Djibouti, dans le cadre de l’enquête sur la
mort en 1995 du juge Bernard Borrel, apprend-on dimanche auprès de
l’avocat de son épouse.

« C’est
une avancée plus que considérable dans le dossier de l’assassinat
de Bernard Borrel », a déclaré à Reuters Me Olivier
Morice, qui estime que le magistrat français a été victime
d’une opération commanditée par le pouvoir djiboutien.

La cour d’appel
de Versailles a rendu un arrêt mercredi fai nt état de « charges
accablantes contre le procureur de la République et le chef des services
secrets djiboutiens », a-t-il précisé.

« Ce
que nous trouvons absolument scandaleux, c’est que cela fait plus de trois
ans que les différents gardes des Sceaux (…) savent que le juge Borrel
a été assassiné mais qu’ils n’ont jamais reçu
Elisabeth Borrel, son épouse, qui est également magistrate »,
a souligné l’avocat.

Le corps
carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller
technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été
retrouvé carbonisé en 1995.
L’hypothèse du suicide par « auto-combustion » avait été
initialement retenue par la justice française mais après plusieurs
changements de magistrats et d’autres expertises, notamment médico-légales,
c’est la piste criminelle qui est désormais suivie.

________________________________
BBC (En anglais)

Lien : http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/5398454.stm

France has issued arrest warrants for two top Djibouti officials in connection
with the mysterious death of a French judge in 1995.

Djibouti
Chief Prosecutor Djama Souleiman and security chief Hassan Said are accused
of interfering with witnesses in the investigation.

The burnt
body of Bernard Borrel was found in just a T-shirt and underpants.
Djibouti authorities initially said his death was a suicide, but his widow
says he was assassinated.

At the time
of his death, Borrel was acting as a consultant to the Djibouti justice ministry.

France and
Djibouti are close allies, with Djibouti hosting France’s largest overseas
military base, as well as a US anti-terror task force.

« The
magistrates are showing that they are not afraid to seek the truth even if
it is displeasing to the political authorities of France and Djibouti, »
said Olivier Morice, a lawyer for the Borrel family.

Earlier this
year, Djibouti asked the International Court of Justice to rule that French
investigators did not have the right to summon high-level witnesses, as they
enjoyed diplomatic immunity.

_______________________________
Metro

Lien : http://www.metrofrance.com/fr/article/afp/2006/10/01/061001180601_n5ic8rfo/index.xml

Nouvel épisode de l’affaire Borrel
avec deux mandats d’arrêt à Djibouti

Onze ans après l’assassinat du juge Bernard Borrel à Djibouti,
la justice française a délivré deux premiers mandats
d’arrêt contre deux hautes personnalités djiboutiennes.

La cour d’appel
de Versailles a ordonné la diffusion de mandats d’arrêt contre
le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti
pour une éventuelle « subornation de témoins » dans
l’enquête sur cet assassinat, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Le parquet
général dispose de cinq jours pour se pourvoir en cassation
contre cet arrêt, rendu mercredi, à l’encontre du procureur,
Djama Souleiman, et du chef des services secrets, Hassan Saïd.

Il s’agit
des premiers mandats d’arrêt depuis l découverte, le 19 octobre
1995, du corps à demi calciné du juge Borrel, vêtu d’un
slip et d’un tee-shirt, au bas d’une falaise à 80 km de Djibouti, où
se trouve la plus grande base militaire française à l’étranger.

Parallèlement,
la juge d’instruction parisienne Sophie Clément, a transmis jeudi au
procureur de la République une demande de réquisition concernant
la délivrance de deux autres mandats d’arrêt visant les principaux
suspects de l’assassinat, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.

« La
justice passe maintenant à la vitesse supérieure. Les magistrats
montrent qu’ils n’ont pas peur de rechercher la vérité, quitte
à déplaire aux autorités politiques françaises
et djiboutiennes », s’est félicité Me Olivier Morice, l’un
des deux avocats, avec Laurent de Caunes, de la famille Borrel.

Au centre
des deux procédures, menées à Paris et Versailles, se
trouve le témoignage d’un ancien officier de la garde présidentielle
de Djibouti, Mohammed Saleh Aloumekani.

Il a affirmé
devant la juge Clément avoir surpris le 19 octobre 1995, jour ou lendemain
de l’assassinat du juge, dans le jardin du palais présidentiel de Djibouti
une conversation entre six hommes, dont l’actuel président djiboutien,
Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Gouled
Aptidon, Hassan Said, chef des services de sécurité et les deux
suspects Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.

Selon ses
déclarations, les interlocuteurs d’Ismaël Omar Guelleh seraient
venus lui rendre compte de « l’élimination du juge fouineur »
et de la disparition des traces du crime.

Le procureur
de Djibouti est soupçonné d’avoir tenté de faire pression
sur M. Aloumekani pour qu’il revienne sur son témoignage et le chef
des services secret d’être intervenu pour que le capitaine Iftin, chef
de la garde présidentielle de Djibouti en 1995, rédige une attestation
discréditant le témoin.

Appelés
à s’expliquer le 13 octobre 2005 devant la justice française,
les deux hommes ont pas venus. Les avocats de la partie civile ont alors demandé
la délivrance de mandats d’arrêt. Le président de la chambre
de l’instruction Didier Guérin vient de leur donner raison estimant
que leur comparution était « indispensable à la manifestation
de la vérité ».

Sur le short
du magistrat, ont été retrouvés des empreintes génétiques
qui pourraient appartenir à ses assassins et le juge Clément
souhaite les comparer à celles Awalleh Guelleh et d’Hamouda Hassan
Adouani, mais les deux hommes sont en fuite.

Le premier
a été condamné à perpétuité par
contumace en France pour son implication dans l’attentat du Café de
Paris en 1990 à Djibouti (un mort, 11 blessés). Il s’est évadé
en 1997.

Le second,
condamné à mort pour sa participation à un attentat contre
le bar « l’Historil » en mars 1987 (douze morts), a été
grâcié en juillet 2000 par l’actuel président djiboutien
Ismaël Omar Guelleh.

Par
Pierre ROCHICCIOLIPARIS (AFP)

03/10/06 (B364) Affaire Borrel : soirée débat organisée le 14/10 par Survie à l’occasion de la sortie (le 10 octobre) du livre de Mme Borrel écrit avec la participation de Bernard Nicolas.

Soirée-débat
sur l’Affaire Borrel,
le 14 oct à Paris (Arceuil 94)

Autour
du livre d’Elizabeth Borrel
Un juge assassiné – Ed. Flammarion, 2006
et du film  » Juge Borrel : révélation sur un suicide impossible  » de Nicolas
Bernard

Débat
en présence d’Elizabeth Borrel et de Nicolas Bernard.
A partir de 19h, à l’Espace Jean Vilar, 1, rue Paul Signac 94110 Arceuil,
Renseignements, réservations : 01 41 24 25 55
Plein tarif 5,20 euros / Tarif réduit 4,75 euros

——————————————————————————–

« Epouse
du magistrat français Bernard Borrel, assassiné à Djibouti en Octobre 1995,
j’ai subi, dans le cadre de cette affaire, des violences d’autant plus grandes
qu’elles ont porté on seulement sur mon mari, mais également, ensuite, sur
l’image que j’avais de nos institutions. Votre mari, Madame (s’adressant à
Marie-Thérèse Verschave-Clot), m’a permis de redresser la tête, et ils n’étaient
pas nombreux à ce moment-là….

Il m’a
expliqué, à travers le fonctionnement de ces réseaux françafricains, toute
une série de choses que mon éducation ne m’avait sans doute pas permis de
voir : quand on a grandi dans un milieu protégé et qu’on n’a pas affaire à
des mafias, on a du mal à imaginer qu’on puisse y être un jour confronté.
On pense toujours que cela n’arrive qu’aux autres, on pense que c’est loin,
que cela ne touche pas nos démocraties.

Le dossier
de mon mari est justement la preuve que ces pratiques ont cours dans notre
démocratie, et que la corruption a gagné beaucoup de nos gouvernants parmi
les plus hauts placés. Alors, je voulais vous dire, Madame, tout ce que votre
mari m’a apporté, vous dire aussi toute l’admiration que j’avais pour lui.
Pour moi, plus que tout, François-Xavier Verschave était un homme vrai. Et
s’il était peut-être révolutionnaire, c’était un révolutionnaire pour la vie,
ce que très peu de révolutionnaires ont été.

C’est
cela qui en fait à mes yeux un homme vraiment exceptionnel. » Elisabeth Borrel
Témoignage oral lors de la commémoration à l’occasion de la disparition de
François Xavier Verschave, le 18 septembre 2005 à Paris. Retranscrit dans
le livre « François-Xavier Verschave. L’homme qui voulait soulever les montagnes
» publié aux éditions les Arènes (2006).

——————————————————————————–

L’assassinat
du juge Borrel : une affaire Dreyfus Le courage obstiné d’une veuve, la solidarité
d’une partie de ses collègues, l’obstination de ses avocats, l’appui de quelques
journalistes et de citoyens scandalisés par un mensonge d’État ont fini par
faire éclater la vérité : le juge coopérant Bernard Borrel a été assassiné
en octobre 1995 à Djibouti. Du coup, tous les témoignages d’exilés de Djibouti
énonçant précisément les conditions de cet assassinat et la responsabilité
directe de l’actuel Président de ce protectorat militaire français, Ismaël
Omar Guelleh, prennent tout leur sens.

On ne
pourra plus éviter de s’interroger sur la culpabilité de ce policier tortionnaire,
ni sur le pourquoi de la protection d’une dictature mafieuse par un certain
nombre de responsables politiques et militaires français. Le plus insupportable
reste évidemment qu’un certain nombre de magistrats, de policiers et d’experts
ont, sur ordre, maintenu durant sept ans la version du suicide.

Quitte
à salir la victime, désespérer sa veuve et ses enfants. La série de rapports
tronqués ou truqués, d’analyses escamotées ou biaisées, fait irrésistiblement
penser à l’affaire Dreyfus – dans l’ombre de la Françafrique, militaro-politique.
Sera-t-elle l’occasion du même sursaut civique ? Rompra-t-elle enfin le consensus
de la gestion néocoloniale, empreinte de racisme, d’une partie de l’Afrique
– le plus long scandale de la République ?

Communiqué de François-Xavier
Verschave, publié le 2 décembre 2002